spiritualite

Publié le 8 Novembre 2009



 

 

  remarquable de gentillesse, si attachant,
si attaché à l'abbaye !
que de grâces.

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  " Ma vocation, c'est de contempler le monde créé et de m'émerveiller…"




Henri guérin, qui était d’une hospitalité légendaire, cultivait l’amitié. La nouvelle de la grave tumeur au poumon diagnostiquée au début de l’été avait atterré tous ses amis, et une chaîne de prières ardentes s’élevait pour lui. De nombreux amis prêtres ont célébré la messe à son intention. Le Père Kim En Joong, lorsque je lui ai appris qu’il était gravement malade, m’a dit  : «  Je tiens Henri Guérin pour un très grand artiste, mais encore plus pour une personne extrêmement attachante.  »

 

Et un prêtre m’a dit cet été  : «  J’ai eu l’occasion de le rencontrer une fois, et je me suis dit  : J’ai rencontré un saint.  »

 

Georgeta Iuga, iconographe orthodoxe qui l’avait rencontré chez lui à Plaisance, écrit de Roumanie  : «  Nous sommes près de la famille attristée. Je garderai pour toujours le souvenir de ce grand artiste, qui avait une grande chaleur de l’âme. Je suis convaincue que, comme il a apporté ici la lumière de Dieu, il vivra dans la lumière de Dieu dans le ciel.  » Goudji, Aude de Kerros, Dominique Ponnau et bien d’autres artistes ou critiques d’art ont manifesté leur prière, leur estime, leur affection pour Henri. Ce bon vivant qui aimait cuisiner, déguster un bon vin, le partager avec ses amis, dont la générosité était renversante, a su vivre sa mort d’une façon véritablement chrétienne  : son épouse Colette et ses enfants lui lisaient des psaumes, on lui diffusait du chant grégorien qui transformait la chambre de clinique en cellule monastique. Quel exemple  ! Ses amis dominicains lui ont administré l’Extrême Onction, et le Père abbé d’En Calcat (où il effectua ses débuts dans l’art du vitrail avec Dom Ephrem Socard, de 1954 à 1960) est venu lui dire à Dieu à la clinique.

 

Ce départ si brusque nous laisse tous incrédules et il nous manque déjà  ; sa voix, son rire, ses plaisanteries gamines, ses jeux de mots malins résonnent à nos oreilles. Comment imaginer son atelier déserté, dans sa maison de Plaisance-du-Touch aux portes de Toulouse, où il œuvrait huit heures par jour depuis 1961  ? Henri Guérin est mort quasiment les outils à la main. Il a pu achever début août son avant-dernier vitrail, pour la crypte de la cathédrale de Chartres, et, jusqu’à la veille de son entrée en clinique le 1er octobre, il travaillait à un vitrail  : jusqu’à son dernier souffle. Que de projets qui ne seront jamais réalisés, dont il m’avait confié quelques-uns cet été  : il voulait finir les vitraux de Saint-Benoît-sur-Loire, illustrer les litanies de la Vierge, et tant d’autres encore… Infatigable Henri Guérin, debout toute la journée, la marteline à la main, au milieu des éclats de verre de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. À la toute fin, dévoré par le cancer, il s’est fait aider par son petit-fils Matthieu, à la formation duquel il n’a pu consacrer que quelques semaines, mais si Dieu le veut, une vocation est peut-être née… Un artiste, un chrétien qui avait su garder précieusement son cœur et son âme d’enfant. Il est dans la Lumière vraie de la Jérusalem nouvelle  ; lui qui répandait à profusion mille couleurs d’une incroyable beauté sur ses vitraux, voit en vérité les couleurs indicibles de la Cité céleste, que saint Jean a tenté d’évoquer par douze pierres précieuses  : jaspe cristallin, saphir, calcédoine, émeraude, sardoine, cornaline, chrysolithe, béryl, topaze, chrysoprase, hyacinthe et améthyste. Henri, qui fut toute sa vie serviteur de la lumière, voit face à face la Lumière divine incréée. Je l’imagine sur le cœur de Jésus, comme il a représenté la brebis contre le cœur du Bon Pasteur, sur son vitrail de la Brebis perdue en l’église de Huisseau-sur-Cosson.

 

Henri Guérin  : une vie consacrée à l’art, qui prenait sa sève dans la foi chrétienne, qui était nourrie par la prière quotidienne et la liturgie. Chaque dimanche, il se rendait fidèlement à Toulouse pour participer à la messe célébrée au couvent de ses amis Dominicains.

