spiritualite

Publié le 25 Octobre 2009





"Préparons donc nos coeurs et nos corps à mener le combat de la sainte obéissance aux commandements: et pour ce qui est impossible à notre nature, prions le Seigneur de bien vouloir nous venir en aide par sa grâce."




règle de st Benoît





L’oraison de ce 30ème Dimanche ordinaire, ou du XIIIème dimanche après la pentecôte d’avant la Réforme Liturgique nous invite à prier ainsi : « Omnipotens sempiterne Deus, da nobis fidei, spei, et caritatis augmentum: et ut mereamur assequi quod promittis, fac nos amare quod praecipis »


Cette prière est très ancienne : elle est déjà présente dans les Sacramentaires Léonien et Gélasien. La concision de cette oraison est un signe non seulement d’antiquité mais encore d’une beauté liturgique inégalée.


Non seulement cette collecte est simple, mais elle est complète.


Dieu y est défini comme tout puissant, donc source de foi, d’espérance et de charité, vertus théologales qu’on lui demande puisqu’il en est la source et l’auteur, mais non seulement nous le prions pour qu’il nous les donne, mais aussi pour qu’il les augmente. Car c’est le propre des vertus que d'augmenter. Augmenter vient du verbe « augĕo, auxī, auctum » dont la racine du supin donnera le terme « auctoritas » = autorité. L’augmentation produit donc l’autorité. Et ceci s'opère par les vertus. L’augmentation des vertus dans l’âme, des vertus théologales entraîne un accroissement de l'autorité surnaturelle, une plus grande possession de Dieu, la vie de Dieu qui grandit, s’agrandit, qui croît. Augmenter, c’est croître, croître c’est être fort. Les vertus rendent forts ; forts dans la Foi, l’Espérance et la Charité…


Mais c’est une loi de croissance. On ne peut faire du « surplace » dans le monde des vertus. Car c’est la loi de la vie en Dieu. L’âme qui vit en Dieu est appelée à croître, à progresser, à avancer dans la Foi, l’Espérance et la Charité ; l’âme ne peut pas stagner, elle ne peut être en "stand-by" comme l'ordinateur durant la nuit, car elle est toujours appelée à « augmenter », à croître en Foi, Espérance et Charité. Et Dieu donne cette augmentation. Voilà pourquoi les vertus de Foi, d’Espérance et de Charité sont dites « théologales », elles nous portent à Dieu, nous mènent à Dieu, même si elles viennent de Dieu.


Nous en revanche, à cause de nos limites, nous faisons de ces vertus de simples « idées », nous disons que nous croyons mais nous discutons les dogmes de la Foi, nous les « partageons » au cours de forum, d'échange d'expériences vécues, ou d’agora où chacun dit ce qu’il « ressent » ou de ce qu’il pense. Le pire est arrivé lorsque quelqu'un se met à « choisir » l’un de ses dogmes après avoir "discuté", alors on sait comment cela se termine.


Mais dans la vie théologale, il n’en va pas du tout ainsi. Puisque l’origine comme la finalité des Vertus, c’est Dieu, nul espace n’est donné à la discussion, à la critique, au débat d’idées. Exit de l'étalage vulgaire des sentiments, des émotions, des effusions. Les vertus sont en Dieu, viennent de Dieu ; Dieu donne et l’âme reçoit les vertus.


Voilà pourquoi la Foi, l’Espérance et la Charité sont restent impratiquées en un monde rivé sur "l'expérience personnelle", sur le "moi", le "quant-à-soi", le "moi, je pense que..." le "mon père, à mon avis...." etc...etc...


Dieu, et lui seul, donne les vertus, et les fait augmenter.

‘augĕo, auxī, auctum’ veut dire aussi, en latin: "enrichir", "élever", "rehausser".

Voilà le mécanisme de la vertu : elle enrichit et embellit l’âme. Elle l’élève jusqu’à Dieu. Les vertus théologales sont donc nécessaires pour aller à Dieu, sans elles, il est inutile de penser qu’on puisse seulement « connaître » Dieu. Dieu ne se connaît que par la Foi, l’Espérance et la Charité.


Mais si l’on demande à Dieu d’augmenter en nous les vertus que lui seul est en mesure de nous donner, c’est précisément, selon la collecte de ce jour, pour une finalité simple : en vue d’obtenir ce que Dieu promet, nous devons aimer ce qu’il commande : 1. ut mereamur assequi quod promittis, en d’autres termes pour être « pour que nous soyons dignes d’obtenir ce que vous promettez » 2. fac nos amare quod praecipis « faites en sorte que nous aimions ce que vous commandez ».


