spiritualite

Publié le 4 Avril 2020

Cette année, nous n'avons ni âne, ni palmiers, ni bouquets, ni le bruit des enfants autour de Jésus. Mais c'est une occasion propice pour proclamer Jésus-Christ comme roi de nos cœurs « ,
 
«En ce dimanche, nous renouvelons le désir que c'est le Christ qui commande, et nous voulons nous mettre à son commandement en tout. Maintenant, si Jésus-Christ est votre roi, entrez pleinement cette semaine dans le mystère de la rédemption qu'il a effectuée pour toute l'humanité. 
"Quand nous en sortirons, nous reconnaîtrons que Dieu a été très proche de nous et que la charité chrétienne n'est pas" l'opium du peuple ", mais l'expansion de l'amour qui jaillit régulièrement du Cœur du Christ. 
 
«les saints enfants de Fatima Francisco et Jacinta sont morts lors de la dernière pandémie il y a un siècle, en 1918. Nous avons récemment célébré le centenaire de leur mort. 
 
Car cette épidémie a été l'occasion pour eux de consommer leur dévouement au Cœur immaculé de Marie, qui à Cova de Iría leur avait montré son Cœur. Et pendant qu'ils vivaient leur maladie, ils ont offert leurs petits sacrifices "pour les pécheurs", jusqu'à ce que le Seigneur les emmène au ciel. « 
«offrir ce que nous faisons tous les jours pour le pardon de nos péchés et de ceux des autres. Et pour confirmer qu'à la fin le Cœur Immaculé de Marie triomphera ».
 
Mgr Demetrio Fernández Cordoue Espagne. 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Mars 2020

 

   Nous devons nous conformer à la volonté de Dieu dans les calamités publiques, telles que la guerre, la peste, la famine, et tous les fléaux de la vengeance divine. Il en faut faire autant, quand le malheur vient fondre sur nous personnellement et sur les nôtres. Le grand secret pour y parvenir, c'est d'envisager toutes choses avec les yeux de la foi, d'adorer les jugements du Très-Haut avec un coeur contrit et humilié, et quels que soient les fléaux qui nous frappent, de bien nous persuader que la Providence, infiniment sage et paternelle, ne se résignerait pas à les envoyer ni à les permettre, s'ils n'étaient entre ses mains les instruments du renouvellement et du salut pour les peuples et pour les âmes.

   " C'est ainsi qu'elle conduit au ciel, par le chemin de la souffrance, une foule de gens qui se seraient perdus en suivant une autre route. Combien de pécheurs qui, rappelés à Dieu par la voie sévère de l'affliction, renoncent à leurs anciennes iniquités, et meurent dans les sentiments d'un véritable repentir! Combien de chrétiens qui occuperont un jour une place glorieuse dans le ciel, et qui, sans cette salutaire épreuve, eussent éternellement gémi dans les flammes de l'enfer! 

   Ce que nous appelons fléau et châtiment est souvent une grâce insigne, une preuve éclatante de miséricorde." (P Rodriguez) 

   Accoutumons-nous à n'envisager toutes choses que par ces grandes vues de la foi, et rien de ce qui se passe en ce monde ne nous scandalisera, rien n'altérera la paix de notre âme et sa confiante soumission à la Providence. 

   Il est facile de voir la main de la Providence dans la peste, la famine, les inondations, la tempête et les autres calamités de ce genre, parce que les éléments insensibles obéissent à son autorité sans jamais lui résister.

   Au-dessus des hommes bons ou mauvais, et jusque derrière les suppôts de l'enfer, il y a l'arbitre suprême, la cause première qui les mène, à leur insu peut-être, et sans laquelle rien ne peut se faire. La politique des princes, les ordres des chefs, l'obéissance des soldats, les projets ténébreux des persécuteurs, leur mise à exécution par les subalternes , les ruines et la souffrance qui résulteront de là, tout a été prévu jusqu'au moindre détail; tout a été combiné et décrété dans les conseils de la Providence.

   Il se forme une étrange collaboration de la malice de l'homme et de la sainteté de Dieu. L'infiniment Saint ne peut cesser de haïr le mal; il le tolère pourtant, afin de ne pas reprendre aux hommes le libre usage de leur liberté. Mais sa Justice imprescriptible demandera compte à chacun en son temps: aux nations et aux familles dès ici-bas, car elles n'ont pas, comme telles , l'éternité; aux individus, dans ce monde ou en l'autre. 

   En attendant, Dieu veut utiliser , pour parvenir à ses fins, la malice des hommes et leurs fautes, comme leurs bonnes dispositions et leurs saintes oeuvres; de sorte que même le désordre de l'homme rentre dans l'ordre de la Providence.

   ....

   A notre époque de persécution, il est visible que Satan est délié, et qu'il a reçu permission de cribler le juste.  " Pourquoi ce triomphe des méchants? Pourquoi cette apparente défaite de l'Eglise? Pourquoi cette perversion de la masse? Pourquoi ces gouvernements impies qui perdent les peuples? Pourquoi cet effacement et cet attiédissement de ceux qu'on appelle bons? Pourquoi, en un mot, cet empire du mal sur le bien? "

   Pourquoi?  Par respect de la liberté qui est la condition du mérite et du démérite. Dieu laisse faire. Mais quand il jugera qu'il en est temps, pour renverser les méchants, pour réveiller les endormis, pour ranimer les tièdes, pour défendre les justes, il laissera déchaîner sur le monde coupable une guerre universelle. 

