Publié le 4 Juin 2009
spiritualite
Publié le 4 Juin 2009

Que l'amour fait entreprendre de grandes choses!
Elle meurt le 24 avril 1868 à Angers. À sa mort, 110 Maisons
poursuivent son œuvre à travers le monde.
Sœur Marie-Euphrasie fut canonisée le 2 mai 1940.
Publié le 3 Juin 2009

..."Alors, dit Marguerite, mon coeur se sentait embrasé
d'un feu si ardent qu'il semblait devoir me réduire en cendre. C'était
particulièrement en ce temps-là que le divin Maître m'enseignait ce
qu'il voulait de moi, et me découvrait les secrets de son Coeur adorable..."
« Quel bonheur d'aimer Dieu! Ah ! quel bonheur! « Aimez donc cet Amour, mais aimez-le parfaitement !
Marguerite-Marie Alacoque.
Publié le 3 Juin 2009


Le pape Benoît XVI a demandé que le dimanche "ne soit pas oublié comme le jour du Seigneur", lors de l'audience générale place Saint-Pierre au Vatican aujourd'hui, alors que la question du travail le dimanche est en débat dans plusieurs pays européens.
Même au travail, "avec son rythme soutenu", ou pendant les vacances, "nous devons réserver des moments de notre vie pour Dieu, ouvrir notre vie à Dieu avec une pensée, une méditation, une petite prière", a dit le pape aux milliers de pèlerins rassemblés sous le soleil.
Il ne faut "pas oublier le dimanche comme le jour du Seigneur, le jour de la liturgie afin de percevoir la beauté de Dieu dans la beauté de nos églises, de la musique sacrée et de la parole de Dieu, et de laisser entrer cette beauté dans notre existence", a poursuivi le chef de l'Eglise catholique.
"C'est seulement ainsi que notre vie devient la vraie vie", a-t-il conclu, dans sa catéchèse en italien.
S'adressant aux pèlerins de langue française, il a demandé de "ne pas négliger de prendre du temps pour contempler le mystère de Dieu de sorte que les soucis du monde ne dominent pas notre pensée et notre coeur mais la lumière de Dieu".
Benoît XVIlink
Publié le 3 Juin 2009

Bien sais-je la source qui jaillit et fuit,
mais c'est de nuit !
Cette source éternelle bien est celée
et pourtant sa demeure je l'ai trouvée,
mais c'est de nuit !
En l'obscure nuit de cet exil mauvais
la source fraîche, par la foi, bien la sais,
mais c'est de nuit !
Ne sais son origine, car n'en a mie,
mais que toute origine d'elle est jaillie,
mais c'est de nuit !
Bien sais que ne peut être chose si belle
et sais que ciel et terre s'abreuvent en elle,
mais c'est de nuit !
Bien sais que de fond jamais on n'y trouva
et que nul à gué oncques ne la passa,
mais c'est de nuit !
Que nul voile à sa clarté ne fut connu
et que toute lumière d'elle est venue,
mais c'est de nuit !
Bien sais que si riches roulent ses courants
qu'enfers et ciels et mondes ils vont arrosant,
mais c'est de nuit !
Et le courant de cette source naissant
bien sais qu'il est aussi riche et tout puissant,
mais c'est de nuit !
Et le courant qui des deux autres procède
bien sais que nul des autres ne le précède,
mais c'est de nuit !
Bien sais que les Trois en une seule eau vive
résident et que l'un de l'autre dérive,
mais c'est de nuit !
Cette source éternelle bien est blottie
au pain vivant afin de nous donner vie,
mais c'est de nuit !
Elle est là criant vers toute créature
qui de cette eau s'abreuve mais à l'obscur,
car c'est de nuit !
Cette source vive à qui tant me convie
mon désir, je la vois en ce pain de vie,
mais c'est de nuit !