Ces deux incises de la collecte sont la conséquences de l’augmentation des vertus théologales dans l’âme. Si nous demandons à Dieu de faire croître la vie des vertus en nous, c’est pour que nous devenions dignes, que nous « méritions » (‘mereamur’) d’obtenir la grâce et la vie éternelle. A noter ce « mereamur » qui pose problème : le « mérite » n’est pas du goût de tous.

Lorsqu’il s’est agit de traduire la collecte en langue anglaise, Thomas Cranmer en 1549 supprime carrément toute notion de « mérite » (on comprend aisément pourquoi): “Almithye and everlastyng God, geve unto us the increase of faythe, hope, and charitie; and that we may obteine that whiche Thou doest promise; make us to love that whiche Thou doest commaunde, through Jhesus Christe our Lorde”. (Common Book of Prayers 1549). Il est tout autant intéressant de constater qu’en 1971 la traduction française “approuvée” rapporte la même omission de toute référence au mérite, étrange non ?

Transeat.


Le but est d’aimer ce que Dieu commande. Car la charité précède l’obéissance. La charité informe l’obéissance, elle la modèle, la sculpte, lui donne vie. On n’obéit pas sans amour. L’on n’obéit que si l’on aime. L’obéissance privée d’amour conduit fatalement à la sècheresse du cœur, et au durcissement de l’âme qui finit par se rabougrir.


L’obéissance qui a été le gage de la Croix, et donc du salut, est baignée d’amour, sinon elle n’est pas, ou n’est plus. L’âme obéissante attire sur elle des flots de grâce ; à celui qui dit au Seigneur comme saint Paul : "Domine ; quid me vis facere ? Seigneur que voulez-vous que je fasse ? ", le Seigneur répond comme à l’aveugle de Jéricho : "Et moi, que veux-tu que je fasse" (Luc, XVIII, 41) Il fait la volonté de ceux qui font ses volontés : Voluntatem timentium se faciet. (Ps CXLIV) Et quelle assurance pour une âme qui a toujours obéi de savoir qu’elle est là où Dieu a voulu la mettre, qu’elle fait ce que Dieu veut qu’elle fasse ; elle peut appliquer la promesse si consolante du Sauveur : Ego elegi vos et posui vos, ut eatis et fructum afferatis et fructus vester maneat : C’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai mis là pour que alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. (Jean, xv, 16).


Obéir c’est aimer avant tout. Avant d’obéir il faut aimer.


Et on le voit bien sur le plan humain, ceux qui s’aiment, ils s’obéissent mutuellement. Que ne ferait pas un jeune homme qui aime sa future épouse, pour elle ? Il est capable de lui obéir en toute chose, même dans les caprices les plus « féminins » qui fussent… !


L’âme amoureuse du bon Dieu lui obéit en tout. Mais elle ne le peut que par vertu, et vertu théologale. Voilà tout. L’âme qui est pleine des vertus théologales, aime ce que Dieu commande, elle est digne de « mériter ». C’est la collecte de ce dimanche.

 

 

Mgr Lantheaume

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Publié le 25 Octobre 2009

 

 

 

 

 

La béatitude surnaturelle, celle dont nous parlons, dépasse sans mesure les forces naturelles et les exigences de toute nature créée, même des natures angéliques les plus hautes et de celles que Dieu pourrait encore créer. Elle consiste dans une participation de la béatitude même de Dieu, de celle dont Il jouit en se voyant et en s'aimant lui-même de toute éternité. Ainsi est-il dit dans la parabole des talents, au bon serviteur : « intra in gaudium Domini tui, entre dans la béatitude même de ton maître ». MATTH., XXV, 21, prends part à ma béatitude même.


 

Nous sommes appelés à voir Dieu comme il se voit, à l'aimer comme il s'aime. Vraiment la profondeur de notre volonté est telle que Dieu seul vu face à face peut la combler et irrésistiblement l'attirer. Cette profondeur que notre volonté possède par sa nature même, est augmentée en quelque sorte par l'espérance infuse et la charité, qui dilatent pour ainsi dire notre coeur, creusent sa capacité d'amour et suscitent en nous des aspirations plus profondes et plus hautes que les aspirations naturelles les plus intimes et les plus élevées.



Saint Augustin l'exprime en disant : « Dieu est le but de nos désirs, lui que l'on verra sans fin, que l'on aimera sans se lasser, et que l'on glorifiera toujours sans fatigue »

 

 


L'objet premier et essentiel est Dieu même ; l'objet secondaire, ce sont les créatures connues en Dieu.

