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Publié le 10 Mars 2010


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Les nombres du Rosaire doivent eux-mêmes attirer notre attention.

Venus du ciel, ils ont une grande importance, et on découvre en eux plusieurs significations mystiques. Elles pourront paraître ridicules à ces esprits terrestres qui ne savent apprécier que la terre; mais elles ont une sagesse toute céleste pour les âmes bien nées qui portent en elles-mêmes ce pieux sentiment que saint Paul appelle le sens de Jésus-Christ.

Disons que le Rosaire dans ses trois parties rappelle très ingénieusement, on peut même dire renouvelle continuellement dans l'Eglise la triple offrande que les mages, ces prémices des croyants, présentèrent devant la crèche à Jésus et à Marie. En effet, ne leur offrons-nous pas de l'encens précieux, en méditant dans la première partie de leur vie, suave et délicieux parfum de prières, de sacrifice et de sainteté? Nous leur offrons aussi une myrrhe d'un grand prix, en nous rappelant dans la seconde leur passion, amer bouquet de travaux, d'afflictions et de douleurs. Enfin n'est-ce pas l'or très pur du paradis que nous leur présentons, en médiant dans la troisième leurs gloires incomparables et leur triomphe?

Les dix Ave Maria qui, dans le Rosaire, suivant le Pater, nous apprennent que si nous voulons obtenir quelque grâce de Dieu, nous devons recourir à Marie sans jamais nous lasser, et nous disent aussi que tout acte de dévotion, toute prière à Jésus ou à Marie, doit être accompagné du son mystique de la harpe à dix cordes dont parle le prophète David dans ses psaumes PS. XCI,4, c'est-à-dire, comme l'expliquent les Pères de l'Eglise, de l'observation des dix commandements, ou du désir sincère de les observer.
Mais une autre signification de la plus haute importance est contenue dans les dizaines du Rosaire: nous voulons parler des dix drachmes de la femme de l'Evangile, dans lesquels saint Grégoire le Grand trouva symbolysés les neuf choeurs des anges et le genre humain déjà perdu par le péché.
Oui, le Rosaire avec ses dizaines nous rappelle que, par les mystères de notre rédemption, nous avons été faits semblables aux anges; qu'en le récitant comme nous devons, nous nous unissons aux anges pour louer Marie, et que nous deviendrons  des anges par l'innocence et par la pureté de nos moeurs; qu'enfin en persévérant dans cette dévotion, nous serons un jour dans le ciel associés aux anges dans la béatitude éternelle.

Quant aux quinze dizaines qui composent le Rosaire, nous observons qu'elles se trouvent assez bien représentéess dans les quinze degrés par lesquels, dans la loi antique, on montait au temple de Jérusalem, et qui étaient le symbole des degrés des vertus par lesquels on monte à Dieu, comme dit le Psalmiste: Qui montera à la montagne de Dieu? ...Celui qui est innocent et pur de coeur.  PS XXIII

Le Rosaire bien récité est, comme nous le verrons, une échelle de quinze degrés apportée du ciel par la Vierge sainte, par laquelle les fidèles croissent continuellement en charité, vont de vertu en vertu jusqu'à la vision divine sur la montagne sainte. PS. LXXXIII

Aussi le souverain pontife Urbain VIII appelle-t-il le Rosaire l'augmentation des chrétiens, et a-t-on toujours jugé  aussi ingénieux que vrai l'anagramme suivant: Rosarium Mariae, Aerarium amoris, parce qu'à tout point de vue le Rosaire de Marie est un trésor de charité.

Nous ferons encore observer avec un grave auteur que le Rosaire, un et triple en même temps, nous rappelle l'unité et la trinité de Dieu, en qui nous avons l'existence, le mouvement et la vie; que ses trois parties nous rappellent aussi la triple virginité de la Mère de Dieu, que nous invoquons comme vierge avant l'enfantement, pendant l'enfantement et après l'enfantement; que le nombre des cinquante Ave Maria de chacune de ses trois parties, pareil au nombre du jubilé séculaire, qui veut dire rémission, nous dit de quelle manière le Rosaire, comme un triple jubilé, nous délivre des péchés, de leur peine et des misères de cette vie. Enfin, les cent cinquante Ave Maria, unis ensemble, nous rappellent les cent cinquante jours après lesquels les eaux du déluge commencèrent à diminuer, parce que par le Rosaire les fléaux de Dieu sont détournés, nous sommes délivrés des eaux de la tribulation, et l'ar-en-ciel apparait.

