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Publié le 14 Octobre 2012

 

 

 

 

 

14 Octobre 1952: 60ème  anniversaire de mon baptême .

 

 

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van der Placide ...

 

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Image du Blog enymara.centerblog.net

 

au milieu des loups !

 

Le Seigneur est vraiment un chasseur admirable, lui qui avec des agneaux ou des brebis prend et dompte les loups, lui qui par la patience et la douceur triomphe de la violence et de la force.

 

Il dit justement à ses Apôtres qu'ils seront au milieu des loups, car leur patience doit être comme le centre vers lequel convergeront toutes les attaques du monde; ou bien encore, qu'ils seront comme des brebis unies par la foi au milieu des loups divisés par l'erreur. C'est cette union des brebis qui les fera triompher de la division des loups, car comme dit saint Ambroise, tout combat soutenu d'une accord unanime enfante la victoire.

 

En disant aux apôtres: C'est moi qui vous envoie, le Sauveur veut leur faire mépriser la grandeur du péril par la considération de Celui qui les députe.

 

"En effet, dit Saint Chrysostôme, quelle était la consolation des Apôtres?

N'était-ce pas la puissance de Celui qui les envoyait? Voilà pourquoi le Sauveur commence par dire: C'est moi qui vous envoie.

 

Ces paroles suffisent pour inspirer la confiance, et bannir la crainte de tout ce qui peut arriver.


Voyez quelle autorité, quelle puissance elles renferment, et aussi quelle vertu, quel courage invincible elles produisent!"

 

Soyez donc prudents comme des serpents, contre l'astuce et la fourberie des Scribes, pour comprendre et déjouer leurs déguisements et leurs pièges; et soyez simples comme des colombes, contre la cruauté et la malice des tyrans, pour supporter et pardonner leurs persécutions et leurs outrages.

 

La prudence est nécessaire pour prévoir le mal et s'en garantir, la simplicité pour faire le bien. C'est donc comme si le Sauveur disait: Voyez le serpent; il expose tout le reste de son coprs pour délivrer du danger et préserver d'une blessure mortelle sa tête où réside la vie.

Ainsi vous, au prix de votre corps, vous devez défendre et garder votre tête, c'est-à-dire votre foi et votre âme, dans toute leur intégrité et leur pureté.

 


Ne pas rendre le mal pour le mal. règle de st Benoît 

 

Voyez aussi les colombes; elles ignorent le fiel et l'amertume de la malice, et ne font de mal à personne. Ainsi vous, conservez votre innocence et ne faites ou ne rendez jamais le mal aux autres; de cette sorte vous éviterez le mal par votre prudence, et par votre simplicité vous n'offenserez point le prochain.

 

 

ludolphe le Chartreux.

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Publié le 12 Octobre 2012

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Publié le 12 Octobre 2012

 

 

La foi est le premier bien nécessaire au chrétien. Sans elle, personne ne mérite le nom de chrétien fidèle. La foi produit quatre biens.

 

2. - I. Premièrement c’est par la foi que l’âme est unie à Dieu.

 

Par elle, en effet, l’âme chrétienne contracte avec Dieu une sorte de mariage, conformément à cette parole du Sei­gneur à Israël (Osée, 2, 22) : Je t’épouserai dans la foi.

 

Aussi, lors de la réception de son baptême, l’homme confesse-t-il d’abord sa foi, en réponse à la question qui lui est posée croyez-vous en Dieu? La raison en est que le baptême est d’abord le sacrement de la foi. Le Seigneur lui-même le dit (Marc 16, 16) : Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Car sans la foi le baptême est inutile. Aussi il faut le savoir sans la foi, nul n’est agréable à Dieu, comme l’Apôtre le déclare aux Hébreux (11, 6) : Il est impossible, sans la foi, de plaire à Dieu. C’est pourquoi saint Augustin dans son commentaire de cette parole (Rom. 14, 23) : tout ce qui ne procède pas de la foi est péché, écrit : "Là où fait défaut la connaissance de la vérité immuable et éternelle, il n’y a pas de vertu véritable."

 

3. - II. Le second bien produit par la foi, c’est de commencer en nous la vie éternelle.

 

Car la vie éternelle n’est rien d’autre que de connaître Dieu, selon la parole du Seigneur (Jean 17, 3) : La vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent vous, le seul vrai Dieu.

 

Cette connaissance de Dieu qui s’inaugure ici-­bas par la foi atteindra sa perfection dans la vie future, où nous le connaîtrons tel qu’il est. Aussi est-il écrit dans l’épître aux Hébreux (11, 1) : La foi est la substance des réalités espérées. Personne donc ne peut parvenir à la béatitude éter­nelle, qui consiste à connaître Dieu véritablement, si d’abord il ne le connaît par la foi. Aussi le Seigneur déclare-t-il (Jean 20, 29) : Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.

