spiritualite

Publié le 9 Décembre 2012

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L'expression: "Annoncez-nous si c'est vous-même qui devez régner..." est bien faite pour nous rappeler Jean-Baptiste, puisqu'il envoya précisément de ses disciples poser cette question à notre Seigneur.

De surcroît, à la fin de ce même passage évangélique, Jésus conclut lui-même:" Tous les prophètes, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean."

 

Il est "cet homme envoyé de Dieu, pour rendre témoignage" (Jn I,6-7); mais d'une façon nouvelle et plus directe, ainsi que le déclare l'hymne de Paul Diacre, chantée en la fête de la Nativité de ce Jean-Baptiste "L'astre que les autres prophètes avaient seulement espéré, lui le montre du doigt quand il déclare: Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde."

 

Il est donc tout normal que la Liturgie nous prépare à Noël en évoquant cette rude figure, conjointement avec celle de la Vierge Marie. En elles deux convergent et aboutissent les préparations de l'Ancien Testament, et l'on ne doit point s'étonner si l'on retrouve en eux, portés à leur plus haut degré de pureté antinomique, les deux thèmes que nous avait déjà enseignés Isaïe.

 

Que nous dit Jean-Baptiste en effet:"Au milieu de vous il est quelqu'un que vous ne connaissez pas.

 

Celui qui vient après moi..." "Il faut que Lui grandisse, et que moi, je décroisse..."  "Nul ne peut rien s'attribuer qui ne lui soit donné du ciel." (Jn I,26 ; III, 30 et 27)

 

En somme, il souligne à tout propos le caractère surnaturel et divin du Salut qui nous vient en Jésus. Ce faisant, il est bien dans la ligne du redoutable prophète que fut Elie, dont il fait revivre l'esprit.

 

Cependant, tout en se référant lui-même implicitement à l'oracle de Malachie sur le retour d'Elie, le Baptiste se réclame plus expressément encore d'Isaïe, quand il se dit cette Voix qui avertit les hommes de la proximitié du Messie en criant:" Fuyez dans le désert la route de Yahvé! Aplanissez le chemin du Seigneur. Que tout vallon soit élevé et toute montagne abaissée." (Is. XI, 3-4)

 

Il y a donc une façon de préparer la venue du Seigneur. On sait même, d'après les exemples que nous en a conservés saint Luc en son Evangile (III, 7-18) que le Précurseur était un "Directeur de conscience" exigeant, qui prescrivait fermement d'être juste, et de "produire des fruits qui soient dignes du repentir."

 

...

 

 

Qu'est-ce en effet que ce désert, où les hommes doivent préparer le chemin du Seigneur, sinon ce lieu et ce temps d'épreuves que durent traverser les Israëlites au sortir de l'Egypte, sinon ce symbole de l'apprentissage où il nous faut passer pour prendre conscience de notre entière dépendance vis-à-vis de Dieu. Et qu'est-ce encore que ces vallons comblés ou ces montagnes nivelées, sinon une façon plus imagée de proposer le paradoxe de l'humilité:" Quiconque s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé. (Lc XIV, 11)

 

Par là, tout le message de Jean Baptiste s'harmonise: Il est bien vrai que chaque homme et l'humanité tout entière doivent se préparer à la venue de Dieu, mais ce n'est pas autrement qu'en se mettant plus humblement, plus totalement sous sa dépendance, comme le soulignait Malachie dans son oracle sur le Précurseur, rappelé par l'Evangile de saint Marc (I.3):


Voici que j'envoie mon Ange! Il déblaiera la route devant moi, et soudain arrivera dans son Temple le Seigneur que vous réclamez et le Roi de l'Alliance que vous désirez."


(Mal. III,I)

 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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Publié le 9 Décembre 2012

Rédigé par philippe

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Publié le 8 Décembre 2012

Avec l'aimable autorisation du Révérend  père Abbé pour le petit Placide.

