spiritualite

Publié le 30 Novembre 2012

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Saint Temps de l'Avent.

 

 

C'est que la venue de Jésus sur terre évoque pour nous l'Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie, qui se produit une fois pour toutes, et, seulement "lorsque les temps furent accomplis.

 

Mais pourquoi cette incarnation, pourquoi la rédemption elle-même?

 

 

Au dire de saint Jean, il n'y a point de doute possible: si le Christ vient d'abord nous sauver de nos péchés, cette libération ne représente que le côté négatif de sa tâche. De façon plus positive, le Fils unique vient nous faire connaîitre sensiblement la gloire du Père (JnI,18,14).

 

Pareillement, le Christ affirme qu'il a bien parachevé son oeuvre dès lors qu'il nous a manifesté le Père. N'est-ce point d'ailleurs la vie éternelle que cette connaissance.

 

"la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul Dieu véritable, et ton envoyé, Jésus-Christ." (Jn XVII,3) Il faut donc entendre ce mot de "connaître" non pas au sens pauvre d'une science abstraite et stérile, mais dans l'acceptation  riche et pleine que ce mot prend généralement dans la Bible; connaître, c'est aimer, s'unir, se transformer en celui que l'on "connait" ainsi que l'écrivait Claudel.

 

Les fêtes de Noël mettront pleinement en lumière cet aspect de l'incarnation.

 

C'est bien ce qui explique aussi qu'elle survienne si tardivement: il fallait précisément que les temps fussent accomplis; autrement dit, il fallait au projet divin le temps de murir. Non pas, on le pense bien, que le Dieu de miséricorde ait tardé à envisager les remèdes à nos péchés "In aeternum misericordia ejus": de toujours, du même coup, Yahvé a prévu la créature épouse de son fils, défaillante en Adam, puis rachetée dans le second Adam. Il n'a même pas différé d'un seul jour l'annonce de notre rédemption, de sorte qu'elle précède même l'expulsion hors du Paradis terrestre, après la faute originelle.

 

 

Ce n'est pas la bonté prévenante de Dieu qui est en retard; c'est l'homme déchu qui s'avère incapable d'une Révélation plénière immédiate.

 

Il a donc fallu l'éduquer

 

:"Ainsi la Loi" - c'est-à-dire pratiquement toute la Révélation de l'Ancien Testament. - nous servit-elle de pédagogue jusqu'au Christ." L'humanité se trouvait alors en tutelle:" Aussi longtemps qu'il est enfant, l'héritier, quoique propriétaire de tous les biens, ne diffère en rien d'un esclave. Il est sous le régime des tuteurs et des intendants jusqu'à la date fixée par son père." Gal.IV 1

 

Déjà Diieu avait conclu un "Testament" en bonne et due forme qui rendait le peuple hébreu  "propriétaire de tous les biens". En droit. En titre,. Non pas en fait, cependant. Parce que l'humanité n'avait pas encore fini ses classes, Dieu devait auparavant révéler  graduellement, amoureusement, sa haute vocation à la petite sauvageonne qu'il avait adoptée dès sa naissance. (la grande parabole nuptiale d'Ezéchiel, ch; XVI.)

 

L'Ecriture Sainte n'est pas autre chose que le précieux recueil de tous ces enseignements, de toute cette révélation que Yahvé prodigua aux hommes durant les siècles. Il les instruisait, soit à travers les faits eux-mêmes de l'histoire sainte d'Israël, soit plus directement par les oracles de ses prophètes: la Bible tout entière est une manifestation de Dieu.

 

Comment le Père se montrerait-il à nous cependant, Lui qui est par excellence le Principe, la Source cachée," l'Au-delà de tout? Nul ne peut voir Dieu.." il a donc fallu que "le Fils unique, qui est dans le sein du Père, Lui nous le fasse connaître. (Jn I,18) Lui, il le pouvait, puisqu'il est "l'image du Dieu invisible" (Col.I, 15) Il est par définition, manifestation du Père non manifesté.

 

De même que, par conséquent, "ce qu'il y a d'invisible se laisse voir à l'intelligence depuis la création du monde", puisqu'à travers ces créatures, faites à la ressemblance du Créateur, on peut deviner "quelque chose de son éternelle puissance et de sa divinité" (Rom.I, 20), de même, nous sommes appelés à connaître le Père en son `Verbe, puisque celui-ci est "l'empreinte de la substance" du Père. (Hébreux I,3).

 

"Philippe, dit Jésus, qui m'a vu a vu le Père. " (Jn XIV,9)

 

 

Mais avant que l'Incarnation proprement dite ne rende visible et palpable le Verbe de vie (I Jn I,1), Dieu s'était déjà manifesté partiellement, de façon moins tangible, non seulement en sa création - comme l'indiquait le texte de l'Epître aux Romains que nous venons de rappeler - mais par tous les oracles, prodigué aux patriarches, puis à Moïse avec lequel Dieu parlait comme un ami avec un ami, puis aux prophètes.

