Publié le 16 Mai 2010
spiritualite
Publié le 16 Mai 2010
Publié le 16 Mai 2010
Ce n'est pas seulement pour vous, Seigneur, que vous rentrez dans votre royaume, c'est encore pour nous-mêmes, vous y montez comme notre chef, et vous allez, selon la promesse que vous en avez faite, préparer à vos élus les places qui leur sont destinées; vous y montez comme notre médiateur, et vous allez présenter pour noua à votre Père les fruits de cette rédemption surabondante qui a réconcilié . le ciel et la terre ; vous y montez comme notre guide, et en nous montrant le terme où nous devons aspirer, vous nous tracez le chemin par où nous devons marcher. Chef adorable de cette Eglise militante que vous avez formée sur la terre par les travaux de votre vie mortelle, donneznous part à la gloire de cette Eglise triomphante que vous commencez à rassembler dans le ciel, et dont vous devez être l'éternelle félicité ; nous sommes vos membres, et partout où le chef se trouve, les membres doivent s'y trouver avec lui.
Sans vous, sans le bonheur de vous posséder et de vous voir, quel repos pouvons-nous goûter dans cette vallée de larmes où nous demeurons ? et que peut nous offrir le monde, qui nous tienne lieu de cette béatitude souveraine que l'un goûte en vous et avec vous ?
Ah ! Seigneur, quand viendra le jour où je sortirai de ce bannissement? quand paraîtrez-vous à mes yeux avec toute votre gloire ? Je languis dans cette attente ; le monde ne m'est plus rien, et mon cœur est déjà avec vous dans le ciel.
(Le P. le Valois, Entretien sur le mystère de l'Ascension) .
Allez, aimable Sauveur, allez vous présenter à votre Père ; montrez-lui les plaies de votre corps adorable : vous en portez encore les vestiges dans vos mains, dans vos pieds, dans votre sacré côté; à cette vue, toute sa colère se calinera, ses foudres demeureront suspendus: que dis-je ? il en tirera ses grâces les plus puissantes, et il les fera couler sur nous.
Que pourra-t-il vous refuser, divin Rédempteur, lorsque vous lui représenterez que c'est lui qui vous a envoyé pour nous ? vous paraîtrez devant lui comme le grand prêtre lorsqu'il entrait dans le sanctuaire, non pas pour lui offrir le sang des animaux, mais le vôtre propre. J'approcherai donc, Seigneur, avec confiance du trône de votre miséricorde ; vous serez d'autant plus touché de mes maux que vous les avez tous éprouvés sur la terre autant que nous, et encore plus que nous.
Guide fidèle, si nous vous demandons votre secours, c'est pour marcher après vous et dans la même route que vous: il n'y a point d'autre bonheur à espérer pour nous que celui dont vous allez prendre possession ; il n'y a point d'autre chemin pour y parvenir que celui que vous avez tracé; si je veux être glorifié comme vous, il faut que je m'abaisse comme vous ; si je veux être récompensé comme vous, il faut que je travaille comme vous ; si je veux être couronné avec vous, il faut que je combatte, que je souffre comme vous.
Publié le 15 Mai 2010
De tes brûlantes et pures flammes
Esprit Saint, daigne embraser mon âme ;
Consume-la du divin amour,
O toi que j’invoque chaque jour !…
Esprit de Dieu, brillante lumière ;
Toi qui me combles de tes faveurs,
Toi qui m’inondes de tes douceurs,
Brûle, anéantis moi tout entière !
Toi qui me donnes ma vocation,
Oh, conduis moi donc à cette union
Intime, intérieure à cette vie
Toute en Dieu, qui est mon envie.
Qu’en Jésus seul mon espoir se fonde,
Et qu’en vivant au milieu du monde,
Je n’aspire, je ne voie que Lui,
Lui, mon amour, mon divin ami !
Esprit saint, bonté, beauté suprême !
O toi que j’adore, ô toi que j’aime,
Consume de tes divines flammes,
Et ce corps, et ce cœur, et cette âme !
Cette épouse de la Trinité
Qui n’aspire qu’à sa volonté !…
Publié le 15 Mai 2010
Viens, Esprit-Saint, en nos coeurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.
Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos coeurs.
Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes
adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le coeur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu,
donne le salut final
donne la joie éternelle.