 

Ses cinquante ans d’atelier avaient été célébrés solennellement en 2005 par sa ville de Toulouse en deux expositions. Plus de 500 ensembles de vitraux en France et dans une dizaine de pays  ; une cinquantaine de tapisseries, tissées chez Pinton à Felletin de 1967 à 1985  ; d’admirables et étonnants dessins d’arbres à la plume, des gouaches, exercice quotidien. Une création foisonnante résumée par la rétrospective de cet été, à l’Orangerie du Sénat, un triomphe où l’on fêta son quatre-vingtième anniversaire. Un grand moment de bonheur pour lui, dû à l’énergie impressionnante déployée par sa famille et en particulier par sa fille Sophie, qui avait pris en main depuis quelques années, avec passion et compétence, la diffusion de son œuvre et l’organisation des expositions. «  Sophie est formidable  », me répétait-il de temps en temps, impressionné par son efficacité. Tout le monde essayait de faire bonne figure, chacun avait le cœur serré en pensant à la tumeur qui le rongeait.

 

Son activité artistique n’était en rien ralentie. «  Attention, disait-il avec un peu de coquetterie et beaucoup de gaminerie  : J’ai 80 ans, mais je ne suis pas vieux  !  » C’est si vrai que, comme les grands artistes de la Renaissance, Michel Ange ou Titien, il se bonifiait encore à la fin, et ses dernières œuvres atteignent une beauté inégalée.

 

On reconnaît entre mille ses vitraux, poèmes et prières de verre, pétales de lumière, berlingots incitant à la gourmandise spirituelle, éclats de joaillerie céleste, bruissements d’ailes angéliques.

 

Comme C.S. Lewis, l’auteur de Narnia, Hen­ri Guérin a été «  saisi par la Joie  », celle que nul ne peut ravir. Il était serviteur de la Joie, mais chèrement acquise comme dans la musique de Mozart qu’il aimait tant. Outre ce sentiment de louange, ses vitraux, chatoyants comme des pierres précieuses, donnent un poignant désir de la Jérusalem céleste, une nostalgie du paradis terrestre. Comme si notre cœur, rendu à son innocence primordiale et à sa pureté d’enfant par un éclair de la lumière divine, entrevoyait un instant le Royaume des cieux.

 

Benoît XVI, citant Goethe à propos de Jean-Paul II, a dit que «  pour comprendre un poète, il faut connaître son pays  ». Pour comprendre Guérin, il ne suffit pas de connaître ses vitraux, il faut l’avoir vu travailler à son atelier, dans la vieille maison de Plaisance-du-Touch. Une longue demeure de briques roses, donnant sur un jardin de curé fleuri. Les murs exsudent une atmosphère d’étude et de prière particulièrement apaisante  : ne dit-on pas qu’elle fut un presbytère avant la Révolution  ?

 

Il est le seul artiste, après Manes­sier et avant Kim En Joong cette année, à qui le Centre international du Vitrail de Chartres ait consa­cré une exposition personnelle, en 2006-2008, prolongée d’une année supplémentaire tellement le succès fut grand. Le cardinal Poupard, évoquant les richesses de l’art contemporain écrivait  : «  Je pense à ce créateur génial qui s’appelle Henri Gué­rin, et à ses magnifiques vitraux.  »

 

Il récusait le titre de maître-verrier, qu’on accole à tort à tout auteur d’un vitrail. Le maître-verrier, c’est celui qui fabrique la matière du vitrail. Ce n’était pas son cas, mais il effectuait toutes les autres étapes. «  Je suis peintre-verrier, le vitrail est un art d’architecture, et il faut le dire sans honte  : un art appliqué. Appliqué à l’édifice dont il demeure le serviteur attentif. Je suis un peintre qui a voué sa vie à la lumière par le verre, un peintre qui ne fait pas de peinture de chevalet. J’ai besoin du travail de la main pour dominer le matériau, maîtriser une technique.  » Il appelait cela «  la patience de la main  ».

 

Il utilisait la dalle de verre de manière très personnelle. Dans son atelier sont classés plus de 800 tons de verre, collectionnés au fil des ans et produits par l’atelier Albertini auquel il était fidèle depuis 1960  : sa palette. C’était vraiment merveille de le voir trouver immédiatement la nuance recherchée, malgré la poussière qui masquait les teintes aux yeux du profane. Sur le billot, avec le tranchet, la marteline et le martelet, il taillait chaque éclat dans la masse en enlevant de l’épaisseur pour aller vers la lumière. Rien à voir avec le manque de subtilité des vitraux en dalle de verre des années 60, avec leurs couleurs primaires et leurs énormes joints de béton, qui les firent prendre en grippe par beaucoup de monde. Il avait horreur des tons brutaux, ses teintes sont d’une infinie délicatesse. Il créait ses propres nuances et valeurs en taillant plus ou moins le verre coloré, et c’est là son apport unique, qui fait qu’on reconnaît immédiatement un vitrail de Guérin et qu’il est impossible à copier. Chaque pièce diffuse différemment la lumière. Les joints de ciment, presque imperceptibles, font partie de la composition.

