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Publié le 11 Mars 2018

 

" Tu ne saurais effacer de ton coeur une certaine image,

Et cette image n'est autre que celle imprimée sur le linge de Véronique.

C'est une face fine et longue et la barbe entoure le menton d'une triple touffe.

L'expression en est si austère qu'elle effraie, et si sainte

Que le  vieux péché, en nous organisé,

Frémit jusque dans sa racine originelle, et la douleur qu'elle exprime est si profonde

Qu'interdits, nous sommes comme des enfants qui regardent pleurer, sans comprendre, le père : il pleure !

Tu voudrais en vain, ô Ivors, déployer devant ces yeux la gloire et l'éclat de ce monde.

Ces yeux qui, en se levant , d'un regard ont créé l'Univers,

Sont maintenant baissés, et de sévères larmes en descendent;

Du front suintent des gouttes de sang.

Mais, considère, ô mon fils, la bouche de ton Dieu, la bouche, ô mon fils, du Verbe.

Quelle amertume elle savoure, quelle parole à elle-même ineffable elle goûte.

Car les lèvres au coin droit s'entr'ouvrent en un sourire atroce.

Comme il pleure de tout son être laissant échapper la salive comme un enfant !

Il n'y a point de pain pour nous, ô mon fils, tandis qu'il nous restera cette douleur à consoler.

C'est la douleur du Fils de l'Homme qui a voulu goûter et revêtir notre crime.

C'est la douleur du Fils de Dieu

De ne pouvoir présenter à son Père tout l'homme dans le mystère de l'Ostension. "

Paul Claudel

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Mars 2018

   Nous sommes dans la peine, et voici que la prière liturgique nous invite à la joie. Le grand Soleil de Dieu nous illumine selon le même cycle, quelles que puissent être peines et joies.

   Quel déchirement, dans nos angoisses, que l'appel à la joie divine! Une trop belle journée est intolérable au coeur dans la détresse. " Réjouis-toi, Jerusalem, et vous tous qui l'aimez soyez dans l'allégresse. Tressaillez de joie avec elle ! " Est-ce seulement possible, Seigneur ? Vous nous demandez la plus allègre des joies, cette liesse, laetitia,  qui s'envole d'une âme mise au large, comme nos alouettes, maintenant absentes, se précipiteront avec de petits cris ravis au plus haut du ciel de mai dégagé de nuages. Vous nous demandez de chanter le jubilus de l'alleluia; vous savez bien qu'il consiste en quelques gouttes tombées sur notre terre de la joie des bienheureux.

   Nos coeurs sont trop contractés, nous ne chanterons que des lèvres, nous ne pouvons nous ouvrir à cette rosée divine, elle nous brûlerait comme une ypérite.

   La joie ne se commande pas.. Laetare Jesusalem ! Réjouis-toi, pauvre âme triste, quelle dérision ' -  Vais-je affecter, répond-elle, ce qui ne peut être que pur élan, lorsque l'élan me manque?

   Avec ce que j'ai de forces, je puis peiner, et je sais comme la nature humaine est élastique, quelles ressources  elle recèle quand on pense les avoir toutes épuisées, je puis fournir âprement la tâche de chaque jour, mais non pas, certes, joyeusement ! Je pourrais bien jouer, un peu de temps encore , un personnage de la joie. Ce serait une imposture. Quand les misères vous assaillent, nous ne pouvons faire que leur souffrance ne nous envahisse: je n'ai pas le droit de tâcher d'y être insensible, et comment une âme remplie d'amertume pourrait-elle se réjouir? La joie est le témoignage d'une vie qui jaillit, authentique, parfaitement d'accord avec elle-même. Ma vie est blessée, et vous lui demandez la joie. Ce mensonge-là est de tous le plus impossible.

- Tu as bien raison, la joie ne se commande pas. On traite de "fausses joies" les plaisirs qui ne flattent que notre sensualité, ou notre vanité; ces joies sont fausses, en effet, car elles favorisent les tendances centrifuges qui nous désagrègent; au lieu d'aller à notre bonheur, elles travaillent contre le meilleur de notre être; elles le déçoivent, parce qu'il exige unité, équilibre, et même une plénitude infinie; et néanmoins, elles mériteraient mieux ce nom de joies que des sentiments que l'on affecterait; derrière elles , au moins, il y a quelque chose de vital qui les suscite et s'y réjouit!

   L'exaltation de l'orgueil procure aussi une " fausse " joie, parce qu'elle durcit dans la satisfaction de son excellence un coeur fait pour s'ouvrir à tout le bien; du moins ce sentiment d'horrible suffisance jaillit-il de source, lui aussi, on n'a pas à le provoquer, il a la spontanéité de la joie et cette marque inimitable de ce qui vient de nous, de ce qui fait dire :" On se sent vivre !" C'est bien ce qui trompe sur lui et le rend délicieux. Mais chercher la joie, la cultiver quand on l'éprouve, tâcher de se la procurer quand on ne l'a pas, il n'est point d'illusion plus dangereuse. Jamais une âme droite ne s'y méprendra, une âme profonde et simple.

