spiritualite

Publié le 3 Mars 2014

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   Nous avons grand besoin d'un traité théologique complet sur la tentation.

 

Nous serions préservés de beaucoup de jugements creux sur les choses humaines, si nous êtions assez simples ou assez instruits pour admettre que la tentation fait partie intégrante du plan que Dieu a voulu et ordonné.

 

   Toutes les fois qu'il arrive une catastrophe qui change les conditions dans lesquelles les âmes opèrent leur salut, on donne toutes les raisons possibles et imaginables pour expliquer l'occurence du cataclysme à un moment donné ou dans un lieu donné du monde.

 

   La plupart du temps, les philosophes de l'histoire, qui se nomment ainsi eux-mêmes, apportent leurs théories favorites sur la santé mentale de l'humanité, et c'est évidemment parce l'on a oublié ou négligé le remède indiqué par eux que le désastre est arrivé. Quelques-uns d'entre eux, par exemple, diront que la Réforme et tous ses malheurs étaient dus à un mauvais régime de la propriété terrienne et que l'Eglise en fut la principale coupable. Peu de penseurs, sauf les plus grands ont le courage d'avouer que les hommes ont subi alors une tentation spéciale qu'ils n'avaient pas connue avant.

 

   Quant aux difficultés de la propriété terrienne, elles ont existé à beaucoup d'autres époques et en beaucoup d'autres lieux sans qu'une "Réforme" en soit sortie. Comme la liberté, la tentation est contenue dans l'histoire de l'homme et elle contribue au développement moral comme la glace et la neige conservent la vie dans la nature.

 

   Il y a donc une doctrine vraie et fausse de la tentation, et le chrétien doit lui-même accepter d'être tenté comme il accepte d'autres situations ordonnées d'avance pour son salut final. Qu'elle soit personnelle ou collective, sa tentation n'est pas un effet du hasard ni un stage d'abaissement dans lequel il a été entraîné; c'est un appel direct à gravir la Montagne du Christ, la Montagne de la Tentation.

 

L'Evangélise introduit d'une manière vraiment étonnante l'histoire de la tentation du Christ:" Jésus fut alors conduit par l'Esprit dans le désert pour être tenté par le démon."

 

   Le voyage de Jésus dans le désert depuis les rives du Jourdain, où les cieux entrouverts au-dessus de lui, est décrit comme une fuite précipitée du lieu de gloire vers la sombre entrée de la tentation:

 

  "' Et immédiatement, l'Esprit le chassa dans le désert."

 

   " Et Jésus, étant rempli de l'Esprit-Saint, s'en alla du Jourdain et fut conduit par l'Esprit dans le désert" .


 

   Ces quarante jours de tentation ne furent pas une période de dérilection; ils furent remplis de sainteté.  Nous ne pouvons évidemment pas comprendre la lutte titanesque du Christ contre Satan dans le désert. Les Ecritures ne lui donnent pas le nom de "lutte"; le mot qu'elles emploient est " la tentation " .

 

   Une lutte est une action claire; une tentation contient nécessairement une part de doute et d'obscurité; elle contient des séductions distinctes et des attractions vers une conduite opposée; il n'en est pas ainsi dans une lutte, où l'esprit des combattants est fixé.

 

Les paroles du Tentateur au Christ sont plausibles; en quittant le Jourdain pour le désert, le Christ allait de la lumière dans les ténèbres; quelque chose de sinistre l'entourait de tous côtés. C'était l'antithèse des splendeurs qui avaient jeté un rayon de gloire sur les eaux du Jourdain. Mais plus que tout le reste, on voit la résolution du Christ de se mettre lui-même sous le sombre nuage. Notre faible nature morale trouve difficile d'admettre que la tentation fait autant part et partie de notre équipement chrétien que l'exaltation de notre prière.

 

   On peut tenir pour certain que le chrétien, comme le Christ lui-même est soumis à la tentation comme à d'autres états spirituels, par l'action de Dieu. Si une telle perspective nous effrayait, il nous suffirait de jeter un regard sur le Christ qui marche en hâte vers la région déserte d'au-dessus du Jourdain et nous aurions l'assurance que la tentation ne peut pas être une mauvaise chose.

