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Publié le 25 Février 2010

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«... Si quelqu'un disait à un fort pauvre homme : Ami, je vous prête ma maison afin que vous vous en serviez pendant trois jours à gagner un inestimable trésor, que ne ferait pas ce pauvre?

Ce que nous avons en emprunt de notre Dieu, c'est notre corps, et tout ce que nous pouvons faire pendant notre vie est comme trois jours. Or si le grain de froment ne se pourrit, il ne peut fructifier. Il faut donc le faire pourrir pour qu'il germe, qu'il soit battu en son temps et recueilli dans les greniers éternels...L'homme ne peut se contenter des choses de la terre; il soupire sans cesse après les choses du ciel ; car il n'a pas été créé pour ce qui est bas, mais pour ce qui est haut et suprême : le corps a été fait pour l'âme, et ce monde pour l'autre... La peine des tentations est semblable au travail du laboureur; la terre est couverte de chardons et d'épines : avant d'y faire un bon labour, il faut la défricher.

A la vue d'un travail long, pénible,' et dont il ne voit pas immédiatement les fruits, il est découragé quelquefois. Ainsi, premièrement, il faut unir et aplanir toutes les mottes ; il n'en voit pas le fruit. Deuxièmement, il faut couper et brûler les racines et les broussailles; il n'en voit pas le fruit. Troisièmement, il ouvre la terre avec le soc ; quatrièmement, il laboure pour la deuxième fois et fait des sillons ; cinquièmement, il sème le grain; sixièmement, il arrache les mauvaises herbes quand le blé commence à pousser; septièmement, il fait moissonner le blé, le sépare de la paille avec beaucoup de sueur et de peine, le faisant battre, vanner, cribler; huitièmement enfin, il porte le grain dans ses greniers, et pour la joie qu'il a de voir le fruit de ses labeurs, il se propose d'en supporter encore de plus grands, pour la seule joie qu'il a de sa cueillette. Or il en est ainsi dans les tentations et travaux qu'on endure en ce monde pour le fruit et contentement spirituel que l'on doit recueillir dans l'éternité '. »


Aegidius, vie de St François d'Assise.


 

 




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Publié le 25 Février 2010

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Oui, nous, enfants du jour, qui croyons aux étoiles,

Nous qui savons l'écueil sous l'écume caché,

Aux hasards de la nuit ne livrons pas nos voiles.

Sur le phare immortel veillons l'œil attaché.


Rassemblons-nous, prions! Pendant que le jour tombe,

Craignons, craignons la nuit, image de la tombe,

Dieu seul tient la lumière et l'ombre dans sa main :

Qui sait si, dans le vide où son vieux disque nage,

Le soleil de nos bords reprendra le chemin ?

Prions! le jour au jour ne donne point de gage,

Et le dernier rayon, en sortant du nuage,

Ne nous a pas juré de remonter demain.

 

En Dieu seul, ô mortels, fermons donc nos paupières!

Et du jour à la nuit remettant l'encensoir,

 Endormons-nous dans nos prières,

Comme le jour s'endort dans les parfums du soir.

 

Chaque heure a son tribut, son encens, son hommage,

Qu'elle apporte en mourant aux pieds de Jéhova;

Ce n'est qu'un même sens dans un divers langage,

Le matin et le soir lui disent : Hosanna.

 

La nature a deux chants, de bonheur, de tristesse,

Qu'elle rend tour à tour ainsi que notre cœur ;

De l'une à l'autre note elle passe sans cesse :

Homme! l'une est ta joie et l'autre ta douleur!

 

L'une sort du matin et chante avec l'aurore,

L'autre gémit, le soir, un triste et long adieu ;

Au premier, au second, le ciel répond : Adore!

Et de l'hymne étemel le mot unique est Dieu !

 

  Lamartine


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Publié le 24 Février 2010



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"Soyez toujours dans la joie. Priez sans cesse. Rendez grâces en toute chose; car c'est là ce que Dieu veut que vous fassiez tous en Jésus-Christ."


Soyez toujours dans la joie!


On objectera peut-être qu'on ne se réjouit pas à volonté, quand on a des peines de cœur, d'esprit ou de corps à supporter; on ne secoue pas le chagrin comme on veut, surtout s'il est profond et s'il atteint l'âme dans ce qu'elle a de plus intime.

Cependant l'Apôtre dit encore ailleurs : Gaudete et iterum dico gaudete, réjouissez-vous et je vous le repète, soyez dans la joie (Philip., IV, 4).

Il faut que cela soit possible, puisqu'il le recommande si instamment. C'est qu'il y a deux sortes de joie comme deux sortes de tristesse (2 Cor., VII, 10), l'une dans les sens et selon le monde, l'autre dans l'esprit et selon Dieu, et cette dernière peut se goûter même au milieu des souffrances du corps et des douleurs du cœur, si dans le feu de la tribulation on reste patient, calme, résigné, abandonné entre les mains de Dieu dont on adore la providence, même quand on n'en comprend pas les desseins, avec la confiance qu'il ne nous laissera pas charger au delà de nos forces, et que sa grâce soutiendra notre faiblesse.

 

2° L'Apôtre nous indique les moyens d'obtenir cette joie du ciel, qui vient ranimer notre âme au milieu des orages de la terre. C'est d'abord de ne point se relâcher dans la prière : ce qui arrive trop souvent aux personnes affligées, se laissant aller au découragement parce qu'elles n'ont point été exaucées comme elles l'entendaient, et que l'épreuve qu'elles redoutaient ne leur a point été épargnée.


