spiritualite

Publié le 6 Janvier 2021

 

 

 

 

 

"Nous sommes venus pour adorer."

 

Telle est la motivation que les trois rois donnent pour leur long voyage depuis l'Orient. Nous sommes venus pour adorer.

Avec cette seule phrase, ces trois braves hommes ont involontairement donné le ton à toute l'histoire de l'Église catholique et en particulier à cette partie de l'Église appelée les ordres monastiques. En effet, s'il y a un aspect fondamental de la vraie religion, s'il y a une idée globale qui prime sur toutes les autres dans la vie monastique et religieuse, c'est bien l'accomplissement consciencieux du premier commandement. Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n'auras pas de dieux étrangers devant moi. Les mages entreprennent un long et périlleux voyage. Ils n'épargnent aucun effort. Ils ne craignent aucun obstacle. Ils se sont même mis en avant face à une éventuelle persécution d'un roi méchant, pervers, méchant et vengeur. Ils sont venus pour adorer. Rien ne les arrêtera. Ils n'accepteront pas de demi-mesures, pas de paroles en l'air. Ils sont venus pour adorer et adorer qu'ils le feront.

 

Leur adoration prend deux formes distinctes.

 

Il y a d'abord leur acte de prosternation.

Ils ne s'agenouillent pas simplement devant le Dieu nouveau-né; ils se prosternent, couchés face au sol, dans un acte qui, mieux que tout autre, manifeste la soumission totale de soi à Dieu, l'oblation totale de tout son esprit et de toutes ses énergies au Seigneur.

C'est un acte de latrie, c'est-à-dire d'adoration qui est dû à Dieu seul.

C'est étonnant de voir comment ces hommes, originaires d'un pays païen, ont pu reconnaître Dieu sous le couvert d'un enfant sans défense, et nos contemporains sont incapables de le reconnaître dans la grandeur de 2000 ans d'histoire glorieuse de l'Église, de la vie des saints. et d'innombrables miracles.

Comme nous l'a dit ce matin saint Grégoire le Grand à propos des Juifs qui refusent de croire: les pierres mêmes ont professé leur foi au Seigneur Jésus quand il est ressuscité des morts, mais leur cœur est plus dur que la pierre! Que dire de nos contemporains qui se heurtent la tête contre le Rocher, protestant qu'ils n'ont pas besoin de Dieu, mais comme leurs ancêtres de tous âges, créant leurs propres idoles à leur goût.

 

Cela fera bientôt un an que notre monde est plongé dans le désordre d'une nouvelle forme d'idolâtrie, que l'on pourrait appeler le culte de la bonne santé.

Il a mis en place un rituel assez impressionnant et élaboré avec des actes de respect d'autrui avec des espaces spécifiques pour se lever et s'asseoir, des purifications rituelles et des voiles mystérieux qui cachent l'éclat du visage humain.

Cette nouvelle liturgie est omniprésente et étend ses tentacules sur la terre, faisant toujours de nouveaux convertis. Nous ne pouvons que penser qu'une telle folie est le juste châtiment pour le rejet du Christ-Roi, même dans l'Église. Depuis des décennies maintenant, Notre-Seigneur a été réduit à un autre dieu dans le panthéon moderne. Et comme cela s'est produit si souvent dans l'Ancien Testament, se détourner du seul vrai Dieu implique de courir après plusieurs dieux qui ne sont pas des dieux et qui ne font que rendre la vie misérable et inhumaine.

 

Dans ce contexte, la vie des moines est d’autant plus importante.

En effet, toute la vie du moine, qu'est-ce que c'est si ce n'est pas de l'adoration?

Du matin au soir et même pendant la nuit, le moine vient continuellement devant le Seigneur pour adorer, pour témoigner de la grandeur du seul vrai Dieu. Il vient pour adorer, déposer aux pieds du Maître ses pensées, ses paroles et ses actes, chacun de ses instants et désirs. Tota die benedicent ei, a prophétisé le grand Psaume de l'Epiphanie, Psaume 71:

Toute la journée, ils béniront le Nom du Seigneur.

Et quels sont les vœux monastiques sinon les choses mêmes symbolisées par les trois dons des mages?

L'or précieux signifie l'amour de Dieu par-dessus tout.

Le moine, par son vœu de pauvreté, déclare à Dieu qu'il suffit, qu'il ne faut plus rien. Le moine déclare au monde que rien ne vaut s'il n'est pas référé à Dieu et qu'en fin de compte une vie qui n'est pas vécue pour Dieu est la plus misérable pauvreté.

La myrrhe qui est amère mais qui préserve ce qu'elle touche, signifie la pureté de chasteté que le moine offre à Dieu, professant que son amour seul suffit et disant au monde qu'aucune attraction ne peut exercer son influence sur un cœur qui a été captivé par le créateur.

Cela pousse cette âme à renoncer à beaucoup de choses et à embrasser de nombreuses difficultés et sacrifices afin de devenir forte et de se préserver pure comme un sacrifice vivant offert en adoration à Dieu.

L'encens qui monte au ciel avec son odeur parfumée et représente la prière qui monte devant le trône de Dieu, symbolise le vœu d'obéissance par lequel le moine laisse son esprit et sera captivé par l'homme de Dieu, lui remettant tous ses plans et des projets, protestant que rien ne pourrait lui être plus cher que l'accomplissement du plan de Dieu, qui est toujours meilleur, plus épanouissant et gratifiant que le nôtre. De cette manière, chaque religieux continue sur terre ce beau rôle des trois rois.