   ... On oubliait Dieu; on se souvient qu'Il est le Maître des évènements. Comment ne pas le voir? Les hommes qui ont déchaîné la tempête ne savent ni la diriger ni s'en garantir; mais Dieu, tout en se réservant de faire pleine justice à son heure, utilisera la prévoyance des uns et l'imprévoyance des autres, les engins perfectionnés et les plans habilement conçus, le courage et les brillantes actions, les fautes , la malice et même le crime. 

   Tout lui sert à promener le fléau sur les nations, les familles et les individus. Il ne le fera cependant que dans la mesure utile à ses fins: que l'on tombe à genoux, il s'apaise volontiers; mais si les bonnes impressions des premiers jours se dissipent, si les yeux s'obstinent à rester fermés et les coeurs sans repentir, aura-t-on le droit d'être surpris que la guerre se prolonge, et qu'il surgisse d'autres fléaux peut-être? 

   Vaudrait-il mieux que, persévérant dans leur funeste oubli des lois divines, les nations continuent de courir à l'abîme, et les âmes à l'enfer? 

   Mais une telle sévérité dans un Dieu si bon, comment l'expliquerez-vous? Pour s'en étonner, il faut n'avoir point compris les droits de Dieu méconnus, son amour méprisé, la multitude de ses grâces et l'excès de notre malice, les joies de l'éternité bienheureuse ou les tourments d'un enfer sans fin. 

   C'est précisément parce qu'il est infiniment bon, que notre Père des cieux nous aime sans faiblesse, et comme il le faut pour notre éternité.  Toutes les prospérités du monde serait le pire des fléaux, si elles endorment les âmes dans l'insouciance et l'oubli, et si le réveil n'a lieu qu'au fond de l'abîme. Au contraire, les plus effrayantes calamités, quand même elles dureraient des années entières , sont peu de chose auprès d'un enfer éternel; elles sont même une grande miséricorde du côté de Dieu, et pour nous une heureuse fortune , si nous pouvons à ce prix désarmer la justice divine, éviter l'enfer et recevoir nos droits au ciel. 

 

   Les fléaux de Dieu apportent aux uns l'épreuve, aux autres le châtiment, à toutes les bonnes volontés des grâces de renouvellement. Heureux qui sait les comprendre et les mettre à profit!" Ces désastres, dit le P. de Caussade, sont autant de coups de prédestination pour plusieurs. Mais il faut bien avouer qu'ils peuvent être en même temps , pour d'autres, des coups de réprobation. Ce ne sera pourtant que par leur faute, et leur très grande faute; car quoi de plus raisonnable et de plus facile , en un sens que de faire de nécessité vertu? 

   Pourquoi se raidir inutilement criminellement contre la main paternelle de Dieu, qui ne nous châtie que pour nous détacher des misérables biens d'ici-bas? Sa colère même vient de sa miséricorde, il ne nous frappe que pour nous retirer du péché et nous sauver. Comme un sage chirurgien, il coupe jusqu'au vif les chairs pourries , afin de conserver la vie et de préserver le reste du corps.

   Que faire au milieu des calamités?

   - Nous humilier sous la main puissante de Dieu" et nous abandonner à sa Providence avec une soumission filiale, dans l'intime conviction que c'est Dieu qui a tout conduit, que ses desseins impénétrables ont pour principe l'amour des âmes , et qu'il saura mettre au service du bien les évènements les plus déconcertants. 

   Et pour ce qui nous concerne personnellement, nous souvenir que nous sommes dans la main  de notre Père des Cieux : s'il veut nous sauver, il lui est aussi facile de le faire au milieu de tous les périls, que de nous appeler à lui quand aucun danger n'apparaît menaçant; et s'il veut nous éprouver, que son saint nom soit toujours béni! 

   En conséquence, il faut prier, prier encore, prier toujours. Demandons, cherchons, frappons, crions. Importunons Dieu, et pour qu'il abrège la calamité, si tel est son bon plaisir, et , d'une façon absolue, pour qu'il y ait le moins possible d'âmes à périr dans la tourmente, pour que les foules reviennent à Dieu d'un coeur contrit et humilié, que les Saints se multiplient, que l'Eglise soit plus fidèlement écoutée, et Dieu moins offensé. Et puisque " la prière jointe au jeûne est (spécialement ) bonne, et que l'aumône fait trouver miséricorde", au jour des calamités, c'est le temps ou jamais, de nous renouveler dans la fidélité à tous nos devoirs, et d'ajouter à nos sacrifices obligatoires quelques mortifications de surcroît, pour mieux apaiser le juste courroux du Ciel.

   Car les calamités sont, en général, la punition du péché, et , plus elles sont universelles et terribles, plus le flot de l'iniquité a dû provoquer la colère divine. Rien de mieux à faire que d'améliorer notre propre vie, et d'offrir au Maître irrité, au Père méconnu, un redoublement d'amour et de fidélité pour nous, un large tribut d'amende honorable et de réparation pour les nôtres et pour le monde coupable.

