Publié le 11 Juin 2020

 

 

 

 

 

+ FÊTE-DIEU

 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

 

(Fontgombault, le 11 juin 2020)

Hic est panis, qui de cælo descendit.

Tel est le pain qui est descendu du ciel. Jn 6,58

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

Quel contraste ! À l’aube de l’humanité, une pomme dans les mains de l’homme est devenue cause de condamnation. Quand les temps furent accomplis, un peu de pain et un peu de vin dans les mains de Dieu sont devenus, et demeurent jusqu’aujourd’hui, instruments de salut.

Tel est le grand mystère de ce Pain, Pain vivant et vivifiant, que l’Église invite à méditer afin de mieux adorer :

De même que le Père qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. (Jn 6,57-58)

Le mystère de l’Eucharistie est mystère de vie. C’est la vie de Dieu qui veut devenir vie de l’homme. Il en va ainsi de tous les sacrements, admirables moyens mis en œuvre par Dieu pour toucher le cœur de l’homme, précieuses manifestations d’un amour incompréhensible et démesuré pour notre pauvre humanité. Dans le cas de l’Eucharistie, c’est Dieu lui-même, Auteur de tout don, qui est présent, et qui se fait don.

L’œuvre de la création avait révélé un amour gratuit. Si Dieu crée, ce n’est pas qu’il ait besoin de quelque chose. Celui qui semblerait devoir être assimilé au pauvre qui ne possède rien, est en réalité immensément riche : il n’a besoin de rien du tout, ou plus justement, de rien de ce qui est en dehors de lui. Dénué de tout ce qui attire notre curiosité et notre intérêt, Dieu est trop souvent ignoré par l’homme qui veut comme se libérer de cet amour gratuit, s’enorgueillir dans une effrayante solitude.

La création matérielle, réglée par Dieu avec « mesure, nombre et poids » (Sg 11, 20) est déjà une œuvre immense.

Elle n’est rien cependant en face de l’appel à la vie d’une créature spirituelle, invitée par le Créateur à la vision divine.

L’auteur du Livre de la Sagesse écrit :

Maître qui aime les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous : ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur. (Sg 11,26 – 12,2)

Cette pédagogie divine, nous la voyons à l’œuvre dans l’his- toire du salut. Les longs siècles de l’Ancien Testament façonnent le monde à travers le peuple élu.

À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils [...] rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être. (Hb 1,1-3)

Trop occupés à pourvoir au quotidien, nous oublions l’invitation et la volonté de Dieu, cette immense richesse qu’il veut nous partager. L’habitude, la distraction, sclérosent le cœur humain. Saint Paul nous met en garde :

Celui qui aura mangé le pain ou bu à la coupe du salut d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. ( 1 Co 11,27)

Il ne faut pas comprendre ces lignes comme une invitation à s’éloigner du sacrement de l’Eucharistie. Non, le corps et le sang de Jésus sont vraiment pour nous. Telle est la volonté manifestée dans les paroles de Dieu lors de l’institution de ce sacrement.

Ces mots de saint Paul invitent plutôt à considérer la profondeur et l’actualité du mystère d’amour qui a conduit à l’institution de ce sacrement, et qui demeure.

Dans un monde d’humains aux relations déshumanisées, la Messe dominicale risque de se limiter à un partage fraternel, un peu d’air au premier jour de la semaine, une bouffée d’oxygène au milieu de l’oppression ambiante. Cette fraternité entre disciples du même Seigneur est heureuse. Elle n’est pas suffisante.

Chaque prêtre, chaque chrétien, est placé par la célébration ou l’assistance à la Messe au cœur de l’histoire du salut, à la source inépuisable de l’amour de Dieu. Il n’est pas simplement au milieu de la communauté des frères qui l’entourent. Plus justement, c’est tourné vers le Seigneur qu’il va retrouver la communauté de ses frères, et même tous les hommes, dans une surnaturelle et efficace charité.

