spiritualite

Publié le 6 Juin 2017

source Aleteia.

Après une messe monastique du dimanche,  auprès de soeur Marie Véronique de la sainte Face, prieure, et ses filles,    - le bonheur, quoi - y avait un très  gros incendie, alors Padre a crié "  O feu ! O feu!" même d'appeler le 15 n'aurait pu rien faire. D'ailleurs on a découvert le pyromane  " Je suis venu allumer le feu, et que désirai-je sinon de le voir brûler !" alors on se console tout seul,  le soir, pensant qu'on a eu vraiment quelque chose et quelqu'un sans aucun doute. On était dans cet immense brasier de coeurs à l'unisson avec ceux de Chartres et nos moines.

Ca a valu la peine  les lendemains aussi, on se console,  on se dit  :" allez va, t'as vraiment eu une très belle messe.. !  tu donnes même à la quête dis-donc! t'as du jamais donner autant ! " veinard. Tu peux essayer d'en vivre avec au moins.  Ah oui on aurait aimé y dresser aussi un bivouac.. !  mais il faut redescendre sur la terre. Elles n'ont pas d'hôtellerie comme les moines...les filles, j'en sais rien.     ce n'est pas leur vocation première, pourtant c'est tellement  paradisiaque .

il faut rentrer chez soi...

puis

nous êtions près des pèlerins où nous avons pu apercevoir notre séminariste Sebastian,  et father Bede Rowe. j'ai pensé à Charles aussi .. et à sa famille. Tiens, Augustin, (me rappelle même de son prénom; )  pas trop vieilli si des cheveux blancs quand même moi j'en ai pas encore hu hu hu  ! .. vieille connaissance.  bonjour ! des souvenirs qui reviennent il y a + de dix ans au moins. en plein 14 juillet !... une chaleur pas possible.  il voulait aller convertir les festifs, heureusement,  retenu par le père hôtelier. Quels étaient ceux-là qui allaient se jeter dans la Creuse, sous l'oeil attentionné , bienveillant  et paternel du très révérend père Maître et surpris parfois des visiteurs.. mais amusés , serviette de plage, tout quoi pour plaire  !   ... Augustin, Philippe et  Arnauld .. quelle époque !  faut revivre avec tout ça. c'est ce qui fait vivre. le bonheur ce sont des prolongations de la vie dans l'action de grâces de tous ces moments vécus, heureux  et partagés . un goutte à goutte pour nos derniers jours, de l'oxygène c'est parfois fou de se dire qu'on a été heureux dans son existence .  on avait au moins de l'intérêt pour quelqu'un .

Alors certaines photos font tilt..ces visages qu'on ne peut oublier et  parce que toujours fidèles et toujours là sur  le devant de la scène .. (et moi avec ! sans doute plus caché, qui ne signifie plus grand chose , plus rien,  nous on est dans l'ombre et dans l'oubli, maintenant   mais aussi vrai  )

me rappelle être sorti vivant de sa voiture dans la capitale   quelle époque ....

Heureusement la tempête n'a soufflé que très fort cette nuit seulement...la tempête que nous envoient les Russes té ! .. l'année dernière à pareille époque c'était les grandes inondations !

 

mais

 

oui tout cela laisse à penser qu'on va bien quelque part ... ! le plus tôt sera le mieux. On est bien " en marche " ! ça c'est clair. non pas seulement avec un évangile, à la manière des protestants, avec Christ ,   mais avec la sainte Trinité tout entière vivant et demeurant  en nous source de consolations et de toutes grâces. C'est bien là notre seul héritage et notre seul trésor.  merci mon Dieu pour tout ça .  Conservez-les dans votre amour et votre miséricorde.

 

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Publié le 5 Juin 2017

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   Le Saint-Esprit a-t-il été ainsi envoyé pour produire ces fruits merveilleux dans l'Eglise naissante seulement ?

   Evidemment , non. Il continue le même secours dans la suite des générations. Son action dans l'Eglise apparaît par la force invincible qu'il lui donne. On le vit pendant les trois siècles de persécution et par la victoire qu'elle remporta dans la suite sur tant d'hérésies.