Concluons enfin par ces paroles du grand archevêque et cardinal saint Charles Borromée sur le sens mystique du Rosaire:" Quant à ses parties, dit-il, les cinq pater signifient les cinq plaies; les dix Ave Maria les dix commandements de Dieu, le nombre de cinquante Ave Maria se rapporte  à l'année du jubilé, qui signifie dans l'Ecriture rémission des péchés. Quiconque avec ce nombre de prières supplie Notre-Seigneur Jésus-Christ et salue sa sainte Mère, demande que Dieu, par la passion de Jésus-Christ et par les mérites et l'intercession de sa Mère, lui accorde la pleine rémission et le pardon de tous ses péchés, et lui donne le secours pour accomplir avec courage les divins commandements."



R.P. Chery
O.P.




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Publié le 9 Mars 2010

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Je ne me souviens pas,  d'avoir rien demandé à saint Joseph, que je ne l'aie obtenu aussitôt.
C'est quelque chose de merveilleux que le récit des Grâces de toute espèce dont le Seigneur m'a  comblée, et des périls, tant du corps que de l'âme, dont il m'a délivrée par les mérites et les prières de mon bien-aimé Patron.

Dieu semble avoir accordé à chacun des autres Saints le pouvoir de nous secourir dans des nécessités particulières; notre Saint, au contraire, peut nous secourir en toutes, l'expérience le prouve; et par là notre Seigneur nous donne à entendre que, comme il lui a été soumis en toutes choses sur la terre, il veut bien encore dans le Ciel condescendre à tous ses désirs.

C'est ce qu'ont éprouvé un grand nombre de personnes, à qui j'avais conseillé de se recommander à saint Joseph ; les Grâces signalées qu'elles en ont reçues les ont pénétrées de la plus tendre piété et de la plus vive reconnaissance pour leur saint Protecteur.

D'après l'expérience constante que j'ai des faveurs précieuses qu'il obtient de Dieu, à ceux qui  s'adressent à lui, je voudrais inspirer à tout le monde une grande dévotion pour lui. De toutes les âmes qui sont fidèles à l'honorer, je n'en connais pas une seule qui ne fasse chaque jour de nouveaux et rapides progrès dans la perfection. Depuis plusieurs années que je lui demande le jour de sa fête une Grâce particulière, jamais elle ne m'a été refusée; j'ai même remarqué que si la Grâce que  j'avais sollicitée n'était pas celle qui me convenait, cet aimable Saint savait la faire tourner au plus grand bien de mon âme.

Si quelqu'un hésite à me croire, je le supplie de vouloir bien en faire l'essai, pour l'amour de Dieu; il verra, par sa propre expérience, combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux Patriarche, et de se ranger ce parmi ses dévots serviteurs.
Ce que je dis s'adresse surtout aux personnes d'oraison; elles devraient ce s'attacher et s'affectionner de tout leur cœur, à ce ee grand Maître de la vie intérieure.
Pour moi, je ce ne sais comment on peut contempler la Reine des Anges, donnant jour et nuit ses soins maternels à Jésus Enfant, sans rendre grâces en même temps à son chaste Époux des secours qu'il prodiguait  alors, avec tant de sollicitude, à la Mère et au Fils. ( Chap. vi. )

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Publié le 9 Mars 2010

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POUR TOUS LES JOURS DE LA NEUVAINE.

 

Noble rejeton des rois de Juda, héritier de la vertu de tous les patriarches, admirable époux d'une épouse toujours vierge, juste et bienheureux Joseph, agréez, je vous supplie, mes vœux et mes hommages.

Vous êtes et vous serez toujours, après Jésus et Marie, l'objet de mes plus profonds respects et de ma plus tendre confiance. 0 le plus caché et le plus grand des Saints, véritable modèle des âmes intérieures, c'est à vous que doivent s'adresser tous ceux qui veulent devenir parfaits et assurer leur salut ; c'est vous qu'ils doivent choisir pour leur protecteur.

Je m'unis donc aujourd'hui à tous ceux qui vous invoquent, qui vous honorent et qui vous aiment; je me consacre avec eux à votre culte et à votre service, et je veux chaque jour de ma vie renouveler cette consécration et cet engagement. Jetez sur moi, grand Saint, un regard de bienveillance et de protection.