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 8 Décembre 2012

 

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À 19h la cloche du chapitre retentit avertissant la communauté de l’arrivée imminente de l’icône. La nuit est déjà tombée et le ciel s’est constellé d’étoiles (malgré des prévisions météorologiques défavorables !) lorsque la voiture attelée transportant la Vierge de Jasna Gora descend le chemin qui mène au parvis. C’est dans un silence ému d’admiration que les moines voient s’approcher l’icône de la Vierge Marie toute illuminée : beau moyen d’évangélisation pour les voitures qui ont croisé cet étrange et insolite convoi !

 

Sans tarder, l’icône est sortie de ce bel ostensoir et portée dans un autre, datant du XIIème siècle : la voici placée en quelques instants au centre de l’église abbatiale, à la croisée des transepts. Le Père Abbé entonne alors le poignant appel de Jasna Gora, repris trois fois par toute la communauté : « Maryjo, Królowo Polsky, jestemprzy tobie, pamientam, czuwam – Marie, Reine de la Pologne, je suis près de Toi, je me souviens de Toi, je veille ».

 

Quelques minutes avant la veillée, l’église restée dans la pénombre s’illumine peu à peu à la lueur de mille petites flammes, tandis que toutes les cloches s’ébranlent appelant moines et fidèles des paroisses environnantes. De nombreux fidèles (plus d’une centaine) et les moines entrent silencieux dans ce sanctuaire consacré à Notre Dame ; le grand orgue interprète alors un cantique marial médiéval “Regina Polorum” (1382) chanté par les pèlerins montant au sanctuaire de Montserrat.

 

Après avoir chanté et salué Marie “Couronnée d’étoiles”, le Père Abbé souligne dans son allocution l’origine de l’icône et son rôle de grande importance dans l’histoire récente de la Pologne. Les paroles qu’adressa le Bienheureux Jean-Paul II au peuple polonais, lors de son premier voyage en Pologne, le 5 juin 1979, au sanctuaire de Jasna Gora, nourrissent notre méditation et restent d’une actualité saisissante ! On apprend en effet dans la matinée que ce soir même, 4 décembre 2012 à 22h (au lieu du 13 décembre prévu) le Sénat doit se prononcer sur une proposition de loi qui supprimerait la règle actuelle - interdiction de recherche sur l’embryon, sauf dérogations très limitées - pour faire basculer la France dans un régime d’autorisation très large…

 

Nous reprenons à nouveau, tous ensemble d’une seule voix, l’appel de Jasna Gora : « Maryjo, Królowo Polsky, jestemprzy tobie, pamientam, czuwam – Marie, Reine de la Pologne, je suis près de Toi, je me souviens de Toi, je veille ». Puis le Père Abbé encense solennellement l’icône sur fond d’orgue (improvisation sur l’antienne “Virgo Dei Genitrix”).

 

Le curé du Blanc et de Tournon-Saint-Martin, le Père Patrick Guinnepain, introduit alors la récitation du chapelet et nous aide à entrer plus profondément dans la contemplation des mystères joyeux par la lecture d’extraits d’Évangile suivis de brèves méditations. Les Ave Maria sont récités par le chœur des moines auquel répond le chœur des fidèles.

 

Pendant qu’est chanté par la chorale “Marie, pleine de grâce et resplendissante de la beauté de Dieu”, les cierges s’allument. Puis, nous récitons tous ensemble, debout, la belle prière pour la vie composée par le Pape Jean-Paul II. La procession peut alors débuter (Ave Maria de Lourdes). L’icône portée par quatre moines est placée entre la communauté des moines et les fidèles ; elle entre en clôture et arrive ensuite sur le parvis face au petit oratoire abritant la statue de “Mater admirabilis”. Le curé encense à son tour l’icône tandis que la chorale paroissiale entonne le chant du “Magnificat”. Le Père Abbé ayant donné la bénédiction finale, c’est à l’acclamation du “Chez nous soyez Reine” que Notre Dame est reportée à l’église. L’icône y restera jusqu’au lendemain matin, vénérée durant la nuit par les moines et présidant aux offices de Matines et de Laudes. Elle reprend la route vers 8h entourée une dernière fois par la communauté assemblée sur le parvis.