Les lignes de saint Paul demandent un examen sur les dispositions avec lesquelles nous entrons dans la célébration eucharistique. Sommes-nous conscients de l’amour qui est à la source de ce sacrement remis entre nos mains, à nos cœurs si pauvres, si vides et si sales ? Sommes-nous désireux d’y répondre ?

Si nous prenons au sérieux la célébration eucharistique, communion au Corps et au Sang du Seigneur, croyons que du cœur à cœur avec le foyer vivifiant de l’amour divin, notre cœur attiédi se réchauffera. La mission naît de la communion.

D’ici quelques jours, nous allons justement fêter le Cœur sacré de Jésus. La vérité de ce cœur humain témoigne de la fidélité de Dieu qui a tout donné en Jésus, sa vie pour notre vie.

Citons l’admirable prière de saint Irénée, évêque de Lyon (130-202) :

« Bienheureux les cœurs purs parce qu’ils verront Dieu » (Mt 5,8)... De même que ceux qui voient la lumière sont dans la lumière, et participent à sa splendeur, de même, ceux qui voient Dieu sont en Dieu, et participent à sa splendeur. Or, vivifiante est la splendeur de Dieu. Ils auront donc part à la vie, ceux qui voient Dieu. Tel est le motif pour lequel celui qui est insaisissable, incompréhensible et invisible, s’offre à être vu, compris et saisi par les hommes : c’est afin de vivifier ceux qui le saisissent et qui le voient. Car si sa grandeur est inscrutable, sa bonté aussi est inexprimable, et c’est grâce à elle qu’il se fait voir et qu’il donne la vie à ceux qui le voient. Car il est impossible de vivre sans la vie, et il n’y a de vie que par la participation à Dieu, et cette participation à Dieu consiste à voir Dieu et à jouir de sa Bonté... La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu. (Adversus hæreses 4, 20, 5 et 7)

Du Dieu vivant et vrai, puissions-nous donc en tout temps, et particulièrement lors de la célébration de la Messe ou de l’ado- ration du Saint-Sacrement, être chaque jour davantage les vrais et vivants adorateurs pour en devenir les vrais et vivants messagers.

Amen, Alléluia.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Juin 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Juin 2020

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Publié le 9 Juin 2020

   " Vous êtes donc ma victime, ô Sauveur, mais si je ne faisais que vous voir sur votre autel et sur votre croix, je ne saurais pas assez que c'est à moi, que c'est pour moi que vous vous  offrez. 

   Mais aujourd'hui que je vous mange, je sais, je sens, pour ainsi parler, que c'est pour moi que vous vous êtes offert. Je suis participant de votre autel, de votre croix, du sang qui y purifie le ciel et la terre, de la victoire que vous y avez remportée sur votre ennemi, sur le démon, sur le monde. 

   Si vous vous êtes offert pour moi, donc vous m'aimiez: car pour qui donne-t-on sa vie , si ce n'est pour ses amis? Je vous mange en union avec votre sacrifice, par conséquent avec votre amour: je jouis de votre amour tout entier, de toute son immensité: je le ressens tel qu'il est, j'en suis pénétré. 

   Vous venez vous-même me mettre ce feu dans les entrailles, afin que je vous aime d'un amour semblable au vôtre. Ah! je vois maintenant et je connais que vous avez pris pour moi cette chair humaine; que vous en avez porté les infirmités pour moi; que c'est pour moi que vous l'avez offerte, qu'elle est à moi. Je n'ai qu'à la prendre, à la manger, - à la posséder, à m'unir à elle. " (Bossuet)

    C'est la communion qui spécialise, si je puis ainsi parler, le don de Jésus: c'est dans la communion que nous sentons la vérité de la parole de saint Paul: Dilexit me et tradidit semetipsum pro me : Jésus m'aime, moi , personnellement, c'est pour moi qu'il s'est livré, j'en ai pour garant le don total qu'il me fait de lui-même. C'est là, dans ce don intime, personnel, qu'il ramasse, pour ainsi dire, tous ses dons, tous ses mérites, toutes ses oeuvres, toutes ses perfections pour me les communiquer. 

   Don ineffable, don gratuit, don total, don perpétuel, don universel, voilà ce qu'est la sainte communion ! 