" Seigneur, mettez une mesure et une fin à nos larmes." st Bernard 

dom Vital Lehodey. 

 

 

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Publié le 15 Mars 2020

 

 

Grand Saint Joseph,
qui êtes le modèle,
le patron et le consolateur des mourants,
je vous demande aujourd'hui
votre protection pour le dernier instant de ma vie,
pour ce moment terrible
où je ne sais si j'aurai la force
de vous appeler à mon aide.
Faites, je vous en conjure,
que je meure de la mort des justes.
Mais afin que je puisse espérer
une si grande grâce,
obtenez-moi de vivre, comme vous,
en la présence de Jésus et de Marie
et de ne jamais blesser leurs regards
par la tache hideuse du péché.
Que je meure, dès ce moment,
à moi-même, à mes passions,
à mes désirs terrestres,
à tout ce qui n'est pas Dieu,
afin de vivre uniquement
pour celui qui a donné sa vie pour moi.
Jésus, Marie, Joseph,
assistez-moi dans mes derniers moments,
soutenez-moi,
défendez-moi contre les assauts du démon
et accordez-moi d'expirer saintement

+

Ce matin à laudes ,  on a offert tout ça pour petit frère, pour Nicolas et sa famille. " Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo !"

 Quand on chante le Benedictus, ou les autres psaumes,  on est dans une autre réalité dans une autre atmosphère.. alors on pleure  ses trahisons, ses résistances à la grâce ses infidélités, ses révoltes.
 Le Bon Dieu nous met au pied du mur, comme en pleine guerre. Comme me disait Nicolas hier soir, nous sommes en pleine guerre. 
 
Le soldat en face des décombres, d'un champ de ruine  et de la mort où seul un rapace de mauvaise augure y trouve son repos et ses assises à l'affût  de quelques  proies . 
Cest drôle en ce carême notre contrition semble plus sincère et plus vraie. On  prend tout  au sérieux pour une fois. 
On ne prend plus rien à la rigolade, la réalité de la mort.. l'incertitude du lendemain, la nécessité de la pénitence. Avec toujours l'espérance et  la joie du salut. 
 Et puis la fidélité des vrais amis. Même s'il n'y a presque  personne autour de moi qui ne sinquiète de ce que je pourrais devenir! Qu'importe. Pas même un mot de compassion, à part Nicolas. 
  Cest un moment de grâces que nous offre le ciel. le Seigneur ne veut pas la mort du pécheur mais qu'il vive! 
Cest dans cette seule perspective quil nous faut comprendre  je pense les évènements qui nous arrivent.   Quand tout nous semble dû, un  électro-choc qui remet aussi les pendules à l'heure et intensifie notre désir de Dieu et notre faim de l'Eucharistie. Combien de communions sacrilèges .. ! 
Tout concours au bien de ceux qui aiment Dieu, même ce putin de roconavirus ! 
 
 
On ne pourra pas nous interdire d'être ou de retrouver la paix et l'amour de Dieu ... de se sentir aimé d'un  Père qui est aux cieux, de sentir au fond de son coeur son  ami Jésus, d'être  l'enfant prodigue qui revient à la maison et de pouvoir rester près de Lui et de veiller, car on ne sait ni le jour, ni l'heure.  
cette porte-là personne ne pourra la fermer. Dieu seul en a les clés, quand on la franchit c'est tout le ciel qui s'ouvre même pour l'ouvrier de la dernière heure. 
Allez on en remerciera sûrement le Seigneur.  les anges ouvriront la porte de nos tombeaux pour y laisser pénétrer la douce et sereine  lumière de Pâques celle qui sera éternelle , qui sait ! 
Je crois en la Résurrection de la chair, en la vie éternelle. 
Père Henry et tous nos moines au ciel, pardon pour nos infidélités, priez pour nous.
Jésus, Marie, Joseph ,  Ecce, Fiat . ! 
 
"Non moriar, sed vivam ! "
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Mars 2020

 

Cette année, le Carême a trouvé un allié inattendu qui le rend plus réel qu'en d'autres occasions. Nous avons commencé par dire : "Souvenez-vous que vous êtes poussière et que vous retournerez à la poussière". Pour la plupart d'entre eux, il s'agit de simples paroles auxquelles ils n'ont pas prêté une seule minute d'attention. A commencer par moi, car je n'ai jamais approfondi la phrase qu'à la limite d'une métaphysique fugace. Ce n'était pas réel. Lors de mon 84e Carême, ce n'était pas le cas. 

 

Cette année, cependant, c'est un peu plus réel. Cet après-midi, je suis allé à la poste pour envoyer des colis et la fille au guichet m'a dit sans me connaître : "Que fais-tu ici ? Ne te rends-tu pas compte que tu fais partie d'un groupe à risque où le virus est élevé ? Vous enverrez ces paquets ou d'autres comme eux plus tard. ....

Soudain, je me suis senti hors du monde : il est clair pour moi que je suis un patient à risque et que je peux m'infecter ou transmettre à d'autres le virus que je n'ai pas, du moins je le crois.  Cette fille m'a exclu de la société.

J'ai été professeur d'histoire de la philosophie toute ma vie. Je me suis consacré à l'enseignement des soi-disant maîtres de la suspicion, dont Nietzsche.

