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Publié le 16 Novembre 2016

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Le chrétien fait partie d'une race d'hommes nouvelle et céleste, d'une lignée divine : divinum genus. C'est un homme déifié, fils de Dieu le Père, incorporé au Verbe incarné, animé du Saint-Esprit. Sa vie doit être celle d'un citoyen du ciel. « Si Dieu s'est humilié jusqu'à se faire homme, dit saint Augustin, ce fut pour exalter les hommes jusqu'à en faire des dieux (Serm. 166 — Cf. Ia In. 49, 2). »

Dans les premiers siècles de l'Église, ces idées étaient du domaine courant ; aucun hérétique n'osa les nier, et les Pères en tirèrent un parti admirable pour prouver contre les Ariens et les Macédoniens la divinité soit du Fils soit du Saint-Esprit. L'Écriture, disaient-ils, nous présente le Fils et le Saint-Esprit comme les vivificateurs, les sanctificateurs et les divinisateurs immédiats des âmes qu'ils habitent et auxquelles ils se communiquent, imprimant en elles l'image de Dieu et les rendant participants de la nature divine. Or Dieu seul, qui est Vie, Sainteté, Déité par nature, peut, immédiatement et par lui-même, vivifier, sanctifier et déifier les autres.

 Pour habiter dans une âme, la vivifier et la réformer, il faut la pénétrer substantiellement ; or ceci est le propre de Dieu (Cf. S. Thom., Cont. Gent. IV, c. 17 ; Sum. Th., I', q. 43, a. 3 ; III', q. 64, a. I).

 Aucune créature, observe Didyme, ne peut entrer dans l'essence même de l'âme ; les sciences et les vertus la perfectionnent à titre d'accidents seulement. Mais l'Esprit-Saint habite substantiellement dans l'âme avec le Père et le Fils. (De Spir. Sancto, n° 25).

 C'est le Saint-Esprit, dit saint Cyrille d'Alexandrie, qui imprime en nous l'image de Dieu. S'il n'était qu'un simple dispensateur de la grâce, nous ne recevrions que l'image de la grâce et non l'image de Dieu. Mais il est lui-même le sceau qui grave en nous l'image de Dieu, nous faisant participants de la nature divine. (Cf. Dial. Trinit. et Thesaurus, ass. 34).

C'est un sceau vivant, ajoute saint Basile ; il nous moule en dehors et au dedans, pénètre jusqu'au plus intime de notre âme et, de la sorte, nous réforme et fait de nous de vivantes images de Dieu1. Avec le sceau divin nous recevons l'onction du même Esprit, et dès lors nous avons le gage vivant de l'héritage céleste : « Celui qui nous a oints, c'est Dieu, lequel nous a aussi marqués d'un sceau et nous a donné, à titre d'arrhes, le Saint-Esprit dans nos cœurs » (II Cor., I, 22).

Baume divin, l'Esprit-Saint par son onction, spiritalis unctio, nous transforme et nous fait exhaler la bonne odeur du Christ : « Nous sommes la bonne odeur du Christ » (II Cor., II, 15). Nous ne recevons pas seulement le parfum du baume, mais la substance divine elle-même  2.


Feu divin, il nous pénètre jusqu'au plus intime, sans détruire notre nature, mais la rendant semblable au feu et lui en communiquant toutes les propriétés. (S. Cyr. Cath., 17 ; — S. Bas., loc. cit., I. 3).

Lumière divine, il éclaire les âmes, les rend lumineuses et resplendissantes, éclatantes de grâce et de charité, comme de vrais soleils divins 3.

Hôte très doux de nos âmes, dulcis hospes animae, il vient converser familièrement avec nous, nous réjouir de sa présence, nous consoler dans nos travaux, nous encourager dans nos difficultés, nous pousser au bien, nous enrichir de ses dons précieux et de ses fruits.

Nous devenons ainsi des temples saints et vivants de Dieu, ses amis, ses égaux en quelque manière, dignes d'être appelés des dieux.  4
Revêtus de Jésus-Christ et faits à son image, nous formons avec Lui une véritable société (I Cor. I, 9) ; nous sommes ses amis, initiés à ses secrets divins (Jean, xv, 15) ; nous sommes ses frères (Jean, xx, 17) ; plus encore, ses membres, si intime est l'union dans cette divine société !

