"Comme les pins, qui ont été témoins de leur martyre, étendent leurs branches, ainsi aujourd'hui nous ouvrons nos cœurs pour les embrasser comme vainqueurs dans la bataille de la foi".
Requejo est entré dans la Congrégation de la Mission à l'âge de 56 et 33 ans de sacerdoce, avec un parcours brillant. Il démissionna de tous ses postes et dignitaires pour commencer le noviciat à Paris. Carmelo Ballester Nieto, C.M., qui le connaissait bien, sans doute par l'intermédiaire de sa sœur Sœur Mercedes Requejo, l'a présenté au Supérieur général, le P. Francisco Verdier, en louant sa piété et ses bonnes qualités. Son seul destin en tant que Père Paul fut la communauté de Fernandez de la Hoz à Madrid, où il arriva en novembre 1930, bien qu'il continue à appartenir à la province française d'Aquitaine.
Depuis le 18 août 1936, le Père Requejo était dans la maison de retraite des Petites Sœurs des Pauvres de la rue du Docteur Esquerdo, mélangé aux personnes âgées, s'habillant et vivant comme l'une d'elles. Un prêtre rédemptoriste, le P. Antonio Girón González, s'y est réfugié dans les mêmes conditions. Comme il s'agissait d'une congrégation française, les Petites Sœurs n'ont pas été congédiées, mais le 24 août, les communistes se sont emparés de la maison, ont placé leurs commandants à des postes clés et ces jours ont été tragiques. A six heures de l'après-midi, les deux prêtres et la sœur du sacristain ont communié et ont consommé l'Eucharistie dans la chapelle. Le P. Rédemptoriste dit à la Sœur :
"Maintenant c'est pour le Ciel.
Les anciens étaient soumis à de longs interrogatoires. Le dimanche 30 août, ce fut le tour des Pères Girón et Requejo. Ils ont immédiatement été montés dans une voiture et emmenés pour être abattus. Le portier de l'asile, qui les a vus monter dans la voiture, a observé que le P. Requejo marchait avec un pas ferme, la tête haute. Ce portier était un prisonnier ordinaire qui avait été en prison pendant 30 ans. L'un des miliciens surnommé le matador, a dit à un jeune de 17 ans qui était entraîné à tirer dans le but de tuer ces deux prêtres, parce qu'ils ne voulaient pas bouger. Les cadavres sont apparus le lendemain dans un champ ouvert appelé Fuente Carrantona, près de Vicálvaro.
Chers amis de Matteo, la cause de notre jeune Serviteur de Dieu a fait un grand pas en avant. Le 29 octobre 2019, le collège des neuf théologiens de la Congrégation pour les causes des saints, présidé par le Promoteur général de la foi, s'est réuni. Depuis quelques mois, les théologiens ont eu l'occasion d'étudier la Positio super virtutibus du Serviteur de Dieu et ont écrit leur vœu sur l'exercice héroïque des vertus de Matthieu et la réputation de sainteté qui entoure sa figure.
Le vœu du Collège théologique est une étape fondamentale dans le cheminement de toute cause et pas toujours facile à surmonter. Pour Matteo, les neuf théologiens ont donné un vote positif, confirmant qu'il vivait les vertus chrétiennes d'une manière héroïque.
Dans quelques mois, nous espérons qu'il y aura bientôt une autre étape importante ; les cardinaux et les évêques qui composent la Congrégation pour les causes des saints devront à leur tour se prononcer sur la même question, c'est-à-dire sur l'héroïcité des vertus de Matthieu. Si leur jugement est positif, la parole sera transmise au Pape pour autorisation de promulguer le décret sur les vertus héroïques du Serviteur de Dieu. Il n'est pas surprenant que l'Église, mère et maîtresse, soit exigeante et attentive avant d'indiquer un de ses fils comme modèle de vertu chrétienne.
En attendant, saluons le fait que ce premier grand examen ait été passé avec brio. Bravo Matteo !!!!!!
Même le miracle présumé, attribué à l'intercession du Serviteur de Dieu, poursuit son cheminement à la Congrégation pour la Cause des Saints. Le fait qu'il n'y ait souvent pas de nouvelles sensationnelles ne signifie pas qu'il ne va pas s'arrêter. Nous travaillons en silence et avec les rythmes imposés par le sérieux de la matière, mais je dois dire que Matteo a vraiment couru, a brûlé les étapes. Son processus diocésain s'est ouvert le 19 septembre 2016 et déjà, trois ans plus tard, nous récoltons d'importants fruits.
j'ai son image qui ne me quitte pas ! dès fois quand je dis mon chapelet j'ai l'impression que ça le fait rire... je lui demande un miracle, mais pour le moment y a pas! .. allez on continue. je lui parle aussi de temps en temps , je lui dis " vivement la quille !" mais il veut pas... quelle misère. allez sitipli un miracle pour ta cause!