   

 Don ineffable, puisque c'est le don de Dieu, puisque je possède , par la sainte communion , Celui qui est la joie des Anges et des élus, leur béatitude, puisque le ciel ne me donnera pas plus que je ne possède quand Jésus est dans ma poitrine.

   Don tout gratuit, car quels titres pourrais-je bien me reconnaître à cette libéralité sans pareille?     Qu'ai-je de moi-même qu'ai-je en propre d'autre que le péché, c'est-à-dire la révolte, la désobéissance, l'abus des dons de Dieu ? Qu'y a-t-il en moi qui puisse attirer Dieu, l'incliner à me faire du bien? Il n'y a rien en moi: pour trouver le mot de ce mystère, c'est en Dieu, c'est en Jésus lui-même qu'il me faut chercher: c'est sa bonté, son amour qui m'expliquent la communion: moi je ne fais que recevoir, c'est Dieu qui donne et qu'il s'oublie en donnant.

   don total: Jésus ne se réserve rien ; il me donne son corps , son sang, son coeur, son âme, sa divinité, tout ce qu'il a et tout ce qu'il est, ses prières, ses adorations , ses sacrifices, ses vertus; il s'unit à moi, aussi intimement que l'aliment s'unit à celui qui le prend; 

   Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et je demeure en lui, manet, demeure; ainsi ce n'est pas une union transitoire, passagère, c'est une union stable , permanente. Et quels bien me procure cette union ! Le premier de tout, le plus important, le bienfait capital; elle préserve en moi cette vie divine d'où dépend ma béatitude éternelle. 

   Le pain eucharistique n'est pas comme la manne qui n'en était que la figure; ceux qui mangèrent la manne sont morts; mais " celui mange ce pain vivra éternellement, quiconque en mange ne meurt pas  , ut si quis ex ipso manducaverit, non moriatur. 

   Et c'est ma nature tout entière qui recueille le bienfait de cette présence et de ce don; dans le contact avec cette chair sacrée, cette chair divine, mon corps lui-même reçoit l'empreinte de l'immortalité, et s'il doit passer par le tombeau, le corps et le sang de Jésus lui donnent le droit à la résurrection glorieuse : et ego ressuscitabo eum in novissimo die. (Joan VI 50,55)

 

   don perpétuel : Le pain de vie est toujours à ma portée; ma nourriture ne me fera jamais défaut, c'est moi, hélas! qui peut-être ne viens pas la prendre, mais jamais je ne pourrai faire ce reproche à Jésus qu'il n'était pas là quand je suis venu le chercher. Le tabernacle a toujours sa provision d'hosties et où que j'aille, en quelque contrée que me conduise la main paternelle de Dieu, j'y trouverai Jésus sacrement.

car " du lieu où le soleil se lève à celui où il se couche, mon nom, dit le Seigneur , est grand parmi les hommes, parce qu'en tout lieu, mes yeux rencontrent la divine victime qui m'est offerte " , et cette divine victime , c'est le chrétien qui la  consomme par la communion. 

   Et pourtant, que de sacrifices, que d'oubli de soi-même ne suppose pas, ne nécessite pas cette présence perpétuelle de l'Hostie; quelle puissance aussi pour triompher de la haine de Satan et du monde qui voudraient supprimer le sacerdoce et détruire tous les autels. 

   Jésus accepte tous les sacrifices, accomplit tous les miracles, il sera toujours là, il l'a promis : Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas.

    Don universel, nous sommes tous appelés, tous ceux qui ont la vie - mais les morts ne se nourrissent pas -  O Jésus! que de fois, au cours des siècles, vous serez descendu dans les coeurs des hommes pour les diviniser ! 

   C'est donc bien là, dans la communion, qu'est votre don suprême , ô Jésus! Qu'il nous est précieux, puisqu'il nous apporte la vie éternelle! Qu'il nous fait grands, puisqu'il nous constitue sa réalité, vos convives, vos tabernacles, vos ostensoirs!