 

Il marchait à contre-courant de la mode qui sépare, dans les commandes passées par l’État, conception artistique et exécution technique (comme le peintre conçoit la tapisserie, et le lissier la tisse). C’est ce qu’on appelle «  les vitraux d’artiste  » (sous-entendu «  célèbres  »). Soulages à Conques, Chagall à Reims et à Metz, Manessier, Le Moal et Bazaine à Saint-Dié. Si certains sont des chefs-d’œuvre dont l’insertion harmonieuse est incontestable, d’autres sont dans une totale incompréhension du style de l’église et de sa fonction liturgique. L’État transforme les cathédrales en galeries d’art contemporain, comme à Nevers où chaque peintre a conçu son vitrail dans une parfaite cacophonie avec les autres. Guérin affirmait à l’inverse qu’«  il est temps de poser la question opposée à celle du Père Couturier qui affirmait [dans les années 50] que les artistes non chrétiens sont nécessaires à l’Art sacré. L’adhésion aux mystères chrétiens, loin d’être un obstacle, doit, me semble-t-il, intérioriser tout acte créateur.  »

 

«  Deux attitudes guettent l’artiste, disait-il. L’une, de risquer le pastiche quand il travaille dans les monuments anciens  ; l’autre, de nier l’esprit des lieux pour s’en emparer.  » Il n’hésitait pas à se lancer courageusement, malgré les tabous dont notre temps est riche, dans la contradiction de l’Art Contemporain officiel, et la défense de l’Art caché d’aujourd’hui, selon l’excellente distinction popularisée par Aude de Kerros. «  La négligence des techniques depuis les Im­pressionnistes, expliquait-il, fait que leurs peintures se sont très vite écaillées et dégradées – alors que chez les peintres pompiers, il y avait un raffinement extraordinaire. Il y a un mépris des arts artisanaux dans l’art officiel. Après 1918, il y avait un ultime surgissement des artisans d’art, le verrier, le potier, le tisserand, un ultime retour aux techniques sans qu’il y ait l’esprit  ; maintenant c’est l’inverse, c’est l’esprit sans matière ni savoir-faire.

 

L’art sacré se doit d’être au service du lieu. Quand j’ai une commande pour une église, je sais que c’est un art para-liturgique. Que l’église soit romane ou gothique, il y a un axe, l’autel. Bazaine, qui a réalisé les vitraux de Saint-Séverin, très beaux mais qui ne servent pas vraiment l’autel, m’a confié que s’il pouvait recommencer, il serait beaucoup plus serviteur de l’axe de l’église. Je sens combien l’artiste qui est nourri par la Parole liturgique est au service du lieu. Pendant des siècles, l’image a été formidablement silencieuse, elle n’était pas accompagnée de sous-titres comme dans l’Art Contemporain. On aurait à nouveau besoin d’œuvres qui parlent par elles-mêmes. On a l’impression que les artistes ne peuvent plus penser par formes et par couleurs, qu’ils sont obligés d’avoir un commentaire. Les images contemporaines ont perdu leur valeur symbolique. Dans les médias, je regrette que ce ne soit jamais les artistes qui parlent de leurs œuvres, mais des philosophes, des sociologues…

 

L’art qu’on met dans les églises devrait être un art de la Présence, de la Lumière. Vous savez, l’artiste se sentira toujours serviteur inutile par rapport à la liturgie. Il ne sait ni ce qu’il donne ni ce que les gens peuvent recevoir. ça vous prend à l’improviste…

 

La plupart des artistes contemporains sont formés, dans les écoles des Beaux-Arts, aux techniques de la publicité et de la mode, au marketing  : comment se mettre en scène, faire sa propre histoire de l’art, c’est très narcissique. Le drame, quand un artiste arrive dans une église, c’est qu’il est persuadé qu’il a un rôle de démiurge, qu’il doit tout changer, alors qu’il devrait avoir un regard très modeste par rapport à ces églises qui ont un long passé, des traditions.  »

 

Henri Guérin, qui préférait par goût l’expression non figurative, avait l’humilité et la simplicité, quand ses commanditaires le lui demandaient, de réaliser des vitraux figuratifs, en Afrique ou en Europe  : a Trinité à Bertoua, Sarcelles et Huisseau-sur-Cosson, Le Couronnement de la Vierge à Yaoundé, Le Saint Esprit pour les clarisses de Namibie, La Brebis perdue et L’Eucharistie à Huisseau, et cet Agneau divin pour les Petites sœurs disciples de l’Agneau où sa fille Claire est moniale.