Souvenez-vous .que celui dont la soumission et la dépendance vous ont si glorieusement élevé, m'a racheté de son sang, et qu'il a brûlé d'une soif ardente pour ma perfection et pour mon salut. Je vous conjure donc, ô céleste Joseph, par le cœur paternel que Dieu vous a donné pour son Fils, et par le cœur de fils que Jésus a pour vous, de prendre un soin spécial et tout particulier de la sanctification de mon àme : soyez vous-même mon directeur, mon guide, mon père et mon maître dans la vie spirituelle et dans le chemin de la perfection.

Consacrez-moi, offrez-moi à la sainte Trinité, avec laquelle vous avez des rapports si intimes et si glorieux, et daignez demander à Jésus-Christ pour moi, vous qui n'en avez jamais été refusé, comme Thérèse, la plus ardente zélatrice de votre gloire, nous l'assure; daignez lui demander la grâce particulière que je sollicite ...par cette neuvaine

 

Enfin je me donne à vous pour que vous me donniez à Jésus ; conjurez-le d'allumer dans mon cœur et dans celui de tous les chrétiens, le feu de son pur amour, et d'y imprimer tous les traits de son adorable enfance: sa pureté, sa simplicité, son humilité, sa douceur.

Attachez-moi toujours plus fortement à la personne auguste de sa très-sainte Mère. Que la gloire du Fils et celle de la Mère soient l'unique passion de mon âme; que leurs saints noms et le vôtre soient sans cesse sur mes lèvres, encore plus dans mon cœur, et que je parvienne, sous votre puissante protection , au bonheur de mourir comme vous dans leurs chastes embrassements.

 

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Publié le 9 Mars 2010

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Saint Dominique Savio,

 Modèle de pureté,

 Tu as appris de Don Bosco à devenir un saint à 15 ans.

 Viens nous montrer la route et nous aider à la parcourir.

 Celle de l'Amour envers le Seigneur Jésus, et la confance envers Marie et du service de nos frères.

 Puissons nous préférer comme toi la mort au péché, afin d'entrer un jour dans la joie éternelle.


 

Ainsi soit-il.




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Publié le 9 Mars 2010



"
Ab occultis meis munda me, Domine"

1° l'ignorance crasse, par laquelle je suis tenu de savoir, en vertu de mon devoir ou de ma profession.

2° l'ignorance affectée, par laquelle je fuis sciemment la lumière de la vérité, et me réjouis des ténèbres de mon erreur. C'est bien de celle-là qu'il est écrit:" Il n'a pas voulu comprendre, afin de bien faire." Ps XXXV Telle est l'ignorance de ceux qui, en ce saint temps, fuient les mèdecins habiles des âmes, parce qu'ils pensent qu'ils en seraient guéris par des moyens un peu trop sévères, et qui, pour cela s'adressent à des mèdecins ineptes et inexpérimentés, qui ne savent pas distinguer une lèpre d'une lèpre, ni appliquer aux blessures les médicaments convenables. L'ignorance pourra-t-elle donc les excuser, eux qui, quand ils sont malades de corps, ont soin de faire chercher à grands frais les plus habiles mèdecins; tandis que, pour guérir les maladies de l'âme, non seulement ils admettent, mais même recherchent des mèdecins incapables; et cependant, par suite des maladies corporelles, il n'ont à craindre que la mort momentanée du corps, au lieu que les maladies de l'âme entraînent une mort et un deuil éternels? Qu'est-ce que peuvent de telles gens, sinon ce qui est dit par l'Apôtre:" Qui méconnait, sera méconnu." I Cor. XIV, 38

3° Une autre ignorance est celle qui procède de la fierté, d'un orgueil caché de l'âme, par lequel l'homme plein de suffisance, et méprisant le conseil des sages, formes des résolutions et des entreprises, qui, ou lui sont funestes, ou tournent à la perte ou au préjudice des autres. Or les domages, qui proviennent de cette ignorance arrogante, lui sont justement imputables.

