Publié le 7 Novembre 2009
spiritualite
Publié le 7 Novembre 2009

de connaître à l'abbaye. Quelqu'un que j'aimais beaucoup à retrouver dont j'appréciais.
et sa discrétion, et son humilité et sa gentillesse.
Le petit Placide adresse à toute sa famille ses sincères condoléances, aux moines qui ont dû perdre
en lui un être cher, et partage leur peine et leur tristesse en cette douloureuse épreuve.
avec l'assurance de mes prières, très peiné.
requiescant in pace .
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(Colloque - Abbaye de Sylvanes - 2002)
Extraits lus pendant la célébration
TERRE NOTRE BERCEAU, NOTRE TOMBEAU
" Ma vocation, c’est de contempler le monde créé et de m’émerveiller. Regarder pour apprendre à voir cette beauté, voilée par la délicatesse de Dieu qui ne veut pas par une gloire trop évidente attenter à notre liberté. Mais, tout autant, ce que je regarde peut me remplir d’effroi car la lumière sur le monde n’est pas dépourvue d’ombres. Notre terre berceau de l’aurore devient au soir tombeau, là où s’ensevelit au plus loin des terres l’ultime clarté du jour.
(…)
Le regard que je n’ai jamais cessé de porter sur les perpétuelles naissances et morts, ces événements quotidiens de jubilation et de tragique mêlés, ont quelque rapport avec le pressentiment de précarité de l’existence : naissance, croissance, plénitude, puis perte et retrait, disparition, absence
J’ai contemplé le monde comme un livre ouvert. Sur les pages du ciel et de la terre, j’y ai lu inscrit notre destin. La nuit me tient en proue sur l’univers, le regard se perd dans l’infini déployé, tout constellé de regards. À contempler le ciel nocturne animé de tous ces tournoiements impassibles d’éternelles processions, la mortelle certitude des vivants peut vaciller vers une folle espérance.
(…)
L’homme debout, très tôt, méditera sur l’homme couché dans la mort, quand ses proches sur le monde lui fermeront les yeux. Par ce dur désir de durer par l’Espérance chevillée au corps, il inventera les gestes de respect pour les corps désertés du souffle, il leur donnera les viatiques dans l’ensevelissement pour subsister au-delà du terme, pour la pérennité de vivants à travers la mort.
(…)
Nous tous, vivants, apparaissons un instant dans le faisceau qui nous fait sortir de l’ombre du ventre maternel, un à un, génération après génération. Chaque vie émerge éblouie par la lumière pour retourner à l’ombre dans un lent et pathétique échange
Oui, ce que j’ai appris à voir me laissera toujours aussi démuni devant le bout de bois sec d’un rosier taillé à mort, lorsque la lente procession des sèves suscitera cette infime congestion de vie, promesse d’un bourgeon d’où tant de matières inouïes surgiront.
Terre notre planète, astre unique. Peut-être le seul vaisseau habité de l’univers, minuscule planète perdue au sein des constellations, elle roule dans l’abîme à tombeau ouvert. Astre couvert d’herbes, de feuilles, de plumes, de poils, piétinant sur l’infime pellicule de vie qui le recouvre. Son terreau n’est que le résidu de milliards d’épaves, naufrages accomplis saison après saison : sables, grains et feuilles, pollens, fleurs, fruits, prairies, savanes et forêts dans la chute du bruissement d’ailes d’insectes et d’oiseaux, joint aux cris de mammifères déchirant de leurs traques, fuites et étreintes, cette implacable dévoration de vie. C’est dans ce même terreau d’infime épaisseur, levé par les siècles, couche après couche, que les hommes eux-mêmes s’y couchent, s’abîment, se défont et s’y dissolvent. Tous encore demeurent répandus, enfouis, en cette surface féconde, ils nous accompagnent en notre vaisseau clos, dans sa course éperdue.
Quand tout en vous vénère la vie sous bien des formes, peut-on conjurer la peur de la mort, par cette observation patiente que tout ce qui vit s’épanouit et meurt ? Créer, c’est un peu repousser et faire reculer la mort, sa propre mort. À chaque chantier de vitraux importants qui demandent plusieurs saisons, parfois des années de distance pour achever l’ensemble, un sentiment d’inquiétude me tenaille à chaque fois, avec l’impression ressentie souvent que le dernier en route restera inachevé. Sentiment que le temps m’est compté plus qu’aucune autre fois.
