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Publié le 14 Juin 2017

 

 

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17 Octobre 1849

 

La sainte  mort de  FRÉDÉRIC CHOPIN

 


 

 

Fréderic Chopin fut l’un des plus grands compositeurs de l’histoire, ainsi qu’un virtuose du piano. Il est né dans le petit village de Zelazowa Wola, en Pologne. La date de sa naissance n’est pas certaine. Il fut baptisé quelques semaines plus tard, le 23 avril 1810. Son père, Nicolas, émigré français, épousa Justyna Krzyzanowska et travailla à Varsovie comme professeur particulier dans des familles de la noblesse. Cette circonstance favorisa l’accès de Chopin à un milieu cultivé.

Sa mère, très pieuse, l’éduqua très tôt dans la foi et la musique. Enfant prodige, il donnait déjà des concerts et écrivait ses propres compositions à l’âge de huit ans. Après une première formation au Conservatoire de musique de Varsovie, ses parents, convaincus de ses prodigieuses capacités, l’envoyèrent à Vienne, l’une des plus importantes du monde de la musique. C’est là que commença son succès, en 1829. En 1832, il s’établit à Paris, où il se lia à d’autres compositeurs, tels que Franz Liszt, Vincenzo Bellini et Felix Mendelssohn. Il y connut un très grand succès. Il s’écarta alors de la foi et de toute pratique religieuse.

En 1838, il rencontra George Sand, divorcée, avec laquelle il vécut. Ils subirent un hiver très dur à Mallorque, où Chopin attrapa la tuberculose. En 1839, ils s’installèrent à Paris, où Chopin rencontra un succès considérable. En 1840, sa santé se dégrada et il se sépara de George Sand. Après un séjour en Angleterre, il revint à Paris, où il mourut le 17 octobre 1849, à l’âge de 39 ans.

Le Père Alexandre Jelowicki, un ami d’enfance et un prêtre très apprécié dans la communauté polonaise de Paris, l’accompagna dans les derniers moments de sa vie. Voici comment il les raconta à une de ses amies, Saveria Grocholska, dans une lettre du 21 octobre 1849. La mort du pianiste est un grand sujet d’édification ; mais le zèle du prêtre et son souci de l’âme de son ami ne l’est pas moins.

« Très chère Madame,

« je suis encore sous le coup de la mort de Chopin, le 17 octobre de cette année 1849. Cela faisait déjà longtemps que la vie de Chopin était suspendue à un fil. Son organisme, qui avait toujours été délicat et faible, se consumait jour après jour comme la flamme de son génie.

« Pendant de nombreuses années, la vie de Chopin fut à peine un souffle. Son corps, faible et fragile, était visiblement déséquilibré par la puissance et la force de son génie. C’était merveille qu’il ait pu continuer à vivre dans un état si faible et, à l’occasion, agir avec tant d’énergie. Son corps était quasiment diaphane ; ses yeux étaient comme assombris par un nuage dont, de temps en temps, jaillissaient les rayons de son regard.

Aimable, gentil, débordant d’humour, enchanteur à tous égards, il semblait ne plus appartenir à la terre, tout en ne pensant malheureusement pas encore au Ciel. Il avait de bons amis, mais la plupart d’entre eux étaient en réalité de mauvais amis. Ces mauvais amis étaient ses flatteurs, c'est-à-dire ses ennemis, des hommes et des femmes sans principes ou, plus exactement, conduits par de mauvais principes. Son succès sans égal, plus subtil et plus stimulant que celui des autres artistes, menait lui aussi la guerre à son âme et étouffait chez lui l’expression de la foi et de la prière.

Les enseignements de sa mère, si chérie et si pieuse, ne furent plus pour lui qu’un souvenir de l’amour de son enfance. Le doute s’était introduit en lui dans les choses de la foi, et seule cette décence innée de son cœur généreux l’empêcha de sombrer dans le sarcasme et la moquerie des choses saintes et des consolations de la religion.

« Il était dans ces dispositions spirituelles quand il fut frappé par cette maladie pulmonaire qui allait bientôt l’arracher à nous. La connaissance de cette cruelle maladie me parvint à mon retour de Rome. Je m’empressai de lui rendre visite, le cœur débordant, pour revoir une fois encore l’ami de ma jeunesse, dont l’âme m’était infiniment plus chère que tout son talent. Je le trouvai, non pas plus maigre, parce que ce n’était pas possible, mais bien plus faible. Ses forces s’effondraient, sa vie s’amenuisait visiblement. Il m’embrassa affectueusement, les larmes aux yeux, en pensant non à sa propre douleur mais à la mienne. Il me parla de mon pauvre ami Édouard Worte, que je venais de perdre, vous savez déjà comment [il fut fusillé à Vienne, le 10 novembre 1848].

« Je profitai de son émotion pour lui parler de son âme. Je lui rappelai la piété de son enfance et celle de sa chère mère. ”Oui”, me dit-il, “pour ne pas faire de la peine à ma mère je ne mourrai pas sans les Sacrements, mais, de mon côté, je ne les considère pas comme tu le souhaiterais. Pour moi, le bienfait de la confession c’est uniquement de pouvoir décharger un cœur lourd dans une main amicale, mais je ne le vois pas comme un sacrement. Je suis prêt à me confesser, si tu le désires, parce que j’ai de l’affection pour toi, mais pas parce que cela me paraît nécessaire”. Mais restons-en là : il s’ensuivit une multitude d’arguments antireligieux qui me remplirent de terreur et de préoccupation pour cette âme choisie, et ma plus grande crainte était d’être appelé à devenir son confesseur.  

