spiritualite

Publié le 7 Mars 2010

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Jean de Dieu mourut à Grenade, le 8 mars 1550 ; il fut béatifié par Urbain VIII, en 1630, et canonisé par Alexandre VIII, en 1690 ; il a été proclamé patron des hôpitaux par Léon XIII, à quoi Pie XI ajouta les infirmiers et les malades, le 28 août 1930.

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Publié le 7 Mars 2010


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Inimicitias ponam inter semen tuum et semen illius..


Je jetterai l'inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne; c'est elle qui t'écrasera la tête, et toi tu essaieras en vain de la mordre au talon, ou, comme le porte le texte original, tu lui briseras le talon: Inimicitias ponam inter te et mulierem, inter semen tuum et semen illius; ipsa conteret caput tuum, et tu insidiaberis calcaneo ejus. (Hebr.) Et tu conteres calcaneum ejus.

On ne peut douter, dit saint Augustin, que le serpent à qui furent adressés ces paroles ne fût le démon, et que la femme dont il est fait l'éloge ne soit Marie: Draconem illum diabolum significasse, nullus vestrum ignorat; mulierem vero illam, virginem Mariam, quae caput nostrum integra integrum peperit.
On ne peut en effet supposer que Dieu parlant de la femme au serpent, ait voulu par ce nom désigner Eve qui s'était laissé séduire par le serpent, et avait si facilement prêté l'oreille, et le coeur plus encore, à des promesses mensongères. Il s'était établi par là entre Eve et le serpent un e communication réciproque de pensées et d'affections. Il y avait eu entre eux conformité de dispositions à se révolter, à s'élever et s'enorgueillir au préjudice de l'obéissance qu'ils devaient à Dieu; il y avait une espèce de société et d'amitié qui était l'oeuvre du péché. L'inimitié véritable, réelle, pleine et parfaite de la part de la femme contre le démon s'est trouvée dans Marie.
Elle a eu avec Eve une conformité de nature, mais non d'esprit; elle a eu de commun avec elle la simplicité de coeur, mais non la crédulité, la légèreté, la désobéissance et l'orgueil. Etrangère à l'esprit du serpent et remplie de l'esprit de Dieu, elle n'a voulu que ce que Dieu veut, et détesté tout ce que veut le serpent. Infiniment plus humble qu'Eve n'avait été superbe, elle a surpassé également en docilité, en soumission, en obéissance, en fidélité, tout ce qui s'était trouvé en Eve d'indocilité, de désobéissance et d'incrédulité; la vanité n'est pas plus entrée dans son esprit que la curiosité dans son coeur; enfin le serpent n'a jamais trouvé une brêche pour pénétrer dans son âme, et Marie a été vraiment la femme entre laquelle et le serpent il y a eu la séparation la plus absolue d'intérêts et d'intentions, l'opposition la plus directe de désirs et de conduite, l'inimitié la plus profonde et la plus irréconciliable, c'est-à-dire une inimitié éternelle. Et comme cette inimitié a été en elle l'oeuvre de la grâce dont Dieu l'a prévenue et de l'esprit dont il l'a comblée sans mesure, ce n'est qu'en Marie que se sont accomplies à la lettre les paroles de Dieu au serpent:" je mettrai l'inimitié entre toi et la femme, " Inimicitias ponam inter te et mulierem.'
Mais la faiblesse, la témérité, la malice d'Eve avaient donné au serpent une postérité ou une descendance; car les fils du péché d'Eve appartiennent au démon comme à leur père.
De même aussi la constance, l'humilité, la sainteté de Marie l'ont fait devenir mère de Jésus-Christ, et en Jésus-Christ mère de tous ceux qu'il a régénérés par sa grâce et par son sang, qui peuvent par conséquent appeler à ce titre Jésus-Christ leur véritable père.