 

En somme, si "l'on ne pouvait voir Dieu sans mourir" si même au Sinaï Moïse ne fut admis à Le voir que de dos (Ex XXIII,20), du moins on pouvait l'entendre. " Voici que je mets en ta bouche mes paroles" déclare-t-il à Jérémie. Désormais, celui-ci pourra sans mentir proférer la déclaration solennelle qui l'accrédite: " Ainsi parle Yhavé.." ou encore "Parole qui fut adressée à Jérémie de la part de Yahvé..."

 

Or, quelle est donc la Parole du Père? Quelle est l'unique expression de l'amour qui est sa Vie divine, sinon le Verbe en personne?

 

Les figures des patriarches, des prophètes ou du peuple hébreu tout entier nous apparaissent maintenant comme nos véritables ancêtres en qui l'oeuvre de rédemption s'est réellement amorcée, tout comme s'accomplit dans l'Eglise cela qu'ils ont annoncé, espéré, préparé.

 


 

 


 


 

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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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Publié le 29 Novembre 2012

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Jésus vivant en Marie

Venez et vivez en vos serviteurs,

Dans l'Esprit de votre sainteté,

Dans la plénitude de votre puissance

Dans la perfection de vos démarches,

Dans la réalité de vos mystères;

 

Maitrisez toute force contraire;

Par votre Esprit

Pour la Gloire du Père.

 

 

Jean-jacques Olier.

 

 

 

 


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Publié le 28 Novembre 2012

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  "Avec l'Immaculée, tournés vers les réalités d'En-Haut"

 

q u'est-ce en effet que ce privilège originel de la Bienheureuse Vierge que l'on fête si heureusement le 8 décembre, en plein Avent?

 

C'est le fait que Marie n'est pas plus tôt créée que rachetée.

 

Il n'y a pas le moindre hiatus, le plus petit moment, le plus minime écart entre sa création et sa recréation. Alors que, pour chacun de nous, il s'écoule d'ordinaire bien longtemps et parfois toute une vie, avant que Dieu puisse reprendre pleinement en mains une volonté trop facilement rebelle, par suite du Péché originiel, la Vierge, dès le premier instant de son existence, dès qu'elle point à l'être, se voit et se veut parfaitement donnée à Dieu, à son action toute-puissante, créatrice et sanctificatrice.

 

Le dogme de l'Immaculée Conception porte donc à son comble le paradoxe des préparations à la venue divine: cum essem parvula, placui Altissimo, parce que j'étais toute petite, Dieu s'est complu en moi." Et quoi de plus petit que l'Immaculée lors de sa Conception?

 

Qui est comme Yahvé, notre Dieu,

Lui qui siège dans les hauteurs,

qui s'abaisse pour regarder

sur les cieux et sur la terre,

Lui qui relève le pauvre de la poussière...

Lui qui fait habiter dans une maison la stérile,

joyeuse mère de famille! Alleluia.

 

 

C'est que la Maternité de Marie témoigne du même parfait accomplissement de l'oeuvre divine grâce à la parfaite abnégation de soi qui est celle de la Vierge de Nazareth.

 

Toute mère doit recevoir d'un autre, et dans sa dépendance, le germe qui permet sa fécondité. Marie, parce qu'elle est plus donnée que toutes les femmes dans le voeu même de sa Virginité offerte à Dieu, se voit comblée d'un Fils qui est de Dieu même. Son renoncement illimité lui vaut d'être mère sans limite, puisqu'elle enfante non seulement l'Emmanuel, mais tous les membres du Christ à venir que nous sommes.

 

C'est là sans doute ce qu'annonçait plus profondément le célèbre oracle d'Isaïe VII,14  :" Ecce Virgo concipiet..." qui est l'un des axes centraux autour duquel s'est construite la liturgie de l'Avent.  Vu sous cet angle, il prend un air plus familier, plus assuré, qui n'est pas moins constructif que la prédiction matérielle à quoi l'on aurait spontanément tendance à le réduire.

 

L'annonce en effet parait si claire, et nous somme si désireux de trouver dans les prophéties la définition précise d'évènements futurs que nous croyons avoir épuisé le sens de cette Révélation quand nous avons traduit: Une Vierge concevra....Et bien entendu si Dieu avait voulu jouer au prophète, il lui aurait été facile de nous écraser sous une infinité de prédictions toutes plus précises les unes que les autres.

 

 

En fait il n'en est rien. Contrairement à la traduction utilisée par les Pères et la Liturgie, le texte original parle seulement d'une 'Almah" qui doit concevoir. Or "almah" signifie seulement "jeune fille" ou "jeune femme", sans plus préciser, et le contexte d'Isaïe semble bien indiquer autre chose qu'une conception virginale, du moins à le prendre dans son sens direct, immédiat.

 

A quoi donc alors cette prophétie? On ne peut hésiter là-dessus: Yahvé entend donner une leçon au roi Achaz, trop soucieux des conjonctures politiques défavorables. Celui-ci ne songeait qu'à trouver dans sa politique le moyen de se tirer du plus mauvais pas, sans même penser à recourir au Dieu qui met pourtant sa Gloire à être le seul véritable Sauveur de son peuple.

 

C'est pourquoi Yahvé envoie son serviteur Isaïe lui annoncer qu'il a bien tort d'échaffauder toute une diplomatie: plutôt que sur des espoirs trop humains, qu'il s'appuie sur ce Dieu même, qui préfère "choisir ce qu'il y a de faible dans le monde pour confondre la force, et qui dans le monde est sans naissance, méprisé, humilié, afin de réduire avec ce qui semble inexistant ce qui est, afin que nulle chair n'aille se glorifier devant Dieu.