 

«  Je l’ai fait au Cameroun, à Sarcelles, à Huis­seau-sur Cosson, et cela m’a passionné. Le tout est de savoir si ça s’intègre dans le lieu ou pas. C’est cela qui est magnifique, avoir à entrer dans un cadre bien défini. Le drame de l’Art Contemporain, c’est qu’il flotte. Il n’a pas de raison particulière de s’incorporer dans un lieu. Certaines commissions d’Art Sacré affirment qu’on ne peut pas interférer sur la liberté de l’artiste, on ne peut pas leur donner un programme  ! C’est pourtant le rôle de l’Église de les aider à se cultiver et à comprendre le sens des Écritures. Ce que je reproche aux commissions d’Art Sacré, c’est que, ne faisant pas leur travail d’ouvrir les artistes à la Parole de Dieu et à la liturgie, elles deviennent jury esthétique au lieu de préparer les artistes non-croyants à servir la liturgie. Il n’y aura jamais de restauration de l’art sacré s’il n’y a pas d’abord une restauration liturgique. Il y avait, par exemple, un souffle de l’Esprit extraordinaire dans les églises baroques, en symbiose avec la liturgie, il faudrait retrouver cet élan à notre époque.  »

 

Sa capacité de se couler dans un lieu sacré, d’en comprendre et respecter le génie propre, fait penser à un autre grand de notre époque  : l’orfèvre Goudji (Chartres, Tournus, San Giovanni Rotondo…). Ceux qui viennent prier devant un autel de Goudji ou un vitrail de Guérin, l’adoptent immédiatement et ont l’impression qu’«  il a toujours été là  ». Et cela dans une église romane classée, une chapelle néo-gothique du XIXe siècle ou un édifice contemporain.

 

Pas question pour autant de tomber dans le passéisme, n’en déplaise à ceux qui refusent tout art d’aujourd’hui s’il ne copie pas celui d’hier. «  Pour moi, le respect des lieux passe par l’accord avec les armes de mon temps.  » Toutefois, plus il avançait, plus ses vitraux devenaient intemporels.

 

Le reste du temps, son symbolisme est non-figuratif (Le Manteau de miséricorde à Fontgombault, Les Vertus cardinales à l’Institut Catholique de Toulouse), ou semi-figuratif dans Le Cantique des créatures à Meyrin en Suisse ou Le Palmier et l’Olivier chez les bénédictines de Jérusalem.

 

Que de chefs-d’œuvre ces derniers temps  ! Étoile bleue, «  notre terre mariale vue de la Voie Lactée  »  ; l’illustration du Sonnet des voyelles de Rimbaud  ; Hommage à Bach  ; Qu’ils soient un inspiré par saint Jean, Lever du jour ou Heures du soir avec leurs inimitables tons d’émeraude, de saphir et de topaze, transfigurant l’humble matière du verre. Même le verre blanc de ses œuvres «  minimalistes  » semble coloré par d’étonnants effets de re­lief (Aux quatre horizons).

 

Il dessinait à l’encre de Chine. Les arbres, les paysages, les Pyrénées où il aimait se ressourcer, le Mont Saint-Michel, inspirent ces graphismes frémissant de sensibilité, tissés de hachures lancées, un style lui aussi unique et reconnaissable. Son amour des arbres remontait à son adolescence passée en lisière de la forêt de Montmorency, où il plongeait «  comme dans l’eau fraîche  », et aimait à se perdre en pleine nuit sous la lune, «  sans frayeur aucune  ». «  Ensuite, je rebaptisai la nature du nom nouveau de Création  ».

 

Il intégrait fréquemment le paysage dans la composition du vitrail en laissant des parties translucides qui permettent de voir les arbres par la fenêtre. Sur le tard, il a pris conscience de l’importance de la symétrie dans son œuvre, même s’il la brisait parfois pour un effet de kaléidoscope. L’arbre, la fleur sur sa tige, le visage, l’architecture médiévale, s’organisent symétriquement autour de l’axe, comme ses vi­traux.

 

Non content de tailler, peindre et dessiner, ce diable d’homme écrivait superbement et parlait à merveille de son œuvre.

 

«  Je n’aime pas qu’on parle d’"artiste chrétien", on ne parle pas d’un pharmacien ou d’un boucher chrétien  ! Je suis un artiste qui essaie de vivre sa foi. Il est vrai que j’ai une vocation à la louange, et que peut-être certains artistes contemporains sont plus témoins que moi de l’horreur et de l’infamie de notre monde. Ma vocation est d’appeler à l’Espérance plus qu’au désespoir. Mon œuvre est nourrie par la prière et la liturgie, car j’ai été formé par un bénédictin et je suis très lié avec les dominicains. Entre parenthèses, pour les artistes contemporains qui perçoivent les subventions officielles, un artiste qui vit de son travail, sans galerie, qui est indépendant, est éminemment suspect et n’existe pas…

 

La culture est comme un cloître avant l’office, elle prépare la célébration. L’art est pour moi la langue du silence en majesté, celle d’une pensée enfouie dans l’humble matière  : c’est la figure même de l’Incarnation. Mon travail avec la lumière du jour devrait préfigurer une Lumière plus invisible que me promet ma foi.  » Une de ses œuvres «  minimalistes  » en verre blanc ne s’intitule-t-elle pas Clair silence  ?