C'est ainsi que nous pouvons devenir enfants de Dieu (Jean, 1, 12) et dieux par participation. Celui qui nous donne ce pouvoir si sublime doit être Dieu lui-même en personne, qui, s'abaissant jusqu'à nous, nous associe à sa vie divine, et de la condition servile de pures créatures nous élève à l'incomparable dignité de dieux,et nous permet d'appeler à pleine bouche l'Eternel et le Tout-Puissant devant lequel tremblent les cieux, non plus du nom terrible de Seigneur, mais du très doux nom de Père.

« Ce que les plus nobles créatures n'auraient jamais pu rêver, s'écrie saint Pierre Chrysologue, ce qui remplirait d'étonnement et d'admiration les plus hautes vertus célestes, nous le répétons tous les jours avec confiance : Notre Père qui êtes aux cieux !

Commerce admirable entre le Créateur et la créature : il se fait notre égal pour que nous arrivions à être ses égaux, en un certain sens. 6

Qui jamais aurait pu soupçonner un tel excès d'amour ? Dieu se faisant homme pour que l’homme devienne Dieu, le Seigneur se rendant esclave pour que l'esclave devienne son fils — établissant ainsi entre la Divinité et l'humanité une éternelle et ineffable parenté. Certes, on ne sait qu'admirer le plus, ou Dieu s'abaissant jusqu'à notre servitude, ou Dieu nous élevant jusqu'à sa dignité »

(Serm. 72).


1 « Quomodo ad Dei similitudincm ascendat creatura, nisi di' irai characteris sit particeps ? Divinus porro cliaracter non talis est cujusmodi est humanus, sed vivens et vere existeras imago, imaginis effectria, qua omnia quae participant, imagines Dei constituuntur. (S. Bas., 1. 5, Contra Eunom.)

2 S. Cyril. Alex., I. XI in Joann, c. 2. - Voir aussi S. Augustin, sermo 185 de Temp. « Il s'écoule dans ses fidèles non plus seulement par la grâce de sa visite et de son opération, mais par la présence de sa majesté ; ce n'est pas seulement l'odeur du baume qui se verse, mais la substance même du baume sacré ».

3 « De même que les corps transparents deviennent eux-mêmes lumineux et rayonnants lorsque la lumière les envahit, de même les âmes qui possèdent le Saint- Esprit sont illuminées par Lui, deviennent elles-mêmes spirituelles et répandent la grâce sur les autres. (S. Bas., De Spir. S. c. IX, n. 23.)

4 Sénèque : Amicitia aut pares invenit aut facit » S. Cyrille : Nous sommes appelés dieux parce que non seulement la grâce nous élève à la gloire surnaturelle, mais encore parce que nous avons en nous Dieu qui y habite et y demeure. (In Ev. Joann., I, 9.)

5 « Creatura Domino suo conjuncta a propria conditione liberatur et in meliorem traducitur... Nos per gratiam dii et filii sumus. » (S. Cyr. In Joan., I. 12, c. 15.)

6 « O admirabile commercium ! Creator generis humani, animatum corpus sumens... largitus est nobis suam Deitatem ! » (Liturg.) — Cf. S. Athan. Serm. 4 cont. Arian., et S. August. Epist. 140 ad Honor. c. 4.

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Publié le 16 Novembre 2016

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[:malavita:1]

Trajan interroge, saint Ignace : « Quel est ce Théophore ? — C'est celui qui porte Jésus-Christ dans son coeur. Alors tu portes Jésus-Christ ? — Sans aucun doute, car il est écrit : Je ferai en eux ma demeure. »

 

les pauvres modernos avec leur pain de route sont quand même à côté de la plaque ! on s'étonne que tout aille si mal ! quand je vois toutes ces bonnes femmes les mains nivéatées de pommade et qui puent la rose,  distribuer l'Eucharistie, quelle misère quand même..  mais bon si ce n'est que du pain après tout ! pov'Jésus .