 

 

 

« O Marie, aurore du monde nouveau, Mère des vivants, nous te confions la cause de la vie : regarde, ô Mère, le nombre immense des enfants que l'on empêche de naître, des pauvres pour qui la vie est rendue difficile, des hommes et des femmes victimes d'une violence inhumaine, des vieillards et des malades tués par l'indifférence ou par une pitié fallacieuse.

 

Fais que ceux qui croient en ton Fils sachent annoncer aux hommes de notre temps avec fermeté et avec amour l'Évangile de la vie. Obtiens-leur la grâce de l'accueillir comme un don toujours nouveau, la joie de le célébrer avec reconnaissance dans toute leur existence et le courage d'en témoigner avec une ténacité active, afin de construire, avec tous les hommes de bonne volonté, la civilisation de la vérité et de l'amour, à la louange et à la gloire de Dieu Créateur qui aime la vie. » (Bienheureux Jean-Paul II)

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 5 Décembre 2012

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Le reliquaire représente un livre doré et ouvert. Sur la page de gauche du livre on peut lire : « Beatus Joannes Paulus II RM » et « Nolite timere » autour du blason du défunt pape. La page de droite est ornée d’une pastille de verre contenant du sang du bienheureux Jean-Paul II et d’un motif en relief représentant les mains du pape tenant sa crosse, surmontée du célèbre crucifix.

 

reliques du Bx Jean Paul II à Luçon .

 

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crèche petit Placide..

 

Le 8 décembre 2012, fête de l’Immaculée Conception, à partir de 18h30, en l’église Notre-Dame de la Roche aura lieu une veillée de prière pour la vie naissante et les familles. Présidée par Mgr Castet, la célébration offrira la possibilité aux fidèles de vénérer les reliques du Bienheureux Pape Jean-Paul II, présentes pour l’occasion. Une première en Vendée !

 

 

diocèse de Luçon

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Rédigé par philippe

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Publié le 5 Décembre 2012

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous .

 

 

« Tota pulchra es,

Amica mea,

et macula non est in Te.

Favus distillans labia Tua,

mel et lac sub lingua Tua ».

 

 

 

 

Tu es toute belle,

ma bien-Aimée,

et il n'y a pas de tache en Toi.

Tes lèvres distillent la douceur,

Tes paroles sont comme le lait et le miel.

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Rédigé par philippe

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Publié le 2 Décembre 2012

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avec l'assurance des prières du Petit Placide pour ses frères.

 

 

 

On the Feast of the Immaculate Conception (December 8), three of Fr. O’Hara and Fr. Bachmann’s alumni confreres will be making their solemn professions: Br. Patrick Carter (’05), Br. Peter Miller (’07), and Br. Robert Nesbit (’07)

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 2 Décembre 2012

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Levons-nous donc enfin !, stimulés par l'Écriture qui nous dit:

"L'heure est venue pour nous de sortir du sommeil."

Les yeux ouverts à la lumière divine et les oreilles attentives, écoutons cet avertissement que la Voix de Dieu nous adresse tous les jours:

"Aujourd'hui si vous entendez Sa Parole, ne fermez pas votre coeur."

 

règle de St Benoît

 

 

Toute liturgie vise à la "catholicité". Toute liturgie aussi part de la catholicité, de la présence du Royaume, de la réalité vivante que constitue l'Eglise du Christ où les fidèles ont à venir se greffer. 

 

C'est là un des caractères éclatants de la spiritualité de l'Avent, que J.Pinsk relève, non sans raison.