« Des mois s’écoulèrent en des conversations semblables, si douloureuses pour moi, le prêtre et l’ami sincère. Mais je m’accrochais à la certitude que la grâce de Dieu remporterait la victoire sur son âme rebelle, même si je ne savais pas comment. Après tous mes efforts, la prière était mon seul refuge.  

« Dans la soirée du 12 octobre, je m’étais retiré avec mes frères pour prier pour que change l’état d’esprit de Chopin, lorsque je fus appelé sur l’ordre du médecin, qui craignait qu’il ne survive pas à cette nuit. Je me précipitai à son chevet. Il prit ma main mais me demanda de partir tout de suite. Tout en m’assurant de sa profonde affection, il me dit qu’il ne désirait pas parler avec moi.

« Imaginez, si vous le pouvez, la nuit que j’ai passée ! Le jour suivant, c’était le 13, la fête de saint Édouard, le saint patron de mon pauvre frère. Je célébrai la Messe pour le repos de son âme et priai pour celle de Chopin. “Mon Dieu”, suppliai-je, “si l’âme de mon frère Édouard t’ait agréable, accorde-moi, en ce jour, l’âme de Frédéric”.

    « Doublement affligé, je me rendis alors au domicile mélancolique de notre pauvre malade.

« Je le trouvai en train de prendre son petit-déjeuner, servi avec un grand soin, comme toujours, et il m’invita à le partager. Je lui dis alors : “Mon ami, aujourd’hui, c’est la fête du saint patron de mon pauvre frère”. Il me supplia : “N’en parlons pas”. ”Mon très cher ami”, continuai-je, “tu dois me donner quelque chose pour la fête de mon frère”. – “Et que veux-tu que je te donne ?” me demanda-t-il. – “Ton âme”. – “Ah, me répondit-il, je comprends. La voici : prends-là !”

« A ces mots, une joie et une angoisse indescriptibles s’emparèrent de moi. Que devais-je lui dire ? Que devais-je faire pour restaurer sa foi, comment ne pas perdre cette chère âme au lieu de la gagner ? Je me jetai à genoux, et après m’être recueilli un moment, je criai au plus profonde mon cœur : “Attire-le toi-même vers Toi, mon Dieu !”

« Sans dire un mot, je montrai le crucifix à notre cher malade. Des rayons de lumière divine, des flammes de feu divin jaillirent, je dirais visiblement, du visage du Sauveur crucifié et illuminèrent à l’instant même l’âme et enflammèrent le cœur de Chopin. Des larmes brûlantes jaillirent de ses yeux. Sa foi reprit vie de nouveau et, avec une indicible ferveur, il se confessa et reçut la sainte Eucharistie. Après le saint Viatique, pénétré par cette grâce céleste que les Sacrements répandent dans les âmes pieuses, il demanda l’Extrême-Onction. Il désira payer avec largesse le sacristain qui m’accompagnait. Comme je lui faisais observer que c’était vingt fois trop, il me répondit : “Non, parce que ce que j’ai reçu n’a pas de prix”.

« Depuis cette heure, ce fut un saint. La lutte mortelle commença et dura quatre jours. La patience, la confiance en Dieu, et même une joyeuse sécurité, ne l’abandonnèrent jamais, malgré ses souffrances, jusqu’à son dernier souffle. Il était véritablement heureux, et se disait heureux. Au milieu des souffrances les plus aiguës, il n’exprimait qu’une joie extatique, un bouleversant amour de Dieu, sa reconnaissance de l’avoir de nouveau conduit à Dieu, un mépris du monde et de ses biens, et un désir d’une mort rapide.

« Il bénissait ses amis et lorsqu’après une crise qui paraissait être la dernière, il se vit entouré par tous ceux qui jour et nuit emplissaient sa chambre, il me demanda : “Mais, pourquoi ne prient-ils pas ?” À ces mots, tous se mirent à genoux, y compris des protestants, et s’unirent aux litanies et aux prières pour les défunts.  

« Jour et nuit, il serrait ma main, et ne me laissait pas m’éloigner de lui. “Non, ne me laisse pas pour le dernier instant”, me dit-il à un moment, et il s’appuya contre ma poitrine comme un petit enfant se blottit dans les bras de sa mère au moment du danger.

« Aussitôt il appela Jésus et Marie, avec une ferveur qui s’étendit au Ciel ; il embrassa rapidement le crucifix dans un mouvement fervent de foi, d’espérance et de charité. Il prononça les paroles les plus bouleversantes. “J’aime Dieu et l’homme”, dit-il. “Je suis content de mourir ainsi ; ne pleure pas, ma sœur. Mes amis, ne pleurez pas. Je suis heureux. Je sens que je me meurs. Adieu, priez pour moi !”