 

 

   Le Christ a marché vers sa tentation, comme il a plus tard marché vers sa Croix. En pareille matière, on est forcé de parler dans l'abstrait, pour ainsi dire, et de prendre idéalement le phénomène de la tentation. La Passion du Christ est différente de sa tentation en ce qu'elle ne peut pas être isolée ni distinguée de la malice humaine qui complota et exécuta la mort du Fils de Dieu sur la Croix, tandis qu'aucune volonté humaine ne poussa Jésus dans le désert pour y être tenté. C'est le Saint-Èsprit lui-même qui le dirigea, et dans ce cas divin, la tentation apparait dans sa simplicité, comme un ordre du Père. Bien qu'on ne puisse découvrir que rarement une telle clarté de lignes dans la tentation ordinaire, tous les angoisses de nos difficultés humaines supposent ce mystérieux fait que la tentation voulue pour elle-même est beaucoup plus fréquente dans notre vie que nous ne l'imaginons. Le chrétien doit passer à travers la tentation, c'est le signe même de la famille.

 

   La doctrine catholique de la tentation nous fournit l'interprétation la plus vraie de l'histoire de l'Eglise; les saints et les saintes de tous les temps ont été tentés par l'ordre et la volonté de Dieu. Les papes, les évêques, les chefs de l'armée du Christ passent dans le désert de la tentation; les Ordres religieux reçoivent de leurs tentations avec autant de vérité qu'ils partagent les autres richesses du Christ. L'Eglise catholique, considérée dans son existence collective comme le Corps mystique du Christ, est conduite dans des lieux et dans des temps déserts pour être tentés par le démon. En vérité, c'est un soulagement positif pour la pensée, d'être capable de croire à la mission divinement ordonnée de la tentation; on est ainsi délivré de l'obsession des vicieuses présentations historiques de la longue vie de l'Eglise catholique.

Les difficultés innombrables qui l'ont assaillie pendant sa carrière ne sont pas nécessairement le résultat de ses fautes; l'Eglise la plus parfaite peut être menée ici et là par des puissances mauvaises, comme le corps sans tâche du Christ fut emporté à travers les airs, tandis que son esprit demeurait évidement inaccessible aux mains du Tentateur.

 

   On ne peut avoir une véritable explication du christianisme, si l'on ne comprend pas bien la nature de la tentation. Mais dès que la lumière est projetée, comme le faisceau d'un phare, sur la carrière apparemment bigarée du catholicisme, comme on voit différemment sa signification et ses lignes!

 

   Les historiens catholiques eux-mêmes ne se sont pas toujours souvenus, en racontant la longue vie de l'Eglise, qu'elle est l'Epouse du Christ et qu'elle suit son Epoux sur les collines dénudées au-delà du Jourdain avec autant de fidélité que sur la cime du mont Thabor.

 


  

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Rédigé par dom Vonier

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Publié le 2 Mars 2014

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Ayez pitié de moi, mon Dieu dans la grandeur de votre miséricorde,

Et selon la multitude de vos miséricordes, effacez ma souillure.

 

Lavez-moi encore davantage de ma souillure, purifiez-moi de ma faute.

Car j'ai conscience de mon péché, et ma faute est sans cesse devant les yeux.

 

C'est contre vous seul que j'ai péché, c'est en votre présence que j'ai fait le mal;

aussi êtes-vous juste dans vos sentences, souverain dans vos jugements.

 

Considérez que j'ai été conçu dans l'iniquité, que ma mère m'a conçu dans le péché.

 

Vous aimez la vérité: les plus profonds mystères de votre sagesse, vous me les avez révélés.

 

Vous m'aspergerez avec l'hysope, et je serai purifié; vous me laverez, et je serai plus blanc que la neige.

 

Vous me ferez entendre des paroles de joie et d'allégresse, et mes os brisés tressailleront.

 

Détournez les yeux de mes fautes, effacez toutes mes souillures.

 

Créez en moi, mon Dieu, un coeur pur; créez au plus profond de mon être un esprit de droiture.

 

Ne me chassez pas de votre présence; ne me retirez pas votre esprit de sainteté.

 

Rendez-moi la joie de votre salut, et raffermissez-moi dans ma première ferveur.

 

J'enseignerai vos voies aux méchants, et les impies reviendront à vous.