   C'est à de telles âmes que s'adressent les invitations de l'Ecriture :" Réjouissez-vous,  je vous le répète, réjouissez-vous toujours... " " Soyez dans la liesse ", et tant d'autres. De telles âmes savent d'expérience que la joie est le sentiment gratuit de la vie, qu'elle ne s'obtient pas artificiellement, que pour l'avoir il n'y a pas d'autre moyen que de vivre. Aussi des paroles de cette sorte apparaissent-elles évidemment comme des cris de la vie lancés à des vivants; la vie s'y épanouit, s'ouvre, rejoint d'autres vies pour les ouvrir et en accroître l'acte. Elles ne s'adressent nullement aux ingénieux et aux habiles, à qui ces choses seront toujours cachées qui inventent des méthodes pour déclencher les sentiments, qui impèrent leurs affections. Non la joie ne se commande pas.

   Qui la cherche est toujours déçu. C'est  ce qui s'appelle se monter la tête.

...

La joie est conscience de vie que le Christ est la source de la vie chrétienne en nous, le secret de la joie chrétienne est évidemment dans notre union consciente au Christ.

 

rp Regamey op

 

 

 

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Publié le 10 Mars 2018

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Publié le 9 Mars 2018

   Tout ce qui fait l'objet de notre foi chrétienne, nous le trouvons résumé dans la Croix, si justement appelée à cause de cela: Crux fidelis .

   " Qu'est-ce dont que la Croix, se demande Bossuet, sinon l'abrégé de l'Evangile, tout l'Evangile, dans un seul signal et dans un seul caractère? ".

   Saint Paul dit ne vouloir pas se glorifier, si ce n'est dans la Croix de Jésus-Christ, parce qu' " il a compris sous ce nom toutes les merveilles du Sauveur dont la Croix est l'abrégé mystérieux ." Mais , puisque la Croix renferme tout l'Evangile, dont l'Ancien Testament est exclusivement la préparation, autant vaut dire que la Croix de Jésus occupe le centre des choses , et qu'en elle se trouve ramassée toute l'oeuvre divine : In Cruce totum constat.

   L'Ancien Testament , qui se retrouve entièrement dans le Nouveau, ne pouvait manquer de multiplier les figures de la Croix, pour en faire connaître à l'avance tous les bienfaits.

   L'arbre de vie et le serpent d'airain nous ont annoncé la vertu vivifiante et salutaire de la Croix. La verge de Moïse nous prédit la souveraine efficacité de ce bois merveilleux : Adsunt prodigia divina in virga Moysi primitus figuruta. Qui ne voit dans la clef de la maison de David, placée par le Seigneur sur les épaules du fils d'Helcias, le symbole de la Croix capable d'ouvrir et de fermer ce qu'il n'est donné à personne de fermer et d'ouvrir?

   Car la Croix du Sauveur est par excellence le signe de notre foi, signum fidei, le signe sur lequel se partagent nécessairement tous les hommes, et qui, en devenant pour ceux qui y adhèrent le moyen de leur salut, se fait aussi, pour ceux qui le méprisent, l'instrument de leur ruine. A la vérité, nous ne pouvons pas professer notre foi chrétienne d'une manière plus brève, et cependant plus complète, qu'en faisant passer dans l'hommage extérieur que nous rendons à la Croix de Jésus, notre âme avec toutes ses puissances : Christi fides rutilat, dum Crux ab omnibus veneratur . L'Eglise le sait, et c'est bien pour cela qu'elle propose si volontiers à la vénération de ses fils la Croix très sainte de son Epoux.

...

   La croix , dit saint Augustin, n'est pas seulement le lit de mort du Christ, mais bien aussi la chaire où il nous enseigne, sed et cathedra magistri docentis.

   C'est vraiment en Jésus crucifié que se manifestent avec le plus d'éclat les attributs divins: Puissance, Sagesse, Amour, Justice et Miséricorde. L'incomparable splendeur de la Croix, splendidior canctis astris, vient justement de ce que les multiples perfections divines, les plus opposées en apparence, s'y rencontrent et s'y fondent dans la plénitude d'une suréminente unité. De là le rayonnement du mystère de la Croix; Fulget Crucis mysterium.

   ... Le fruit savoureux de la Croix nous communique une science qui n'a rien que de salutaire et de très bienfaisant. D'une part, il nous fait connaître le mal, en nous permettant de mesurer la profondeur, en quelque sorte infinie, du péché, et d'autre part il nous donne, de la bonté miséricordieuse de Dieu, une connaissance expérimentale que nous n'aurons jamais possédée sans l'heureuse faute du premier homme.