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Novembre 2016

 

« Autant que nous pouvons le comprendre, dit saint Jean Chrysostome, il y a bien plus de difficultés ce que Dieu se fasse homme qu'il y en a à ce que l'homme devienne enfant de Dieu... Mais ce n'est pas pour rien qu'il est descendu dans une si profonde humilité : c'est pour nous élever de cet abîme aux divines hauteurs. Il est né selon la chair pour que toi, tu naisses selon l'esprit. Il s'est fait le fils de la femme pour que toi, tu deviennes fils de Dieu » (In Mat. Hom. 2).

« Il veut donc, ajoute saint Augustin que nous cessions d'être hommes puisqu'il veut nous faire dieux. »  7

Ces étroites et sublimes relations qu'il a plu à Dieu d'établir entre Lui et les hommes ne sont donc point purement morales, mais très réelles ou ontologiques. Leur réalité est plus haute et plus riche que l'on ne pense, au-dessus même de tout ce que l'on peut dire ou penser.

Les saints la sentent d'une certaine manière, mais ils ne trouvent point de formules capables de traduire leurs pensées ; les expressions les plus fortes leur paraissent de pures ombres d'une si sublime réalité ; et cependant ils nous parlent sans cesse de la participation de la nature divine, de la transformation en Dieu, de la déification de l'homme. 8

Animés réellement de l'Esprit de Jésus qui demeure en nous comme dans son temple, vivant par Jésus comme Jésus vit par son Père (Jean, VI, 58), et rendus ainsi participants de la nature même de Dieu, nous sommes vraiment enfants de Dieu, frères et cohéritiers de Jésus-Christ. Tout en nous vivifiant par la grâce, ce même Esprit d'adoption nous purifie, nous transforme, nous perfectionne, produisant en nous et avec nous l'oeuvre de notre sanctification. Il nous fait ainsi vivre une vie divine, il nous déifie, il est, en un mot, « la vie même de notre âme, comme l'âme est la vie du corps », selon l'énergique expression de saint Basile et de saint Augustin, pour ne pas dire de tous les Pères. 9

« Pour eux, donc, écrit le P. Froget, l'Esprit-Saint est le grand don de Dieu, l'hôte intérieur qui, en se donnant lui-même, nous communique en même temps une participation de la nature divine, et fait de nous des enfants de Dieu, des êtres divins, des hommes spirituels et des saints. Aussi se plaisent-ils à le désigner comme l'Esprit sanctificateur, le principe de la vie céleste et divine ». Quelques-uns vont même jusqu'à l'appeler la forme de notre sainteté, l'âme de notre âme, le lien qui nous unit au Père et au Fils, celui par qui ces divines Personnes habitent en nous » (De l'habit. du Saint-Esprit, p. 197).

Il n'est rien qui puisse donner au chrétien une plus haute idée de sa grandeur, lui rappeler plus éloquemment ses devoirs.

Malheureusement, comme le remarquait déjà Cornelius a Lapide, ces sublimes et consolantes doctrines sont très oubliées :

« Il y en a peu qui connaissent le bienfait d'une si haute dignité ; moins encore qui l'apprécient comme ils le méritent. Chacun devrait demeurer, en soi- même, dans la vénération et l'admiration. Les Docteurs et les Prédicateurs devraient expliquer ce mystère au peuple afin que les fidèles sachent qu'ils sont les temples vivants de Dieu, qu’ils portent Dieu dans leur coeur et que par conséquent ils doivent vivre divinement avec Dieu par une conduite digne d'un tel Hôte. » (In Os., I, 10.)

Cependant la voix unanime des Pères trouve des échos parmi les théologiens modernes. Au milieu de l'oubli universel, des fréquentes et, pourquoi ne pas le dire ? des honteuses atténuations, quelques voix autorisées se font entendre. Surtout après les sages observations de Léon XIII sur la dévotion au Saint-Esprit, on est consolé de voir nombre d'écrivains reprendre le même langage animé, senti et vivant des Pères et des grands Mystiques. C'est l'annonce d'une renaissance de ces doctrines fondamentales, qui sont l'âme et le souffle encourageant de la vie chrétienne.