 

En cette fête, et en ce moment historique, prions pour que le travail qui a été commencé ici se poursuive pendant des siècles à venir, que de nombreux autres jeunes hommes, et peut-être un jour aussi des jeunes femmes, puissent voir l'étoile, et comprendre ce que cela signifie.

En effet, l'étoile peut être comprise comme le signe d'une vocation.

Quand les mages l'ont vu, leur cœur était rempli de joie et de désir; puis, pour obtenir l'objet de leur désir, ils ont dû faire de grands efforts et traverser de nombreux périls, et finalement ils ont été récompensés en présence de l'Enfant Dieu.

Et oh, quels torrents de joie céleste le bébé divin doit-il avoir déversé dans le cœur de ces saints hommes!

De la même manière, dans l'esprit et le cœur de nombreux jeunes hommes et femmes, une étoile se lève, qui les conduit, malgré les obstacles, vers le but qu'ils prévoyaient depuis le lointain pays de leur vie dans le monde. Certains d'entre eux rencontrent de la résistance; ils ne sont pas compris. Mais comment pourraient-ils être compris par le monde lorsqu'ils sont appelés au Ciel? Comment pourraient-ils être compris par Babylone, la ville de la confusion, lorsqu'ils sont appelés à Jérusalem, la vision de la paix?

 

Que cette étoile se lève aujourd'hui et que beaucoup la voient, de sorte qu'à partir du lever du soleil son coucher, de sorte qu'à partir d'ici, dans ces régions les plus éloignées du monde, l'extrême-orient où commence le jour, ici dans le domaine de Jérusalem, à aux extrémités de notre monde, il peut toujours y avoir des hommes et des femmes qui chantent les louanges de Dieu, qui proclament au monde entier par toute leur vie, par ce qu'ils sont ce qu'ils font: montrez-nous le roi qui vient de naître dans nos cœurs , pour rien d'autre et personne d'autre ne peut nous satisfaire.

Nous voulons Dieu et nous sommes venus adorer.

 

notre dame priory. 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 5 Janvier 2021

 

 

   

 

 

   Notre- Dame demande du vin matériel, le Christ lui fait demander un breuvage spirituel, son propre sang, et il ne lui refuse ce qu'elle ne demande pas que pour lui promettre de l'associer étroitement à l'oeuvre de notre salut.

   Car c'est sur la croix, assisté par son épouse, et sa compagne, adjutorium simile sibi, que le nouvel Adam répandra pour le salut du monde ce vin précieux, qui , étant son propre sang, est aussi celui de la Vierge Marie, comme Bossuet le déclare avec son éloquence coutumière :" Sa chair est votre chair, ô Marie, son sang est votre sang; et il me semble que ce sang précieux prenait plaisir à ruisseler pour nous à gros bouillons sur la croix, sentant bien que vous êtiez la source d'où il découlait. " 

   En effet, il fallait attendre l'heure du Calvaire pour que le Christ réalisât vraiment en toute magnificence la demande de Cana.

   Et voilà comment, sous l'apparence d'un refus, le Sauveur promettait à sa divine Mère de lui donner tout ce qu'il voulait qu'elle demandât pour le salut des hommes. Manière divinement habile, infiniment délicate et aimable, de rattacher sa propre Passion à la demande compatissante de la Vierge Marie, de faire dépendre d'elle l'effusion de son sang, et de lui reconnaître une sorte de juridiction sur tous les écoulements d'un breuvage dont elle-même était la source très pure. 

   Tandis que l'intelligence de la Samaritaine, pauvre femme ignorante et pécheresse, ne devait s'ouvrir qu'avec beaucoup d lenteur et de peine à la lumière divine, la sainte Vierge Marie, mère de la Sagesse incarnée, comprit du premier coup la réponse de son Fils et en découvrit tout le mystère. Ce n'était pas un refus, mais la promesse qu'il se réaliserait entre eux sur le Calvaire une admirable alliance, une communauté plus étroite encore, et plus intime, et plus profonde, que celle qui existe entre un époux et son épouse. Notre-Dame comprit tout de suite le sens que le Sauveur avait donné à sa propre demande. Grâce à l'Esprit de Sagesse dont elle avait la plénitude, elle conclut , sans hésitation, que le miracle sollicité par elle n'était pas écarté, mais qu'il allait recevoir dans l'intention du Christ une signification profonde. 

   Le vin de Cana sera accordé moins pour lui-même et pour satisfaire un besoin matériel, que pour devenir le gage et le symbole d'une liqueur bien autrement enivrante, le sang de Jésus. Et ainsi le bienfait opéré sur la requête de la Vierge ne sera pas un prodige quelconque, mais il sera, au sens propre du mot, un signe, parce que, en manifestant la vertu divine du Christ , il représentera par avance l'oeuvre salutaire de la Croix.

   Notre-Dame comprit si bien la pensée de son Fils, qu'au lieu de retirer sa demande, elle enjoignit aux serviteurs de prendre leurs dispositions en vue du miracle qui allait s'accomplir, et leur dit avec une tranquille assurance, comme si elle savait ce qui allait arriver:

 " Faites tout ce qu'il vous dira." 

 

   Les noces de Cana furent pour la Vierge Marie l'occasion de se manifester à nous comme l'Epouse du Verbe fait chair. Car la Vierge Marie est unie au Christ , non pas seulement en qualité de Mère, mais de plus, et très véritablement, au titre d'Epouse. Epouse du Christ, Notre-Dame l'était déjà sans doute, en raison de l'union hypostatique, puisqu'en elle la nature humaine s'unissait au Verbe de Dieu, mais elle devait l'être encore, et plus proprement, du fait de sa participation au sacrifice de la Croix et de l'assistance qu'elle prêta directement au Sauveur dans l'acte même de notre rédemption. 

