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Publié le 12 Janvier 2020

 

   " Malheur à moi, parce que mon exil s'est prolongé."

      C'est le cri de douleur des captifs de Babylone vivant au milieu des peuples barbares; c'est aussi le cri de douleur des chrétiens sur la terre, et saint Paul, parlant de l'exil qui se prolonge sur cette terre, s'écrie aussi :" Pendant que nous sommes dans ce corps comme dans une tente, nous gémissons sous sa pesanteur. " (II Cor. V,4)

   Et dans un autre endroit:" Non seulement les créatures gémissent, mais nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons au-dedans de nous." (Rom. VIII,23)

   Qu'est-ce , en effet , que la vie présente? un véritable exil. Et que dis-je, un exil? elle est mille fois plus triste qu'un exil. La première chose, comme la plus importante pour nous à savoir, c'est que nous ne sommes dans cette vie que des voyageurs. Les anciens patriarches le reconnaissaient hautement, et c'est ce qui les rend dignes de toute notre admiration. " C'est pour cette raison, ajoute l'Apôtre, que Dieu ne rougit point d'être appelé leur Dieu. " (Hebr. XI, 15,16)

Quelle est cette raison? Parce qu'ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur cette terre. (S. Chrys) 

    Il y a plus ici: quelquefois un homme en voyage vit au milieu d'hommes meilleurs que ceux avec lesquels il vivait dans sa patrie; mais il n'en n'est pas ainsi de notre exil hors de la Jérusalem céleste. En effet, un homme quitte sa patrie, et quelquefois il se trouve heureux dans son exil; il y rencontre des amis fidèles qu'il n'avait pu trouver dans sa patrie.  Il fallait qu'il eût des ennemis pour être chassé de sa patrie, et il a trouvé dans l'exil ce qu'il n'avait pas dans sa patrie. 

    Telle n'est pas la patrie de la céleste Jérusalem, où tous les habitants sont bons; quiconque se trouve hors de ses murs est au milieu des méchants, et il ne peut se retirer d'entre eux qu'en revenant dans la société des Anges et des saints, où tous sont bons et justes... Car enfin, s'il habitait avec des justes, il ne dirait pas :" Malheur à moi! " Malheur ! c'est le cri de la misère, c'est le cri de la souffrance et de l'infortune. ... " Mon âme a été longtemps errante dans une terre étrangère." 

   De peur qu'on ne pensât à un voyage corporel, le Prophète dit que son âme a été longtemps errante. Le corps voyage en changeant de lieux; l'âme voyage en changeant de sentiment. 

   Si vous aimez la terre, vous voyagez loin de Dieu; si vous aimez Dieu, vous montez vers Dieu . (St Aug.)

   Quand on a considéré des yeux de la foi la grandeur des biens du ciel, la terre, avec tous les biens qu'elle renferme, ne parait plus digne d'attacher notre coeur que cette tente mobile que le pèlerin dresse dans le désert, ou que ces meubles précieux que le voyageur rencontre dans l'hôtellerie où il s'arrête quelques instants pour prendre le repas du matin ou le repos de la nuit.

   Le Prophète leur annonçait la paix, mais ces ennemis de la paix, non seulement ne la recevaient pas , mais attaquaient sans motifs, par leurs méchancetés, le prédicateur de la paix. (St Jérôme et St Hil.)

    Tant que nous vivons au milieu du monde, nous demeurons avec les habitants de Cédar, avec les ennemis de Dieu et de son Eglise, car les tentes de Cédar, tentes noires et grossières, sont celles de l'esprit de ténèbres. Ces tentes qui nous offrent un abri ne renferment que le vice, le mensonge et la fourberie, et mon coeur leur est trop souvent semblable, parce que lui-même ne donne asile qu'aux pensées vaines et aux coupables convoitises. 

   Désirons donc, comme le Prophète et comme l'Apôtre, voyager loin de notre corps plutôt que loin de Dieu, et ne soyons pas comme le grand nombre des chrétiens, qui chérissent tellement les jours de leur voyage et les tentes de Cédar, qu'ils ne savent pas de discours plus triste que celui qui les entretient du départ prochain de cette vie. 

   Le Prophète a dit qu'il a demeuré avec les habitants de Cédar, mais non dans les habitations de Cédar; car, bien que les saints vivent dans la chair, cependant, si les armes avec lesquelles ils combattent ne sont point charnelles, mais puissantes en Dieu, ils habiteront près des tentes , mais non sous les tentes de Cédar; car, séparés de leur corps par leurs inclinations, et déjà citoyens du ciel par le coeur, ils entendent l'Apôtre leur dire :" Pour vous, vous n'êtes point dans la chair , mais dans l'esprit, si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous. " (Rom. VIII,9) (St Hil.) " J'étais pacifique avec  ceux qui haïssaient la paix." 