« Épuisé par des convulsions mortelles, il dit à ses médecins :

“Laissez-moi mourir. Ne me maintenez pas plus longtemps dans ce monde d’exil. Laissez-moi mourir. Pourquoi prolongez-vous ma vie alors que j’ai renoncé à toutes les choses et que Dieu a illuminé mon âme ? Dieu m’appelle : pourquoi me retenir ?”

« Une autre fois, il dit : “Belle science, qui laisse seulement à chacun de souffrir plus longtemps ! Si tu pouvais me rendre ma force, me rendre capable de faire du bien, de faire quelque sacrifice… Mais une vie de faiblesses, de peine, de douleur pour tous ceux qui m’aiment, prolonger une telle vie… Quelle belle science !”

« Alors il dit à nouveau : “Tu me laisses souffrir cruellement. Tu t’es peut-être trompée sur ma maladie. Mais Dieu ne se trompe pas. Il me châtie et je l’en bénis. Qu’il est bon que Dieu me châtie ici-bas ! Que Dieu est bon !”

« Son langage habituel était toujours élégant, ses mots bien choisis. Mais pour exprimer à la fin sa gratitude à tous, et en même temps toute la misère de ceux qui meurent sans se réconcilier avec Dieu, il s’exclama : “Sans toi je serais mort comme un porc”.

« En mourant, il invoquait encore les noms de Jésus, de Marie, de Joseph, il embrassait le crucifix et le serrait contre son cœur en s’exclamant : “Maintenant je suis à la source de la Béatitude !”

« Ainsi mourut Chopin. En vérité, sa mort fut le plus beau concert de toute sa vie.

« Priez pour lui, Madame ».


Père Alexandre Jelowicki

© traduit de l'espagnol, pour le petit Placide.

merci ça remonte le moral... ! vivement notre tour, on entendra Chopin au ciel dis-donc !  Garde -  moi y  une place, ! je réserve  d'avance. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 14 Juin 2017

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" Car mille ans sont à vos yeux comme le jour d'hier qui n'est plus... les années de l'homme sont un souffle sans consistance;"

ad laudes.

de se dire qu'on est presque  au bout, ça fait du bien. on peut bien souffrir encore un peu va ! vive Simon, euhh vive Chopin . hier soir je me suis endormi en pensant à cette éternité. ces milliers de gens dans la béatitude, pas rien quand même." le vivant, celui qui vous loue aujourd'hui," demain il n'y en aura plus... ça nourrit les psaumes. qu'importe qu'on vous ignore, qu'importe tout le reste après tout. bientôt on sera heureux. où je vais? je parts les rejoindre té , une voiture il lui faut de l'essence pour avancer, à nous c'est la pensée de notre béatitude qui gonfle nos voiles. parfois je dis aussi comme Chopin au père Henry, mais laissez - moi mourir, mais il veut pas !  qu'il est bon que Dieu me châtie ici bas ! c'est dans les psaumes aussi.  " Seigneur, si on me fait violence; soyez mon garant! si telle est la condition de l'homme, si l'esprit trouve la vie dans l'épreuve et la souffrance, châtiez-moi, mais rendez-moi la vie ."

drôlement beau !  même si ça ne sert qu'à ça , mais se dire " pour toujours, toujours.. ." à quoi on pense quand même.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Juin 2017

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Je vous adore, ô Divinité cachée; sous ces apparences, mystérieusement vous demeurez. Mon coeur se soumet à vous tout entier, parce qu'il se perd à vous y contempler. La vue, le toucher, le goût , sont ici déçus; la foi, qui vient par l'ouïe, est seule notre sûr guide. Je crois tout ce qu'à dit le Fils unique de Dieu; rien n'est plus véritable que le Verbe de vérité.

Sur la croix se cachait la seule divinité; ici, l'humanité se dérobe en même temps. Je crois et confesse l'une et l'autre pourtant, et prie comme le larron pénitent.

Je ne vois pas vos plaies comme les vit Thomas; mon coeur néanmoins vous confesse pour mon Dieu. Faites qu'à vous je crois toujours davantage, que j'espère en vous, que je n'aime que vous.

Donnez à mon esprit de vivre de votre lumière, de n'avoir de goût que pour votre douceur. Faites-moi un coeur pur, vous qui sauvez le monde.

O mémorial de la mort du Seigneur, pain vivant qui donnez la vie à l'homme; Dieu réellement présent, quoique dans le mystère, comme la foi vous donne obscurément à l'âme !

Jésus, que mes regards ne voient que sous un voile, vous savez ma prière, la soif qui me dévore: vous voir sans distance, sans séparation, face à face; dans la vue de votre gloire, la béatitude.

 

panis angelicus, "Je suis le pain de vie. "

 

   Dieu nous a donné son Fils unique par l'Incarnation, pour être le remède à nos blessures et l'aliment de la vie éternelle. Lui qui descend du ciel et demeure dans le ciel, il a vu, il voit le Père; il est tout entier, selon sa divinité, dans ce regard d'amour . Il ne possède pas seulement la science et la sagesse divines, il est cette science et cette sagesse: empreinte de la substance du Père et rayonnement de sa gloire, son image, son expression incréée, le mot substantiel qui le dit tout entier, le verbe de son coeur et qui le contient réellement. Sa science divine se transpose fidèlement dans son intelligence humaine, laquelle en sa docilité filiale, ne veut savoir que ce qu'elle entend du Père, ce qu'elle perçoit de sa beauté par le regard exhaustif d'amour qui l'emporte aussi tout entière vers le sein de la tendresse première.