 

Ainsi comprise dans son ensemble, et non plus en s'hypnotisant sur les seuls trois premiers mots: ecce virgo concipiet  l'oracle d'Isaïe concorde parfaitement avec le sens le plus général de la Révélation scripturaire, avec cet enseignement divin, avec cette préparation, cette éducation de l'humanité par Dieu, afin qu'elle devienne capable de recevoir le Messie.

 

 

Marie répond à cette prophétie d'abord en ce qu'elle aurait le coeur assez pur de tout retour sur soi pour se fier entièrement à Dieu. Du même coup, Celui qui "renverse les potentats de leurs trônes" élève l'humble fille de David et lui donne même d'accomplir l'oracle, puisqu'elle sera une Almah Vierge, qui enfante l'Emmanuel véritable.

 

Depuis lors, elle n'a point cessé d'être ce lieu de toutes les complaisances divines, cet instrument humain seul suffisamment parfait pour préparer toutes les Venues du Fils de Dieu dans l'humanité. Car si l'Incarnation proprement dite est unique dans l'histoire, nous avons vu qu'il y a des bien des manifestations progressives du Verbe tout au long de l'Ancien Testament, nous croyons aussi que le Christ doit continuellement se manifester, en son Eglise comme en chacun de ses fidèles, comme à tout ce monde païen ou incroyant auquel il demeure encore caché.

 

 

C'est cette manifestation-là  qui s'accomplit de façon encore mystérieuse et cachée, à la fois dans la célébration du cycle de Noël, dans les conversions intérieures que sa grâce produit en nous, et dans le rayonnement enfin des missions qui doivent découvrir à tous la Présence du Seigneur, jusqu'à ce qu'elle éclate en une Parousie définitive.

 

 

En tout cela, Marie doit être présente elle aussi, non pas seulement comme le modèle achevé des préparations divines, mais comme une Mère bien vivante, qui nous prépare à cette découverte: Dieu règne! et Jésus, en nous doit assurer son Règne.

 

 

La liturgie de l'Avent est bien faite pour favoriser cette prise de conscience, et il n'y a donc rien d'étonnant si elle nous incite à une plus vive et fervente invocation du Précurseur et de la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

dom Claude Jean Nesmy

spiritualité de Noël 1960

 

 


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Publié le 28 Novembre 2012

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La Vierge Marie nous offre un exemple parfaitement accompli de pour cette préparation à la Noël.

 

 

D'abord elle nous apparait comme "la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël, l'honneur de notre race", ainsi que l'Eglise nous la fait chanter, à la fête de l'Immaculée Conception, lui appliquant les éloges décernés par les hébreux à Judith, lorsqu'elle sauva Béthulie assiégée par Holopherne. C'est que " Marie n'a pas été découverte au dernier moment, ni par hasard, mais élue dès l'origine, comme d'avance par le Très-Haut qui se l'est préparée; les Anges l'ont gardée, les Patriarches l'ont annoncée en figure, les Prophètes l'ont promise. Interrogez les Ecritures pour vérifier ce que je dis... Admirez l'étonnante concordance qui relie les uns aux autres les évènements miraculeux et les mystérieuses paroles des saints Prophètes.

 

C'est une chose inouïe, par exemple que l'unique miracle survenu en la Vierge et par la Vierge ait pu être préfiguré par tant de faits singuliers et annoncé par tant d'oracles. L'inspiration des prophètes, en effet, fut toujours la même, et tous, malgré la différence des styles, des figures des époques, ont prévu et prédit la même chose dans le même esprit.

 

Ce qui pour Moïse, prit forme de buisson ardent, pour Aaron de verge fleurie, pour Gédéon de toison couverte de rosée, Salomon l'a prédit par l'image de la femme forte; Jérémie a exprimé cette même prophétie par la figure déjà plus claire de la femme portant l'homme dans son sein; Isaïe a été plus explicite encore, parlant de la Vierge et de l'Emmanuel; et enfin Gabriel nous a désigné en la saluant la Vierge elle-même.

 

Elle n'est pas seulement prédite par l'Ecriture, elle est aussi, elle est surtout cette femme "bénie entre toutes", vers laquelle montait l'attente des générations depuis que Dieu avait promis à Eve que le libérateur du démon serait le Fils d'une de ses descendantes (Gen.III,15). Elle est cette fleur éclose sur la tige de Jessé où s'épanouit tout ce que les millénaires de l'Ancien Testament avaient progressibement mûri, purifié, affiné, spiritualisé, intériorisé, ouvert toujours plus profondément et plus largement à l'action divine..

 

Mais c'est dire aussi, par là-même, combien il serait faux d'imaginer une préparation qui élève progressivement la terre jusqu'à lui faire produire son Sauveur comme un fruit naturel.

 

Encore une fois, et de façon plus décisive que jamais en Marie, nous voyons au contraire que la seule préparation véritable consiste à "diminuer", comme disait Jean-Baptiste, à s'humilier, à disparaître, à laisser Dieu tout faire en sa créature.