Le Saint-Esprit, don incréé
L'Esprit-Saint est appelé le don par excellence. Jésus y fait allusion et plus qu'allusion lorsqu'il dit à la Samaritaine « Si lu savais le don de Dieu! » Déjà le don créé de la grâce sanctifiante unie à la charité dépasse immensément tous les dons naturels, ceux de l'imagination la plus riche, de l'intelligence la plus géniale, de la volonté la plus énergique.
La grâce, germe de la vie éternelle, dépasse mème immensément la vie naturelle des anges, la force naturelle de leur intelligence et de leur volonté ; elle dépasse aussi et de beaucoup, comme le dit saint Paul , les grâces gratuitement données et en quelque sorte extérieures, comme le don des miracles, le don des langues, la prophétie.
Or le Saint-Esprit est le don incréé, infiniment supérieur encore à celui de la grâce sanctifiante et de la charité, supérieur à tout degré de charité et à tout degré de gloire.
Il est d'abord don incréé, comme terme ultime et éternel de la fécondité divine du Père céleste et de son Fils. Le Père, infiniment bon, par la génération éternelle du. Verbe, communique à celui-ci toute la nature divine, lui donne d'être Dieu de Dieu, lumière de lumière. Le Père et le Fils spirent l'Amour personnel qu'est le Saint-Esprit .
La troisième Personne divine procède ainsi de l'amour mutuel du Père et du Fils; elle est le don incréé que les deux premières personnes se font l'une à l'autre, don unique, par une spiration éternelle, qui communique à l'Esprit-Saint toute la nature divine.
Saint Thomas explique bien pourquoi le Saint-Eprit est appelé le Don personnel et incréé : parce que tout don provient d'une donation gratuite dont le principe est l'amour, et la première chose que nous donnons à quelqu'un c'est l'amour par lequel nous ltt-i voulons du bien; ainsi l'amour est le premier de tous les dons, le principe de tous les autres.
Par suite, le Saint-Esprit, qui est l'Amour personnel subsistant, mérite d'être appelé le Don personnel et incréé.
Ce don suprême, que les deux premières personnes divines se font l'une à l'autre de toute éternité, nous a cté donné à nous aussidans le temps par Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Il nous avait déjà donné l'Eucharistie à la Cène, et son précieux sang sur la croix, il nous avait donné la grâce par tous les sacrements ; il a voulu nous accorder enfin le don suprême, le don incréé, pour couronner tous ses bienfaits.
Il nous avait promis de nous envoyer l'Esprit- Saint, et il nous l'a envoyé de fait le jour de la Pentecôte.
La grandeur de ce don suprême apparaît davantage par comparaison avec les autres et avec les plus élevés d'entre eux. Le Sauveur nous avait déjà mérité tous les effets de notre prédestination : notre vocation à la vie chrétienne, notre justification ou conversion, la persévérance finale et la gloire des élus rachetés par son sang; mais il a voulu nous donner plus encore, il a voulu nous accorder le don incréé qu'est l'Esprit-Saint.
Les Apôtres, en le recevant, ont été éclairés, fortifiés, confirmés en grâce, transformés; et, sous la direction de l'Esprit-Saint, ils ont persévéré jusqu'au martyre.
Ce que nous venons de dire montre pourquoi les noms propres du Saint-Esprit sont l'Amour personnel et le don incréé. On l'appelle aussi par appropriation le Consolateur.
Il est en effet le grand ami spirituel qui console dans les tristesses de la vie, dans l'anxiété qui va parfois jusqu'à l'angoisse.
C'est ainsi qu'il a consolé les Apôtres, privés de la présence sensible de Notre-Seigneur, au moment où les grandes difficultés de leur apostolat commençaient. Or la Pentecôte a été renouvelée pour chacun de nous par notre confirmation.
Rp. Garrigou Lagrange
Publié le 14 Mai 2010
Ô Divin amour, ô lien sacré qui unissez le Père et le Fils, Esprit tout-puissant, fidèle consolateur des affligés, pénétrez dans les abîmes profonds de mon cœur et faites-y briller votre éclatante lumière.
Répandez votre douce rosée sur cette terre déserte, afin de faire cesser sa longue aridité. Envoyez les traits célestes de votre amour jusqu'au sanctuaire de mon âme, afin qu'en y pénétrant ils allument des flammes ardentes qui consument toutes mes faiblesses, mes négligences et mes langueurs.
Venez donc, venez, doux Consolateur des âmes désolées, refuge dans les dangers et protecteur dans la détresse.
Venez, vous qui lavez les âmes de leurs souillures et qui guérissez leurs plaies.