   Ainsi donc, le séducteur s'est trompé lui-même, et la divine Sagesse, en réalisant une promesse que celui-ci croyait mensongère, a vaincu la perfidie de l'antique ennemi.

   Cet embrassement de la Justice et de la Miséricorde, qui s'identifient dans le Christ crucifié , est vraiment le triomphe de la Sagesse: " Dieu a fait se rencontrer sur la Croix de son Fils deux perfections qui semblaient se repousser .

   La justice voulait des douleurs de sang, la miséricorde voulait des pardons, et la Sagesse les a prises par la main, ces deux perfections jalouses, elle les a conduites sur le Golgotha. " Il n'est rien qui ne soit en revanche de la Sagesse sur la malice du serpent, dans la victoire du bois de la Croix : In quo Redemptor noster... GALLIDUM aspidem SUPERAVIT , puisque la Sagesse a trouvé le moyen de vaincre Satan sur le lieu même de son triomphe, et avec l'instrument de son succès. Per lignum servi facti sumus, et per sanctam Crucem liberati sumus.

   Enfin, la Sagesse éternelle a réalisé le chef-d'oeuvre préparé par elle depuis toujours, lorsque sur la Croix "  lit nuptial où le Christ engendre les élus", elle a fait sortir l'Eglise, Epouse bien-aimée du Seigneur de son côté entr'ouvert.

   Mais quelle puissance ne voyons-nous pas se mettre au service de la Sagesse pour lui obtenir sa victoire!  Ce n'est pas exagérer que d'appeler , avec Bossuet, " le miracle de la Toute-Puissance", puisque jamais la vigueur divine ne s'est développée davantage, non pas même la création du monde.

   Ainsi la contemplation de Jésus exalté est-elle le plus sûr moyen d'affermir notre espérance. Elle nous donne conscience, tout à la fois , et de la force du bras sur lequel nous nous appuyons, et de l'extrême faiblesse de notre adversaire. " Ce qui fait ressortir davantage la puissance, c'est le contraste et la disproportion. Dans les mouvements naturels plus l'effet est grand et la cause petite, dans les prodiges plus la dérogation est éclatante et l'instrument vulgaire plus nous admirons la puissance. Or dans la Passion de Jésus-Christ et dans les effets qu'elle produit, tout est contraste et disproportion. "rp Montsabré..

    Quand nous voyons l'humilité vaincre l'orgueil et la fragilité triompher de la force, nous ne savons pas ce qu'il faut admirer , de la Sagesse divine qui conçoit de tels desseins, ou de la Puissance qui les accomplit.

   Le plus grand ennemi de Dieu, nous dit Bossuet , celui qui est le plus insupportable, celui qui choque le plus sa grandeur et sa souveraineté, c'est l'orgueil. or, ' c'est honorer l'orgueil que d'aller contre lui par la force, il faut que l'infirmité même le dompte . Ce n'est pas assez qu'il succombe, s'il n'est contraint de reconnaître son impuissance : il faut la renverser par ce qu'il dédaigne le plus.

   Tu t'es élevé, ô Satan, tu t'es élevé contre Dieu de toute ta force: Dieu descendra contre toi armé seulement de faiblesse, afin de montrer combien il se rit de tes téméraires projets... : Les opprobres, la pauvreté, l'extrême misère, la Croix en un mot détruira ton empire de fond en comble. O puissance de la Croix de Jésus !" Le saint roi David, figure du Christ, n'avait-il pas prophétisé la puissance du Sauveur crucifié, lorsqu'il avait terrassé le géant Goliiath, à l'aide d'un simple bâton, dans lequel il est aisé de reconnaître encore un symbole de la Croix?

   La disproportion saisissante qui existe entre l'instrument de la victoire, et l'oeuvre réalisée par le moyen de la Croix, nous donne à comprendre tout ce qui est contenu de puissance et d'énergie dans le mystère de Jésus crucifié. Non seulement le Christ a réconcilié toutes choses en lui, du haut de sa croix, et rétabli la paix au ciel et sur la terre : pacificans per sanguinem CRUCIS  ejus sive quae in terris, sive quae in caelis sunt , mais il s'est servi des deux bras de sa croix pour étreindre les deux portions ensemble de l'humanité et les ramasser dans l'unité d'un seul corps.

   Encore est-il que la puissance de la Croix, dont la victoire se poursuit à travers les siècles, agit toujours et partout avec cette force irrésistible , et cette subtile douceur, dont la Sagesse divine possède le secret. Jamais nous ne serons assez convaincus de la vérité de la promesse que nous a faite le Christ Jésus :" Quand j'aurai été élevé de la terre, je TIRERAI tout à moi. Il n'est guère possible d'exprimer plus clairement la vertu efficiente et perpétuelle du mystère de la Croix.  Mais laissons Bossuet nous donner le commentaire de la parole du Sauveur

:" Je tirerai, j'entraînerai: considérez avec quelle douceur, mais ensemble avec quelle force se fait cette opération... Il nous tire par notre propre volonté qu'il opère si doucement en nous-mêmes, qu'on le suit sans s'apercevoir de la main qui nous remue, ni de l'impression qu'elle fait en nous.