C'est le créateur du surhomme. "Dieu est mort", est sa phrase la plus virale et la plus médiatique. "L'homme, désormais, continue de prophétiser Nietzsche, par la raison, la science et le progrès tient entre ses mains la clé de l'avenir. Qu'avons-nous vu lorsque le rideau s'est levé ? Rien, Dieu n'existe pas, Dieu est mort. Tout cela n'était qu'un mensonge. Au milieu des ruines, le dernier corbeau a crié : "Vive le surhomme ! 

 

Un siècle et demi plus tard, je me fais virer de la poste parce que tous les surhommes ont peur d'un petit insecte qui n'est pas un être en soi mais seulement un parasite. Bien sûr, il y en a une très mauvaise. Les coronavirus ne sont même pas des cellules, ce sont des agents infectieux qui ont besoin d'un organisme vivant pour se multiplier. Mais ils sont capables d'infecter tous les organismes vivants : animaux, plantes, champignons, bactéries, protozoaires, on a même découvert qu'ils parasitaient d'autres virus ! 

Maintenant je comprends pourquoi je suis viré de la poste. Le coronavirus me poursuit comme un fou pour me parasiter. 

Je n'ai pas peur, même si je sens une certaine inquiétude et une certaine prévention. Ce matin, j'ai fait le test : je me suis agenouillé du mieux que j'ai pu et j'ai prié de l'intérieur : "Seigneur, je suis poussière et je retournerai à la poussière. 

Le savez-vous ? Cela semblait plus réel que d'autres fois. 

Où vais-je m'enfuir ? Où vais-je me cacher ? Dans ce monde, je ne peux plus trouver d'abri. J'ai été jeté de la poste et un jour ils vont me mettre un cordon sanitaire. "Seigneur, merci pour ce Carême original. Il n'y a qu'en vous que j'ai mon espoir. Merci pour la résurrection de votre fils Jésus-Christ.

Chus Villarroel OP

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Publié le 11 Mars 2020

 

saint Joseph et progrès. 

      Le mot progrès signifie étymologiquement marche en avant; c'est un mouvement ascensionnel vers ce qui est mieux, plus parfait, plus grand, plus élevé; c'est une montée, et, en même temps, une dilatation , un accroissement, un agrandissement.

   N'y a-t-il pas lieu de vous étonner que j'assemble ces deux mots: Joseph et progrès? 

   Que le fils du vieux patriarche Jacob fût un homme de progrès, nul ne le conteste. Pâtre encore à seize ans, puis esclave et prisonnier, bientôt il prend son essor qui l'emporte jusque sur les marches du trône de la riche et savante Egypte. Parti de rien, il ne cesse de s'élever, il devient le chef d'une grande nation, le sauveur de tout un peuple. 

   Oui, celui-là grandit, celui-là eut des accroissements merveilleux. Mais l'ouvrier de Nazareth? Est-ce qu'il n'est pas la contradiction du même progrès? Satisfait de sa modeste condition, il n'a pas cherché à en sortir, ni songé à l'améliorer; sa vie est restée humble, et pauvre sa maison; sa fin est mystérieuse comme ses commencements. Assurément, de la gloire de ses ancêtres il aurait pu recevoir quelque splendeur; mais cette splendeur n'eût été encore qu'un déclin; et, d'ailleurs, Dieu a si bien pris soin d'en affaiblir graduellement l'éclat, que le dernier descendant de la famille royale de David, tombé dans la pauvreté, est réduit, pour vivre, à travailler de ses mains, en sorte que l'illustration antique ne fait qu'accentuer l'obscurité présente.

   Le premier Joseph n'a cessé de monter et de grandir; le second , semble-t-il n'a fait que descendre et diminuer . Cependant, c'est à celui-ci surtout que s'appliquent les paroles de Jacob :" Filius accrescens Joseph, mon fils Joseph grandit, mon fils Joseph va toujours croissant." Joseph, fils de Jacob, n'était qu'une figure; Joseph de Nazareth est la lumineuse réalité. 

   Un philosophe dont le génie chrétien eut des intuitions prophétiques , a fait, en quelques lignes, la comparaison entre les deux Joseph, et , en deux mots, indiqué la supériorité du second sur le premier : " Tous deux furent les hommes du mystère et le rêve  leur dit ses secrets : Tous deux furent instruits en rêve, tous deux devinèrent les choses cachées. Penchés sur l'abîme, leurs yeux voyaient à travers les ténèbres. Voyageurs nocturnes, ils découvraient leur route à travers les mystères de l'ombre. Le premier Joseph vit le soleil et la lune prosternés devant lui. Le second Joseph commanda à Marie et à Jésus; Marie et Jésus obéissaient.

  Aucun homme eut-il jamais semblable dignité et connut-il de telles ascensions? Qu'importe que  le diadème de ses ancêtres ne couronne pas sa tête! qu'importe que ses mains se durcissent à manier les rudes instruments de son labeur, et qu'il mange un pain gagné à la sueur de son front! Dieu a discerné ce pauvre ouvrier, il le sort de la boue, il l'élève au-dessus des rois, il lui confie des fonctions si augustes que le langage humain se sent impuissant à en exprimer toute la surnaturelle et incommensurable grandeur. Il est l'époux de Marie, et Marie lui obéit ; il est le gardien de Jésus, et Jésus lui obéit. Il est le représentant, le fondé de pouvoirs du Père céleste, qui lui délègue son titre avec une telle plénitude que le Verbe incarné est appelé le fils de Joseph, non seulement par le peuple, mais par la Vierge elle-même; il est comme l'ombre qui plane sur Marie pour voiler les mystérieuses et ineffables opérations du Saint-Esprit, dont il devient ainsi le coopérateur ! Filius accrescens Joseph, filius accrescens. 

