Publié le 12 Avril 2020

 

 

 

+ JOUR DE PÂQUES
 
 
 Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault
 (Fontgombault, le 12 avril 2020)
 
 Allez dire à ses disciples… Proclamez l’Évangile à toute la création. (Mc 16, 7 et 15) 
 
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
 
 Oui, Chers Frères et Sœurs.
 
 Ces mots alors que vous, proches de l’abbaye et habitués des fêtes pascales, êtes absents, sont-ils vides de sens ?
 
 Je les prononce comme ces derniers jours au nom des moines qui sont ici. Je les prononce surtout parce que c’est dans le Christ ressuscité que s’enracine notre fraternité. Il est bon de nous en souvenir en ce matin de Pâques. Notre fraternité embrasse toute la terre. Nous sommes du Christ. Vous demeurez donc dans notre prière, comme nous sommes certains de demeurer dans la vôtre. Ce jour est alors le plus beau des jours que le Seigneur a faits, le jour du Seigneur, le jour où tout ce qui est au Christ est réconcilié dans le Christ. 
 
O Mais souvenez-vous : lorsque vous étiez là, il y avait déjà des bancs vides ; ceux des hommes et des femmes qui vivent comme si Dieu n’était pas Dieu, ou comme s’il n’existait pas. Que leur dire ?
 
 Le bonheur n’est pas là où vous le cherchez… Il n’est pas ici… Il est ailleurs. Vous poursuivez un corps mort. Le Christ est ressuscité, vivant. 
 
Ce jour est pour vous jour de joie. 
 
L’évangile de ce matin rapporte l’épisode des saintes femmes au tombeau. Qui pourra bien nous rouler la pierre ? Leur inquiétude bien humaine rencontre alors le plan divin. D’humbles servantes, elles deviennent apôtres : « Allez dire à ses disciples et à Pierre : il vous précède en Galilée. » 
 
Dieu bouleverse les vies humaines. Pierre pêchait des poissons, il devient pêcheur d’hommes. Les femmes voulaient embaumer le corps de Jésus, l’ange les invite à l’édification du corps mystique du Christ ; le tour viendra bientôt pour les apôtres, et pour nous : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » (Mc 16,15) La résurrection du Christ, fondement de notre foi, accrédite tout l’Évangile, et en particulier l’annonce que le salut est désormais au milieu de nous. En Jésus-Christ, Dieu visite son peuple. Il pose sur chaque homme un regard de miséricorde. Le fils de colère rentre en amitié avec Dieu, son Créateur : il passe de la mort à la vie. C’est sa pâque. Avec saint Paul, il affirme : « Ma vie, c’est le Christ. » (Ph 1,21) Et cette vie nouvelle durera tant que la flamme du Christ ne s’éteindra pas dans son cœur. Au cours du chapitre de Prime, chaque matin, l’annonce des saints fêtés le lendemain se conclut par ce verset : « Elle est précieuse aux yeux du Seigneur, la mort de ses saints. » 
 
Oui, il est beau, précieux aux yeux de Dieu, l’homme restauré dans le Christ ; son âme est lumineuse. Cette âme est en état de beauté, en état de grâce. Est-ce tout ? Alors qu’en ces jours, par la force des choses, les membres des familles se rapprochent, il n’est pas inutile de se rappeler que l’union d’une famille dans le Christ possède aux yeux de Dieu une beauté particulière qui appelle la grâce : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18,20) Depuis plusieurs semaines, des soignants, des prêtres, se dévouent au mépris de leur vie, pour servir l’humanité auprès des malades. Faisons de même si nous sommes convaincus que la pire des maladies, c’est le péché, la séparation de Dieu, la haine du prochain.
 