 

4. - III. Le troisième bien opéré par la foi, c’est de diriger la vie présente.

 

L’homme en effet, pour bien vivre, a besoin de savoir ce qui est nécessaire pour mener une vie vertueuse; et s’il devait apprendre par l’étude toutes les choses nécessaires pour bien vivre, l’homme ne pourrait pas y parvenir ou bien il n’y parviendrait qu’au bout d’un temps considérable. Or précisément, la foi enseigne tout ce qu’il faut savoir pour vivre sagement. Elle nous apprend en effet l’existence du Dieu unique, elle nous révèle que Dieu récompense les bons et punit les méchants, qu’il existe une autre vie, et autres choses semblables. Ces connaissances nous incitent suffisamment à faire le bien et à éviter le mal. Mon juste, dit en effet le Seigneur (Habacuc, 2, 4) vit par la foi. Et cela est si manifeste qu’aucun philosophe, avant l’avènement du Christ, par tous ses efforts, ne put en savoir autant sur Dieu et les vérités nécessaires à la vie éternelle, qu’une vieille femme après l’avènement du Christ au moyen de sa foi. C’est pourquoi le prophète Isaïe a écrit (11, 9) : la terre a été remplie de la connaissance de Dieu.

 

5. - IV. La foi produit un quatrième bien, à savoir la victoire sur les tentations, comme le déclare l’épître aux Hébreux (11, 33) : Les saints, par la foi, ont vaincu des royaumes. La vérité de cette assertion est manifeste, car toute tentation vient soit du diable, soit du monde, soit de la chair. Le diable en effet nous tente pour nous empêcher d’obéir à Dieu et de nous soumettre à lui. Or, c’est par la foi que nous repoussons la suggestion du malin, car, par elle, nous savons que Dieu est le Maître de tout et donc que nous lui devons obéissance. Aussi saint Pierre déclare-t-il (1. 5, 8) : Votre adversaire, le diable, est là qui rôde, cherchant qui dévorer, résistez-lui, fermes dans la foi.

 

Quant au monde, il nous tente en nous séduisant par ses biens, et en nous terrifiant par ses adversités. Mais la foi nous donne de triompher de ses assauts, en nous faisant croire à la réalité d’une vie meilleure que la vie présente. Voilà pourquoi, grâce à la foi, les prospérités de ce monde, nous les méprisons, et ses adversités, nous ne les redoutons pas, comme l’écrit saint Jean (1. 5, 4) : La victoire qui nous rend vain­queurs du monde, c’est notre foi, et la foi nous donne également la victoire en nous enseignant qu’il y a des maux pins grands : ceux de l’enfer.

 

Enfin, la chair, elle aussi, nous tente en nous entraînant vers les délectations passagères de la vie présente. Mais la foi nous montre que par ces délectations, si nous nous y attachons indû­ment, nous perdons les délices de l’éternité.

 

Aussi l’Apôtre nous donne-t-il cet avertisse­ment (Ephes, 6, 16) : Tenez toujours en main le bouclier de la foi.

 

Ce que nous venons de dire, touchant les biens produits en nous par la foi, nous montre claire­ment sa très grande utilité.

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Publié le 12 Octobre 2012

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Publié le 8 Octobre 2012

 

 

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Grande fête de la Dédicace des abbayes de Solesmes et Fontgombault

 

11 Octobre 2012 - Premières Vèpres solennelles 

 


"Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus."

 

"Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu".

 

St Luc 19, 1-10

lectures pour la messe de la Dédicace.  


 

 

 

  c'est très  dur, mon Père, c'est après qu'on se rend compte qu'on aimait beaucoup quelqu'un comme pour Jean-Baptiste!  " Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu".L'un et l'autre ça a été ça, JB .. un 11 Novembre !  je vous appelai ce jour-là, tellement heureux ! Nous avions pu parler longtemps de tout ça! 

  maintenant, plus grand monde!  plus à appeler personne. D'ailleurs pour quoi dire!

On arrive à 60 ans les mains bien vides... C'est dur d'avoir 60 ans !  j'aurais tant aimé que vous soyez là  ! comme Jean-Baptiste..En peu de temps ça a été beaucoup beaucoup. 

 

 

                               

 

                                                                                            
 

 

maman !