 

Les bienheureux voient clairement et intuitivement Dieu même tel qu'il est, c'est-à-dire : son essence, ses attributs et les trois personnes divines. Le Concile de Florence (Denz. 693) dit : « intuentur clare ipsum Deum trinum et unam sicuti est ».


Par là la vision béatifique dépasse immensément non seulement la plus sublime philosophie, mais la connaissance naturelle des anges les plus élevés et de tout ange créable. Les bienheureux voient toutes les perfections divines concentrées et harmonisées dans leur source commune, dans l'Essence divine qui les contient éminemment et formellement, plus et mieux que la lumière blanche ne contient les sept couleurs de l'arc-en-ciel. Ils voient aussi comment la Miséricorde la plus tendre et la justice la plus inflexible procèdent d'un seul et même Amour, infiniment généreux et infiniment saint ; comment la même qualité éminente d'amour identifie en soi des attributs en apparence si opposés.


Les bienheureux voient comment la Miséricorde et la justice s'unissent de façons variées en toutes les oeuvres de Dieu. Ils voient comment l'Amour incréé, même en son bon plaisir le plus libre, s'identifie avec la pure Sagesse, comment rien n'est en lui qui ne soit sage, et comment rien n'est dans la divine Sagesse qui ne se convertisse en amour. Ils voient comment cet Amour s'identifie avec le Souverain Bien toujours aimé de toute éternité, comment la divine Sagesse s'identifie avec la Vérité première toujours connue, comment toutes ces perfections ne font qu'un dans l'essence même de Celui qui est.

 

Ils contemplent cette éminente simplicité de Dieu, cette pureté et cette sainteté absolue, condensation de toutes les perfections sans trace d'aucune imperfection.

 

Du même et unique regard intellectuel, jamais interrompu, ils voient aussi l'infinie fécondité de la nature divine s'épanouissant en trois Personnes, l'éternelle génération du Verbe, « splendeur du Père et figure de sa substance, » l'ineffable spiration du Saint Esprit, terme de l'amour mutuel du Père et du Fils, qui éternellement les unit dans la plus intime diffusion d'eux-mêmes.

 

Tel est l'objet premier de la vision béatifique.

 

Ici-bas nous ne pouvons qu'énumérer les perfections divines, les unes après les autres, et nous ne voyons pas de quelle manière intime elles se concilient ; comment l'infinie bonté s'unit à la permission du mal et parfois d'une malice effroyable ; nous disons justement que Dieu ne permet le mal que pour un plus grand bien, mais ce plus grand bien nous ne le voyons pas encore à découvert. Alors au contraire, au ciel, tout s'éclairera.


Nous verrons tout le prix des épreuves subies, de même nous verrons comment se concilient intimement l'infinie justice si redoutable et la tendresse de l'infinie miséricorde, comment elles se concilient dans l'amour incréé de la divine Bonté ; car celle-ci est essentiellement diffusive de soi, c'est le principe de la miséricorde ; et d'autre part cette infinie Bonté a droit à être aimée par-dessus tout ; c'est le principe de la justice.


Nous sommes ici-bas comme un homme qui connaîtrait les sept couleurs de l'arc-en-ciel, mais qui n'aurait jamais vu la lumière blanche. Au ciel nous verrons la Lumière incréée et par là même comment les perfections divines les plus différentes se concilient en elle et ne font qu'un.

 

 

Mais les bienheureux voient aussi en Dieu, in Verbo, la sainte humanité que le Fils unique a assumée pour toujours pour notre salut. Ils contemplent en elle la grâce d'union hypostatique, la plénitude de grâce, de gloire et de charité de la sainte âme de jésus, la valeur infinie de ses actes théandriques, le prix sans mesure du mystère de la Rédemption, son rayonnement, la valeur infinie de chaque Messe, la vitalité surnaturelle de tout le corps mystique, de l'Église triomphante, souffrante et militante ; ils voient avec admiration ce qui appartient au Christ comme Prêtre pour l'éternité, comme juge des vivants et des morts, comme Roi universel de toutes les créatures et comme Père des pauvres.

 

Par la même vision béatifique les saints contemplent en Dieu l'éminente dignité de la Mère de Dieu, sa plénitude de grâce, ses vertus, ses dons, sa médiation universelle de corédemptrice.