 La fête de Pâques nous invite à répandre et partager la lumière issue du tombeau. De la mort a jailli la vie. Dieu fait miséricorde à son peuple. Il se penche sur nous et il a pitié de nos misères : celle des sociétés, des communautés, des familles… Si la vie y est présente – grâces soient rendues à Dieu – il s’y trouve aussi des lieux de morts, que l’on fait semblant d’ignorer mais dont l’existence perdure. Le Christ veut les visiter. Il veut y apporter sa lumière. Il dépend de nous de l’y accueillir. N’a t-il pas dit à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé » ? (Lc 13,49)  Dans la cadre de ses catéchèses sur les Béatitudes, le SaintPère François a récemment commenté la cinquième béatitude : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. » (Mt 5,7). Il faudrait relire tout son enseignement . La miséricorde disait-il, c’est « l’air que nous devons respirer ». 
 
Depuis longtemps, l’atmosphère de nos sociétés, asservies aux idoles de l’argent et de la quête sans frein du plaisir, est devenue facteur de mort, irrespirable. Mort de la création dans l’exploitation sans borne et le gaspillage de ses ressources ; mort de l’humanité dans l’avortement, l’euthanasie, dans l’esclavage de l’argent et de la pornographie ; mort de l’humanité encore dans les cœurs qui se dessèchent ; mort de la pensée aussi par la soumission au politiquement correct. 
 
La terrible épidémie qui s’étend aujourd’hui de façon inéluctable replace l’humanité devant ce qu’elle est, et appelle ce dont elle a besoin. L’air même est devenu facteur de mort. Pourtant, reçue dans l’humilité, cette épreuve oriente vers l’essentiel.
 
 Posons des actes de lumière, des actes d’éternité, alors qu’il est encore temps. En ce matin de Pâques, la dictature de la mort, le royaume du prince des ténèbres, sont anéantis par l’unique Vainqueur, le Prince de la vie. « Sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Is 9,2) 
 
Le monde accueillera-t-il cette lumière ? Ouvrons les fenêtres du monde, celles de nos pays, de nos sociétés, ouvrons les fenêtres de nos familles, de nos communautés, des cœurs de tous les hommes, ouvrons les fenêtres de nos propres cœurs à l’air vivifiant qu’offre le Christ ressuscité. Dissipons les ténèbres du mal et du mensonge, et n’ayons plus peur de nous abandonner au règne de la vie, de sa vie. Il y a deux semaines, au milieu de la place Saint-Pierre vide, le Saint-Père a présidé une veillée de prière. La nature s’était mise à l’unisson. Le ciel était lourd et sombre. Il pleuvait. « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?… Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (Cf. Mc 4,38-40) 
 
La lumière du cierge pascal illumine un monde désolé. Peu voient cette lumière. Puissent le monde, les sociétés, les familles, les communautés, nous-mêmes, la laisser illuminer notre être et notre agir. Laissons Dieu renverser les pierres qui bouchent l’entrée des cœurs. Alors le monde revêtira sa vraie beauté. Alors ce sera vraiment le jour que le Seigneur a fait. En ce jour béni, Marie, Reine du Ciel et de la terre, réjouissez-vous, priez pour nous. 
 
Amen, Alléluia.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Avril 2020

 

 

Regina Cæli, laetare, alleluia,
quia quem meruisti portare, alleluia.
Resurrexit, sicut dixit, alleluia.
Ora pro nobis Deum, alleluia.

V. Gaude et laetare, Virgo Maria, alleluia.
R. Quia surrexit Dominus vere, alleluia.


Oremus : Deus, qui per resurrectionem Filii tui, Domini nostri Jesu Christi, mundum laetificare dignatus es, praesta, quaesumus, ut per ejus Genitricem Virginem Mariam, perpetuae capiamus gaudia vitæ. Per eumdem Christum Dominum nostrum.

 

Amen

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Rédigé par Philippe

Publié dans #divers

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Publié le 11 Avril 2020

petit placide. 

Iglesia de San Alexandro, el pequeño  

 

¡Feliz Pascua!

 
Frohe Ostern!
 
 
Buona Pasqua!
 
Счастливой Пасхи!
 