   Qui de nous aujourd'hui pourrait tenir ce langage?

   C'est beaucoup pour nous d'être pacifiques avec les amis de la paix; pour lui, il l'était avec ceux qui haïssaient la paix. Comment pourrons-nous arriver à ce degré de vertu? si nous vivons ici-bas comme des étrangers , comme des voyageurs qui ne se laisse arrêter par aucune des choses qui se présentent à leurs regards. En effet, la cause principale des dissensions et des guerres, c'est l'amour des biens de la terre, la passion et la gloire, de l'argent et des plaisirs... 

   C'est pour cela que Notre-Seigneur nous envoie comme des brebis au milieu des loups. Il ne veut pas que vous puissiez dire : j'ai tant souffert que mon caractère en a été aigri. Vos souffrances fussent-elles mille fois plus nombreuses, vous dit-il, conservez la douceur de la brebis , et vous triompherez facilement des loups. Vous êtes en lutte avec un homme pervers et corrompu, mais les forces dont vous disposez vous rendent supérieur à tous les efforts des méchants.

   Quoi de plus doux qu'une brebis? quoi de plus féroce qu'un loup? et cependant les brebis triomphent du loup, comme nous le voyons dans la personne des Apôtres; car rien n'égale la puissance de la douceur, ni, la force de la patience... 

   " Lorsque je leur parlais, ils s'élevaient contre moi sans raison. " C'est au moment même que je m'entretenais avec eux, que je leur donnais des marques d'amitié, en leur adressant les paroles les plus bienveillantes, c'est alors qu'ils m'emportaient et qu'ils ourdissaient leurs ruses, sans que rien fût capable de les arrêter; et cependant, en face de ces dispositions haineuses, ma douceur ne se démentait pas. 

    Tels doivent être nos sentiments: qu'ils ne répondent à notre amour que par des outrages et des mauvais traitements , qu'ils nous donnent des pièges, ne laissons pas de leur opposer la même vertu. (St Chrys) 

    Vivre en paix avec des âmes pacifiques, avec des esprits modérés, avec des humeurs sociables, à peine serait-ce une vertu de philosophe et de païen; beaucoup moins doit-elle être pour une vertu surnaturelle et chrétienne. 

   Le mérite de la charité; disons-mieux, le devoir de la charité est de conserver la paix avec des hommes difficiles fâcheux, emportés. Pourquoi? Parce qu'il peut arriver, et parce qu'en effet il arrive tous les jours, que les plus emportés et les plus fâcheux, les plus difficiles et les plus chagrins, sont justement ceux avec qui nous devons vivre dans une plus étroite société, ceux dont il nous est moins possible de nous séparer, ceux à qui , dans l'ordre de Dieu, nous nous trouvons attachés par des liens plus indissolubles. (Bourdaloue) 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Janvier 2020

 

Divin Enfant Jésus, propriétaire de mon cœur et de ma vie, 
mon enfant tendre et adoré, 
Je viens vers vous plein d'espoir, 
Je viens à vous pour implorer votre miséricorde, 
Je veux vous demander les biens abondants 
que vous versez sur vos fidèles fidèles,
ceux que vos petits bras ouvrent 
Ils partagent avec amour et générosité. 
 
Oh enfant bien-aimé, Sauveur béni, 
Restez toujours avec moi
pour me séparer du mal 
et faites-moi comme vous,
Faites-moi grandir dans la sagesse et la grâce
devant Dieu et les hommes. 
 
Oh doux petit bébé Jésus,
Je vous aimerai toujours de toute mon âme!
Divin Enfant Jésus, bénissez-nous
Divin Enfant Jésus, écoutez-nous
Divin Enfant Jésus, aidez-nous.
 
Et bien que votre amour je ne le mérite pas,
Je ne me tournerai pas vers vous en vain
vous êtes bien fils de Dieu
et l'aide des chrétiens.
 
Divin Enfant Jésus, bénissez-nous,
Divin Enfant Jésus, écoutez-nous,
Divin Enfant Jésus, consolez-nous,
Divin Enfant Jésus, aidez-nous,
Divin Enfant Jésus, protègez-nous,
 
Divin Enfant Jésus, nous avons confiance en vous. 
pour l'Espagne,
pour nos moines et nos jeunes novices.
pour Eloi
pour le petit Placide et son aumônier. 
et à toutes nos intentions personnelles. 
 
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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Janvier 2020

 

 

   Portez vos regards sur l'astre nouveau; c'est le signe , non pas de la fatalité, mais de la royauté.  Voyez-le briller dans sa course rapide, conduire les Mages au berceau du Christ, et, du haut du ciel, témoin de son obéissance, appeler à la crèche le monde entier.