Les enfants du démon, ceux qui composent sa descendance, ce sont tous les pécheurs, ceux qui s'abandonnent au vice et à l'injustice, ceux qui ont comme Eve, l'esprit d'orgueil, de mensonge, de haine, de perversité, qui anime le démon.
Les enfants de Jésus-Christ, ceux qui composent sa famille, et par conséquent la famille de la femme ou de Marie, mère de Jésus-Christ, ce sont tous ceux qui, comme Marie, ont l'esprit de Jésus-Christ avec sa foi, esprit d'humilité, de pureté, de sincérité et d'amour; ce sont tous les vrais chrétiens, les saints et les justes.
De ces deux postérités se sont formés deux peuples que saint Augustin appelle les deux cités, Jérusalem et Babylone, la cité de l'amour de Dieu et la cité de l'amour de soi-même; la cité fondée sur les intérêts du siècle présent et la citée bâtie sur la ferme espérance du siècle futur; la cité de Dieu et la cité du démon; la véritable Eglise et le monde que Jésus-Christ a condamné et qu'il a exclu de sa prière.

Entre ces deux postérités, ces deux cités ou ces deux peuples, il y a donc opposition invincible de pensées, de sentiments et d'actions; il y a inimitié, il y a guerre obstinée, implacable, qui durera jusqu'à la fin du monde, car la haine réciproque des chefs respectifs s'est communiquée et se perpétuera parmi leurs descendants. Et comme c'est l'esprit de Dieu et sa grâce qui séparent la nation élue et sainte de la nation réprouvée et coupable, ainsi s'accomplissent chaque jour encore ces paroles de Dieu au serpent:"
J'élèverai l'inimitié entre la postérité de la femme et la tienne",
Inimicitias ponam inter semen tuum et semen illius..

R.P. Giocacchino Ventura.

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Publié le 6 Mars 2010

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Mon Seigneur et mon Dieu! ô vous dont la vertu s'est déployée dans la guérison des malades, vous qui avez redressé les boîteux, rendu la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds et la parole aux muets; vous qui avez guéri les infirmités les plus affligeantes par le seul attouchement de votre Tunique; persuadé de votre éternel pouvoir sur la vie et sur la mort, humblement prosterné devant cette Tunique sacrée qui couvrit autrefois votre humanité sainte; pénétré de la foi la plus vive,, de la confiance la plus entière et de l'amour le plus tendre, j'ose vous adresser la prière des soeurs de Lazare, justement alarmées de l'état de leur frère: Seigneur, vous dirai-je avec elles, celui que vous aimez est malade.
Ayez pitié de moi, ô Jésus! selon votre grande miséricorde. Jetez un regard paternel sur votre enfant: si vous voulez vous pouvez me guérir.
Exaucez mes voeux et faites que j'éprouve l'heureux effet de votre toute-puissance.
O  souverain Maître de la nature, dites-moi comme au lépreux: je le veux, soyez guéri.

Mais, Seigneur, je sais que toutes les infirmités humaines ont leur source dans le péché. Puis-je donc vous demander la guérison de mon corps, sans vous supplier de m'accorder aussi la guérison des maladies de mon âme?

O Jésus! fils de David faites que je voie.. mes péchés et votre bonté, mes ingratitudes et votre amour, votre justice et votre miséricorde.
O charitable Mèdecin! guérissez ma surdité: faites que je vous entende et que j'écoute avec docilité les leçons de votre Evangile; ne permettez plus que je sois sourd à vos divines inspirations, ni aux remords de ma conscience.

O mon Créateur! déliez ma langue, depuis si longtemps muette; faites qu'elle chante désormais vos loouanges: que ma voix défende votre Loi sainte, méconnue et violée; que je parle distinctement, pour confondre les projets désastreux de l'impiété et de l'irréligion.

O mon Rédempteur! vous avez redressé une femme, qui, depuis dix-huit ans, était courbée vers  la terre. Comme elle, hélas! je suis fatigué de mon état. Toujours courbé vers la terre, je ne vois que les avantages et les richesses de la terre, je ne poursuis que les plaisirs et les voluptés de la terre. O vous qui êtes le bon Pasteur! éclairez mon esprit, touchez mon coeur; faites que mes soupirs s'élèvent désormais jusqu'à vous; accordez-moi de contempler le céleste héritage de vos élus, et de découvrir de loin cette éternelle patrie dont je veux faire à tout prix la conquête.

O mon tendre Père! secondez mes faibles efforts; aidez-moi à marcher et à parvenir enfin jusqu'à vous; distinguez-moi de la foule qui vous environne, et si vous daignez guérir les infirmités de ce corps, qui bientôt ne sera plus que cendre et que poussière, ah! je vous en conjure, à ce premier miracle ajoutez-en un second plus excellent encore: guérissez, ô mon Dieu! toutes les plaies de mon âme, par la grâce d'un sincère repentir; convertissez mes yeux en sources de larmes, et donnez-moi les dispositions de ce paralytique de l'Evangile, à qui vous fites entendre autrefois ces paroles consolantes: Mon fils, ayez confiance, vos péchés sont remis.