Oui, le temps semble venu, écrivait déjà le P. Ramière (Espérances de l'Église, III, c. 4), où ce grand dogme de l'incorporation des chrétiens à Jésus-Christ, qui tient une place si proéminente dans la doctrine apostolique, prendra un rang également important dans l'instruction des docteurs et des fidèles, dans la théologie et le catéchisme ; où on ne regardera plus comme un simple accessoire ce point sur lequel saint Paul base tous ses enseignements... où l'on comprendra que cette union que le divin Sauveur nous présente sous la figure de l'union du cep de la vigne avec les sarments n'est pas une vaine métaphore, mais une réalité... que par le baptême nous devenons réellement participants de la vie de Jésus-Christ ; que nous recevons en nous, non pas en figure, mais en réalité le divin Esprit qui est le principe de cette vie... et que, sans nous dépouiller de notre personnalité humaine, nous devenons les membres d'un corps divin, et nous acquérons, par conséquent, des forces divines et de divines destinées. »

En effet, ces vérités si vitales et à la fois si consolantes, qui donnaient aux premiers chrétiens vie, force et ardeur, 10 commencent à appeler sérieusement l'attention de beaucoup d'apologistes et de théologiens qui connaissent à fond les besoins de notre temps et cherchent un remède efficace à tant de maux qui menacent ou affligent déjà la religion.

A cette plaie générale de l'indifférentisme, à cette froideur sceptique et ce laisser-aller qui conduisent tant d'âmes à la ruine, et même à la trahison de la vérité, le remède est dans le réveil de la conscience et du sentiment des fidèles, afin qu'ils sachent apprécier, sentir et vivre, comme il le faut, la vie que Jésus nous a apportée du ciel.

C'est du sommeil où se trouve chez tant de chrétiens la conscience de leur sublime dignité que proviennent la tiédeur de leur vie surnaturelle et le peu d'estime qu'ils en ont, quand ils ne vont pas jusqu'à rougir d'elle. Nous devenons ainsi objet de répulsion pour les étrangers à notre religion, alors qu'en réalité la vie intime de l'Église est pleine de charmes pour ceux du dedans et d'attraits pour ceux du dehors qui l'observent avec sincérité. Il nous paraît donc extrêmement utile d'exposer en détail cette doctrine si essentielle et trop peu connue de la déification du chrétien.

 

7 Hoc jubet Deus ut non simus homines... Deus enim deum te vult facere. » (S. August. serm. 166.) « Factus est Deus homo, ut homo fieret Deus. » (Serm. 13 de temp.)

8 S. Cyrill. Alex. De Trinit. Dial. IV : « Divinae naturae participes habitudine ad Filium per Spiritum non sola opinione, sed veritate sumus ». Cf. Dial. VII.

9 S. Basil. «Vitam quam ad alterius productionem Spiritus emittit, ab ipso minime separatur... Et ipse in seipso vitam habet, et qui participes ipsius sunt, divinam coelestemque possident vitam » (Adv. Eunom. I. 5). Ailleurs il parle de l'Esprit-Saint comme du principe formel de cette vie divine (De Spir. S. c. 26, n. 61).

S. Augustin exprime avec plus de force encore que Dieu est formellement la vie de lâme : « Je parle audacieusement, mes frères, mais avec vérité. Il y a deux vies, celle du corps et celle de l’âme : comme l'âme est la vie du corps, ainsi Dieu est la vie de l’âme » (In P. 7o, serm. 2- Une autre fois, il dit : « Unde vivit caro tua ? De anima tua. Unde vivit anima tua ? De l)eo tuo. Unaquaeque harum secundum vitam suam vivat : caro enim sibi non est vita, sed anima carnis est vita ; anima sibi non est vita, sed Deus est animae vita » (Serm. 156, c. 6).