   Aux noces de Cana, dans une circonstance dont tous les détails étaient divinement appropriés à ce mystère, le Christ Jésus annonça l'union qui, l'heure venue, devait se consommer entre lui et la Vierge Marie pour le salut du monde. 

   C'est pourquoi, tandis que l'épisode de l'adoration des Mages nous fait saluer dans la Mère de Jésus la Mère du Roi des rois, le miracle de Cana nous révèle, de plus que Notre-Dame est l'Epouse de ce Seigneur des seigneurs, dont elle partage à tout jamais, au ciel et sur la terre, la royauté, la puissance et la gloire :

Adstitit Regina a dextris tuis. 

 

dom Flicoteaux osb+

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 31 Décembre 2020

 

 

   Il y a tant de fraîcheur et de vérité dans le récit de l'adoration des mages que nous devons savoir gré à la Liturgie de mettre chaque année sous nos yeux cette page d'Evangile. 

   Une telle évocation, avec les éléments de pensée et de conduite qu'elle renferme, avec la participation au saint sacrifice qui lui donne son plein sens, dispose les chrétiens à recevoir la grâce propre actuelle de l'Epiphanie. Car les mystères du Christ, objet de nos solennités annuelles, sont une réalité toujours vivante qui n'a rien perdu de son efficacité originelle. Le bienfait insigne qui fut conféré aux mages nous est donc offert. " Le mystère qui s'est accompli en ce jour, dit saint Léon, ne doit pas y être confiné; grâce à la munificence de Dieu et à la force d'expansion de sa grâce, notre temps possède la réalité de la grâce dont les mages eurent les prémices". 

   Qu'avons-nous de commun avec ces princes exotiques? Comment leur étoile peut-elle éclairer notre route?

  Les mages étudiaient les astres pour y découvrir l'avenir; qui de nous ne voudrait percer les épaisses ténèbres qui enveloppent le futur immédiat ou lointain? Mais pareille curiosité s'accompagnait dans l'âme des mages d'un grand espoir en l'avènement du roi des Juifs. Notre inquiétude ne sera salutaire que si elle accroît notre soif du règne de Jésus, d'un règne tel que Dieu le veut, non tel que nous l'imaginons ou le souhaitons peut-être.

   La grande épreuve des mages, celle qui révéla la profondeur et la tenacité de leur foi, ne fut pas la disparition de l'étoile ou l'ironie moqueuse d'Hérode; ce fut de trouver, au lieu du roi qu'ils cherchaient , un bébé couché sur de la paille et dans une crèche, un enfant de pauvres gens obligés de prendre logis dans une grotte. Malgré toutes ces apparences, ils ne s'y trompent point; leur foi les initie aux procédés divins; elle leur fait accepter l'économie rédemptrice avec la part inévitable de souffrance qu'elle comporte, puisque la force et les autres moyens adorés des hommes n'y ont point de place. 

   Les présents qu'ils posent devant l'Enfant mystérieux montrent que les mages ont saisi d'emblée tous les aspects essentiels de sa personnalité. L'or honore la royauté du Christ, l'encens proclame sa divinité, la myrrhe son humanité passible. 

   Oserons-nous maintenant comparer notre foi à celle des mages, si pure, si ferme, si généreuse?  Nous qui connaissons pourtant la suite de l'histoire du Christ, son immolation personnelle prix du salut apporté à la terre, nous nous étonnons peut-être , sans trop l'avouer, de l'humilité et de la faiblesse des moyens divins.

   Il nous semble parfois que Dieu pourrait faire plus ou s'y prendre autrement pour assurer son triomphe ici-bas, pour établir le règne du Christ. Sa propre gloire et le bien de l'humanité n'y trouveraient-ils pas également leur compte? Pourquoi Dieu ne recrute-t-il pas son armée, pourquoi n'organise-t-il pas sa propagande, alors que l'une et l'autre s'avèrent indispensables à la conquête du monde? Pourquoi ne collabore-t-il pas davantage avec le "monde officiel" dont l'appui, après tout, n'est pas négligeable?

   Pourquoi  toujours  prière et de pénitence, alors que la cruelle pandémie  bouleverse le monde? 

   D'aussi pauvres moyens sont-ils vraiment à la mesure d'une tâche si urgente, si colossale? 

   Cette question, si elle nous vient à l'esprit sous une forme ou l'autre, montre à quel point nous avons besoin de "comprendre avec une intelligence purifiée " la leçon de l'Epiphanie.

   Car si nous lions inconsciemment nos espoirs chrétiens aux moyens temporels, si nous doutons de l'efficacité des moyens spirituels adoptés par le Christ, ce ne peut-être que pour avoir négligé l'application loyale et entière de ces mêmes moyens à notre propre cas.  Nous appelons de nos voeux l'instauration d'un ordre nouveau, nous souhaitons une révolution qui rendrait à Dieu le rang social qui Lui revient. Mais dans notre impatience de modifier le cours des réalités politiques et temporelles, nous oublions qu'il faut d'abord promouvoir le règne de Dieu en nous, au secret de notre coeur trop souvent complice des passions qui dressent les hommes les uns contre les autres. L'ordre nouveau dont nous rêvons, c'est là qu'il importe de le faire naître par " l'amélioration spirituelle de la vie de chacun, mise en plus parfait accord avec la loi du Christ. ( S.S. Pie XII) 

   Voilà l'appui nécessaire de notre espoir en une cité plus humaine et plus chrétienne; la preuve de sincérité que doit fournir toute âme de bonne volonté en prenant conscience de ce que Dieu attend d'elle. 