   Suivons, suivons, mais suivons jusqu'à la Croix: car comme c'est de là qu'il tire, c'est là qu'il faut le suivre: il faut le suivre jusqu'à expirer avec lui: jusqu'à répandre tout le sang de l'âme : toute sa vivacité naturelle et se reposer dans le seul Jésus: car c'est se reposer dans la vérité, dans la justice, dans la sagesse, dans la source du pur et chaste amour .... O Jésus, quelle vertu vous avez cachée dans cette Croix! "

   Se laisser attirer par Jésus crucifié, voilà ce qui est proprement se glorifier dans la Croix de Jésus .

  Après cela comment ne pas mettre toute notre confiance dans la Croix du Sauveur ? comment ne pas la saluer, avec la liturgie, comme étant notre unique espérance : Spes unica ?  Nous devons d'autant plus nous appuyer sur la Croix que la victoire de Jésus est la nôtre , puisqu'en vertu du lien qui unit tous les membres à leur Chef, nous avons été portés par le Christ sur la croix, et que tous nous pouvons répéter avec saint Paul : Christo confixus sum cruci .

   Dans l'office de l'Exaltation , l'invitatoire , qui formule toujours d'une manière très précise l'objet de la fête , nous exhorte à adorer le Christ-Roi exalté pour nous sur la Croix :  Christus Regem pro nobis in Cruce exaltatum .  L'apôtre ne fait donc que tirer la conclusion logique de sa propre doctrine , lorsqu'il s'écrie avec une conviction pleine de noblesse : Pour moi, Dieu me garde de me glorifier , si ce n'est dans la Croix de Notre - Seigneur Jésus-Christ.

   Satan lui, ne se méprend pas sur la puissance de la Croix. Il abhorre cet objet , dont il ressent mieux que personne la redoutable efficacité. L'évocation de la Croix suffit à le mettre en fuite : Ecce Crucem Domini: fugite , partes adversae . Les fils de ténèbres partagent cette rage infernale contre le signe de note salut . Les hérétiques ne font pas difficulté de reconnaître leur invincible aversion pour la Croix du Sauveur :" J'avoue, disait Théodore de Bèze, détester du fond du coeur l'image du crucifix . "

   Quant aux impies, ils voudraient effacer par toute la terre le souvenir de Jésus crucifié. Leurs efforts sacrilèges et leurs blasphèmes sont , d'une certaine manière, un hommage rendu à la Croix, parce qu'ils témoignent de sa vertu et révèlent aux chrétiens eux-mêmes qu'ils n'en sauraient jamais faire assez de cas .

La contemplation de Jésus crucifié alimente notre foi, affermit notre espérance, et surtout elle fait grandir notre charité .

   Car la victoire de la Croix, c'est, au suprême degré, le triomphe de l'Amour. L'Ancien  Testament nous avait appris ce qu'est Dieu, tel que le peuvent connaître ses créatures raisonnnables: Il est Celui qui est . Le Nouveau Testament nous révèle la définition de Dieu, selon ce qu'il est en lui-même, dans  le mystère de sa vie divine,  et c'est saint Jean qui nous livre ce secret, Deus CARITAS est . L'apôtre nous suggère par là, que tous les attributs divins s'identifient, en quelque sorte, dans l'Amour incréé, de même que toutes les vertus chrétiennes s'unissent et se fondent, pour ainsi dire, dans la vertu de charité, qui est le lien de notre perfection surnaturelle, vinculum perfectionis.

   Or la divine charité se manifeste sur le Calvaire si débordante, qu'elle paraît absorber en elle toutes les autres perfections, ou , plutôt se les assujettir; car la Sagesse et la Puissance, la Justice et la Miséricorde font-elles autre chose que de servir l'Amour ?

   Et tout d'abord, la Croix réalise le triomphe de l'Amour que Dieu se porte à lui-même.

  Elle constitue , en effet, le lieu où se rencontre et se croise cette dilection réciproque du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, dilection dont l'Esprit-Saint est le lien substantiel. Dans un élan d'infinie tendresse, Dieu veut la croix pour son Fils unique, afin qu'elle soit l'instrument de sa gloire, en lui procurant l'extension de son corps mystique: ut sit ipse primogenitus in multis fratribus.   

   Le Fils, lui aussi, veut la croix, mais pour s'anéantir devant son Père et lui offrir, par le moyen de son humanité, cet hommage absolu de lui-même, ce sacrifice d'adoration, qu'il ne pouvait lui rendre dans l'égalité de sa nature divine. Et de part et d'autre, l'amour est vainqueur , puisque le Père est glorifié dans la croix de son Fils, et que le Fils est glorifié dans la croix par son Père.