S. Macaire s'exprime presque dans les mêmes termes (De libert. mentis, XII).

 

10 Les Actes des martyrs et les coutumes des premiers siècles nous en fournissent d'intéressants témoignages. Les chrétiens d'alors avaient si bien conscience de la vie surnaturelle qu'ils aimaient à s'appeler : Théophore, Christophore (Porte-Dieu, Porte- Christ). Trajan interroge, saint Ignace : « Quel est ce Théophore ? — C'est celui qui porte Jésus-Christ dans son coeur. Alors tu portes Jésus-Christ ? — Sans aucun doute, car il est écrit : Je ferai en eux ma demeure. »

« Saint Ignace a profondément, suivant sa coutume, caractérisé cette vie chrétienne comme la vie de Jésus en nous. Jésus est notre vie, non seulement en ce sens qu'il nous a apporté la vie éternelle, mais en ce sens que, demeurant personnellement en nous, il est en nous principe véritable et indéfectible de vie. (Eph. III, 2 ; II, 1 ; Mag. I.2 ; Trall. 9. I.) Il habite en nous et nous sommes ses temples : il est notre Dieu en nous (Eph. XV, 3 Rom. VI, 3). De là le nom de Théophore qu'Ignace prend pour lui-même et qu'il donne aux Éphésiens ; de là l'union qu'il souhaite aux Églises avec la chair et l'esprit de Jésus-Christ, avec le Père et Jésus (Mag. I, 2)...

Cette intensité de vie chrétienne soulevait au-dessus d'elles-mêmes les âmes des martyrs et des saints. C'est en lisant les épîtres de S. Ignace qu'on en prend la plus juste idée. On connaît sur son amour pour les souffrances et sa soif du martyre les passages classiques de sa Lettre aux Tralliens (IV, 1-2) et surtout aux Romains ; mais son désir d'être réuni à Dieu lui inspire aussi de temps à autre des accents d'un mysticisme passionné : « Mon amour est crucifié, et il n'y a point en moi de feu pour la matière ; mais il y a une eau vive et parlante qui me dit Viens au Père ! » (Rom. VII, 2.) — Au Juge qui le menaçait, saint Andronicus répondait : « J'ai le Christ en moi ». — Et sainte Lucie : « Ceux qui vivent chastement et pieusement sont les temples de l'Esprit-Saint. » (Cf. TIXERO. Hist. des Dog. I, p. 16o-2.)

 

Révérend Père Arintero OP +

 

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Publié le 15 Novembre 2016

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Publié le 14 Novembre 2016

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priez pour nous.

 

 

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Publié le 14 Novembre 2016

14 Novembre

En ce jour, la Commémoration de tous les Défunts de notre Ordre: l'Eglise, Mère commune et compatissante, après s'être appliquée à rendre de dignes louanges à ses enfants qui ont emboîté le pas au Patriarche des moines sur le chemin de la Sainte Règle, et qui déjà se réjouissent au ciel, s'empresse d'aider par d'instantes prières adressées au Christ, son Seigneur et Epoux, tous ceux de ses enfants qui gémissent encore dans le purgatoire, afin qu'au plus tôt ils puissent parvenir à la société des habitants du ciel.


Ayez pitié, Seigneur, des âmes de tous vos serviteurs et servantes de notre Ordre pour qui nous implorons humblement votre Majesté, afin que par l'offrande de nos ferventes prières, elles méritent de parvenir au repos éternel.

et fidelium animae per misericordiam Dei, requiescant in pace.
+
requiem aeternam dona eis Domine
et  lux perpetua luceat eis.

 

dom François Henry

frère Clément Pitard

dom Yves Chauveau, prieur.

2 Juillet 2015

dom Jean-Michel Barais

11 Août 2015

tous les moines et moniales, oblats et oblates  de l'ordre bénédictin

requiescant in pace

+

priez pour nous .

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Rédigé par Philippe

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Publié le 14 Novembre 2016

Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Novembre 2016

 

 

Chers frères et sœurs,

 

Sainte Gertrude la Grande, dont je voudrais vous parler aujourd'hui, nous conduit cette semaine aussi au monastère de Helfta, où sont nés certains des chefs-d’œuvre de la littérature religieuse féminine latino-allemande. C'est à ce monde qu’appartient Gertrude, l'une des plus célèbres mystiques, seule femme en Allemagne à recevoir l'épithète de «Grande», en raison de sa stature culturelle et évangélique: à travers sa vie et sa pensée, elle a influencé de manière singulière la spiritualité chrétienne. C'est une femme exceptionnelle, dotée de talents naturels particuliers et d'extraordinaires dons de grâce, d'une profonde humilité et d’un zèle ardent pour le salut du prochain, d'une intime communion avec Dieu dans la contemplation et de disponibilité à venir au secours des plus démunis.