 

Et puisque la béatitude est un état parfait qui comporte la réunion de tous les biens légitimes, chaque saint au ciel connaît en Dieu les autres bienheureux, surtout ceux qu'il a connus précédemment et qu'il a surnaturellement aimés.

 

RP. Garrigou Lagrange

l'éternelle vie et la profondeur de l'âme.


 

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Publié le 24 Octobre 2009



dans les rues de Chavagnes ...

enfin à quelques kilomètres....
pour ça faut avoir la foi, je pense.. !


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Publié le 24 Octobre 2009










La vie éternelle consiste à vous connaître, vous, le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que vous avez envoyé.

C'est le Seigneur qui parle. Il nous dit le nom dont il s'appelle lui-même:" "Jésus-Christ" .
La vie éternelle, ce n'est pas seulement la vie de l'éternité, la vie après la mort. La vie éternelle, nous la portons depuis notre baptême, en nous, dans le sanctuaire de notre coeur. La vie éternelle, c'est une révélation de Dieu tel qu'il est, de Dieu en trois Personnes: c'est l'union en l'entrée de la vie de Dieu par la communion vivante à N.S.J.C. qui est de la Trinité, Lui, et qui nous y emporte et nous y introduit avec Lui. Et actuellement l'acte de notre vie, c'est presque uniquement de prendre conscience dans une foi et un amour croissants, de la société où nous sommes, de la région incrée, de la Patrie vivante où nous sommes placés.

C'est là, la vie éternelle, savoir le Seigneur à qui nous appartenons, à la vie de qui nous puisons: savoir le Père, à qui le Fils nous conduit.

Dans cette conscience, dans cette conviction du milieu incréé où le Seigneur nous a établis se  trouve l'exercice d'une foi chaque jour plus lumineuse, d'une charité plus ardente: c'est la vie éternelle déjà, et dès maintenant.

La ressemblance est commencée: puisque nous sommes déjà en N.S.J.C.
La ressemblance sera achevée dans l'éternité.

Mais tout ce qu'il y a dans l'épi mûr est contenu virtuellement dans la semence, et c'est le même Dieu qui est celui de notre foi et de notre vision.

dom Delatte.




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Publié le 24 Octobre 2009


"Par une nuit obscure,

enflammée d'un amour plein d'ardeur,

ô l'heureuse aventure,

j'allai sans être vue,

sortant de ma maison apaisée."

 




"Avec un acte de foi, et un acte de charité, dont les énergies sont puisées dans le  Seigneur, un petit enfant rend plus de gloire à Dieu que tous les péchés et tous les blasphèmes ne peuvent lui en ôter.  Je ne dis pas cela pour diminuer la nécessité de la Rédemption, puisque après tout, les racines de l'acte de foi et de l'acte de charité plongent dans la Rédemption.

Il y a du Seigneur, il y a de son sang, et de sa sève divine dans un acte surnaturel, il n'y a rien que de la violence, de la passion humaine et de l'animalité dans le mal.

Oh! je ne dis pas que ça ne compte pas: je dis qu'il n'y a pas de commune mesure entre le bien et le mal.

Quand ils haïssent avec le  diable: quand nous aimons avec le Seigneur.
Ce n'est pas la même chose.
"


dom Delatte.

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Rédigé par philippe

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Publié le 22 Octobre 2009








01.Sancta Dei Genitrix
02.Mater Ecclesiae
03.Advocata Nostra
04.Benedicta Tu
05.Causa Nostrae Laetitiae
06.Auxilium Christianorum
07.Regina Coeli
08.Magistra Nostra




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Rédigé par philippe

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Publié le 22 Octobre 2009


より 曲調のイメージとして作らせて頂きました。


"L’Eglise, pourtant, malgré les crises, suit un juste milieu et rejette également tous les extrêmes vicieux, pérenne l'incarnation du Verbe de vie, venue dans le monde pour être notre véritable lumière, et notre unique chemin. Elle est, en effet, la gloire du Christ, ou le Christ-Jésus lui-même, perpétué sur la terre à travers les siècles pour dire à tous les hommes les paroles de vie éternelle nécessaires à chacun. Elle est ainsi elle-même, à sa manière, verbe de vie, d’une vie qui est lumière des hommes, pour illuminer tout homme qui vient en ce monde, et rendre tout l’homme parfait dans le Christ (Col. 1,28).

R.P. Arintero O.P.
hermas.



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Rédigé par philippe

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Publié le 21 Octobre 2009



ben voilà et on était orphelins !!!












Profession monastique Clear Creek










avec l'assurance de ses prières, toutes les
félicitations du petit Placide.