Ainsi soit-il.

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Publié le 6 Mars 2010

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Sancta Maria, ora pro nobis.

 

Aux jours lointains du moyen âge

Vivait dans un pauvre village

Un pauvre orphelin sans esprit. -

Déshérité de la nature,

Il s'en allait à l'aventure,

Humble brebis de Jésus-Christ.

Sa faible langue embarrassée

Bégayait comme sa pensée,

 

Lorsqu'un jour Dieu la délia,

Et l'orphelin qu'on vit sourire

Dès ce jour put dire et redire

Ces deux mots: Ave Maria!

 

Ces mots, les seuls qu'il sût sans doute,

II les répétait sur sa route

Lorsque tout seul il cheminait;

Mendiait-il dans le village,

II n'avait point d'autre langage

Pour bénir la main qui donnait.

Le soir, quand il gagnait sa couche,

Ces mots s'échappaient de sa bouche,

Ils s'en échappaient le matin.

Rude saison, saison fleurie,

Toujours l'orphelin à Marie

Bégayait le salut divin.

 

Quoi qu'il rencontrât sur sa voie.

Son doux regard peignait la joie :

C'était un sourire éternel.

 

 

On le voyait, nommant Marie,

Sourire aux fleurs de la prairie,

Sourire aux nuages du ciel.

Plaisir, douleur, même sourire.

Au nom divin qu'il savait dire,

Le temps le plus dur s'égayait ;

Aux jours froids que l'hiver abrége,

Grelottant pieds nus dans la neige,

Comme au printemps il souriait.

 

Il mourut... on le vit sourire,

Essayant encor de redire

Le nom si souvent prononcé.

Et l'on couvrit d'un peu de terre

Cet enfant sans père ni mère

Qu'on prenait pour un insensé.

 

Mais Dieu juge autrement que l'homme

Qui mesure tout ce qu'il nomme

A son œil superficiel.

Pauvre innocent dans la détresse !

 

Son indigence était richesse

Pesée aux balances du ciel.

 

De cette vie au court passage,

De cette humble mort, au village

Bientôt il ne fut plus parlé.

Dieu voulait les mettre en lumière.

Un matin, dans le cimetière,

Le mot du ciel fut révélé.

 

Une. femme allant à l'église

D'un doux prodige fut surprise.

Vers l'endroit où l'enfant gisait,

Sol aride, et tout nu la veille,

Un lis de blancheur non pareille

Sous le ciel d'hiver fleurissait.

 

Par ce beau spectacle attachée,

Elle avança tête penchée,

Puis en extase se signa.

 

Fleur qui du ciel fait le délice !

En lettres d'or, dans son calice

On lisait : Ave Maria !

 

S'arrachant au divin spectacle,

Elle alla conter le miracle,

Et tout le village accourut.

Point de doute : c'était la place

Où l'indigent, riche de grâce, .

Fut déposé quand il mourut.

 

Chacun, dans la joie et la crainte,

 Salua cette terre sainte.

 On y bénit soir et matin

 La miséricorde éternelle...

 Et l'on bâtit une chapelle

 Sur la tombe de l'orphelin. .


Léon Le Pas

légendes.


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Publié le 6 Mars 2010


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"Oculi mei semper ad Dominum"

introït

Quels sont les signes auxquels on reconnait que le démon est expulsé?


L'Evangéliste semble l'indiquer en peu de mots, quand il ajoute:" Et lorsqu'il eut chassé le démon, le muet parla."

Non seulement il parla, mais il recouvra encore la faculté de voir et d'entendre. Le recouvrement des sens fut donc la preuve de l'expulsion du démon. Mais il faut savoir aussi que le démon ne peut être chassé de l'âme à moins que Dieu n'y rentre. Comme le lever du soleil dissipe les ténèbres, et fait le jour même de l'entrée de Dieu dans l'âme de l'homme chasse les ténèbres du péché, et le prince des ténèbres. Délivré du démon, qui l'avait rendu et aveugle, et sourd, et muet, aussitôt l'homme voit, entend, et parle. D'ailleurs, Dieu arrivant, il faut d'abord que tous les péchés disparaissent avec le démon, auteur du péché. Car Dieu est un feu consummant; il consumme tout ce qui lui est contraire, et rien ne lui fait opposition que le péché. Ainsi, de même que l'éclat du jour dissipe l'horreur des ténèbres, de même l'auteur de l'innocence bannit de son temple tous les péchés mortels. Car "la sainteté est l'ornement de sa maison dans la suite des siècles." ps.XCII,5

Ensuite il faut que celui qui précédemment était aveugle, voie clair.