   Comme , après la nuit, le pôle nous apparaît sous les teintes brillantes de l'aurore, ainsi les premiers rayons de la lumière se montrent au genre humain assis dans les ténèbres et les ombres de la mort; ainsi s'annonce le Fils de Dieu, jusqu'alors inconnu. 

   Voici venir les Mages, ces esclaves de l'astrologie, ces admirateurs des étoiles. Un globe de feu, qu'ils n'ont pas encore vu, projette dans les cieux d'éclatants rayons; d'un pas rapide, il trace devant eux un chemin enflammé; ils le suivent et voient bientôt, enfermé dans l'étroite enveloppe d'un maillot, celui dont l'étoile lumineuse annonçait tout à l'heure, du haut des airs, la glorieuse puissance. Jamais torche ardente ne répandit autour d'elle une lueur semblable à cet astre; jamais l'aurore n'envoya à la terre de rayons plus nombreux et plus doux; jamais d'une fournaise nouvellement allumée ne s'échappèrent de pareils torrents de flammes: il brillait si vivement, que , à la vue de cette lumière sans précédente, la terre se trouvait saisie d'épouvante. Comment ne pas reconnaître la majesté suprême en celui dont la grandeur se lisait dans l'écrin céleste? 

   Les Mages, au coeur desquels naissait la foi, prélude de la nôtre, s'approchèrent donc du Christ; il lui offrent de l'or, lui donnent de l'encens, lui apportent de la myrrhe. 

   Pauvre petit enfant, vous êtes devenu bientôt riche!

Au milieu de tous ces présents, il pleure; et bien qu'il gémisse, on le redoute comme un Dieu. Ses clients lui apportent des cadeaux; ils courbent devant lui leurs fronts et l'adorent. On lui offre de l'or, parce qu'on reconnaît en lui un grand Roi; on lui sacrifie de l'encens , en témoignage de sa divinité; on lui donne de la myrrhe, comme à la victime qui doit mourir pour le salut de tous.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Janvier 2020

 

 

Sainte fête de l'Epiphanie. ! 

 

merci à tous,  pour les bons voeux reçus. Toutefois la grève ne m'a pas permis de tout recevoir. patience. très content pour ce début d'année, particulièrement gâté. 

bonne rentrée 2020 ! avec les présents des Mages, nous déposons vos intentions aux pieds de l'Enfant Jésus. nos russes sont aux sports d'hiver ! hu hu hu ... 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 3 Janvier 2020

   Il en est dont l'opinion est que notre Seigneur et Sauveur aurait encore était baptisé en ce même jour; si la chose était vraie, nous aurions tout motif de célébrer cette fête avec la plus grande solennité. En ce cas, notre Seigneur et Sauveur, après nous avoir déjà fait naître, nous enseignerait aujourd'hui qu'il nous faut aussi prendre une nouvelle vie;  après nous avoir accordé le bienfait d'une première naissance, il nous aurait encore gratifiés d'une seconde, en vue de laquelle, et tout en nous donnant un exemple salutaire, il aurait sanctifié l'eau où les hommes devaient puiser la grâce. 

   Aussi, devons-nous célébrer avec respect le jour où le Seigneur a été honoré soit par d'admirables prodiges, soit par la visite des Mages. Nous avons solennisé sa naissance, solennisons de même sa manifestation: évidemment, la loi ne nous eût procuré aucun avantage, si , en vertu des hauts conseils de Dieu, le Christ n'était pas venu en ce monde; par la même raison, les hommes auraient peu profité du bienfait de sa naissance, s'ils n'avaient pas cru en lui. C'est pourquoi, craignons toujours, aimons incessamment, désirons avec ardeur notre Créateur, le Créateur de toutes choses; non content de descendre jusqu'à nous, il a voulu encore nous fournir les motifs de croire en lui après sa naissance: en effet, il s'est fait annoncer comme Fils de Dieu par les Prophètes; les Mages nous l'ont montré; il nous en a prévenus par ses paroles et nous l'a prouvé par ses miracles. 

   Cherchons- le sans fin pour notre salut, dirigeons vers lui nos regards et les désirs de nos coeurs. Celui que les Mages ont trouvé enveloppé de langes, cherchons-le dans le ciel; celui qu'ils ont adoré bien qu'il fût encore caché et obscur, glorifions-le; car il est assis sur le trône de la Majesté suprême. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Janvier 2020

   Jésus s'est fait connaître lorsque, par un prodige admirable autant qu'inouï, il a changé de l'eau en vin.  Comme c'est Dieu qui a établi les lois constitutives des êtres, il lui appartient également de les changer: aussi , après avoir créé l'eau dans les conditions ordinaires, lui a - t- il donné une autre nature: il avait pu d'abord la tirer du néant; ne lui était-il pas aussi facile de la changer en une substance différente? 

