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Publié le 2 Décembre 2016

Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Décembre 2016

   A Rome autrefois, à certaines fêtes, le clergé et le peuple se rendaient en procession à une église désignée pour cette solennité, et là on célébrait la messe. On appelait cela faire une Station. Le premier dimanche de l'Avent, la station se faisait à Sainte Marie Majeure où se trouve encore la Crèche de l'Enfant Jésus. Cette basilique était tout indiquée, parce qu'elle possédait ce pieux trésor. On commençait les fêtes de la préparation à Noël par la visite à la Crèche qui avait reçu l'Enfant-Dieu et la station avait lieu naturellement dans cette église dédiée à la Sainte Vierge. On venait placer les saints exercices de l'Avent sous les auspices de Marie, et la prier de conduire elle-même  ses enfants à Jésus: ad Christum per Mariam. L'Eglise affirmait ainsi non seulement sa confiance en Dieu, in te confido, mais son amour pour la Mère de Dieu. La dévotion à Marie est donc aussi ancienne que l'Eglise.

   Le deuxième dimanche de l'Avent, la station se fait à la basilique de Sainte Croix de Jérusalem. On sait que Constantin confia à cette église une portion considérable de la Croix du Sauveur, avec le Titre qui y fut attaché par Pilate. Il n'est pas un pèlerin catholique qui n'aille vénérer ces précieuses reliques, lorsqu'il passe à Rome, car rien n'est auguste comme ce bois sacré qui a été arrosé par le sang du Sauveur.

   Il convient de se rappeler ces souvenirs historiques, si l'on veut bien comprendre la messe du deuxième dimanche de l'Avent. Il est nécessaire aussi de s'initier au langage mystique de l'Eglise.

   Dans cette messe il n'est question que de Jérusalem et du peuple de Sion. Pourquoi?  C'est que Jérusalem figure l'âme fidèle. Toutes ces exhortations, tous ces avertissements, ces avis pressants et consolants qui sont adressés à Jérusalem, s'adressent aussi à l'âme chrétienne. C'est donc pour chacun de nous que cette messe a été composée, et nous devons recueillir pieusement les enseignements, puisqu'ils nous sont destinés.

" Peuple de Sion, voici que le Seigneur vient pour sauver les nations."

   Déjà une semaine est passée, une première étape est franchie. Nous disions dimanche:" Mon Dieu, j'ai confiance en vous!" Et, pour justifier aussitôt notre confiance, le ciel nous répond:" Voici que le Seigneur vient! je vous ai exaucés!"

   Ame fidèle, il vient pour te sauver, en même temps qu'il sauvera le monde. Il nous embrasse dans sa pensée et dans son amour avec la même sollicitude que si chacun de nous était seul dans l'univers. Les poètes ont célébré l'amour d'une mère pour ses enfants:

   Pain merveilleux qu'un Dieu partage et multiplie...

   Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier.

   Cet amour en effet est un des plus grand don que Dieu nous ait faits, il nous soutient, il nous console, nous nous sentons aimés par notre mère comme si nous êtions seuls dans la famille; mais qu'est ce que cet amour, tout tendre et puissant qu'il est comparé à l'amour infini de Dieu?

   Le Seigneur vient, il vient pour nous aimer et pour nous révéler son amour: " Il fera entendre la gloire de sa voix dans la joie de votre coeur."

Sa voix est toujours belle et glorieuse: c'est l'expression dont se sert Saint Pierre quand il peint cette voix qu'il a entendue lui-même sur le Thabor, voce delapsa a magnifica gloria (II Petr. I, 17) C'est pourquoi nous l'écouterons, afin que notre âme soit toute joyeuse et rajeunie dans sa conscience purifiée.