Je ne puis m’empêcher, lors du décès d’un être proche, de veiller en pensant à sa première nuit en terre, celle d’un corps abandonné à cette solitude épaisse et refermée sur elle même, enterrée. Je songe à ce reflux de la matière (…) La merveilleuse mécanique du vivant, le cœur et son réseau, le cerveau et ses fines impulsions nerveuses, tout s’anéantit.
Peut-être est-il besoin que cet anéantissement de la chair se fasse pour rejoindre le pur esprit de Dieu, immatériel, tout Esprit. Mais alors que signifie la Résurrection des corps qui nous est promise ? Car en nous vivants incarnés, rien ne peut se concevoir hors de la chair avec nos sens pour voir, sentir, écouter, toucher, parler. Sans eux, nous ne sommes rien et ce n’est pas pour rien qu’on appelle dépouille ce corps absent de lui-même, quand ce que nous appelons âmes semble avoir déserté toutes les fonctions qui l’habitaient. Question qui s’arrête au seuil de la Foi, d’une confiance de petit enfant et qui, comme Marie à l’ange, demande « Comment cela se fera-t-il ? » Sans nul doute par la Puissance du Très haut car rien n’est impossible à Dieu, puisque de la lumière qu’il créa, il fit de rien toutes choses.
Les couchants plus que les aurores viennent à leur tour rappeler le déclin de toute chose créée, avec l’espérance renouvelée chaque jour d’une aurore sans fin annoncée dans l’Apocalypse. « De nuit il n’y en aura plus, ils se passeront de lampe ou de soleil, car le seigneur répandra sur eux sa lumière. Lui qui n’est que Lumière ».
Alors courage ! (…) Tenons nos lampes allumées, même si ce ne sont plus que des mèches qui fument encore. L’Esprit, qui souffle là où il veut, ranimera nos cœurs (…). Et bien qu’aveugles parmi les aveugles, nous pressentons ce que d’autres attendent dans la nuit close : L’Espérance du lever du jour par les signes que l’Esprit nous confia, en notre vocation de veilleur."
L'hommage de son frère, l'abbé Paul Guérin
Publié le 7 Novembre 2009

Amen.
Publié le 5 Novembre 2009

règle de st Benoît
«Cet état misérable est celui des méchantes âmes des humains qui vivent sans infamie et sans louange et qui ne furent que pour eux mêmes […] Les cieux les chassent, pour n’être moins beaux et le profond enfer ne veut pas d’eux, car les damnés en auraient plus de gloire»
Dante
Publié le 3 Novembre 2009

Je te salue, ô mort ! Libérateur céleste,
Tu ne m'apparais point sous cet aspect funeste
Que t'a prêté longtemps l'épouvante ou l'erreur ;
Ton bras n'est point armé d'un glaive destructeur,
Ton front n'est point cruel, ton oeil n'est point perfide,
Au secours des douleurs un Dieu clément te guide ;
Tu n'anéantis pas, tu délivres! ta main,
Céleste messager, porte un flambeau divin ;
Quand mon oeil fatigué se ferme à la lumière,
Tu viens d'un jour plus pur inonder ma paupière ;
Et l'espoir près de toi, rêvant sur un tombeau,
Appuyé sur la foi, m'ouvre un monde plus beau !
Viens donc, viens détacher mes chaînes corporelles,
Viens, ouvre ma prison; viens, prête-moi tes ailes,
Que tardes-tu? Parais; que je m'élance enfin
Vers cet être inconnu, mon principe et ma fin !
Quand j'entendrais gémir et se briser la terre ;
Quand je verrais son globe errant et solitaire
Flottant loin des soleils, pleurant l'homme détruit,
Se perdre dans les champs de l'éternelle nuit ;
Et quand, dernier témoin de ces scènes funèbres,
Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,
Seul je serais debout : seul, malgré mon effroi,
Etre infaillible et bon, j'espérerais en toi,
Et, certain du retour de l'éternelle aurore,
Sur les mondes détruits, je t'attendrais encore !
Lamartine
Publié le 3 Novembre 2009
Le cerf est assimilé au Christ depuis le III ème siècle. Il apparaît dans la vie des saints à de nombreuses reprises : St Edern (Bretagne), Ste Hélidie (Puy de Dôme), Ste Begge (Wallonie) ...
Mais l'apothéose vient avec la conversion de St Hubert (ancien évêque de Liège), au temps des mérovingiens en 683.
Son histoire a plusieurs variantes, je vous en propose une.