   L'Incarnation se prolonge éminemment par l'Eucharistie . " Sur le point de quitter ses disciples  selon ses propres apparences, le Christ se laissa soi-même à eux sous les apparences du sacrement. "

   Nous possédons, sous les espèces très humbles d'un peu de pain, d'un peu de vin, notre Sauveur vivant, le même qui est né de la Vierge Marie, a souffert, est mort, est ressuscité, est assis à la droite de Dieu. La messe nous le donne à l'état de victime, comme une hostie: hostie qui ne peut plus souffrir ni mourir, mais qui nous apporte toute l'énergie rédemptrice de la Passion, toute la source de la vie éternelle . " Dieu a tant aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique . "

    Il nous l'a donné, en effet, et par l'Incarnation et par l'Eucharistie; par l'Eucharistie comme le couronnement de l'Incarnation.

    Il est là pour se faire notre nourriture; et c'est pour manifester jusqu'à l'évidence son intention, qu'il a revêtu les apparences des choses qui forment la substance de l'alimentation humaine, le pain et le vin.  Mais écoutons sur ces mystères la grande parole de saint Thomas :" C'est le Verbe de Dieu lui-même qui est dit principalement le pain de vie.

   Voilà pourquoi le Christ dit :" Je suis le pain de vie. "

    Et parce que la chair du Christ est unie au Verbe de Dieu, elle a aussi la puissance de vivifier; le corps du Christ, pris sacramentellement est donc aussi source de vie.

   Car c'est par les mystères que le Christ a accomplis dans sa chair qu'il donne la vie au monde; et ainsi la chair du Christ, par suite de la parole du Seigneur, est le pain, non de la vie au sens vulgaire, mais de cette vie que la mort ne brise point.

   La chair du Christ est donc appelée pain... Elle est signifiée par la manne. Manna signife: Qu'est-ce? parce que les Juifs, en la voyant admiraient et se disaient les uns aux autres: Qu'est-ce là ? 

    Mais rien n'est plus admirable que le Fils de Dieu fait homme... Et c'est aussi une chose bien admirable , que la manière dont le Christ est dans ce sacrement.

   La chair du Christ " met en nous la participation de Dieu" , dit Saint Cyrille d'Alexandrie ; " elle a puissance pour déifier ", dit Théophylacte.

C'est elle qui fait les vrais chrétiens; c'est le culte de l'Eucharistie et la pratique de la communion qui font les sociétés chrétiennes, et il est bien remarquable que la grande apostasie des temps modernes ait commencé, à la Réforme, avec la négation du sacrifice de la messe et de la présence réelle; c'est la communion fréquente qui fait germer les grandes fleurs merveilleuses de la virginité, et garde le mariage dans la sainteté de la pureté; c'est la communion qui fait les saints .

En possession d'une vie divine, l'âme unie au Seigneur ne craint plus la mort: elle espère fermement la grâce de la persévérance, et que tant de fleurs qu'elle sent germer en soi à son contact iront s'épanouir à la lumière de sa face, dans le paradis. Et pourquoi encore redouterait-elle la mort, si elle est rendue certaine par l'espérance que son corps ressuscitera glorieux? Ce triomphe promis à la foi est aussi le fruit du sacrement.

Par le fait de celui-ci, le corps , dès ce monde, commence d'échapper aux conséquences désastreuses du péché. On voit la chair du Seigneur, qui fut l'instrument physique de tant de prodiges, guérir encore miraculeusement dans l'Eucharistie et soutenir l'existence terrestre : In jejunio cibus; in infirmitate medicina. Toujours elle exerce une action sanctifiante sur le corps du communiant, non pas seulement par l'intermédiaire de l'âme et en vertu de l'influence que celle-ci possède naturellement sur la partie sensible, mais à titre de cause instrumentale physique. De même , elle est un gage de la resurrection, non pas seulement en la faisant mériter, mais de nouveau en qualité de cause instrumentale physique :" Celui qui mange ma chair et boit mon sang, dit le Seigneur, a la vie éternelle; et moi , je le ressusciterai au dernier jour ."

...

Les saints ont admiré la tendresse du Seigneur en ces divines rencontres: il leur a donné à boire la coupe de sa joie; il a renouvelé leur jeunesse, multiplié leur force, soutenu leur vaillance, allumé leur enthousiasme. Qu'ils sont beaux ceux que Dieu aime, dans l'éclat communiqué par son regard; qu'ils sont heureux!  Sainte Thérèse un jour s'échappa jusqu'à dire familièrement à son Seigneur :" Il n'est pas étonnant que vous ayez si peu d'amis; vous leur faites la vie trop dure!" Combien, elle surtout, pouvait-elle dire plus justement :" Est-il croyable Seigneur, que vous ayez si peu d'amis, alors que vous leur faites la vie si belle ? "

dom Pichery osb.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Juin 2017

 

Je vais rester ici toute seule  ? demandai-je avec peine.