Happy Easter!
 
 
复活节快乐!
 
Sainte fête à Nikos, à Pedro , à tous mes amis, à mr. l'abbé B. 
 
à tous nos moines ..
 
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Avril 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Avril 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 9 Avril 2020

 

 

 

 

pour tous nos pères abbés,

nos moines, nos jeunes novices, 

pour le sacerdoce, 

pour tous nos amis confinés,

pour tous ceux que j'aime. 

 

Que la Passion du Sauveur fasse de nos jeunes novices de bons et saints moines, la sainte persévérance pour tous, dans l' heureuse espérance du ciel, de notre Pâques éternelle. 

ph. 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #divers

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Publié le 9 Avril 2020

 

 

 

+ JEUDI-SAINT

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 9 avril 2020)

 

"Hoc facite... in meam commemorationem. "

Faites cela en mémoire de moi.

(1Co 11,25)

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

Ce matin a débuté le Triduum sacré ; trois jours qui s’achèveront au matin de Pâques par l’annonce, apportée par quelques femmes aux disciples, de la découverte de la pierre roulée et du tombeau vide. Il est ressuscité. Ces jours sont au cœur de notre foi.

 Bien des années se sont écoulées depuis deux mille ans. Les pèlerins de Jérusalem, encore aujourd’hui, peuvent en désigner le lieu : c’est ici, dans cette ville, à cet endroit, qu’il est ressuscité. Mais ce lien avec le passé est-il le seul à avoir traversé les siècles ?

Après les paroles de la consécration du pain et du vin, comme le rapporte l’épître de saint Paul aux Corinthiens, mais aussi saint Luc (cf. 22,19), le Seigneur a donné à ses apôtres un commandement : « Faites cela en mémoire de moi », instituant par ces mots le sacrement de l’Eucharistie.

Cette demande du Seigneur peut paraître aujourd’hui paradoxale, alors que tant d’églises sont fermées en ces jours saints, et que tant de chrétiens, depuis des semaines, n’ont pu accéder aux sacrements de l’Eucharistie et de la pénitence.

Au-delà de la période particulière que nous vivons, il faut ajouter le fait que dans nos pays de vieille chrétienté, les vocations sacerdotales se font rares. Comment fera-t-on pour répondre à cette demande du Seigneur dans 20, 10, ou peut-être seulement 5 ans ?

Ce soir, nous faisons mémoire, de façon solennelle, de l’acte accompli par le Seigneur au milieu de ses disciples. Mais s’agit-il d’un simple repas dont le souvenir serait à perpétuer ?

Ce que Jésus a vécu « la nuit où il était livré » est un mystère.

En tant que tel, il comporte une face visible et une face cachée : une dimension facilement accessible aux sens, et une dimension spirituelle, en partie saisissable par l’intelligence, et en partie cachée, à recevoir dans la foi. Jésus donne donc cet ordre : « Faites cela en mémoire de moi. » Il s’agit bien d’un ordre : « Faites. » Il émane d’un homme, du Cœur Sacré de Jésus, de Dieu. Toute parole qui vient de ce Cœur ne peut qu’être l’expression d’un amour immense. L’invitation du Seigneur désigne donc le sacrement de l’Eucharistie comme le lieu privilégié où Dieu veut nous rencontrer. En le recevant, nous recevons non seulement la grâce, mais l’Auteur même de la grâce.

Les prêtres obéissent à l’ordre donné par le Seigneur en demeurant assidus à la célébration quotidienne de la Messe, et les fidèles y répondent en recevant ce sacrement aussi souvent que possible. Mais Jésus n’a pas dit seulement : « Faites », il a dit : « Faites cela en mémoire de moi. » Trop souvent, notre agir se résume au « faire », au « faire pour faire ». Jésus a dit : « Faites cela en mémoire de moi. »

Faire mémoire d’une personne ne peut se limiter à rappeler un moment convivial, tel qu’a pu être celui de la Cène pour le Christ et ses apôtres. Le contexte de l’événement n’est d’ailleurs pas celui d’un repas banal. C’est le repas pascal.