Venez, force du faible, appui de celui qui tombe.
Venez, docteur des humbles et vainqueur des orgueilleux.
Venez, père des orphelins, espérance des pauvres, trésor de ceux qui sont dans l'indigence. Venez, étoile des navigateurs, port assuré de ceux qui ont fait naufrage.
Venez, force des vivants et salut de ceux qui vont mourir.
Venez, ô Esprit Saint, venez et ayez pitié de moi.
Rendez mon âme simple, docile et fidèle, et condescendez à ma faiblesse avec tant de bonté que ma petitesse trouve grâce devant votre grandeur infinie, mon impuissance devant votre force, mes offenses devant la multitude de vos miséricordes.
Par Jésus le Christ, mon Sauveur.
Ainsi soit-il.
St Augustin.
Publié le 13 Mai 2010
"Si nous ne voulons pas que la Pentecôte se réduise à un simple rite ou à une commémoration, même suggestive, mais soit un événement actuel de salut, nous devons nous prédisposer en religieuse attente du don de Dieu par l'écoute humble et silencieuse de sa Parole.
Pour que la Pentecôte se renouvelle à notre époque, il faut peut-être - sans rien enlever à la liberté de Dieu - que l'Eglise soit moins « essoufflée » par les activités et plus dédiée à la prière. C'est ce que nous enseigne la Mère de l'Eglise, la très sainte Vierge Marie, Epouse de l'Esprit Saint."
Benoît XVI 2009
Publié le 13 Mai 2010
Veni, creator, Spiritus,
Viens, Esprit Créateur nous visiter
Mentes tuorum visita,
Viens éclairer l’âme de tes fils ;
Imple superna gratia
Emplis nos coeurs de grâce et de lumière,
Quae tu creasti pectora.
Toi qui créas toute chose avec amour
Qui diceris Paraclitus,
Toi le Don, l’envoyé du Dieu Très Haut,
Altissimi donum Dei.
Tu t’es fait pour nous le Défenseur ;
Fons vivus, ignis, caritas
Tu es l’Amour le Feu la source vive,
Et spiritalis unctio.
Force et douceur de la grâce du Seigneur
Tu septiformis munere,
Donne-nous les sept dons de ton amour,
Digitus paternae dexterae.
Toi le doigt qui oeuvres au Nom du Père ;
Tu rite promissum Patris,
Toi dont il nous promit le règne et la venue,
Sermone ditans guttura.
Toi qui inspires nos langues pour chanter
Accende lumen sensibus
Mets en nous ta clarté, embrase-nous,
Infunde amorem cordibus,
En nos coeurs, répand l’amour du Père ;
Infirma nostri corporis
Viens fortifier nos corps dans leur faiblesse,
Virtute firmans perpeti.
Et donne-nous ta vigueur éternelle.
Hostem repellas longius
Chasse au loin l’ennemi qui nous menace,
Pacemque dones protinius ;
Hâte-toi de nous donner la paix ;
Ductore sic te praevio
Afin que nous marchions sous ta conduite,
Vitemus omne noxium.
Et que nos vies soient lavées de tout péché.
Per te sciamus da Patrem,
Fais-nous voir le visage du Très-Haut,
Noscamus atque Filium ;
Et révèle-nous celui du Fils ;
Teque utriusque Spiritum
Et toi l’Esprit commun qui les rassemble,
Credamus omni tempore.
Viens en nos coeurs, qu’à jamais nous croyions en toi.
Deo Patri sit gloria,
Gloire à Dieu notre Père dans les cieux,
Et Filio, qui a mortuis
Gloire au Fils qui monte des Enfers ;
Surrexit, ac Paraclito
Gloire à l’Esprit de Force et de Sagesse,
In saeculorum saecula.
Dans tous les siècles des siècles.
Amen.
, Qui suis-je pour que Dieu le Saint-Esprit entre en moi et tourne mes pensées vers les Cieux avec des gémissements inénarrables ?
cardinal Newman.
il y a sept maux entre autres qui ruinent et déshonorent misérablement la vie humaine, auxquels ces vertus servent de remède et de contrepoids.
Le premier de ces maux est la puérilité des mœurs, par laquelle plusieurs hommes occupent leur vie à des choses de néant et à des bagatelles de petits enfants, à laquelle est opposée la gravité de la sagesse, qui porte les esprits aux choses grandes et sublimes.