Tout le mois de novembre est consacré à l'intercession pour les âmes des défunts. La solennité de la Toussaint, nous rappelle que nous sommes tous appelés à la sainteté devant Dieu, au salut éternel, pour jouir avec Lui de la joie du Ciel.
Pour sa part, la commémoration liturgique du 2 Novembre a été instituée par un abbé bénédictin, saint Odilon de Cluniac, au début du XIe siècle, et nous rappelle la vérité du Purgatoire et le devoir que nous avons d'offrir nos prières, pénitences, aumônes et le Saint Sacrifice de la Messe pour que les âmes dans cet état puissent passer à jouir de Dieu.
C'est la véritable célébration chrétienne du défunt : n'adoptons pas des modes sous-culturelles venant de l'extérieur et d'origines païennes lointaines et même sur un fond démoniaque, comme la fête de "Halloween", qui a reçu les bonnes critiques de nombreux évêques. Empêchons aussi nos enfants et nos jeunes de tomber dans des pratiques et des jeux spiritualistes et où les portes s'ouvrent à l'action du diable, comme les exorcistes nous le disent constamment.
L'Église catholique affirme l'existence du purgatoire et le définit solennellement comme un dogme lors du Second Concile de Lyon en 1274. Ce n'est donc pas une question d'opinion que l'un puisse sembler acceptable à un autre et non à un autre, mais que tous les catholiques doivent croire en cette vérité. Dans l'Écriture Sainte, mais surtout dans les livres des Maccabées, il y a de nombreux textes sur lesquels la foi est basée dans les punitions du purgatoire, car, pour pouvoir contempler l'infinie beauté de Dieu dans l'éternité, les âmes doivent être nettoyées de toute tache laissée par leurs péchés. De la même manière que lorsqu'une personne assiste à un mariage ou à une réunion importante, elle doit porter une robe propre.
Parmi les Pères de l'Église, saint Augustin et le Pape Grégoire le Grand ont été parmi ceux qui ont le plus abondamment abordé le thème du Purgatoire. Le second a eu un grand impact sur l'immense puissance du Saint Sacrifice de la Messe offert par les âmes des défunts pour qu'elles soient libérées des châtiments purgatifs et passent à la gloire du ciel. Cette force vient de la valeur même de la Sainte Messe, parce qu'en elle se réalise le renouvellement et l'actualisation du Sacrifice du Christ au Calvaire, ainsi que de sa Résurrection et de son Ascension.
Il n'y a donc rien de plus grand sur la face de la terre que la Sainte Messe.
Nous devons toujours nous y tourner avec dévotion, avec admiration et avec un étonnement renouvelé face à ce qui se passe devant nous. Le plus grand miracle possible se produit chaque fois que le Corps et le Sang du Christ sont vraiment présents dans les mains du prêtre lorsqu'il prononce les paroles de la Consécration. Et c'est pourquoi, le jour de tous les fidèles défunts, l'Église permet aux prêtres de célébrer trois messes.
Le mois de novembre nous confronte donc aux réalités de ce que l'on appelle traditionnellement les "fins dernières" et dont, malheureusement, nous, prêtres, ne parlons pas beaucoup aujourd'hui.
Nous ne devons jamais oublier que le bien ou le mal que nous faisons dans cette vie a des répercussions sur notre salut éternel, auquel Dieu nous invite. Notre vie ne se termine pas avec la mort ; elle commence plutôt. Nous devons tous méditer sur la mort, non pas avec un sens lugubre, mais comme une réalité de la vie humaine devant laquelle elle trouve son sens et devant laquelle elle doit opter pour le bien ou le mal, en gardant à l'esprit qu'après elle viendra la réalité éternelle, soit de gloire au ciel, soit de douleur en enfer, car il existe aussi. L'enfer n'a pas été causé par un Dieu cruel, mais par l'obstination diabolique et humaine dans le mal jusqu'au dernier moment, qui se ferme à la miséricorde divine.
Le mois de novembre nous introduit donc pleinement dans la méditation d'une partie des fins dernières", tandis que dans l'Avent qui le suit, nous pourrons pénétrer dans l'autre partie d'elle : celle qui se réfère à la fin des temps, à l'apparition de l'Antichrist, à la Parousie ou seconde venue de Jésus Christ et au jugement dernier. Mais nous devons toujours méditer avec espoir. C'est mal de le faire avec un esprit morbide, sombre, catastrophique ou divinatoire. L'attitude chrétienne est une attitude d'espérance, une vertu théologale infusée par Dieu dans notre âme pour faire confiance à la grandeur de la bonté et de la miséricorde de Dieu, qui nous invite à la repentance et à la conversion afin d'atteindre la vie éternelle.