C'est une des tentations les plus dangereuses pour les âmes adonnées à la piété. Tant qu'elles en goûtent les douceurs, les consolations, elles prient volontiers et semblent marcher avec confiance et allégresse sous le vent du ciel et dans la voie chrétienne. Mais si l'horizon se trouble et qu'une tempête éclate sur elles ou sur ce qu'elles ont de plus cher, qu'un désastre ou une grande douleur s'ensuivent, elles sont prêtes à laisser la prière comme .inutile ou impuissante, parce qu'elle ne les a point préservées du malheur, comme si Dieu devait satisfaire tous nos désirs, même les plus légitimes, comme si ce qu'elles ont demandé avec tant d'instance, et qui leur a été refusé, n'eût pas été peut-être la cause de malheurs plus grands encore.

 

Prions donc sans cesse, et surtout quand nous avons le plus à souffrir; car c'est alors que nous avons le plus besoin de secours.

Mais pour prier comme l'Apôtre le veut, il n'est pas nécessaire d'y avoir toujours l'esprit tendu, ni de réciter sans relâche des oraisons. Les paroles ne sont que les signes ou le corps de la prière, qui peut être vive, ardente et continue, sans que l'esprit combine des pensées et que la bouche articule des mots. C'est la prière intérieure ou mentale qui est l'âme de la prière extérieure ou orale.

La conversion habituelle de l'âme vers Dieu, faisant tout en sa présence et lui offrant tout ce qu'elle fait, le désir incessant de lui obéir en toutes choses et de lui plaire par tous les moyens, ne voulant que ce qui est conforme à sa loi, et repoussant ce qui lui est contraire avec la disposition de se remettre entre ses mains, quoi qu'il arrive; voilà le fond de la prière intérieure, la source où elle prend son cours et qui l'alimente sans cesse.


Et alors, quoi qu'on fasse et en quelque situation qu'on se trouve, un mot, une exclamation, un regard vers le ciel, un mouvement du cœur suffisent pour en exciter le courant et l'entretenir ; ce qui donne à l'âme affligée un calme tout particulier et cette joie intime dont parle l'Apôtre, parce qu'elle se sent comme suspendue au trône de Dieu par le lien de la prière et sous l'égide de sa bonté toute-puissante.

 

3° Le second moyen indiqué par saint Paul pour avoir la joie du cœur au milieu des peines de cette vie, c'est de rendre grâces à Dieu en toutes choses et de tout ce qui nous arrive ; ce qui n'est possible, comme il le dit, qu'en Jésus-Christ et par sa .grâce.


Il est écrit ailleurs (1 Cor.X,31) : « Soit que vous buviez, soit que vous mangiez, » c'est-à-dire même dans les choses qui semblent le moins importantes, « faites tout pour la gloire de Dieu ». Ici l'Apôtre nous conseille d'accepter tout comme venant de sa main, soit qu'il veuille en effet ce qui arrive pour nous éprouver, soit qu'il le permette seulement, comme dans beaucoup de tentations. Ce qui ne doit pas nous empêcher de repousser vigoureusement les attaques du mal ; car nous sommes alors dans le cas de la défense naturelle, et souvent notre position nous impose le devoir de nous opposer, autant qu'il est en nous, au succès de l'iniquité et de travailler au triomphe du bien.


Mais quand nos efforts sont infructueux, et que la cause de la vérité et de la justice semble vaincue et l'iniquité prévaloir, tout en dégageant notre responsabilité et acquittant notre conscience par une lutte persévérante, sachons supporter ce que nous n'avons pu empêcher et ne nous indignons pas,

ne nous irritons pas de paraître opprimés; car alors l'amour propre aurait plus de part dans notre douleur que la conscience de la justice violée, et le sentiment du bien.


Rendons grâces à Dieu, même dans notre défaite, non pas de ce que le mal a prévalu, ce qui est toujours un malheur; mais de ce qu'il nous accorde la patience pour le subir et surtout la charité pour le diminuer.


De cette manière le mal se tourne en bien dans notre cœur, et comme Dieu seul peut opérer cette heureuse transformation au dedans de nous comme au dehors, c'est à sa main miséricordieuse que nous devons la paix, même au milieu des tribulations, et la joie céleste qui la suit.

 

 


abbé Louis Marie Eugène Bautin.






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Publié le 23 Février 2010

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"Cela est vrai, Seigneur; mais les petits chiens mangent au moins les miettes qui tombent de la table de leur maître."

Cette mère, qui demande si instamment la guérison de sa fille, est une femme de Chanaan, Syrophxnissa, dit saint Marc, donc de la race des gentils adonnés à l'idolâtrie et ignorant le vrai Dieu. Elle s'adresse néanmoins à Jésus, qu'elle appelle fils de David. Elle implore sa pitié sur sa fille possédée du démon. Elle croit donc à sa puissance, et il y a un commencement de foi dans la seule démarche d'aller implorer son secours. Mais en outre elle y met une insistance opiniâtre, que rien ne décourage. Elle poursuit les disciples de ses cris, au point qu'ils ne songent qu'à s'en débarrasser. Elle se jette aux pieds de Jésus sans se rebuter de son silence d'abord, ni ensuite de son refus exprimé en termes sévères et qui devraient lui paraître durs. Cette païenne enfin mérite que le Sauveur lui dise cette parole remarquable : ô femme, votre foi est grande, assez grande pour obtenir ce que vous désirez; et l'effet salutaire suit la parole de clémence. Sa fille est guérie au moment même.

 

Saint Jérôme dit (Lib. 2, Comment, in cap. 15 Matthaei) que la fille de la Chananéenne représente les âmes qui croient déjà, quoiqu'elles soient tourmentëes par le démon, parce qu'elles ignorent le Créateur et sont encore engagées dans les ténèbres de l'idolâtrie.