 O Jésus ! la vraie vie est en haut et non dans les bas-fonds; c'est cette vie là que vous nous avez apportée, que vous nourrissez de votre propre substance divine, c'est cette vie du ciel que je veux et que je choisis.

  Grâces vous soient rendues pour ce don ineffable, ce don gratuit, ce don total, perpétuel et universel, de vous-même. Grâces vous soient rendues pour la sainte communion : Gratias Deo inerrabili dono ejus.

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité, #livres

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Publié le 9 Juin 2020

 

On entend les cloches sonner, les bancs qui craquent, une page qui se froisse. On imagine presque la tunique des sœurs frôler les dalles. À l'abbaye Notre-Dame-de-Fidélité de Jouques, près d'Aix-en-Provence, 45 bénédictines sont en train de réaliser, à l'heure où l'on parle, le plus long enregistrement musical de l'histoire.

Une intégrale des chants grégoriens, qui rythment leur vie monastique. Un projet qui durera 8000 heures arrivé à son terme. Soit presque 300 jours.

 

le figaro 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Juin 2020

 

 

 

   

 

   Me voici aux pieds de Jésus, devant le tabernacle; je suis venu là parce que je me suis souvenu qu'il a dit: Venez à moi vous tous qui succombez sous le fardeau et je vous referai ; et ego reficiam vos , (Matth, XI, 28) c'est-à-dire je vous transformerai , je vous consolerai au point de vous rendre chère la souffrance qui vous abat.

   Mon âme est en rumeur, en révolte; il faut que mon oraison devant le tabernacle où Jésus s'emprisonne, devant le crucifix qui me rappelle toutes ses souffrances, m'apporte comme un effluve de cette divine mansuétude, de cette patience, de cette charité sans mesure d'un Dieu qui a prié pour ses bourreaux. 
   Mais j'ai beau réfléchir, lier mes idées l'une à l'autre, je ne sens rien que le grondement de révolte qui me soulève toujours contre la dureté apparente du décret providentiel qui me crucifie; mon âme reste fermée. Ah ! c'est que je suis seul; c'est ma pensée que je rumine. Dieu n'est pas là ou ne fait pas sentir sa présence. Je laisse là toutes les réflexions, et du fond le plus intime de mon âme, c'est comme un cri de détresse presque désespéré qui monte vers Dieu pour implorer sa pitié. Et c'est aussi, en réponse , comme une commotion subite, comme un décor qui change brusquement, comme un souffle délicieux qui balaie tous les nuages de mon âme; du doute, de la sécheresse, des murmures, de la souffrance, du désespoir même il ne reste plus rien; je comprends tout, je crois tout, j'aime , je pardonne, rien ne me coûte plus; le ciel a visité la terre aride et séchée de mon âme; elle est transformée: Unctio docet vos de omnibus.

   Oh! pauvres et misérables créatures que nous sommes; quand donc comprendrons-nous que là est notre toute-puissance, dans le cri profond de notre détresse qui retentit au coeur de notre Père et lui arrache presque de force, malgré notre indignité, la consolation qui est le remède victorieux à tous nos maux. 

   La source inépuisable de la consolation pour toutes les souffrances et toutes les douleurs morales, c'est le Coeur adorable de Jésus , présent au milieu de nous sous les voiles de l'hostie. C'est le Coeur de notre Dieu, mais c'est aussi le coeur de notre frère, du chef de l'humanité souffrante et voyageuse ici-bas. 

   Nous n'avons pas en Jésus un pontife qui ne sache et ne puisse pas compatir à nos infirmités et à nos afflictions, car il a voulu tout connaître, hormis le péché: tentatum per omnia absque peccato. 

   Le coeur de Jésus, c'est le coeur de l'homme de douleur par excellence, le coeur du grand méconnu qui, venu dans le monde pour y semer les bienfaits, n'a recueilli que l'ingratitude et a été crucifié par ceux-là mêmes qu'il venait sauver. 

   Et c'est le coeur qui nous aime le plus, infiniment plus que la plus tendre des mères; c'est le Coeur du Maître qui peut tout, à qui rien n'est impossible, qui commande à l'océan et aux tempêtes;  c'est le Coeur fidèle par excellence, qu'aucune de nos ingratitudes ne rebute, qui ne nous repoussera jamais. 