"Dieu veut que tous les hommes soient sauvés" (1 Tim 2:3-4), dit saint Paul. Et Jésus nous parle de l'immortalité et que Dieu "n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car pour lui tous sont vivants" (Mc 12,27 ; Lc 20,38).
Dieu veut que nous puissions tous jouir du Ciel, de la vision de Lui-même. C'est pourquoi il veut que nous le prions pour la libération des âmes bénies du purgatoire, qui attendent nos prières et nos sacrifices et que nous offrions pour elles le Saint Sacrifice de la Messe.
Que Marie Très Sainte, qui attendait avec foi la Résurrection de son Fils, intercède pour les âmes du purgatoire et nous amène à méditer les mystères que l'Église nous propose maintenant.
Ce mardi 29 Octobre à 10 h 3O messe dans la basilique .
Te esperamos para orar a Dios por todos los Caídos de ambos bandos, por la paz y la reconciliación.
dom Cantara a procédé a un acte de réparation avant la messe...
Le prieur de la Vallée de los Caïdos a demandé pardon à Dieu parce que Sanchez a utilisé la basilique dans un but non religieux.
Ce mardi, la basilique a ouvert ses portes après l'acte central de la campagne électorale de Sanchez qui l'a maintenue fermée pendant près de deux semaines. Le prieur de l'Abbaye, juste avant d'officier à la messe de 11 heures, a fait l'acte d'expiation mentionné ci-dessus pour l'usage "étranger à son but religieux" par Pedro Sanchez et son équipe gouvernementale.
Au total, environ 60 personnes ont assisté à une messe qui s'est tenue à 11 heures Dans les bancs étaient mélangés croyants, touristes et journalistes.
L'exhumation de Francisco Franco n'est pas seulement un problème, limité à la politique, à la simple vengeance ou à l'opportunisme électoral, qui va beaucoup plus loin et n'est que le premier mouvement d'un plan qui cherche à éradiquer la foi au Christ sur le sol espagnol. Il s'agit de changer le récit, comme nous aimons le dire aujourd'hui, de l'histoire de l'Espagne des années 1930 à nos jours afin de prendre le monastère, la monarchie parlementaire et la Constitution de 78 comme nous la connaissons.
Que l'Église de Dieu qui va en pèlerinage en Espagne ne pense pas qu'après ces événements, elle maintiendra un statu quo qui implique même une certaine tolérance pour sa simple existence.
Cette attaque contre les catholiques n'est pas endémique de la péninsule, nous nous trouvons dans une ère de fin de civilisation où tout ce qui est catholique est mis à part et persécuté. Le livre de Rod Dreher "L'option bénédictine" est l'un des livres les plus lus par les catholiques ces derniers temps, dans lequel Dreher propose comme modèle pour les catholiques d'aujourd'hui les communautés bénédictines qui ont réussi à donner naissance à un nouveau christianisme à une époque marquée, comme la nôtre, par la chute de la civilisation, l'empire romain déjà conquis par la religion.
Sans l'aide du pouvoir politique, l'option bénédictine serait devenue stérile, en d'autres termes, si nous, catholiques, méprisons la vocation de contribuer et d'influencer l'ordre social qui, en tant que membres d'une communauté (nation) politique, nous serons condamné à disparaître.
Pido al Señor nos conceda ser una Iglesia pobre y valiente con la libertad evangélica de los hijos de Dios.
J'étais le seul journaliste indépendant à avoir vu de l'intérieur tout le cirque de l'exhumation de Franco, dans l'hospice de la Vallée des los Caïdos (où, d'ailleurs, on mange et dort très bien). En d'autres termes, en laissant RTVE à part, et l'agence Efe, entre les mains du ministre Calvo Poyato, un de vos serviteurs a vu sur le site les événements d'un des épisodes les plus sinistres de l'histoire espagnole. Il y avait 500 journalistes du monde entier, mais à l'entrée de Cuelgamuros. Le déploiement de la Guardia Civil a été vraiment impressionnant tant à la porte de l'abbaye que sur l'esplanade de La Piedad.
Même la forêt était surveillée et le jour de l'exhumation, il y avait même des tireurs d'élite qui ne voulaient pas vous laisser sortir à cinquante mètres de l'auberge, et il n'y avait rien d'autre à surveiller que les sangliers et les renards. La Benemérita entra dans l'abbaye avec des armes et ce qui est un espace sacré et, si vous voulez bien, appartenant au Vatican. Monseigneur Osoro et la Conférence épiscopale n'ont laissé que le prieur de la basilique, le Père Santiago Cantera, et les Bénédictins, d'excellentes personnes qui prient et dirigent une école dont sortent quelques enfants sans endoctrinement et une excellente éducation.
Même la Guardia Civil a demandé une liste avec le DNI de ceux qui allaient recevoir la communion.