 

 

 

 

 

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Publié le 7 Octobre 2012

 

Nuestra Señora del Rosario con Niño Jesús, Santo Domingo y Santa Catalina de Siena, ambos recibiendo el rosario (Iglesia de Nuestra Señora del Rosario, Líbano)

 

 

 

 

"Nous avons confiance que vos regards miséricordieux s'abaissent sur nos misères et nos angoisses, sur nos luttes et nos faiblesses; que vos lèvres sourient à nos joies et à nos victoires, que vous entendez la voix de Jésus vous dire de chacun de nous, comme jadis de son disciple bien aimé: Voilà ton fils;

 

Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux qui ont versé des pleurs sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l'oppression des justes et des faibles;

 

 

et nous, dans les ténèbres de cette vallée de larmes, nous attendons de votre céleste clarté et de votre douce pitié le soulagement aux peines de nos coeurs, aux épreuves de l'Eglise et de notre patrie."

 

 

dom Jean Roy

ancien père Abbé de Fontgombault.

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Publié le 5 Octobre 2012

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Sana animam meam quia peccavi tibi ego dixi Domine, miserere mei.

 

 


 

 

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Publié le 5 Octobre 2012

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Petit Placide, as-tu un coeur?

- Oui Seigneur, je le sens qui bat, toujours souple, toujours en son Aurore, toujours ouvert à la sève Divine...

- Viens donc, fils très cher et je te conduirai dans le Saint des Saints de mes Secrets, où ne peuvent entrer les sclérosés, les coupés d'avec la Source de Vie.

 

Chantons les nobles serviteurs du Christ,

Illustres par leur foi, leurs brillantes actions,

Eux qu'en ce jour la terre, s'unissant au ciel

Honore de louanges.

 

Car doux, humbles, pudiques,

Ils menèrent une vie ignorant le péché,

Jusqu'à ce que leur âme délivrée s'envolât

De la terre aux cieux.

 

Là maintenant ils se font joie d'assister les malheureux

Ils essuient les larmes de ceux qui pleurent,

Guérissent les plaies des âmes, rendent à la santé

Les membres malades.

 

Que monte donc notre louange jusqu'à

Ces bienveillants patrons, qu'elle leur rende grâces;

Et qu'ils continuent à nous aider de leur appui secourable

Dans nos moments difficiles.

 

+

 

Faites, Dieu tout-puissant, nous vous en prions, que l'exemple des bienheureux Maur et Placide, vos confesseurs, nous stimule pour mener une vie meilleure, afin que nous suivions les traces de ceux dont nous célébrons la mémoire.

 

 

 

 

 

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Repose-toi, mon âme, en ce dernier asile,

Ainsi qu'un voyageur, qui, le coeur plein d'espoir,

S'assied avant d'entrer aux portes de la ville,

Et respire un moment l'air embaumé du soir.

 

 Comme lui, de nos pieds secouons la poussière ;

L'homme par ce chemin ne repasse jamais :

Comme lui, respirons au bout de la carrière

Ce calme avant-coureur de l'éternelle paix.

 

 Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne,

Déclinent comme l'ombre au penchant des coteaux ;

L'amitié te trahit, la pitié t'abandonne,

Et seule, tu descends le sentier des tombeaux.

 

 Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ;

Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours ;

Quand tout change pour toi, la nature est la même,

Et le même soleil se lève sur tes jours.

 

 

Lamartine ..

 

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Publié le 3 Octobre 2012

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Bonne fête mon père, priez pour moi !

 

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Publié le 3 Octobre 2012

 

 

Après le concile de trente (1545-1563), le chant grégorien a connu des réformes. La renaissance et ses “humanistes” ont influencé la manière dont le grégorien était chanté. Les mélodies ont presque systématiquement été corrigées ce qui aboutit à une certaine décadence de son exécution si bien que le plain-chant était alors classé comme un genre inférieur. Comme l’écrivait l’abbé Dom Guéranger, les imprimés n’offraient plus qu’une “lourde et assommante succession de notes carrées qui ne suggèrent pas un sentiment et ne peuvent rien dire à l’âme”. Dom Pothier fait partie de ces spécialistes du chant grégorien et de son histoire qui, au XIX siècle, vont inlassablement travailler à sa restauration. Découvrons succinctement le parcours de cet homme.

 

L’enfance de Dom Pothier à Bouzemont

 

Bouzemont est situé à cinq kilomètres de Dompaire. Il est perché en haut d’une colline de laquelle on domine la plaine des Vosges. C’est là que Joseph Pothier naît le 7 décembre 1835. Le père de Dom Pothier est dévoué à sa commune et son église. Il est instituteur, secrétaire de mairie, premier chantre de la paroisse et sacristain. La mère de Dom Joseph Pothier, Thérèse Viriot, est fileuse. Joseph Pothier aura une sœur, Marie-Louise décédée à l’âge de 16 ans ainsi qu’un frère, Alphonse de quatre ans son cadet qui deviendra moine de l’abbaye de Solesmes.