   Cette voix, les disciples de Jean-Baptiste en avaient entendu les échos en Judée, la voix du Sauveur qui retentissait dans les plaines et sur les montagnes, dans les bourgades et dans les cités, et ils étaient venus dire à Jean dans sa prison les 'oeuvres miraculeuses du Christ". Mais au lieu de s'en réjouir, ils en étaient plutôt attristés, parce qu'ils aimaient leur maître, qu'ils auraient voulu que ces oeuvres lui fussent attribuées, et qu'au fond leur coeur était mordu par la jalousie. Le Précurseur leur redisait vainement ce qu'il leur avait enseigné:" C'est le Seigneur qui vient, ecce Dominus venit. C'est l'Agneau de Dieu qui vient ôter le péché du monde." Des âmes d'élite l'avaient compris et s'étaient mis à la suite de Jésus; les autres étaient restés auprès de Jean-Baptiste, malgré lui; car il ne cessait de leur dire:" Il faut qu'il croisse et que je diminue."

   Le Précurseur estima que le meilleur moyen de les éclairer, c'était de les envoyer à Jésus-Christ. Ils se présentent donc au Sauveur. Ils le trouvent parlant aux foules qui s'empressent pour l'entendre et qui lui amènent leurs malades.  En ce moment même il guérissait un grand nombre d'infirmes de leurs maladies et de leurs plaies, il délivrait des possédés et rendait la vue à plusieurs aveugles, (Luc VIII,21 ) . Ils lui disent:"

- Jean-Baptiste nous a envoyés vers vous pour vous dire :" Est-ce vous qui devez venir, ou si nous devons en attendre un autre?"

   Jésus leur fait cette adorable réponse: " Allez dites à Jean ce que vous avez entendu et vu. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés."  Comme il parlait, tous acclamaient, tous célébraient ses bienfaits et disaient:" Nous avons vu ces miracles et ils se passent encore sous nos yeux! "

   Seuls les disciples de Jean ne comprenaient pas, ou ne voulaient pas se rendre. Pourquoi? Parce qu'ils s'étaient fait un autre idéal du Messie. Comme la plupart des Juifs, ils attendaient un Messie glorieux, conquérant, le sceptre à la main, environné de légions puissantes, dans un appareil de majesté. Et que voyaient-ils? Un homme vêtu comme tout le monde, au milieu d'infirmes, de malades couverts de plaies, de gens du peuple dont la pauvreté était repoussante. Ces envoyés de Jean, malgré les enseignements du Précurseur,  n'avaient point dépouillé l'esprit ancien, et toutes leurs sympathies allaient aux Pharisiens, pendant qu'ils n'éprouvaient que du dédain pour ces hommes naïfs qui à coup sûr ne connaissaient pas les Ecritures.  Alors Jésus ajouta avec tristesse: " Heureux celui qui n'est point scandalisé à cause de moi!" Les disciples de Jean partirent songeurs, et au fond mécontents; au moins ils n'étaient ni convaincus ni éclairés. Ils allaient rapporter à Jean, sans la comprendre, la grave leçon que leur avait faite le Sauveur.

   Leur départ causa un certain malaise dans la foule, qui prit parti contre Jean-Baptiste:" Quoi! cet homme qui avait fait courir toute la  Judée après lui, avait de tels disciples! Ceux-ci étaient évidement son reflet. Il ne méritait donc pas la réputation qu'on lui avait faite?"  Les Pharisiens à l'écart approuvaient, triomphaient, car c'était Jean-Baptiste qui avait signalé Jésus aux peuples comme l'Agneau de Dieu, comme le Messie! .. A ces protestations Jésus répond en prenant nettement la défense de son Précurseur.

   " Qu'allez-vous donc voir dans le désert? Un roseau agité par le vent?"... Il ne développe pas sa pensée, car tout le peuple a compris. Un roseau qui s'agite à tout vent et qui a résisté à Hérode!  Car Jean-Baptiste est en prison pour avoir maintenu les prescriptions de la loi divine. C'est donc au contraire un homme de caractère, une âme ferme, qui ne s'incline pas devant les puissants quand ils sont prévaricateurs. Il mérite donc toute la confiance du peuple!

   Puis, jetant les yeux sur les Pharisiens magnifiquement vêtus, qui observent d'un oeil méchant, il ajoute " Qu'êtes-vous donc allés voir? Un homme mollement vêtu? Mais ceux qui portent ainsi de riches vêtements sont dans les maisons des rois." C'était un mot vif et vrai à l'adresse de ces Pharisiens, qui étaient les ennemis de Jean et qui fréquentaient le palais d'Hérode.