Les hôtes fixes qui avaient quitté l'enceinte ne pouvaient pas y revenir avant samedi dernier. Franco n'est plus dans la basilique mais c'est le NODO qui a fait la RTVE qui l'emporte, avec de très mauvaises photos en passant. ... Sanchez veut gagner les élections!
Le célèbre missionnaire, dans son sermon sur le Paradis, au commencement de son exorde, débute ainsi :
" Le peuple fit bien de rester au pied de la montagne et de laisser Pierre, Jacques et Jean accompagner seuls le Sauveur jusqu'au sommet. Il n'appartient pas à tout le monde de fixer le soleil sans être ébloui. Cette gloire, dont l'évangile nous montre un reflet dans la Transfiguration de Notre-Seigneur est bien trop éclatante pour nos yeux; et je le regrette, mes chers auditeurs, vos espérances aujourd'hui seront trompées: vous êtes tous venus ici pour nourrir votre piété, avides d'entendre parler de ce paradis qui est l'unique objet de votre amour, le but unique de vos désirs, et moi aussi, à vrai dire, je m'étais appliqué avec ardeur à décrire le mieux possible les magnificences de cet immense palais de Dieu et à mettre en relief tout ce qu'on peut dire de plus beau, de plus ravissant, de plus saint de cet amphithéâtre de gloire et de majesté.
Mais à peine étais-je à l'oeuvre, que l'apôtre saint Paul s'offrit à moi et me dit avec un regard plein d'étonnement: Que fais-tu? Que prétends-tu? Ne sais-tu pas que " ni l'oeil n'a vu, ni l'oreille n'a entendu, ni le coeur de l'homme n'a compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment." Puis , après m'avoir brièvement raconté cette vision merveilleuse dans laquelle, ravi jusqu'au troisième ciel, il entendit des secrets ineffables, il m'a fermé les lèvres en y appliquant le doigt et m'a défendu d'en parler.
En effet, s'il est un sujet sur lequel plus on parle, moins on en dit , c'est bien surtout le paradis, et si vous y prenez garde, quiconque en parle ne fait que dire ce qu'il n'est pas ou amoindrir ce qu'il est.
Le Prophète royal le savait bien, lui qui admis dans une extase à contempler le séjour des bienheureux, déclara, selon l'explication de plusieurs interprètes, que tous ceux qui avaient parlé du paradis s'étaient mépris :" J'ai dit , dans mon extase: tout homme est menteur," ou selon cette autre version :" Tout homme est en défaut." Et ne croyez-vous pas que Pierre lui-même s'est mépris, lui qui tout enveloppé de cette éblouissante lumière, s'écria comme hors de lui-même :" Il nous est bon d'être ici", réduisant tout le paradis à trois cabanes grossières: " Dressons-nous ici trois tentes." Aussi l'Evangile tâche-t-il d'excuser cette méprise en l'imputant à l'inadvertance :" Il ne savait pas ce qu'il disait".
Or , là où Pierre se trompe, où Paul se tait, que pourrais-je bien dire? Cela étant , mon sermon sur le paradis est fini avant de commencer. Mais non, Saint Augustin m'encourage à parler: tout en accordant que le paradis est incompréhensible à la faiblesse de notre esprit, il n'en regarde pas la conquête comme impossible à l'ardeur de nos désirs . " Le Paradis, il est impossible de le décrire: le Paradis , il est possible de l'acquérir."
Dilatez donc vos coeurs, car s'il est vrai qu'on puisse l'acquérir, quoiqu'on ne puisse pas l'apprécier, je veux, pour vous en faciliter l'acquisition, vous en dire quelque chose aujourd'hui. Toutefois ne perdez pas de vue que malgré tous mes efforts, toute mon éloquence, toutes mes descriptions pour vous donner une idée ou vous tracer une ébauche du paradis, vous devrez toujours vous figurer, toujours penser, toujours désirer quelque chose de plus accompli; et de plus vous persuader que la gloire ou la félicité céleste est encore incomparablement plus belle, plus élevée, plus étendue que tous vos désirs et toutes vos imaginations..... " Un peu plus loin le Saint continue de cette manière :"
" Si la vaste étendue du firmament est trop étroite pour nous retracer l'immensité du Ciel des élus, jetons un peu les yeux sur la terre pour voir si nous n'y retrouverons point quelque chose qui puisse nous représenter la beauté de la maison de Dieu . Ah ! vous vous en convaincrez de plus en plus de l'impuissance de l'homme. Mettez ensemble tout ce qu'on dit de cette gloire merveilleuse les prophètes, les évangélistes, les docteurs, et tout ce qu'en pourraient dire les prédicateurs de nos jours avec leur éloquence raffinée, et vous verrez que tous ne font que dire en substance ce qu'elle n'est pas.