En appliquant ce fait et la pensée de saint Jérôme à ce qui se passe trop souvent au milieu de nous, quel encouragement et quelle espérance ne pouvons-nous pas en retirer !

Il peut donc y avoir un commencement de foi, même une foi vive en des âmes qui ignorent Dieu et qui sont abandonnées à toutes les erreurs, à toutes les passions, à tous les désordres que cette ignorance entraine.

Il ne faut donc pas désespérer du salut de ceux que nous aimons, quand ils paraissent le plus éloignés de Dieu, même ses ennemis. Saul, gardant les vêtements de ceux qui lapidaient saint Etienne, et ensuite persécuteur furieux des disciples de Jésus, était déjà marqué comme un vase de miséricorde, et l'instrument le plus efficace de l'établissement de cette Église, qu'il voulait détruire à son origine.

Attendons seulement le moment de la grâce, et que ce cri, Jésus, fils de David, ayez pitié de moi, assistez-moi, ou encore, Seigneur, que voulez-vous que je fasse, soit arraché du cœur bouleversé, et alors les loups deviendront des agneaux, et les ennemis de Jésus-Christ seront ses soldats les plus dévoués.


C'est ce moment que les fidèles, qui ont à cœur le salut d'une personne aimée, doivent'préparer et accélérer par leurs prières.


abbé Louis marie Eugène Bautin.


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Publié le 23 Février 2010

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Sydney (Agence Fides) – On respire une grande joie et beaucoup d’enthousiasme dans la communauté catholique australienne depuis que la nouvelle est officielle : Sœur Mary MacKillop sera canonisée le 17 octobre 2010 au Vatican et ce sera la première sainte australienne.

Un bonheur particulier a été exprimé par les Sœurs de Saint Joseph, l’ordre religieux fondé par Soeur Mary MacKillop. Soeur Mary Casey, la religieuse postulateur de la cause de canonisation, a déclaré: “Aujourd’hui l’Eglise confirme que l’oeuvre et l’héritage de Soeur Mary ont une grande importance pour le monde d’aujourd’hui”.

La sainte a œuvré toute sa vie dans le domaine de l’instruction et de l’éducation à la foi, en instituant de nombreuses écoles dans toute l’Australie, surtout dans les zones rurales. Dans un commentaire envoyé à l’Agence Fides, le Card. George Pell, Archevêque de Sydney, a exprimé une grande joie, remarquant que « le procès a duré 85 ans : un temps relativement bref », en comparaison d’autres causes de canonisation. « Mary MacKillop – a affirmé le Cardinal – se situe au cœur de la tradition catholique. Elle a montré une grande capacité de pardon et une immense fidélité non seulement à ses consoeurs mais aussi envers les chefs de l’Eglise qui ne l’ont pas toujours bien traitée ». « Aujourd’hui Soeur Mary est un modèle pour tous les chrétiens: mais sa figure a une très grande valeur et un rôle important surtout pour nous, australiens », a remarqué le Card. Pell.

 

 

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Publié le 22 Février 2010

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ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

règle de st Benoît


Liv. 3 des Rois, XIX, 3.

 

Ëlie étant venu à Bersabé en Juda renvoya son serviteur et fit dans le désert une journée de chemin. Puis il s'assit sous un genévrier, et désirant de mourir, il dit : Seigneur, c'en est assez, retirez mon âme de mon corps, car je ne suis pas meilleur que mes pères. Alors il se jeta à terre et s'endormit à l'ombre du genévrier. Mais voici qu'un ange du Seigneur le toucha et lui dit: Lève-toi et mange.

Élie regarda derrière lui et il vit auprès de sa tête un pain cuit sous la cendre et un vase d'eau. Il mangea donc, il but et il s'endormit de nouveau. L'ange du Seigneur revenant une seconde .fois le toucha et lui dit: Lève-toi et mange,car il te reste un grand chemin à faire. S'étant levé, il mangea et il but, et étant fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à Horeb, la montagne de Dieu.

 

Le sommeil du prophète sous le genévrier est l'image de ce découragement, de cette prostration, de cet abandon de nous-mêmes, où perdant parfois la conscience de notre vocation, le sentiment de nos forces et de notre dignité, nous sommes disposés à tout laisser aller en nous et autour de nous par le désespoir de vaincre le mal.

 


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Publié le 22 Février 2010

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New Abbot's Installation February 11, 2010
le petit Placide adresse tous ses voeux
au nouveau Père Abbé et salue cet évènement avec beaucoup
de joie et dans l'action de grâces pour ces 10 années de passées.
On Feb 11th, Feast of Our Lady of Lourdes, at 5:25 PM, the Prior, Rev. Father Philip Anderson, was officially named the new Abbot of Our Lady of the Annunciation Monastery of Clear Creek.
 Deo Gratias!


http://lh5.ggpht.com/_-Qn_S3z3nDM/S3cZLEB5i0I/AAAAAAAAH-k/-kDaf0UCW10/s512/20100211%20294.JPG


the New Abbot

te Deum laudamus !
http://www.dioceseoftulsa.org/img.aspx?image=images/photos/Cleer_CreekElevated.jpg&size=243



le père Abbé va pouvoir se reposer maintenant, bon et saint carême à tous les moines !

Clear Creek Elevated to Status of Abbey

 

Diocese of Tulsa News

From left, Abbot Phillip Anderson, Bishop Edward J. Slattery and Dom Antoine Forgeot, Abbot of Clear Creek Monastery’s motherhouse, announce the elevation of Clear Creek Monastery to the status of Abbey.

2/12/2010 - EOC Staff

 

The 33 monks of Clear Creek Monastery near Hulbert received the happy news that their priory has been elevated to the status of a self-governing Abbey. Dom Antoine Forgeot, O.S.B., Abbot of Clear Creek Monastery’s motherhouse in France, announced the change in status to the community on February 11, the feast of Our Lady of Lourdes.