   Il poursuit:" Qu'êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. C'est celui dont il est écrit:" Voici que j'envoie mon ange devant ta face pour préparer les voies devant toi. Parmi les enfants des femmes nul ne s'est levé plus grand que Jean-Baptiste."

    Celui que Jésus défend est bien défendu. Quel plus bel éloge fut jamais prononcé? Jean n'est pas, dit Saint Ambroise, un roseau qui s'agite, se courbant devant la faveur, et frappant de la tête ses amis si le vent change, mais un prophète et plus qu'un prophète, car les prophètes ont annoncé Jésus-Christ, et lui l'a montré au peuple. En quoi il est plus grand que Moïse et Isaïe . Il est un ange, l'envoyé immédiat du Christ, il a le zèle, la fidélité et la pureté de l'ange. Et ici Jésus s'applique à lui-même le texte du prophète Malachie, il dit:" Voici que j'envoie mon ange."  Mais il le change en ajoutant:" Je l'envoie devant ta face." Dieu, parlant de lui-même , a dit :" J'envoie mon ange devant ma face." Le Sauveur en s'appliquant ce qui est dit du Tout-Puissant proclame ainsi sa divinité.

   Puis, pour faire ressortir l'excellence de la nouvelle loi, il dit:" Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que Jean-Baptiste." Le royaume des cieux, c'est le règne nouveau du Christ, c'est l'Evangile qu'il enseigne. Le plus humble de la loi nouvelle, à ce point de vue, est plus grand que Jean-Baptiste; il a reçu plus que lui, car la loi nouvelle c'est la loi de la grâce; l'Eglise à laquelle nous appartenons, c'est le royaume des cieux, le royaume de l'Evangile et de la vérité où le Précurseur n'est pas entré, lui qui appartenait à l'ancienne loi.

   Quel bonheur d'être chrétien! Quel privilège que nous n'apprécions pas! Jean-Baptiste ne s'est pas abreuvé aux flots des grâces et des enseignements qui nous sont venus de Jésus-Christ; tout ce qu'il a reçu, il l'a reçu par Jésus-Christ et par ses mérites, mais d'une manière moins complète, moins abondante que le dernier d'entre nous. Et cependant il est notre modèle. " Peuple de Dieu,"

âmes chrétiennes, du moins ressemblons-lui par la fermeté de la foi, par l'intrépidité à montrer notre amour de la loi de Dieu et de Jésus-Christ. Ne soyons ni des roseaux, ni des chrétiens qui s'amollissent dans les délices, mais sachons affirmer nos convictions, et ayons comme lui, l'esprit de pauvreté. Du moins, nous ne demandons pas si c'est Jésus qui doit venir ou si nous devons attendre un autre Sauveur. Nous savons que le Sauveur c'est Jésus et qu'il vient à nous, et qu'il nous apporte pour la fête de Noël la plénitude de ses grâces. L'Eglise nous l'a dit dans l'introït de la messe:" Voici que le Seigneur vient pour sauver les nations, Ecce Dominus Veniet!' Elle nous l'a redit pendant tout le cours de l'office, qu'elle conclut par ce chant de la Communion:' Lève-toi, Jérusalem", lève-toi âme fidèle, " dresse-toi sur un lieu élevé et regarde. Vois la douceur, les délices qui te viendront du Seigneur."

Sta in exceso : élevons nos âmes vers Dieu, afin de voir plus haut, afin d'être plus purs, parce que nous serons éloignés de la terre. Aimons uniquement les choses du ciel, elles sont les seules suaves, les seules fécondes; elles nous unissent à Dieu, tandis que les choses de la terre, si nous nous y attachons, nous séparent de lui.

Vide jucunditatem: il n'y a de joie, de bonheur qu'en Dieu, qu'en Jésus qui nous presse de transformer nos coeurs pour la fête de Noël.

' Voici que le Seigneur vient pour sauver les nations, Ecce Dominus veniet! "

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Publié le 1 Décembre 2016

 

 

San-francisco-xavier

 

bonne fête au Xavier P et au Xavier A ...