 

Le vrai secret d’Henri Guérin avait sans doute sa clé dans le bureau qui jouxte l’atelier, où il se retirait tard dans la nuit, la maison endormie. C’était là qu’il peignait, en forme de prière du soir en attendant que l’enduit des vitraux soit pris, ces merveilleuses gouaches non-figuratives qu’il appelle sa «  musique de chambre  », inspirées par la croix, l’étoile, le cristal de glace, les pierres précieuses, la flore, les aurores boréales, dont il faisait volontiers don à ses amis.

 

«  La beauté, disait-il, c’est comme l’humilité, on ne sait pas qu’on la porte. Elle s’échappe comme le chant de l’oiseau. C’est une quête de mendiant  ; plus on la cherche et plus elle se dérobe à vous. Si on la trouve, c’est comme par effraction  : alors, un bref instant, le ciel s’entrouvre.  »

 

Une amie m’écrit à l’annonce de son décès  : «  Henri va prendre en main la décoration du Paradis  !  »

 

(si proche de la vie monastique, si près des moines, il prie pour nous. )


 FRANCE CATHOLIQUE


 

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Rédigé par philippe

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Publié le 7 Novembre 2009













Brother Jose Lagos from Saint Louis and Brother Gabriel from Brownsville, Texas.




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Publié le 7 Novembre 2009



L'homme est donc un voyageur en marche, Dieu lui-même est le terme. Il vient au-devant de l'homme, le prend pour ainsi dire parla main, l'instruit, l'éclaire, le dirige dans des voies assurées : Deus instruit per legem (saint Thomas). Telle est la loi divine ; son principe, son origine, sa nécessité tout ensemble et sa grandeur nous apparaissent ici clairement.

 Le monde physique, Messieurs, a ses lois, expression aussi de la sagesse et de la volonté de son auteur: qui songe à nier ces lois? Leur force, leur beauté ne sont-elles pas la beauté et l'harmonie divine de l'univers? De même le monde des intelligences a ses lois, ses lois constitutives. L'âme humaine reçoit de Dieu, avec sa destinée suprême et immortelle, l'ordre invariable des moyens qui constituent la voie où il faut marcher, qui constituent en même temps le bien véritable, celui qui est conforme à la fin divine. L'homme reçoit ainsi de son auteur la loi morale de ses actions, les règles augustes de ses rapports avec la Divinité.

 Il y a donc, Messieurs, une loi divine, comme il y a un Dieu créateur, comme il y a une providence divine et un gouvernement divin conduisant toutes choses à leur fin; c'est la même nécessité et la même vérité.

 La Providence n'est donc pas une idée vague, une simple formule de foi, un pieux pressentiment dela conscience, une sorte de conjecture sur la présence de la Divinité. Non, elle est l'action libératrice et législative de Dieu attestée par la raison, la foi et l'histoire entière, transpirant dans tous les faits intérieurs et extérieurs, et donnant à l'individu ainsi qu'à l'humanité, avec la loi de liberté et de combat, la puissance réelle et vivante du bien.

 « Où est cette sagesse commune, s'écriait Fénelon, cette sagesse une pour tous, cette raison supérieure à tout? Où est-il cet oracle qui ne se tait jamais, cette vive lumière qui illumine tout homme venant en ce monde ' ? » Messieurs, c'est l'esprit de Dieu , sa providence, sa loi qui est universellement imposée à la conscience et au monde moral.

 

Elle est, cette loi, le foyer unique et divin du Soleil de justice et de vérité qui s'épanche en rayons multipliés sur toute créature intelligente, car il n'en est aucune qui ait en son pouvoir de s'y soustraire : Non est qui se abscondat a calore ejus. Ces divines émanations nous environnent, nous pressent, nous pénètrent ; leur douce et bienfaisante puissance nous attache et nous oblige au bien, il est vrai ; mais en même temps elle nous éclaire, elle nous échauffe, nous soutient et nous dirige. Et telle est cette action de Dieu qui tend à la fin avec force et dispose tout avec suavité, comme parlent nos Écritures; telle est la loi divine : heureux qui marche fidèlement sous sa céleste influence!

 

Car l'homme est libre, nous le savons; il peut fléchir et s'égarer dans ses voies; il peut aimer, s'il le veut, les ténèbres plus que la lumière.

 

Père de Ravignan

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Rédigé par philippe

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Publié le 7 Novembre 2009










radioscopie de Jacques Chancel (extrait)

R.I.P.