4° Vient ensuite celle qui dérive, non plus de l'orgueil, mais de la négligence; elle a lieu, quand on n'apporte pas un soin une attention à la hauteur de la chose, mais qu'on l'expédie précipitamment et par manière d'acquit. Car la chute est voisine de la précipitation, suivant cet oracle:" Qui va trop vite, tombera." Prov. XIX,2 Il y a aussi un axiôme bien connu des jurisconsultes: "La précipitation est la marâtre du jugement." Qu'il était loin de ce défaut le saint homme qui disait:" Je m'instruisais avec soin des affaires que je ne savais pas!" Job XXIX,16

5° Enfin il y en a une cinquième; et je ne sais pas trop si ce n'est pas la plus périlleuse. Elle a pour passion violente: amour, colère, haine, avarice, envie, ambition, ou enfin toute perturbation profonde de l'âme. Car quiconque est travaillé d'une de ces passions, est en vertu même de lois formelles, incapable de juger. De même qu'un verre rouge, présenté aux yeux, empêche de juger sainement des couleurs, puisqu'il fait voir tout en rouge; de même l'âme, qui fermente par suite de quelque affection déréglée, perd tout jugement vrai des choses. Car une passion égarée corrompt facilement l'intelligence, et de la voie de la vérité l'entrâine vers l'obejet de la convoitise.
Quelle est la cause pour laquelle l'excès de vin paralyse l'intelligence, et trouble tant la tête du buveur? Certes, il n'y en a pas d'autre que les relations de l'estomac et de la tête; relations tellement intimes que la perturbation de l'un nuit à l'autre.
Or il n'y a pas moins d'affinité entre la volonté et l'intelligence: de là vient qu'une volonté troublée et corrompue communique aussi sa maladie à sa voisine l'intelligence; et qu'ainsi l'homme, bien qu'il se croie très sage, est dans la plus étrange hallucination.
Or, comment se repentira-til de son erreur, celui qui se croit bien loin de toute erreur.
Voyez-vous quel péril apportent avec elles de telles ignorances?

A quel remède recourir?

Je n'en vois guère d'autre que celui-ci:"

- Que l'homme, quoiqu'il ne s'en aperçoive pas, soit certain d'avoir failli par ignorance en bien des choses; qu'il en témoigne une vive douleur; qu'il se conduise avec une profonde humilité, comme étant plus coupable qu'il ne l'imagine, et que souvent il crie vers le Seigneur avec le Prophète:" Purifiez-moi, Seigneur, de mes fautes cachées." Ab occultis meis munda me, Domine. Ps. XVIII,13.

C'est pour cela qu'une prière d'Habacuc est intitulée: Pour les ignorances, parce que les saints même soupçonnent qu'ils ont commis beaucoup de fautes par ignorance, et ils en demandent pardon.


Louis de Grenade.


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Publié le 8 Mars 2010



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ND de la neige !


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et rebelotte...

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Publié le 8 Mars 2010

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ORA ET LABORA .

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Publié le 8 Mars 2010

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Sacrifier l'unité à l'union, c'est briser l'Apollon du Belvédère pour que chaque morceau ait le plaisir d'être à part, tout en continuant idéalement de faire partie de la statue.

"Tout ce que pourraient dire de mieux les schismatiques au tribunal de Dieu, c'est qu'ils ont sincèrement désiré l'union de leur Église particulière avec l'Église romaine, et c'est cela même qui les condamne parce qu'ils auront assez vu pour comprendre qu'ils n'étaient pas à eux seuls toute l'Église, et qu'ils n'auront pas assez voulu pour se soumettre à l'Église qui se sent et qui se dit toute l'Église.

L'Église véritable ne demande pas la réunion des Églises apostoliques ; elle demande que tout genou fléchisse devant elle, que toute âme s'abaisse devant le vicaire de Dieu qui la gouverne, afin que vienne le jour où il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur. Elle seule ose prier ainsi, "parce que seule elle a conscience qu'elle est l'épouse de Jésus-Christ.

 Ahl madame, que la vérité est simple ! mais le cœur de l'homme est profond, il a des ruses infinies contre Dieu. Il s'arme de la charité contre la vérité; il oppose l'union à l'unité ; il embrasse, il aime, il pleure, il croit, il est sublime et il n'est pas dans le vrai. Que de vertus perdues au seuil de l'éternité!


Lacordaire à
Madame Swetchine


hors de l'Eglise officielle, sorti de la maison mère, tout n'est qu'idéologie
et impasse certaine.

 

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Publié le 8 Mars 2010

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Mater Salvatoris, ora pro nobis.

Pan! pan! pan! "Qui frappe si tard
A la porte du monastère?
Le sommeil d'un pauvre vieillard
A ces manants n'importe guère.
Frère portier!... métier de chien!
Oyez quel cacarme effroyable.
Si le diable était plus chrétien,
J'enverrais le frappeur au diable.