   Toute communauté chrétienne doit donc se conformer aux exemples donnés par l'Eglise naissante. Que devons-nous apprendre d'elle ?

   A n'être qu'un  coeur et qu'une âme, en bânnissant les divisions, à travailler à l'extension du règne de Dieu dans le monde, malgré les difficultés qui s'y opposent. A croire fermement et pratiquement à l'indéfectibilité de l'Eglise, qui est toujours sainte, et qui ne cesse de produire des saints. Nous devons aussi, à l'exemple des premiers chrétiens, porter avec patience et avec amour les souffrances que Dieu nous envoie. Croyons de tout notre coeur au Saint-Esprit qui ne cesse d'animer l'Eglise, et à la communion des Saints.

   Si nous voyions l'Eglise de notre temps telle qu'elle est dans les âmes les plus généreuses qui vivent le plus de sa vie, elle nous apparaîtrait très belle, malgré les imperfections humaines qui se mêlent à l'activité de ses enfants.

   Nous nous affligeons à bon droit de certaines tâches, mais n'oublions pas que, s'il y a parfois de la boue dans la vallée au pied des montagnes, sur les sommets il y a toujours une neige d'une blancheur éclatante, un air très pur, et une vue merveilleuse qui élève constamment vers Dieu.

rp Garrigou Lagrange. OP

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 2 Juin 2017

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Publié le 2 Juin 2017

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Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
 
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
 
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
 
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
 
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
 
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
 
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Juin 2017

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   Le culte du Sacré-Coeur est, de toute évidence, en relation directe et intime avec l'Incarnation, avec l'apparition en notre monde d'un Homme-Dieu: il en est une conséquence logique. De ce fait on peut déjà augurer une certaine complexité de la dévotion au Sacré-Coeur.

  L'objet de cette dévotion se présente en effet comme assez complexe: il apparait cependant que l'élément premier en est le coeur matériel et organique du Christ. Ce coeur, partie de son humanité, a droit à nos adorations en raison de l'union substantielle de l'humanité du Christ au Verbe divin.

   Mais le culte redu au Coeur ne s'arrête pas à lui: il va jusqu'à la personne même du Christ: en adorant le Coeur de Jésus, c'est sa personne que nous adorons, comme en baisant la main de quelqu'un, c'est à ce quelqu'un que nous rendons hommage. De cette première façon le culte dépasse déjà le coeur de chair lui-même. Il le dépasse encore en ce que, adorant le coeur du Christ, nous adorons ce qu'il symbolise pour nous: l'amour de Jésus.

   Deux éléments constituent donc la dévotion: l'un sensible, matériel: le coeur de chair; l'autre spirituel : l'amour qu'il symbolise.

Si le culte ne doit pas s'arrêter au premier élément comme tel, il n'est cependant pas autorisé à l'oublier pour ne retenir que le second. En un mot, le coeur de chair est bien l'objet du culte, non pas en lui-même, ni pour lui-même.

"    en lui-même et pour lui-même, le coeur de chair du Christ, comme aussi bien toutes les perfections créées du Christ, aurait droit à un culte de dulie, ou plutôt, si l'on veut, d'hyperdulie. C'est le culte que nous rendons au Coeur très pur de la sainte Vierge. Mais l'Eglise, pour éviter les erreurs possibles, n'a pas consacré l'usage ou la pratique officielle de ce culte , qui demeure seulement implicite en son esprit. Le danger serait, en effet, de s'en tenir à cette vénération et à ce culte inférieurs du Christ, et de ne plus considérer en lui que l'homme et d'oublier le Dieu.

   En réalité, envers le Christ, Dieu Incarné, le culte premier et essentiel est latreutique, c'est-à-dire d'adoration , et le culte de dulie n'est qu'accessoire et complémentaire.  P. Bainvel . S.J.

mais en tant que symbole, emblème de l'amour de Jésus, de ses excellences intimes, de ce qu'il a fait et souffert pour nous. Nos hommages ne s'adressent ni à l'amour en lui-même, ni au coeur en lui-même, mais au coeur aimant, ou bien encore à l'amour de Jésus " sous la figure de son coeur de chair", comme s'exprimait sainte Marguerite Marie.