 

A Helfta, elle se mesure, pour ainsi dire, systématiquement à sa maîtresse Mathilde de Hackeborn, dont j'ai parlé à l'Audience de mercredi dernier; elle noue des relations avec Mathilde de Magdebourg, une autre mystique médiévale; elle grandit en recevant les soins maternels, doux et exigeants, de l'abbesse Gertrude. De ces trois consœurs, elle puise des trésors d'expérience et de sagesse; elle les élabore dans sa propre synthèse, en parcourant son itinéraire religieux avec une confiance sans limite dans le Seigneur. Elle exprime la richesse de la spiritualité non seulement de son monde monastique, mais aussi et surtout biblique, liturgique, patristique et bénédictin, avec un timbre tout à fait personnel et de façon très communicative.

 

Elle naît le 6 janvier 1256, en la fête de l'Epiphanie, mais l'on ne sait rien ni de ses parents, ni de son lieu de naissance. Gertrude écrit que le Seigneur lui-même lui révèle le sens de ce premier déracinement: «Je l'ai choisie pour ma demeure parce que je vois avec délices que tout ce que les hommes aiment dans cette Elue est mon œuvre propre […] Aussi je l'ai exilée en quelque sorte loin de tous ses parents, afin que personne ne l'aimât à ce titre et que je fusse le seul motif de l'affection qu'on aurait pour elle» (Les Révélations, I, 16).

 

A l'âge de cinq ans, en 1261, elle entre au monastère, comme c'était souvent le cas à l'époque, pour la formation et l'étude. Elle y passe toute son existence, dont elle signale elle-même les étapes les plus significatives. Dans ses mémoires, elle rappelle que le Seigneur l'a prévenue avec une patience compatissante et une infinie miséricorde, en oubliant les années de l'enfance, de l'adolescence et de la jeunesse, passées — écrit-elle — «dans un tel aveuglement, que si vous ne m'aviez donné une horreur naturelle du mal, un attrait pour le bien avec les sages conseils de mon entourage, il me semble que je serais tombée dans toutes les occasions de faute, sans remords de conscience, absolument comme si j'avais été une païenne […]. Cependant vous m'aviez choisie dès ma plus tendre enfance, afin de me faire grandir au milieu des vierges consacrées, dans le sanctuaire béni de la Religion» (ibid., II, 23 ).

 

Gertrude est une étudiante extraordinaire, elle apprend tout ce que l’on peut apprendre des sciences du Trivium et du Quadrivium, la formation de cette époque; elle est fascinée par le savoir et se donne tout entière à l'étude profane avec ardeur et ténacité, avec une réussite scolaire dépassant toutes les attentes. Si nous ne savons rien de ses origines, elle nous dit beaucoup de ses passions de jeunesse: littérature, musique et chant, art de l’enluminure la ravissent; elle a un caractère fort, décidé, immédiat et impulsif; elle dit souvent être négligente; elle reconnaît ses défauts, elle en demande humblement pardon. Elle demande avec humilité conseil et prière pour sa conversion. Certains traits et défauts de son tempérament l'accompagneront jusqu'à la fin, au point de surprendre certaines personnes s'étonnant que le Seigneur lui donne une telle préférence.