 

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Publié le 1 Décembre 2016

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beh dis donc! l'encensoir, il y a sec ! c'est joli. j'aime beaucoup ces chasubles, comme celles de l'abbaye belle polyphonie.

Pontifical Solemn Mass in the Traditional Roman Rite celebrated for the feast of Christ the King in Bendigo Cathedral 2016. Holy Mass was offered by Bishop Columba Macbeth-Green, bishop of the diocese of Wilcannia-Forbes. His Lordship, Bishop Tomlinson, Bishop of Sandhurst, presided in choir after having welcomed the pilgrims to his cathedral.

The Christus Rex pilgrimage is a three day walk from Ballarat to Bendigo, Australia inspired by the ND de Chrétienté (Paris to Chartres) pilgrimage. It takes places on the last weekend in October each year, for the feast of Christ the King.

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Publié le 30 Novembre 2016

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" O Marie, vous êtes toute belle et il n'y a point de tâche en vous!"

 

   Qui nous donnera jamais de lui ressembler? Qui lavera jamais notre âme de la souillure avilissante afin que nous soyons beaux comme elle, agréable à Dieu?

   Cette merveille s'est accomplie au jour de notre baptême.  La même grâce méritée par Jésus-Christ, qui a préservé Marie, a effacé de notre âme la souillure du péché qui était comme la signature de l'acte écrit contre nous en nous livrant au démon, pour la remplacer par l'indélébile caractère d'enfant de Dieu, nous restituant nos titres et nos droits au ciel perdus par le premier Adam. La souillure disparaissant a fait changer le visage de Dieu qui laissant tomber son courroux, s'est écrié devant notre âme, comme devant l'Immaculée :" Toi aussi, tu es toute belle, il n'y a plus de tâche en toi."

   Alors en nous, comme en Marie, il a établi sa demeure, nous a faits par sa grâce participants de sa nature divine, nous a adoptés dans sa famille pour avoir un jour notre part de son héritage éternel, et nous communiquant les dons de son Saint-Esprit nous a rendus saints et agréables à ses yeux, objets de son amour, prédestinés au paradis.

   Saurons nous jamais assez apprécier la beauté et la riche destinée d'une âme immaculée?

   alors papa et maman pourront dire bientôt devant le petit Benoît " oh toi aussi tu es tout beau !"

 

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Publié le 29 Novembre 2016

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Publié le 29 Novembre 2016

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Auguste Créateur des astres

Lumière éternelle des fidèles,

Christ Rédempteur de tous,

Ecoutez nos prières suppliantes.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Novembre 2016

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Ce dimanche, 4 décembre 2016, à 9h30, Mgr Batut, évêque de Blois, visitera pour la première fois et célébrera la messe en forme extraordinaire à la paroisse des Saints-Apôtres, en la chapelle de Notre-Dame des Grouëts, à Blois.
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Novembre 2016

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   L'avez-vous remarqué? dans ses prières et ses chants de l'office de l'Immaculée Conception, l'Eglise remonte plus loin que la création.. Elle applique à la Vierge les paroles inspirées pour le Verbe de Dieu:" Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies, avant ses oeuvres les plus anciennes. J'ai été fondée dès l'éternité, dès le commencement, avant l'origine de la terre. Il n'y avait point d'abîmes quand je fus formée, point de sources chargées d'eaux, etc... (Prov. VIII, 22 et suiv.)

  C'est qu'en effet la conception immaculée de Marie au sein de sa mère a eu son prélude au sein de Dieu dans le mystère de la prédestination de Marie. C'est sa conception éternelle, dont sa conception terrestre ne sera que la réalisation.

   Les architectes qui ont tracé les plans de nos merveilleuses cathédrales, en ont d'abord conçu l'idée; ce premier dessin, leur imagination l'a enrichi de lignes et de dentelles; et un jour, la cathédrale entrevue s'est dessinée dans leur esprit, svelte, fleurie, vivante, comme s'ils avaient eu la réalité sous les yeux.