   On faisait donc une noce; pendant le festin , nous dit l'Evangile, le vin fit défaut.Alors le Seigneur ordonna aux serviteurs de mettre de l'eau dans les vases et de les remplir, et quand ils furent remplis, il commanda d'y puiser. Admirable prodige! Entre les mains, et sous les yeux des serviteurs, la puissance divine agit sans se laisser apercevoir. Le miracle s'accomplit, et néanmoins personne ne voit comment il s'opère. La cause reste inconnue, l'effet seul apparait. Pourquoi cela? Evidemment parce que Dieu fait tout ce qu'il veut; parce qu'en lui pouvoir c'est vouloir. Pourquoi encore?

   Le voici: sa puissance est tellement grande que, en face des harmonies de la création, le Prophète a pu dire de lui avec justice : " Il a dit, et toutes choses ont été faites; il a commandé, et toutes choses ont été créées". Quelle merveille ! Mais de toutes les oeuvres que le Seigneur a placées sous nos yeux, y en a - t - il une seule qui ne soit digne de notre admiration? 

   Mais cherchons à découvrir, en ce miracle, des enseignements plus élevés; tâchons de connaître son sens mystique. Que représentaient ces noces à la célébration desquelles assistait le Sauveur?

   Elles étaient certainement l'emblème de celles par lesquelles le Christ s'est uni à l'Eglise; car, " pareil à un époux qui sort de sa couche nuptiale" il s'est approché, en vertu du contrat d'alliance, de sa fiancée; et alors il a changé son oeuvre: avec de l'eau il a fait du vin, c'est-à-dire qu'avec des Gentils il a fait des fidèles. Il y a donc un changement de l'eau en vin, quand des infidèles deviennent chrétiens, que des avares se font généreux, que des orgueilleux se transforment en hommes humbles, des personnes colères en personnes pleines de douceur, des gens cruels en gens miséricordieux, des adultères en continents. 

   Ainsi donc Jésus change de l'eau en vin, quand, par sa divine opération, un homme que son infidélité rendait vil devient précieux en raison de ses sentiments religieux. J'ose même le dire: de côté et d'autre c'est l'oeuvre du Christ, sans doute; mais il y a , de sa part, un miracle plus admirable, quand , avec un pécheur, il fait un juste, que quand, avec de l'eau il fait du vin; car en pareille circonstance, plus l'homme devient précieux, plus ce changement l'emporte sur l'autre. 

   Dans le premier cas, il n'exerce sa puissance que sur un élément sorti de ses mains, c'est-à-dire sur l'eau; dans le second cas, il l'exerce sur l'homme qui est son image; ici , les apparences, la couleur et le goût de l'eau se transforment en vin; là , chose vraiment plus étonnante ! c'est toujours le même homme,  et , pourtant, il n'est plus le même; extérieurement c'est toujours lui; il devient tout différent à l'intérieur. Le Seigneur a dit :" Moi, je tuerai, et moi, je ferai vivre". Comment Dieu peut-il faire vivre, s'il tue? Il tue de la même manière qu'il fait vivre; car, dans un seul et même homme , il tue l'impie et fait vivre l'innocent. 

   Comme nous l'avons dit précédemment, on croit donc que c'est en ce jour que le Christ a reçu les adorations des Mages. Une étoile extraordinaire avait brillé à leurs yeux: aussitôt ils se mirent sous sa conduite et tandis que, sur terre, leurs pieds marchaient, leurs yeux suivaient dans le ciel, sa trace de feu. 

   Aussi, lorsqu'ils eurent trouvé Notre-Seigneur Jésus-Christ, " ils se prosternèrent pour l'adorer et lui offrirent, en présents, de l'or , de l'encens et de la myrrhe". Par la myrrhe, ils faisaient connaître sa condition mortelle; par l'or, ils le proclamaient roi, et par l'encens, ils l'adoraient comme Dieu: et , tout en lui offrant leurs présents, ils faisaient don d'eux-mêmes à la divinité. 

   

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Décembre 2019

 

   "  Une étoile sortira de Jacob, et un homme s'élèvera d'Israël, et il frappera les chefs de Moab, et il détruira tous les enfants de Seth, et l'Idumée deviendra son héritage. "

   D'après le récit de la sainte histoire du vieux Testament, Balach, roi des Médianites, appela près de lui le prophète Balaam, pour lui faire maudire le peuple de Dieu: à peine celui-ci eut il aperçu au loin les campements et les tentes des Israélites, qu'il se sentit inspiré de l'Esprit-Saint: il prévit donc que de leur race et d'une Vierge immaculée naîtrait, un jour, le Fils de Dieu, et entre autres paroles prophétiques qu'il leur adressa pour leur annoncer l'avenir, il prononça tout à coup celles-ci et s'écria :" Une étoile sortira de Jacob, et un homme s'élèvera d'Israël". 