    Et il est là non pas dans un seul tabernacle, mais partout, accessible à tous, à toute heure; et non content de nous donner audience, il s'offre à venir en nous pour endormir nos douleurs et nous donner la paix. Venite ad me omnes et invenietis requiem animabus vestris. (Matth XI,29)

   Coeur adorable de Jésus, comment celui qui a fait, ne fût-ce qu'une fois, l'expérience de votre bonté, de votre tendresse, peut-il encore connaître les heures troubles où la souffrance nécessaire, au lieu d'être accueillie comme votre mandataire, soulève les murmures et la révolte? Pourquoi donc ne recourons-nous pas de suite à vous? Ah ! c'est que nous n'aimons pas assez et que la confiance est à la mesure de l'amour. Mais du moins, ô Coeur infiniment miséricordieux, je veux vous rendre grâces pour toutes les consolations que vous m'avez apportées si souvent par votre divine présence; je veux  vous redire ce chant d'amour de Saint Bernard : Oh! qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter dans ce Coeur. 

   C'est en ce Coeur de mon Seigneur Jésus que je veux jeter toutes mes pensées. O Jésus, beauté sans tâche, lavez-moi de mes iniquités, purifiez-moi de mes péchés, afin qu'ainsi purifié par vous, je puisse m'approcher de vous, pureté infinie et mériter d'habiter en votre Coeur tous les jours de ma vie. C'est là , en ce Coeur, que je puis accepter toutes les souffrances et trouver douces toutes les amertumes. 

   C'est elle encore, votre Eucharistie, qui me donnera d'abord la résignation dans les épreuves de la vie, la confiance inébranlable en votre providence bonne et miséricordieuse, et qui, peut-être , si je suis fidèle, m'élèvera peu à peu jusqu'à cet amour de la souffrance qui est ici-bas le ciel commencé. Car que peut redouter l'âme qui vous aime uniquement, ô Jésus, qui ne veut que vous, et qui sait et comprend qu'elle vous possède d'autant plus que tout le reste l'abandonne, qui voit clairement que c'est devant la Croix qu'on vous rencontre? 

   Si l'Eucharistie est ainsi la source de toutes les grâces, comme la solution de tous les problèmes moraux, c'est parce qu'elle est surtout votre Coeur. Oui , c'est votre Coeur, ô Jésus, votre Coeur d'infinie miséricorde qui anime l'Hostie qui me nourrit chaque matin, c'est votre Coeur divin , tabernacle du Très-Haut, abîme de toutes les vertus, fournaise ardente de charité, maison de Dieu et porte du ciel, que pourrais-je bien demander à la terre? 

       Vous êtes la porte du Ciel, ô Coeur infiniment aimant. Qui vous aime, qui se confie à vous, ne connaîtra pas le mal sans remède, le mal irrévocable, le malheur éternel. Puissent tous les chrétiens revenir à cette source de vie, à cette fontaine de consolation et de délices, puissent-ils apprendre de vous, par l'expérience quotidienne de l'Eucharistie que votre joug est doux et votre fardeau léger.

   Puissent tous les chrétiens venir chaque jour réchauffer leur coeur au contact du vôtre, apprendre à vous mieux connaître pour vous mieux aimer, car vous nos avez faits pour vous, ô Jésus, et nos coeurs ne peuvent trouver le repos qu'en vous, que dans l'union à votre Sacré-Coeur. 

Amen. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Juin 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Juin 2020

 

das ist mein freund ! 

 
Hallo Philippe!
Vielen Dank für deine Gratulation und den tollen Link einer Homepage. Ich verstehe leider kein Französisch.  Ich finde sie wirklich super!!
Ganz liebe Grüße nach Frankreich!!
Luca
Hallo Philippe!
Ich habe gerade dein Mail gelesen. Die St. Florianer Sängerknaben sind auch meine Freunde. 
Liebge Grüße!
Luca
 
das ist sehr gut für die Moral! ​​​​​​
meine Gebete für Sie,
Ich küsse Sie
Philippe fan . 
 