Saint Jean de la Croix
Publié le 3 Juin 2009

C'est le cardinal chinois Joseph Zen qui dénonçait une fois de plus cette situation lors d'une conférence de presse lundi à Hong Kong. L'évêque émérite accuse le gouvernement chinois d'avoir cherché à corrompre certains évêques nommés avec la double approbation du gouvernement de Pékin et du Vatican, pour les convaincre de soutenir la nécessité de l'indépendance de l'Eglise chinoise face au Saint-Siège. Le Cardinal Zen va jusqu'à accuser les dirigeants de l'Association Patriotique des catholiques chinois de s'opposer à la normalisation des relations entre le Vatican et la Chine, interrompues depuis 1951, par peur de perdre leur pouvoir et leurs privilèges actuels. Le Cardinal Zen parlait au Club des correspondants étrangers de Hong Kong dans le cadre de l'anniversaire des 20 ans de la répression de la Place Tian an Men ce mercredi.
link
Publié le 2 Juin 2009

J'ai besoin d'un coeur brûlant de tendresse,
Restant mon appui sans aucun retour ;
Aimant tout en moi, même ma faiblesse,
Ne me quittant pas la nuit et le jour.
Je n'ai pu trouver nulle créature
Qui m'aimât toujours sans jamais mourir ;
Il me faut un Dieu prenant ma nature,
Devenant mon frère et pouvant souffrir.
sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.
Publié le 1 Juin 2009
ROME, Lundi 1er juin 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'allocution que le pape Benoît XVI a prononcée, samedi 30 mai, au cours de la veillée mariale qu'il a présidée dans la grotte de Lourdes des Jardins du Vatican, en conclusion du mois de mai.
* * *
Vénérés frères,
chers frères et sœurs,

Je vous salue tous avec affection, au terme de la traditionnelle veillée mariale, qui conclut le mois de mai au Vatican.
Cette année, celle-ci a revêtu une valeur tout à fait particulière, car elle a lieu la veille de la Pentecôte. En vous rassemblant, recueillis spirituellement autour de la Vierge Marie et en contemplant les mystères du Saint Rosaire, vous avez revécu l'expérience des premiers disciples, réunis au Cénacle avec la « mère de Jésus », « d'un même cœur », « assidus à la prière » dans l'attente de la venue de l'Esprit Saint (cf. Ac 1, 14). Nous aussi, en cette avant-dernière soirée de mai, de la colline du Vatican, nous invoquons l'effusion de l'Esprit Paraclet sur nous, sur l'Eglise qui est à Rome et sur tout le peuple chrétien.
La grande fête de la Pentecôte nous invite à méditer sur la relation entre l'Esprit Saint et Marie, une relation très étroite, privilégiée et indissoluble.
La Vierge de Nazareth fut choisie pour devenir la Mère du Rédempteur par l'opération de l'Esprit Saint : dans son humilité, elle trouva grâce aux yeux de Dieu (cf. Lc 1, 30). En effet, dans le Nouveau Testament, nous voyons que la foi de Marie « attire », pour ainsi dire, le don de l'Esprit Saint. Avant tout dans la conception du Fils de Dieu, mystère que l'archange Gabriel lui-même explique ainsi : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1, 35). Immédiatement après, Marie alla aider Elisabeth, et voici que lorsqu'elle arrive chez elle et la salue, l'Esprit Saint fait tressaillir l'enfant dans le sein de sa parente âgée (cf. Lc 1, 44) ; et tout le dialogue entre les deux mères est inspiré par l'Esprit de Dieu, en particulier le cantique de louange avec lequel Marie exprime ses sentiments profonds, le Magnificat. Tout l'épisode de la naissance de Jésus et de sa prime enfance est guidé de façon presque palpable par l'Esprit Saint, même s'il n'est pas toujours nommé. Le cœur de Marie, en parfaite harmonie avec le Fils divin, est le temple de l'Esprit de vérité, où chaque parole et chaque événement sont conservés dans la foi, dans l'espérance et dans la charité (cf. Lc 2, 19.51).
Nous pouvons ainsi être certains que le très saint cœur de Jésus, pendant toute la période de sa vie cachée à Nazareth, a toujours trouvé dans le cœur immaculé de la Mère un « foyer » toujours ardent de prière et d'attention constante à la voix de l'Esprit.