 

Ayant cité les nombreux textes - également empruntés aux prophètes, pour la plupart - où il est question de Jérusalem, de Sion, il conclut, non sans forcer l'antithèse pour les besoins de sa cause:"

 

Nous ne sommes plus ici dans la sphère incontrôlable et intime de la mystique privée et individuelle (la venue de l'Epoux dans l'âme), mais c'est dans l'Eglise et par l'Eglise que l'individu participe aux effets et aux bénédictions de la venue du Seigneur, comme membre du peuple de Dieu. C'est pourquoi l'on trouve dans la liturgie non pas "Réjouis-toi, âme bien aimée" mais 'Jérusalem' ou 'Peuple de Sion, tiens- toi bien haut sur la montagne (tout à fait publiquement) et regarde la joie que ton Dieu t'a préparée."

 

 

Cet aspect communautaire du mystère de l'Avent est en effet indéniable, et spécialement marqué dans la liturgie.

 

De même qu'elle réunit dans la même oeuvre l'Ancien et le Nouveau Testament, le Premier et le Dernier Avènement de son Chef, elle demande à chacun et à tous ses membres de célébrer l'Avent individuellement  et communautairement, et toujours de telle sorte que l'on participe intérieurement aux cérémonies ou bien aux chants plus extériorisants.

 

A preuve cette Secrète du 3ème dimanche qui me semble la formulation la plus décisive de ce qui se passe dans l'Eglise durant l'Avent. Elle indique en effet la raison pour laquelle - en ce temps comme en tous les autres - nous ne nous payons pas seulement de mots quand nous prétendons accroître effectivement par nos prières le Règne de Dieu sur cette terre qu'il a bien voulu bénir de sa Présence:

 

"Seigneur, demande cette Oraison, que l'hostie de notre dévotion Vous soit toujours offerte (dévotion marque bien ce qu'il a d'intime dans la pratique de l'Avent); quelle accomplisse le Mystère sacré que Vous avez institué, et qu'ainsi elle opère en nous la merveille de votre salut."

 

 

C'est grâce à l'Eucharistie, c'est dans l'Eucharistie que notre piété rejoint le Christ omniprésent et son Royaume; non point hier, non pas à la fin des Temps, mais à présent, aujourd'hui et chaque jour.

 

 

 


 

 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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Publié le 1 Décembre 2012

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Loin que la valeur du monde y soit niée, en effet, elle s'y trouve singulièrement ennoblie.

 

A cet égard, la Postcommunion du 2ème Dimanche pourrait être mal interprétée.

 

On attend de notre participation au sacrifice qu'il nous apprenne "le détachement des choses de la terre et l'amour des biens du ciel", suivant une formule "terrena despicere et amare caelestia".  C'est en effet une demande classique dans la liturgie. Mais "despicere" ne veut pas du tout dire "dédaigner".

 

Dans le Sacramentaire gélasien, où cette Oraison apparait déjà, elle comporte un développement supprimé dans les Sacramentaires grégorien, mais qui n'était pas sans intérêt:" qu'une fois sortis des liens mortels ( mortifère) de la cupidité (Dieu) nous rende dignes du Royaume de l'éternelle liberté.

 

Ainsi donc, ce n'est pas des réalités temporelles que l'on se méfie, mais de nous et de notre propension à nous y attacher si forts que nous aliénons notre liberté. La foi nous dégagera de cet esclavage non pas en rabaissant la création, mais en nous élevant nous-mêmes, en nous rétablissant à ce niveau surnaturel d'où nous puissions regarder d'un coeur pur et donc libéré cet univers qui est, lui aussi " en attente, aspirant à la révélation des Fils de Dieu".  (Rom. VIII,19)

 

C'est cela "despicere", c'est survoler d'assez haut le monde pour ne point seulement "l'assujettir à notre vanité", à nos petites commodités, mais pour savoir lire et dégager toutes ces potentialités que le Créateur y a mises, nous confiant la mission de les faire fructifier: " Toute la Création en effet, jusqu'à ce jour, gémit en travail d'enfantement. (ibid.)