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Rédigé par philippe

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Publié le 20 Octobre 2009



HERMAS




"Les malheureux que le dieu de ce siècle a aveuglés pour que ne resplendisse pas en eux l’illumination de l’Evangile de la gloire du Christ (2 Cor. 4,4), n’ont pas d’oreille pour entendre le témoignage pérenne de l’éternelle Vérité. Ils n’ont pas davantage d’yeux pour voir les réalités divines qu’ils ont devant eux, ni même pour lire dans l’Histoire comment ce merveilleux organisme, qui s’appelle l’Eglise catholique, à la différence de tous ceux que nous connaissons, au lieu de périr dans les grandes crises, ou de sortir affaibli de ses épreuves, s’y rajeunit et y trouve de nouveaux éclats. Il en ainsi parce qu’elle s’y lave de la poussière terrestre et élimine les infiltrations du milieu hostile, toujours renouvelée, affinée, fortifiée et ornée de nouvelles splendeurs"....




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Rédigé par philippe

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Publié le 19 Octobre 2009

 

"Le Christ dans l'Évangile nous redit que le Fils de l'homme est venu pour servir. Notre fidélité au Christ ne doit pas nous conduire à rechercher les honneurs, la notoriété, la célébrité, mais elle nous convie à comprendre et à faire comprendre que la vraie grandeur se trouve dans le service et dans l'amour du prochain !"

 

Benoit XVI

 

 

 

 


Ces temps-ci, nous avons été une fois encore, les tristes spectateurs de pratiques peu apologétiques du pouvoir. Népotisme, scandale, délit d’initié, affairismes en tout genre, bref, la sauce habituelle dont nous abreuve la presse!

 

Nous constatons quotidiennement que les « grands » de ce monde pratiquent le pouvoir d’une manière affligeante, encore plus scandaleuse lorsqu’ils en font profiter indument leur fils. Surtout quand ces « fils » suivent « LES PAS DE » (!) leur père ! (je laisse aux âmes élevées et ajournées le soin de saisir cette allégorie médiatique).

 

Et dans l’Evangile d’aujourd’hui, de ce dimanche, il s’agit aussi de « fils » et de « pouvoir ». De « fils de Madame et Monsieur Zébédée » des notables de la Palestine ; et de « pouvoir » de siéger, curieusement ! et de « Jean » de surcroît ! Curieux non ?

Ce n’est pas un « hasard ». Dieu a de l’humour. Beaucoup d’humour pour nous mettre sous les yeux, herméneutiquement, un Evangile dont la teneur est d’une criante actualité.

 

La Liturgie de ce XXIXème dimanche du temps ordinaire, vient une fois de plus à point nommé, illustrer ce qui se passe dans notre « bas » (mais très « bas ») monde.

Des gens qui sont prêts à tout, pour avoir du pouvoir, siéger sur un trône de Gloire, devenir président d’une société…Les fils de Monsieur et Madame Zébédée sont là, avec les autres apôtres, et eux aussi veulent du pouvoir, ils veulent gouverner, régir, dominer, commander.

 

Dans la vie voyagère du Divin Maître, ils suivaient et se rendaient bien compte qu’ils avaient acquis un certain pouvoir eux aussi, de la notoriété, ah ! et puis ils chassaient « eux aussi » les démons, ils guérissaient surtout, et ça, ça donne du pouvoir sur les autres. Enfin ils avaient finis par être « connus » eux aussi, comme quand on sort de la Star’Ac ou quand on passe à la télé, et on parlait d’eux dans la chronique mondaine, dans les gazettes locales, ils faisaient l’objet des discussions de comptoirs, on les reconnaissait sur leur passage, bref, ils devenaient « puissants » à leur tour. Être connu, c’est avoir du pouvoir ! Et comment !

Alors à ce compte-là, pourquoi ne pas demander une augmentation, et pourquoi pas : un poste au conseil d’administration ?

Car le pouvoir entraîne le pouvoir… C’est connu.

 

Le pouvoir appelle le pouvoir ; et ces fils de Monsieur et Madame Zébédée – qui susciteront l’indignation de leurs coreligionnaires – ne s’en arrêtent pas là. Ils demandent, encore et encore.

En soi « demander » est plutôt louable, car au fond le Divin Maître le leur avait enseigné : « demandez et vous recevrez… » avait-il dit !