Ce qui eut lieu lors des Noces de Cana témoigne de cette harmonie particulière entre Mère et Fils pour rechercher la volonté de Dieu. Dans une situation chargée de symboles de l'alliance, tel que le banquet nuptial, la Vierge Marie intercède et provoque, pour ainsi dire, un signe de grâce surabondante : le « bon vin », qui renvoie au mystère du Sang du Christ. Cela nous conduit directement au Calvaire, où Marie se tient sous la croix avec les autres femmes et avec l'apôtre Jean. La Mère et le disciple recueillent spirituellement le testament de Jésus : ses dernières paroles et son dernier souffle, dans lequel Il commence à diffuser l'Esprit ; et ils recueillent le cri silencieux de son Sang, entièrement versé pour nous (cf. Jn 19, 25-34). Marie savait d'où venait ce sang : il s'était formé en elle par l'opération de l'Esprit Saint, et elle savait que cette même « puissance » créatrice aurait ressuscité Jésus, comme Il l'avait promis.
Ainsi, la foi de Marie soutint celle des disciples jusqu'à la rencontre avec le Seigneur ressuscité, et continua à les accompagner également après son Ascension au ciel, dans l'attente du « baptême dans l'Esprit Saint » (cf. Ac 1, 5). Lors de la Pentecôte, la Vierge Mère apparaît à nouveau comme Epouse de l'Esprit, pour une maternité universelle envers tous ceux qui sont engendrés par Dieu pour la foi dans le Christ. Voilà pourquoi Marie est, pour toutes les générations, l'image et le modèle de l'Eglise qui, avec l'Esprit, avance dans le temps en invoquant le retour glorieux du Christ : « Viens, Seigneur Jésus » (cf. Ap 22, 17.20).
Chers amis, à l'école de Marie, nous apprenons nous aussi à reconnaître la présence de l'Esprit Saint dans notre vie, à écouter ses inspirations et à les suivre docilement.
Celui-ci nous fait croître selon la plénitude du Christ, selon ces bons fruits que l'apôtre Paul énumère dans la Lettre aux Galates : « Charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22). Je vous souhaite d'être emplis de ces dons et de marcher toujours avec Marie selon l'Esprit et, tandis que je vous exprime mes remerciements pour la participation à cette célébration ce soir, je vous donne de tout cœur à tous, ainsi qu'à toutes les personnes qui vous sont chères, ma Bénédiction apostolique.
Publié le 31 Mai 2009

année 2009.
+
* * *
ROME, Dimanche 31 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée, en ce dimanche de la Pentecôte, au cours de la messe qu'il a présidée en la basilique Saint-Pierre.

A chaque fois que nous célébrons l'eucharistie, nous vivons dans la foi le mystère qui s'accomplit sur l'autel, c'est-à-dire que nous participons à l'acte suprême d'amour que le Christ a réalisé par sa mort et résurrection.
Le même et unique centre de la liturgie et de la vie chrétienne - le mystère pascal - assume ensuite, dans les différentes solennités et fêtes, des « formes » spécifiques, avec des significations diverses et des dons de grâce particuliers. Parmi toutes les solennités, la Pentecôte se distingue par son importance, parce qu'en elle se réalise ce que Jésus lui-même avait annoncé comme étant le but de toute sa mission sur la terre. En effet, alors qu'il montait à Jérusalem, il avait déclaré à ses disciples : « Je suis venu jeter un feu sur la terre et commme je voudrais que déjà il fût allumé » (Lc 12, 49). Ces paroles trouvent leur réalisation la plus évidente cinquante jours après la résurrection, à la Pentecôte, antique fête juive qui, dans l'Eglise, est devenue par excellence la fête de l'Esprit Saint : « ;Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; ... Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint » (Actes des Apôtres 2, 3-4). Le feu véritable, l'Esprit saint, a été apporté sur la terre par le Christ. Il ne l'a pas arraché aux dieux, comme Prométhée, selon le mythe grec, mais il s'est fait le médiateur du « don de Dieu » et il l'a obtenu pour nous, par le plus grand acte d'amour de l'histoire : sa mort sur la croix.
Dieu veut continuer à donner ce « feu » à chaque génération humaine, et naturellement il est libre de le faire comme et quand il le veut.
Il est esprit, et l'esprit « souffle où il veut » (cf. Jn 3, 8). Mais il y a une « voie normale » que Dieu a choisie pour « jeter le feu sur la terre » : cette voie c'es t Jésus, son Fils unique incarné, mort et ressuscité. A son tour, Jésus a constitué l'Eglise comme son Corps mystique, afin qu'elle prolonge sa mission dans l'histoire. « Recevez l'Esprit Saint » - a-t-il dit aux Apôtres au soir de la résurrection, en accompagnant ces paroles par un geste expressif : il a « soufflé » sur eux (cf. Jn 20, 22). Ainsi, il a manifesté qu'il leur transmettait son Esprit, l'Esprit du Père et du Fils.
