Publié le 7 Mars 2010


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« L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux » Saint Benoît
Publié le 7 Mars 2010


Publié le 7 Mars 2010

Publié le 6 Mars 2010

Publié le 6 Mars 2010

Sancta Maria, ora pro nobis.
Aux jours lointains du moyen âge
Vivait dans un pauvre village
Un pauvre orphelin sans esprit. -
Déshérité de la nature,
Il s'en allait à l'aventure,
Humble brebis de Jésus-Christ.
Sa faible langue embarrassée
Bégayait comme sa pensée,
Lorsqu'un jour Dieu la délia,
Et l'orphelin qu'on vit sourire
Dès ce jour put dire et redire
Ces deux mots: Ave Maria!
Ces mots, les seuls qu'il sût sans doute,
II les répétait sur sa route
Lorsque tout seul il cheminait;
Mendiait-il dans le village,
II n'avait point d'autre langage
Pour bénir la main qui donnait.
Le soir, quand il gagnait sa couche,
Ces mots s'échappaient de sa bouche,
Ils s'en échappaient le matin.
Rude saison, saison fleurie,
Toujours l'orphelin à Marie
Bégayait le salut divin.
Quoi qu'il rencontrât sur sa voie.
Son doux regard peignait la joie :
C'était un sourire éternel.
On le voyait, nommant Marie,
Sourire aux fleurs de la prairie,
Sourire aux nuages du ciel.
Plaisir, douleur, même sourire.
Au nom divin qu'il savait dire,
Le temps le plus dur s'égayait ;
Aux jours froids que l'hiver abrége,
Grelottant pieds nus dans la neige,
Comme au printemps il souriait.
Il mourut... on le vit sourire,
Essayant encor de redire
Le nom si souvent prononcé.
Et l'on couvrit d'un peu de terre
Cet enfant sans père ni mère
Qu'on prenait pour un insensé.
Mais Dieu juge autrement que l'homme
Qui mesure tout ce qu'il nomme
A son œil superficiel.
Pauvre innocent dans la détresse !
Son indigence était richesse
Pesée aux balances du ciel.
De cette vie au court passage,
De cette humble mort, au village
Bientôt il ne fut plus parlé.
Dieu voulait les mettre en lumière.
Un matin, dans le cimetière,
Le mot du ciel fut révélé.
Une. femme allant à l'église
D'un doux prodige fut surprise.
Vers l'endroit où l'enfant gisait,
Sol aride, et tout nu la veille,
Un lis de blancheur non pareille
Sous le ciel d'hiver fleurissait.
Par ce beau spectacle attachée,
Elle avança tête penchée,
Puis en extase se signa.
Fleur qui du ciel fait le délice !
En lettres d'or, dans son calice
On lisait : Ave Maria !
S'arrachant au divin spectacle,
Elle alla conter le miracle,
Et tout le village accourut.
Point de doute : c'était la place
Où l'indigent, riche de grâce, .
Fut déposé quand il mourut.
Chacun, dans la joie et la crainte,
Salua cette terre sainte.
On y bénit soir et matin
La miséricorde éternelle...
Et l'on bâtit une chapelle
Sur la tombe de l'orphelin. .
Léon Le Pas
légendes.
Publié le 6 Mars 2010