Henri Guerin



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Publié le 7 Novembre 2009




merci ..

vitrail de l' abbaye de  Notre Dame de Fontgombault

avec tristesse, je n'apprends que maintenant la mort de ce grand artiste que j'ai eu la chance
de connaître  à l'abbaye. Quelqu'un que j'aimais beaucoup à retrouver dont j'appréciais.
et sa discrétion, et son humilité et sa gentillesse.
Le petit Placide adresse à toute sa famille ses sincères condoléances, aux moines qui ont dû perdre
en lui un être cher, et partage leur peine et leur tristesse en cette douloureuse épreuve.
avec l'assurance de mes prières, très peiné.
requiescant in pace .





MÉDITATION D'UN ARTISTE SUR LA MORT
(Colloque - Abbaye de Sylvanes - 2002)

Extraits lus pendant la célébration

TERRE NOTRE BERCEAU, NOTRE TOMBEAU

" Ma vocation, c’est de contempler le monde créé et de m’émerveiller. Regarder pour apprendre à voir cette beauté, voilée par la délicatesse de Dieu qui ne veut pas par une gloire trop évidente attenter à notre liberté. Mais, tout autant, ce que je regarde peut me remplir d’effroi car la lumière sur le monde n’est pas dépourvue d’ombres. Notre terre berceau de l’aurore devient au soir tombeau, là où s’ensevelit au plus loin des terres l’ultime clarté du jour.
(…)

Le regard que je n’ai jamais cessé de porter sur les perpétuelles naissances et morts, ces événements quotidiens de jubilation et de tragique mêlés, ont quelque rapport avec le pressentiment de précarité de l’existence : naissance, croissance, plénitude, puis perte et retrait, disparition, absence

J’ai contemplé le monde comme un livre ouvert. Sur les pages du ciel et de la terre, j’y ai lu inscrit notre destin. La nuit me tient en proue sur l’univers, le regard se perd dans l’infini déployé, tout constellé de regards. À contempler le ciel nocturne animé de tous ces tournoiements impassibles d’éternelles processions, la mortelle certitude des vivants peut vaciller vers une folle espérance.
(…)
L’homme debout, très tôt, méditera sur l’homme couché dans la mort, quand ses proches sur le monde lui fermeront les yeux. Par ce dur désir de durer par l’Espérance chevillée au corps, il inventera les gestes de respect pour les corps désertés du souffle, il leur donnera les viatiques dans l’ensevelissement pour subsister au-delà du terme, pour la pérennité de vivants à travers la mort.
(…)

Nous tous, vivants, apparaissons un instant dans le faisceau qui nous fait sortir de l’ombre du ventre maternel, un à un, génération après génération. Chaque vie émerge éblouie par la lumière pour retourner à l’ombre dans un lent et pathétique échange

Oui, ce que j’ai appris à voir me laissera toujours aussi démuni devant le bout de bois sec d’un rosier taillé à mort, lorsque la lente procession des sèves suscitera cette infime congestion de vie, promesse d’un bourgeon d’où tant de matières inouïes surgiront.

Terre notre planète, astre unique. Peut-être le seul vaisseau habité de l’univers, minuscule planète perdue au sein des constellations, elle roule dans l’abîme à tombeau ouvert. Astre couvert d’herbes, de feuilles, de plumes, de poils, piétinant sur l’infime pellicule de vie qui le recouvre. Son terreau n’est que le résidu de milliards d’épaves, naufrages accomplis saison après saison : sables, grains et feuilles, pollens, fleurs, fruits, prairies, savanes et forêts dans la chute du bruissement d’ailes d’insectes et d’oiseaux, joint aux cris de mammifères déchirant de leurs traques, fuites et étreintes, cette implacable dévoration de vie. C’est dans ce même terreau d’infime épaisseur, levé par les siècles, couche après couche, que les hommes eux-mêmes s’y couchent, s’abîment, se défont et s’y dissolvent. Tous encore demeurent répandus, enfouis, en cette surface féconde, ils nous accompagnent en notre vaisseau clos, dans sa course éperdue.

Quand tout en vous vénère la vie sous bien des formes, peut-on conjurer la peur de la mort, par cette observation patiente que tout ce qui vit s’épanouit et meurt ? Créer, c’est un peu repousser et faire reculer la mort, sa propre mort. À chaque chantier de vitraux importants qui demandent plusieurs saisons, parfois des années de distance pour achever l’ensemble, un sentiment d’inquiétude me tenaille à chaque fois, avec l’impression ressentie souvent que le dernier en route restera inachevé. Sentiment que le temps m’est compté plus qu’aucune autre fois.

Je ne puis m’empêcher, lors du décès d’un être proche, de veiller en pensant à sa première nuit en terre, celle d’un corps abandonné à cette solitude épaisse et refermée sur elle même, enterrée. Je songe à ce reflux de la matière (…) La merveilleuse mécanique du vivant, le cœur et son réseau, le cerveau et ses fines impulsions nerveuses, tout s’anéantit.