   Sous ce nom d'étoile, qu'est-ce qui est désigné, ? C'est évidement la sainte Mère de Dieu. Pareille à un astre du ciel, elle a brillé , plus que tous les fils et toutes les filles des hommes, par sa virginité et son humilité, elle en a projeté les éclatants rayons sur le monde entier; car elle est cette étoile de la mer, cet astre du matin, qui a donné le Soleil de justice aux hommes " assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort"; grâce à elle, la clarté de la lumière d'en haut est venue se répandre sur le genre humain qu'enveloppaient les ténèbres d'une nuit profonde. 

   C'est l'étoile radieuse que le nuage du péché n'a jamais obscurcie, qui a laissé échapper son rayon, sans connaître même l'ombre de la corruption, qui a enfanté son Fils sans éprouver le moindre dommage dans sa virginité; c'est l'étoile illustre et toute belle, qui a brillé par ses mérites, qui nous a guidés par ses exemples, qui éclaire les aveugles et ranime les faibles. C'est dans cette étoile que s'est caché le vrai Soleil de justice, lorsqu'il a disparu derrière le nuage de notre humanité; c'est d'elle qu'il est sorti, laissant entière et intacte son innocence. Balaam a dit que cette étoile sortirait de Jacob , parce qu'en effet la Vierge Immaculée descendait, en ligne droite , de la race des Patriarches.

   Voilà pourquoi le Prophète a prononcé ces paroles :" Une tige sortira de la racine de Jessé, et une fleur s'élèvera de ses racines." 

   Balaam avait désigné la vierge Marie sous le nom d'étoile qui sortira de Jacob, Isaïe l'appelle la tige qui sortira de la racine de Jessé; les nom d'étoile et de tige, que les deux Prophètes lui ont donnés , lui conviennent également bien. C'est une étoile, car après avoir été éclairée de la lumière d'en haut, elle a brillé plus que tous les mortels et répandu sur la terre les splendides rayons de toutes les vertus. C'est une tige, parce qu'elle est demeurée ferme et inflexible dans la force et la perfection de ses vertus, et que, sans porter nulle atteinte à son innocence, elle a produit une fleur céleste, le Fils de Dieu. 

   Toutefois, cette étoile virginale se trouvait enfermée dans les étroites limites d'une étable, avec le Soleil de justice qu'elle avait mis au monde; aussi , et afin de la faire connaître, un astre d'un éclat nouveau apparaît-il en Orient; par l'éclat inouï de sa lumière, il prévient les Gentils de l'apparition de l'étoile sortie de Jacob, et , marchant en avant des Mages pour leur en indiquer leur chemin, il les amène jusqu'à Bethléem. 

   C'est ainsi que le ciel fait connaître le ciel, qu'une étoile indique une étoile, que la lumière rend témoignage de la lumière, qu'un astre découvre un astre. Les Juifs sont là, tout près, et ils ne veulent reconnaître l'enfant Jésus ni d'après les oracles des Prophètes, ni sur l'attention des Mages, et sur un signe venu du ciel par le moyen d'une étoile qui raconte sa gloire, la gentilité, qui se trouve bien loin, le reconnait pour son Dieu.

   Eclairés de la lumière céleste, arrivés à Bethléem sous la conduite de l'astre qui les précède, les Mages entrent dans la maison et y trouvent l'étoile et le soleil; il adorent comme un Dieu, vénèrent comme un roi, reconnaissent pour un homme l'auteur de notre salut, couché dans une crèche: par leur triple offrande, ils font l'aveu de ses deux natures, la divine et l'humaine , et ce qu'ils croient de coeur, ils l'affirment hautement par leurs dons. Ils sont trois, ils font à un seul hommage de trois sortes de présents; par là , ils confessent publiquement l'unité de Dieu en trois personnes. 

   Après avoir accompli, à l'égard de l'enfant Jésus, les devoirs d'une pieuse dévotion, mais prévenus par un ange, ils prennent un autre chemin et s'en retournent dans leur pays.

   Pour vous, vous savez qu'une étoile virginale est sortie de Jacob; vous adorez Jésus, non comme pleurant sur la paille, mais comme régnant dans les cieux; l'astre brillant de l'Evangile vous a envoyé, du haut du ciel, les rayons de son admirable lumière; il vous précède et vous dirige: marchez donc à sa suite par vos bonnes oeuvres, courez jusqu'à Bethléem, jusqu'à la demeure du pain vivant, c'est-à-dire jusqu'à la sainte Eglise: vous y trouverez Marie et Jésus, et au lieu d'entendre ses gémissements enfantins, vous l'entendrez prêcher et instruire le peuple. 

   Que les heureux Mages, prémices de votre foi de votre conversion, deviennent vos modèles: quand Jésus était couché dans la crèche, ils l'ont vénéré, ils lui ont fait hommage de leurs présents : pour vous, offrez-lui vos bonnes oeuvres en signe d'adoration, maintenant qu'il règne dans le ciel.