 

A l’école, Dom Pothier apprend l’orthographe, l’arithmétique mais aussi le chant sacré. Chaque matin, les enfants allaient chanter la messe du curé Vautrin. Les deux frères Pothier acquirent une bonne culture générale dans laquelle ils puiseront une solide aptitude à l’étude rigoureuse.

Le sol de Bouzemont fut le gardien durant de très nombreux siècles d’antiques objets de l’époque gallo-romaine. La découverte du patrimoine antique continuait, à l’époque de Joseph Pothier, d’aiguiser la curiosité des plus érudits.

 

C’est très certainement dans ce contexte que le goût et l’aptitude de Dom Pothier pour la recherche prennent naissance. Durant toute sa vie, il n’aura de cesse d’exhumer des documents anciens. Il sera l’infatigable voyageur à la recherche du “grégorien perdu”.

 

Dom Pothier, moine à l’abbaye de Solesmes

 

Avant de devenir moine de l’abbaye de Solesme, le futur abbé Joseph Pothier fit ses études dans plusieurs séminaires vosgiens. Il entra à l’âge de 12 ans au petit séminaire de Senaide en 1848 puis au séminaire de Châtel et de Saint-Dié où il reste jusqu’à son ordination presbytérale qui fut célébrée le 18 décembre 1858 à Saint-Dié. Ordonné avec dispense d’âge à 23 ans, le jeune prêtre est bien décidé à entrer à l’Abbaye de Solesme, dans la Sarthe.

 

 

 

A l’époque où Joseph Pothier entre à l’abbaye Saint-Pierre de Solesme, cette dernière commence à connaître un certain rayonnement grâce à Dom Guéranger qui vient de restaurer la congrégation bénédictine de France.

 

L’énergie de Dom Guéranger faisait l’admiration de son ami le pape Pie IX. Ce dernier lui donna affectueusement le surnom de “Dom Guerroyer”, car Dom Guéranger n’avait pas que des amis. En France, de nombreuses protestations se firent entendre contre cette volonté de réformer des coutumes et usages liturgiques ancestraux auxquels seule l’Église de France était restée fidèle. C’est à ce fastidieux mouvement de restauration liturgique que va finalement prendre part notre prêtre vosgien. Peu de temps après son entrée à Solesme, il sera repéré par Dom Guéranger qui souhaite une restitution du chant traditionnel d’après les documents anciens. Dom Pothier deviendra le précieux collaborateur de Dom Guéranger car il possède bien des qualités dont celle d’avoir reçu une formation musicale.

 

Un long et précieux travail

 

 

Il apparaît rapidement que Dom Pothier est capable d’interroger les diverses sources de chant sacré disséminées dans les bibliothèques. Le jeune moine prit souvent son bâton de pèlerin et entreprit une véritable campagne d’exploration, se trouvant ainsi lancé sur les chemins de l’investigation. Dom Pothier s’attache surtout à consulter les très nombreux manuscrits de chants conservés dans les bibliothèques d’Europe qui permettent d’étu

dier la ligne mélodique dans sa pureté originelle. Très vite, la réputation de Dom Pothier a commencé à se répandre ; elle a amené des bibliothèques publiques de France, de Suisse et d’Allemagne, à lui prêter leurs documents anciens afin qu’il puisse les travailler. Les particuliers et des membres de congrégations religieuses témoigneront de la même confiance envers cet érudit.

 

Il publie également des articles qui très vite sont remarqués. Au cours de ses nombreux déplacements, Dom Pothier est reconnu pour sa science ; c’est pour lui l’occasion de faire la promotion de ses découvertes en prodiguant des conseils à ceux qui entendent réformer la manière dont le grégorien est chanté.

 

Les mélodies grégoriennes restaurées

 

Beaucoup attendent que soient enfin rédigées les mélodies grégoriennes restaurées par Dom Pothier. Ce fut réalisé en 1880, soit vingt années après son entrée à Solesme. Il aura fallu toutes ces années de travail acharné et consciencieux pour que soit finalement publié le fruit de ses recherches : Les Mélodies grégoriennes, d’après la Tradition (éd Desclée). De nombreux journaux firent l’écho de cette publication qui eut de nombreux admirateurs.