Car, point de justification pour l'homme, sans la haine du péché et sans l'amour de Dieu: en sorte que celui qui autrefois négligeait Dieu, et aimait le péché plus que Dieu, doit maintenant, tout au contraire, aimer Dieu par-dessus tout, et détester le péché plus que tout le reste. Maintenant comment pourrait se faire un tel changement de la volonté humaine, si la lumière de l'entendement ne changeait pas aussi? C'est-à-dire, s'il n'était bien éclairé de la lumière divine qu'il vît nettement que le péché mérite toute haine, et que Dieu mérite d'être aimé par-dessus tout? Autrement, si l'entendement conservait ses anciennes idées, la volonté conserverait ses anciennes affections.
Il est donc nécessaire que l'âme, éclairée des rayons de la lumière supérieure, voie d'un oeil spirituel la difformité du péché, et la beauté de Dieu, afin de haïr l'une et d'être transporté d'amour pour l'autre.

Il faut encore que celui qui a recouvré la faculté de voir, entende;

c'est-à-dire, qu'il perçoive, par l'oreille du coeur, la parole de Dieu, comme l'explique le Seigneur dans notre Evangile même:" Heureux qui entend la parole de Dieu, et qui la garde." Ainsi écoutait ce saint Prophète, qui disait:" Le Seigneur mon Dieu m'a ouvert l'oreille, et je n'ai point contredit; je ne me suis point retiré en arrière. J'ai abandonné mon corps à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui les arrachaient." Isa. L,5

Ainsi devons-nous écouter, selon l'apôtre saint Jacques, qui dit: " Observez cette parole, et ne vous contentez pas de l'écouter, en vous séduisant vous-mêmes. Car celui qui écoute la parole, et ne l'observe point, est semblable à un homme qui regarde son visage naturel dans un miroir. Il se regarde, puis il s'en va, ayant oublié quel il était." JacI,22 et seq.
C'est-à-dire, de même qu'il ne sert à rien de voir sa figure dans un miroir, si on ne la nettoie pas; de même il ne sert à rien de voir les souillures de son âme dans le miroir de la parole divine, si on ne prend soin de les faire disparaître, et de régler sa vie sur la sainte doctrine. Car il faut se pénétrer des paroles de l'Apôtre:" Ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu; mais ce sont ceux qui pratiquent la loi qui seront justifiés. Rom II,13. Quiconque est délivré du démon doit écouter ainsi la parole sacrée.

Les oreilles ouvertes et libres, reste à délier la langue, et à faire parler le muet.
Quoi donc? est-ce qu'ils ne parlent pas ceux qui sont dans le péché?
- Non certes, ils ne parlent pas à Dieu, quoiqu'ils parlent aux hommes. Que ce muet parle donc dans la confession, dans la prière, et dans l'action de grâces. Ce sont là trois manifestations de la parole les plus agréables à Dieu. Que cette bouche qui naguère s'ouvrait au mensonge, au parjure, à la médisance, à la raillerie, aux imprécations, à la flatterie, aux turpitudes, désormais muette et sans langue pour de telles choses, ne s'ouvre plus que pour le langage spirituel et divin, suivant le conseil de l'Apôtre:" Si quelqu'un parle, qu'il paraisse que Dieu parle par sa bouche." 1Petr. IV 11

A ces indices, nous pourrons frères, juger en ce saint temps, du fruit de notre confession et de notre pénitence.

Louis de Grenade.

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Publié le 6 Mars 2010

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Ô Croix dressée sur le monde,

Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)

Fleuve dont l'eau féconde

Du coeur ouvert a jailli,

Par toi la vie surabonde,

Ô Croix de Jésus-Christ !

 

Ô Croix, sublime folie,

Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)

Dieu rend par toi la vie

Et nous rachète à grand prix:

L'amour de Dieu est folie,

Ô Croix de Jésus-Christ !