Jésus accomplit le rite prescrit à Moïse et au peuple hébreu, au moment où celui-ci se préparait à fuir l’Égypte. Avec Jésus, ce rite prend une tout autre signification, ou plutôt, il reçoit sa signification plénière. Accompli pour quelques Hébreux retenus en Égypte, puis réitéré par leurs descendants en action de grâce pour la fidélité et la bonté de Dieu qui a libéré son peuple, ce rite devient, dans le Christ, l’expression de la miséricorde et de la tendresse de Dieu envers tous les hommes, pris dans les liens du péché et en quête d’un libérateur.

La pâque des Hébreux avait débuté par la préparation d’un repas rituel. Elle s’était poursuivie dans la fuite vers la Mer Rouge, la descente à pied sec dans ses profondeurs et la remontée vers l’autre rive, pour s’accomplir enfin dans l’entrée en terre promise. La Pâque du Christ commence par le repas de la Cène ; elle se poursuit par sa mort sur la Croix, sa descente au séjour des morts et sa remontée triomphale dans la résurrection au matin de Pâques.

De même que l’entrée dans la terre promise donnait son sens à la première pâque, de même la Résurrection du Christ donne son sens au dernier repas pris avec les disciples, à tout le mystère pascal, et par le fait même, à toute Messe et à toute communion. « Faites cela en mémoire de moi. »

Au centre de ce mystère se trouve une personne : le Christ. C’est en son souvenir que les rites devront être accomplis. Mais s’agit-il simplement d’un souvenir ?

Le Christ ne nous a pas laissé ces quelques mots comme le testament de quelqu’un qui bientôt ne pourra plus parler. Le Christ aujourd’hui n’est pas mort, mais il vit et il vivifie. La Pâque du Christ se poursuit et s’achève dans chacune de nos propres Pâques.

La mort et la résurrection de Jésus sont le don suprême fait par Dieu à l’homme.

Nous ne sommes pas abandonnés dans le pays des ombres et de la mort. Comme un berger, le Christ a pris la tête de son troupeau. Le premier, il a brisé les chaînes de la mort, et nous a ouvert le passage vers la vraie Vie. « Faites cela en mémoire de moi. »

Par ces mots, le Christ indique l’unique chemin du salut : « Ceci est mon corps, qui est pour vous… Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. » (1 Co 11,24-25) « Faites cela en mémoire de moi. »

Le Christ invite tout homme à communier à sa vie : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1,21) affirmait saint Paul.

Les paroles de Jésus s’adressent aussi à tous ceux qui, aujourd’hui, ne peuvent pas communier sacramentellement. De même qu’il donne son Corps, il offre aussi sa grâce en abondance, à qui veut la recevoir.

 

Âme du Christ, sanctifiez-moi.

Corps du Christ, sauvez-moi.

Sang du Christ, enivrez-moi.

Eau du côté du Christ, lavez-moi.

Passion du Christ, fortifiez-moi.

Ô bon Jésus, exaucez-moi.

Dans vos blessures, cachez-moi.

Ne permettez pas que je sois séparé de vous.

De l’ennemi défendez-moi. À ma mort appelez-moi.

Ordonnez-moi de venir à vous, pour qu’avec vos saints je vous loue dans les siècles des siècles.

 

Amen.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Avril 2020

 

 

En ce jour, nous avons bien pensé à tous nos amis internationaux confinés, profitant de ces moments magiques ! y a pas.  Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu de si beaux offices, à en pleurer.

Merci à tous nos abbés et bonne fête du Jeudi Saint. 

même la musique est confinée, pauvres petits russes, ... 

Que le sang de Jésus nous purifie ! au pied de l'autel, recevons ces torrents de miséricorde pour nous et tous ceux qu'on aime. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Avril 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Avril 2020

Rédigé par Philippe

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