   Toutes oeuvre de nos mains a d'abord ainsi son épanouissement dans l'intelligence, qui lui fixe son but, l'adapte à sa destination, décide sa réalisation; et c'est pour cela que nous appelons oeuvre d'intelligence ce qui ne semble à première vue que le travail de nos bras.

   Pareillement Dieu a conçu d'abord le chef-d'oeuvre de sa création, la Très Sainte Vierge Marie. Marie a habité la pensée divine avant d'habiter notre race. C'est en Dieu qu'il nous faut commencer de la contempler.

   Haute contemplation, certes, que celle qui va nous introduire jusque dans les pensées et les conseils de Dieu, mais combien pratique aussi, puisqu'elle va nous faire rejoindre dans la prédestination de Marie notre propre prédestination et nous donner de voir dans la parfaite correspondance de Marie aux desseins de Dieu sur elle, l'exemple de notre fidélité à toutes les vues de la Providence sur nous.

   Donc, de toute éternité, Marie est présente à l'esprit de Dieu; de toute éternité Dieu l'a pensée, l'a voulue, l'a décidée; de toute éternité il a tracé le dessin de sa vie, fixé les traits de son visage, réglé les mouvements de son âme. Bien plus cette prédestination éternelle de la Très Sainte Vierge occupe le premier plan des pensées divines. Ne fait-elle pas partie, et partie nécessaire, indispensable, essentielle, du grand dessein d'amour que Dieu poursuit à travers toutes ses oeuvres, je veux dire le salut éternel des âmes par la vie et la mort de son divin Fils?

   Dieu veut nous sauver et nous sauver par le sang de son Fils. Mais ce Fils de Dieu, Dieu comme son Père, c'est-à-dire pur esprit, invisible, impassible, immortel, a besoin, pour remplir cette mission, de revêtir une robe de chair qui lui permette d'habiter visiblement parmi nous et de s'offrir un jour à la souffrance et à la mort.

   Sans doute, Dieu qui a créé Adam et Eve immédiatement dans la force de l'âge pourrait pareillement lui pétrir de ses propres mains un corps semblable au nôtre et l'introduire au milieu de nous sans parents, sans ancêtres, sans généalogie humaine. Mais cette possibilité de sa toute-puissance va à l'encontre des décisions de sa sagesse. Dans ses desseins, ce n'est pas un étranger qui doit nous sauver, une nature formée à part d'une manière différente de la nôtre, un être tiré d'un autre fonds que celui de l'humanité. Notre sauveur sortira de nos rangs, il appartiendra à notre race, il sera la chair de notre chair et l'os de nos os. Et puisque de hautes convenances nous font comprendre qu'il ne puisse avoir d'autre père que celui qui est dans les cieux, il faut bien qu'il ait une mère qui lui communique notre nature, qui soit le lien vivant qui le rattache à la famille humaine, qui permette que s'accomplisse l'oeuvre du salut par un Dieu fait homme et homme véritable.

Ainsi, de toute éternité et avant toute autre créature, Dieu pense à Marie, comme à la mère nécessaire de son Fils incarné.

   Et pour l'adapter à cette sublime mission, il la veut toute belle, très sainte, incomparablement riche des dons de sa magnificence. En elle, c'est une vision magnifique qu'il a sous les yeux: ce grand et divin monde de Dieu, qui éclipse et laisse dans l'ombre le monde des infiniment grands et des infiniment petits qui constituera l'univers matériel, et le monde lumineux des choeurs innombrables des anges, et le monde plus resplendissant encore de la sainteté, de la sainteté du ciel et de la terre, de la sainteté de tous les temps et de tous les lieux, de la sainteté virginale des anges ou héroïque des martyrs.

Et la nôtre?

   Elle fait partie des mêmes projets. Car si, de toute éternité, Dieu pense à son Fils fait homme et à celle qui sera sa mère, de toute éternité aussi il pense à nous tous, que par Jésus et Marie il veut racheter, remettre en grâce, s'unir à nouveau après la séparation du péché.