...

Mieux encore que n'importe quel discours, l'exemple des Saints doit nous convaincre de la vertu souverainement efficace du mystère de la Croix .

Tous les Saints ont compris la nécessité où nous sommes  'nos autem... oportet) de chercher, dès ici-bas, notre béatitude et notre gloire dans le Christ Jésus crucifié, car c'est en Jésus crucifié que le Père céleste a déposé toutes les richesses de grâce, destinées à notre sanctification ou glorification... Vos estis in Christo Jesu, qui factuss est NOBIS sapientia a Deo, et justitia , et sanctification, et redemptio: ut quaemadmodum scriptum est : qui gloriatur, IN DOMINO GLORIETUR;

  Tout ce qui s'est répandu et se répandra jamais de sainteté dans le monde découle exclusivement de la Croix de Jésus.  Dans la vie des Saints, les traits abondent qui attestent , d'une manière très significative, leur prédilection pour le mystère de Jésus crucifié, mystère dont ils faisaient l'objet continuel de leur contemplation.

"Le crucifix, voilà toute ma bibliothèque"

disait saint Thomas.

 

  

dom Flicoteaux osb +

 

 

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Publié le 8 Mars 2018

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Publié le 7 Mars 2018

" Son nom, Marie, veut dire " mère d'amertume"; non pas que l'amertume lui soit naturelle, elle, plus douce que le miel, mais une triple amertume la remplit parce qu'elle remplit aussi douloureusement son Fils.

   Les Juifs, d'abord, ont fait naître son amertume quand ils ont cloué son Fils en croix; ce que visait Siméon quand, parlant d'un glaive de douleur, il disait qu'il transpercerait son âme.  Comment aurait--elle été sans amertume, en effet, quand tout ce qui faisait la douceur de sa vie fut cloué sur la croix, remplit de la double amertume de la confusion et de la douleur? ...

   Elle est encore remplie d'amertume par les pécheurs quand ils tuent son Fils non dans son propre corps, mais dans ses membres, quand un homme tue son âme et parfois, avec son âme celle d'autrui. En péchant ainsi, autant qu'il est en nous, nous  remplissons Marie d'amertume, parce qu'elle ne peut cesser d'être pleine de miséricorde ni s'empêcher d'avoir pitié des membres de son Fils, qu'elle voit déchirer.

   C'est ce que visait Noémi quand, revenant de Moab après la mort de son époux et de ses fils, elle disait aux femmes de Bethléem :" Ne m'appelez plus Noémi, appelez-moi Marah - c'est-à-dire douloureuse - car le Tout-Puissant m'a saturée d'amertume. Je m'en suis allée les mains pleines, et Dieu me ramène les mains vides. Pourquoi m'appelleriez-vous Noémi après que Dieu m'a humiliée et affligée à ce point ? "  (Ruth I, 20-21).

   Ces plaintes conviennent bien à Marie, qui embrasse comme ses enfants, dans le sein de sa miséricorde et de sa piété, tous les membres de son Fils. Comme Noémi en Moab, elle vient dans ce monde pétri de méchanceté et elle y voit mourir les hommes, les hommes enfantés à la grâce et à la miséricorde par son intercession; en eux, elle voit mourir le Seigneur, lui, le véritable époux de son âme: non pas que Dieu puisse mourir, mais parce que, comme dit saint Paul, les pécheurs " crucifient de nouveau le Fils de Dieu et le livrent à l'ignominie " . (Hebr. VI,6) , souillant et répandant le Sang de l'Alliance dans lequel ils ont été marqués, et faisant injure à l'Esprit de grâce qu'ils ont reçu.

   Elle est enfin remplie d'amertume, d'une amertume qui ne rend pas son coeur amer, mais l'adoucit et l'amollit: c'est quand elle voit les hommes avoir le coeur plein de tristesse pour les péchés qu'ils ont commis, d'une tristesse qui leur vaudra la gloire; alors elle se remplit, elle se nourrit de cette tristesse :" non parce qu'ils ont été attristés, mais parce qu'ils ont été attristés selon Dieu .(I Cor.VII,) : car elle voit que cette amertume selon Dieu et cette bonne tristesse les rendent plus attentifs à marcher sans reproche avec Dieu... Ce n'est pas par jalousie, c'est par haine du péché qu'elle se réjouit, elle qui est la mère de la piété et pour qui tout progrès d'un chrétien est un réconfort. Elle voit que le Seigneur les a "ramenés du fond de la mer " (Ps. 67 Vulg. , 23) et elle se réjouit, invitant tous les saints à se réjouir avec elle, comme cette femme qui avait perdu une drachme et qui , pour la retrouver, avait balayé toute sa maison ( Luc, XV, 8-10)

st Albert le Grand.