Et frère Jacques grommelant,
Blâmant son devoir trop sévère,
Clefs en main, marchait d'un pas lent
Vers la porte du monastère.

"O doux Jésus! le beau plaisir
D'être toujours sur le qui vive!"
Pan! pan! "Encore!... on vient ouvrir.
Attendez donc que l'on arrive."

Sur ses gonds la porte roula.
Comme au vent la feuille frissonne.
Le portier tremblant recula.
Croyant voir Satan en personne.

"Le prieur!" Deux signes de croix
Furent du moine la réponse.
"Le prieur!" répéta la voix
En faisant tonner la semonce,
"Le prieur?.... Eh! mon bon seigneur,
Dans ses draps pour l'heure il repose,
Et je n'ose, humble serviteur,
L'éveiller sans savoir la cause...

- M'entends-tu bien? Je veux le voir.
Sans oremus fais-le descendre.
Tu sais la route du parloir?
Conduis-moi sans me faire attendre."

Le portier, se signant vingt fois.
Marcha guidé par sa lanterne,
Qui projetait sur les parois
Sa lueur vacillante et terne.

Tandis que lent il se hâtait
Trainant ses muettes sandales,
Le sombre inconnu l'escortait
Faisant du pied sonner les dalles.

Sitôt qu'ils furent au parloir,
Le portier, posant sa lumière,
S'éloigna sans chercher à voir
Celui qu'il laissait en arrière.

"Que le prieur vienne à l'instant!"
Lui criait la voix formidable.
Le vieillard fuyait haletant
Croyant porter l'ordre du diable.

Dans le parloir silencieux
Resté seul, l'étranger farouche
Sur les murs promena ses yeux.
Un sourire erra sur sa bouche.

Quel sourire! Ainsi Lucifer
Doit sourire au milieu des flammes,
Lorsqu'à ses tourments, dans l'enfer,
Il vient d'associer des âmes.

Ce sourire plein de mépris
Insultait les images saintes
Qu'avec amour sur les lambris
De saints artistes avaient peintes.

Il insultait un crucifix
Qui, pendant au mur monastique
Semblait répondre à ses défis
Par le pardon évangélique.

Ce sourire insultait encore,
Lorsqu'il mit le  pied dans la salle,
Un frisson dans ses os courut.
Son front pâle devint plus pâle.

"Vous m'avez demandé, seigneur?
-Oui; j'ai besoin de votre office.
Confessez-moi!... soyez sans peur.
Je saurai payer le service.

- Vous confesser?" Tout interdit,
N'en pouvant croire à son oreille,
Le prêtre, en face du bandit,
Ne sait plus s'il dort ou s'il veille.


"Oui! moi-même. Ici voyez-vous
Autre que moi qui vous réclame?
- En ce cas, mon fils, à genoux!
Vous avez préparé votre âme?

- Mon âme?... Tout est préparé.
Mais debout je dirai l'affaire."
Le prêtre écoutait effaré,
Doutant de ce qu'il devait faire.

Puis le prieur levant les doigts,
Au front du pénitent farouche
Fit un tremblant signe de croix,
Sans qu'un mot sortit de sa bouche.

"Ecoutez-moi! ... Je suis maudit.
Sur le point de mourir, mon père
Pour dernier adieu me l'a dit,
Malgré les larmes de ma mère.

Je suis maudit de l'innocent
De l'orphelin et de la veuve,
Maudit du faible et du puissant;
Ma renommée en est la preuve.

Vous me connaissez, n'est-ce pas?
Je le vois à votre épouvante."
Le prieur vers lui fit un pas.
"Mon fils! la Grâce est bien puissante.

La Grâce du plus grand péché
Peut toujours laver la souillure.
Jésus, sur la croix attaché,
Jésus mort pour nous vous l'assure.

- Il n'est pas mort pour me sauver.
Sur sa croix laissez-le tranquille.
il doit un jour me réprouver;
Je l'ai lu dans son Evangile.

- Même à celui qui le livra.
Mon fils! il offrait sa clémence.
Le malheureux désespéra
Lui-même il força la sentence.

- Judas n'a trahi qu'une fois;
De trahisons ma vie est pleine.
S'il avait imploré la croix.
La clémence eût été certaine.