 

 

 

 

Voici le commentaire autorisé du pape saint Léon:

 

"Fils bien-aimés, nos paroles, nos exhortations n'ont pas pour but de vous faire mépriser les oeuvres de Dieu, ni de vous faire trouver quelque chose de contraire à votre foi dans les choses que le Dieu de bonté à créées bonnes, mais seulement de vous faire user de toutes les merveilleuses créatures  qui ornent le monde d'une façon intelligente et mesurée...  Afin de pouvoir  approcher de plus prêt l'objet de notre espérance (c'est-à-dire les biens éternels), considérons que la grâce divine est venue apporter à votre nature..."

 

 

L'Incarnation exalte donc notre humanité en premier lieu, mais aussi toute la nature inanimée qui s'en trouve ennoblie.

 

En Jésus, "né de la femme", le monde reconnait ce fruit qu'il demandait à porter:" terra dedit fructum suum". il retrouve  sa première destination; il redevient paradis:" Prépare-toi Bethléem,  chante un tropaire de la Vigile de Noël, car l'Eden est ouvert à tous.

 

Apprête-toi, Ephrata, car dans la grotte, l'arbre de vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel où pousse le plant divin. Si nous en mangeons, nous vivrons...."

 

La création attend elle aussi d'être libérée de la servitude et de la corruption où notre péché l'a réduite, pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. (Rom. VIII,21)

 

Ce qui ne s'accomplira bien entendu qu'à la fin des siècles, lorsque le Christ sera tout en tous et que l'on verra émerger, sous les flots de la mer et du temps qui s'enfuiront, le ciel nouveau et la terre nouvelle. (Apoc. XXI,1; cf Is. LXV,17 et LXVI,22).

 

Mais la naissance du Seigneur ouvre déjà cette ère définitive, , si bien que, dans la mesure où le fidèle sait prendre part à ce Mystère et entrer dans le Royaume, il redécouvre du même coup l'Eternel présent au coeur des choses.

 

C'est la mission que P. Claudel assignait au poète chrétien:

 

 

"Je vous salue, ô monde libéral à mes yeux!

Je comprends par quoi vous êtes présent,

C'est que l'Eternel est avec vous, et qu'où est la Créature, le Créateur ne l'a point quittée...

Tout être, comme il est un

Ouvrage de l'Eternité, c'est ainsi qu'il en est l'expression.

Elle est présente et toutes choses présentes se passent en elle.
Je ne Vous vois pas; mais je suis continu avec ces êtres qui Vous voient

On ne rend que ce qu'on a reçu.
Et comme toutes choses de Vous

Ont reçu l'être, dans le temps elles restituent l'éternel......"

 

 

Il n'y a rien donc d'étonnant si la liturgie de l'Avent est toute pleine d'invitations lancées à la création tout entière d'avoir à célébrer l'Avènement de notre Sauveur. C'est tout particulièrement le cas des Répons du bréviaire, dont il suffira de citer quelques exemples,  à la file:

 

" Que les cieux se réjouissent, que la terre exulte, que les montagnes louent Dieu dans la jubilation, car notre Seigneur vient.. Mont d'Israël, étendez vos rameaux, portez fleurs et fruits, car il est proche le Jour du Seigneur... Les champs déserts d'Israël ont poussé un Germe d'agréable odeur, car voici que notre Dieu arrive... Que le désert et la terre aride s'égayent, que la steppe soit dans l'allégresse et fleurisse.. La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et Saron. Quant à eux, ils verront la gloire de Yahvé, la splendeur de notre Dieu. " (Is. XXXV)

 

 

Cette atmosphère paradisiaque de l'Avent qui, à n'en pas douter, est bien voulue par la liturgie, correspond fort exactement à celle de l'Avènement du Messie tel que nous le décrivent les Prophètes. Ainsi, la première Antienne des Vêpres du 1er Dimanche - celle qui ouvre l'Avent par conséquent - reprend une prophétie d'Amos: " En ce jour-là, les montagnes déborderont de douceur et des collines coulera lait et miel."