 

Mais là, les fils de Monsieur et Madame Zébédée, demandent « autre chose ». Est-ce leur père ou leur mère qui les y a poussés ? Ce serait humain, naturel, car les parents souhaitent toujours que leurs fils « fassent carrière », ils visent toujours très haut pour leurs fils, trop haut parfois ! Est-ce le fruit d’une entente cordiale entre ces deux frères ? Car au fond, l’on sait très bien que si l’on est plusieurs à présenter une requête, la pétition aura plus de chance d’être reçue… ! Enfin que demandent-ils sinon le pouvoir. Ils veulent « siéger » à côté du Maître… ! Rien que ça !

 

Néanmoins, ce que demandent Jacques et Jean, fils de Zébédée est-il vraiment nouveau ? Non, c’est une recherche – souvent subtile et sournoise – récurrente dans l’histoire de l’humanité. Siéger, c’est commander, c’est assiéger, c’est maîtriser, c’est gouverner.

Le pouvoir a toujours été objet de convoitise, depuis les origines du genre humain. Cette « volonté de pouvoir » se trouve déjà chez le premier homme (et la première femme !)

Déjà Adam et Eve voulaient du pouvoir, ils voulaient « connaître », car « connaître et savoir confère du pouvoir ». L’arbre de la connaissance, le fruit défendu, la seule chose que Dieu avait interdite au jardin de l’Eden, devint objet de désir, parce que ce savoir, cette connaissance conférait du pouvoir.

Alors si l’Homme dans sa première heure de la création veut le pouvoir, cela restera gravé dans ses gènes au cours de son histoire… !

Les hommes institueront ensuite le « pouvoir » qu’ils termineront toujours par ce petit suffixe grec de …-cratie ! ploutocratie, autocratie, démocratie etc…

Toutes les « -craties » seront alors objet de convoitise : le pouvoir des riches, le pouvoir de décider, le pouvoir de marché (sur les eaux, et sur les autres aussi !), le pouvoir de l’argent, le pouvoir du sexe, le pouvoir politique, le pouvoir religieux (même chose), le pouvoir intellectuel, le pouvoir sur l’autre et même… j’ajouterai le pouvoir « de faire rire ». Tout pouvoir est désirable.

 

Les fils de Monsieur et Madame Zébédée veulent un siège : c’est la siégeocratie…. Pouvoir « siéger »… à droite ou à gauche, comme au Parlement !

 

Mais Jésus Christ, après avoir expliqué aux apôtres (qui n’y comprennent rien, comme d’habitude) qu’il ne lui appartient pas de dire qui pourra siéger à ses côtés, renverse la logique. Jésus prend le contre-pied de la définition du pouvoir mondain. De la même manière qu’il annonce la grandeur dans la petitesse : « vous serez grands que dans la mesure où vous serez petits », il nous dit aussi « celui qui veut gouverner, qu’il commence par servir ».

Et Jésus vient accomplir la loi, là aussi. Il la remplit de son Amour, de cette charité christique qui donne une couleur à toute chose. Il accomplit la loi du commandement, en lui donnant sa véritable signification. Commander, c’est servir. Le pouvoir c’est un service. Gouverner, régir, commander, c’est servir, mais servir c’est aussi commander. Le service de l’autorité. L’autorité qui est au service des frères. Il faut une autorité, une institution, un gouvernement, mais c’est dans le but du service d’autrui.

 

Le Divin Crucifié dit : « le fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ». Voilà le sens du pouvoir, de l’autorité, du commandement : le SERVICE.

 

Et les saints l’ont compris, à la suite du Divin Maître. Ils ont servi, jusqu’au sang parfois, mais ils ont servi. Ils ont servi l’Eglise, leurs frères, leurs supérieurs, les âmes, des nations, des institutions, mais ils ont toujours servi. Les Saints sont Serviteurs d’abord.

Et ce sens du service est exemplaire chez la Très Sainte Vierge Marie, dont la puissance est hors de doute, en raison de son « service ». « Me voici, la Servante du Seigneur », « ecce Ancilla Domini ». Cet exemple ancillaire et mariale devrait nous servir de modèle à nous, qui voulons commander, régir et gouverner.

Imitons la Très Sainte Vierge Marie, en ce mois du Saint Rosaire, qui fut la première des servantes, la première à servir Dieu, dans son dessein ineffable de Rédemption « Ecce Ancilla Domini ». Dieu premier servi. Dieu le veult. Deus lo voult.

 

Servons, et ne cessons pas de servir, et ainsi nous aurons du « pouvoir sur le Cœur de Dieu »…


Servons et aimons servir.

 

 


 

 

Mgr Lantheaume

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