 

En tant qu’étudiante, elle se consacre ensuite entièrement à Dieu dans la vie monastique et pendant vingt ans, rien d’exceptionnel n’a lieu: l’étude et la prière constituent son activité principale. En raison de ses qualités, elle excelle parmi ses consœurs; elle fait preuve de ténacité pour consolider sa culture dans divers domaines. Mais, au cours de l’Avent 1280, elle commence à ressentir un dégoût pour tout cela, en perçoit la vanité, et le 27 janvier 1281, quelques jours seulement avant la fête de la purification de la Vierge, vers l’heure des Complies, le soir, le Seigneur illumine ses denses ténèbres. Avec délicatesse et douceur, il calme le trouble qui l’angoisse, trouble que Gertrude voit comme un don même de Dieu «pour renverser la tour de vaine gloire et de curiosité élevée par mon orgueil. Orgueil insensé car je ne méritais même pas de porter le nom et l'habit de la Religion. Toutefois c'était bien le chemin que vous choisissiez, ô mon Dieu, pour me révéler votre salut» (Ibid., II, 1, p. 87).

La vision d’un jeune homme la guide pour démêler le nœud d’épines qui opprimait son âme, en la prenant par la main. Dans cette main, Gertrude reconnaît «les joyaux précieux des plaies sacrées qui ont annulé tous les titres qui pouvaient nous être opposés» (ibid., II, 1, p. 89), et reconnaît Celui qui sur la Croix nous a sauvés par son sang, Jésus.

A partir de ce moment, sa vie de communion intime avec le Seigneur s’intensifie, en particulier au cours des temps liturgiques les plus significatifs — l’Avent et Noël, Carême et Pâques, la fête de la Vierge — même lorsque, malade, elle ne pouvait se rendre au chœur. C’est le même humus liturgique que Mathilde, sa maîtresse, que Gertrude décrit toutefois à travers des images, des symboles et des termes plus simples et linéaires, plus réalistes, avec des références plus directes à la Bible, aux Pères, au monde bénédictin.

 

Sa biographe indique deux directions de ce que nous pourrions définir sa «conversion» particulière: dans les études, avec le passage radical des études humanistes profanes à celles théologiques, et dans l’observance monastique, avec le passage de la vie qu’elle qualifie de négligente à la vie de prière intense, mystique, avec une exceptionnelle ardeur missionnaire.

Le Seigneur, qui l’avait choisie dans le sein maternel et qui l’avait fait participer, dès son enfance, au banquet de la vie monastique, la ramène par sa grâce «des choses extérieures à la contemplation intérieure, des occupations terrestres au soin des choses célestes». Gertrude comprend alors qu'elle était restée loin de Lui dans une région de dissemblance, comme elle dit avec saint Augustin; de s’être consacrée avec trop d’ardeur aux études libérales, à la sagesse humaine, en négligeant la science spirituelle, se privant du goût de la véritable sagesse; elle est conduite à présent à la montagne de la contemplation, où elle se dépouille du vieil homme pour se revêtir de l’homme nouveau. «C'est ainsi que de grammairienne elle devint théologienne, relisant sans cesse les pages divines qu’elle pouvait se procurer, et remplissant son cœur des plus utiles et des plus douces sentences de la Sainte Ecriture. Aussi avait-elle toujours à sa disposition la Parole de Dieu afin de satisfaire ceux qui venaient la consulter et de réfuter toute idée fausse par des témoignages de la Sainte Ecriture employés si à propos, qu'on n'y trouvait rien à objecter» (ibid., I, 1, p. 25).

 

Getrude transforme tout cela en apostolat: elle se consacre à écrire et à divulguer la vérité de la foi avec clarté et simplicité, grâce et persuasion, servant avec amour et fidélité l’Eglise, au point d’être utile et appréciée par les théologiens et les personnes pieuses. Il nous reste peu de son intense activité, notamment en raison des événements qui conduisirent à la destruction du monastère d’Helfta. Outre Le Héraut de l'Amour Divin ou Les révélations, il nous reste les Exercices spirituels, un rare joyau de la littérature mystique spirituelle.

 

En ce qui concerne l’observance religieuse, notre sainte est «donc une très forte colonne de la Religion, un défenseur si zélé de la justice et de la vérité» (ibid., I, 1, ), dit sa biographe.