   Si le culte ne s'arrête pas au coeur de chair, il ne s'arrête pas non plus à l'amour, entendu au sens étroit du mot. Toute notre vie, en effet, affective, intellectuelle et morale, a son retentissement dans notre coeur. Impossible dès lors d'honorer le coeur vivant du Christ sans honorer du même coup la vie intime de Jésus, qui nous conduira encore comme naturellement à la personne même de Jésus.

   De sorte que la dévotion au Sacré-Coeur se présente " comme la dévotion à Jésus se montrant à nous, en nous montrant son coeur dans sa vie intime et ses sentiments les plus personnels. Ainsi se justifient ces modalités du culte du Sacré-Coeur : Coeur méconnu et outragé, Coeur agonisant, Coeur eucharistique, insistant sur certains aspects de la vie et de la personne du Christ qui mettent en un plus saisissant relief son amour et son amabilité. En définitive, l'objet principal et unificateur, en lequel se résument tous les autres , du culte du Sacré-Coeur est l'amour, l'amour de Jésus, son amour créé, humain.

   Mais est-ce  son amour pour les hommes ou son amour pour Dieu?

   Premièrement et sans aucun doute, c'est son amour pour les hommes, puis son amour pour Dieu , source du premier, et envisagé comme l'un des sentiments les plus parfaits qui animent son Coeur.

   La dévotion au Sacré-Coeur peut-elle aller plus loin et , s'appuyant sur ce fait que le Christ est un Homme-Dieu, que son humanité est substantiellement unie à sa divinité, s'étendre à l'Amour incréé, donc proprement divin du Christ?

   Oui, dans la mesure où le coeur de chair symbolise l'Amour incréé, considéré dans la personne du Verbe incarné comme cause de l'Incarnation et de la Rédemption.

   C'est donc en tant que l'amour créé dépend de l'Amour incréé, et le suppose, qu'il peut le symboliser et le signifier, bien qu'indirectement. Or, d'une part, l'Amour divin est la source et fait la perfection de l'amour humain du Christ; et d'autre part, toute l'humanité du Christ, son corps , son âme, et donc son amour, sont instruments de la grâce et de notre sanctification entre les mains de Dieu, de l'Amour incréé.

   " La dévotion au Sacré-Coeur a donc bien le droit de remonter jusqu'à l'amour divin par la vertu duquel nous sommes reliés physiquement dans notre sanctification au Coeur de chair et à l'amour humain et divin, de Jésus. Or l'amour incréé de Jésus, qu'est-ce sinon l'amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit?  Ainsi le culte du Sacré-Coeur, dévotion sensible s'il en fut, nous achemine et nous introduit jusqu'au sein même de l'ineffable Trinité d'Amour.  Réalisation magnifique des paroles du Christ :" Je suis la voie;.. Personne ne connaît le Père si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler."

rp Lavocat

  

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Juin 2017

 

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" Heureux celui que vous avez choisi pour l'admettre en votre présence, pour lui faire habiter vos parvis.... " ps. 64

 

malheureux celui qui est obligé de s' taper une heure de route pour y aller ... snif. si c'est pas triste quand même .

 

nous offrons spécialement ce mois pour les soeurs victimes du Sacré Coeur de Jésus de Chavagnes , et leur aumônier.

et leurs enfants de choeur aussi non mais!

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Mai 2017

affiche des ordinations sacerdotales 2017

15 nouveaux prêtres seront ordonnés à Notre-Dame de Paris le samedi 24 juin 2017 à 9h30.

Raphaël Cournault
Francisco de Borja Dolz
Charles-Antoine Fogielman
Julien Guérin, membre de la Communauté de l’Emmanuel
Matthieu de Laubier
Baptiste Loevenbruck, membre de l’institut Notre-Dame de Vie
Baptiste Milani
Timothée du Moulin de Labarthète

(nous aurons une prière spéciale pour lui,  famille oblige . )


Florian Pignault
David Rabourdin, membre de la Communauté de l’Emmanuel
Louis-Marie Talon

Ainsi que :
Laurent Bissara, MEP
Yvon Fillebeen, MEP
Florentin Halandut, augustin de l’Assomption
Viktors Jermakovics, augustin de l’Assomption

source

en union de prières pour ces futurs prêtres.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Mai 2017

 

 

Benedicite omnis imber et ros Domino.