 

Délivrez-moi du sang versé, ô Dieu, Dieu mon Sauveur! et ma langue publiera votre justice.

 

Seigneur ouvrez mes lèvres, et ma bouche chantera vos louanges.

 

Si vous aviez voulu un sacrifice, je vous l'aurais offert certes; mais vous ne prenez pas plaisir aux holocaustes.

 

Le sacrifice, qui plaît à Dieu, c'est l'âme brisée; le coeur broyé, le coeur humilié, Seigneur, vous ne le dédaignez pas.

 

Comblez Sion des dons de votre bienveillance, Seigneur, afin que se relèvent les murs de Jérusalem.

 

Alors vous accepterez les sacrifices de justice, les oblations, les holocaustes; alors on immolera de jeunes taureaux sur votre autel.

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Mars 2014

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on offre tout pour nos moines, pour tous ceux qu'on aime.. !

! Aimer égale souffrir, aimer égale pâtir, amour égale souffrance,

 

j'ai eu une vraie messe de quinquagésime ce soir , .. ! ! trop content.. des prêtres comme ça qu'il nous faut . pas des modernos de service locaux..!  non mais! 


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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Mars 2014

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http://kirchensite.de/blob.php?blob_id=1&element_id=4633

 

 

 

 

Quiconque avait commis des fautes graves et publiques, devait, au début du Carême, accepter la pénitence publique; ce fut l'usage ecclésiastique, du IVè au XIIè siècle.

 

   La pénitence publique consistait surtout dans l'exclusion de la participationà l'Eucharistie; en outre, on accompagnait des oeuvres de satisfaction: prières, mortifications, aumônes. Avant de les exclure de la communauté ecclésiastique, on recevait solennellement les pénitents de l'habit de pénitence et on leur couvrait la tête de cendre; puis l'évêque les conduisait hors de l'église, devant la porte. Cette "expulsion des pénitents" était une cérémonie saisissante qui constituait, pour les fidèles eux-mêmes, une prédication sérieuse. Plus tard l'Eglise adoucit sa discipline pénitencielle; désormais la pénitence s'accomplit en secret. Cependant, depuis le Moyen Age tous les fidèles acceptaient volontiers l'habit de pénitent et se faisaient imposer les cendres. Des rois et des empereurs, par exemple Charlemagne, allaient pieds nus, avec les autres fidèles, chercher les cendres bénites et entraient ainsi solennellement dans le temps de Carême.

 

   A Rome la bénédiction des cendres se faisait dans la basilique Saint Anastasie. C'est dans cette église, située au centre, que l'on conservait les anciennes croix de station qui servaient aux processions. A l'entrée du clergé, on chantait un Introït qui indique l'esprit de la bénédiction des pénitentes: sans doute, nous devons faire jaillir de notre âme les pensées et les sentiments les plus profonds de pénitence; cependant, ces vagues de pénitence s'apaisent dans ces paroles de l'antienne " car bienveillant est ton coeur éternel.."

 

   Viennent ensuite les quatres oraisons de bénédiction. Elles ont des particularités: elles sont de plus en plus courtes et, dans chacune, s'atténue la sévérité de la pénitence.

 

   La première oraison est d'une belle construction; elle se compose de trois parties et la partie médiane est divisée en quatre membres. Elle dit brièvement: que la cendre bénite soit, pour la communauté pénitente, un moyen de salut efficace, un sacramental pour le corps et l'âme.

 

   La seconde oraison s'étend sur le symbolisme de la cendre (la cendre symbolise notre nature pécheresse et périssable).

 

  La troisième oraison montre encore plus d'assurance; elle implore d'abondantes bénédictions par le moyen de la croix de cendre.

 

    La quatrième oraison nous donne comme modèles les Ninivites pénitents.

 

   Le prêtre distribue ensuite les cendres aux fidèles et, par là même, les bénit pour le temps de Carême qui commence. La cendre provient des rameaux bénis du dimanche des Rameaux de l'année précédente. " Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière".

 

   (à l'heure où l'on ne croit plus au péché originel) rappelons-nous que ces paroles furent prononcées pour la première fois au paradis terrestre et adressées à nos premiers parents - ce fut le premier et triste mercredi des cendres de l'humanité.