 

At the same time, Father Phillip Anderson, one of the original 12 monks who came from the Abbey of Our Lady of Fontgombault in France to help found Clear Creek has been named Abbot of what will now be known as Our Lady of the Annunciation of Clear Creek Abbey. Father Anderson has served the monastic community since its foundation as its prior.

 

“It’s a moment of perfection and the moment you become fully what you were meant to be. To become an Abbey is to reach a certain point of maturity,” said Abbot Anderson.

 

Clear Creek Monastery was established in 1999 at the invitation of Bishop Edward J. Slattery. While the following 10 years were a time of decline for monasteries nation-wide and world-wide, Our Lady of Clear Creek Abbey has grown from the original 12 monks to its current population of 18 professed monks (12 priests-monks and six lay brothers), with seven junior monks (under their first vows) and another eight novices and postulants.

 

Abbot Anderson explained that following its initial foundation, a monastery must achieve a certain level of stability, manifested in both its ability to attract vocations and in its ability to become financially secure before it can be named an Abbey. In the Benedictine Congregation of Solesmes, to which Our Lady of Clear Creek Abbey belongs, this stability must be met within its first 13 years of existence. When those conditions were met, Dom Antoine Forgeot, Abbot of the Abbey of Notre Dame de Fontgombault, recommended the change in status to the Abbot of St. Pierre de Solesmes.

 

While final approval technically comes from the Holy See, that final approval has been delegated to the Abbey of Solesmes.

 

Clear Creek is the fourth daughterhouse of Fontgombault to be raised to the level of an Abbey and is the twentieth Abbey in the Congregation of Solesmes

 

Abbot Anderson said there will be very few changes in day to day life at Our Lady of Clear Creek Abbey, although his role will change dramatically in liturgical and governmental terms. The new Abbey will operate independently of the former Mother House and he will assume a role in the community which is similar to the role a bishop exercises in the diocese, that is, the three-fold role of sanctifying, teaching and governing.

 

“Abbot Forgeot hopes we maintain a close relationship with Fontgombault and so do we,” Abbot Anderson said. “Our spiritual roots are in France.”

 

The public is invited to attend the blessing of Abbot Anderson at Our Lady of Clear Creek Abbey on Saturday, April 10.



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Publié le 22 Février 2010

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Le Seigneur parla une seconde fois à Jonas, lui disant : Allez en la grande ville de Ninive, et prêchez-y ce que je vous dis. Jonas partit, et alla à Ninive, selon la parole du Seigneur. Ninive était une grande ville, dont il fallait trois 'jours pour faire le tour : et Jonas y étant entré marcha pendant trois jours, criant : Encore quarante jours, et Ninive sera détruite.

Les Ninivites crurent à la parole de Dieu. Ils ordonnèrent un jeûne public, et se couvrirent de sacs, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. Cette parole ayant été rapportée au roi de Ninive, il se leva de son trône, se dépouilla de son vêtement royal, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. Il fit crier et publier dans la ville cet ordre comme venant de la bouche du roi et de ses princes : Que les hommes, les chevaux, les bœufs et les brebis ne mangent rien ; qu'on ne les mène point au pâturage, et qu'ils ne boivent pas d'eau. Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, et qu'ils crient au Seigneur de toutes leurs forces. Que chacun se convertisse, qu'il quitte sa mauvaise voie et l'iniquité dont ses mains sont souillées. Qui sait si Dieu ne se retournera pas vers nous pour nous pardonner, et s'il ne reviendra pas de la fureur de sa colère, afin que nous ne périssions pas?

Dieu vit leurs œuvres; et parce qu'ils avaient quitté leur mauvaise voie, la compassion qu'il en eut l'empêcha de leur envoyer les maux qu'il avait annoncés. elle nous offre l'exemple des Ninivites, dont l'impiété avait excité l'indignation divine, au point que Jonas leur est envoyé pour leur annoncer que dans quarante jours, si elle ne change de vie, Ninive sera détruite. O merveille de la grâce ! et qui sondera les mystères de la miséricorde divine !

Voilà une grande cité, adonnée au culte des faux dieux et à la volupté, renommée entre les nations par son luxe et sa corruption, qui, tout d'un coup, s'arrête dans la voie de la perdition à la voix prophétique de l'envoyé du ciel !

 

Cette sinistre parole, qui retentit pendant trois jours dans ses rues et sur ses places publiques : « Dans quarante jours, Ninive sera détruite ! » frappe les cœurs d'épouvante et suspend subitement les affaires et les plaisirs. Il n'y a plus en ce moment qu'une affaire pour ce peuple ému et terrifié : celle de son salut; et il abandonne tout pour s'y appliquer, depuis le roi et les grands jusqu'au plus petit. A coup sûr cette nation criminelle n'avait point mérité cet avertissement d'en haut : elle avait tout fait au contraire pour en attirer les foudres, puisque l'excès de sa perversité était monté jusqu'au cœur de Dieu; et cependant, c'est dans cette situation qu'il la regarde en pitié et lui envoie un libérateur.

 

Celui qu'il lui envoie est un étranger, mais il appartient à ce peuple qui passe dans l'Orient pour être le peuple du vrai -Dieu, et qui est avec lui dans un rapport plus intime que tous les autres. A ce titre, la parole de cet étranger inspire déjà de la confiance, comme venant du ciel. En outre, on raconte de cet homme des choses prodigieuses, à savoir que, jeté à la mer pour apaiser une tempête, victime expiatoire pour le salut de l'équipage, il a été reçu dans le ventre d'un immense poisson, où il a passé trois jours et trois nuits, et qu'il en est sorti vivant pour venir annoncer à Ninive le jugement divin. A l'aide de ce prestige et de tout ce que l'imagination des hommes y ajoute, la parole du prophète entre dans les cœurs. Les Ninivites y croient, font pénitence et sont sauvés.