Je voudrais que, pour vous éclairer sur ce point, Dieu renouvelât en votre faveur le prodige de l'Apocalypse; que chacun de vous vit descendre la Jérusalem céleste du ciel, comme le vit Saint Jean, et puisque je puis vous conduire en paradis, que le paradis descendit vers vous sous l'emblême d'une magnifique Cité, avec des murs d'or, un pavé de diamants, des portes d'émeraudes et de saphirs , avec la multitude de ses habitants, environnés de pompe et de majesté comme des rois, avec une lumière que n'obscurcissent jamais les ténèbres, avec une beauté que rien ne souille jamais, ayant pour soleil l'Agneau qui ne souffre jamais aucune éclipse !
Comme je vous dirais encore avec assurance: non , ce n'est pas là le paradis; c'en est l'image, mais non la réalité. Vous figurez-vous peut-être qu'on trouve en paradis, avec leurs propriétés matérielles et physiques, toutes ces pierres précieuses, telle que l'émeraude, la topaze, l'escarboucle et autres semblables? Il en est qui l'ont cru, mais tous les Docteurs sensés le nient, et à mon avis, ils ont évidemment raison: en effet, n'avez- vous pas vu de l'or, de l'argent et des pierres précieuses? - Oui - Il est donc faux que ces choses-là se trouvent dans leur état matériel en paradis, puisque l'apôtre Saint Paul, qui en parle en témoin oculaire, nous dit que :" l'oeil n'a point vu, ni l'oreille entendu" ce qu'il y a de ravissant dans le séjour des Bienheureux.
Jugez maintenant si l'évangéliste Saint Matthieu lui-même n'est pas loin de la réalité, lorsqu'il compare la gloire de Jésus transfiguré à la lumière du soleil et à la blancheur de la neige.
De la neige on en trouve dans toutes les vallées; et pour n'avoir d'autre chose à admirer sur le Thabor que la lumière du soleil, et la blancheur de la neige , Saint Pierre pouvait bien s'épargner la peine de monter si haut et demeurer avec la foule au pied de la montagne . La comparaison est donc inexacte, non par la faute de l'Evangéliste, mais à cause de l'excès de cette gloire qu'il ne pouvait expliquer autrement; car c'est le malheur de tous les objets qui surpassent la capacité de notre esprit, de n'avoir point de termes qui en rendent adéquatement l'idée.
Que dirai-je de ceux qui comparent le paradis à un torrent de voluptés, à un jardin délicieux, à un somptueux festin, à un royaume très florissant, à des noces pleines d'allégresse , au bonheur des moissonneurs pendant la récolte? Toutes comparaisons imparfaites et qui abaissent plutôt qu'elles ne relèvent les délices de cette bienheureuse patrie. Aussi ces figures, ces symboles doivent-ils être pris dans un sens plutôt mystique que littéral.
Je suis porté à croire que les Prophètes et les Evangélistes , en les employant, ont fait comme les astronomes, lesquels, voyant notre ciel tout parsemé d'étoiles si différentes les unes des autres par leur mouvements, leurs influences et leur grandeur, y ont imaginé une multitude de figures naturelles ou fabuleuses: ici ils ont mis un taureau, là un lion, ici un scorpion, ailleurs un chariot, une écrevisse, un capricorne. Est-ce que tous ces monstres existent au ciel? Nullement; ce n'est qu'un caprice des astronomes qui se sont vus obligés d'inventer ces signes afin de mieux s'entendre. De même les Prophètes et les Evangélistes se servent d'emblêmes grossiers, et nous parlent de jardins toujours fleuris et odoriférants, d'automnes toujours chargés de fruits, de perpétuels et harmonieux concerts, d'or et de pierres précieuses, de saphirs et d'ambre, de festins et de musiques, de fêtes et de théâtres, toutes choses propres à former un paradis qui flatte les sens, mais nullement le paradis véritable qui doit faire la félicité des esprits. On a recours à ces figures de préférence, parce qu'elles nous charment davantage et sont plus à notre portée; mais au fond les torrents de délices qui inondent de toutes parts cette Jérusalem céleste, ce sont des secrets, nous dit Saint Paul, qu'il n'est pas donné à l'homme d'exprimer. Or je vous le demande, si tout ce qu'on a dit et écrit, si tout ce qu'on a pu dire et écrire de la gloire du paradis n'est qu'une pure description symbolique, quelle sera la vérité?
La voici: le saint roi David nous la chante sur sa harpe prophétique, lorsqu'après avoir vu cette gloire immense, ravi en extase, il entonne ce magnifique cantique :" J'ai dit dans mon ravissement: tout homme est impuissant " à en parler; faisant entendre par là que nous savons du ciel seulement ce qu'il n'est pas, si bien que l'on peut écrire sur ses portes , en caractère de feu, ces mots :
" On peut l'acquérir, mais l'apprécier , jamais !"