Non, ma fille. Tu souffres beaucoup  ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais  ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.

Les cinquante premiers pèlerins du 13 juin, rentrés chez eux pleins de joie et de ferveur, publièrent partout la bonne nouvelle  : Oui, c’était vrai, Notre-Dame était apparue une deuxième fois à la Cova da Iria  ! et ce n’était pas fini, elle reviendrait tous les treize du mois, jusqu’en octobre  ! Ils surent si bien communiquer leur confiance enthousiaste que, le 13 juillet, en pleine période de moisson, ils seront des milliers à vouloir assister au céleste rendez-vous…

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Juin 2017

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Le 1er juin, notre frère Pierre Buisson nous a quittés pour remonter vers le Père. Il avait 98 ans et était le doyen d'âge de notre communauté. Responsable de la taillerie, c'était lui qui fabriquait nos habits monastiques. Que Notre Dame l'accueille au Paradis avec tous les saints!

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Juin 2017

Clear Creek, Antoine Forgeot, Fontgombault, prière, liturgie

 

retour aux jours ordinaires... ça fait drôle.

 

  Supplions aussi notre Père,

Père de l'éternelle gloire,

Père de la grâce puissante

Qu'il nous garde du péché glissant

Qu'il nous rende forts et sans peur

Qu'il brise les dents du jaloux

Nous aide en passes difficiles

Donne sa grâce pour agir.

 

ad laudes.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Juin 2017

http://www.caritasregiondemurcia.org/wp-content/uploads/2014/07/IMG_7698.jpg

 

Salve, Regína, mater misericórdiae
vita, dulcédo et spes nostra, salve
Ad te clamámus, éxules fílii Evae.
Ad te suspirámus, geméntes et flentes
in hac lacrimárum valle.
Eia ergo, advocáta nostra,
illos tuos misericórdes óculos
ad nos convérte.
Et Jesum, benedíctum frucum ventris tui,
nobis post hoc exsílium osténde
O clemens, o pia, o dulcis Virgo María

 

pour un jeune couple dont la maman est hospitalisée.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Juin 2017

aux futurs mariés, beaucoup de bonheur !

 

   Ironie des symboles. Dans la théologie spirituelle, le mariage, les noces mystiques marquent l'extase, l'étape suprême des vies saintes.

L'épithalame de Yahweh et la synagogue est célébré en strophes ferventes par les prophètes. Les vierges sages rejoignent l'Epoux en la vigile des noces éternelles. Le Christ passe au doigt de sa fiancée, Catherine de Sienne, l'anneau de leurs épousailles. Or, l'on voit tout le peuple des époux et des épouses de chair qui déclinent l'invitation au festin nuptial du Roi :" J'ai pris femme, et donc je ne puis venir" .

   Le mariage est l'apologue de la sainteté dans les deux Alliances: sous la Loi de crainte et sous la loi d'Amour.  Or des consciences chrétiennes ont créé cette parabole amère que leur mariage soit pour les époux une renonciation fatale à la sainteté. 

   Le P. Doncoeur remarquait naguère avec une mélancolie troublante que dans le cortège liturgique du sanctoral bien peu d'époux défilent la main dans la main. Dans les fêtes de l'Eglise, jour après jour, les martyres au nimbe rouge et les pècheresses aux tresses dénouées se pressent avec les moniales au voile consacré et les veuves au béguin blanc.

   Hormis quelques couples royaux, la légion des époux et des épouses renonçant aux gloires de la canonisation , accèdent à la dernière demeure du Royaume par une voie médiocre et plane, sans le tourment des héroïsmes et des miracles.

   On pourrait sans doute expliquer ce fait dans l'histoire de l'Eglise qu'il y ait si peu de saints couronnés ensemble chez les chrétiens mariés. Expliquable, ce reste un fait douloureux qui semblerait, ou confirmer les vieilles théologies pessimistes du mariage, ou solliciter peut-être ces mystiques  séduisantes d'un amour de l'Eden ou du cinéma.  Avec toute ma conscience de prêtre et avec tout l'optimisme chrétien; en pensant à ces saints ignorés: celle qui est ma mère et ce travailleur obscur qui est mon père, et qui un jour furent de jeunes épousés tressaillant dans un rêve de bonheur et de foi qui ne les a point trompés , je me refuse de toutes mes forces à croire que ce sacrement qui est grand soit une embûche et une dérision pour la sainteté.

   Chez saint Thomas d'Aquin, l'organisme sacramentaire chrétien est illustré de l'intérieur par un recours à l'analogie de la vie organique et sociale, c'est-à-dire à l'aide d'une nature qui existe et dont on connait en partie les fonctions.

  Une vie qui naît, c'est le Baptême. Une vie qui grandit, et c'est la Confirmation. Une vie qui se nourrit et c'est l'Eucharistie. Une vie qui atteint la perfection de la fécondité au  service de la société et du Royaume et c'est le Mariage.

   Non, les époux ne sont pas des étrangers ni des hôtes de passage, mais vraiment les concitoyens des saints: ils sont - et je consens que je sollicite l'exégèse en parlant de la sorte - ils sont les domestici Dei, ceux qui font la domus, la maisonnée de Dieu.