 

 

Mais devant ces images, si plaisantes soient-elles, on pourrait se demander si toutes ces merveilles ne doivent pas être tenues pour de simples hyperboles poétiques. Car enfin, de deux choses l'une: ou ces textes parlent du futur, et pour autant, ils ne nous touchent guère actuellement; ou bien ils se rapportent à notre situation présente.

 

Si, comme l'annoncent les Prophètes, la venue de notre Messie doit faire convertir en faucilles et en hoyaux les armes de guerre, est-ce que nos journaux ne nous confirment pas tous les jours la faillite de nos espérances, en ce XXè siècle après la naissance du Christ où l'on ne parle que de fusées, de bombes horribles, et autres inventions plus catastrophiques les unes que les autres?

 

Il est vrai! Mais ceci n'a rien de contradictoire à nos yeux. Ou plutôt, c'est le caractère même de cette Parousie qu'elle se présente sous cette double face, à la foi eschatologique, apocalyptique, catastrophique pour les impies, et suprêmement béatifiante pour tous ceux qui auront été fidèles jusqu'à la fin.

 

La liturgie d'Automne avait davantage insisté sur le premier aspect. Durant l'Avent, le côté menaçant du Jugement dernier demeure, mais relégué à l'arrière-plan des Oraisons; c'est l'assurance et la joie qui l'emportent. Pourquoi? Parce que le Premier Avènement nous répond du Second.

 

Plus exactement, parce que la Nativité, ou même la Mort et la Résurrection du Sauveur, si elles n'ont apparemment rien changé dans la marche et les désordres de ce monde, ont tout changé en réalité, en nous donnant le moyen de tout changer dans la mesure où nous le voudrons bien.

 

 

Désormais, le Salut est à portée de la main; le Royaume est continuellement présent, éternel, durable, et accessible dans le Christ-Jésus, grâce à la communauté que nous formons avec Lui.

 

Bref, ainsi que nous le voyons le Sauveur est vraiment présent. A nous de l'approcher:

 

C'est là l'essentiel de la spiritualité des Trois Avènements.

 

 

 

 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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Publié le 1 Décembre 2012

 

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"Accepte, ô Vierge Marie, la Parole qui t'es envoyée de Dieu par l'entremise de l'Ange: tu concevras et enfanteras l'Homme-Dieu, et tu seras bénie entre toutes les femmes."

 

Il y a dans ce texte une dramatisation qui va bien dans l'esprit de la liturgie en général, et celle du Temps de l'Avent tout particulièrement.

 

Cette prise à parti montre à quel point tous les hommes doivent se sentir solidaires de l'humble fiancée de Nazareth: Sa réponse est la nôtre; elle est le porte-parole de chacun de nous; de son acceptation, Dieu lui-même  a voulu faire dépendre le sort éternel de l'humanité.

 

Quel drame inouï et de plus grande portée serait-il concevable en nos théâtres humains? Oui! les mystères commémorés par la liturgie nous intéressent, et grâce à la liturgie précisément, nous avons la possibilité d'y prendra part, même après coup, même quand les jeux paraissent déjà faits.

 

A la messe, par la messe, nous jouons un rôle dans le sacrifice du Calvaire, et notre offrande quotidienne - réunie à celle que le Christ a portée devant son Père une fois pour toutes - en acquiert une valeur de rédemption.

 

Ce n'est pas à dire, évidement, que nous puissions intervenir dans la suite des évènements, tels qu'ils se sont passés au Golgotha. Nous n'arrêtons pas le bras de bourreaux. Notre participation, réelle, ne change plus l'histoire; elle se greffe plutôt, elle greffe sacramentellement notre journée, notre vie, notre action, sur l'arbre de vie qu'est la croix du Seigneur.