. - " O mon Dieu, qu'est-ce que j'aime donc, quand je vous aime? Ce n'est pas une beauté corporelle, ni la majesté d'un visage, ni l'éclat d'une lumière flattant agréablement les yeux, ni les douces mélodies de cantilènes variées, ni la suave odeur des fleurs et des parfums, ni le goût du miel ou de la manne , ni des étreintes corporelles. Non, ce n'est pas là ce que j'aime en mon Dieu. Et pourtant ce que j'aime en lui, c'est une certaine lumière, une certaine voix, une certaine odeur, une certaine nourriture, un certain embrassement; tout cela n'étant éprouvé que par ce qu'il y a en moi d'intérieur. Mon âme voit briller une lumière qui n'est pas dans l'espace, elle entend un son qui ne s'éteint pas avec le temps, elle sent un parfum que le vent n'emporte pas, elle goûte un aliment que l'avidité ne fait pas diminuer, elle s'attache à un objet que la suavité ne lui fait pas abandonner. Voilà ce que j'aime, quand j'aime mon Dieu.
Mais qu'est- ce donc qu'un tel objet?
Le saint Docteur est aussi obligé de dire ici et de répéter avec tous les autres, que tant que nous serons ici-bas, dans notre chair mortelle, la beauté de Dieu et les splendeurs du Ciel resteront indescriptibles!
Car " nous ne voyons maintenant qu'à travers un miroir (peu transparent), en énigme. Maintenant, je connais imparfaitement; mais alors je connaîtrai aussi bien que je suis connu moi-même.(I Cor. XIII, 12)
Ce n'est donc que dans le Ciel que nous jouirons pleinement de Dieu, lorsque dans la Vision Béatifique, nous nous trouverons devant lui face à face ! Oh ! qu'il tarde donc ce moment heureux, où il nous sera donné de contempler ainsi notre Dieu et de jouir de Lui, pour toujours, dans les enivrantes et indescriptibles jouissances du Paradis!
En attendant, considérez , nous dit l'Apôtre bien-aimé, " considérez quel amour le Père nous a témoigné, de vouloir que nous soyons appelés et nous soyons en effet enfants de Dieu, mais ce que nous serons un jour ne parait pas encore. Nous savons que lorsqu'il apparaîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est. Et quiconque a cette espérance en lui, se sanctifie, comme il est saint lui-même. (I Joan III, I , 3)
C'est donc cette espérance qui nous sanctifie, et en nous sanctifiant nous obtient la persévérance finale, qui nous introduit dans les éternelles jouissances du Paradis. C'est cette espérance qui a soutenu les Apôtres et les Martyrs, les saints Docteurs, les Confesseurs, les Vierges, les Saintes Femmes, tous les Saints; et cette douce et invincible espérance nous accompagnera partout jusqu'à la conclusion de ce présent ouvrage, où nous verrons tous les Justes, brillant comme des astres au firmament du Paradis, pour toute l'éternité !
Entretien de Saint Augustin avec sa mère touchant le bonheur du Ciel. -
" Le jour n'étant pas éloigné où ma mère devait sortir de cette vie, jour qui nous était inconnu et que vous seul connaissiez, il arriva, et ce fut je n'en doute point, par une disposition secrète de votre providence, qu'elle et moi nous nous trouvâmes seuls ensemble, appuyés sur une fenêtre dont la vue s'étendait sur le jardin de la maison dans laquelle nous nous étions retirés à Ostie. Dans cette maison, qui était éloignée du bruit du monde, nous nous reposions des fatigues d'un voyage déjà long, et nous faisions en même temps les préparatifs de notre embarquement.
" Etant donc seuls de la sorte, nous nous entretenions ensemble avec une douceur inexprimable; et laissant dans un entier oubli toutes les choses passées, " portant toutes nos pensées sur l'avenir" , nous cherchions entre nous, et en présence de l'éternelle vérité qui est vous-même, que serait "ce bonheur que l'oeil n'a point vu, que l'oreille n'a point entendu et que le coeur de l'homme ne peut comprendre." Toutefois nos coeurs s'ouvraient avec avidité pour aspirer les eaux de votre céleste fontaine, de cette fontaine de vie qui est en vous, afin qu'après nous en être arrosés autant qu'il était en nous de le faire, nous puissions en quelque sorte comprendre une chose aussi élevée.