Publié le 6 Mars 2010

Ô Croix dressée sur le monde,
Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)
Fleuve dont l'eau féconde
Du coeur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde,
Ô Croix de Jésus-Christ !
Ô Croix, sublime folie,
Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)
Dieu rend par toi la vie
Et nous rachète à grand prix:
L'amour de Dieu est folie,
Ô Croix de Jésus-Christ !
Ô Croix, sagesse suprême,
Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)
Le Fils de Dieu lui-même
Jusqu'à la mort obéit;
Ton dénuement est extrême,
Ô Croix de Jésus-Christ !
Ô Croix, victoire éclatante,
Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)
Tu jugeras le monde
Au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante,
Ô Croix de Jésus-Christ !
Qu'elle est donc grande, qu'elle est merveilleuse et sublime l'économie de notre religion ! Comme tout s'y lie, se combine, se correspond!
Le paradis terrestre annonce, figure et prédit le Calvaire; et le Calvaire accomplit ce dont le paradis terrestre n'était que l'image; l'un sert à l'autre de lumière dans l'explication des grands mystères qui se sont accomplis après quatre mille ans d'intervalle.
Dans l'un, mystère de malice, d'orgueil, de sévère justice et de mort; dans l'autre, mystère de sainteté, d'humiliation, de miséricorde et de vie.
Au milieu de la Synagogue s'élève une croix, comme au milieu du paradis terrestre s'élevait un arbre.
C'est du bois que vient notre salut, comme du bois était venu le principe de notre perte. C'est par le bois que le démon a été vaincu, parce que c'est par le bois qu'il avait triomphé de l'homme et de l'humanité. La même matière qui avait servi au mal sert au remède, et, comme l'observe saint Maxime avec bien des Pères de l'Église, ce qui avait produit la maladie et la mort guérit et ressuscite.
In ligno crucifigitur, ut quia homo in paradiso per arborem concupiscentiœ deceptus fuerat, nunc idem per arborem salvaretur, atque eadem materia quœ causa mortis fuerat, esset remedium sanitatis.
R.P. Joachim Ventura
Publié le 5 Mars 2010

Publié le 5 Mars 2010
Publié le 4 Mars 2010

Évangile selon saint Luc, XV, 11.
Jésus dit aux pharisiens et aux scribes : Un homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à son père : Mon père, donnez-moi ce qui doit me revenir de votre bien. Et le père leur fit le partage de son bien. Peu de jours âpre?, le plus jeune ayant ramassé tout ce qu'il avait, s'en alla dans un pays éloigné, où il dissipa tout son bien en débauches. Après qu'il eut tout dépensé, il survint une grande famine dans le pays et il commença à manquer. Il s'en alla donc et s'attacha au service d'un des habitants, qui l'envoya à sa maison des champs pour y garder les pourceaux. Et là, il désirait remplir son ventre des écosses que les pourceaux mangeaient; et personne ne lui en donnait. Alors, étant rentré en lui-même, il dit : Combien de mercenaires dans la maison de mon père, ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim! Je me lèverai, j'irai vers mon père et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous. Je ne suis plus digne d'être appelé votre fils ; traitez-moi comme l'un de vos serviteurs. Il se leva donc et alla vers son père. Mais, lorsqu'il était encore bien loin, son père l'aperçut, et touché de compassion il accourut, se jeta à son cou et le baisa. Son fils lui dit : Mon Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous : je ne suis plus digne d'être appelé votre fils. Alors le père dit à ses serviteurs : Apportez tout de suite la plus belle robe et l'en revêtez, et mettez-lui un anneau au doigt et des souliers à ses pieds; amenez aussi le veau gras et le tuez, afin que nous mangions et fassions bonne chère ; parce que mon fils que voici était mort et il est ressuscité : il était perdu et il est retrouvé. Et ils commencèrent à faire festin.
Cependant son (ils aîné qui était dans les champs revint, et lorsqu'il fut près de la maison il entendit la musique et le bruit de la danse. Il appela donc un des serviteurs et lui demanda ce que c'était. Celui-ci lui dit : C'est que votre frère est revenu ; et votre père a tué le veau gras, parce qu'il le revoit en bonne santé. L'aîné indigné ne voulut point entrer; mais son père étant sorti se mit à l'en prier. Mais il répondit à son père : Voilà tant d'années que je vous sers, sans avoir jamais désobéi à vos ordres, et jamais vous ne m'avez donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis. Mais aussitôt que votre autre fils, qui a mangé son bien avec des femmes perdues, est revenu, vous avez tué pour lui le veau gras. Alors le père lui dit : Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. Mais il fallait faire festin et nous réjouir, parce que ton frère était mort et il est ressuscité : il était perdu et il est retrouvé.
"Dans le départ du fils prodigue se rejoignent les thèmes de la vie et de la liberté.
Il veut la vie, et c'est pourquoi il veut être totalement libre.
Etre libre signifie, de ce point de vue, pouvoir faire ce que l'on veut ; ne devoir accepter aucun critère en dehors ou au-dessus de soi-même. Suivre seulement son propre désir et sa propre volonté. Celui qui vit ainsi s'opposera très vite à celui qui veut vivre de la même manière. Cette conception égoïste de la liberté conduit nécessairement à la violence, à la destruction réciproque de la liberté et de la vie."
Publié le 3 Mars 2010