Hubert, fils de Bertrand, duc d'Aquitaine et arrière-petit-fils de Clovis était en l'an 683 un seigneur célèbre dans toute la Gaule par son intelligence, sa richesse et sa bonté. Il était âgé de vingt-huit ans et jouissait d'une renommée des plus flatteuses et d'une santé superbe. Il avait un visage loyal, ouvert et souriant. Ayant delaissé la Neustrie où la corruption des grands lui causait souci et offense, il passait ses jours en Ardenne, chez son parent, Pepin d'Heristal, comme lui puissant seigneur et maire du palais des rois Austrasie.
On ne connaissait à Hubert qu'une passion vive, irrésistible, furieuse: la chasse. A part cela, peut-être à cause de cela, car la chasse le tenait éloigne des inévitables et ordinaires querelles, il avait une grande réputation de sagesse. Pourtant il ne pratiquait aucune religion, étant, certes, trop occupé de vénerie pour adorer aucun dieu. Il avait completement oublié l'enseignement très chrétien reçu de sa tante, sainte Ode, qui lui servit de préceptrice, car la princesse Hugberne, sa mere, était morte en le mettant au monde.
Un jour d'hiver, Hubert partit a cheval pour la chasse, dès les premières lueurs de l'aurore. C'etait le jour de la fête de la Nativite de Notre Seigneur. Du givre était épandu sur les arbres; du brouillard flottait au creux des vallons; quelques flocons de neige tombaient. Et comme il commençait à chasser, un cerf dix-cors, entièrement blanc, d'une taille extraordinaire, bondit d'un fourre et s'élança devant lui, l'entrainant dans les profondeurs de la forêt où le galop de son cheval le poursuivit. Après plusieurs heures, le cerf ne montrait toujours aucune fatigue alors que Hubert était rompu. Pourtant la course folle continua.
Saint HubertSoudain, il s'arrêta net. Dans une vision de lumière, Hubert vit entre les bois du cerf l'image du Crucifié et il entendit une voix qui lui disait :
- Hubert ! Hubert ! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton Ame ?
Hubert, saisi d'effroi, se jeta à terre et, comme Saint Paul, il interrogea la vision :
- Seigneur ! Que faut-il que je fasse ?
- Va donc, reprit la voix, aupres de Lambert, mon evêque, a Maestricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes pêchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Eglise, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.
Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme:
- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!
Hubert, duc et maire du palais des rois d'Austrasie, tint parole. Il se rendit aupres de Lambert, son évêque, qui le reçût avec joie. Il implora sa protection, l'assurant qu'il voulait consacrer a Dieu le reste sa vie commencée dans l'impiété. L'évêque lui donna sa bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ et le mit sur la voie vertueuse et difficile du salut.
Abandonnant palais et richesses, reconçant à toutes les vanités de ce monde, Hubert se retira à Andage, dans les bois de Chamlon, ou Notre S eigneur s'était montré à lui dans les ramures d'un cerf blanc, sous la forme d'une croix étincellante.
Lambert, évêque de Maestricht, ayant été massacré par des païens, Hubert fut appelé à lui succéder.
Saint-Hubert est depuis le Saint patron des chasseurs (fête le 3 novembre).
Publié le 3 Novembre 2009

"Il ne faut pas, sous prétexte d’éviter les excès de la stagnation, c'est-à-dire la pétrification du conservatisme, verser dans l’extrême opposé, bien plus dangereux, qui est celui du modernisme, lequel conduit au suicide sous prétexte de revivification.
Pour se prémunir de cette contagion et éviter radicalement les dégâts du modernisme, il n’est rien de plus à propos que de susciter, en soi et chez les autres, le vif sentiment de la foi. Il faut fomenter l’amour de la Tradition catholique et le respect de l’autorité établie par Jésus-Christ.
RP Arintero
hermas
Publié le 2 Novembre 2009
Hier, la fête de la Toussaint nous a fait contempler « la ville du ciel, la Jérusalem céleste qui est notre mère » (Préface de Toussaint).
Aujourd'hui, l'âme encore tournée vers ces réalités ultimes, nous commémorons tous les fidèles défunts, qui « nous ont précédés dans le signe de la foi et reposent dans le sommeil de la paix » (Prière eucharistique 1).
Il est très important que nous chrétiens vivions la relation avec les défunts dans la vérité de la foi, et regardions la mort et l'au-delà dans la lumière de la Révélation.
Ecrivant aux premières communautés, l'apôtre Paul exhortait déjà les fidèles à « ne pas se désespérer comme les autres qui n'ont pas d'espérance ». « Puisque nous croyons - écrivait-il - que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui »(1 Ts 4, 13-14).