   Pour reprendre la comparaison de l'architecte, cet artiste divin veut une restauration du monde. Dans le plan qu'il en a conçu, Notre Seigneur Jésus-Christ sera la clef de voûte qui maintiendra et couronnera la solidité et la beauté de l'édifice, Marie, l'arceau multiple et gracieux qui mènera et unira à cette pierre centrale toutes les parties du mouvement; et chacun d'entre nous, suivant sa vocation, la pierre d'angle ou de milieu, le motif d'ornementation ou les matériaux de construction, la partie apparente ou cachée dont l'ensemble achèvera l'oeuvre divine. 

   C'est l'image qu'emploie et que développe, dans ses différentes épîtres, l'apôtre S. Paul :" Vous formez l'édifice Divin. Dei aediicatio estis. "

   Parce que l'intelligence divine n'est pas, comme la nôtre, lente pauvre en inventions, susceptible toujours d'enrichissements nouveaux, ce n'est pas au jour le jour, par à coups que Dieu a entrevu le plan de cette oeuvre grandiose, mais d'emblée,  que son génie en a dressé l'ensemble et le détail, et dans la plus parfaite harmonie de toutes les parties entre elles.

   Ainsi de toute éternité, en même temps qu'à Jésus et Marie et par rapport à eux, Dieu songe à nous. Oui, nous aussi. Dieu nous a prédestinés dès le commencement; nous aussi il nous a pensés, aimés et voulus de toute éternité, nous aussi, si je puis ainsi m'exprimer dans l'inexprimable mystère de la prédestination, nous aussi, tous, qui que nous soyons, à un moment du moins, Dieu nous a vus tout purifiés du sang de son Fils, tout parfumés de sa grâce, tout rayonnants de sa gloire. 

   Car Dieu nous a tous faits pour le ciel; il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive; il s'incarnera, il souffrira, il mourra pour tous les hommes sans exception. Même les âmes les plus noires, même les damnés des ténèbres éternelles ont été, à une minute des pensées de Dieu, des âmes blanches et des âmes de lumière.

     Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé?

   N'accusez pas Dieu de cette déchéance! Perditio tua ex te Israel: notre malheur et notre damnation ne peuvent venir que nous, de ce que nous ne répondons pas à ces premiers desseins de Dieu sur nous.

  Méditions ce mystère, la parfaite correspondance de notre mère à sa prédestination, afin d'entrer nous aussi, à son exemple, dans toutes les vues de Dieu sur nous.

 

mr l'abbé  

aumônier st Placide.

 

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Publié le 28 Novembre 2016

 

 

 

 

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« Un esprit sain dans un corps sain ». Jamais la devise de Pierre de Coubertin n'a été aussi vraie que dans le cas de Chantal Desmarais, une religieuse qui est aussi ceinture noire de karaté.

Soeur Chantal, devrait-on dire, car, il y a plusieurs décennies, cette quinquagénaire a choisi d'entrer dans les ordres. « À un moment donné, j'ai reçu un appel d'être au service du Seigneur, nous confie-t-elle. J'hésitais aussi avec les Forces armées canadiennes, mais il n'y avait pas de sœurs dans l'armée, alors je suis entrée dans les ordres. »

Entre deux prières et les bonnes œuvres, trois soirs par semaine, elle troque sa robe de religieuse pour le kimono. Dans le sous-sol de l'église Sainte-Camille, à Montréal-Nord, sœur Chantal devient alors sensei Chantal, une ceinture noire de karaté respectée par ses 60 disciples.

C'est dès son plus jeune âge que sœur Chantal découvre sa vocation religieuse, en même temps que celle de vouloir défendre son prochain. « Déjà, toute petite, j'allais défendre ceux qui se faisaient battre, car des batailles il y en avait à l'école. », affirme-t-elle.

Ce que je veux, c'est que chaque être humain sache se respecter et respecter les autres. Je ne suis pas violente, mais c'est sûr que si je vois quelqu'un qui essaye d'abuser de quelqu'un d'autre, ce n'est pas certain que je vais rester les bras croisés et tendre l'autre joue.