Plus que lui je suis réprouvé.
Tout repentir est inutile.
Un seul pardon l'aurait sauvé;
Pour mes forfaits il en faut mille.

- Quelques péchés qu'on ait commis,
Leur nombre est nul devant la Grâce.
A qui les pleure ils sont remis
De son livre Dieu les efface.

- S'il faut des pleurs pour le pardon,
Je connais assez ma sentence.
Votre Dieu ne m'a pas fait don
De ces pleurs qu'attend sa clémence.

- O mon fils! ne blasphémez pas
La divine miséricorde!
Voyez: Jésus vous tend les bras
C'est un répis qu'il vous accorde.

Son coeur ne vous est pas connu.
Il vous supplie, il vous réclame.
En ce lieu seriez-vous venu
S'il n'avait pas touché votre âme?

- Oui! c'est ce Dieu qui m'y conduit,
S'il faut à des fantômes croire...
Pourtant, ce rêve me poursuit;
Il retentit dans ma mémoire.

En sursaut il m'a réveillé.
C'était comme une voix qui pleure:
'Quitte à l'instant ton lit souillé,"
Disait-elle, "suis-moi sur l'heure!

"Suis-moi, suis-moi! ... Pour ton salut
"J'implorais la pitié divine,
'Et celui qui pour nous mourut
"Allait consommer ta ruine!

"Lorsque Marie, à jésus-Christ
"Montrant son coeur percé d'un glaive,
"L'a supplié pour le maudit...
"Le Sauveur accorde une trêve.

"Accepte-la. Contrains, mon fils,
"L'orgueil rebelle à s'y résoudre.
"Sois humble. Au pied du crucifix
"Un prêtre attend qui doit t'absoudre."

Ce cri dans l'ombre me guidait.
J'allais, croyant suivre ma mère,
Et la voix qui me précédait
S'est tue au seuil du monastère.

J'ai frappé; j'ai voulu vous voir.
Un moment, troublé par ce songe,
J'ai voulu... Mais mon désespoir
Vous dit bien qu'il n'est qu'un mensonge!"

Le prêtre en silence écoutait,
Mais ses traits disaient sa souffrance
Près du pécheur qui rebutait
Tous les appels de l'espérance;

Lorsque, levant avec ferveur
Ses yeux sur une sainte image:
"Que fais-tu, Mère du Sauveur?
Veux-tu renier ton ouvrage?

Que puis-je, moi, pauvre néant
Pour forcer cette âme rebelle
Et fermer le gouffre béant
Que je vois s'ouvrir devant elle?

Mais si le feu dompte le fer,
Ta grâce est bien autrement forte:
Elle peut au bord de l'enfer
Ressusciter cette âme morte.

Dernier refuge du pécheur
Qui va périr loin de la vie.
Sauve-la, Mère du Sauveur:
Une mère te la confie!"

Un sanglot brisé répondit
Au dernier mot de sa prière.
Il regarda. L'homme maudit
Pleurait le front contre la pierre.

Saisi d'une sainte douleur,
le prieur, prosterné de même,
Implora pour ce grand pécheur
La remise de l'anathème.

Longtemps, lontemps il attendit;
L'heure s'écoulait triste et lente.
Tout à coup la main du bandit
S'empara de sa main tremblante.

-"Mon père! vous priez pour moi?
Priez! j'ai besoin d'assistance.
Oui, mon coeur s'est glacé d'effroi
En repassant mon existence.

Durant les jours que j'ai vécu
J'ai tout bravé dans mon audace.
le Christ à la fin m'a vaincu...
Mais pourra-t-il me faire grâce?

Son pouvoir s'étend-il si loin
Qu'il force ses lois au silence?
Sa justice, juge et témoin,
Brisera-t-elle sa balance?

- O mon fils! pourquoi la briser
Quand tout le pardon s'accorde?
Ce juge qui doit tout peser
S'appelle aussi Miséricorde."

Et le prêtre tendit les bras,
Puis il pressa sur sa poitrine
Ce coeur dont les derniers combats
L'assuraient d'une paix divine.

Elle avait déjà commencé.
Le pénitent disait:" Mon père!
Daignez m'absoudre du passé!
Je crois au Sauveur et j'espère.

Dieu m'a porté de rudes coups.
Sauvez-moi du poids qui m'accable! "
Et le confesseur à genoux
Prêta l'oreille au grand coupable.