   Le mariage est une vocation, une destinée, ainsi que disent naïvement nos gens: non pas ce fatum de la mythologie et du romantisme, mais un lieu spirituel et terrestre où se noue et s'exprime, dans les aptitudes secrètes et les circonstances et les choix inspirés, la prédestination éternelle des âmes à leur béatitude.

   Vocation personnelle et totale qui saisit l'être dans les sources profondes de l'amour et qui instaure l'amour dans une vie, comme une espèce visible de la grâce et de la fidélité. Hélas! c'est là la plus grande profanation qu'à cause de tant de péchés, de révoltes commis en son nom et sous son masque, on ne puisse penser à l'amour sans scandale.

   Mais l'amour n'est pas ce vertige de fauve qui cerne la proie facile d'un pauvre corps: et la véhémence même de ses débordements dénoncerait encore sa grandeur inassouvie, s'il restait une âme pour la mesurer.

   L'amour, déjà si pur à ses origines dans l'argile de la création et dans le souffle de Dieu , a connu sa Rédemption dans le Coeur de chair du Christ qui a pu dire avec l'élan terrible et la générosité de l'homme qui aime :" Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime."

   Le jeune homme et son élue, un jour, dans la conscience d'un rêve très pur, ou malgré peut-être des émois inconnus ou des remords troubles, ont découvert que leur mariage serait une vocation à l'amour. Ils ont consenti que ce ne fût pas la virginité, que ce ne fût pas le sacerdoce qui devienne l'image de l'amour le plus saint qui se puisse penser; mais que ce fût leur mariage qui symbolise l'amour du Christ et de l'Eglise :" Vous les hommes, aimez vos femmes de même que le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré pour elle... Il la voulait faire paraître devant lui, cette Eglise, glorieuse et donc nette de toute souillure, de rides et autres choses semblables.  Voilà pourquoi l'homme laisse père et mère pour s'attacher à sa femme et ne faire plus, à eux deux qu'une seule chair. Ce mystère est grand, mais moi je dis par rapport au Christ et à l'Eglise.

   Le prêtre et les époux se partagent les dimensions du Corps mystique.  ... Le prêtre exerce un pouvoir sur un sacrement de Chair et de Sang, sur un sacrement d'amour qui est gage d'immortalité. Les époux sont liés dans un sacrement de chair et d'amour pour peupler le Ciel d'élus.

   Après la parole sur le pain , il n'a pas d'action de l'homme qui appelle plus impérieusement et plus intimement l'action de Dieu, que cette attente d'une âme dans les corps que les époux pétrissent de leur chair même. Dieu a partagé avec l'homme sa création et sa rédemption, et la chair et le sang " pourront hériter le Royaume des Cieux " parce qu'il y a l'Eucharistie et le Mariage.

   Par leur mariage, les époux entrent dans cet état de leur vie qui fera oeuvre de vie, et ils instaurent le lieu de leur service et de leur vocation à l'amour: leur maison. Ils ratifient que le Christ ait puisé ses plus belles paraboles du Ciel dans leur maison et dans leurs humbles besognes domestiques :" Le Royaume des Cieux est semblable à une femme qui a perdu une pièce de monnaie et qui allume la lampe et qui balaie la maison jusqu'à ce qu'elle l'ait trouvée... Le ciel est comme cette mère de famille qui met du levain pour que le pain fermente et lève; il est comme cet homme qui fait ses semailles au printemps, qui invite des amis à la fête de sa maison, qui engage des ouvriers.... "

   L'homme et la femme qui se donnent la main dans un serment à la face de l'Eglise ont joint leur prédestination dans une grâce désormais commune et mutuelle.

   Quand l'homme dit à la femme et quand la femme dit à l'homme :" Je t'accepte" , ils sont devenus les artisans de leur grâce et de leur sainteté.  Je t'accepte pour te sanctifier dans ton amour par le mien, dans la fécondité de notre chair unie, dans le lieu de notre maison. Ce n'est pas seulement la foi, c'est une foi qui sera fidélité mutuelle et confiance unie au Dieu qui les joint: ce n'est plus seulement l'espérance, c'est une providence conjointe de la paternité et de la maternité; ce n'est plus seulement la charité, c'est l'amour de l'autre devenu plus prochain à soi que soi-même dans une destruction surnaturelle de l'égoïsme.

   Au jour de leurs noces, les époux ont reçu tout l'équipement de leur sainteté, mais d'une sainteté de l'amour et de la fécondité dans leur maison.

Le père, la mère, l'enfant : ce sont les trois espèces visibles, efficaces et durables de la grâce du mariage chrétien. Les époux furent ministres et continuent d'être les artisans de leur sacrement. Leurs fidélités muettes et les dévouements prodigieux de leur amour devenu charité; leur amour qui s'est fait chair et âme d'enfant, les unissant en exigences nouvelles et dans leurs suprêmes énergies ; les tâches très humbles de la maison où une reine loyale et sublime peut se montrer maternelle même avec son époux, tout peut et doit devenir sacramentel: tout peut prolonger l'Incarnation dans l'humain le plus ineffable.