 

Ô Croix, sagesse suprême,

Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)

Le Fils de Dieu lui-même

Jusqu'à la mort obéit;

Ton dénuement est extrême,

Ô Croix de Jésus-Christ !

 

Ô Croix, victoire éclatante,

Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)

Tu jugeras le monde

Au jour que Dieu s'est choisi,

Croix à jamais triomphante,

Ô Croix de Jésus-Christ !





Qu'elle est donc grande, qu'elle est merveilleuse et sublime l'économie de notre religion ! Comme tout s'y lie, se combine, se correspond!

Le paradis terrestre annonce, figure et prédit le Calvaire; et le Calvaire accomplit ce dont le paradis terrestre n'était que l'image; l'un sert à l'autre de lumière dans l'explication des grands mystères qui se sont accomplis après quatre mille ans d'intervalle.


Dans l'un, mystère de malice, d'orgueil, de sévère justice et de mort; dans l'autre, mystère de sainteté, d'humiliation, de miséricorde et de vie.


Au milieu de la Synagogue s'élève une croix, comme au milieu du paradis terrestre s'élevait un arbre.

C'est du bois que vient notre salut, comme du bois était venu le principe de notre perte. C'est par le bois que le démon a été vaincu, parce que c'est par le bois qu'il avait triomphé de l'homme et de l'humanité. La même matière qui avait servi au mal sert au remède, et, comme l'observe saint Maxime avec bien des Pères de l'Église, ce qui avait produit la maladie et la mort guérit et ressuscite.


In ligno crucifigitur, ut quia homo in paradiso per arborem concupiscentiœ deceptus fuerat, nunc idem per arborem salvaretur, atque eadem materia quœ causa mortis fuerat, esset remedium sanitatis.


R.P. Joachim Ventura

 

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Publié le 5 Mars 2010

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"O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus!"



O vous tous qui me voyez attaché sur cette croix, considérez bien ce que je souffre, et vous pourrez dire ensuite si jamais parmi les hommes quelqu'un a été traité aussi cruellement, et s'il est une douleur que l'on puisse comparer à la mienne. (O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus! Thren.1 12

Remarquons que Jésus-Christ souffre tout cela en présence et sous les yeux de Marie; et que non seulement elle voit, mais qu'elle calcule et pénètre l'incompréhensible excès de tant de souffrances. Comme elle se trouve la personne la plus rapprochée de la croix, elle est aussi la créature que cette croix tourmente et afflige le plus vivement.

Mystère profond de la sagesse et de la justice divine dans l'économie de la grâce!
Les tourments de Marie sont en proportion de sa dignité, de sa vertu et de ses privilèges. Pleine de grâces, Mère de Dieu, elle surpasse en dignité tout ce qui n'est pas de Dieu. Elle est pour ainsi dire placée sur les limites de la création; elle a épuisé tous les privilèges qu'une pure créature est capable de recevoir; après elle il ne reste plus que l'infini et l'incréé.

Elle est, dit saint Augustin, le chef -d'oeuvre de la puissance divine; au-dessus d'elle il n'y a plus que celui qui l'a formée.

C'est là précisément, dit saint Amédée, la mesure de ses souffrances. Comme il n'est aucune créature qui, par la splendeur de ses privilèges et le mérite de sa vertu, ait approché de plus près le Dieu fait homme, aucune aussi n'en a plus approché par la multitude des tourments et l'intensité des souffrances.
Il n'est pas de tourment, il n'est pas de douleur, pas de souffrances que l'on puisse comparer aux tourments, aux douleurs et aux souffrances de Jésus-Christ.
Pareillement, jamais il ne fut au monde, ajoute le même Père, la passion de son fils exceptée, de passion que l'on puisse rapprocher, même de loin, de toute la rigueur de la passion de Marie.
Rien ne lui peut être comparé.

C'était avec justice que le Prophète s'écriait dans son inspiration:" O vierge incomparable! ô fille désolée de Sion! à quoi pourrai-je comparer l'immensité de la douleur qui a froissé, brisé votre coeur, si ce n'est à une mer immense et sans bornes!"