La suite de notre entretien nous ayant amenés à cette considération que les voluptés sensibles, en les supposant les plus grandes possibles, au milieu du plus haut éclat de beauté qui se puisse imaginer dans les choses corporelles, non-seulement n'étaient pas dignes d'entrer en parallèle avec la félicité de cette autre vie, mais auprès d'elle ne méritaient pas même d'être nommées; et les mouvements d'une affection plus vive nous élevant alors vers cette félicité immuable, nous traversâmes l'un après l'autre tous les objets que renferme ce monde matériel , nous élevant jusqu'à cette voûte des cieux d'où le soleil, la lune et les étoiles répandent leur lumière ici-bas; nous allâmes ensuite plus avant, continuant de penser à vous, de parler de vous, d'admirer vos ouvrages; et arrivés jusqu'à nos âmes, nous passâmes encore au-delà, afin d'atteindre cette région de délices inépuisables où la vérité est l'aliment incorruptible dont vous nourrissez votre peuple, où la sagesse est la vie, cette sagesse par laquelle ont été faites toutes les choses qui sont, tout ce qui a été, tout ce qui sera jamais; et cette sagesse n'a point été faite, mais elle est, elle a toujours été, et elle sera toujours; ou pour mieux dire, elle n'a point été, elle ne sera point; mais simplement elle EST, parce qu'elle est éternelle; car avoir été et devoir être n'est pas être éternel.
" Parlant ainsi de cette vie heureuse, et toutes nos affections nous portant vers elle, nous y touchâmes, pour ainsi dire, par un élancement soudain de nos coeurs; puis soupirant d'en être encore séparés, et y demeurant toutefois fortement attachés " par ces prémices de votre esprit que nous avions reçues, " il nous fallut bientôt redescendre à cette parole extérieure qui sort de notre bouche et qui a un commencement et une fin. Et en cela qu'y a t-il de semblable, ô mon Dieu ! à votre parole qui vit par elle - même, qui ne vieillit point et qui renouvelle toutes choses?
"Nous sommes des moines comme n'importe quel autre monastère en Espagne." En dehors de la controverse de l'exhumation de Franco, les Bénédictins de la vallée continuent leur mode de vie en paix.
-ora et labora- fixés depuis des siècles
Parce que leur école est devenue l'épicentre d'une controverse qui polarise l'opinion publique nationale, les 36 élèves de l'Escolanía del Valle de los Caídos terminent leurs classes et se rendent au terrain de jeu pour jouer au football. Concentrés sur le ballon et les astuces de l'adversaire, ils voient à peine ce qui s'élève au-dessus de leur tête : la plus grande croix du monde, haute de 150 mètres, trois fois plus grande que la statue de la liberté et cinq fois plus grande que le Christ du Corcovado à Rio de Janeiro. Habitués à la voir tous les jours dans le paysage, les étudiants de l'Escolanía del Valle sont peut-être les citoyens espagnols les plus indifférents au tumulte provoqué par la décision du gouvernement d'exhumer Franco des semaines avant les élections. En effet, à quelques kilomètres d'où ces enfants insouciants qui étudient de 4º de primaire à 2º d'ESO, les juges de la chambre contentieuse administrative de la Cour suprême lèvent les derniers obstacles pour permettre l'exhumation controversée. Il est difficile de penser à quelque chose de plus étranger aux intrigues des couloirs du pouvoir que ce bel endroit naturel où règnent la paix et le silence, brisé seulement par les cris des jeux des enfants.
Une partie de cette même paix s'observe dans la promenade reposante d'un des 24 moines qui vivent dans l'abbaye dédiée à la récitation de l'Office divin à ses œuvres particulières fidèles à celle stipulée par la règle écrite par saint Benoît au début du sixième siècle sous la devise "Ora et labora".
Comme ses prédécesseurs dans le temps - les moines bénédictins qui ont transmis du cœur du Moyen Age les œuvres de l'Antiquité classique, qui ont asséché les marais à travers l'Europe, qui ont jeté les bases de l'agriculture et de la musique qui jouent encore nos orchestres - ce moine marche les quelques 100 mètres qui séparent l'abbaye de l'auberge avec ses pieds sur terre et sa tête concentrée dans les régions non touchées par les batailles politiques de la capitale nationale.
"Notre vie quotidienne n'est pas franquiste et n'a rien à voir avec la politique, c'est la vie normale d'un moine comme celle d'autres moines d'autres monastères en Espagne", dit-il après avoir été interrompu de sa pensée par quelques journalistes de Madrid. Je viens de lui annoncer qu'il y a quelques minutes, la Cour suprême a levé tous les obstacles qui empêchaient le gouvernement de procéder à l'exhumation de Franco et la vérité est qu'il a pris la nouvelle avec une paix totale et sans perdre son sourire. Après avoir évité des explications supplémentaires parce que "vous les journalistes êtes très dangereux", le moine continue son chemin.