 

De quel pécheur après cela peut-on désespérer? et combien la foi et la conversion des habitants deNinive, qui semblaient si loin de Dieu, doit exciter et encourager le zèle des prédicateurs de la parole divine !

 

Jonas, dans un sentiment tout humain, a résisté tant qu'il a pu à l'ordre du ciel. Il a voulu s'en aller bien loin de ce peuple auquel il était envoyé, parce que, jugeant dans sa raison qu'il était incorrigible et qu'il n'y pourrait rien faire, il croyait non seulement y perdre son temps, mais peut-être encore sa vie, en excitant leur colère contre lui par l'annonce d'une si dure vérité. N'en est-il pas quelquefois de même des ministres de l'Évangile, envoyés à des chrétiens qui ne le sont plus que de nom, vivant comme .des païens, et s'occupant de toutes choses, de leurs affaires et de leurs plaisirs, plus que de Dieu et de leur salut?

 

Mon Dieu, disent- ils aussi dans leur cœur, il n'y a rien à faire avec ce peuple, et vous m'y avez envoyé comme sur une terre stérile qui ne peut rien produire pour le ciel, et où je vais me dessécher moi-même, comme les ronces et les épines dont je suis entouré. Et ils voudraient aussi s'en aller bien loin, pour s'épargner des peines inutiles, des contradictions, des injures et des persécutions, ou tout au moins une indifférence glaciale, un isolement mortel. Et cependant, ils peuvent, comme Jonas, devenir les ministres de la miséricorde céleste !

 

Qu'ils aient seulement le courage d'annoncer comme lui la parole du salut, même quand ils devraient traverser des tempêtes, être jetés à la mer et comme engloutis pendant quelque temps parle monstre de l'opinion publique qui croit les dévorer, et qui les rejettera aussi sains et saufs au rivage sous la conduite de la Providence, pour aller accomplir la mission qu'elle leur a donnée. Jonas, il faut l'avouer, a résisté longtemps. Voulant échapper aux dangers de sa mission, il a disputé avec Dieu ; mais il a fini par obéir, et la vertu d'en haut ranimant et soutenant son courage, il a sauvé un peuple, et le peuple qui en paraissait le plus indigne.

 

Ne désespérons jamais d'une nation ni d'un homme, quels que soient leurs crimes et leur corruption ; car il y a souvent beaucoup de bien au fond, là où le mal abonde à la surface ; et il ne faut qu'un rayon de la grâce pour retourner les âmes, en faire sorlir ce qui y était enfoui, et dégager la lumière du ciel là où dominaient les ténèbres de la terre. Dieu seul sait ce qu'il y a dans les cœurs ; et il se plaît souvent, pour manifester davantage sa puissance, à entr'ouvrir par un coup de sa grâce un cœur endurci, pour délivrer le bien captif; comme son soleil vivifie le germe de la semence en en brisant l'écorce, tandis que par contre, mais toujours dans le même dessein, il renverse parfois les piétés qui semblent le mieux établies, par une épreuve où' il les abandonne à leurs propres forces dont elles se glorifiaient, par une tentation à laquelle elles se croyaient supérieures, et qui les jette à terre.

 

C'est ce qui arrivait en ce temps à Israël, toujours porté à l'idolâtrie, malgré les bienfaits de Dieu dont il était comblé, et néanmoins se vantant d'être enfant d'Abraham, et méprisant les autres nations, qui n'avaient pas, disait-il, des dieux aussi proches d'elles, que Jéhovah l'était de son peuple. Mais, comme l'explique saint Paul, (Rom., II, 25), l'infidélité des Juifs a tourné au profit des Gentils, qui ont reçu la grâce reponssée par le peuple de Moïse : comme la lumière répercutée par les corps durs pénètre ceux qui s'ouvrent à son rayon. Jonas pressentait ce malheur de sa race, quand il reçut l'ordre de porter la parole de Dieu à Ninive ; et de là ses tergiversations, ses refus, et l'amertume de sa douleur, parce que, en bon Israélite, il était désolé de voir le salut s'éloigner d'Israël à cause de ses fautes, et se donner aux nations que la miséricorde divine allait lui substituer.

 

Ninive croit à la parole de Dieu , fait pénitence, et à cette fin-, elle emploie les moyens qu« l'Église impose encore aujourd'hui à ses fidèles pour manifester le repentir du péché, ett l'expier par des pratiques pénibles à la nature et qui arrêtent les entraînements de la  concupiscence.

 

 mr l'abbé BAUTIN



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Publié le 19 Février 2010



http://freechristimages.org/images_Christ_life/Temptation_of_Christ_Ary_Scheffer_1854.jpg


ALORS JÉSUS FUT EMMENÉ PAR L'ESPRIT DANS LE DÉSERT POUR ÊTRE TENTÉ PAR LE DÉMON



« Alors » : qu'est-ce à dire ? c'est-à-dire, après la descente du Saint-Esprit sur Jésus, après que cette voix divine se fut fait entendre du ciel : " C'est là mon fils bien-aimé « dans lequel j'ai mis toute mon affection. »

 

Qui n'admirera, mes frères, que l'Esprit de Dieu ait conduit Jésus-Christ dans le désert, afin d'y être tenté par le démon ? Car c'est le Saint-Esprit lui-même qui l'y a conduit. Comme Jésus-Christ était venu au monde pour nous servir de modèle, et avait résolu pour cela de tout faire et de tout souffrir, il veut bien se laisser aussi conduire dans le désert, et lutter contre le démon ; afin que les nouveaux baptisés se voyant pressés de quelques grandes tentations après le baptême, n'entrent point dans le trouble et le découragement, comme s'il leur était arrivé quelque chose contre leur attente, mais qu'ils souffrent cette épreuve avec constance, comme une suite nécessaire de la profession qu'ils ont embrassée.