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Publié le 5 Mars 2018

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Publié le 4 Mars 2018

Le collège épiscopal d'Espagne compte déjà trois nouveaux membres, trois nouveaux évêques, les prêtres José Cobo (52 ans), Santos Montoya (52 ans) et Jesús Vidal (43 ans), qui ont été ordonnés évêques ce samedi à Madrid, pour aider le Cardinal Carlos Osoros dans ce grand diocèse, l'un des plus grands d'Europe (plus de 4 millions d'habitants, et un peu plus de 3,6 millions de catholiques, avec près de 3,5 millions d'habitants).500 prêtres).

Paroles des nouveaux évêques
Joseph Cobo disait au nom des trois:"Dieu est miséricorde, nous ses pèlerins. Ce matin nous sommes entrés dans la cathédrale en tant que pèlerins, nous portons derrière nous les pas que nous avons faits depuis l'enfance parmi les coins de la vie de cette Église qui marche à Madrid, et nous marchons comme de nouveaux pèlerins, des pasteurs consacrés dans les pas de Jésus blessé, mort et ressuscité ".

Ensemble avec le Cardinal Osoro et Monseigneur Martínez Camino - a-t-il poursuivi - ils ont "la tâche de marcher ensemble synodalement, avec les seuls moyens de notre pauvreté, l'âme reconnaissante, et prêts à servir d'apôtres à tous, spécialement aux petits et aux assoiffés" et "de continuer cette révolution de tendresse qui, comme le dit notre Plan diocésain d'Évangélisation, nous place parmi tous, avec tous et pour tous".

les évêques d'Alcalá de Henares (Mgr Juan Antonio Reig Plá), de Ségovie (Mgr César Franco), de Lugo (Mgr Alfonso Carrasco), de Malaga (Mgr Jesús Catalá),  Teruel et Albarracín (Monseigneur Antonio Gómez Cantero), Tarazona (Monseigneur Eusebio Ignacio Hernández Sola, OAR), Palencia (Monseigneur Manuel Herrero, OSA), Ibiza (Monseigneur Vicente Juan Segura), Orense (Monseigneur José Leonardo Lemos), León (Monseigneur Julián López Martín), Osma-Soria (Monseigneur Abilio Martínez Varea), Solsona (Monseigneur Xavier Novell), Tui-Vigo (Monseigneur Luis Quinteiro) et Sigüenza-Guadalajara (Monseigneur Atilano Rodríguez); Les évêques auxiliaires de Madrid (Monseigneur Juan Antonio Martínez Camino, SJ), Getafe (Monseigneur José Rico Pavés), Pampelune et Tudela (Monseigneur Juan Antonio Aznárez), Santiago de Compostela (Monseigneur Jesús Fernández) et Valence (Monseigneur Arturo Pablo Ros); l'administrateur apostolique de Getafe, Monseigneur Joaquín María López de Andújar, et les évêques émérites de Ciudad Real (Monseigneur Antonio Algora) et de Ségovie (Monseigneur Ángel Rubio).

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Publié le 2 Mars 2018

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Publié le 1 Mars 2018

 

  

      Saint Joseph est beau à contempler dans sa vraie grandeur, tout intérieure, toute spirituelle. Deux choses dénotent en cet ordre la grandeur véritable, deux choses qui sont rares à leur plus haut degré de perfection : c'est de savoir joindre son esprit à toute vérité divine et son coeur au coeur même de Dieu . Cela s'appelle théologalement la foi. Ceci, la sainte charité.

   Dans cette foi comme dans cette charité  il se révèle à certains égards si proche de nous et si pareil à nous que nous trouvons qu'il nous ressemble comme un frère et que nous croyons pouvoir le copier . Mais à certains autres égards il apparait si différent et si dépassant que notre dévotion nous porte à nous blottir tout petits contre lui comme à l'ombre d'une splendeur qui ne se reproduira jamais plus. Et notez que ces deux impressions sont également fondées: la spiritualité si haute de cet homme, qui fut si chrétien avant la lettre, sans doute nous demeure inaccessible, mais non pas inimitable, car elle est de même trempe et de même espèce que la nôtre. Son cas est singulier, mais il reste le prototype du nôtre.

   Saint Joseph, il me semble que je peux le définir: un grand coeur qui a connu un grand amour et a vécu de cet amour.

   Dieu seul a pu lui donner l'un et l'autre, car seul il crée les grands coeurs et forme les grands amours.

   Mais Joseph s'est prêté merveilleusement à l'un comme à l'autre, et ce n'est pas rien de porter en soi le poids de sentir le battement d'un grand coeur, et ce n'est pas rien non plus que d'être consumé et transporté d'un grand amour .  On connait assez le solennel  aveu :

        Seigneur, vous m'avez fait puissant et solitaire

Et vous m'avez sevré des plaisirs de la terre.