 

Selon la Revue de l’art chrétien, “Le nouveau Maître qui vient de se révéler au monde savant semble sortir de l’école même de saint Grégoire, tant il se montre en possession des éléments qu’il s’agissait de faire revivre dans toute leur beauté native… Il a condensé et mis à la portée du vulgaire une science qui demandait un travail immense et un véritable génie… La question du chant ecclésiastique est définitivement résolue”.

 

Très vite, Dom Pothier eut de très nombreux partisans au sein de l’Église catholique, conquis à l’idée qu’il fallait promouvoir désormais l’étude et la bonne exécution du chant traditionnel de l’Église. Mais il eut également d’ardents contradicteurs parmi lesquels on trouve surtout les garants des intérêts de l’Edition dite médicéenne de Ratisbonne, déclarée typique et authentique par Rome. En effet, un Graduel avait été édité à Ratisbonne en 1868 et avait obtenu du Saint-Siège en 1870 un privilège pour trente ans. Le Graduel est la pièce la plus ornée du répertoire grégorien de la messe.

 

Souvent exécutée entre la première lecture et l’évangile de la messe, il a donné son nom au recueil des pièces pouvant être chantées au cours de la célébration eucharistique. C’est donc un livre liturgique très important ; il est le livre de chant grégorien utilisé à la messe Trois ans après la publication des Mélodies grégoriennes, Dom Pothier fait enfin paraître son Graduel, le Liber Gradualis dont l’usage ne concerne normalement que la congrégation bénédictine de France mais qui en définitive sera vite adopté par divers diocèses.

 

Une réputation

 

Le Pape Léon XIII ne cache pas à Dom Pothier son enthousiasme pour le travail fourni et les conclusions qui en découlent. Il lui envoie même une lettre de félicitations. Mais certaines influences romaines, qui entendent défendre le privilège de l’Edition médicéenne, conduisent le Pape à ne pas tenir compte des études scientifiques de Dom Pothier qui continue son travail.

 

Il est de plus en plus sollicité pour donner son avis ou des conférences. Tout ce travail d’exploration donnera lieu à de nouvelles recherches et publications d’articles. De retour à Solesmes, les publications grégoriennes destinées au grand public vont se multiplier.

 

A Rome, les recherches de ceux qu’on surnomme avec dédain les “grégorianistes archéologues” dont fait partie Dom Pothier, commencent à intéresser de plus en plus le cercle très influant du Pape. Le privilège de l’Edition de Ratisbonne expire définitivement en 1900. Ceci laissait présager l’opportunité d’une plus grande influence des idées réformatrices dont Joseph Pothier se faisait le promoteur.

 

Commission pontificale pour la réforme des livres liturgiques

 

En 1903, le Pape Pie X décide de réformer le chant de l’Église romaine ; cette réforme se fera en tenant compte des recherches effectuées depuis quarante ans à Solesmes. Le 25 avril 1904, le Pape nomme une “Commission pontificale pour l’édition vaticane des livres liturgiques grégoriens” qui sera présidée par Dom Pothier. Son Liber Gradualis de 1895 servira de base pour l’Édition vaticane.

 

Dom Pothier mourra à l’âge de 88 ans, le 8 décembre 1923 en Belgique. Deux jours après sa mort, un télégramme de condoléance du Pape Pie XI arrivait : “Sa Sainteté prend part au deuil de la famille bénédictine pour la perte du vénéré et si méritant Restaurateur des Mélodies grégoriennes. Elle unit ses suffrages pour le repos éternel de ce digne serviteur de la Sainte Église”.

 

Conclusion

 

La restauration du chant grégorien à laquelle participa Dom Pothier ne s’est pas faite sans heurts et sans querelles de spécialistes.

 

Dom Pothier s’est révélé à la fois chercheur, pédagogue mais aussi l’habile et prudent négociateur qui parvint à faire valoir le fruit de ses recherches, au risque de se faire des ennemis au sein même de l’ordre bénédictin.


Il fut surtout l’ardent serviteur de l’Église, passionné par la recherche et désireux, bien avant le Concile Vatican II, d’œuvrer pour une pastorale liturgique adaptée au peuple chrétien. Dans une lettre adressée au pape Pie X le 2 mars 1904, Dom Pothier s’exprimait en ces termes au sujet de son travail : “Il ne s’agit pas … d’une étude exclusivement archéologique des manuscrits de telle ou telle époque ou de telle ou telle école, mais de l’étude intelligente de la tradition catholique, d’une tradition qui a été et qui sera toujours vivante”. Puisse ce travail se poursuivre pour le plus grand bien de l’Église et de sa sainte liturgie.

 

Abbé Jean-Pierre Vuillemin

 

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Rédigé par Abbé Jean-Pierre Vuillemin

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