 

...

 

Si chacun de nous rejoint véritablement le Seigneur en son mystère pascal, c'est le Christ tout entier vivant. Nous nous unissons par conséquent, en ce crucifié, à ce même Jésus que Marie coucha dévotement dans sa crèche, et à ce Maître plein de douceur et de majesté qui draina les foules de Galilée. Nous n'avons pas à nous introduire en tiers dans la conversion de Zachée ou la guérison de l'aveugle-né; mais nous avons à être touchés comme le premier et illuminés comme le second.

 

Tout baptisé, en fait, revit l'expérience bouleversante qui fut celle de la femme de Samarie, du pauvre enténébré dont le Christ eut pitié, ou de Lazare, sauvé de la mort.

 

... l'occasion pour chacun de nous de ratifier le "fiat" de la sainte Vierge, en profitant de la solidarité qui nous unit à elle et de l'analogie entre sa situation et la nôtre.

 

Est-ce que la liturgie de l'Avent ne nous replace pas en deçà d'une nouvelle célébration de la Nativité? Est-ce que plus simplement encore, nous ne nous retrouverons pas chaque matin et à tout instant du jour, dans le cas de recevoir la vocation, l'appel, la volonté de Dieu sur nous à ce moment-là? Est-ce que nous ne devons pas y répondre avec la même simplicité que Marie, de telle sorte que nous revivions, nous aussi, l'expérience spirituelle de la mère de Dieu?

 

"Qui est ma mère et ce qui sont mes frères, dit Jésus? Et montrant ses disciples d'un geste de la main, il ajouta: Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est au cieux, celui-là m'est un frère et une soeur. " (Mt. XII, 49)

 

 

 

 

 

Peut-être aurions-nous avantage, durant ce Temps de l'Avent, à reprendre la coutume, tellement simple mais si profondément chrétienne, de réciter l'Angelus aux trois tournants de nos journées.


Ce serait une excellente façon de nous remettre régulièrement à l'écoute du Seigneur, aux ordres de sa Volonté, afin de lui donner, par une disponibilité accrue, la possibilité de prendre corps en nos vies.

 

Ce Temps ne nous oriente pas seulement vers la naissance de Jésus mais vers la Parousie triomphale du Christ; il associe notre attente à celle de l'Ancienne Alliance, et le Ciel à la terre.

 

Il ne faudra jamais oublier l'un ou l'autre de ces points de vue, si l'on veut que notre célébration liturgique et notre vie chrétienne par conséquent restent bien axées suivant le Plan divin en son entier, tel que le Père l'a imaginé dans son amour éternel pour les hommes. Or, tout y est inséparable, précisément parce qu'il n'y a qu'un seul et même Dessein providentiel, un seul et même Mystère, qui se réalise en l'Incarnation rédemptrice de notre Seigneur, mais embrasse toute la Création, de l'Eden à la Parousie.

 

Jésus nait pour nous, comme il est mort pour nous. C'est afin de nous assurer une résurrection des âmes et des corps que le Christ a ressuscité, premier d'entre les morts. Cf I Cor. XV) C'est en précurseur qu'Il est monté aux cieux (Hebr. VI,20). C'était déjà pour son mystère pascal et sa glorification nous soient communicables que le Verbe vint sur la terre et s'incarna dans le sein de la Vierge Marie:" Tu concevras et enfanteras un fils, lui dit Gabriel, et tu lui donneras le nom de Jésus-Sauveur...

 

Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père (autrement dit: c'est le Messie); il règnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n'aura point de fin.""Cujus regni non erit finis" chantons-nous équivalemment au Credo, pour désigner l'Eternité bienheureuse où le Jugement dernier introduira définitivement ceux qui auront accepté de s'associer aux Mystères de la vie terrestre du Christ.

 

 


 


 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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