   Est-il besoin d'ajouter qu'à ces progrès en dignités correspondaient des progrès en vertus? " C'est une règle générale, dit saint Bernardin de Sienne, que quand Dieu , dans sa bonté, appelle une des ses créatures raisonnables à quelque service de choix ou quelque dignité éminente, il donne à cet être privilégié toutes les grâces qui lui sont nécessaires pour remplir sa mission. 

   Or les fonctions de Joseph étaient uniques: uniques par conséquent, furent non seulement les grâces qu'il reçut, mais les vertus qu'il du pratiquer avec une perfection toujours grandissante pour être à la hauteur de sa mission d'époux de Marie et de père nourricier de Jésus .

    Si l'âme qui a reçu la blessure de la divine charité s'élève ainsi, portée par de mystérieuses ailes, vers les sommets de la perfection, quel doit être l'élan du vol de l'âme de Joseph non pas seulement blessée, mais embrasée, consumée, dévorée par l'amour de Jésus! 

   Oui, dévorée par l'amour de Jésus! Si, en effet, une rapide conversation, le long d'un chemin , avec le divin Maître, suffit pour rendre brûlant le coeur des deux disciples d'Emmaüs hésitants et découragés, comment , au contact habituel et familier du coeur de Jésus , le coeur de Joseph eut-il pu ne pas être un foyer dont la flamme devenait chaque jour plus ardente et plus active? Filius accrescens Joseph: à mesure qu'il grandissait en dignités, Joseph grandissait en grâces..

abbé Artaud. 

 

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Publié le 10 Mars 2020

 

   Dieu a revêtue Marie de ses douleurs, comme pour en faire une révélation complète du grand mystère de la souffrance. Il a fait briller en elle cette doctrine féconde, que la souffrance, lorsqu'il s'agit des choses divines, est la véritable conséquence de l'amour. 

   Marie n'avait commis aucun péché pour lequel elle dût souffrir; elle n'avait pas de châtiment à subir pour la chute d'Eve; elle n'était pas comprise dans la loi du péché.

   Dans l'ordre des desseins du Ciel, Marie était prévue avant le décret qui permit le péché. Elle n'avait pas non plus de monde à racheter. Tout son sang, cette source si douce du précieux sang, n'aurait pu laver un seul péché véniel, ni sauver l'âme d'un seul enfant nouveau-né, exempt de péché actuel à expier. 

   Elle était simplement plongée dans une mer d'amour ineffable; c'est pourquoi le déluge de la douleur passa sur son âme et y pénétra justement, de même que les fleuves aux flots turbulents vont naturellement se jeter dans la mer. Ses souffrances ferment pour jamais la bouche à la plainte. C'est avec une douce violence et une force de persuasion irrésistible qu'elles imposent silence à tous les enfants affligés du Père céleste. 

   Les saints ne peuvent douter plus longtemps que la souffrance ne soit la grande ressemblance avec le Christ. 

   Au sein de notre extrême bassesse, nous, dont la patience est un tissu tellement mince qu'il était déjà presque usé lorsqu'il était neuf, nous apprenons non seulement à nous taire, mais à souffrir avec douceur; nous pensons même avec joie qu'un temps viendra où nous aimerons ces souffrances qui sont comme une monnaie d'or avec laquelle Dieu paye notre amour. 

rp Faber. 

 

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Publié le 6 Mars 2020

 

" O mon Christ aimé, crucifié par amour! " 

soeur Elisabeth de la Trinité. 

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Publié le 29 Février 2020

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Publié le 28 Février 2020

 

 

 

 

1ère station

Jésus est condamné à mort. 

 

   Cette première  station représente le prétoire et la maison de Pilate, où le Sauveur , qu'on maltraitait déjà comme un criminel, sans autre motif que ses innombrables bienfaits, est exposé, les chairs en lambeaux et recouvert d'un haillon de pourpre, aux regards de la multitude. C'est cette populace ignorante, aveugle et passionnée, qui va décider de son sort.

   De grâce, fermez les oreilles, mes frères, pour ne pas entendre la plus infernale sentence qui ait jamais souillé un tribunal; car il n'en est pas un seul parmi ces misérables qui ne crie : Tolle, tolle, crucifige eum. Et qui plus est, transportés par une rage inconcevable, ils osent provoquer la justice divine à faire retomber sur eux le châtiment de cet affreux déicide: Sanguis ejus super nos, et super filios nostros.

   Ah! quelle peine je ressens en pensant à ce qui est figuré par cette foule insensée. Toutes les fois, mon frère, que votre passion a réclamé une sentence de mort contre Jésus, avec quelle ardeur n'avez-vous pas crié aussi: " Tolle, tolle , crucifige eum ? 