   Offrez-lui en don, non des choses du temps, car elles finissent par périr, non des choses transitoires et visibles, mais des présents qui viennent de votre coeur, des louanges et des actions de grâces.

    Au lieu d'or, offrez-lui de la sagesse; au lieu d'encens, de la dévotion; au lieu de la myrrhe la mortification de vos sens; puis instruits par l'Evangile, quittez le chemin des oeuvres mauvaises, qui vous a amené de l'endroit où  vous êtiez, et retournez par une voie toute différente, celle des bonnes oeuvres jusqu'à la patrie, au séjour de la lumière  éternelle, où daigne vous faire entrer Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pendant tous les siècle des siècles.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Décembre 2019

 

    Cette sainte impatience pour le Désiré des nations avait animé , il est vrai, tous les justes de l'ancienne loi;  mais chez le précurseur, elle trouve sa suprême ardeur. 

   Lui, si rude et si austère, traduit par les expressions les plus suaves les saints transports de son âme. C'est à lui que nous devons la plus douce image sous laquelle les fidèles aiment à contempler Jésus, celle d'Epoux de nos âmes. 

   L'Eglise veut pendant ce temps nous faire apprendre à son école à désirer Jésus-Christ. Ne serait-ce pas faire injure à cette divine Bonté que de n'avoir pas de désir pour elle ? Bossuet développe admirablement cette pensée : 

   " Saint Grégoire de Naziance invite tout le monde à désirer Dieu par la considération que cette bonté infinie prend tant de plaisir à se répandre : Ce Dieu, dit-il, désire d'être désiré; il a soif, le pourriez-vous croire? au milieu de cette abondance. Mais quelle est la soif de ce premier Etre? 

   " C'est que les hommes aient soif de lui: Sitit sitiri. Tout infini qu'il est en lui-même et plein de ses propres richesses, nous pouvons néanmoins l'obliger en lui demandant qu'il nous oblige, parce qu'Il donne plus volontiers que les autres ne reçoivent." 

   Et plus loin, Bossuet conclut : 

   " Ah ! que tardons-nous, âmes chrétiennes? Que n'excitons-nous nos désirs, que ne pressons-nous nos ardeurs trop lentes? Ce n'est pas seulement Jean qui sent de près le divin Sauveur, qui désire ardemment sa sainte présence: de si loin que Jésus a été prévu, il a été désiré avec ferveur :" Mon âme , disait David, languit après vous ; quand viendrai-je? Quand m'approcherai-je de la face de mon Seigneur"?  Quelle honte, quelle indignité, si , lorsqu'on soupire à lui de si loin, ceux dont il s'approche, qui le possèdent, ne s'en soucient pas! Car, mes frères, n'est-il pas à nous, ne l'avons-nous pas sur nos autels? ... Courons donc à cette table mystique, prenons avidement ce corps et ce sang; n'ayons de faim que pour cette viande, n'ayons de soif que pour ce breuvage: car pour bien désirer Jésus, il ne faut désirer que lui." 

   Dieu l'a chargé de prêcher la pénitence; il est tout absorbé par cet idéal, et pour donner à sa prédication plus de force , il veut que tout parle en lui . Aussi quelle puissance et quelles audaces devant tout ce peuple accouru!

" Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui vient? Faites donc de dignes fruits de pénitence , 

 ... " Il vient, celui qui est plus puissant que moi... Sa main tient le van, et il nettoiera son aire, et il amassera le froment dans son grenier, et il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas."

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Décembre 2019

 

" Collines d'Israël, déployez vos rameaux, couvrez-vous de fleurs et de fruits."

(Répons mardi 1ère sem.)

"En ce jour-là , les montagnes ruisselleront de vin nouveau; le lait coulera des collines.

(Ant. de Laudes 1er dim.)

" Réjouis-toi, fille de Sion, exulte de joie, fille de Jérusalem ."

" Que les cieux se réjouissent, que la terre exulte; montagnes résonnez de chants de louange, parce que Notre Seigneur viendra."

(Répons lundi 1ère sem.)

" Venez Seigneur, apportez-nous la paix pour nous réjouir devant vous de tout coeur."

(Ant. Magn. 2ème dim.) 

"Jérusalem, pourquoi t'affliges-tu? Je te sauverai et te rendrai la liberté, ne crains pas!"

(Répons . 2° Dim.)

" Réjouissez-vous avec Jérusalem et exultez à jamais, vous tous qui l'aimez.