 

dom Pius Parsch

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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Mars 2014

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L’art du gouvernement chez saint Benoit

la "discretio"

 

par Dom Hervé Courau

Père Abbé de Notre-Dame de Triors

 

 

Le samedi 29 mars à 17h30 au Centre Ozanam,

24 rue Maréchal Joffre 78000 Versailles, salle Saint Bruno

 

A cette occasion, le Révérend Père Abbé

présentera le projet d’agrandissement

de l’hôtellerie de Notre Dame de Triors

 

Dimanche 30 mars

 

 

Prédication à toutes les messes du matin

par le Révérend Père Abbé Dom Hervé Courau

 

de l’abbaye Notre-Dame de Triors

 

 

http://notredamedesarmees.com/local/cache-vignettes/L203xH200/arton109-56e2a.jpg

 

1er dimanche de Carême

 

Prédication à toutes les messes du matin

par le Père Yves-Marie du Saint Sacrement, ocd

 

link notre dame des armées. Versailles.

 

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 27 Février 2014

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Le christianus poenitens est essentiellement celui qui doit déplorer son manque de fidélité au Christ, à qui il a déjà juré loyauté dans son baptême.

 

Les péchés du chrétien sont des offenses contre un état, l'état des rachetés. En commettant le péché, nous marchons d'une manière indigne de notre vocation, nous prouvons nous-mêmes que nous sommes de mauvais enfants, des personnes qui ne pensent pas à leur élection. Nous péchons contre le Christ, nous le blessons dans ses frères. Que nous soyons conscients ou non de ces implications, nous ne pouvons pas éviter d'avoir ce genre de culpabilité sur nos âmes, chaque fois que nous transgressons. Dans son repentir, le chrétien doit penser à beaucoup de choses qui lui appartiennent exclusivement.

 

 

il doit se souvenir de sa robe baptismale, il doit porter dans sa pensée l'adoption des enfants, le sceau du Saint-Esprit, la douceur du Pain de vie, le Sang de l'Agneau, toutes réalités qu'il a plus ou moins foulées aux pieds, chaque fois qu'il a péché gravement. Il a contristé ses frères, il a couvert de honte l'Eglise, il a porté l'incroyant à blasphémer le nom du Seigneur, il a rendu le travail du Saint-Esprit plus difficile, il a été un poids mort pour les hommes fervents et les femmes ferventes, qui n'ont rien de plus cher que la gloire du Christ.

 

Tous ces résultats et beaucoup d'autres sont infailliblement associés à nos péchés. C'est pourquoi, lorsque nous nous repentons, des légions de puissances invisibles sont mises en mouvement, toutes demandant d'être satisfaites et d'être vengées. Or, c'est le mérite spécial du christianus poenitens d'être déterminé à faire pleine amende honorable pour tous les outrages passés, à donner satisfaction à toute la hiérarchie de l'ordre surnaturel et à réparer la brêche qu'il a faite dans la vie du Corps mystique du Christ.

 

Son repentir est plus qu'un chagrin; c'est une faim et une soif de justice, c'est un effort pour remplir ce qui manque, par ses actes coupables, au Corps du Christ.

 

  Pour cette raison, la pénitence chrétienne est devenue la plus virile de toutes nos activités dans le Christ. Il serait cependant contre l'essence même du christianisme de ne voir qu'un seul aspect de cet effort du christianus poenitens; il ne peut rien faire de lui-même et, bien qu'il soit en son pouvoir de diminuer la vie du Christ en lui-même et dans l'Eglise, il lui est impossible de réparer ce dommage. Aussi le Christ a préparé pour lui le sacrement du repentir, comme il a préparé pour lui tous les autres sacrements qui lui donnent la plénitude de vie.

 

   La théologie du sacrement de pénitence serait un incompréhensible écheveau d'éléments inconciliables sans cette supposition fondamentale que, par le sacrement, le Christ rend ses propres membres capables de réparer le mal fait par leurs péchés à tout l'ordre surnaturel. Aussi ce sacrement ne se définit pas premièrement en termes de chagrin, mais en termes de pouvoirs et d'actions. Son efficacité repose d'une part, sur la puissance des clefs, et, d'autre part, sur les actions du chrétien, dont l'un seulement est le chagrin ou la contrition, les autres étant de l'ordre exécutif, la confession et la satisfaction.