Peut-être est-il besoin que cet anéantissement de la chair se fasse pour rejoindre le pur esprit de Dieu, immatériel, tout Esprit. Mais alors que signifie la Résurrection des corps qui nous est promise ? Car en nous vivants incarnés, rien ne peut se concevoir hors de la chair avec nos sens pour voir, sentir, écouter, toucher, parler. Sans eux, nous ne sommes rien et ce n’est pas pour rien qu’on appelle dépouille ce corps absent de lui-même, quand ce que nous appelons âmes semble avoir déserté toutes les fonctions qui l’habitaient. Question qui s’arrête au seuil de la Foi, d’une confiance de petit enfant et qui, comme Marie à l’ange, demande « Comment cela se fera-t-il ? » Sans nul doute par la Puissance du Très haut car rien n’est impossible à Dieu, puisque de la lumière qu’il créa, il fit de rien toutes choses.

Les couchants plus que les aurores viennent à leur tour rappeler le déclin de toute chose créée, avec l’espérance renouvelée chaque jour d’une aurore sans fin annoncée dans l’Apocalypse. « De nuit il n’y en aura plus, ils se passeront de lampe ou de soleil, car le seigneur répandra sur eux sa lumière. Lui qui n’est que Lumière ».

Alors courage ! (…) Tenons nos lampes allumées, même si ce ne sont plus que des mèches qui fument encore. L’Esprit, qui souffle là où il veut, ranimera nos cœurs (…). Et bien qu’aveugles parmi les aveugles, nous pressentons ce que d’autres attendent dans la nuit close : L’Espérance du lever du jour par les signes que l’Esprit nous confia, en notre vocation de veilleur."


L'hommage de son frère, l'abbé Paul Guérin



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Rédigé par philippe

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Publié le 7 Novembre 2009




Notre-Dame du Bien-Mourir, Mère de Jésus et notre Mère, c'est avec la simplicité des petits enfants que nous venons à vous pour vous confier nos derniers instants et notre mort. Avec Jésus vous avez assisté Saint Joseph, votre époux lors de son trépas. Au pied de la Croix, vous avez reçu le dernier soupir de notre Sauveur, votre Divin Fils. Désormais, nous en avons l'assurance, vous êtes auprès de chacun de vos enfants, avec la sollicitude de votre cœur maternel, pour lui faire franchir le seuil de la mort et l'introduire dans l'éternité. Mais pour que nous puissions affronter dans la paix cette ultime épreuve, si rude à notre nature, soyez aussi pour nous Notre-Dame du Bien-Vivre. Aidez-nous, nous vous en supplions, à demeurer fidèles, jour après jour, aux engagements de notre baptême, aux enseignements de la Foi, à la pratique de la Charité. Pour y parvenir nous nous appuyons avec la certitude de l'espérance qui ne déçoit pas, sur votre intercession toute puissante. Notre-Dame du Bien-Mourir, recevez déjà notre action de grâces que nous vous rediront éternellement, et daignez continuer à "prier pour nous pauvres pêcheurs maintenant et à l'heure de notre mort".

 Amen.



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Rédigé par philippe

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Publié le 5 Novembre 2009



 Craindre le jour du jugement.  Redouter l'enfer.

règle de st Benoît

"Toi qui entre ici abandonne toute espérance"

«Cet état misérable est celui des méchantes âmes des humains qui vivent sans infamie et sans louange et qui ne furent que pour eux mêmes […] Les cieux les chassent, pour n’être moins beaux et le profond enfer ne veut pas d’eux, car les damnés en auraient plus de gloire»


«Combien se prennent là haut pour de grands rois, qui seront ici comme des porcs dans l’ordure, laissant de soi un horrible mépris».



        Dante


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Rédigé par philippe

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Publié le 3 Novembre 2009




Je te salue, ô mort ! Libérateur céleste,

Tu ne m'apparais point sous cet aspect funeste

Que t'a prêté longtemps l'épouvante ou l'erreur ;

Ton bras n'est point armé d'un glaive destructeur,

Ton front n'est point cruel, ton oeil n'est point perfide,

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide ;

Tu n'anéantis pas, tu délivres! ta main,

Céleste messager, porte un flambeau divin ;

Quand mon oeil fatigué se ferme à la lumière,

Tu viens d'un jour plus pur inonder ma paupière ;

Et l'espoir près de toi, rêvant sur un tombeau,

Appuyé sur la foi, m'ouvre un monde plus beau !


Viens donc, viens détacher mes chaînes corporelles,

Viens, ouvre ma prison; viens, prête-moi tes ailes,

Que tardes-tu? Parais; que je m'élance enfin

Vers cet être inconnu, mon principe et ma fin !