 

Nul ne fut jamais plus pauvre que la Vierge de Nazareth. Appauvrie en son corps, puisqu'elle avait voulu le donner si entièrement à son Dieu qu'elle avait renoncé à tout espoir d'une maternité pourtant si chèrement prisée en Israël:" Je ne connais point d'homme" répond-elle à l'ange Gabriel, avec un accent définitif.

 

Mais plus pauvre, plus encore, en Esprit, ce pour quoi elle est appelée bienheureuse:" Ecce ancilla Domini", saura-t-elle seulement répondre à cet envoyé divin qui lui annonce la plus écrasante dignité que la créature puisse jamais recevoir. Servante, oui, servante inutile, et qui saura seulement chanter " les grandes choses que le Tout-Puissant a faites pour elle": les Magnalia Dei. " Magnificat anima mea Dominum.. quia fecit mihi magna qui potens est."

 

Voilà donc où aboutissent les longues préparations de l'Ancien Testament!

 

L'humanité s'était perdue par l'orgueil, la désobéissance, la folie de nos premiers parents, qui préférèrent suivre le jugement de leur sens:" Elle vit que le fruit était bon à manger, séduisant à voir.. et elle en mangea." (Gen.III, 6) plutôt que le commandement de Dieu.

 

Il fallut toute cette chaîne de générations, qui montent d'Adam à Noé, d'Abraham à Jacob, de Juda à Jessé, de David à Joseph épouse de Marie, pour que, sous le coup des multiples épreuves préparées providentiellement par Yahvé à son peuple, l'homme redécouvre peu à peu l'humilité, l'obéissance, la sagesse d'écouter Dieu, d'attendre tout de Dieu, de chercher en tout l'accomplissement de Dieu: en trois mots, la foi, l'espérance et la charité.

 

Car Dieu est tout. Il ne peut être que Tout, par définition, et son action ne saurait être que totale. C'est au fond ce que nous entendons exprimer quand nous disons qu'il est le Créateur, c'est-à-dire qu'il opère à partir de rien, "ex nihilo", c'est-à-dire qu'il ne se borne pas simplement à changer l'ordre des cubes, comme ferait un enfant, ou l'ordre des électrons, comme ferait un homme: Dieu suscite, éveille ou renouvelle nos existences jusqu'en leur fond secret, jusqu'en leur source première. Il agira d'autant plus qu'il trouvera sa créature plus entièrement décidée à Lui laisser le champ libre.

 

Plus nous serons pauvres et dépendants - librement, volontairement, activement pauvres et dépendants - plus Dieu pourra faire passer en nous son action. Plus Il règnera, par conséquent. Plus son Avènement sera proche.

 

dom Claude Jean-Nesmy

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Rédigé par philippe

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Publié le 25 Novembre 2012

 

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Le musée des beaux-arts de Nantes propose dans la chapelle de l’Oratoire, jusqu’au 20 janvier 2013, une élégante exposition intitulée « Splendeurs sacrées », composée de chefs-d’œuvre du « Grand siècle » de la peinture parisienne.

 

 


Le visiteur pourra admirer plusieurs tableaux originaux soit par leur représentation soit par leur exécution. « Splendeurs sacrées » montre ainsi un tableau d’Aubin Vouet le frère du célèbre Simon Vouet, d’un style plus caravagesque que son frère, son Saint Bernard ressuscitant un mort réalisé vers 1630 pour le couvent des Feuillant a pour iconographie un sujet rare. De plus, Aubin Vouet (1595-1641) est un artiste aujourd’hui peu connu alors qu’il a fait partie des principaux acteurs du renouveau de la peinture religieuse dans les années 1630.

 

Narthex

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 25 Novembre 2012

 

 

 

 

 

O Jésus, détachez-nous toujours plus de ce monde dont la figure passe avec ses vains travaux, ses gloires contrefaites et ses faux plaisirs.

 

Ainsi que vous nous l’aviez annoncé, comme aux jours de Noé, comme à Sodome, les hommes continuent de manger et de boire, de s’absorber dans le trafic et la jouissance ; sans plus songer à la proximité de votre avènement que leurs devanciers ne se préoccupèrent du feu du ciel et du déluge, jusqu’à l’instant qui les perdit tous .

 

Laissons-les se réjouir et s’envoyer des présents, comme le dit votre Apocalypse, à la pensée que c’en est fait du Christ et de son Église.

 

Tandis qu’ils oppriment en mille manières votre cité sainte, et lui imposent des épreuves qu’elle n’avait point connues, ils ne se doutent pas que ce sont les noces de l’éternité qu’ils avancent ; il ne manquait plus à l’Épouse que les joyaux de ces épreuves nouvelles, et la pourpre éclatante dont l’orneront ses derniers martyrs.

 

Pour nous, prêtant l’oreille aux échos de la patrie, nous entendons déjà sortir du trône la voix qui crie, au bruit des tonnerres qu’entendit le prophète de Pathmos : « Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous tous qui le craignez, petits et grands. Alléluia ! car il règne nôtre Seigneur tout-puissant.