Hélas! dans Marie tout est mystère profond, mystère impénétrable. Sa conception est un mystère, sa très pure virginité est un mystère, l'abondance des grâces est en elle un mystère, l'éminence de sa dignité de Mère de Dieu est un mystère. ainsi, conclut saint Amédée, la douleur de son coeur au pied de la croix est encore un mystère inexplicable et incompréhensible.
Saint Bernardin de Sienne va plus loin, il assure qu'aucune intelligence humaine, que même aucune intelligence angélique n'a jamais pu comprendre et expliquer la violence de la passion de Marie; mais que, comme elle l'a partagée avec Jésus-Christ, Jésus-Christ est le seul qui l'ait comprise, et que comme la Mère seule pénétra, autant que pouvait le faire une créature, dans les souffrances du Fils, ce divin Fils est aussi le seul qui ait pénétré dans les souffrances de sa Mère, et qui en ait connu toute l'intensité.
Tâchons pourtant de nous former quelque idée de la grandeur de son amour, car sa douleur dans la passion de Jésus fut en raison de son amour pour Jésus; et la véhémence de cet amour, dit le même Père, fut la matière qui servit à alimenter ses souffrances.

Si donc l'amour a été la mesure de sa douleur, examinons, selon l'avis de Corneille de La Pierre, combien elle a souffert.

R.P. Joachim Ventura
la ste Vierge au pied de la croix.


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Publié le 5 Mars 2010

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Publié le 4 Mars 2010





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Évangile selon saint Luc, XV, 11.

 

Jésus dit aux pharisiens et aux scribes : Un homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à son père : Mon père, donnez-moi ce qui doit me revenir de votre bien. Et le père leur fit le partage de son bien. Peu de jours âpre?, le plus jeune ayant ramassé tout ce qu'il avait, s'en alla dans un pays éloigné, où il dissipa tout son bien en débauches. Après qu'il eut tout dépensé, il survint une grande famine dans le pays et il commença à manquer. Il s'en alla donc et s'attacha au service d'un des habitants, qui l'envoya à sa maison des champs pour y garder les pourceaux. Et là, il désirait remplir son ventre des écosses que les pourceaux mangeaient; et personne ne lui en donnait. Alors, étant rentré en lui-même, il dit : Combien de mercenaires dans la maison de mon père, ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim! Je me lèverai, j'irai vers mon père et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous. Je ne suis plus digne d'être appelé votre fils ; traitez-moi comme l'un de vos serviteurs. Il se leva donc et alla vers son père. Mais, lorsqu'il était encore bien loin, son père l'aperçut, et touché de compassion il accourut, se jeta à son cou et le baisa. Son fils lui dit : Mon Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous : je ne suis plus digne d'être appelé votre fils. Alors le père dit à ses serviteurs : Apportez tout de suite la plus belle robe et l'en revêtez, et mettez-lui un anneau au doigt et des souliers à ses pieds; amenez aussi le veau gras et le tuez, afin que nous mangions et fassions bonne chère ; parce que mon fils que voici était mort et il est ressuscité : il était perdu et il est retrouvé. Et ils commencèrent à faire festin.

 Cependant son (ils aîné qui était dans les champs revint, et lorsqu'il fut près de la maison il entendit la musique et le bruit de la danse. Il appela donc un des serviteurs et lui demanda ce que c'était. Celui-ci lui dit : C'est que votre frère est revenu ; et votre père a tué le veau gras, parce qu'il le revoit en bonne santé. L'aîné indigné ne voulut point entrer; mais son père étant sorti se mit à l'en prier. Mais il répondit à son père : Voilà tant d'années que je vous sers, sans avoir jamais désobéi à vos ordres, et jamais vous ne m'avez donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis. Mais aussitôt que votre autre fils, qui a mangé son bien avec des femmes perdues, est revenu, vous avez tué pour lui le veau gras. Alors le père lui dit : Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. Mais il fallait faire festin et nous réjouir, parce que ton frère était mort et il est ressuscité : il était perdu et il est retrouvé.

 


  "Dans le départ du fils prodigue se rejoignent  les thèmes de la vie et de la liberté.

Il veut la vie, et c'est pourquoi il veut être totalement libre.

Etre libre signifie, de ce point de vue, pouvoir faire ce que l'on veut ; ne devoir accepter aucun critère en dehors ou au-dessus de soi-même. Suivre seulement son propre désir et sa propre volonté. Celui qui vit ainsi s'opposera très vite à celui qui veut vivre de la même manière. Cette conception égoïste de la liberté conduit nécessairement à la violence, à la destruction réciproque de la liberté et de la vie."