Le second est la brutalité par laquelle les hommes ne considèrent que le dehors et l'apparence des choses sensibles que, pour ce sujet, ils recherchent à laquelle est opposée la vertu d'intelligence, qui fait pénétrer plus avant et connaître les merveilles qui sont cachées dans les créatures dans lesquelles Dieu habite, et les mystères qui sont recelés sous l'ombre des figures.
Le troisième mal est la témérité de l'homme parmi les périls de ce monde, à laquelle est opposée la prudence et le conseil.
Le quatrième est l'infirmité humaine, le peu de courage et de résolution des âmes, à quoi est opposée la force.
Le cinquième est l'illusion de l'esprit dans le discernement des créatures, qui lui fait prendre les bonnes pour les mauvaises, et former de mauvais jugements, à quoi remédie la science qui les lui représente au vrai, sans erreur et sans illusion.
Le sixième mal est la profanation des choses saintes et célestes, qui fait que l'on traite Dieu avec mépris et irréligion, à quoi est opposée la vertu de piété.
Le septième mal est une sotte assurance, qui fait que nous ne nous tenons pas sur nos gardes dans des périls qui sont vraiment graves, à quoi remédie la crainte.
Pour toutes ces raisons, l'on ne saurait assez estimer ces sept dons, ou ces sept vertus infuses du Saint-Esprit, qui nous assistent contre des misères si grandes et si pressantes, outre qu'elles servent à se bien régler dans la vie contemplative et dans la vie active;
car la sagesse, l'intelligence la science assistent particulièrement dans la pratique de l'oraison mentale, la prudence,
la force et la piété dans les actions ordinaires de la journée, et la crainte de Dieu dans l'un et dans l'autre.
C'est pourquoi, par la pratique de ces vertus, les âmes se conformant à Jésus-Christ, ne sont pas surprises et ruinées par les misères et les calamités qui les menacent pour leur faire perdre misérablement le Paradis. Enfin elles avancent notablement dans la vie spirituelle, et leurs accroissements en mérites sont pareils à ceux que le soleil fait en sa clarté, depuis son levant jusqu'à midi, puisque, selon le dire du Sage : Le sentier des justes, comme une lumière resplendissante, s'avance et s'accroît jusqu'au jour parfait (Prov. 4).
Bienheureuses donc les âmes, dans lesquelles le Saint-Esprit a épanché ses dons, et répandu ces très-belles vertus.
Bienheureuses les âmes qui les pratiquent fidèlement pour s'éloigner des maux indicibles qui ruinent le salut des hommes, et les empêchent de faire tous les jours des progrès dans la sainteté.
O soleil du monde ! qui êtes tout lumineux des sept rayons de ces éminentes vertus, en qui elles reposent pleinement et tranquillement, voyez la nécessité et le déplorable état où je suis réduit sans elles!
Donnez-les-moi, Seigneur, par votre royale et divine magnificence.
Donnez-moi la gravité de la sagesse, afin que mon âme ne soit point puérile; donnez-moi l'intelligence, afin qu'elle ne soit point brutale ;
donnez-moi le conseil, afin qu'elle ne soit point téméraire dans les périls;
donnez-moi la force, afin qu'elle soit victorieuse;
donnez-moi la science, afin qu'elle ne soit point abusée;
donnez-moi la piété, afin qu'elle soit plus religieuse à votre égard;
donnez-moi la crainte, afin qu'elle soit plus assurée ;
enfin, donnez-les-moi toutes sept à la fois, afin que je me conduise dans la vie contemplative et active avec plus d'adresse, à la plus grande gloire de votre nom béni. Ainsi soit-il.
louis Bail
la théologie affective.
le saint Esprit dans la vie chrétienne.
Publié le 13 Mai 2010
Frères, en entendant ces innocentes et profondes confidences mystiques des petits bergers, certains pourraient les regarder avec un peu d’envie parce que eux ils ont vu, ou bien avec la résignation amère de celui qui n’a pas eu la même chance mais qui insiste parce qu’il veut voir.
À ces personnes, le Pape dit comme Jésus : « N’êtes-vous pas dans l’erreur, en méconnaissant les Écritures, et la puissance de Dieu ? » (Mc 12, 24). Les Écritures nous invitent à croire : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29), mais Dieu – plus intime à moi que je le suis à moi-même (cf. Saint Augustin, Confessions, III, 6, 11) – a le pouvoir d’arriver jusqu’à nous, en particulier à travers nos sens intérieurs, de sorte que l’âme reçoive le toucher suave d’une réalité qui se trouve au-delà du sensible et qui la rende capable de rejoindre le non-sensible, ce qui est imperceptible aux sens.