 

A travers les mots et l’exemple, elle suscite chez les autres une grande ferveur. Aux prières et à la pénitence de la règle monastique, elle en ajoute d’autres avec une telle dévotion et un tel abandon confiant en Dieu, qu’elle suscite chez ceux qui la rencontrent la conscience d’être en présence du Seigneur. Et de fait, Dieu lui-même lui fait comprendre qu’il l’a appelée à être un instrument de sa grâce. Gertrude se sent indigne de cet immense trésor divin, elle confesse qu’elle ne l’a pas conservé et valorisé. Elle s’exclame: «Je vous offre la douleur que j'éprouve [...] de ne m'être pas servie avec soin et révérence des dons que j'avais reçus. Ne m'eussiez-vous donné, en souvenir de vous, à moi si indigne, qu'un léger fil de lin, j'aurais dû le recevoir avec un respect infini» (ibid., I, 5). Mais, reconnaissant sa pauvreté et son indignité, elle adhère à la volonté de Dieu: «j'ai dû combattre mon goût personnel — affirme-t-elle —, et considérer qu'ayant si peu profité de vos grâces, elles ne pouvaient m'avoir été accordées pour moi seule, puisque votre sagesse éternelle ne se trompe en rien. O Dispensateur de tous les biens, qui m'avez comblée gratuitement de tant de grâces, faites au moins qu'en lisant cet écrit, le cœur d'un de vos amis soit ému par votre condescendance, et vous remercie de ce que, pour l'amour des âmes, vous avez conservé si longtemps au milieu des souillures de mon cœur une pierre précieuse d'un tel prix» (ibid., II, 5).

 

En particulier, deux faveurs lui sont plus chères que toutes les autres, comme Gertrude l’écrit elle-même: «La première est l'empreinte que vous avez formée sur mon cœur, par les splendides joyaux de vos plaies sacrées. La seconde est cette blessure d'amour si profonde et si efficace que, (dussé-je vivre mille ans dans le plus complet délaissement), je goûterais sans cesse un bonheur ineffable au souvenir de ces deux bienfaits. Ils me seraient à chaque heure une source suffisante de consolation, de lumière et de gratitude. Pour ajouter à ces faveurs, vous m'avez encore admise à l'incomparable familiarité de votre tendresse, en m'offrant l'arche très noble de votre divinité, c'est-à-dire votre Cœur sacré, pour que j'y trouve mes délices [...]. Enfin vous m'avez donné pour avocate votre très douce Mère la bienheureuse Vierge Marie, me recommandant plusieurs fois à elle avec autant de tendresse qu'en mettrait un époux à confier à sa propre mère l'épouse qu'il s'est choisie» (ibid., II, 23).

 

Tendue vers la communion sans fin, elle conclut sa vie terrestre le 17 novembre 1301 ou 1302 à l’âge d’environ 46 ans. Dans le septième Exercice, celui de la préparation à la mort, sainte Gertrude écrit: «O Jésus, toi qui m’es immensément cher, sois toujours avec moi, pour que mon cœur demeure avec toi et que ton amour persévère avec moi sans possibilité de division et que mon trépas soit béni par toi, afin que mon esprit, libéré des liens de la chair, puisse immédiatement trouver le repos en toi. Amen» (Exercices, Milan 2006, p. 148).

 

Il me semble évident que ces choses ne sont pas seulement des choses du passé, historiques, mais l'existence de sainte Gertrude reste une école de vie chrétienne, de voie droite, et nous montre que le cœur d'une vie heureuse, d'une vie véritable, est l'amitié avec Jésus, le Seigneur. Et cette amitié s'apprend dans l'amour pour Les Ecritures Saintes, dans l'amour pour la liturgie, dans la foi profonde, dans l'amour pour Marie, de manière à connaître toujours plus réellement Dieu lui-même et le bonheur véritable, but de notre vie.

Benoît XVI.

 

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Publié le 13 Novembre 2016

 

 

 

 

de notre envoyé spécial

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Publié le 12 Novembre 2016

 

 

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Abbaye Sainte-Anne de Kergonan : Dom Joseph Marsille

 

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[:malavita:1]gaudeamus in Domino. dire qu'ils ne l'ont même pas canonisé, alalala si c'est pas triste quand même ! on va lancer une pétition pour sa canonisation avec mr. le ouebmestre, parce que des miracles, il en fait constamment, non mais!

 

orate pro nobis

 

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