BENOIT XVI


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Publié le 3 Mars 2010

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"L'Ecriture divine, frères, nous enseigne cette parole:" Quiconque s'exhalte sera humilié,  et qui s'humilie sera exhalté".

règle de st Benoît


La vue des montagnes nourrit la piété du chrétien en lui rappelant les faits les plus importants de la religion.

 

Après le déluge, l'arche de Noë s'arrête sur une montagne d'Arménie. Dieu donne sa loi sur le mont Sinaï. Le prophète Elie doit gravir Horeb pour entendre la voix du Seigneur. Jésus Christ prêcher pour la première fois sur une montagne ; il se transfigure sur le Thabor; il se prépare à sa Passion sur le mont des Oliviers ; il meurt sur le Calvaire, et, près de retourner vers son Père, il prend congé de ses apôtres et leur donne leur mission sur une montagne de Galilée.

 

Toutes ces montagnes sont la figure de l'Eglise que Jésus-Christ lui-même compare à une cite placée sur une haute montagne. ' C'est avec raison, dit saint Augustin, que l'Eglise est assimilée à une montagne, à cause de son élévation et de sa solidité. »

 

L'Eglise est, en effet, la Cité de Dieu ; elle avoisine le ciel, et de sa cime l'exemple et la parole se répandent sur tout l'univers. Elle est la dispensatrice des grâces et des trésors célestes ; elle nous nourrit et nous éclaire ; c'est à son flambeau que tous les peuples doivent marcher pour atteindre leur fin. Levons donc les yeux vers cette sainte montagne, car c'est d'elle que nous viendra le secours. Levavi oculos meos ad montes, unde veniet auxilium mihi. In Ps. II,5

 

L'aspect des montagnes produit sur nous deux sortes d'impressions qui semblent contradictoires: il nous écrase et nous élève.

 

N'est-ce point peut-être par un effet de la miséricordieuse industrie de notre Dieu, qui se sert des moyens les plus naturels et les plus communs pour nous faire rentrer en nous-mêmes et nous élever jusqu'à lui?

 

Si nous considérons, en effet, cette masse énorme, et que nous reportions les yeux sur nous; si nous apercevons un de nos semblables sur un point élevé de ce gigantesque colosse, nous sommes contraints de nous écrier: Mon Dieu! que l'homme est faible et petit!

 

Cependant cette montagne n'est qu'un grain de sable comparé à notre globe; et notre globe, à son tour, qu'est-il parmi ces myriades de soleils qui roulent dans l'espace?

 Pauvre petit être humain! qu'est-tu donc au milieu des mondes et de l'espace immense? qu'es-tu sous la main de Celui qui a créé tous ces mondes, qui les dirige à son gré et qui peut en un instant les réduire en poussière.

 Merci, mon Dieu! de me faire sentir ainsi ma faiblesse et mon néant! Oui, je le dirai avec le Roi-prophète:" C'est pour mon bien que vous m'avez humilié". psaume CXVII car je n'en éprouve que plus vivement le besoin de m'appuyer sur vous. C'est pourquoi je me tourne de nouveau vers la montagne, et, à mesure que mon regard la suit au milieu des nuées, mon âme s'élève plus encore; portée sur les ailes de la prière, elle va jusqu'au pied du trône de Dieu confesser sa faiblesse et demander les grâces dont elle a besoin.

 " Dieu résiste aux superbes, et il donne sa grâce aux humbles. Ep de s Pierre V, 5

 " Dieu est haut; si vous vous élevez, il s'enfuit de vous; si vous vous abaissez, il descend jusqu'à vous." st Augustin

 " Plus en effet, dit saint Grégoire, le Seigneur nous tient abaissés dans la tristesse et dans l'humilité, plus il nous porte vers lui sur les hauteurs de la contemplation.

 

Soyons humbles, et Dieu nous élèvera; c'est lui-même qui l'a dit:" Quiconque s'abaisse sera élevé;" et sur les cimes où il nous placera, nous le louerons et nous le bénirons, car "il fait surgir les montagnes et descendre les plaines au lieu qu'il a choisi."

 

Je lèverai donc mes yeux vers les montagnes terrestres pour que mon âme gravite jusqu'à ces collines éternelles dont parle la sainte Ecriture; montagnes mystérieuses et sacrées d'où nous vient le secours: Levavi oculos meos ad montes unde veniet auxilium mihi.