(Ant. Magn. Jeudi de la 3° sem. ) 

 

 

 

   Dans la bouche de l'Eglise, dit Dom Guéranger, les soupirs vers le Messie ne sont point une pure commémoration des désirs de l'ancien peuple: ils ont une valeur réelle, une influence efficace sur le grand acte de la munificence du Père céleste qui nous a donné son Fils. Dès l'éternité, les prières de l'ancien peuple et celles de l'Eglise chrétienne unies ensemble ont été présentes à l'oreille de Dieu, et c'est après les avoir entendues et exaucées qu'il a envoyé en son temps sur la terre cette rosée bénie qui a fait germer le Sauveur. " 

...

   L'Avent envisage avant tout le fait historique de l'Incarnation du Verbe. Il prépare les fidèles à en célébrer dignement l'anniversaire.

   Sans doute, la venue mystique du Sauveur dans nos âmes et sa venue à la fin des Temps ont inspiré le choix de beaucoup de pièces liturgiques. Mais l'idée dominante et de premier plan est plus obvie et plus simple: la Liturgie dans la nuit même de Noël nous chantera le récit du grand évènement : " Pendant qu'ils étaient en ce lieu (Bethléem), le temps où elle (Marie) devait enfanter s'accomplit. Et elle mit au monde son premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche , parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie."

   Tel est l'évènement unique qui s'est accompli il y  deux mille ans et dont l'Eglise prépare l'anniversaire. Pour les frères du Christ tout est objet d'adoration, de joie et d'amour: temps , lieu, paroles, personnages. L'Epouse du Christ, avec l'autorité sacerdotale dont son divin fondateur l'a enrichie , reconstitue cette scène, concentre dans sa liturgie ses trésors de doctrine, de prières, en vue de nous faire assister par la foi à la naissance du Sauveur: Nova per carnem nativitas: une nouvelle naissance dans la chair. (Or. 3ème messe Noël) Oblata munera, Domine, nova Unigeniti nativitate sanctifica. (Secre.idem). Sanctifiez, ô Dieu, nos offrandes par la nouvelle naissance de Votre Fils. " Bienheureux ceux qui n'ont pas vu et ont cru ! (Jean, XX,29) 

   Et cette foi que la liturgie réveille en nous n'est pas le simple assentiment de l'intelligence à une vérité spéculative: c'est la complète donation de la raison, de la volonté, de tout l'homme à l'Evangile, c'est-à-dire à l'économie du salut dont Dieu est l'auteur et Jésus-Christ qui nait à Bethléem le héraut: foi qui nous conduit à la vie éternelle :" Praesta... ut natus hodie Salvator mundi, sicut divinae generationis est auctor; ita et immortalitatis sit ipse largitor." (Postc. 3ème messe de Noël)

   Sans doute, les fervents disciples du Christ n'attendent pas le cycle de Noël pour dire à Dieu les sentiments d'adoration, de reconnaissance, d'amour que leur inspire le grand Mystère de l'Incarnation. Mais , outre ces actes privés, il faut une expression unanime, officielle et solennelle de ces sentiments de tout le peuple chrétien. 

   N'ayant qu'un coeur et qu'une âme, la famille des chrétiens doit traduire cette unanimité avant tout dans la contemplation et l'amour du mystère de son chef: une famille humaine se conçoit-elle sans la fusion des coeurs dans les mêmes fêtes et les mêmes allégresses? 

   Telle est l'intention de l'Eglise dans l'institution du cycle de Noël et de l'Avent qui le prépare. Les générations chrétiennes se relaient au pied de la crèche et prolongent l'adoration des bergers, les chants des anges, les offrandes des Mages, quelque chose de l'ineffable contemplation de Notre-Dame; bref tout ce tribut d'adorations, d'actions de grâces et d'amour que Jésus a trouvé à sa naissance et qu'il attend de nous qui sommes sauvés par l'ineffable mystère de son Incarnation: Deus qui hanc sacratissimam noctem veri luminis fecisti illustratione clarescere. O Dieu ! qui avez illuminé cette très sainte nuit des splendeurs de la vraie lumière. 

    Vivre ce mystère dans la liturgie, c'est s'acquitter parfaitement chaque année de cet hommage que le Maître attend de son peuple; c'est joindre sa voix à celle de toutes les générations chrétiennes dans ces actions de grâces officielles de l'Epouse du Christ. 

   Et, par-dessus tout, la reproduction de ce mystère doit inonder notre âme d'une joie profonde, d'une paix ineffable.

   C'est à nous, au même titre qu'aux bergers, que s'adresse l'invitation de l'ange : " Je vous annonce une grande nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie."

(Luc II,10)

  Aussi "les quatre dimanches de l'Avent étaient considérés, à Rome, au VIIIème siècle et encore au XIIème, comme les étapes d'un temps d'allégresse, où tout était à la joie de la venue prochaine du Rédempteur. 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 5 Décembre 2019

 

     Depuis le commencement du monde la grande mission de rénovation universelle se poursuit; et cette tâche n'est pas achevée; sa manifestation est progressive et sa venue multiple parmi les nations. C'est le Christ dont parle l'apôtre quand il dit qu'il était hier, qu'il est aujourd'hui et qu'il sera dans tous les siècles. (Hebr.XIII,8)

         Son oeuvre a commencé avant sa naissance à Bethléem; elle se prolonge après l'Ascension et n'est pas encore arrivée à sa plénitude. 