 

   Joseph a eu le mérite de laisser Dieu lui pétrir et lui façonner le coeur, et le mérite d'accueillir toujours magnifiquement le bel amour qu'y voulait imprimer ce même Dieu.

   Nous disons de la très sainte Vierge qu'elle est " mère du bel amour ". De son époux nous pouvons dire qu'il est un véritable prince du bel amour. Les grands coeurs ne s'improvisent pas, ni non plus les grands amours. Il y faut de lentes préparations, une grâce toute divine, toute la plasticité humaine. Surtout quand il s'agit comme ici d'un cas inouï de charité. Car il ne se sera jamais rien vu de tel en l'ordre de l'amour.

   Le plus noble coeur d'homme, le mieux fait pour recevoir et pour rendre les plus divines tendresses, tel est saint Joseph..

   Son divin amour ne lui est advenu que parce qu'il s'en était montré digne et qu'il s'y était constamment disposé par la délicatesse et par l'élévation des sentiments de son coeur. On a généralement dans la vie l'amour que l'on mérite. Parce qu'il s'était toujours beaucoup gardé, beaucoup sanctifié, le coeur de Joseph était prédestiné aux plus parfaites dilections. C'est pourquoi, lorsque celles-ci lui survinrent, il s'y donna tout entier, il s'y consacra et s'y consomma. Et l'on eut dans sa façon d'aimer la mesure même de sa capacité d'aimer.

    En revanche , ces hautes et saintes dilections ennoblirent encore davantage et embellirent un coeur si bien préparé à les recevoir. Le grand amour a véritablement transformé ce grand coeur et se l'est approprié tout à fait. Il est devenu l'unique amour. Joseph n'en a plus connu d'autre. Mais dans cet unique amour il a trouvé non point un amoindrissement , mais un agrandissement de son coeur. De même qu'il y a rencontré aussi non pas l'effacement, mais l'inspiration et l'épanouissement de toutes les affections qu'un grand coeur peut porter en soi.

   En somme, si l'on veut se rendre compte comment saint Joseph a su aimer, il faut considérer tour à tour de quelle manière son coeur s'est préparé au plus divin amour qui se pût offrir à lui, et de quelle manière cet amour est venu prendre forme dans le coeur de cet homme , le grandir et le parfaire encore, et en transformer du même coup tous les amours.

 

   Le coeur de saint Joseph se prépare au grand amour.

  

   Je cherche à me définir quelle est la qualité de ce coeur et quelle en est la faculté d'aimer. Mais qui saura discerner des choses aussi intimes? Ce sont là de profonds secrets qu'on peut à peine analyser en soi-même; comment pourrait-on les découvrir et les analyser chez un autre? Sans doute. Mais il faut réfléchir que cet autre ici est au principe de notre vie spirituelle. Il est de ces grands êtres en qui s'est pour ainsi dire incarné au contact immédiat du Sauveur notre salut à tous. A cause de cela il a dû comme la Vierge, comme le Christ, laisser percer pour notre vie à nous quelque chose du secret de la sienne.

   De plus, une autre lumière nous guide en cette recherche. Si saint Joseph a dû aimer et a su aimer comme il a fait Jésus et Marie, c'est qu'il était apte à le faire. Nous en sommes sûrs, quand même on ne nous le dirait pas. Alors, si nous voulons connaître le coeur de Joseph, il nous suffit de déterminer quelle sorte d'homme pouvait être digne d'aimer cette Vierge et chérir cet Enfant. Et nous pouvons par là deviner quels dons de nature et de grâce ont concouru à former le coeur de saint Joseph.

   Coeur de jeune homme, mais de jeune Israélite. Il a donc de la race, du raffinement, de la culture, en particulier dans le sentiment religieux et pour tout ce qui touche à la cause de Dieu en ce monde.

   De saintes traditions, séculaires et vénérables, l'ont précédé, et préformé pour ainsi dire. Elles l'enveloppent, le réchauffent , le pénètrent , l'inspirent, l'enthousiasment même. L'approche de temps nouveaux, le pressentiment de l'ère messianique, l'atmosphère haletante et recueillie qui respirent les meilleures âmes en Israël, rendent ce jeune Juif encore plus sensible, plus ouvert, plus vibrant.

   Joseph a reçu des siens, de ses parents, de ses maîtres, de ce qui a composé d'âge en âge et compose encore de son temps l'élite d'un peuple élu, une extrême sensibilité, une espèce de religieuse finesse en amour. Ce jeune coeur en Israël à ce moment-là on peut se le représenter comme étant d'une essence très spéciale et très pure.

   Joseph est dans nos Ecritures authentiquement qualifié juste. Mais à ce titre, à cette époque et dans ce milieu-là, est quelque chose de bien défini: il peint son homme , il trace un caractère.