Et maintenant, chers frères et sœurs, dans la solennité d'aujourd'hui, l'Ecriture nous dit encore une fois comment doit être la communauté, comment nous devons être, nous, pour recevoir le don de l'Esprit Saint. Dans le récit, qui décrit l'événement de la Pentecôte, l'auteur sacré rappelle que les disciples « se trouvaient tous ensemble en un seul lieu ». Ce « lieu » est le Cénacle, la « chambre haute », où Jésus avait fait la Dernière Cène avec ses disciples, où il était apparu à eux, ressuscité ; cette chambre qui était devenue pour ainsi dire le « siège » de l'Eglise naissante (cf. Ac 1,13). Cependant, plutôt que d'insister sur le lieu physique, les Actes des Apôtres veulent faire remarquer l'attitude intérieure des disciples : « Tous d'un même coeur étaient assidus à la prière » (Ac 1, 14). Donc, la concorde des disciples est la condition pour que l'Esprit Saint vienne ; et le présupposé de la concorde, c'est la prière.
Chers frères et sœurs, ceci vaut aussi pour l'Eglise d'aujourd'hui, cela vaut pour nous, qui sommes ici réunis. Si nous ne voulons pas que la Pentecôte se réduise à un simple rite ou à une commémoration, même suggestive, mais soit un événement actuel de salut, nous devons nous prédisposer en religieuse attente du don de Dieu par l'écoute humble et silencieuse de sa Parole.
Pour que la Pentecôte se renouvelle à notre époque, il faut peut-être - sans rien enlever à la liberté de Dieu - que l'Eglise soit moins « essoufflée » par les activités et plus dédiée à la prière.
C'est ce que nous enseigne la Mère de l'Eglise, la très sainte Vierge Marie, Epouse de l'Esprit Saint. Cette année, la Pentecôte tombe justement le dernier jour du mois de mai, où l'on célèbre habituellement la fête de la Visitation. Ce fut aussi une sorte de petite « pentecôte » qui a fait surgir la joie et la louange des cœurs d'Elisabeth et de Marie, l'une stérile, et l'autre vierge, devenues l'une et l'autre mère grâce à une intervention divine extraordinaire (cf. Lc 1, 41-45).
La musique et le chant qui accompagnent notre liturgie, nous aident eux aussi à être unanimes dans la prière, et c'est pourquoi j'exprime ma vive reconnaissance au Chœur de la cathédrale et à l'Orchestre de Chambre de Cologne. Pour cette liturgie, à l'occasion du bicentenaire de la mort de Joseph Haydn, on a choisi de façon très opportune son « Harmoniemesse », la dernière des « Messes » composées par le grand musicien, une symphonie sublime à la gloire de Dieu. A vous tous, venus pour cette circonstance, j'adresse ma salutation la plus cordiale.
Pour désigner l'Esprit Saint, dans le récit de la Pentecôte, les Actes des Apôtres utilisent deux grandes images : l'image de la tempête et celle du feu. Il est clair que saint Luc a à l'esprit la théophanie du Sinaï, racontée dans les livres de l'Exode (19,16-19) et du Deutéronome (4,10-12.36).
Dans le monde antique la tempête était vue comme le signe de la puissance divine, devant laquelle l'homme se sentait assujetti et craintif. Mais je voudrais souligner aussi un autre aspect : la tempête est décrite comme un « vent impétueux » et cela fait penser à l'air qui différencie notre planète des autres astres et nous permet d'y vivre. Ce que l'air est à la vie biologique, l'Esprit Saint l'est à la vie spirituelle ; et de même qu'il existe une pollution atmosphérique qui empoisonne l'environnement et les êtres vivants, de même il existe une pollution du cœur et de l'esprit qui mortifie et empoisonne l'existence spirituelle. Alors qu'il ne faut pas s'habituer aux poisons de l'air - et pour cela l'engagement écologique représente aujourd'hui une priorité -, on devrait agir de même pour ce qui corrompt l'esprit.