Pour cela, il est besoin d’une vigilance du cœur que, la plupart du temps, nous n’avons pas en raison de la forte pression de la réalité extérieure, des images et des préoccupations qui emplissent l’âme (cf. Commentaire théologique du Message de Fatima, 2000). Oui ! Dieu peut nous rejoindre, en s’offrant à notre vision intérieure.
Qui plus est, cette Lumière dans l’âme des jeunes bergers, qui provient de l’éternité de Dieu, est la même qui s’est manifestée à la plénitude des temps et qui est venue pour tous : le Fils de Dieu fait homme. Qu’Il ait le pouvoir d’enflammer les cœurs les plus froids et les plus tristes, nous le voyons avec les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 32).
C’est pourquoi notre espérance a un fondement réel, elle s’appuie sur un événement qui prend sa place dans l’histoire et en même temps la dépasse : c’est Jésus de Nazareth.
L’enthousiasme suscité par sa sagesse et par sa puissance salvifique auprès des gens de l’époque était tel qu’une femme au milieu de la foule – comme nous l’avons entendu dans l’Évangile – s’exclama pour dire : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! ». Cependant, Jésus répond : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 27. 28). Mais qui a le temps d’écouter sa parole et de se laisser séduire par son amour ? Qui veille, dans la nuit du doute ou de l’incertitude, avec le cœur éveillé en prière ? Qui attend l’aube du jour nouveau, tenant allumée la flamme de la foi ?
La foi en Dieu ouvre à l’homme l’horizon d’une espérance certaine qui ne déçoit pas ; elle indique un fondement solide sur lequel appuyer, sans peur, toute son existence ; elle requiert l’abandon, plein de confiance, entre les mains de l’Amour qui soutient le monde.
« Votre descendance sera célèbre parmi les nations, (…) elle sera la descendance bénie par le Seigneur » (Is 61, 9) avec une espérance inébranlable et qui fructifie en un amour qui se sacrifie pour les autres et qui ne sacrifie pas les autres ; au contraire – comme nous l’avons entendu dans la deuxième lecture – qui « supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout » (1 Co 13, 7). De cela, les petits bergers sont un exemple et nous stimulent, eux qui ont fait de leur vie une offrande à Dieu et l’ont partagée avec les autres par amour de Dieu. La Vierge les a aidés à ouvrir leur cœur à l’universalité de l’amour. La Bienheureuse Jacinthe, notamment, se montrait infatigable dans le partage avec les pauvres et dans le sacrifice pour la conversion des pécheurs. Ce n’est qu’avec cet amour de fraternité et de partage, que nous réussirons à bâtir la civilisation de l’Amour et de la Paix.
Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait. Revit ici ce dessein de Dieu qui interpelle l’humanité depuis ses origines : « Où est ton frère Abel ? (…) La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! » (Gn 4, 9). L’homme a pu déclencher un cycle de mort et de terreur, mais il ne réussit pas l’interrompre… Dans l’Écriture Sainte, il apparaît fréquemment que Dieu est à la recherche des justes pour sauver la cité des hommes et il en est de même ici, à Fatima, quand Notre Dame demande : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour prendre sur vous toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels il est offensé, et en intercession pour la conversion des pécheurs ? » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.162).
À la famille humaine prête à sacrifier ses liens les plus saints sur l’autel de l’égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l’idéologie, du groupe, de l’individu, notre Mère bénie est venue du Ciel pour mettre dans le cœur de ceux qui se recommandent à Elle, l’amour de Dieu qui brûle dans le sien.
À cette époque, ils n’étaient que trois ; leur exemple de vie s’est diffusé et multiplié en d’innombrables groupes sur la surface de la terre, en particulier au passage des Vierges pèlerines, qui se sont consacrés à la cause de la solidarité fraternelle.
Puissent ces sept années qui nous séparent du centenaire des Apparitions hâter le triomphe annoncé du Cœur Immaculée de Marie à la gloire de la Très Sainte Trinité.