Il est encore nécessaire aujourd'hui d'évangéliser la réalité de la mort et de la vie éternelle, une réalité particulièrement sujette à des croyances superstitieuses et à des syncrétismes, pour que la vérité chrétienne ne risque pas de se mêler à des mythologies en tous genres.
Dans mon encyclique sur l'espérance chrétienne, je me suis interrogé sur le mystère de la vie éternelle (cf. Spe salvi, nn. 10-12). Je me suis demandé : la foi chrétienne est-elle aussi pour les hommes d'aujourd'hui une espérance qui transforme et soutient leur vie (cf. ibid., n. 10) ? Et plus radicalement : les hommes et les femmes de notre époque désirent-ils encore la vie éternelle ? Ou bien l'existence terrestre est-elle devenue leur unique horizon ?
En réalité, comme l'observait déjà saint Augustin, nous voulons tous la « vie bienheureuse », le bonheur. Nous ne savons pas bien ce que c'est ni comment il est fait, mais nous nous sentons attirés par lui.
Il s'agit là d'une espérance universelle, commune aux hommes de toutes les époques et de tous les lieux.
L'expression « vie éternelle » a pour but de donner un nom à cette attente inéluctable : non une succession sans fin, mais l'immersion dans l'océan de l'amour infini, dans lequel le temps, l'avant et l'après n'existent plus. Une plénitude de vie et de joie : voilà ce que nous espérons et attendons de notre vie avec le Christ (cf. ibid., n. 12).
Nous renouvelons aujourd'hui l'espérance de la vie éternelle fondée réellement dans la mort et la résurrection du Christ. « Je suis ressuscité et à présent je suis toujours avec toi », nous dit le Seigneur, et ma main te soutient. Où que tu puisses tomber, tu tomberas entre mes mains et je serai présent jusqu'à la porte de la mort. Là où personne ne peut plus t'accompagner et où tu ne peux rien emporter, c'est là que je t'attends pour transformer pour toi les ténèbres en lumière. L'espérance chrétienne n'est toutefois jamais uniquement individuelle, elle est toujours aussi espérance pour les autres. Nos existences sont profondément liées les unes aux autres et le bien et le mal que chacun accomplit touche toujours aussi les autres.
Ainsi la prière d'une âme en pèlerinage dans le monde peut aider une autre âme qui se purifie après la mort.
Voilà pourquoi aujourd'hui l'Eglise nous invite à prier pour nos chers défunts et à faire une halte près de leurs tombes dans les cimetières.
Puisse Marie, étoile de l'espérance, rendre plus forte et authentique notre foi dans la vie éternelle et soutenir notre prière d'action de grâce pour nos frères défunts.
Benoit XVI
Publié le 1 Novembre 2009

l'Eglise
pense à ses défunts, priant pour leur salut, qu'ils
puissent parvenir à la béatitude éternelle. Après s'être réjouie hier avec ceux de ses enfants qui sont entrés dans la gloire du ciel, l'Eglise prie aujourd'hui pour tous ceux qui, dans les souffrances purifiantes du purgatoire, attendent le jour où ils pourront se joindre à l'assemblée des saints. Jamais, ddans la litiurgie, ne s'affirme de façon plus vivante l'unité mystérieuse qui existe entre l'Eglise triomphante, l'Eglise militante et l'Eglise souffrante; jamais non plus ne s'accomplit d'une façon palpable le double devoir de charité et de justice qui découle pour chacun des chrétiens du fait de son incorporation dans le corps mystique du Christ.
Au coeur même du canon de la messe, le prêtre supplie Dieu de leur accorder le séjour du bonheur, de la lumière et de la paix. Chaque prêtre peut célébrer en ce jour 3 messes.
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De profúndis clamávi ad te, Domine : Dómine, exáudi vocem meam.
Fiant aures tuæ intendéntes in vocem deprecatiónis meæ.
Si iniquitátes observáveris, Dómine : Dómine quis sustinébit ?
Quia apud te propitiátio est : et propter legem tuam sustínui te, Dómine.
Sustínuit ánima mea in verbon ejus : sperávit ánima mea in Dómino.
A custódia matutina usque ad noctem, speret Israël in Dómino.
Quia apud Dóminum misericórdia : et copiósa apud eum redémptio.
Et ipse rédimet Israël, ex ómnibus iniquitátibus ejus.
Amen.
Publié le 31 Octobre 2009
Sretan blagdan Svih Svetih
Tous les Saints. La Toussaint.