 

Réjouissons-nous et tressaillons, rendons-lui gloire ; car le temps des noces de l’Agneau est arrivé, et son Épouse s’est préparée ! » Encore un peu de temps, afin que se complète le nombre de nos frères ; et, avec l’Esprit et l’Épouse, nous vous dirons dans l’ardeur de nos âmes trop longtemps altérées : « Venez, ô Jésus  ! Venez nous consommer dans l’amour par l’union éternelle, à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans les siècles sans fin ! »

 

dom Guéranger.

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Publié le 25 Novembre 2012

 

 

 

 

La paix, selon une célèbre définition de saint Augustin, est la tranquillité de l'ordre: tranquillitas ordinis.

 

Et l'ordre demande que, partout où il y a pluralité, inégalité, diversité, chaque chose soit à sa place.

 

Ainsi donc, pour assurer la paix, il faut établir l'ordre, et pour établir l'ordre il faut mettre chacun à son rang. Dans l'individu, la paix requiert que le corps soit soumis à l'âme, les appétits inférieurs à la raison, et la raison à Dieu; dans l'univers tout entier, la paix demande que toutes les sociétés, la famille, la patrie, les nations, soient soumises au Christ roi comme le Christ est soumis au Père.

 

Proclamer Jésus roi universel et dilater son règne, c'est donc préparer et garantir la paix, en même temps que le triomphe de l'Eglise.

 

"Non, s'écrie Bossuet, non, Jésus-Christ ne règne pas si son Eglise n'est autorisée: les monarques pieux l'ont bien reconnu: et leur propre autorité, je l'ose dire, ne leur a pas été plus chère que l'autorité de l'Eglise."

 

Pie IX avait grandement raison de dire dans sa première encyclique:" Nous ne pouvons pas travailler plus efficacement pour la paix qu'en restaurant le règne du Christ."

 

"Quand la religion n'est plus la médiatrice des rois et des peuples, le monde est alternativement victime des excès des uns et des autres. Le pouvoir, libre de tout frein moral, s'érige en tyrannie, jusqu'à ce que la tyrannie devenue intolérable amène le triomphe de la rebellion. Puis de la rebellion sort quelque nouvelle dictature, plus odieuse encore que ses devancières."

 

Cardinal Pie.

 

 

Le moyen donc de conjurer l'immense péril des temps nouveaux, c'est de proclamer et d'établir le règne de Jésus-Christ, ainsi que celui de son Eglise, société spirituelle parfaite, avec ses dogmes immuables, sa morale intangible, ses droits imprescriptibles.

 

Père Hugon OP

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Rédigé par philippe

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Publié le 24 Novembre 2012

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Il y a dans l'histoire de l'humanité, mes frères, certaines rencontres inoubliables, rencontres qui restent gravées dans la mémoire des hommes : ainsi ce face-à-face entre Pilate et notre Seigneur Jésus Christ. D' un côté il y a Pilate, le gouverneur romain, dans son palais; de l' autre il y a Jésus, le charpentier de Nazareth qui enthousiasme les foules mais déplaît aux dignitaires de l' époque. Jésus a été arrêté; Ses disciples se sont enfuis à toute vitesse : Il est maintenant face à Pilate qui Le questionne : "Es-Tu le roi des juifs?" : Pilate s' y connaît en roi, lui qui est le représentant officiel de l' empereur et de son pouvoir!

 

Qu' a-t-Il de semblable avec un roi cet homme -vêtu simplement, aux mains calleuses parce qu' elles ont travaillé le bois-, cet homme qu' on lui présente ligoté et déjà condamné à mort? Pourtant Pilate insiste encore : "Alors, Tu es roi?". Non, décidément, le gouverneur ne peut comprendre une "royauté" si dérisoire, une "royauté" qui n' est pas de ce monde! Et c' est vrai, mes frères, que le Christ Roi de l' univers que l' Eglise célèbre, adore et prie en ce jour, sur tous les continents, c' est vrai que ce Roi-là est surprenant et déroutant!


Ressemblait-Il à un Roi quand Il est né à Bethléem?

Ressemblait-Il à un Roi quand Il ajustait les poutres dans Son atelier de Nazareth?

Ressemblait-Il à un Roi quand Il Se laissait approcher par les enfants, les lépreux, les estropiés et tous les va-nu-pieds de toutes sortes? : Jésus -s' exclamait le Bienheureux Charles de Foucauld (+ 1 er décembre 1916) : "que Tu es Bon! Quel Baume Tu as mis jusqu' à la fin des siècles au coeur des pauvres, des petits, des dédaignés du monde, en leur montrant dès Ta Naissance qu' ils sont Tes privilégiés, Tes favoris, les premiers appelés... les toujours appelés autour de Toi qui as voulu être l' Un des leurs et être dès Ton berceau et toute Ta vie entouré par eux".

(Méditations sur les Saints Evangiles. Nazareth 1897-1898. In "Oeuvres spirituelles".

Seuil 1958 page 174).


Ressemblait-Il à un Roi, le jour des Rameaux, quand Il entra à Jérusalem sur un petit âne?

Ressemblait-Il à un Roi quand Il se mit aux genoux de Ses Apôtres afin de leur laver les pieds?