 

   Bien que les dommages causés à l'ordre divin de la vie du Christ soient très graves, le sacrement de pénitence est plus puissant que le péché.

 

   Le chrétien n'est un pénitent dans le vrai sens que lorsqu'il entre dans cette disposition destructrice du péché que le Christ a laissée à son Eglise pour le bénéfice exclusif de son peuple. Un chagrin extérieur à cette institution ne recouvrirait pas les besoins du cas; par lui-même, il ne ferait pas d'un chrétien un authentique christianus poenitens.

 

   Toute une rangée de divines réalités a été bouleversée par le péché du chrétien; il ne peut pas rétablir l'ordre, sauf par les secours extérieurs préordonnés de réajustement sacramentel. La puissance de propitiation qui est dans le Christ devient palpablement opérante dans le sacrement catholique de la pénitence et les fidèles, qui sont les personnes mêmes, dont les péchés ont besoin d'expiation, sont appelés à entrer effectivement dans cette puissance du Christ en accomplissant les oeuvres du repentir sacramentel.

 

...

 

   Le christianus poenitens est demeuré le même type à travers tous les temps; il a compris avec une clarté non diminuée que ce n'est pas par ses propres efforts, mais par l'opération d'une institution divine, par le fonctionnement d'un système sacramentel dans lequel il est seulement un partenaire, que la justice est rétablie et la balance de la sainteté redressée. Il y a les tendres larmes du repentir personnel, il y a la plus transperçante de toutes les peines de l'âme, celle d'avoir offensé Celui qui est d'autant plus digne d'amour qu'il s'est laissé insulter par nous, il y a la colère contre notre propre chair qui s'est révoltée contre l'éternelle Beauté.

 

   Ces grâces, - car elles sont vraiment des grâces - peuvent apparaître à première vue comme n'étant que la communication individuelle d'une seule âme avec Dieu. Mais ceci serait une intelligence imparfaite des mouvements de la grâce.

 

   C'est le Saint-Esprit, l'animateur de tout le Corps mystique du Christ, qui, produit ces gémissements ineffables de l'âme repentante. Un dommage est réparé, et la réparation a sa répercussion dans le ciel où les anges se réjouissent d'un seul pécheur qui fait pénitence que des quatre vingt dix neuf justes qui n'ont pas besoin de repentir.

 

   C'est l'esprit partirculier du repentir chrétien de vivre dans la conviction que tout peut encore être remis en ordre de la manière la plus complète, si grand qu'ait pu être le désastre. Il pourrait y avoir de la vraie douleur sans cette persuation. L'homme peut-être profondément contrit, mais aussi profondément convaincu que le tort qui a été fait sera éternellement une blessure incurable dans le monde spirituel. Or telle n'est pas la grâce de la pénitence chrétienne. Elle est au contraire, une douleur pleine de foi en une puissance qui rebâtit tout ce qui a été démoli. Pour cette raison les anges se réjouissent d'un seul pécheur qui fait pénitence.


 

 

...

   Faire pénitence est essentiellement une reconstruction des murailles endommagées de la Jérusalem spirituelle. Le christianus poenitens est une personne remplie de confiance, à cause de cette ocnviction. Il n'est pas comme les Juifs qui s'asseyaient près du fleuve de la terre d'exil, versant des larmes inconsolables et se désolant à la pensée de la lointaine Jérusalem;  il est comme les Juifs après leur retour de captivité, tout appliqués au travail de la reconstruction des murs de la Cité sainte, que leurs ennemis avaient rasée jusqu'au sol.

 

  Mais l'homme, laissé à lui-même, est au-dessous d'une si grande entreprise. La pénitence chrétienne doit, pour cette raison être considérée comme une portion de l'adorable mystère du Christ, en qui Dieu restaure toutes choses qui sont dans le ciel et sur la terre.