Soeur Chantal

L'idée de troquer le voile pour le kimono est venue au tout début de la vie religieuse de sœur Chantal. « J'étais déjà religieuse quand j'ai commencé le karaté. J'étais dans une communauté très ouverte et rapidement on a vu que j'avais des prédispositions pour les sports, notamment les arts martiaux. Comme j'aimais les arts martiaux, le karaté est arrivé naturellement à moi. J'ai commencé avec des ados, puis des adultes sont venus », raconte-t-elle.

Sensei Chantal refuse de nous dire quel niveau de dan elle a. Pour elle, ce qui compte le plus, c'est la philosophie qui est au cœur du karaté.

Une sensei respectée

Ce soir-là, dans le dojo de Montréal-Nord, ils sont plus d'une vingtaine, attentifs aux leçons de sensei Chantal. Des jeunes du quartier défavorisé en passant par des mères de famille. Il y a même un juge de la Cour du Québec.

Mais comment les disciples de sensei Chantal la perçoivent-elle?

Saleha Hedaraly a été poussée par ses parents vers le karaté pour qu'elle apprenne à se défendre. Elle me confie immédiatement : « Je vous dirais qu'après le premier cours, je n'ai pas vu la religieuse. »

J'ai vu un excellent professeur de karaté, une femme qui était drôle, avec un grand sens de l'humour, avec beaucoup de compassion et qui allait chercher chaque personne.

Saleha Hedaraly

« Elle allait s'attarder à leur force et à leur faiblesse pour les faire évoluer. Ça, je l'ai vu dès le premier cours. »

Selon sœur Chantal, le karaté n'entre pas en conflit avec les valeurs chrétiennes. « Je ne pense pas que le Seigneur nous demande d'être des moutons, dit-elle. C'est sûr que ce n'est pas dans l'aspect compétitif, ni sportif, ni violent que j'oriente mes cours. »

C'est surtout de donner des valeurs pour la vie, parce que la vie aussi est un combat. Comment donner le bon combat de la vie, avec de belles valeurs, tout en éveillant l'estime de soi : ce sont les préceptes que j'enseigne. Ce sont des outils, en fait.

Soeur Chantal

Affronter les problèmes

Les disciples de sensei Chantal avaient rendez-vous ce soir-là avec l'art du « cassage ». Bien apprendre à casser des briques, des planches. Chaque élève s'appliquait pour arriver au bon geste sous l'œil bienveillant de leur maître.

Là encore, la religieuse et le professeur de karaté étaient en harmonie : « Le cassage n'est pas l'essence même du karaté. C'est surtout relié à l'autodéfense. Mais moi, je le relie beaucoup avec les souffrances de la vie, les épreuves que les gens ont. »

Quand ils font face à leur planche ou à leur bloc de ciment, eh bien dans la vie, il faut que tu l'affrontes cela. Si tu n'affrontes pas tes problèmes, tes difficultés, tu ne pourras jamais passer au travers, tu ne pourras jamais les régler!

Soeur Chantal

Une semaine plus tôt, j'avais rencontré sœur Chantal à la cathédrale de Joliette. Dans le sous-sol, elle avait réuni des prêtres et des paroissiens pour leur expliquer le nouveau lexique liturgique romain.

En l'espace de quelques jours, je l'ai découverte sous ses deux habits. Inévitablement, je me devais de lui poser la question : on peut vraiment dire en vous voyant que l'habit ne fait pas le moine ou la religieuse. Elle part alors à rire, dans un rire éclatant et communicatif et me répond : « C'est vraiment ça, ça l'habille, ça habille la vie! »

Je laisse sensei Chantal à ses disciples et je me rappelle en ces temps passablement moroses et difficiles d'une phrase qu'elle m'avait dite lors de notre première rencontre quand je lui demandais s'il n'y avait pas une contradiction entre l'art martial et guerrier et la pratique religieuse. Je ne sais toujours pas si c'est sœur Chantal ou sensei Chantal qui me répondait, mais, une chose est certaine, il y avait une grande sagesse dans sa réponse.

Vous savez, si on prenait tous les beaux enseignements du karaté et qu'on les appliquait dans sa vie, il y aurait peut-être moins de problèmes et le monde serait sûrement meilleur.

 

 

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