Ressemblait-Il à un Roi quand on Le vit prendre la route du Calvaire en portant cette lourde poutre de bois sur laquelle, bientôt, seraient figés Ses Mains et Ses Pieds sous le tintement des marteaux de Ses bourreaux? Oui, Il est tombé comme un autre : pour Lui aussi les pierres étaient dures et les madriers lourds! Oui, "Il a souffert avec Son âme d' homme, l' amertume des oeuvres humainement brisées, l' accablement des grandes défaites, les rires des gens, les branlements de tête, le ridicule sur Ses dernières heures".

(Joseph Malègue. Augustin ou le Maître est là-Spes 1933 Tome II page 473-474).


Ressemblait-Il à un Roi, ce 7 avril de l' An 30, crucifié entre deux criminels sur le Golgotha?

Pourtant, mes frères, c' est Lui dont nous disons qu' Il est le Roi de l' univers; Lui qui est né, Lui qui est venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité.


"Dieu, au moyen de Jésus Christ, nous a ouvert la fenêtre de la Vérité qui, face à nos seules forces, reste souvent étroite et seulement en partie transparente. Il nous indique dans l' Ecriture Sainte et dans la Foi de l' Eglise la Vérité essentielle sur l' homme, qui imprime la juste direction à notre action...


Seul Dieu est Bon au sens plénier. Il est le Bien, le Bon par excellence, la Bonté en personne... c' est seulement si notre vie se déroule dans le dialogue avec Lui, seulement si Son Être, Ses caractéristiques pénètrent en nous et nous façonnent que nous pouvons devenir des serviteurs vraiment bons".

(Pape Benoit XVI. Homélie du samedi 12 septembre 2009).


"Il n' y a pas d' âge pour tomber amoureux" titrait un journal (La Croix du 13 novembre 2012 page 26) qui relatait le témoignage d' une jeune femme de 30 ans, Delphine :


"Aujourd' hui, j' ai l' impression d' avoir trouvé le véritable amour, plus serein, plus calme, basé sur une confiance très forte l' un dans l' autre; on peut passer des heures l' un à côté de l' autre sans se parler : la présence suffit. Je reste persuadée que l' amour qui dure est celui qui prend son temps pour naître".


N' en va-t-il pas ainsi de notre relation avec le Seigneur?

N' est-Il pas de fait le véritable et grand Amour de notre vie?

Prenons-nous le temps pour "naître" continuellement à cet Amour de Dieu?

N' avons-nous pas à vivre avec Lui une confiance très forte en sachant qu' Il ne peut ni Se tromper et encore moins nous tromper et nous égarer?


Ne fait-il pas bon se retrouver en Sa Présence, "l' un à côté de l' autre" dans le silence de notre coeur ou près de la lampe du Tabernacle de nos églises qui nous dit qu' Il est là jour et nuit, qu' Il est là au coeur de nos cités, en permanence?


En instituant cette fête, le Pape Pie XI écrivait le 11 décembre 1925 (Quas primas) :


"Si les hommes venaient à reconnaître l' autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des Bienfaits incroyables... se répandraient infailliblement sur la société toute entière... Qui dira le Bonheur de l' humanité si tous, individus, familles, Etats se laissaient gouverner par le Christ... La fête du Christ-Roi nous donne le vif espoir de hâter le retour si désirable de l' humanité à son très affectueux Sauveur... Du jour où l' ensemble des fidèles comprendront qu' il leur faut combattre, vaillamment et sans relâche, sous les étendards du Christ-Roi, le feu de l' apostolat enflammera les coeurs, tous travailleront à réconcilier avec leur Seigneur les âmes qui L' ignorent ou qui L' ont abandonné, tous s' efforceront de maintenir inviolés Ses Droits".

(Pape Pie XI. Encyclique "Quas primas" du 11 décembre 1925).

 


Frères et soeurs, en ce jour nous voici tous invités à nous mettre au "service de l' Unique Roi de l' univers" : notre gloire et notre bonheur -nous fera dire la prière après la Communion- c' est de Lui obéir, de nous mettre à Sa disposition, sous "Ses ordres", sous "Sa houlette"!


"Face à ceux qui réduisent la religion à une somme de négations ou qui se contentent d' un catholicisme en demi teinte -disait Saint Josémaria Escriva de Balaguer-; face à ceux qui veulent tourner le Seigneur contre le mur, ou Le reléguer dans un coin de leur âme..., par nos paroles et par nos actes nous devons affirmer que nous aspirons à faire du Christ un Roi authentique de tous les coeurs... même du coeur de ces gens-là".


(Saint Josémaria Escriva de Balaguer. Sillon n° 608).


En vérité -selon les mots du grand Lacordaire (+ 21 novembre 1861)-


Jésus est ce Roi "dont l' Amour garde la tombe, dont le sépulcre n' est pas seulement glorieux mais dont le sépulcre est aimé"; Jésus est ce Roi "dont la cendre... n' est pas refroidie; qui chaque jour renaît dans la pensée d' une multitude innombrable d' hommes"; Jésus est ce Roi "dont une portion considérable de l' humanité reprend les Pas sans se lasser jamais"; Jésus est ce Roi "dont chaque mot qu' Il a dit vibre encore et produit plus que l' Amour, produit des vertus fructifiant dans l' Amour".