Il semble au contraire que l'on s'habitue sans difficulté à tant de produits qui polluent l'esprit et le cœur et circulent dans notre société - par exemple les images qui font un spectacle du plaisir, de la violence ou du mépris de l'homme et de la femme -. C'est aussi cela la liberté, dit-on, sans reconnaître que tout cela pollue, intoxique l'esprit, surtout des nouvelles générations, et finit ensuite par conditionner la liberté elle-même.
La métaphore du vent impétueux de Pentecôte fait penser au contraire à quel point il est précieux de respirer un air propre, un air physique, par les poumons, et par le cœur, un air spirituel, l'air salubre de l'esprit qui est l'amour !
L'autre image de l'Esprit Saint que nous trouvons dans les Actes des Apôtres est le feu.
J'ai mentionné au début l'opposition entre Jésus et la figure mythologique de Prométhée, qui rappelle un aspect caractéristique de l'homme moderne. S'étant emparé des énergies du cosmos - le feu - l'être humain semble aujourd'hui s'affirmer comme un dieu et vouloir transformer le monde en excluant, en mettant de côté, ou même en refusant le Créateur de l'univers. L'homme ne veut plus être image de Dieu, mais de soi-même ; il se déclare autonome, libre et adulte.
Il est évident qu'une telle attitude révèle un rapport non authentique avec Dieu, conséquence d'une fausse image qu'il s'est faite de Lui, comme l'enfant prodigue de la parabole évangélique qui croit se réaliser lui-même en s'éloignant de la maison de son père. Entre les mains d'un tel homme, le « feu » et ses énormes potentialités deviennent dangereux : ils peuvent se retourner contre la vie et contre l'humanité elle-même, comme hélas l'histoire le démontre. Les tragédies de Hiroshima et Nagasaki, dans lesquelles l'énergie atomique, utilisée à des fins belliqueuses, a fini par semer la mort dans des proportions inouïes, sont une mise en garde constante.
En vérité, on pourrait trouver de nombreux exemples, moins graves et pourtant tout aussi symptomatiques dans la réalité de chaque jour. L'Ecriture Sainte nous révèle que l'énergie capable de mettre le monde en mouvement n'est pas une force a nonyme et aveugle, mais l'action de « l'Esprit de Dieu qui planait sur les eaux » (Gn 1, 2) au début de la création. Et Jésus Christ a « apporté sur la terre » non pas la force vitale qui l'habitait déjà, mais l'Esprit Saint, c'est-à-dire l'amour de Dieu qui « renouvelle la face de la terre » en la purifiant du mal et en la libérant de la domination de la mort (cf. Ps 103/104,29-30). Ce « feu » pur, essentiel et personnel, le feu de l'amour est descendu sur les apôtres, réunis dans la prière avec Marie au Cénacle, pour faire de l'Eglise le prolongement de l'œuvre rénovatrice du Christ.
Enfin, une dernière réflexion tirée du récit des Actes des Apôtres : l'Esprit Saint vainc la peur.
Oui, chers frères et sœurs, l'Esprit de Dieu, là où il entre, chasse la peur ; il nous fait savoir et sentir que nous sommes entre les mains d'une Toute-Puissance d'amour : quoi qu'il arrive, son amour infini ne nous abandonne pas.
C'est ce que montrent le témoignage des martyrs, le courage des confesseurs, l'élan intrépide des missionnaires, la franchise des prédicateurs, l'exemple de tous les saints, certains même adolescents et enfants. C'est ce que montre l'existence même de l'Eglise, qui, en dépit des limites et des fautes des hommes, continue de traverser l'océan de l'histoire, poussée par le souffle de Dieu, et animée par son feu purificateur. Avec cette foi et cette joyeuse espérance, nous répétons aujourd'hui, par l'intercession de Marie : « Envoie ton Esprit, Seigneur, qu'il renouvelle la face de la terre ». Nous savons comment les disciples s'étaient réfugiés acutés au Cénacle après l'arrestation de leur Maître et y étaient restés enfermés par peur de subir le même sort. Après la résurrection de Jésus, leur peur ne disparaît pas à l'improviste. Mais voilà qu'à la pentecôte, lorsque l'Esprit Saint se posa sur eux, ces hommes sortirent sans peur et commencèrent à annoncer à tous la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n'avaient pas peur, parce qu'ils se sentaient entre les mains du plus fort.