   Les mages, et après eux tous les saints, ont accepté l'invitation; ils n'ont pas eu à se plaindre des lenteurs divines; ils ont admiré, au contraire, le rendement de l'économie surnaturelle. 

   A nous de refaire cette merveilleuse expérience en imitant la foi des mages pour " trouver l'Enfant avec Marie sa Mère. " 

rp Joseph Marie Parent op+ 

   

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 29 Décembre 2020

 

 

 

 

 

 

 

aux intentions de petit frère de Clear Creek .  c'était comme ça pour lui... ! (sans photos, snif. )

 

site internet 

 

 

 Plus d'un auteur a souligné les affinités entre la crèche, la croix, le tabernacle. Ce trio résume ce qui nous est le plus cher dans notre foi catholique. Dans chacun d'eux, nous contemplons un certain nombre de vertus que notre bienheureux Sauveur a dépeintes pour nous. Limitons-nous aujourd'hui à trois d'entre elles. La pauvreté. La pauvreté de la crèche nous confond; cela nous laisse perplexe; Nous ne comprenons pas. Pauvre, oui. Mais sans ressources? Ignoré des hommes, oui, mais des conditions de vie sous-humaines? Lorsque nous passons à la croix, nos craintes à la crèche se confirment. Mourir privé d'amis, de vêtements, de réputation, le pire des criminels. Est-il possible d'aller plus loin? Dans le tabernacle, le Seigneur a trouvé un moyen de vivre une pauvreté encore plus grande. Il n'est plus libre d'aucun de ses mouvements. Il est totalement sous les ordres du prêtre qui l'invoque et le fait bouger. Silence. Dans la crèche, le Verbe éternel se tait. Celui dont le commandement a créé toutes choses et les maintient en existence n'a pas un mot. Nous ne pouvons que nous agenouiller et adorer en silence la Parole silencieuse. Sur la croix, la Parole parlera, mais avec peu de mots, des mots qui pardonnent, confient, donnent l'espoir.

Mais dans l'Eucharistie, encore une fois, le silence de l'éternité entre dans notre monde. Là, dans le tabernacle, quel que soit le bruit qui se passe autour de lui, il reste dans le silence le plus profond et nous attire à lui. L'amour. Qui n'est pas ému par un nouveau-né? Dieu vient à nous sans défense, nous invitant à l'embrasser et à recevoir son amour.

Au Calvaire, ses bras tendus en disent long sur l'étendue de son amour pour nous. Dans le tabernacle, sa présence continuelle est un aiguillon, un appel à se laisser aimer et à aimer en retour.

Alors que nous célébrons l’anniversaire du Sauveur, demandons-lui de partager avec nous ces trois vertus, de nous apprendre à imiter sa pauvreté, son silence et surtout son amour.

 

 

 

 

brother Bede osb + 

 

Dans un geste insondable pour de nombreux jeunes hommes, dans quelques semaines, frère Bede confiera sa vie à Dieu - devenant le premier de son monastère rural de Tasmanie à devenir un moine à part entière. Frère Bede, 28 ans, a été l'un des premiers à rejoindre le Prieuré Notre-Dame lorsque la communauté monastique bénédictine a été établie sur une ancienne propriété agricole à Colebrook, à 53 kilomètres au nord de Hobart, il y a près de quatre ans. Il a maintenant terminé ce qui s'apparente à un apprentissage et l'année prochaine fera sa profession solennelle - promettant de passer le reste de sa vie en tant que moine au service de Dieu. "J'ai toujours ressenti un appel à une sorte de vie consacrée à Dieu et j'ai toujours compris qu'une partie de cela signifie ne pas avoir de famille, donc cela n'a pas été quelque chose qui, au moins jusqu'à présent, a été une pierre d'achoppement", at-il m'a dit. Il sait que beaucoup ne peuvent voir que ce qu'il a abandonné - en particulier quand il est encore si jeune.

Mais il appelle cela un appel surnaturel, ajoutant qu'il pensait à l'origine qu'il serait prêtre dans la communauté jusqu'à ce qu'il soit en Europe dans le cadre de son étude des langues à l'université. «Je suis entré dans ce monastère et je pense que c'était très tôt le matin… et il y avait juste cet ordre parfait et la paix de ces moines chantant et c'était un peu un moment d'ampoule - c'était 'ah, c'est ce que j'ai recherché », dit-il. «C'est un appel surnaturel - cela va au-delà de vivre une vie que le monde considère comme normale - donc sortir et voir des amis et aller au cinéma. «Ce sont toutes de bonnes choses, mais la vie ne concerne pas ces choses - c'est quelque chose de plus que cela. «Il s'agit en fin de compte de l'au-delà, notre salut éternel et notre vie monastique est un chemin plus sûr vers le salut, mais même en vivant cette vie, vous vivez une vie d'union avec Dieu même maintenant, une sorte d'avant-goût du ciel. «Je suppose qu'un homme vient au monastère parce qu'il se soucie plus d'être avec Dieu que d'aller au cinéma ou de passer du temps à faire ce qu'il veut.

"Je pense que nous perdons beaucoup de temps et que nous n'avons que trop de temps - la vie est courte." Qu'est-ce qui pousse un jeune homme à tourner le dos à la vie ordinaire et à devenir moine? Il est allé dans un lycée public en Australie du Sud, puis à l'université - aucun de ses amis n'était particulièrement religieux. Mais sa vie à la maison l'était. "Parents catholiques; grandi dans une maison où la foi était très importante. Nous allions à la messe tous les dimanches en famille et parfois en semaine, surtout quand j'étais plus petite avec ma mère, nous priions fréquemment le chapelet en famille", il m'a dit. «Notre maison était… eh bien, vous entreriez et vous sauriez que vous étiez dans une maison catholique avec beaucoup de saintes images partout», rit Frère Bede. Ses parents le soutiennent, voire sont fiers de sa décision, mais il admet que tout le monde dans son cercle de famille et d'amis ne comprend pas parfaitement.