(Lacordaire. 39 ème conférence de Notre Dame de Paris. In "Oeuvres"-Poussièlgues 1893.

Tome IV pages 73-75).


En vérité, Jésus est ce Roi Unique entre tous à qui, maintenant, avec toute Son Eglise Sainte répandue sur toute la surface de la terre, en fléchissant les genoux, nous disons :


Christ Roi de l' univers,

o Bon Jésus,

sois le Roi de ma vie :

je viens faire Ta Volonté,

je viens me mettre à Ton service :

Parle!

Commande!

Règne!

Règne sur mon intelligence!

Règne sur ma volonté!

Règne sur mon coeur!

Règne sur mon corps!

O Bon Jésus,

sois le Roi et le Centre de ma vie :

je suis à Toi pour toujours et

je ne veux jamais être séparé de Toi,

ni sur cette terre ni demain dans le Ciel!

O Bon Jésus,

enflamme mon coeur d' un grand Amour pour Toi et

souviens-Toi de moi quand Tu viendras dans Ton Royaume!

Béni sois-Tu Christ Roi de l' univers!

Amen.

 

paroisses Bidart Guétary. 

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Rédigé par mr l'abbé Jean-Bernard Hayet

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Publié le 20 Novembre 2012

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Il se peut bien que ce Seigneur aux desseins de mystère se cache quelquefois, et que la source de joie soit ainsi dérobée à nos yeux sensibles, mais sachant qu'il est là pourtant, la joie essentielle nous demeure. Cette joie n'est pas ressentie: mais ressentir n'est pas tout; il faut parfois se contenter de savoir, préférer la confiance à l'expérience actuelle et rendre aux certitudes de la foi cet hommage de ne pas substituer de futiles impressions.

 

Il n'y a qu'une chose qui puisse nous arracher la joie, c'est cela même que nous poursuivons si souvent comme sa cause: le mal.

 

Le mal qui nous sépare de Dieu, qui s'oppose au règne de Dieu et par suite, puisque notre salut en vient, à notre propre règne sur nous-mêmes, à notre épanouissement supérieur, à notre vraie vie, haute et durable: tel est l'ennemi de la joie.

 

Et comme, spontanément, nous nous livrons au mal et aux passions pécheresses; comme nous ne pouvons écarter le mal qu'en nous quittant nous-mêmes dans ce qui nous est, maintenant, naturel autant que le souffle et autant que le désir, le secret de la joie parfaite, c'est le renoncement, c'est l'oubli de soi pour Dieu, c'est l'acceptation, au lieu de nos propres volontés injustes ou ignorantes, de la volonté qui nous guide et de l'amour mystérieux qui oriente nos destins.

 

La joie, Jésus en donne la description paradoxale, mais fidèle quand il dit, en même temps que l'immense espoir qu'il apporte aux âmes, la condition qu'il y met, ou pour mieux dire qui s'y attache d'elle-même:" Celui qui veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et me suive."

 

Eh quoi! serait-ce donc vrai? La croix serait-elle l'instrument du bonheur? Une procession de crucifiés en serait-elle l'image?

 

Oui, la croix bien chargée, bien portée à la suite du Maître, la croix, c'est-à-dire le renoncement , l'acceptation, la souffrance éventuelle adoptée, le devoir assumé, l'oubli de soi pour autrui et pour Dieu, l'abandon à la conduite et à l'amour de Dieu, c'est la joie.

 

 

 

La croix change tout en joie, parce qu'elle change tout en service de Dieu, en confiance appuyée sur Dieu, en amour qui s'écoule en Dieu, qui attire à nous Dieu; parce qu'elle est le conducteur des grâces, et qu'elle contient les secrets, les pouvoirs et les privilèges de la Toute-Puissance.

 

Qui donc l'admet, elle, la croix, qui l'adore et qui s'y soumet sous les formes que Dieu décide, celui-là a la joie de Dieu; celui-là est à l'abri des troubles et des agitations pessimistes; il ne sera pas délivré des épreuves, ni exempt de douleur; mais il ignorera la tristesse de fond, celle qui est soeur cadette et associée de la désespérance.

 

En veillant aux vertus, en nous quittant nous-mêmes pas à pas pour avancer vers Celui qui nous accueille et se fait notre vie, en éliminant le mal quand nous ne pouvons le détruire tout à fait et en le reniant avec une énergie victorieuse des faiblesses qui nous y enchaînent, nous méritons la joie essentielle et accroissons en nous ses trésors.

 

Qu'il me sera donc facile, mon Dieu, d'être en joie!

Il suffit de vous aimer; il suffit de cette chose en elle-même si simple, si obligée de toute façon et si délectable.  Vous aimer, et par amour rester dans vos commandements, c'est là tout.

 

A cette seule condition, tout est à mon service, parce tout est au vôtre et que l'amour communique ses biens. Ma joie ne dépend d'aucun hasard, d'aucun évènement du dehors ou du dedans, sauf ceci que je vous sois fidèle, car en vous elle se tient, vous seul en êtes la source, et cette source, c'est l'amour qui la fait couler.

 

Que je vous aime donc, mon Dieu, et que la joie brille en moi, que beaucoup d'autres vous aiment et que la joie embrase tous ces anciens ou nouveaux serviteurs.