La vue des montagnes nourrit la piété du chrétien en lui rappelant les faits les plus importants de la religion.
Après le déluge, l'arche de Noë s'arrête sur une montagne d'Arménie. Dieu donne sa loi sur le mont Sinaï. Le prophète Elie doit gravir Horeb pour entendre la voix du Seigneur. Jésus Christ prêcher pour la première fois sur une montagne ; il se transfigure sur le Thabor; il se prépare à sa Passion sur le mont des Oliviers ; il meurt sur le Calvaire, et, près de retourner vers son Père, il prend congé de ses apôtres et leur donne leur mission sur une montagne de Galilée.
Toutes ces montagnes sont la figure de l'Eglise que Jésus-Christ lui-même compare à une cite placée sur une haute montagne. ' C'est avec raison, dit saint Augustin, que l'Eglise est assimilée à une montagne, à cause de son élévation et de sa solidité. »
L'Eglise est, en effet, la Cité de Dieu ; elle avoisine le ciel, et de sa cime l'exemple et la parole se répandent sur tout l'univers. Elle est la dispensatrice des grâces et des trésors célestes ; elle nous nourrit et nous éclaire ; c'est à son flambeau que tous les peuples doivent marcher pour atteindre leur fin. Levons donc les yeux vers cette sainte montagne, car c'est d'elle que nous viendra le secours. Levavi oculos meos ad montes, unde veniet auxilium mihi. In Ps. II,5
L'aspect des montagnes produit sur nous deux sortes d'impressions qui semblent contradictoires: il nous écrase et nous élève.
N'est-ce point peut-être par un effet de la miséricordieuse industrie de notre Dieu, qui se sert des moyens les plus naturels et les plus communs pour nous faire rentrer en nous-mêmes et nous élever jusqu'à lui?
Si nous considérons, en effet, cette masse énorme, et que nous reportions les yeux sur nous; si nous apercevons un de nos semblables sur un point élevé de ce gigantesque colosse, nous sommes contraints de nous écrier: Mon Dieu! que l'homme est faible et petit!
Cependant cette montagne n'est qu'un grain de sable comparé à notre globe; et notre globe, à son tour, qu'est-il parmi ces myriades de soleils qui roulent dans l'espace?
Pauvre petit être humain! qu'est-tu donc au milieu des mondes et de l'espace immense? qu'es-tu sous la main de Celui qui a créé tous ces mondes, qui les dirige à son gré et qui peut en un instant les réduire en poussière.
Merci, mon Dieu! de me faire sentir ainsi ma faiblesse et mon néant! Oui, je le dirai avec le Roi-prophète:" C'est pour mon bien que vous m'avez humilié". psaume CXVII car je n'en éprouve que plus vivement le besoin de m'appuyer sur vous. C'est pourquoi je me tourne de nouveau vers la montagne, et, à mesure que mon regard la suit au milieu des nuées, mon âme s'élève plus encore; portée sur les ailes de la prière, elle va jusqu'au pied du trône de Dieu confesser sa faiblesse et demander les grâces dont elle a besoin.
" Dieu résiste aux superbes, et il donne sa grâce aux humbles. Ep de s Pierre V, 5
" Dieu est haut; si vous vous élevez, il s'enfuit de vous; si vous vous abaissez, il descend jusqu'à vous." st Augustin
" Plus en effet, dit saint Grégoire, le Seigneur nous tient abaissés dans la tristesse et dans l'humilité, plus il nous porte vers lui sur les hauteurs de la contemplation.
Soyons humbles, et Dieu nous élèvera; c'est lui-même qui l'a dit:" Quiconque s'abaisse sera élevé;" et sur les cimes où il nous placera, nous le louerons et nous le bénirons, car "il fait surgir les montagnes et descendre les plaines au lieu qu'il a choisi."
Je lèverai donc mes yeux vers les montagnes terrestres pour que mon âme gravite jusqu'à ces collines éternelles dont parle la sainte Ecriture; montagnes mystérieuses et sacrées d'où nous vient le secours: Levavi oculos meos ad montes unde veniet auxilium mihi.