 

Vous avez reçu des armes, non pour demeurer dans un lâche repos, mais pour combattre.

 

Si Dieu n'arrête point les tentations dont vous êtes attaqués, il le fait pour plusieurs raisons qui vous sont avantageuses.

 

Car premièrement il veut que vous reconnaissiez par expérience que vous êtes devenu plus fort. Il veut encore que vous conserviez la modestie, et que la grandeur des grâces reçues ne vous enfle pas d'orgueil, vous qui êtes encore exposés à l'épreuve des tentations. Dieu permet aussi que vous soyez tentés; afin que le démon qui doute toujours si c'est sincèrement que vous avez renoncé à lui, s'assure par votre patience que ce renoncement est véritable.

 

De plus le dessein de Dieu est que votre âme se fortifie par la tentation, et qu'elle devienne aussi plus ferme que le fer. Enfin Dieu permet que l'ennemi vous attaque, afin que vous conceviez par là combien est grand et précieux le trésor qui vous a été confié. Car le démon ne vous attaquerait point avec tant de violence, s'il ne vous voyait élevés en un état plus glorieux que vous n'étiez auparavant. C'est ce qui l'irrita autrefois contre Adam, lorsqu'il le vit dans une si grande gloire. C'est encore ce qui l'irrita contre Job de voir que Dieu même lui donnait tant de louanges.

 

Mais d'où vient donc, me direz-vous, que Jésus-Christ nous a dit : " Priez afin que vous n'entriez point dans la tentation ? » (Matth. xxvi, 30.)

 

Je vous réponds que cette parole s'accorde parfaitement avec ce que nous disons puisqu'il est marqué dans notre Evangile que Jésus-Christ n'alla pas de lui-même dans le désert, mais qu'il y fut conduit par l'Esprit. Ce qui nous montre admirablement que nous ne devons pas nous jeter de nous-mêmes dans les tentations, mais seulement les souffrir avec courage, lorsqu'elles nous arrivent.

 

Et remarquez, je vous prie, où le Saint-Esprit mène le Sauveur. Ce n'est point dans une ville, ni dans une place publique, mais dans le désert. Comme il voulait attirer le démon à ce combat, il ne lui en donne pas seulement l'occasion par la faim et par le jeûne ; mais encore par la solitude.

 

Car le démon attaque bien davantage les hommes lorsqu'il les voit seuls et séparés de tous les autres.

 

Ce fut ainsi qu'il attaqua Eve autrefois, lorsqu'il la vit seule et séparée d'Adam. Quand il nous voit unis avec d'autres, il n'a pas la même hardiesse. Et c'est pour cette raison que nous devons nous trouver le plus souvent que nous pouvons dans la compagnie des gens de bien, afin de n'être pas si exposés aux attaques de notre ennemi.

 

Ainsi le diable va trouver Jésus-Christ dans le fond d'un désert inaccessible, ce que saint Marc fait assez voir lorsqu'il dit : « Qu'il était « avec les bêtes. » (Marc, 1, 13.) Et considérez avec quelle malice il l'attaque, et comme il sait prendre son temps.

 

Il le tente non durant son jeûne, mais lorsqu'il est ensuite pressé de la faim ; afin que nous apprenions quel grand bien c'est que le jeûne;

 

que c'est l'arme la plus forte que nous ayons pour combattre le démon, et qu'après le baptême un chrétien ne doit plus s'adonner à la bonne chère, aux délices des festins, mais aux jeûnes et à l'abstinence.

 

C'est pour cela que Jésus-Christ jeûne; non qu'il eût aucun besoin de jeûner, mais pour nous instruire de notre devoir. Comme les péchés que nous avions commis avant le baptême avaient pour cause l'intempérance dont nous étions les esclaves, Jésus-Christ nous commande de jeûner après le baptême. Et il fait en cela comme un sage médecin, qui, après avoir guéri un malade, lui ordonne de s'abstenir de ce qui lui avait causé son mal.

 

Considérez, je vous prie, combien l'intempérance a produit de maux. C'est elle qui a chassé Adam du Paradis; qui a répandu sur la terre les eaux du déluge, et qui a fait tomber sur Sodome les foudres du ciel. Si ce fut le péché de luxure qui, dans ces deux derniers exemples, attira directement la punition, l'intempérance néanmoins en fut la racine, selon qu'Ezéchiel le remarque par ces paroles : " Le péché de Sodome a été l'orgueil, l'abondance de pain, et les délices de la table. » Ainsi les Juifs sont tombés souvent dans les plus grands crimes par l'amour du vin et de la bonne chère.

 

 C'est pour cette raison que Jésus-Christ jeûne quarante jours, pour nous apprendre à chercher dans l'abstinence les remèdes de notre salut.

 

Il ne jeûne pas plus de quarante jours, de peur que l'excès du miracle n'empêchât de croire à la vérité de l'incarnation. Car Moïse et Elie soutenus de la force de Dieu ont jeûné aussi quarante jours. Mais si le jeûne du Seigneur eût été plus long, plusieurs auraient pu douter qu'il eût véritablement pris notre chair.

 

" Et ayant jeûné quarante jours et quarante a nuits, il eut faim ensuite . »

 

Jésus-Christ souffre la faim pour donner sujet au démon de le tenter : il lutte le premier, pour apprendre aux autres la manière de surmonter et de vaincre l'ennemi.