Quand j'entendrais gémir et se briser la terre ;

Quand je verrais son globe errant et solitaire

Flottant loin des soleils, pleurant l'homme détruit,

Se perdre dans les champs de l'éternelle nuit ;

Et quand, dernier témoin de ces scènes funèbres,

Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,

Seul je serais debout : seul, malgré mon effroi,

Etre infaillible et bon, j'espérerais en toi,

Et, certain du retour de l'éternelle aurore,

Sur les mondes détruits, je t'attendrais encore !

 

Lamartine

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Rédigé par philippe

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Publié le 3 Novembre 2009


 







Le cerf est assimilé au Christ depuis le III ème siècle. Il apparaît dans la vie des saints à de nombreuses reprises : St Edern (Bretagne), Ste Hélidie (Puy de Dôme), Ste Begge (Wallonie) ...

 

Mais l'apothéose vient avec la conversion de St Hubert (ancien évêque de Liège), au temps des mérovingiens en 683.

 

Son histoire a plusieurs variantes, je vous en propose une.

 

Hubert, fils de Bertrand, duc d'Aquitaine et arrière-petit-fils de Clovis était en l'an 683 un seigneur célèbre dans toute la Gaule par son intelligence, sa richesse et sa bonté. Il était âgé de vingt-huit ans et jouissait d'une renommée des plus flatteuses et d'une santé superbe. Il avait un visage loyal, ouvert et souriant. Ayant delaissé la Neustrie où la corruption des grands lui causait souci et offense, il passait ses jours en Ardenne, chez son parent, Pepin d'Heristal, comme lui puissant seigneur et maire du palais des rois Austrasie.

 

On ne connaissait à Hubert qu'une passion vive, irrésistible, furieuse: la chasse. A part cela, peut-être à cause de cela, car la chasse le tenait éloigne des inévitables et ordinaires querelles, il avait une grande réputation de sagesse. Pourtant il ne pratiquait aucune religion, étant, certes, trop occupé de vénerie pour adorer aucun dieu. Il avait completement oublié l'enseignement très chrétien reçu de sa tante, sainte Ode, qui lui servit de préceptrice, car la princesse Hugberne, sa mere, était morte en le mettant au monde.

 

Un jour d'hiver, Hubert partit a cheval pour la chasse, dès les premières lueurs de l'aurore. C'etait le jour de la fête de la Nativite de Notre Seigneur. Du givre était épandu sur les arbres; du brouillard flottait au creux des vallons; quelques flocons de neige tombaient. Et comme il commençait à chasser, un cerf dix-cors, entièrement blanc, d'une taille extraordinaire, bondit d'un fourre et s'élança devant lui, l'entrainant dans les profondeurs de la forêt où le galop de son cheval le poursuivit. Après plusieurs heures, le cerf ne montrait toujours aucune fatigue alors que Hubert était rompu. Pourtant la course folle continua.

 

Saint HubertSoudain, il s'arrêta net. Dans une vision de lumière, Hubert vit entre les bois du cerf l'image du Crucifié et il entendit une voix qui lui disait :

- Hubert ! Hubert ! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton Ame ?

Hubert, saisi d'effroi, se jeta à terre et, comme Saint Paul, il interrogea la vision :

- Seigneur ! Que faut-il que je fasse ?

- Va donc, reprit la voix, aupres de Lambert, mon evêque, a Maestricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes pêchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Eglise, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.

Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme:

- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!

 

Hubert, duc et maire du palais des rois d'Austrasie, tint parole. Il se rendit aupres de Lambert, son évêque, qui le reçût avec joie. Il implora sa protection, l'assurant qu'il voulait consacrer a Dieu le reste sa vie commencée dans l'impiété. L'évêque lui donna sa bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ et le mit sur la voie vertueuse et difficile du salut.

 

Abandonnant palais et richesses, reconçant à toutes les vanités de ce monde, Hubert se retira à Andage, dans les bois de Chamlon, ou Notre S eigneur s'était montré à lui dans les ramures d'un cerf blanc, sous la forme d'une croix étincellante.

 

Lambert, évêque de Maestricht, ayant été massacré par des païens, Hubert fut appelé à lui succéder.

 

Saint-Hubert est depuis le Saint patron des chasseurs (fête le 3 novembre).

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Publié le 3 Novembre 2009










"Il ne faut pas, sous prétexte d’éviter les excès de la stagnation, c'est-à-dire la pétrification du conservatisme, verser dans l’extrême opposé, bien plus dangereux, qui est celui du modernisme, lequel conduit au suicide sous prétexte de revivification.

Pour se prémunir de cette contagion et éviter radicalement les dégâts du modernisme, il n’est rien de plus à propos que de susciter, en soi et chez les autres, le vif sentiment de la foi. Il faut fomenter l’amour de la Tradition catholique et le respect de l’autorité établie par Jésus-Christ.


 RP Arintero
hermas

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