 

Flamme au milieu de nos cendres, lumière dans notre nuit, sublimité paisible et féconde au cours de nos agitations et de nos tourments, faites de la joie chrétienne la consolation de cette heure grave, de ce lendemain de deuil et de cette aurore d'un avenir que nous ne discernons pas

 

Père Sertillanges.

 


 

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 20 Novembre 2012

 

 

Quand le Seigneur est loin, ce n'est pas la joie qui peut sagement, en nous, s'établir et se fixer, c'est bien plutôt l'angoisse d'une destinée que toutes les âmes profondes ont jugée âpre et redoutable.

 

Les joies de ce monde ne se soutiennent que par l'illusion.

 

Un esprit clair a tôt fait de voir que la condition humaine est précaire, médiocre, instable, que nous campons sur des ruines, que des maux permanents pèsent sur nous, que nos objets ne sont que vanité, que la mort frappe sans cesse, que la cendre et le goût empoisonnent nos meilleurs succès, découragent nos projets, amoindrissent ou ensevelissent toutes nos espérances.

 

Quand le Seigneur est loin, c'est la tristesse et le désenchantement qui sont de règle, pour ne pas dire le désespoir. Au fond tous les hommes le sentent. Même dans la gaîté, même dans la prospérité et l'orgueil, même, s'il s'agit des sociétés, dans l'ivresse fanfaronne d'une fallacieuse civilisation, la joie vraie cède à des apparences qui ne peuvent tromper longtemps leurs victimes.

 

Toutes les périodes d'irréligion sont tristes; le pessimisme y fleurit comme une plante de terroir; l'inquiétude et le déséquilibre y sévissent; la neurasthénie y développe son cortège de misères morales et physiques; la folie est fréquente; le suicide s'y établit à l'état endémique et épidémique, et bientôt, si le remède ne vient, le monde n'apparait plus à ses citadins que comme une geôle, une chambre de torture ou un cabanon.

 

Cela se comprend, car notre vie sans Dieu est une vie désorientée, qui n'a plus de sens, qui ne sait plus ni d'où elle vient, ni où elle va, ni ce qu'elle doit faire d'elle-même; c'est la vie d'un rameau détaché de son arbre et qui se dessèche, qui jaunit lentement et ne donne une apparence de vie qu'en raison de la sève alanguie qui lui demeure.

 

Il en est qui nous parlent du pessimisme chrétien! Mais cette accusation de critiques sans gravité et sans vrai discernement est un pur paradoxe.

 

Au vrai, le christianisme, et, dans le christianisme, l'évangélisme le plus intime et le plus profond est la seule doctrine de la joie..

 

Tous nos naturalismes et nos humanismes sentent désespérément le cadavre. Au contraire, l'Ecriture, où il y  a toute la vie, où nulle trace d'illusion ne parait, où le divertissement à la Pascal est l'ennemi sans cesse dénoncé, où nulle pudeur factice ou enfantine ne distrait le regard des réalités de ce monde, l'Ecriture exhale, par tout son ensemble un parfum de joie.

 

Au-dessus de notre vide, le vrai chrétien sent s'établir la divine satiété, la "joie pleine" que le Christ avait promise. Nous ne sommes plus sur le sol ingrat, nous partons sur de grandes ailes, et le voyage que nous faisons est dominé, en dépit du froid de l'espace et des remous de l'air, par le vertige paisible des hauteurs et par le sentiment de l'envolée en plein éther, vers les astres.

 

Sophocle avait écrit:" Il n'y a que les grandes âmes qui sachent combien on est heureux quand on est bon": la toute bonté du Christ et la bonté supérieure du chrétien fidèle donne des joies plus vives.

 

Le fruit de l'Esprit qui nous fait de grandes âmes, est vraiment joie et paix, en même temps qu'amour et que rectitude (Galates V, 22)

 

Cette joie, qui est de droit, est aussi moralement une nécessité; c'est un devoir strict, parce que, en premier lieu, elle est le témoignage de la confiance filiale que notre Père des cieux est en droit d'attendre de nous; elle est une forme de notre reconnaissance; elle reflète les sentiments que doivent nous inspirer la grandeur de Dieu, sa perfection, sa béatitude. Ensuite, cette joie intime est un état d'esprit indispensable à l'accomplissement de nos autres devoirs.

 

La joie est une force, la tristesse brise nos énergies; la joie nous épanouit, déplie notre âme, l'ouvre aux souffles d'en haut, la féconde; la tristesse nous resserre et nous ronge, nous isole et nous stérilise La joie est donc utile à la vie morale et à la productivité, à la vie familiale et sociale, à tout ce qui dépend de notre santé spirituelle, voire de notre santé physique, et la tristesse leur est nuisible.

 

"Un saint triste, disait saint François de Sales, est un triste saint": on peut en dire autant de chaque homme.

 

Si l'on ne veut pas sombrer jusqu'au-dessous de soi-même, se voir débilité et paralysé en face des dangers, en face des devoirs, il faut goûter au tonique de la joie, il faut garder au coeur l'impression d'une douce fête, celle qu'évoque le saint Livre en disant que le coeur du juste est un festin perpétuel.

 

Père Sertillanges

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Rédigé par philippe

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