 

C'est ce que les athlètes font . tous les jours, lorsqu'ils veulent instruire leurs disciples à surmonter leur adversaire. Ils combattent eux - mêmes en leur présence, afin qu'ils remarquent dans le mouvement de leurs corps, ce qu'ils doivent faire pour terrasser leur antagoniste.

 

C'est ainsi que Jésus-Christ se rend notre chef et notre modèle.

Il attire le démon au combat. Il lui fait remarquer la faim qu'il endure ; et il ne le rejette pas lorsqu'il approche : mais après qu'il s'est laissé attaquer, il le terrasse par trois diverses fois avec une facilité toute-puissante.

 

Mais de peur qu'en passant légèrement sur ces trois victoires, je ne vous prive d'une instruction très-importante, nous examinerons chaque tentation en particulier, et nous commencerons par la première. »

 

" Et le tentateur s'approchant de lui, lui « dit : Si vous êtes Fils de Dieu, dites que ces « pierres deviennent des pains . »

 

Cet Esprit de malice ayant entendu la voix du ciel, qui disait clairement ; « Voilà mon fils bien« aimé, » et les témoignages si illustres de saint Jean qui assuraient la même chose, se trouvait dans une étrange perplexité en voyant aussitôt après Jésus-Christ pressé de la faim. D'une part la voix du ciel lui persuadait que Jésus-Christ n'était pas un homme ; et de l'autre cette faim qu'il souffrait l'empêchait de croire qu'il fût Fils de Dieu.

 

C'est pourquoi dans ce doute et dans cette incertitude il parle à Jésus-Christ d'une manière qui témoignait assez l'agitation de ses pensées.

 

Autrefois pour tenter Eve et Adam il feignit ce qui n'était pas, pour savoir ce qui était; il suit encore ici la même conduite : et ne sachant pas au vrai le mystère ineffable de l'incarnation, il use d'un artifice qui lui paraît propre pour en découvrir le secret. « Si, » dit-il, « vous a êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent du pain. »

 

Il ne lui dit pas, " puisque vous avez faim : » mais " si vous êtes le « Fils de Dieu, » espérant le piquer de vainc gloire et le gagner par ces louanges. Il ne lui parle pas même du besoin de manger où il était, de peur qu'en le lui représentant il ne parut lui faire quelque reproche.

 

Ne comprenant pas la grandeur de cet abaissement si divin de Jésus-Christ, il s'imaginait que cet état lui était honteux. Il aime donc mieux le flatter avec adresse et ne lui représenter que sa grandeur et sa dignité. Que fait Jésus-Christ ? Il réprime cet orgueilleux, et pour montrer que l'état où il était n'était ni honteux ni indigne de sa sagesse, il découvre lui-même ce que le démon avait caché pour le flatter.

 

Mais Jésus lui répondit : II est écrit : " L'homme ne vit pas de pain seul, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu . »

 

Jésus-Christ ne rougit point de marquer par ces premières paroles la nécessité de manger, qui lui était commune avec tous les autres hommes. Mais considérez ici la malice et l'adresse du démon, par où il commence le combat, et comme il n'a pas oublié ses anciens artifices. Il avait déjà vaincu le premier homme par l'intempérance, il l'avait engagé ainsi dans une infinité de maux, et il voulait encore tendre ici le même piége pour y prendre Jésus-Christ.

 

Nous voyons plusieurs personnes insensées qui déclament contre la nécessité du manger, et qui la regardent comme la source de tous les maux. Mais Jésus-Christ nous fait bien voir aujourd'hui que cette nécessité même, quoique si violente , n'oblige jamais une personne vraiment vertueuse à rien faire qui soit indigne d'elle.

 

Car il a faim , et néanmoins il ne fait rien de ce que le démon lui suggère, pour nous apprendre que nous ne devons jamais rien croire de ce que nous conseille cet ennemi. Comme c'est par là qu'Adam a offensé Dieu, et violé sa loi ; Jésus-Christ nous fait voir ici qu'il ne faudrait pas écouter le démon, quand même il ne nous porterait point à désobéir à Dieu.

 

Mais que dis-je à désobéir à Dieu? L'exemple de Jésus - Christ vous fait voir que quand les démons vous diraient même quelque chose de véritable, vous ne devez point les croire. II fit taire les démons qui publiaient qu'il était le Fils de Dieu, saint Paul de même leur imposa silence un jour, quoique ce qu'ils publiaient alors fût très-véritable : il les méprise et les humilie surabondamment et pour mieux dissiper les piéges qu'ils nous pourraient tendre pour nous perdre, il les fait taire lors même qu'ils publiaient les dogmes salutaires de la vérité ; il leur ferme la bouche, et il ne leur permet pas de parler.

 

C'est pour la même raison que Jésus-Christ n'écoute rien ici de ce que le démon lui propose, mais il lui répond simplement: " L'homme ne vit pas de pain « seul, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; » comme s'il eût dit : Dieu peut d'une seule parole remédier à la faim de l'homme et le nourrir. Et il cite un passage de l'Ancien Testament, afin de nous apprendre que ni la faim, ni la soif, ni aucune souffrance ne doivent jamais nous porter à nous séparer de Dieu.

 

 Que si quelqu'un dit que Jésus-Christ devait faire le miracle que le démon lui demandait, je lui demanderai pour quelle raison et pourquoi ?

 

Si le démon faisait cette demande, ce n'était pas qu'il voulût croire lui-même, mais c'était qu'il espérait convaincre Jésus-Christ d'incrédulité.