Plusieurs fois on l'eût vu pâlir,
Glacé par des aveux étranges.
Plusieurs fois, se sentant faiblir,
Il invoqua l'appui des anges.

Enfin, il étendit la main.
Sûr du Dieu qui réconcilie,
Au nom du juge souverain
Il porta l'arrêt qui délie.

Et ce jour-là, dans son couvent,
Le prieur admit un novice
En qui plus d'un moine tremblant
Crut voir Satan portant cilice.

Auguste et Léon Le pas
(à suivre.)
 

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Publié le 8 Mars 2010


http://www.atp9.org/site/common/images/jacques%20molay%20grand%20maitre.jpg


Les mois d'épreuve avaient passé.
Le prieur, cachant sa tristesse,
Disait:" L'arrêt est prononcé,
Mon fils! agissons sans faiblesse.

Sachons nous soumettre, il le faut,
A l'ordre de la Providence.
Une voix m'a parlé d'en haut
Qui ne veut point de résistance.

- Quoi! mon père! vous dire adieu!
Abandonner le saint refuge
Où la clémence de mon Dieu
A fait mon sauveur de mon juge!

- Partout ce Dieu sera l'appui
D'une âme à la lutte appelée.
Le monde que vous avez fui
Doit vous revoir dans sa mêlée.

D'un emploi sublime investi.
Vous rentrerez dans la carrière.
Un cri de guerre a retenti
Dans la chrétienté tout entière.

Prenez aussi le bouclier.
La tombe du Christ vous appelle.
Sous l'armure du chevalier
Le moine ira mourir pour elle.

Pour couronner vos repentirs,
Prodiguant un sang qui féconde,
Vous aurez le sort des martyrs
Elus pour le salut du monde!"

Dans la journée, un pèlerin
Portant la croix sur sa poitrine,
Lance au côté, rosaire en main,
Chevauchait vers la Palestine.

Une nuit, le prieur dormait,
Lorsqu'il vit (n'était-ce qu'un rêve?)
Un ciel obscur où s'allumait
Une étoile en forme de glaive.

Bientôt l'obscurité dans l'air
Se perdit comme une fumée,
Et le glaive dans un ciel clair
Devint une croix enflammée.

Alors le prieur au levant
Vit surgir comme une ombre noire
Qui soudain courbée en croissant
Attaqua la croix dans sa gloire.

La croix fuyait... mais tout à coup
Faisant face à son adversaire,
Elle le frappa d'un grand coup
Qui retentit comme un tonnerre.

Devant le ciel tout embrasé
Le prieur ferma sa paupière...
Sur le croissant pulvérisé
La croix planait dans la lumière.

"Ce jour viendra, dit une voix,
Il viendra; mais ce n'est pas l'lheure.
Pour qu'il vienne, il faut que ma croix
Lontemps encore souffre et pleure."

Quand le prieur rouvrit les yeux,
Il vit sous la croix triomphante
S'élever dans l'air radieux
Une figure rayonnante.

Elle portait d'un pèlerin
Le crucifix et le rosaire.
Sa lance et son casque d'airain
Annonçaient un homme de guerre.

Tremblant, le guerrier s'avançait.
Devant la croix il semblait craindre,
Et son pas se ralentissait
Au moment même de l'atteindre.

Quand, près du signe du salut,
Telle qu'une aube éblouissante,
Voilà qu'une femme apparut
Souriant dans la nue ardente.

"Le Christ a promis le pardon.
Ne redoutez plus sa colère,
Disait-elle; louez son nom,
`Ayez confiance en sa Mère.

Votre sang répandu pour lui
Est pour vous un nouveau baptême.
La trève expirant aujourd'hui
Ne laisse rien de l'anathème.

Au but vous voilà parvenu
A l'heure où cette trève expire.
Ma prière avait obtenu
Qu'il fût atteint par le martyre."

Aux pieds de la croix prosterné,
Le pèlerin lui rendait gloire...
Et tout le ciel illuminé
Retentit d'un cri de victoire.

Alors le prieur entendit
Une voix de lui bien connue
Lui crier:" J'étais le maudit!"
Et tout disparut dans la nue.

Etait-ce rêve ou vision?
Du ciel était-ce un message?
A l'un des martyrs de Sion
Venait-il rendre témoignage?

Etait-il fidèle en tout point?....
Soit rêve ou vision divine,
Le pèlerin ne revint point
Du voyage de Palestine.




....

F I N




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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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