Le chef du Prieuré, le Père Pius, a déclaré qu'il était confronté à une réaction similaire de personnes ne comprenant pas pourquoi un jeune homme deviendrait moine. "D'une certaine manière, vous devez presque être appelé pour le comprendre pleinement", a-t-il déclaré. Les moines vivent séparés de la communauté. Leur journée commence à 4 heures du matin (et plus tôt un dimanche) avec le temps entre les huit sessions de prière quotidiennes consacrées au travail.

«Cela peut probablement être assez confrontant à quelqu'un qui n'a pas eu beaucoup de structure avant de venir au monastère, mais vous vous y mettez facilement. Ce n'est pas comme si dès le premier jour de votre arrivée vous respectiez parfaitement le calendrier… même après quatre ans vous ne respectez pas toujours parfaitement le calendrier », dit-il en riant. Nous nous levons tôt mais nous nous couchons aussi tôt - vous vous levez à 4h du matin mais vous vous couchez à 20h30. «Cela prend du temps pour entrer dans la routine, je vais certainement vous l'accorder. «Ce n'est pas comme si vous étiez assis dans un bureau tout l'après-midi où vous êtes sorti pour votre déjeuner et de 13h à 17h, vous êtes juste devant l'ordinateur. Nous allons constamment en prière et en quelque sorte de recharge spirituelle pour le travail que nous devons faire. Les jours s'écoulent en quelque sorte. " Il y a des choses qui lui manquent dans le monde extérieur.

"Vous ne manquez pas la télévision, vous ne manquez pas la radio, ou moi pas, ou vous manquez d'aller au cinéma - c'est plus avoir cette tasse de thé avec votre maman!" Dit frère Bede. "Ce n'est pas solitaire mais c'est certainement un rythme de vie très différent."

Le Prieuré Notre-Dame n'est qu'une des communautés religieuses qui se sont installées en Tasmanie ces dernières années. L'archevêque catholique de Tasmanie Julian Porteous a déclaré que loin d'être un retour à un mode de vie religieuse plus démodé, les communautés étaient une voie à suivre. «Je pense que dans le monde actuel, nous avons besoin de ces îles, de ces petites oasis de prière, de ces petits groupes de personnes profondément engagées à vivre la vie chrétienne, pour être des exemples, des inspirations», a-t-il dit. Le Prieuré abrite actuellement six moines, mais des logements sont en construction pour d'autres et il est prévu de construire un monastère plus grand et de style européen.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 21 Décembre 2020

 

 

 

 

" Venez éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort. " 

 

 

Par le Père Santiago Martín, F. M. 

Consulteur du Conseil pontifical pour la famille

Fondateur des Franciscains de Marie

(Traduit de l'Espagnol)

 

 

Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Il nous a créés libres ; mais il nous aussi créés responsables. 

 

Nous sommes des animaux raisonnables, du genre ou de l’espèce « sapiens », mais nous avons une âme. 

 

Selon saint Augustin, les qualités de l’âme, la mémoire, l’intelligence et la volonté, aident à contrôler toute la personne. Elles permettent d’éviter que toutes les choses bonnes qui sont en l’homme s’auto-détruisent, et que l’homme soit dominé par ses passions. Lorsque ceci ne se réalise pas, c'est-à-dire lorsque l’on commet un péché, non seulement on fait du mal à Dieu et au prochain, mais également à soi-même. Cette liberté, qui est la faculté de choisir entre le bien et le mal, est réduite à mesure que l’on pèche. A la tentation suivante, nous sommes moins libres que lorsque nous avons décidé, antérieurement, de faire le mal et d’éviter le bien. La liberté se transforme au point de devenir une caricature d’elle-même. Elle se corrompt et devient libertinage. Il suffit de constater ce qui se passe dans les addictions, de l’alcool à la pornographie, où l’on est de moins en moins libre pour dire « non ». L’homme, créé, je le répète, à l’image et à la ressemblance de Dieu, avec ce don merveilleux de la liberté, perd progressivement des degrés de liberté et n’est plus maître de soi-même. C’est un animal, qui reste rationnel, qui a toujours une âme, mais qui est de plus en plus un animal assujetti à ses instincts, dominé par ses passions.

 

En Espagne, la loi sur l’euthanasie a été approuvée. C’est terrible. De surcroît, cette loi a été approuvée au nom de la liberté. C’est le même argument qui a été avancé qu’en faveur de l’avortement. « Peu importe ce que dit la science ; peu importe qu’il y ait d’autres alternatives ». Non, au nom de la liberté, ce qui importe, c’est de pouvoir tuer. Les avortistes disent : « mon corps est à moi, et j’en fais ce que je veux ». Mais ce qu’il y a en toi, c’est un nouvel être humain, distinct de toi ! Et tu ne peux pas faire de lui ce que tu veux, c’est un hôte que tu reçois dans ta maison, tu ne peux pas le tuer ! C’est comme si le directeur d’un hôtel disait : « J’ai le droit de tuer tous ceux qui sont reçus dans mon hôtel puisqu’il est à moi ». Au nom de la liberté, on prétend tuer des innocents, et au nom de la liberté on prétend que chacun peut demander sa propre mort (le suicide assisté) ou la donner à autrui. Au nom de la liberté. Mais cela, ce n’est pas la liberté. C’est du libertinage : la corruption de la liberté.