N'éprouvez-vous aucun regret d'avoir prononcé l'arrêt de mort contre Jésus? Or , voici un excellent moyen de réparer vos fautes. Suivez cette voie douloureuse avec un coeur contrit , déplorez le passé, proposez-vous de vous amender, et priez Jésus, au nom de cette sentence de mort qu'il a acceptée pour votre amour, de vous délivrer de la mort éternelle que vous avez méritée par vos  péchés. 

 

 

2ème station

Jésus embrasse sa croix. 

   Jésus avait fait quelques pas, lorsque, sur la place même du prétoire, on charge sur ses épaules meurtries et déchirées , une lourde croix, grossièrement travaillée, dont le poids énorme fait courber son corps adorable. 

   Ame compatissante, vous regardez la croix matérielle qui accable le Sauveur; mais ne voyez-vous pas la croix d'une autre nature qui lui pèse sur le coeur ? Ah! si vous saviez tout ce que Jésus-Christ souffre en vous voyant si délicate, si adonnée à la satisfaction des sens, si ennemie de la souffrance et de la croix, au point de vous ranger du nombre de ceux que condamnait saint Paul: Inimicos Ccucis Christi!...

    Prenez donc la résolution de suivre une autre voie, car il est impossible que votre conscience ne vous reproche pas en ce moment de ne point suivre le chemin qui mène au paradis. Non, non, le chemin du ciel n'est point semé de plaisirs, mais bien de croix et de souffrances! Décidez-vous  donc à embrasser une vie pénitente afin d'accompagner Jésus pendant sa vie et de le posséder ensuite après la mort. 

 

3ème station

Jésus tombe pour la première fois. 

   A la vue de Jésus accablé par son lourd fardeau, tombant à demi-mort et roulant sur le pavé, de manière que le sang jaillit de ses narines, de ses yeux, de sa tête percée par la couronne d'épines, à cette vue, dis-je, aura-t-on encore le courage de nourrir des pensées d'orgueil et de vanité? 

   Oh! que ma vie est différente de celle de mon Sauveur! Il n'ambitionne que les mépris et les souffrances, et moi, je ne recherche que les honneurs et les plaisirs. 

  En réparation pour tous les prêtres qui ont quitté le sacerdoce - dont on sait qu'hélas, le caractère sacerdotal demeure même mariés... -

et ceux qui ont sali l'image sacerdotale auprès des jeunes enfants.

miserere nostri Domine, miserere nostri. 

 

IV ème station

Jésus rencontre sa Mère. 

   Voyez Jésus qui se plaint de votre cruauté. à tourmenter le coeur de sa Mère; voyez Marie: avec quelle douleur elle vous exprime ce qu'elle souffre, en vous voyant si impitoyable à l'égard de son bien-aimé Fils . Et vous, quels sont donc vos sentiments? Quoi ! vos yeux ne se changent pas en deux fontaines de larmes? 

   Jetez-vous aux pieds de Jésus et de Marie et prenez la résolution de changer totalement de vie au moyen d'une bonne et sainte confession. Ne tardez pas, c'est peut-être le dernier avis que Dieu vous donne. 

V ème station 

Simon aide Jésus à porter sa croix. 

 

 Réveillez-vous donc, réveillez-vous et embrassez de bon coeur la croix de Jésus-Christ , en lui demandant la force de la porter avec persévérance jusqu'à la mort, oui, jusqu'à la mort. 

 

VI ème station

Véronique essuie la face de Jésus . 

 

Ah! au lieu d'essuyer la face de Jésus, vous avez achevé de la défigurer. S'il en est ainsi, apprenez de cette sainte femme à soulager Jésus en purifiant votre coeur de toutes les souillures du péché, afin qu'il soit disposé à recevoir la divine empreinte, et qu'au jour du jugement dernier nous soyons tous reconnus pour ses serviteurs. 

 

VII ème station

Jésus tombe pour la deuxième fois. 

Ah! entrons dans cette divine école de patience que Jésus nous ouvre dans son coeur. Et là apprenons à calmer ces accès de bile, à réprimer ces emportements, ces cris dont on fait retentir l'air à la moindre contrariété. 

Prenons la résolution d'user en toute rencontre de cette mansuétude qui convient à un chrétien et de nous graver dans le coeur cette précieuse leçon que Jésus nous donne : " Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur. " 

 

VIII ème station 

Jésus console les filles de Jérusalem. 

" Pleurez sur vous-mêmes, dit-il aux femmes de Jérusalem, et sur vos enfants. " Voilà les larmes dont Jésus a soif; il désire que vous pleuriez amèrement vos péchés.  Que de larmes ne répand-on pas pour la perte d'un petit intérêt temporel? et quand il s'agit de la perte des biens éternels, nous avons le coeur de pierre. 

 Ah! demandons à Jésus avec toute la ferveur possible cette salutaire pénitence pour laver nos âmes de toutes les tâches du péché. 

 

 

IX ème station

Jésus tombe pour la troisième fois 

Voyez à quelle extrémité il est réduit, comme tout son corps est brisé, exténué, sans forces, ce qui est cause qu'il tombe pour la troisième fois sur le flanc de la montagne. Contemplez-le, la face dans la poussière, ranimant un reste de vie qu'il conserve par miracle pour vous demander d'une voix lamentable aide et secours. Et quel secours pouvons-nous vous donner , aimable Jésus? 