Amen
Publié le 31 Mai 2009

Le flanc transpercé du Rédempteur est la source à laquelle l'Encyclique Haurietis aquas nous renvoie: nous devons puiser à cette source pour parvenir à la vraie connaissance de Jésus-Christ et expérimenter plus profondément son amour. Nous pourrons ainsi mieux comprendre ce que signifie connaître l'amour de Dieu en Jésus Christ, l'expérimenter en ayant le regard fixé sur Lui, jusqu'à vivre complètement de l'expérience de son amour, pour pouvoir ensuite le témoigner aux autres. En effet, pour reprendre une expression de mon vénéré prédécesseur Jean Paul II, "près du Coeur du Christ, le coeur humain apprend à connaître le sens vrai et unique de la vie et de son propre destin, à comprendre la valeur d'une vie chrétienne authentique, à se garder de certaines perversions du coeur, à unir l'amour filial envers Dieu à l'amour envers le prochain. Ainsi - et c'est la vraie réparation requise par le Coeur du Sauveur - la civilisation du Coeur du Christ pourra être édifiée sur les ruines accumulées par la haine et la violence" (Enseignements, vol. IX/2, 1986, p. 843).
Connaître l'amour de Dieu en Jésus-Christ
Dans l'Encyclique Deus caritas est, j'ai cité l'affirmation de la première lettre de saint Jean: "Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru", pour souligner qu'à l'origine du fait d'être chrétien, il y a la rencontre avec une Personne (cf. N° 1). Puisque Dieu s'est manifesté de la manière la plus profonde à travers l'incarnation de son Fils en le rendant "visible" en Lui, c'est dans la relation avec le Christ que nous pouvons reconnaître qui est vraiment Dieu (cf. Enc. Haurietis aquas, 29-41; Enc. Deus caritas est, N° 12-15). Et encore: puisque l'amour de Dieu a trouvé son expression la plus profonde dans le don que le Christ a fait de sa vie pour nous sur la Croix, c'est surtout en contemplant sa souffrance et sa mort que nous pouvons connaître d'une façon toujours plus claire l'amour sans limites que Dieu a pour nous: "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais possède la vie éternelle" (Jean 3, 16).
Par ailleurs, ce mystère de l'amour de Dieu pour nous ne constitue pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Coeur de Jésus: c'est, de la même façon, le contenu de toute vraie spiritualité et dévotion chrétienne.
Il est donc important de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi ancien que le christianisme lui-même.
En effet, il n'est possible d'être chrétien que le regard tourné vers la Croix de notre Rédempteur, "vers Celui qu'ils ont transpercé" (Jean 19, 37; cf. Zach 12, 10). Avec raison, l'Encyclique Haurietis aquas rappelle que la blessure du flanc ainsi que celles qui ont été laissées par les clous ont été, pour d'innombrables âmes, les signes d'un amour ayant marqué leur vie d'une façon toujours plus incisive (cf. 52). Reconnaître l'amour de Dieu dans le Crucifié est devenu pour ces âmes une expérience intérieure qui leur a fait confesser, avec Thomas: "Mon Seigneur et mon Dieu!" (Jean 20, 28), en leur permettant de parvenir à une foi plus profonde, dans l'accueil sans réserves de l'amour de Dieu (cf. Enc. Haurietis aquas, 49).
Expérimenter l'amour de Dieu en tournant le regard vers le Coeur de Jésus-Christ
La signification la plus profonde de ce culte de l'amour de Dieu ne se manifeste que si l'on considère plus attentivement son apport non seulement à la connaissance, mais aussi, et surtout, à l'expérience personnelle de cet amour dans le dévouement confiant à son service (cf. Enc. Haurietis aquas, 62).
Evidemment, expérience et connaissance ne peuvent pas être séparées entre elles: l'une fait référence à l'autre. Par ailleurs, il faut souligner qu'une vraie connaissance de l'amour de Dieu n'est possible que dans le contexte d'une attitude d'humble prière et de généreuse disponibilité. En partant de cette attitude intérieure, le regard posé sur le flanc transpercé par la lance se transforme en une adoration silencieuse. Le regard vers le flanc transpercé du Seigneur, d'où s'écoulent "du sang et de l'eau" (cf. Jean 19, 37) nous aide à reconnaître la multitude des dons de la grâce qui en proviennent (cf. Enc. Haurietis aquas, 34-41) et il nous ouvre à toutes les autres formes de dévotion chrétienne comprises dans le culte du Cœur de Jésus.