 

c'est Simon qui joue évidement ! sehr trop schön ! on s'aime bien au moins tous les deux ! des gens comme ça que j'aime beaucoup. quand on commence sa journée avec cette certitude c'est déjà beaucoup. c'est envoûtant Simon .. oulala.

la béatitude des larmes, fruit du mystère: j'en sais rien ! on verra là-haut. très beau Chopin ... !

"l'Esprit se meut sur l'univers informe et vide ! "

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Mai 2017

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    Des grandes fêtes liturgiques qui reproduisent parmi nous le souvenir des mystères chrétiens - disons : Noël, Pâques et la Pentecôte - on ne saurait dire laquelle s'imprime plus profondément dans la conscience du peuple fidèle ou lui apporte plus de joie spirituelle. Chacune le fait à sa façon, mais chaque fois la liturgie est l'instrument efficace qui traduit en signes sensibles le mystère de la fête en imprime la lumière sur nos âmes et marque notre joie de son sceau spirituel.

   Celles de Noël et de Pâques tournent sans cesse nos regards vers l'Humanité de Jésus, en tout semblable à la nôtre. Certes, il ne nous servirait de rien de nous tenir près de la Crèche avec les bergers, si nous ne confessions que l'Enfant est le Verbe, le Fils du Très-Haut; mais il est juste aussi que ce nouveau-né nous attache par le charme de l'enfance, par la douceur et la tendresse d'une maternité à laquelle Marie communique l'éclat de sa virginité. C'est son humanité encore qui permet à Jésus de souffrir au calvaire et qui nous attire à lui par la compassion, la reconnaissance et l'amour; c'est au triomphe de son humanité que les fidèles communient dans la joie de Pâques: car si le Christ n'est pas ressuscité en son corps, toute notre foi est vaine. Ainsi Noël et Pâques - comme le veulent les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption - nous rendent sensible l'humanité du Christ, et la présence humaine d'un Dieu parmi nous fait partie de la joie des croyants en ces jours de fête.

   Autre est la joie de la Pentecôte. Elle n'est pas moins grande, l'expérience des fidèles l'atteste. Mais elle comporte un élément unique et nouveau, la présence intime de l'Esprit.  Certes, l'humanité du Christ n'est pas étrangère à cette fête; bien au contraire, l'Esprit qui se manifeste et qui répand sa joie est celui de Jésus :" Je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je parte, car j'enverrai vers vous le Paraclet... Quand lui viendra, l'Esprit de la Vérité, il vous guidera vers la vérité entière: et il me glorifiera, car il recevra du mien et vous l'annoncera". jean XVI, 7,15, XIV 26

   C'est donc Jésus ressuscité qui nous l'envoie, c'est le message de Jésus qu'il nous fait comprendre, c'est la glorification de Jésus qu'il procure en nous remplissant de lumière et d'amour.

   Mais ce n'est pas vers l'humanité de Jésus, ni vers une réalité sacramentelle dérivée de son humanité et de sa passion que nous porte la grâce de la Pentecôte. Elle étend devant nous des perspectives nouvelles, celles d'un monde ouvert à l'Esprit et guidé par sa motion. Elle introduit dans l'histoire du monde et dans celle de nos âmes l'action d'un Esprit qui souffle où il veut , dont notre courte expérience ne sait d'où il vient ni où il va, sinon qu'il vient de Dieu et que son souffle nous remplit de force, de confiance et de joie. Les voies où il nous pousse sont celles que veut le Seigneur Jésus, mais parce que la motion divine est celle de l'Esprit, le monde en lui obéissant entre dans les voies de la liberté où se couronne la libération apportée par Jésus; il s'achemine vers son état de magnificence et d'achèvement.