 

Mais si cela est terrible ; si cette culture de mort avance de manière si destructrice et auto-destructrice, si cela est terrible, il est plus terrible encore que cela soit dû en partie à des catholiques. 

Je ne fais pas référence à des païens baptisés, non, mais à des catholiques pratiquants. 

Tous ces partis politiques qui, en Espagne, ont approuvé cette loi d’euthanasie ont bénéficié de votes de catholiques qui vont à la messe (...). Ce sont des catholiques qui vont à la messe, qui communient, qui disent qu’ils ont la foi, et vont ensuite voter pour des partis politiques qui promeuvent la culture de mort. Nous autres, catholiques, sommes très peu nombreux. Nous n’avons plus la capacité d’éviter le vote de lois iniques, c’est vrai. C’est un malheur, mais c’est une réalité. Cependant, le minimum que nous puissions faire, c’est d’offrir une image cohérente. Depuis l’origine, il est clair dans notre religion que nous ne tuons pas nos enfants dans le ventre de leur mère, cela est écrit depuis le début et pratiqué. Et il est clair que nos anciens et nos malades sont soignés avec amour, y compris au prix de grands sacrifices, et non pas supprimés, sous prétexte de liberté (...). 

 

Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de l’incohérence. Je le répète : les catholiques pratiquants qui ont voté pour ces partis politiques sont responsables de la loi d’euthanasie. Ils sont responsables de la loi sur l’avortement. Ils sont coupables, et ils sont responsables. Par leur vote, ils ont rendu possible cette loi, et il faut le dire de la manière la plus claire. 

 

Bien plus, je vais jusqu’à dire ceci : s’il vous plaît, allez-vous en ! Allez-vous en de l’Église, allez-vous en maintenant, ou convertissez-vous. (...) Je ne me réfère pas, une fois encore, aux païens baptisés, à ceux qui ne sont pas catholiques, aux athées, aux laïcistes (...), eux mettent en œuvre ce à quoi ils croient, et ce qu’ils disent, (...) mais à ceux qui se disent catholiques, qui vont à la messe et qui même communient et collaborent ensuite par leur vote pour que les vieillards et les malades soient tués au lieu d’être soignés (...) et qui justifient par leur vote la mort d’innocents. 

 

S’il vous plaît, allez-vous en, nous sommes peu nombreux, allez-vous en, fondez votre propre Église. L’Église Assassine, par exemple, ou l’Église Athée, l’Église Abortiste, ce que vous voulez, mais pas l’Église catholique. 

 

En plus, nombre d’entre-eux n’ont que le pape François à la bouche, ils sont tous les jours avec le pape François, mais quand le pape François dit quelque chose qui ne les intéresse pas, ils l’oublient. Or le pape François est on ne peut plus clairement, sans l’ombre d’un doute, défenseur de la vie. (...) On ne peut pas continuer ainsi. (...) 

 

C’est une tragédie (...). Ces catholiques sont en train de détruire non seulement la vie d’innocents, ils détruisent l’être humain, ils détruisent la liberté (...). Le sang des innocents crie devant Dieu et tombent sur ceux qui ont voté pour des partis qui ont rendu possible cette extraordinaire et gravissime erreur ».

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 17 Décembre 2020

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 17 Décembre 2020

 

 

"Dans le secret du tabernacle vous vous offrez à votre Père dans l’anéantissement des saintes espèces, dans le silence et trop souvent l’oubli indifférent des âmes. Vous vous immolez aussi dans le sanctuaire de nos âmes. Toute âme chrétienne est prêtre; c’est l’Esprit Saint lui-même qui l’affirme dans nos Saints Livres (1 Pierre 2, 9).

Elle possède en dedans d’elle-même un autel et son Dieu. Elle peut l’offrir et l’immoler. Et quand elle le fait, c’est elle-même qu’elle offre et qu’elle immole, car elle ne fait plus qu’un avec son Dieu: « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, celui-là demeure en moi et moi en lui » (Jean 6, 57).

Hélas! je ne sais pas croire et vivre cette réalité. Je ne sais pas assister à ma Messe d’âme! Je ne sais pas le faire, mais je puis l’apprendre. La vie de la terre n’est qu’un apprentissage. Vous vous êtes fait mon Maître pour m’enseigner la vraie vie et l’union éternelle.

Ce que vous faites au tabernacle, ce que vous avez fait durant les trente-trois années de votre existence terrestre, je le ferai un jour avec vous et comme vous. Éternellement nous nous offrirons et nous nous unirons au Père dans la plénitude reposée d’un amour définitif et ce sera la Messe du ciel.

  En attendant, je consens à n’être qu’une élève et une apprentie, souvent distraite et gâchant beaucoup de ces minutes avec lesquelles je pourrais faire des trésors et de l’éternité. Je ne me découragerai pas, je reprendrai chaque jour et mille fois par jour la marche vers vous, qui est aussi la marche avec vous. Le secret de la victoire, c’est la continuité. C’est notre façon à nous d’imiter votre éternité et d’y entrer un jour. « Demeurez en nous » signifie cela: il ne s’agit pas encore de la permanence du ciel, mais de l’exercice et de la lutte qui la préparent. La victoire est belle, mais la bataille doit l’acheter.

Je me battrai donc, je me battrai avec vous contre moi. Je briserai peu à peu toutes ces résistances de ma nature déchue qui s’opposent à notre union.

Je ferai la conquête de mon être pour vous le donner. Je soumettrai ma sensibilité à ma raison et ma raison à votre raison. Je construirai ainsi une belle demeure ordonnée, pacifiée, dont vous serez le Maître.