   Vous, mon frère et ma soeur, croyez à votre sacrement qui est grand. Vous ne serez ni thaumaturges, ni pénitents, ni contemplatifs, ni réformateurs, ni fondateurs d'Ordre.. Vous ne serez ni persécutés, ni bafoués, ni exilés, ni exaltés dans des tâches ardentes et victorieuses. Mais vous serez des saints. D'une sainteté ignorée et qui s'ignore, sans auréole et sans hommages, sans oeuvre que votre oeuvre de chair et de grâce.

    Consentez seulement que vos noces terrestres soient votre premier pas dans un cheminement ensemble vers la Maison des noces éternelles. Domestici Dei.

 

+ rp Audet . op

 

  

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Juin 2017

Rédigé par Philippe

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Publié le 9 Juin 2017

 

 

 

" Marche en présence de Dieu et sois parfait."

 

règle de saint Benoît .

 

La grande lumière nous vient de la connaissance du mystère de la Sainte Trinité. Il n'y a qu'un seul vrai Dieu. Ce Dieu qui est en nous tout entier, c'est le Dieu unique en sa nature et trine en ses Personnes. Et cette constatation nous confond. Ainsi cette Trinité vivante, que nous avons coutume de nous représenter dans je ne sais quel lointain où elle se montrerait à découvert aux anges et aux ciel,  cette Trinité adorable, elle est en nous, elle vit en nous.

   En moi, en ce moment, comme à tous les autres instants de ma vie, Dieu le Père en se connaissant lui-même engendre son Fils et lui donne toute sa nature divine pour en faire son égal et son " consubstantiel" . En moi, en ce moment, Dieu le Père et Dieu le Fils s'aiment, et des torrents infinis de cet amour unique où ils se donnent l'un à l'autre procède la Personne du Saint-Esprit.  Cela , encore une fois, se passe en moi, à chaque instant, et je ne le savais pas: Vere Dominus est in loco isto, et ego nesciebam (Gen. XXVIII, 16) Et cette vérité dont je ne puis douter, comme elle provoque mon âme à l'admiration, au respect, et par-dessus tout à de nouvelles adorations.

   Mais je ne suis qu'au seuil de ce monde nouveau. Car ce Dieu vivant en moi m'appelle à partager son bonheur, à entrer, comme fils adoptif et sous les auspices du Fils unique, dans le mouvement de vie qui , au sein de la Trinité, emporte le Fils par amour jusque dans le sein du Père. Pour me  donner cette espérance inouïe, pour m'assurer cet héritage divin, le Fils s'est fait semblable à moi et s'est livré pour moi.

    C'est ce même Fils qui , présentement, avec son Père et l'Esprit-Saint, réside en moi; il veut me préparer aux jouissances célestes d'une vie divine dont il me fera partager un jour avec lui le bonheur; et il me donne dès ici-bas, il me donne sans interruption la vie de la grâce qui est une participation à la vie divine dont il vit lui-même...

   Devant un Dieu qui, présent en moi, me comble ainsi de ses dons gratuits, les uns en espérance, les autres déjà réalisés, ce n'est plus seulement l'adoration qui remplit mon coeur, c'est la confiance absolue et l'abandon total, c'est la reconnaissance qui conduit à l'amour.

   Oui , c'est à l'amour réciproque que me convie mon Dieu en révélant à ma foi le mystère auguste de sa vie en trois Personnes, en élevant mes espérances jusqu'à attendre avec une ferme confiance la participation béatifiante à sa propre vie. Et cet amour, il ne l'envisage pas seulement pour plus tard, dans la béatitude du ciel: il veut le voir réalisé dès ici-bas. Présent en moi, il se donne à moi pour me prouver qu'il m'aime et me provoquer à l'aimer.

   Nous touchons ici au mystère central de notre vie intérieure.  Essayons de comprendre un peu mieux ce don que Dieu nous fait de lui-même en habitant dans nos âmes en vertu de la grâce sanctifiante et de la charité.

   Si quis diligit me ... Pater meus diliget eum, et ad eum veniemus, et mansionem apud eum faciemus (Joan, XIV, 23)  Attachons-nous à ces derniers mots : Dieu établira sa demeure chez nous.

   Etre chez quelqu'un, ce n'est pas seulement se trouver physiquement dans sa demeure. Des touristes visitent un château historique; le propriétaire y habite dans quelques pièces qu'il s'est réservées; un guide conduit les visiteurs. Peut-on dire que cette foule anonyme est reçue chez le maître du château? Certainement non ! Etre reçu chez quelqu'un, c'est être accueilli par lui comme un hôte intime, qu'on entoure de prévenances, qu'on ne laisse pas seul, mais auquel on donne de son temps, auquel on ouvre son coeur dans des conversations pleines d'abandon, auquel on fait part, sans compter et sans rien cacher , des biens et des trésors que l'on possède afin que, pendant son séjour, il en jouisse comme s'ils étaient à lui.

   C'est ainsi que Dieu entend venir chez nous et nous admettre chez lui. Sa présence en nous, cette présence toute spirituelle du Dieu vivant et agissant en nous, n'est pas seulement l'étroite dépendance qui résulte du lien causal; elle implique de la part de notre Dieu des rapports personnels avec nous , un don de lui-même à nous. Dans le sanctuaire de nos âmes, nous habitons avec notre Dieu; nous sommes chez lui et il nous admet comme ses hôtes à jouir de ses biens et de lui-même.  Il est chez nous et il attend de nous le libre abandon de tout ce que nous possédons et qui nous vient de sa libéralité. Et comme il se donne à nous par amour, c'est par amour aussi qu'il veut que nous nous donnions à lui.