" Oh! qu'ils sont beaux, dit l'Esprit-Saint, qu'ils sont beaux sur les montagnes les pieds de ceux qui évangélisent la paix, qui annoncent le salut!" Qu'ils sont beaux les prédicateurs de l'Evangile, ministres du Dieu de paix, lorsque, du haut de la sainte montagne qui est l'Eglise, ils enseignent aux hommes leurs frères le chemin du salut; lorsque, semblables à une lampe ardente, ils projettent au loin leur lumière pour éclairer nos voies !
Mais qu'aperçois-je encore sur les montagnes?
Une Reine pleine de douceur et de majesté. Elle est belle comme la lune, comme l'aurore qui se lève, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille; c'est la Reine du ciel et de la terre, c'est la Mère de Dieu, c'est Marie qui vient nous donner d'éclatants témoignages de sa puissance et de sa bonté; c'est notre Mère qui nous appelle et qui nous tend les bras. Notre-Dame du Mont Carmel! Notre Dame de Fourvières! Notre-Dame du Puy, Notre Dame de la Salette! mes yeux et mon coeur s'élèvent vers vous; daignez abaisser sur votre enfant un regard favorable. Et vous, montagnes saintes! je vous salue comme les trônes de grâce de notre auguste Mère.
J'accours vers vous, ô Marie! comme votre Bien-aimé, "sautant sur les montagnes, passant par dessus les collines." Ecce iste venit, saliens in montibus, transliens colles 1 Cant. II,8
Je viens au pied de cette autre montagne que vous avez ennoblie par votre visite. C'est bien ici "la montagne de la myrrhe et de l'encens. I.Cant. IV,6, vous l'avez embaumée de vos célestes parfums; leur suave odeur nous attire. "In odorem curremus unguentorum tuorum. Ib I,3
Considérez notre humilité et notre bassesse dont la myrrhe est aussi la figure et que notre prière monte vers vous comme l'encens.
"L'encens est pur, ô Marie, et belles sont les fleures que la main des vierges effeuille sur le pavé de vos chapelles; mais la voix de toute heure, mais la sainte poésie qui se sent à l'étroit sur cette terre, qui a le pressentiment d'un monde plus beau, qui veut respirer l'infini, qui renferme au fond de tous ses chants une prière cachée, monte plus haut que le parfum des fleurs et de l'encens. Elle arrive jusque là où vous êtes, là d'où vous voyez sous vos pieds les étoile germer, comme des fleurs de lumière dans les champs illimités, et la création se balancer comme un encensoir éternel."Mgr Gerbet Livre des saints.
Mes yeux se lèvent, et j'aperçois le creux du rocher où vous daignâtes apparaitre. C'est bien de vous que l'Esprit-Saint a dit:" Vous êtes ma colombe qui se retire dans le creux de la pierre, dans les enfoncements de la muraille." Il me semble vous y voir encore, les mains pleines de grâces pour les répandre sur nous. Mes yeux s'attachent à ce lieu béni, car c'est de là que me viendra le secours.
Néanmoins je les élève de nouveau, et j'aperçois le sanctuaire édifié par vos ordres. Et pourquoi la sainte Mère de Dieu a-t-elle voulu qu'on lui élevât ici une maison de prière, si ce n'est pour y convoquer ses enfants et leur dispenser ses bienfaits? Pourquoi? si ce n'est pour s'y retrouver auprès de son divin Fils, prisonnier d'amour dans le saint tabernacle; pour lui exposer nos besoins, pour lui transmettre nos voeux?
C'est dans ce saint asile qu'est annoncée la parole de Dieu, que la Victime sainte est immolée, que les pécheurs sont réconciliés, que le pauvre pèlerin de la vie reçoit le pain des forts, que les grâces de toutes sortes sont largement distribuées.
O sainte montagne! que vous m'êtes chère et précieuse!
Oui je vous contemple avec respect et avec joie. Je lève vers vous des regards pleins d'espérance, car c'est de là que me viendra le secours:
Levavi oculos meos ad montes, unde veniet auxilium mihi....
Abbé Eugène Boyer.
1868