Benoît XVI
Fatima 13 Mai 2010
Publié le 12 Mai 2010
Chers pèlerins,
Tous ensemble, avec en main votre cierge allumé, vous semblez un océan de lumière autour de cette simple chapelle, érigée avec empressement en l’honneur de la Mère de Dieu et notre Mère, elle dont le chemin de retour de la terre au ciel était apparu aux jeunes bergers comme un faisceau de lumière. Cependant, comme Marie, nous ne jouissons pas d’une lumière propre : nous la recevons de Jésus. Sa présence en nous renouvelle le mystère et le rappel du buisson ardent, celui qui, un temps, sur le mont Sinaï a attiré Moïse et n’arrête pas de fasciner tous ceux qui se rendent compte qu’une lumière spéciale brûle en nous mais sans se consumer (cf. Ex 3, 2-5). Par nous-mêmes, nous ne sommes qu’un misérable buisson, sur lequel pourtant est descendue la gloire de Dieu. À lui, donc, toute gloire, à nous l’humble confession de notre néant et l’adoration déférente des desseins de Dieu, qui seront accomplis quand « Dieu sera tout en tous » (cf. 1 Co 15, 28). La Vierge, pleine de grâce, est la servante incomparable de tels desseins : « Voici la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38).
Chers pèlerins, imitons Marie, en faisant résonner dans notre vie son « que tout se fasse pour moi » ! À Moïse, Dieu avait ordonné : « Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte » (Ex 3, 5). C’est ce qu’il fit ; il enfilera à nouveau ses sandales pour aller libérer son peuple de l’esclavage de l’Égypte et le conduire vers la terre promise. Il ne s’agit pas ici simplement de la possession d’une parcelle de terre ou de ce territoire national auquel chaque peuple a droit ; en effet, dans la lutte pour la libération d’Israël et durant son exode de l’Égypte, ce qui est mis en évidence c’est surtout le droit à la liberté d’adoration, à la liberté d’un culte propre. Par conséquent, tout au long de l’histoire du peuple élu, la promesse de la terre assume toujours plus cette signification : la terre est donnée pour qu’il y ait un lieu de l’obéissance, afin qu’il y ait un espace ouvert à Dieu.
À notre époque, où la foi dans de vastes régions de la terre, risque de s’éteindre comme une flamme qui n’est plus alimentée, la première de toutes les priorités est celle de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour vécu jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1), en Jésus Christ crucifié et ressuscité. Chers frères et sœurs, adorez le Christ Seigneur dans vos cœurs (cf. 1 P 3, 15) ! N’ayez pas peur de parler de Dieu et de manifester sans honte les signes de la foi, en faisant resplendir aux yeux de vos contemporains la lumière du Christ, comme le chante l’Église durant la nuit de la Veillée pascale, qui engendre l’humanité comme famille de Dieu.
Frères et sœurs, en ce lieu, il est étonnant d’observer que trois enfants ont cédé à la force intérieure qui les a envahis au moment des apparitions de l’Ange et de la Mère du Ciel. Ici, où l’on nous a demandé si souvent de réciter le Rosaire, laissons-nous attirer par les mystères du Christ, les mystères du Chapelet de Marie. Que la récitation du rosaire nous permette de fixer notre regard et notre cœur en Jésus, comme le faisait sa Mère, modèle inégalable de la contemplation du Fils. En méditant les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux, tandis que nous récitons les ‘Ave Maria’, nous contemplons le mystère de Jésus tout entier, de l’Incarnation jusqu’à la Croix et à la gloire de la Résurrection ; nous contemplons l’intime participation de Marie à ce mystère et notre vie en Christ aujourd’hui, qui apparaît tellement entremêlée de moments de joie et de souffrance, d’ombre et de lumière, d’anxiété et d’espérance. La grâce envahit notre cœur en suscitant le désir d’un changement de vie incisif et évangélique, afin de pouvoir dire avec saint Paul : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 21), dans une communion de vie et de destin avec le Christ.
Je sens que m’accompagnent la dévotion et l’affection des fidèles réunis ici ainsi que celles du monde entier. Je porte avec moi les préoccupations et les attentes de notre temps et les souffrances de l’humanité blessée, les problèmes du monde, et je viens les déposer aux pieds de la Vierge de Fátima : Vierge Mère de Dieu et notre Mère bien-aimée, intercède pour nous auprès de ton Fils afin que toutes les familles des peuples, celles qui se distinguent par le nom de chrétiennes, comme celles qui ignorent encore leur Sauveur, vivent dans la paix et la concorde jusqu’à se rassembler en un seul peuple de Dieu, à la gloire de la Sainte et indivisible Trinité. Amen.
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