  Savez-vous lequel? Un secours de soupirs et de larmes. Oh! puissent nos coeurs une bonne fois se briser de douleur! Tous tant que nous sommes, protestons en vrais pénitents que dorénavant notre nourriture ordinaire sera de pleurer la Passion de Jésus-Christ. 

 

X ème station 

Jésus est dépouillé de ses vêtements. 

Si jusqu'ici quelqu'un d'entre vous fut sourd à la voix de Jésus qui, dans tant de stations, a tâché de vous parler au coeur, ah! écoutez avec quelle tendresse il vous invite en cet endroit, cet aimable Sauveur à contempler ses plaies. Me voici, mon fils, dit-il, vois comment par amour pour toi je me suis laissé arracher jusqu'à la peau du dos. Ne vois-tu pas que je ne suis plus qu'une plaie de la tête aux pieds, en proie à un spasme douloureux, sans autre rafraîchissement que de la myrrhe, du fiel et du vinaigre? 

Sache donc que ce que je souhaite le plus, que la seule chose que j'attende, c'est un peu de retour de ta part. Oh! combien tu m'obligerais par une larme, un soupir, une émotion tendre du coeur ! Ah! mon Dieu , mon Dieu ! puissions-nous fondre en larmes de compassion! 

 

 

XI ème station

Jésus est crucifié 

Vous aimez votre chair pour un instant, car le plaisir passe en un instant, et vous la condamnez à des supplices éternels qui ne finiront jamais, jamais, jamais. Esprit-Saint, je vous en conjure, ouvrez les yeux à tel ou telle afin qu'à la vue de Jésus crucifié ils reconnaissent leur folie, et se déterminent à embrasser la pratique de la pénitence.  

 

XII ème station

Jésus est élevé en croix.

Voilà enfin, exposé à la face du monde entier, un Dieu crucifié après avoir traîné sous une croix . Ah! prosternés à genoux, prenons tous copie d'un si beau modèle exposé à nos regards...! 

Quelle est la plus grande peine qui afflige cet aimable Sauveur, suspendu en l'air sur trois clous, et tout ruisselant de sang? quelle-est-elle? Ecoutez- le de sa bouche divine : Sitio , " j'ai soif " . Jésus ne se plaint d'aucun autre mal que de sa soif. Mais quelle est cette soif qui le tourmente tellement ? quelle est-elle? le savez-vous? Ah! c'est la soif de vos larmes, de votre amour; c'est le grand , mais très grand désir qu'a Jésus de vos soupirs. Sitio , " j'ai soif " . Et vous , ingrat, laisserez-vous Jésus mourir de soif, plutôt que de le rafraichir par une tendre compassion? 

 

 

XIII ème station

Jésus entre les bras de sa mère.

 

Ah ! Mère infortunée, quel glaive de douleur vous perce le coeur, en contemplant sur votre sein ces membres déchirés, ensanglantés, du plus aimé des fils ! Oui, sa douleur fut grande dit le séraphique saint Bonaventure; Marie sentit tellement son coeur percé par les épines et les clous, déchiré par les coups, qu'elle fut comme transformée en épines, en clous et en plaies : 

O très sainte Mère, Mère de grâce, ne nous refusez pas une grâce si précieuse; faites que plongés continuellement dans vos peines, nous pleurions sans cesse nos péchés qui en furent la cause. 

XIV ème station

Jésus est mis dans le sépulcre. 

Formez dans votre coeur un sépulcre au Sauveur, et ne quittez pas ce lieu sans emporter avec vous les augustes reliques de votre Dieu. Oh! alors , certes, Marie sera contente , et Jésus le sera pareillement. Mais comment oseriez-vous déposer le corps très pur de Jésus dans un coeur si corrompu? Ah! lavez-le avec les larmes de la pénitence, en répétant avec le saint roi David :" Seigneur , créez en moi un coeur pur." Cor mundum crea in me, Deus. Dieu vous soit en aide. 

rp. Salvator d'Ormea 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 26 Février 2020

 

Mercredi des Cendres

 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 26 février 2020)

 

 

Convertimini ad me

Revenez à moi

Jl 2,12

 

Chers Frères et Sœurs,

Mes très chers Fils,

 

Voici que viennent à nous, à nouveau, les jours de pénitence de la sainte Quarantaine, jours tout à la fois redoutés et désirés.

Redoutés, car ils nous rappellent au devoir de la conversion, à ce retournement qui, s’il ne concerne peut-être pas l’orientation ultime de notre vie, demande pourtant un réel effort sur tel ou tel point qu’il nous revient de discerner et de reconnaître. Il n’est jamais facile de renoncer aux habitudes qui ont vieilli avec nous. Quelle preuve d’amour que de le faire ! Quel mérite !

Ces jours sont désirés, car ils s’achèveront dans la lumière du Ressuscité. La rencontre de la nuit pascale est comme l’aimant qui réoriente la boussole de notre vie au long de ce Carême.