 

Ce n'est pas autrement qu'il trompa nos premiers parents, et qu'il fit voir leur infidélité envers Dieu. Il leur fit des promesses contraires aux affirmations de Dieu, les enfla de vaines espérances, les rendit infidèles , et leur fit perdre les grands biens dont ils jouissaient. Mais Jésus-Christ refuse ici au démon, et ensuite aux Juifs, qui étaient poussés par cet esprit de malice, de faire les miracles qu'ils lui demandaient, toujours pour nous apprendre, que quand même nous pourrions faire des miracles, nous n'en devrions point faire inutilement, ni sans grande nécessité, et que nous ne devons point céder au démon dans quelque extrémité que nous nous trouvions réduits.

 

Que fait donc le méchant lorsqu'il se voit vaincu, et qu'il ne peut persuader ce qu'il voudrait à Jésus-Christ lors même qu'il est pressé d'une si extrême faim ? Il a recours à un autre artifice.

 

"Alors le démon le transporta dans la ville sainte,

 

ST Jean Chrysostome.




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Rédigé par philippe

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Publié le 19 Février 2010

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Alors le démon le transporta dans la ville sainte, et le mettant sur le haut du temple , lui dit : Si vous êtes le fils de Dieu, jetez« vous en bas, car il est écrit : Il ordonnera à ses anges d'avoir soin de vous, et ils vous « soutiendront de leurs mains, de peur que vous ne heurtiez le pied contre quelque « pierre . » Pourquoi le démon commence t-il toutes ses tentations par ces mots : « Si vous « êtes fils de Dieu. »

C'est pour faire encore ici ce qu'il fit à l'égard de nos premiers pères.

De même qu'alors il osa leur parler mal de Dieu en disant : « Dieu sait qu'au moment que vous mangerez de ce fruit vos yeux seront ouverts (Gen. III, 5) ; parce qu'il leur voulait faire croire que Dieu les trompait, et qu'il n'avait point d'amour pour eux; de même il dit ici au Sauveur : C'est en vain que Dieu vous appelle son fils, et il vous trompe par cette qualité qu'il vous donne. Que si vous croyez être en effet ce qu'il vous fait croire que vous êtes, donnez une preuve de votre puissance. Et comme il voyait que Jésus-Christ lui avait rapporté un passage de l'Ecriture, il en use de même envers lui, et lui cite un passage du Prophète.

Jésus-Christ s'indigne-t-il ? s'emporte-t-il? Non, il lui parle avec une extrême douceur, empruntant encore sa réponse aux Ecritures : « Jésus lui répondit : Il est écrit aussi : Vous « ne tenterez point le Seigneur votreDieu. » (Deut. vi, 16.)

 

Pourquoi ? Le Sauveur nous apprend par cette conduite, que ce n'est point par les miracles qu'il faut vaincre le démon, mais par une patience ferme et invincible ; et que nous ne devons jamais rien faire par ostentation et par vanité. Mais remarquez combien était grossier l'artifice du démon, jugez-en par le témoignage même qu'il emprunte aux Livres saints : Quant au Seigneur, les témoignages qu'il cite se rapportent admirablement à ce qu'il dit ; mais le démon cite des paroles en l'air et au hasard, sans qu'elles prouvent en aucune sorte ce qu'il en infère.

 

Car ces paroles du Psaume : « Il ordonnera à ses anges d'avoir soin de vous, » ne disent pas que le Juste se précipite luimême. Et de plus, elles n'ont pas été proprement dites de Jésus-Christ. Le Fils de Dieu néanmoins ne se met point en peine de les réfuter, quoique le démon les eût alléguées d'une manière qui lui était si injurieuse et si contraire à leur véritable sens. Car ce n'est point au Fils de Dieu à faire ce que cet esprit de malice lui conseillait alors. C'est au démon à se précipiter lui-même ; comme c'est à Dieu à relever ceux qui sont tombés dans le précipice. Si Jésus-Christ devait montrer sa puissance, il le devait plutôt faire, en tirant les autres du précipice, qu'en s'y jetant. Il n'appartient qu'aux démons d'agir de la sorte, et de se précipiter en troupe dans les abîmes. C'est pourquoi ils tâchent de rendre les autres les compagnons de leur chute et de leur supplice.

 

Cependant Jésus-Christ ne se découvre point encore : et il parle au démon comme un simple homme aurait pu faire. Car en disant : « L'homme ne vit pas du pain seul ; » ou : « Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu ; » il ne dit rien qui le puisse faire reconnaître, et le distinguer des autres.

 

Et ne vous étonnez pas si le démon parlant à Jésus-Christ tourne de toutes parts, et l'attaque de tant de manières. Comme un athlète qui a reçu des blessures mortelles et qui perd la vue avec son sang, ne fait plus que tourner et que s'agiter inutilement : de même le démon après avoir reçu ces deux blessures mortelles, ne sachant plus ce qu'il doit dire, parle comme à l'aventure, et recommence une troisième tentation.

 

Le démon le transporta encore sur une montagne fort haute ; et lui montrant tous les royaumes du monde, et la gloire qui les accompagne, lui dit : Je vous donnerai toutes ces choses, si en vous prosternant devant  moi vous m'adorez . »

 

Mais Jésus lui répondit : Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul .» Jésus-Christ voyant que le démon par ces paroles offensait son Père, en s'attribuant ce qui n'appartient qu'à Dieu, et qu'il se faisait lui-même Dieu, et le créateur de toutes choses, le reprend de son orgueil, quoiqu'avec douceur néanmoins, se contentant de lui dire : " Retire-toi, Satan ; » ce qui était plutôt un commandement qu'un reproche.


Ce mot seul, Retire-toi, » le mit aussitôt en fuite ; et on ne voit plus depuis qu'il l'ait tenté.

 

 st Jean Chrysostome.


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