   Le ciel nous dévoilera pleinement un jour cet Hôte divin: nous le verrons et nous jouirons de lui. Mais ici-bas, nous savons par la foi qu'il est en nous, chez nous, que nous le possédons vraiment parce qu'il se donne à nous; et cette certitude que nous donne la foi autorise la confiance, dilate l'âme, la remplit de douceur et de suavité, donne la paix et la sécurité.

   Dieu va parfois plus loin encore dès ici-bas, et il permet à certaines âmes très pures, tout à fait livrées  à lui et traitées par lui avec une prédilection absolument gratuite, de prendre conscience de cette présence intime et de cet amour.  L'âme alors ne sait pas seulement, elle expérimente Dieu présent et elle jouit du Dieu aimant. Aux élans de son coeur vers Dieu, le Maître intérieur, silencieux pour nous et enveloppé dans les ombres de la foi, répond d'une façon perceptible en entr'ouvrant les voiles. Heureuses les âmes que l'Hôte divin traite ainsi! Devant les perspectives infinies qui sont ouvertes à notre vie intérieure, c'est-à-dire à notre intimité avec Dieu, qui de nous pourrait ne pas sentir son courage s'enflammer et sa reconnaissance grandir envers ce Dieu présent en nous, non pas seulement par la nécessité de sa nature, mais par un don gratuit de lui-même, inspiré par son amour infini et nous conviant à un amour qui, de notre côté , peut aussi grandir et s'accroître sans limite et sans cesse?

   Essayons désormais de vivre de ces splendides réalités que la foi nous révèle. Efforçons-nous de n'oublier jamais que Dieu est en nous, qu'il nous aime et que nous devons l'aimer et le traiter comme notre Hôte. Souvenons-nous que le péché mortel chasse Dieu de notre âme,  non qu'il empêche sa présence physique, mais parce qu'il contraint notre Dieu à se replier pour ainsi dire sur soi-même en cessant de nous aimer et de se donner à nous dans la charité. Souvenons-nous que le péché véniel, sans mettre notre Hôte divin à la porte de notre âme, se désintéresse de lui pour courir après des bagatelles qui lui déplaisent , et constitue un manque d'égards et de respect, voire même parfois une véritable insulte.  Souvenons-nous enfin que la tiédeur est une attitude inexcusable, puisqu'elle nous place, à l'égard du Dieu que nous savons par la foi présent en nous, dans un état d'indifférence telle que nous avons pris et que nous gardons l'habitude de penser et d'agir comme si Dieu n'était pas notre Hôte aimant sans cesse occupé à nous combler de bienfaits.

   Et pour conclure à la pratique, voyons un peu comment , au début d'une oraison , nous pouvons utiliser cette grande vérité de la présence de Dieu telle que nous venons de la comprendre.

   Après nous être recueillis, c'est-à-dire avoir ramené à nous notre imagination vagabonde et repris en main toutes nos facultés, nous nous adresserons à Dieu et nous lui dirons :

" Mon Dieu, je crois que vous êtes partout présent. Je crois que vous êtes en ce lieu où je suis venu pour vous prier. Je sais que les objets qui m'entourent et que perçoivent mes sens sont, malgré les apparences, moins réels que vous ne l'êtes vous-même, ô Dieu éternel. Je sais, je crois que vous êtes en moi, que vous y êtes tout entier, avec toutes vos perfections, avec votre vie trinitaire dont je suis le sanctuaire indigne. Je crois que tout mon être, toute mon existence est suspendue à votre volonté créatrice, comme l'effet à sa cause, comme le rayon au foyer lumineux , comme le son aux lèvres qui le profèrent. O mon Dieu, dont je dépends absolument, je reconnais mon néant, et je vous adore. Ah! si du moins je n'étais que néant! mais je suis pécheur: j'ai retourné contre vous les dons que vous me faites . Au moment même où je les recevais de vous, je les ai employés pour vous déplaire et vous insulter. Pardon, mon Dieu!  De ce pardon je suis indigne; mais votre miséricorde infinie, votre amour toujours actuel à mon égard raniment ma confiance. Et ce pardon que vous m'accordez en ce moment me donne un nouveau sujet de vous louer avec toutes les créatures qui reçoivent de vous tant de bienfaits; il me donne surtout un nouveau motif de vous aimer, ô mon Hôte divin auquel je reviens, désolé de ma conduite, mais décidé à m'abandonner à votre amour. Je veux, du moins, employer le temps de cette oraison à vous tenir compagnie, à vous dont j'ai si souvent méconnu, oublié la présence.  Depuis longtemps vous m'attendez: me voici enfin, ô mon Dieu; daignez m'accueillir et par votre grâce me retenir près de vous pendant tout le temps de cette oraison ; car sans vous je ne puis même vous prier comme il convient; et je suis heureux de cette dépendance totale parce qu'elle me lie plus étroitement à vous....."

 

p Catherinet.

  

 

 

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