" ne jamais désespérer de la miséricorde
de Dieu"
règle de st Benoît
Fête de la multitude s’il en faut, la Toussaint est quand même une belle solennité. Elle célèbre la victoire de ceux qui ont « gagné la course ». C’est le triomphe et la gloire de la pléthore de saints qui nous précèdent au ciel : les trônes, les dominations, les Archanges et les Anges, les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs, les Docteurs, les Confesseurs, les Vierges, les Religieux et les Religieuses, les missionnaires etc… tous ces saints sont là-haut, et intercèdent pour nous, en notre faveur, auprès de la Majesté Divine. Ils nous obtiennent des grâces insignes. Dans un chant de louange éternelle, ils partagent la Gloire des Elus et jouissent de la vision béatifique, de cette béatitude éternelle que rien sur terre ne peut égaler… ! oui, les Saint voient Dieu. Voir Dieu, quel bonheur.
Et nous dans tous ça… ?
Nous sommes saints par notre baptême. Mais « en puissance », et donc pas « en actes ». Nous ne serons vraiment saints en acte, in actu, seulement au Ciel… ! Car le Ciel est la patrie des Saints.
La sainteté effraie parfois, elle décourage souvent. Parce qu’elle suppose le sacrifice, et pas n’importe lequel : le sacrifice du don de soi. Du don total. Radical. La radicalité fait peur, on lui donne le joli sobriquet « d’intégrisme », ou bien on lui affuble le caractère « d’identitaire ». Un prêtre qui cherche la sainteté, en raison de la radicalité que la sainteté emporte, est appelé aujourd’hui « prêtre identitaire »… or, on le sait ; la malice de ces qualificatifs abscons passera avec la niaiserie des hommes qui l’ont forgée… ! "Par où les saints passent, Dieu passe avec eux" dit le Saint Curé d'Ars. Les malicieux on les oublie, les saints on s'en souvient...!
Mais la sainteté n’effraie pas ceux qui désirent vraiment le devenir. La sainteté c’est un devenir, une progression, une conquête. On « devient » saint. La sainteté, on peut l’obtenir, comme le dit Thérèse à ses novices « en ramassant une aiguille par terre ». Tout est dans l’intensité de l’amour qu’on met à poser un acte. La sainteté ne consiste pas à accomplir des prouesses, des exploits et il ne s’agit pas non plus de se faire connaître. La plupart des saints n’ont rien commis, ni n’étaient connus. Beaucoup n’ont rien produit,ni rien écrit… ! Charles de Foucauld, le petit frère du désert, n’a rien fondé de son vivant, et sa fécondité spirituelle a été très prolifique bien après son « martyr ». Thérèse, enfermée dans son carmel, n’a rien « fait », sinon d’écrire… ! La sainteté ne consiste pas seulement dans le miracle, les choses éclatantes. Elle est dans le quotidien. « Aux extases mystiques, je préfère la monotonie des sacrifices obscurs » dit Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face… !
La sainteté consiste à accomplir les choses ordinaires d’une manière extraordinaire. De mettre beaucoup d’amour dans le moindre acte. C’est ça être un saint. Un vrai !
Mais pour arriver à ce bonheur sans fin, il faut consentir à de multiples sacrifices, et parfois verser le sang. Voilà encore pourquoi la sainteté peut parfois sembler ardue. Or, si elle est apparaît difficile, c’est aussi parce que notre société postmoderne et son lot d’inepties, de billevesées et d’aberrations, établit une équation entre « difficile » et « impossible ». La mentalité actuelle essaie tant bien que mal de nous faire accroire que ce qui est « difficile » est « impossible ». Cette assimilation de la difficulté à l’impossibilité est le fruit exécrable de la modernité (un de plus, avec la dictature).
Evidemment la sainteté fait peur, parce qu’il n'y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. Le progrès spirituel implique l'ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des béatitudes.
Dans les rangs chrétiens on trouve beaucoup d’âmes qui se morfondent de ne point être de saintes âmes, à défaut d’êtres des âmes saintes. En effet, comme l’a dit Léon Bloy dans « la Femme pauvre » (1887) : « il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints ». Mais cette tristesse se transforme en joie, lorsqu’on comprend que la vraie sainteté accomplie et réalisée n’est qu’au ciel et que sur terre, nous nous entraînons, nous progressons, et que nous sommes en « devenir ». Nous comprenons qu’ici-bas, nous serons toujours grevés de cet état peccamineux hérité de nos premiers parents.