   C'est le véritable Israélite en qui il n'y a pas d'artifice, en qui tout est droiture et sincérité. C'est le Juif à l'âme délicate et profonde, né moins de la chair que de l'esprit, à cause de cela très spiritualisé, tout disposé d'ailleurs à renaître de plus haut encore, et tout proche de l'heure où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.

 

Joseph est en outre de la maison de David.

 

    Il semble bien qu'il en ait vivement conscience; et il est certain que ce n'est pas pour en tirer quelque vaine gloire. Ce souvenir cultivé en lui ajoute à sa dignité native. Cette noblesse l'oblige. Elle éloigne de lui toute médiocrité et l'entretien dans la magnanimité. Elle est transparente à travers la simplicité de la vie . Sous ses dehors d'artisan ce jeune homme a des airs de roi.. Lui qui ne saura jamais que se soumettre et s'effacer, vous ne le verriez pas moins bien fait pour régner. Fils du peuple, il en pourrait être le père .

   Il a des manières douces et affables . Il est de relation agréable et serviable. Sa conversation discrète et mesurée est toujours empreinte d'intelligence et de bonté. Un tact parfait règle tous ses actes . On le trouverait sans doute un peu distant à force même de perfection, la plus touchante ingénuité, ne tempéraient visiblement ce qu'il y a en lui de si grand. On ne peut imaginer quelqu'un de plus gracieux ni de plus aimable qu'il n'est, ni qui soit plus donnant, de sa personne, de sa bonne humeur et de ses biens. Il est prévenant et délicieux avec tous. Il écoute avec respect disserter les vieillards et avec une charmante condescendance habiller les enfants . Il est pitoyable aux malheureux .

   Nul doute que , sous l'action du Dieu intérieur qui l'habite et l'anime, ce brave coeur ne s'élève à la plus haute conception de l'amour.

   Il se persuade que c'est une rare et divine chose que l'amitié, le signe certain d'une grande âme. Il se persuade aussi que Dieu lui-même est amour, et que celui qui demeure dans la dilection demeure en Dieu.

   Dans cette persuasion aimer devient pour lui une chose sainte. Non la recherche de jouir quand ce n'est pas celui de dominer, mais le penchant à servir et à se dévouer. Il ne s'agit pas de subtils recours ni d'égoïstes repliements sur soi, mais d'une généreuse oblation et d'un complet et désintéressé don de soi . Etre aimé, oui, aimer d'être aimé, car la réciprocité est essentielle à l'amitié; mais tout juste ce qu'il faut pour pouvoir aimer et pour pouvoir se donner: aimer d'aimer bien plus que s'inquiéter d'être aimé.

Voilà à quoi aspire ce jeune et séduisant Israélite qu'est Joseph fils de David.

   Le grand commandement qui domine toute l'histoire et la vie d'Israël flambe en lui comme du feu.

   Ah! certes oui, il aime Dieu de tout son esprit, de tout son coeur, de toute son âme, de toutes ses forces. Il ne conçoit même pas qu'on ne puisse pas l'aimer de la sorte . Son enfance, son adolescence, sa jeunesse, n'ont été qu'un pur élan vers Dieu . Il aime Dieu précisément comme tous ses ancêtres l'ont aimé. Pour Joseph, ce Dieu n'a jamais été une abstraction ni quelqu'un de lointain, mais le Seigneur tout proche dont l'invisible majesté l'enchante et l'attendrit, le Dieu vivant et vrai, Père de tous ses pères, Providence bénie de tous les siens . Il le sent si présent, si ami, si aimable, que tout son être s'émeut à ce contact intime . Joseph pleure de tendresse pour son Dieu lorsqu'il médite en les rajeunissant et en les dépassant les grandes effusions lyriques de ses anciens.

   Il n'a pas de peine non plus , si jeune qu'il soit, à comprendre et à aimer en Dieu tout le prochain. Il aime autrui comme si c'était encore aimer Dieu. S'il a pour son Seigneur une amitié si vive qu'on la dirait humaine, on lui voit pour tous les siens une amitié comme qui dirait divine. On lui reconnait une étrange facilité à surélever et à surnaturaliser tous les mouvements de son coeur.

   Il est foncièrement spirituel et religieux en amour . Il éprouve les sentiments les plus délicats pour ceux que Dieu veut bien lui donner à aimer. Il les accueille et les reçoit en lui comme de la main de Dieu. Il les aime sous le regard et sous l'approbation de Dieu .

   Une lumière divine éclaire à ses yeux toutes les amabilités, transforme tous les attraits. Il n'y a de beauté pour lui que dans le rayonnement des annonces et des possibilités messianiques. Ses jeunes parentes lui plaisent selon qu'elles préfigurent la Vierge qui sera choisie pour enfanter l'Emmanuel et les jeunes gens de son temps lui sont facilement l'image même de ce Messie qui doit surgir en Israël.

Rp Bernard op+

 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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