   Le peuple chrétien le sait bien, et son expérience ne le trompe pas: il sent que la grâce de ce jour de la Pentecôte lui offre d'entrer dans un état de plénitude, de participer à un triomphe spirituel qui contient, si l'on ose dire, l'annonce et la promesse de perpétuelles aurores.

   Elles se lèvent à la fois sur la Création toute entière et sur chacune de nos âmes.

Replevit orbem terrarum .

   C'est une longue histoire que celle de notre Monde, soumis au temps et composé de matière, mais rempli par l'Esprit du Seigneur qui le contient tout entier et en consommera un jour la perfection. C'est une histoire qui s'ouvre avec le premier chapitre de la Génèse. Les effets de la Pentecôte couronnent ses longs développements; sa vraie signification éclate alors : oeuvre de la sagesse propre à l'amour, il doit sous la motion de l'Esprit-Saint rendre à Dieu amour pour amour et gloire pour gloire.

   Au commencement, dit la Génèse, avant même le premier jour de la création, l'Esprit déjà se meut sur l'univers informe et vide. Il plane au-dessus de l'abîme qui ne contient encore qu'informité et confusion, mais où le règne de l'ordre et de l'intelligence sont en préparation. L'Esprit les en fera sortir à son heure; et ce n'est pas Lui qui changera, mais le monde sur lequel la pensée créatrice et la sagesse immuable de l'amour planent "comme l'aigle qui agite les ailes au-dessus de ses petits" , sollicitant leur élan et leur communiquant, par quel influx mystérieux, la chaleur et la vie.

   Puis voici dans le monde sorti du chaos, la présence de l'homme.

Ce n'est pas seulement par son limon primitif qu'il appartient à ce monde, c'est bien plus encore par son intelligence. Il l'exerce dans un univers ordonné et soumis à la loi, et elle lui donne une ressemblance avec Dieu. L'Esprit continue donc à planer sur le monde, mais c'est dans l'âme des hommes que son action a son lieu privilégié. Le livre de la Sagesse nous la dépeint: elle dispose tout avec douceur; elle donne à la création son unité. Non seulement celle qui assemble ses éléments en un univers harmonieux et significatif, mais l'indéchirable unité de l'homme et du monde matériel.  Grâce à l'homme, l'univers a une voix pour s'exprimer, et c'est la Sagesse qui lui fournit les mots éternels qu'il doit prononcer :" Car l'Esprit du Seigneur a rempli l'univers , et lui, qui contient tout, sait tout ce qui se dit" .  Sagesse, I,6 55

    Ce sont précisément ces paroles de l'Ancien Testament que l'Eglise reprend au seuil de sa liturgie de la Pentecôte. Le texte du Livre de la Sagesse que nous venons de citer devient l'Introït de la messe; il ouvre en ce jour la célébration du sacrifice du Nouveau Testament.

   Il en indique le sens, car depuis Noël et depuis Pâques, notre monde n'est plus seulement un monde créé, c'est un monde racheté. Jésus - le Verbe - y a planté sa croix et elle n'en sera pas arrachée, son sang y ruisselle et n'en sera pas effacé : l'Esprit du Seigneur qui contient ce nouvel univers, qui plane sur lui et qui le pénètre, est l'Esprit du Seigneur Jésus.

   De même que la venue de Jésus, le Verbe dans le monde, n'y abroge rien, mais le parfait et l'achève, de même la surabondante présence de l'Esprit envoyé par Jésus le conduit-elle à sa plénitude, et elle achève dans la joie l'oeuvre commencée à la création : l'Esprit du Seigneur a rempli l'univers, et le monde entier dans tout l'orbe terrestre, exulte: TOTUS in orbe terrarum mundus exultat.

 

REPLE CORDIS INTIMA;

  

   L' âme chrétienne, comme le Monde, exulte, mais d'une joie intime et personnelle. De même que l'Esprit remplit l'univers, de même établit-il sa demeure en chacun de nous. De même qu'il est l'âme d'un Royaume qui comprend la plebs sancta du Christ, de même est-il le souffle qui de l'intérieur anime chacune de nos vies.