 

" Oh! qu'ils sont beaux, dit l'Esprit-Saint, qu'ils sont beaux sur les montagnes les pieds de ceux qui évangélisent la paix, qui annoncent le salut!" Qu'ils sont beaux les prédicateurs de l'Evangile, ministres du Dieu de paix, lorsque, du haut de la sainte montagne qui est l'Eglise, ils enseignent aux hommes leurs frères le chemin du salut; lorsque, semblables à une lampe ardente, ils projettent au loin leur lumière pour éclairer nos voies !

 

Mais qu'aperçois-je encore sur les montagnes?

 

Une Reine pleine de douceur et de majesté. Elle est belle comme la lune, comme l'aurore qui se lève, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille; c'est la Reine du ciel et de la terre, c'est la Mère de Dieu, c'est Marie qui vient nous donner d'éclatants témoignages de sa puissance et de sa bonté; c'est notre Mère qui nous appelle et qui nous tend les bras. Notre-Dame du Mont Carmel! Notre Dame de Fourvières! Notre-Dame du Puy, Notre Dame de la Salette! mes yeux et mon coeur s'élèvent vers vous; daignez abaisser sur votre enfant un regard favorable. Et vous, montagnes saintes! je vous salue comme les trônes de grâce de notre auguste Mère.

 

J'accours vers vous, ô Marie! comme votre Bien-aimé, "sautant sur les montagnes, passant par dessus les collines." Ecce iste venit, saliens in montibus, transliens colles 1 Cant. II,8

 

Je viens au pied de cette autre montagne que vous avez ennoblie par votre visite. C'est bien ici "la montagne de la myrrhe et de l'encens. I.Cant. IV,6, vous l'avez embaumée de vos célestes parfums; leur suave odeur nous attire. "In odorem curremus unguentorum tuorum. Ib I,3

 

Considérez notre humilité et notre bassesse dont la myrrhe est aussi la figure et que notre prière monte vers vous comme l'encens.

 

"L'encens est pur, ô Marie, et belles sont les fleures que la main des vierges effeuille sur le pavé de vos chapelles; mais la voix de toute heure, mais la sainte poésie qui se sent à l'étroit sur cette terre, qui a le pressentiment d'un monde plus beau, qui veut respirer l'infini, qui renferme au fond de tous ses chants une prière cachée, monte plus haut que le parfum des fleurs et de l'encens. Elle arrive jusque là où vous êtes, là d'où vous voyez sous vos pieds les étoile germer, comme des fleurs de lumière dans les champs illimités, et la création se balancer comme un encensoir éternel."Mgr Gerbet Livre des saints.

 

Mes yeux se lèvent, et j'aperçois le creux du rocher où vous daignâtes apparaitre. C'est bien de vous que l'Esprit-Saint a dit:" Vous êtes ma colombe qui se retire dans le creux de la pierre, dans les enfoncements de la muraille." Il me semble vous y voir encore, les mains pleines de grâces pour les répandre sur nous. Mes yeux s'attachent à ce lieu béni, car c'est de là que me viendra le secours.

 

Néanmoins je les élève de nouveau, et j'aperçois le sanctuaire édifié par vos ordres. Et pourquoi la sainte Mère de Dieu a-t-elle voulu qu'on lui élevât ici une maison de prière, si ce n'est pour y convoquer ses enfants et leur dispenser ses bienfaits? Pourquoi? si ce n'est pour s'y retrouver auprès de son divin Fils, prisonnier d'amour dans le saint tabernacle; pour lui exposer nos besoins, pour lui transmettre nos voeux?

 

C'est dans ce saint asile qu'est annoncée la parole de Dieu, que la Victime sainte est immolée,  que les pécheurs sont réconciliés, que le pauvre pèlerin de la vie reçoit le pain des forts, que les grâces de toutes sortes sont largement distribuées.

 O sainte montagne! que vous m'êtes chère et précieuse!

Oui je vous contemple avec respect et avec joie. Je lève vers vous des regards pleins d'espérance, car c'est de là que me viendra le secours:

Levavi oculos meos ad montes, unde veniet auxilium mihi....

 

Abbé Eugène Boyer.

1868

 

 

 

 

 

 





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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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