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Juin 2020

 

     Ma piété envers Jésus-Eucharistie doit se manifester sous trois formes qui correspondent aux trois aspects sous lesquels l'Eucharistie se présente et se donne à moi:

- la présence réelle

- le saint Sacrifice de la messe

- la sainte communion.

Glorifier Jésus-Eucharistie, c'est le visiter avec une foi invincible en sa divine présence, en sa divinité, en son amour, et comme corrollaire et manifestation de cette foi forte et éclairée, oublier en sa présence tout ce qui n'est pas lui; et dès lors , les irrévérences dont je me rends hélas! si souvent coupable au pied des autels, la froideur qui m'en éloigne, sont autant de violations du devoir de la sanctification du nom divin, autant de contradictions et d'oppositions à la demande que j'y formule: Père, que votre nom soit sanctifié. 

   Glorifier Jésus-Eucharistie, c'est non seulement le visiter dans sa prison du Tabernacle, c'est aussi tenir à honneur et à profit d'assister au sacrifice qui l'immole sur l'autel, de m'unir à ses sentiments d'adoration envers son divin Père, c'est recueillir avec une sainte avidité les fruits du précieux Sang.  Et dès lors, c'est encore contredire ma prière que d'être indifférent à l'assistance au saint Sacrifice, de n'y venir que contraint et forcé par la loi positive de l'Eglise et de ne pas aimer à m'éclairer sur la grandeur sans pareille ici-bas du mystère qu'accomplit le prêtre à l'autel. 

   Glorifier Jésus-Eucharistie enfin, c'est le recevoir en moi par la sainte communion, le recevoir aussi souvent que possible, avec une ferveur qui grandit de jour en jour, puisque la sainte communion est l'aboutissement dernier du mystère eucharistique et que Jésus ne se fait Hostie que pour devenir mon pain quotidien. Et dès lors c'est manquer au devoir de glorifier l'Eucharistie que de s'éloigner de la sainte communion, sous des prétextes spécieux, comme aussi de ne pas apporter à la préparation et à l'action de grâces toute la ferveur dont je suis capable.

   Ainsi, en ce qui me concerne mon devoir personnel de glorifier le saint nom de Dieu, j'y satisfais pleinement par le parfait accomplissement de mes devoirs eucharistiques, comme aussi toutes mes fautes contre l'Eucharistie sont autant de contraventions à la première demande de l'Oraison dominicale, 

car l'Eucharistie, c'est Dieu, l'Eucharistie, c'est Jésus-Christ et donc le Verbe de Dieu, le nom substantiel de Dieu.

   Mais pour réaliser pleinement et mon devoir et le sens de ma prière à l'accomplissement de mes obligations personnelles envers l'Eucharistie, il faut que j'ajoute le zèle, pour le faire connaître, aimer, glorifier de tous ceux sur lesquels je puis agir, par tous les moyens d'apostolat qui me sont accessibles ou auxquels je puis coopérer . Et là quelle matière à examen!

   Puisque je ne suis ici-bas que pour glorifier Dieu, c'est donc le zèle de la gloire de Dieu, de Jésus-Eucharistie, qui doit me guider toujours, diriger et inspirer toutes les formes de mon activité. Et je dois rien avoir de plus à coeur de réaliser dans ma vie, selon la mesure d'influence que Dieu me donne et sans en laisser rien perdre, la parole de l'Ecriture: Compelle intrare. (Luc XIV, 23)

Poussez, entraînez les âmes vers l'Eucharistie. 

   Que votre règne eucharistique arrive!

Régnez seul à jamais sur nous par l'empire de votre amour, par le triomphe de vos vertus, pour votre plus grande gloire. 

  " Je suis venu apporter le feu sur la terre et que désirai-je sinon qu'il s'allume?

 

Oh ! puissions-nous être les incendiaires de ce feu céleste ! 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Juin 2020

 

 

Espagne: Pablo Turlo . J.S. Bach 

 

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Rédigé par Philippe

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