   A l'extension de l'univers qui s'offre à l'action de l'Esprit correspond la profondeur de nos âmes. Le véritable abîme sur lequel plane l'Esprit de Dieu n'est point tant celui des eaux ou de la matière dont la sagesse peut faire sortir un monde immense; c'est l'abîme sans fond du coeur humain d'où elle peut faire jaillir un amour sans bornes. Notre âme spirituelle est plus profonde que le monde n'est grand; l'Esprit habite infiniment plus en chacun de nous qu'en toute la création qu'il remplit pourtant de sa présence.

   Il faudrait parcourir de nouveau la suite des mêmes livres saints et recueillir leurs enseignements.

   L'Esprit, dit la Génèse, se mouvait au-dessus de la terre informe qui s'offrait aux figurations de l'Amour. Mais qu'en fera-t-il sortir?  Non seulement la fleur des champs ou l'astre du ciel ou le foisonnement des vivants, mais l'homme, l'Unique, le seul avec Dieu qui puisse dire dans le monde : Je, ou :  Moi, et s'affirmer comme une personne .

   Que dit le Livre de la Sagesse? Que l'Esprit de Dieu remplit l'univers, mais aussi qu'il pénètre dans les âmes car il ' aime les hommes " . Il est le témoin de leurs coeurs ; il scrute leurs reins; il leur donne " la véritable science des êtres et de la structure de l'univers " ; il est l' "éducateur " des hommes.

   Quand Jésus enfin instruit ses disciples du rôle nouveau de l'Esprit dans le monde racheté,  c'est sur son caractère d'intimité personnelle qu'il insiste. L'Esprit qu'il leur enverra habitera en eux: c'est l'intime de leur âme qu'il éclairera, c'est dans le secret de leur coeur qu'il leur fera voir le chemin que l'amour leur trace; il leur parlera comme un hôte intérieur dont ils ne pourront méconnaître la présence.

   Aussi est-ce au désir de cette intimité personnelle que conduit la magnifique liturgie de la Pentecôte.  L'INTROîT  de la messe nous montre l'univers rempli de la présence de l'Esprit; mais voici , avant même l'Evangile où Notre-Seigneur ne nous parlera que d'initimité, le chant liturgique propre à la fête, l'admirable invocation du Veni Sancte Spiritus. Elle est consacrée toute entière à nos relations personnelles avec l'Esprit d'amour.

   C'est lui, l'hôte très intime de l'âme et son consolateur très bon, repos dans le labeur et douceur dans les larmes, lumière bienheureuse qui pénètre au plus profond des coeurs. Puis viennent toutes les humbles tâches que l'amour accomplit dans l'habitation où il se plait : lavez ce qui est souillé, arrosez ce qui est aride, pansez ce qui est blessé, adoucissez ce qui est raidi, redressez ce qui est dévié. On a souvent fait remarquer que les tâches ainsi confiées à l'Esprit-Saint sont celles dont s'acquitte la mère auprès de l'enfant très petit et très aimé. C'est que l'amour, lorsqu'il arrive à un certain degré de tendresse et d'intimité, n'a pour s'exprimer que les symboles humains qu'il emprunte à l'amour de la mère et il n'en est pas de plus personnel.

   Telle est la fête de la Pentecôte. Fête de la plénitude qui couronne les apports de Noël et de Pâques, comme l'effusion et le triomphe de l'Esprit d'amour couronnent l'oeuvre de l'Incarnation et de la Rédemption.

Sa plénitude n'est telle que parce que l'homme et la création s'y trouvent unis et réconciliés, l'un définitivement introduit en son état d'enfant de Dieu, l'autre, le monde, comblé en son ardent désir de glorifier Dieu par l'entremise de l'homme . " Vous avez reçu, dit saint Paul, un Esprit d'adoption en qui vous criez : " Abba , Père; et cet Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu... Et la création toute entière attend avec un ardent désir la manifestation des enfants de Dieu; car jusqu'à ce jour elle gémit et souffre, mais elle aspire à être délivrée de la vanité, et à avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu."

   A l'homme et à la création, la Pentecôte donne en prémices cette délivrance, cette liberté, cet achèvement .

R.P. Delon op

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Publié le 26 Mai 2017

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