Les sacrifices quotidiens dont j’achèterai cette paix divine seront la Messe de ma vie et l’union qui les couronnera sera la communion éternelle du ciel! »

dom Guillerand 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 15 Décembre 2020

 

 

 

    La Lumière était là; elle se donnait intérieurement dans l'esprit humain par la raison; elle était cette raison qui découvre l'être secret de tout ce qui est. Elle se donnait extérieurement dans les choses. L'homme devait unir en lui ces deux lumières. La lumière de raison, née du Verbe, devait rejoindre le Verbe caché dans les êtres qui le représentent, et de l'homme éclairé par cette double lumière, un acte devait monter à Dieu qui eût été l'hymne de la création à son Créateur. L'homme était créé pour cela. 

   Arrêté à la surface des êtres, l'homme a arrêté ce chant des choses. Il n'a vu en elles que le plaisir qu'il pourrait en retirer... et cette surface qui pouvait le lui procurer. 

   Le monde matériel, par sa faute, est resté sur ce terrain inférieur et limité. Il était fait, comme l'homme lui-même, pour rentrer en Dieu et s'y achever. Le péché a interrompu sa marche, lui a fermé la voie du retour. Il en souffre, dit saint Paul, il en gémit; il attend que le rapport avec Dieu soit rétabli; il est comme un captif enfermé dans les murs de sa prison matérielle... et il en veut à l'homme qui le tient enchaîné. De là sa révolte contre un pouvoir qui , sans Dieu, est une tyrannie. 

   La nature inférieure est faite pour Dieu; c'est à lui qu'elle obéit quand elle est au service de l'homme. Servir l'homme soumis à Dieu c'est pour elle liberté et joie; c'est sa destinée qui l'épanouit et la fait chanter. Servir l'homme infidèle à son Créateur la prive de cette destinée, aussi elle résiste, elle ne se soumet qu'à la force; elle ne se donne pas.

   L'amour, l'unité, l'ordre, l'harmonie, la paix qui sont les traits de Dieu ne règnent plus dans l'oeuvre divine, parce que le Verbe n'est pas connu. La haine, la division, le désordre, la guerre remplissent le monde, le caractérisent... et grandissent avec la méconnaissance et l'absence du Verbe.

   Le plan total et définitif du Dieu très bon, c'est le Verbe créateur rejeté par sa création , et repris par un acte d'amour plus grand que la création elle-même, c'est l'Incarnation et la Rédemption..., ou mieux, c'est cette réalité - sommet de tout - qui était hier, qui est aujourd'hui, qui sera à jamais et qui s'appelle Notre- Seigneur Jésus-Christ, le Verbe incarné. 

 

 

dom Guillerand 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 14 Décembre 2020

 

 

   Les ténèbres ne sont pas, c'est l'absence de lumière.

   Mais la Lumière peut se donner aux ténèbres. Elle peut se répandre hors d'elle-même. Cette expansion extérieure n'est pas une nécessité pour elle. Rien ne lui est nécessaire qu'elle-même; elle est tout, elle trouve tout en elle-même.

   Pourtant, elle aime se répandre, car elle n'est rien autre que l'Etre qui est. Or, l'Etre se donne autant qu'il est. L'Etre essentiel est le don de soi essentiel. La lumière ne veut et ne peut qu'éclairer. Dans la mesure où elle le fait, les ténèbres reculent...

   Les ténèbres ce sont les âmes fermées à ce divin rayon. 

   La lumière qui l'éclaire, c'est la Lumière qui est Vie, c'est la Lumière qui rayonne pour se donner, qui se donne pour qu'on la voie, et qui vivifie en se montrant. 

   Mais tous ne la voient pas. Il y a des demeures qui se ferment. Celles qui l'accueillent deviennent lumineuses; la Lumière s'enfante en elles; elle y reproduit son éclat et sa chaleur qui sont ses traits; elles deviennent "filles de lumière". Les autres restent dans la nuit; ce sont les "filles des ténèbres". Les premières s'ouvrent à la Vie, les secondes à la mort. Les unes et les autres se donnent et vivent de ce don. Mais les premières se donnent à la vraie vie et vivent vraiment, et les secondes se donnent à des ombres et n'ont que l'ombre de la Vie. 

 

dom Guillerand.   

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 10 Décembre 2020

   

 

 

 

 

Dieu est toute beauté.

   D'absolue, il n'en est pas d'autre que Lui.

   L'unité de Sa nature et la Trinité de Ses personnes, Sa lumière éblouissante pour les yeux créés, Sa pureté sans tâche, Son infinie grandeur se confondent avec l'essentielle beauté. 

   Les saints qui, parfois ont aperçu un instant, derrière le voile de la vie actuelle, dont un coin était relevé pour eux, cette essentielle beauté en ont immédiatement ressenti une surnaturelle extase. La vue de ce beau, infini et exquis, que l'on ne peut qualifier justement avec des paroles humaines et la possession qui nous en sera donnée deviendront pour nous, au Ciel, le bonheur qui semblerait trop court s'il n'était pas éternel. 

   En créant en dehors de Lui des êtres, Dieu voulut , nous enseigner la théologie, y mettre les traces de Son Etre à Lui, c'est-à-dire Sa beauté. De là le charme de la nature qui nous paraît parfois à juste titre infini et que , souvent, nous sommes de la sorte. Ce que nous rencontrons, ce qui nous y attire, ce qui nous y ravit, c'est la trace de la beauté divine! 