     Pour embrasser tout le mystère du Christ, il ne faut pas circonscrire sa mission aux trente-trois années de sa vie terrestre, mais le contempler dans les phases progressives fixées par la Providence à la marche de son oeuvre."  Encore que la venue du Sauveur, dit Bossuet, fût arrêtée à un temps certain par les ordres de la Providence divine, toutefois il faut avouer que le mystère du Verbe fait chair devait remplir et honorer tous les temps.

    Ainsi considéré, le Christ apparaît dans toute sa stature: il est le roi des siècles: Regi saeculorum (I Tim.I,17) , l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin (Apoc I,8)

   C'est ainsi qu'il faut entendre cette plénitude des temps dont il est souvent question dans les saints Livres. C'est la série des périodes historiques se succédant d'après un plan arrêté d'avance; c'est le terme assigné par la Sagesse divine, le couronnement des préparations providentielles. 

   Dieu a voulu faire désirer le grand don qu'il réservait à l'humanité, comme on désire, dans le froid et l'obscurité de la nuit, le lever du chaud et brillant soleil. Il a fondé à cette fin toute une religion provisoire où tout était figures, symboles, prophéties du Messie attendu: le Christ en était le centre et l'âme. Selon la belle parole de saint Augustin :" La loi portait le Christ dans ses entrailles. Lex gravida erat Christo! 

   Le temps de l'Avent va nous révéler une fois de plus le Christ de l'Ancienne Loi, le Christ des patriarches, des prophètes, du psautier; le Christ d'Isaïe, de Jean-Baptiste, de la Vierge qui doit enfanter; le Christ, objet des ardentes aspirations et des impatients désirs d'Israël: le Désiré des collines éternelles: Donec veniret desiderium collidum aeternorum.

   C'est le caractère propre de l'Avent, temps de préparation et d'annonce du règne prochain de Dieu par son Messie. Adveniat regnum tuum! Et comme cette venue est multiforme, la Liturgie de ce temps offre des aspects très variés. 

   L'Avent nous prépare à la venue du Messie dans la chair. C'est le thème principal de toute la liturgie: le Messie, annoncé par les prophètes est bien le Fils de Dieu qui va naître à Bethléem, l'Incarnation réalise en tout point la promesse. 

   Et ce Roi qui va venir n'est pas seulement considéré dans le mystère de sa naissance; mais c'est toute la suite des divins évènements de l'oeuvre rédemptrice qui se déroule aux yeux des voyants et des fidèles qui les écoutent dans cette liturgie prophétique. Dans ce sens, l'Avent est moins la préparation du cycle de Noël que la préface grandiose de tout le cycle liturgique. 

   La vie historique du Christ est essentiellement collective et solidaire; en principe et en droit tous les hommes y prennent part et en partagent le mérite.

   A chacun de nous incombe le devoir, pendant son passage ici-bas de s'approprier par la foi et la grâce la part qui lui revient dans l'oeuvre du Christ. Le Sauveur doit donc reprendre dans chacun de nous une nouvelle vie; décalquer dans chacun de ses frères le chef-d'oeuvre réalisé une fois dans sa vie terrestre. Mystérieuse extension et croissance que prend constamment le Christ dans son Eglise, qui, pour être complètement distincte du Christ naturel et historique, n'en n'est pas moins réelle, plus réelle que toutes les choses sensibles:  c'est le Christ mystique. 

   Toutes ces étapes successives de la réalisation du plan divin auront leur couronnement à la fin des temps, quand, le corps mystique du Christ ayant atteint la pleine croissance fixée par Dieu, le Roi des siècles rassemblera tous ses frères adoptifs pour les associer à son triomphe et les introduire avec lui dans la vie du Père " afin que Dieu soit tout en tous, " suprême terme du plan divin.

   L'Eglise, dans son Avent nous prépare à ce définitif triomphe en établissant un parallèle suggestif entre la venue de son Epoux dans les humiliations de la chair et sa manifestation triomphale à la fin des temps dans toute la majesté de sa gloire divine. 

  Il est incontestable que l'Esprit-Saint qui, par l'organe de la Sainte Eglise, nous adresse tous ces enseignements à cette période de l'année, y attache une vertu spéciale de sanctification.

   L'âme soucieuse de participer à la vie surnaturelle de la Sainte Eglise en fera l'objet de ses méditations pendant ce temps : " Qui vous écoute, m'écoute.

dom Beauduin osb+

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Rédigé par Philippe

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