Rencontrer et accueillir le Seigneur ne s’improvise pas. Souvenez-vous de l’évangile de Marthe et de Marie. Le Seigneur est entré dans la maison de ses amis. Marie est aux pieds de Jésus. Marthe s’affaire aux préparatifs du repas et s’impatiente devant l’inaction de sa sœur. Jésus, tout en reconnaissant qu’elle s’agite pour beaucoup de choses (il ne lui demande pas d’ailleurs de renoncer à sa cuisine), lui rappelle délicatement qu’un seul choix est bon, vraiment bon. Cette bonne part, Marie l’a choisie. Cette bonne part, c’est accueillir Jésus dans son cœur.

La réponse de Jésus nous désigne le chemin d’un Carême authentique. Il ne s’agit pas pour nous d’embrasser les observances des Chartreux. Il s’agit, tout en demeurant fidèle au devoir d’état, à la banalité de nos journées, de ré-accueillir ou de mieux accueillir Jésus dans notre propre vie.

Le Carême n’est donc pas un temps d’entraînement aux exploits ascétiques qui peuvent combler les exigences ardentes d’une jeunesse plus orgueilleuse que sainte. En ce saint temps, l’Église invite ses enfants à mener une vie réellement et simplement chrétienne dans une pratique concrète, renouvelée et persévérante de l’amour de Dieu et du prochain.

Le terme de la vie, c’est la rencontre avec le Christ. Si saint Benoît invite ses moines à avoir sans cesse la mort présente devant les yeux, c’est que l’ivresse d’une vie, qui n’a pourtant rien à voir avec celle des gens du monde, peut faire oublier cette étape que nous aurons tous à franchir.

Replacé dans le contexte de la totalité de la vie, le temps du Carême apparaît comme un rappel que notre route comportera un terme qui demande une préparation. 

Le mystère pascal, centre de l’année liturgique, n’est pas la simple commémoraison annuelle d’un événement vieux de deux mille ans. Le rappel de la mort et de la résurrection du Christ invite à une rencontre : celle de notre vie avec le Christ.

En résumé, le Carême est au jour de Pâques ce que notre vie est au jour de notre mort, c’est-à-dire de notre rencontre avec le Christ. Saint Benoît, au début du chapitre de sa Règle consacré à l’observance du Carême, écrit :

La vie d’un moine devrait être, en tout temps, aussi observante que durant le Carême. Mais, comme il en est peu qui possèdent cette perfection, nous exhortons tous les frères à vivre en toute pureté pendant le Carême, et à effacer, en ces jours sacrés, toutes les négligences des autres temps.

Alors, que faire en ce Carême, ou, plus justement, comment demeurer avec le Christ en ce Carême ?

Le mystère de Dieu est inépuisable. Celui qui renoncerait à chercher Dieu, à connaître plus profondément le Christ, ne pourrait prétendre demeurer avec le Christ.

En ce temps, n’ignorons pas la grande richesse des textes liturgiques. L’Église les a disposés afin de préparer les catéchumènes au baptême. Sur le chemin de Dieu, nous demeurerons toujours des novices. Pourquoi ne pas prendre un temps suffisant de méditation de ces textes ?

Connaître le Christ ne suffit pas, il faut aussi vivre avec le Christ, et que notre vie s’enracine en la sienne. Deux lieux s’offrent à nous : notre propre vie d’abord, toujours à évangéliser ; et ensuite, la ou les communautés au milieu desquelles nous vivons : la famille ou la communauté religieuse en premier lieu, mais aussi l’école, l’université, le lieu de travail ou encore les lieux de loisirs.

Évangéliser les lieux ne suffit pas, il faut aussi évangéliser dans la durée, évangéliser les temps.

Au seuil de ce Carême apparaît la nécessité d’un humble et réaliste examen de conscience, sans peur, sans compromission.

Le risque du découragement n’est pas à exclure. Si l’examen de conscience s’avère nécessaire, peut-être qu’un « examen de confiance » portant sur la ferveur, sur la profondeur de notre foi, serait tout aussi urgent. Comment comprendre qu’il y ait si peu de chrétiens qui rayonnent leur foi en évangélisant ?

Pour parer à un éventuel découragement, les textes de ce premier jour du Carême abondent en références à la miséricorde de Dieu. Elle est l’attribut divin qui nous encourage à demander, avec l’Église, le secours du Seigneur, quand nous sommes dans l’adversité et que le péché nous tient dans ses filets.

Rappelons-nous que si le poids du jour est lourd, si notre passé nous accuse, Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Cette volonté de Dieu transfigure le passé. Elle fonde une espérance pour le futur. Surtout, elle désigne le présent comme le lieu pour une réponse concrète à la volonté divine. Cette réponse, c’est la conversion.

Comme signe de notre volonté de répondre à l’appel du Seigneur, nous avons reçu sur le front le signe de la Croix, marqué avec de la cendre.

Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements , et revenez au Seigneur votre Dieu.
 ( Jl 2,12-13)

Si les textes de ce matin mentionnent la miséricorde de Dieu, ils nous invitent aussi à la pratique de la vertu d’humilité. L’humilité de la Vierge de Nazareth a conquis le cœur du Seigneur.

Enfin, le Seigneur nous assure de la protection des saints anges. Prions-les tout particulièrement en ce saint temps.

Par l’aumône, le jeûne et la prière, ouvrons nos cœurs à l’attente et à la lumière du Christ ressuscité dans une foi, une espérance et une charité renouvelées.

Saint et joyeux Carême. Amen

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Rédigé par Philippe

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