   N'avons-nous pas souvent, en contemplant un coucher de soleil, lorsque vous rentriez à votre presbytère après une longue journée de labeur éprouvé quelque chose de divinement calmant et reposant du contact, sur votre front, des rayons rougis de l'astre qui allait s'éteindre?  N'avez-vous pas ressenti une émotion profonde, un sentiment de pureté en contemplant, au lever d'un jour de printemps, le lys qui venait de s'ouvrir dans votre jardin?  N'avez-vous pas , si une chance heureuse vous a mené au bord de la mer, et que vous y fussiez seul à regarder et à méditer, subi tout à coup, au milieu de la recherche par votre oeil d'un horizon qui reculait toujours, l'emprise sur votre âme de la pensée et de l'amour de Dieu? 

   Dans l'éclat du soleil à sa dernière lueur, dans la blancheur immaculée de votre lys, dans l'immensité des flots, c'était tout à coup, la trace de la divine et infinie beauté que vous aviez rencontrée et qui avait impressionné votre âme . " La beauté de toutes les choses , dit saint Augustin, c'est, en quelque manière, leur voix pour dire le Seigneur." 

   Aimons la nature créée par Dieu ! Sans doute le tabernacle où réside Sa personne est toujours, par excellence, l'endroit où il veut que nous Le cherchions et Le trouvions; sans doute l'Evangile qui redit au monde Sa parole est toujours le livre dans lequel il souhaite que nous lisions Ses enseignements et Son amour ! Mais que je plains ceux qui ne savent pas Le rencontrer aussi dans le cadre merveilleux de la nature créée. L'entendre dans le bruissement de l'eau qui coule sous la feuillée; Le reconnaître dans le bruit de la tempête qui bouleverse nos vallées et nos collines. 

   Mais Dieu ne s'est pas contenté de répandre à profusion dans la nature les traces de Sa beauté. Il a voulu plus et mieux: Il a créé un être fait à Son image et qui par conséquent, pût, comme un miroir fidèle, par son intelligence, ses tendresses, ses volontés, l'étendue de cette intelligence, la pureté de ce coeur, la force de cette volonté, puis par toutes les vertus qu' Il lui donnerait d'atteindre en l'élevant à l'état surnaturel et en lui conférant la grâce, pût, dis-je, refléter la Nature , la Trinité, les Perfections divines. 

   Quelle resplendissante beauté possédait et irradiait l'homme avant son péché! .. Nous le pouvons soupçonner ! ... C'était bien après avoir tiré du néant cette dernière et plus parfaite créature que Dieu s'était arrêté, trouvant que son oeuvre était véritablement belle. C'était pour jouir de cette oeuvre qu' Il daignait visiter au paradis terrestre Adam et Eve et converser avec eux . La première mission de l'homme avait été de faire éclater en lui, aux yeux de Dieu , qui se complait en ce qu'Il avait fait la perfection divine. 

   En même temps qu'il était lui-même un reflet , une image de la Beauté incréée, l'homme reçut une seconde mission: celle de faire sortir, à son tour, de son être des oeuvres qui, elles aussi - operatio sequitur esse - seraient belles et médiatement, sans doute, mais réellement rediraient au monde l'éternelle splendeur. Et pour cela le Créateur qui avait doué l'homme de la pensée, lui donna le don de se traduire par les lèvres, par les mains et de tirer des sons, des mots, des lignes, des couleurs, des pierres, et des proportions des choses la beauté, toujours divine, quand elle est vraie, et dont l'impression, l'audition, la vue élèvent vers Dieu les âmes et les foules.

Ce fut le génie ! 

  Et , reflet lui-même de la céleste beauté, de quoi l'homme, tel qu'il était sorti des mains du Créateur, n'eût-il pas été capable en tant qu'admirable artiste s'il avait su garder en lui la présence divine et le divin Idéal! 

   Hélas, il tomba dans le péché; sa nature fut blessée; il perdit la surnaturelle beauté, ne fut plus la ressemblance de Dieu et devint moins capable d'en faire éclater les merveilles dans les oeuvres qui sortiraient, désormais de son être déchu et éloigné de l'Idéal. 

   Pourtant il restait une créature, c'est-à-dire un être pouvant encore, même sans qu'il le voulût et sans qu'il s'en doutât, trahir dans ses oeuvres la beauté de ses origines. Puis, ne voulant pas être vaincu par le mal et souhaitant voir encore Ses divins désirs accomplis en l'humanité, Dieu répara les désordres de celle-ci par l'Incarnation et la Rédemption de son Fils et Jésus-Christ redonna aux hommes la possibilité, dans la mesure où ils profiteraient du salut accompli par la Croix, de refléter encore du divin dans leur être, de produire encore de la divine beauté par leur génie.  

   Quand, à travers le monde, le laid, à mon avis plus que cela: l'atroce, plus que cela encore: le ridicule règnent presque partout restons, nous , enfants de l'Eglise, fidèles à ses traditions et gardiens de la beauté de ses monuments et de son culte. 

   Nous n'oublierons pas que tout ce qui est beau dans nos églises élève l'âme de nos fidèles vers Dieu, l'idéale beauté. 

    Soyons fiers de cette beauté catholique, de cet art religieux; aimons-les , étudions-les, gardons-les dans toute la mesure du possible favorisons-les. 

   " Je veux que mon peuple prie sur de la beauté." St Pie X 

   " Je veux qu'en entrant dans nos églises, mon peuple entre dans de la beauté; je veux qu'en levant les yeux vers les statues qui ornent les murs, sur les ornements qui parent les autels, sur les vêtements qui servent aux prêtres, mon peuple aperçoive de la simplicité, sans doute, de la pauvreté, hélas! souvent, mais toujours du bon goût et de la beauté. " 

 

 

 

 

  

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0