 

 

 


 

  

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Rédigé par dom Vonier

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Publié le 27 Février 2014

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http://ruthdiezperez.files.wordpress.com/2011/04/bartimeo.jpg

 

" Quid tibi vis faciam? At ille dixit: Domine, ut videam "

 

 

Commentaire de Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église

Homélies sur l'Évangile, n°2 ; PL 76, 1081 (trad. Le Barroux)

 

« Vois ! Ta foi t'a sauvé »

 

 

 

Remarquons ce que le Seigneur dit à l'aveugle qui s'approche : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Celui qui avait le pouvoir de rendre la vue ignorait-il donc ce que voulait l'aveugle ? Non, bien sûr ! Mais il veut que nous demandions les choses, bien qu'il sache d'avance que nous les demanderons et qu'il nous les accordera. Il nous exhorte à prier jusqu'à être importuns, lui qui affirme cependant : « Votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin avant que vous ne le lui demandiez » (Mt 6,8). S'il interroge, c'est pour qu'on lui demande ; s'il interroge, c'est pour exciter notre cœur à la prière...


Ce que demande l'aveugle au Seigneur, ce n'est pas l'or, mais la lumière. Il ne se soucie pas de demander autre chose que la lumière... Imitons cet homme, frères très chers. Ne demandons au Seigneur ni des richesses trompeuses, ni des cadeaux terrestres, ni des honneurs passagers, mais la lumière : non la lumière circonscrite par l'espace, limitée par le temps, interrompue par la nuit, et dont nous partageons la vue avec les animaux, mais demandons cette lumière que seuls les anges voient avec nous, qui ne débute par aucun commencement et n'est bornée par aucune fin. Or le chemin pour arriver à cette lumière, c'est la foi. C'est donc avec raison que le Seigneur répond aussitôt à l'aveugle à qui il va rendre la lumière : « Vois ! Ta foi t'a sauvé ».

 


 

Au coucher du soleil, nous crions vers le Seigneur avec l'aveugle: " Ceux qui marchaient devant l'invectivaient pour qu'il se taise, mais lui criait encore plus fort: aie pitié de moi, fils de David ."

 

C'est avec ces aspirations ardentes que nous devons implorer la lumière pascale .

 

C'est comme des mendiants aveugles que nous devons entrer dans le temps de pénitence .

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Rédigé par philippe

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Publié le 26 Février 2014

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L’IVRESSE DE NOÉ ET LA MALÉDICTION DE CHAM & CANAAN

 

" Sem, Cham et Japhet étaient les trois fils de Noé, et c'est d'eux qu'est descendu tout le genre humain sur toute la terre. Noé commença a devenir agriculteur et planta une vigne de Gaussan.. . Puis, ayant bu du vin des moines, il le trouva tellement bon qu' il se trouva ivre et coucha nu dans sa tente. ...."

 

Alors Cham, le père de Chanaan, vit la nudité de son père et alla prévenir ses frères. Alors Sem et Japhet mirent un manteau sur leurs épaules et, marchant à reculons, ils couvrirent la nudité de leur père; mais leur visage était détourné et ils ne virent pas la nudité de leur père."

 

" Quand Noé fut désaoulé, il apprit ce que lui avait fait son plus jeune fils. Alors il dit

 

Maudit soit Chanaan. Qu'il soit le dernier des esclaves pour ses frères;

Que Sem soit béni du Seigneur mon Dieu, que Chanaan soit son esclave;

Que Dieu crée un vaste espace à Japhet et qu'il habite dans les tentes de Sem,

et que Chanaan soit son esclave.

 


 


 

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 25 Février 2014

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« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. » (Genèse 12,1)

 

On associe souvent la vie monastique à la stabilité. Mais l'authentique vocation monastique passe normalement par un arrachement radical de l'entourage familial et amical.

 

La stabilité n'est qu'un vœu bénédictin. Et la vie monastique est avant tout un départ, un arrachement, un exode, une fuite du monde, contemptus mundi, fuge tace quiesce, le premier précepte monastique est : « Fuis ».


 

Aimer égale souffrir, aimer égale pâtir, amour égale souffrance, amour égale passion, comme nous l'enseigne la Passion du Christ : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »
(Jean 15, 13) La spiritualité chrétienne est avant tout une spiritualité de l'exode, toute la Bible, toute l'histoire sainte, toute l'Eglise, toute la mystique, toute la théologie, tous les saints nous l'apprennent.
 « Mon père était un Araméen errant » (Deutéronome 26, 5), nous sommes « comme étrangers et voyageurs sur la terre » (1 Pierre 2, 11), « notre patrie est dans les cieux » (Philippiens 3, 20), etc.