Si certains se désolent de ne point « arriver » à être des saints, d’autres en revanche « feignent » de l’être. Des âmes qui savent tout de Dieu, qui ont tout compris de Dieu, qui ont déjà été justifiées, qui se sont « auto-justifiées »… !
L’apparence de la sainteté est ce qu’il y a de pire. C’est en général bien sulfureux. Le démon est fort pour cela. Au reste, Blaise Pascal l’a décrit : « qui fait l’ange, fait la bête »… ! L’apparence angélique que se donnent certaines âmes, n’est qu’un vernis qui « craque » lorsqu’on « provoque » un peu les choses.
« Je hais la feintise » disait la Petite Thérèse. Cette « feintise » une fois décelée, « explose » littéralement, et montre son vrai visage… !
Voilà pourquoi il y a une distinction fondamentale entre « être un saint », et « se prendre pour un saint ». Celui qui est saint ne le sait pas (l’on n’est saint vraiment qu’au ciel) il n’a pas conscience de l’être sinon qu’il est un grand pécheur. Celui qui pense être "un saint" doit immédiatement se confesser ou se convertir... !
Les deux écueils sont à éviter, à savoir la présomption de sainteté ou l’idée selon laquelle il est impossible de devenir « saint » parce que c’est difficile. Ces deux attitudes relèvent d’une manière toute pélagienne de concevoir les choses. Le découragement face à la sainteté ou la présomption de sainteté suppose que l’âme ne s’appuie que sur ses propres forces pour y arriver. Or, Dieu étant source de toute grâce, lui seul, nous fait participer de sa Sainteté. Et il nous montre que la vraie sainteté, la vraie perfection ne vient pas de nous. Jésus Christ nous dit « soyez parfaits COMME votre Père céleste est parfait » (Mt. V, 48). Ἔσεσθε οὖν ὑμεῖς τέλειοι ὡς ὁ πατὴρ ὑμῶν ὁ οὐράνιος τέλειός ἐστιν
« sicut Pater vester caelestis ».
Le mot le plus important est COMME. « Sicut », ce petit mot aussi insignifiant soit-il, est la clef de tout. Nous devons être saints, « comme » Dieu est saint et parfait, et non pas comme nous le pensons. Dieu se propose comme modèle de la « sainteté ». Nous devons être saints COMME lui il l’est et non pas comme nous, nous pensons l’être. En général, au lieu de chercher à imiter la sainteté de Dieu, nous nous construisons des échafaudages fragiles et orgueilleux en « imaginant » notre propre sainteté, selon des critères qui sont nôtres… !
Or c’est lui la source de toute sainteté et de toute grâce. Il est le modèle, l’exemple, le chemin, la voie à suivre. Saint Pierre dans son épître répondra aux paroles de Saint Matthieu : "Soyez saints, parce que je suis Saint" (1P II, 11).
Dieu nous appelle tous à cette intime union avec Lui, dans un « accord de sainteté » où nous réglons notre vie sur la sienne qui est sainte, et même si des grâces spéciales ou des signes extraordinaires de cette vie mystique sont seulement accordés à certains, ceci a pour but de manifester le don gratuit fait à tous.
Si les chrétiens, dûment baptisés, pouvaient bien saisir la portée de la sainteté à laquelle ils sont appelés, ils s’emploieraient davantage à grandir « en sagesse et en âge » de cette sainteté dont le 2ème Concile du Vatican parle avec justesse et justice dans LG39-40 : « Cunctis proinde perspicuum est, omnes christifideles cuiuscumque status vel ordinis ad vitae christianae plenitudinem et caritatis perfectionem vocari, qua sanctitate, in societate quoque terrena, humanior vivendi modus promovetur ». La richesse de cet enseignement magistériel est éblouissante ! Et partant, la sainteté, ainsi conçue est une « affaire accessible à tous » est à la portée de tous comme le rappelle le Concile Vatican II… ! Car c’est ce qu’elle a toujours été ! Non pas une chose « réservée » à des élites, à une caste, à une classe ! Comme les juifs de l’ancien testament… !
La sainteté est ouverte à tous, offerte à tous, donnée, partagée, proposée et aidée, supplée, élevée… pour qu’un jour nous puissions partager la Gloire des Elus, celle qui ne se flétrit pas, la couronne immortelle, la joie parfaite, l’immense don de la vie éternelle… la béatitude infinie. Vive la Toussaint. Vive la fête de TOUS les saints.
Mgr Lantheaume
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