La foi comprise comme fruit de l'amour de Dieu expérimenté est une grâce, un don de Dieu.
Mais l'homme ne pourra expérimenter la foi comme une grâce que dans la mesure où il l'accepte en lui comme un don, dont il cherche à vivre. Le culte de l'amour de Dieu, auquel l'Encyclique Haurietis aquas invitait les fidèles (cf. ibid., 72) doit nous aider à nous rappeler constamment qu'Il a pris sur lui cette souffrance volontairement "pour nous", "pour moi".
Lorsque nous pratiquons ce culte, non seulement nous reconnaissons avec gratitude l'amour de Dieu, mais nous continuons à nous ouvrir à cet amour de sorte que notre vie en soit toujours mieux modelée. Dieu, qui a répandu son amour "dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné" (cf. Rom 5,5), nous invite inlassablement à accueillir son amour.
L'invitation à se donner entièrement à l'amour salvateur du Christ et à se vouer à lui (cf. ibid., 4) a donc pour premier objectif le rapport avec Dieu.
Voilà pourquoi ce culte, totalement adressé à l'amour de Dieu qui se sacrifie pour nous est d'une telle importance irremplaçable pour notre foi et pour notre vie dans l'amour.
Vivre et témoigner l'amour expérimenté
Celui qui accepte l'amour de Dieu intérieurement est façonné par lui.
L'amour de Dieu expérimenté est vécu par l'homme comme un "appel" auquel il doit répondre.
Le regard tourné vers le Seigneur, qui "a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies" (Mat 8, 17) nous aide à devenir plus attentifs à la souffrance et au besoin des autres. La contemplation adorante du flanc transpercé par la lance nous rend sensibles à la volonté salvatrice de Dieu. Elle nous rend capables de nous confier à son amour salvateur et miséricordieux et, en même temps, elle nous renforce dans le désir de participer à son oeuvre de salut en devenant ses instruments.
Les dons reçus du flanc ouvert, d'où s'écoulent "du sang et de l'eau" (cf. Jean 19, 34) font en sorte que notre vie devienne même pour les autres une source d'où émanent des "fleuves d'eau vive" (Jean 7, 38) (cf. Enc. Deus caritas est, N° 7). L'expérience de l'amour atteinte par le culte du flanc transpercé du Rédempteur nous protège du risque du repliement sur nous-mêmes et nous rend plus disponibles à la vie pour les autres. "Voici à quoi nous avons connu l'amour: Il a livré sa vie pour nous, et nous devons, nous aussi, livrer notre vie pour nos frères" (1 Jean 3, 16) (cf. Enc. Haurietis aquas, 38).
La réponse au commandement de l'amour n'est rendue possible que par l'expérience du fait que cet amour nous avait déjà été donné par Dieu (cf. Enc. Deus caritas est, N° 14).
Le culte de l'amour qui est rendu visible dans le mystère de la Croix représenté lors de chaque célébration eucharistique constitue donc le fondement de notre vocation à devenir des personnes capables d'aimer et de se donner (cf. Enc. Haurietis aquas, 69), en devenant des instruments entre les mains du Christ: c'est seulement ainsi que nous pouvons être des hérauts crédibles de son amour.
Cependant cette ouverture à la volonté de Dieu doit se renouveler à tout moment: "L'amour n'est jamais "achevé" et complet" (cf. Enc. Deus caritas est, N° 17).
Le regard vers le "flanc transpercé par la lance" dans lequel resplendit la volonté illimitée de salut de la part de Dieu ne peut donc pas être considéré comme une forme passagère de culte ou de dévotion: l'adoration de l'amour de Dieu, qui a trouvé son expression historique et cultuelle dans le symbole du "coeur transpercé" demeure une adoration dont il faut absolument tenir compte pour un rapport vivant avec Dieu (cf. Enc. Haurietis aquas, 62)(...).
Du Vatican, le 15 mai 2006
Benoît XVI
/image%2F1485405%2F20150223%2Fob_a8b941_th.jpg)