 

Le voeu de stabilité est voeu exclusivement bénédictin, mais il est précédé par le triple voeu monastique de pauvreté, d'obéissance et de célibat, triple voeu qui se comprend comme une libération vis-à-vis du monde, une triple libération vis-à-vis de la richesse et du travail, de la volonté et de la société, de la famille et du mariage. Le triple vœu de pauvreté, célibat et obéissance s’oppose précisément à la triple attache du travail, de la famille et de la patrie. Bref il s'agit de quitter le monde, de s'en arracher, et notamment des liens sociaux, familiaux, conjugaux, politiques, économiques, etc. Pour être libre et disponible entièrement à Dieu par la vie contemplative à laquelle est ordonnée toute la vie active du moine. Le voeu bénédictin de stabilité cède d’ailleurs devant le voeu d'obéissance, puisque les moines bénédictins peuvent être et sont souvent appelés à quitter leur monastère d'origine pour fonder et essaimer ailleurs.

 

La stabilité n'a aucune valeur en soi, pas plus que l'instabilité. « Là où est l'Esprit, là est la liberté. » (2 Corinthiens 3, 16) « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de tout homme animé par l'Esprit. » (Jean 3, 8)

 

Ce qui compte, c'est la fidélité au Seigneur. « Le juste vivra par sa foi. » (Habacuc 2, 4) Et pour le conjoint, la foi donnée en Dieu à son conjoint.
Jusqu'à la mort. « Je suis venu pour que vous ayez la vie, et que vous l'ayez en abondance. » (Jean 10, 10)

 

Il faut perdre sa vie, se renier soi-même, perdre pied, se noyer. Le baptême est une noyade, une mort par immersion dans la mort du Christ pour revivre de la vie du Christ.

 

Jésus n'a fait que passer, « il passait en faisant le bien » (Actes 10, 38), pour nous préparer à la Pâque, Pessah, le passage, le grand passage. La vie n'est qu'un pèlerinage. Homo viator.

 

Dieu est déroutant. Et il nous met en route. « Je vous ai choisis et je vous ai établis pour que vous partiez, pour que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jean 15, 16) « Allez et de toutes les nations faites des disciples ! » (Matthieu 28, 19)

 

 

link la nef.

 

 


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Rédigé par Falk van Gaver

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Publié le 25 Février 2014

 

http://www.hermandaddelatrinidad.es/images/22.jpg

 

"C'est dans la mesure où l'on est fermement uni à Dieu qu'on évite le péché directement ou indirectement volontaire, le péché de commission et celui d'omission ou de négligence."

 

rp Garrigou Lagrange.

 

Le sens de l'Avant-Carême est la préparation convenable à la célébration du Carême. Toute bonne oeuvre demande une préparation convenable.

 

Comment vais-je passer cette année, le Carême?

 

N'ayons pas des projets trop ambitieux, car un départ trop brusque et trop audacieux pourrait être suivi d'une fin lamentable. En agissant autrement, nous ressemblerions à cet homme de l'Evangile, qui entreprend la construction d'une tour et, ne pouvant l'achever, devient la risée de ses voisins. Ainsi donc n'en faisons pas trop, mais faisons cependant quelque chose qui distingue le temps de Carême de tous les autres temps.

 

Allors, par exemple, dans un monastère de Bénédictins; (Fontgombault par exemple..)

nous y trouverons une manière de vivre entièrement changée, une sainte gravité s'est emparée de tous les habitants; les relations épistolaires et orales avec le monde extérieur sont restreintes; le silence sacré, le recueillement, les exercices de pénitence, une vie de prières plus intense montrent qu'un temps de l'âme est venu.

 

Que ces communautés liturgiques nous servent de modèle !

 

 

dom Pius Parsch

 

et puis,  il y a ceux qui sont dispensés par l'âge, et  qui, par esprit de contradiction le feront volontiers pour un petit bourg berrichon et leurs habitants,  en bordure de Creuse. ....

 

piqûre de rappel,dans ce monde plein de confusion. et où les confessionaux ne font pas spécialement le plein. 


. ! la mortification.

 


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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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