Ce qui est certain, c'est que la lenteur de la vie des moines n'a guère été affectée non seulement par l'exhumation polémique, mais par presque rien de ce qui s'est passé à l'époque moderne depuis que le fondateur de San Benoît, au Moyen Age, a stipulé que leur activité était régie par le même régime. Essentiellement, la vie d'un moine bénédictin s'articule autour de trois activités complémentaires : la prière, le travail et la "lectio divina" ou lecture spirituelle.
L'ordre de Saint Benoît a donné à l'étude et à la transmission de la culture une énorme quantité de travail au cours des siècles. D'où la création de grandes bibliothèques et écoles qui, à la fin du Moyen Âge, ont sauvé la culture gréco-romaine et chrétienne et servi de base à la création d'une nouvelle culture européenne.
Le jour du moine commence quand le soleil ne s'est pas encore levé. A 5h30 du matin, la cloche qui appelle les frères à la première des heures de l'office, matines, sonne.
L'heure suivante, ce sont les laudes, prime, et après cela, le travail quotidien commence. A 11h00, la Sainte Messe a lieu dans la Basilique pour les chants de laquelle les enfants membres de l'Escolania répètent tant de choses. La Messe est le centre de la vie spirituelle du moine et c'est d'elle que partent les différentes heures liturgiques, des matins à la fin, comme les artères du cœur. Entre eux s'intercale la "labora", intellectuelle ou manuelle selon les moines. Certains membres de la communauté actuelle sont entrés dans l'Escolanía il y a des décennies, enfants, et, après avoir décidé de devenir religieux, ils portent dans la vallée l'immense majorité de leur vie.
Noelia, une collaboratrice qui travaille à l'Escolanía, décrit l'atmosphère qui règne dans ce pensionnat dirigé par les moines de la Vallée. "C'est une école normale. En plus des classes normales, les enfants ont une éducation musicale très sérieuse et répètent tous les jours.
Parmi eux, c'est comme s'ils étaient frères, ils ont leurs disputes et leurs discussions comme tous les enfants, mais ils font la paix. La vérité, c'est qu'ils s'amusent bien.
Avec les moines, la relation est grande, ils sont comme leurs oncles. La vérité, c'est que c'est comme une grande famille, explique-t-il. En plus de l'enseignement normal, l'Escolanía offre des diplômes en musique de l'Associated Board of Royal Schools of Music au Royaume-Uni. La satisfaction des parents réside aussi dans le fait que leurs enfants étudient dans des classes avec un très petit nombre d'élèves et en pleine nature. Bien que l'État ait retenu l'argent dû à l'abbaye de 2018, de nombreuses personnes et institutions se sont tournées vers les besoins de la vallée. L'Abbaye ne reçoit aucune subvention de l'Etat mais il existe un régime juridique et économique depuis la fondation de l'Abbaye qui n'a jamais cessé d'être respecté jusqu'à ce que le gouvernement actuel devienne une proposition vedette après l'arrivée à la Moncloa de Pedro Sanchez.
Une autre partie fondamentale de l'ensemble monumental de la Vallee de los Caïdos est l'Hospedería, située dans la partie arrière de la Croix, à côté de l'Abbaye et l'Escolanía.
Selon son directeur, Alex Navajas, le développement habituel de l'œuvre à l'Hospedería est également étranger à toute considération de nature politique. "Nous sommes sur TrypAdvisor et Google et nous recevons des invités du monde entier, de Thaïlande, du Canada.... Ses commentaires sont sur Internet et il est clair que les gens parlent de merveilles au sujet de l'emplacement, du paysage et de la paix que l'on respire ici. Vous ne trouverez aucun commentaire politique. Navajas ne nie pas que la présence de la vallée dans les médias a conduit à une augmentation des réserves et la vérité est que dans tous les week-ends d'octobre et novembre sont déjà occupés les 220 lits de l'auberge. Cependant, le profil des visiteurs n'a pas de connotations politiques et ce sont surtout des groupes paroissiaux qui viennent principalement de Madrid mais aussi de toutes les régions d'Espagne. "Les médias veulent créer la polémique, mais le peuple passe", dit le directeur de l'Hospedería, qui poursuit en relatant le travail des réformes qui sont en cours de réalisation.
Le fait que la plupart des clients de l'Hospedería n'ont aucune raison politique de passer quelques jours dans la Vallée ne signifie pas que certains d'entre eux n'ont pas une opinion très précise sur la controverse qui, à leur regret, entoure l'Abadía de la Santa Cruz.
Le bel adieu au père Laurentino
Le décès récent du Père Laurentino Sáenz de Buruaga, qui fut pendant 60 ans l'un des grands promoteurs du chœur de la Vallée de los Caïdos , a été un signe de l'esprit qui unit cet ensemble vocal, le seul en Europe qui chante quotidiennement pendant les offices liturgiques qui se tiennent dans la basilique.
Il fut enterré par des choristes de la génération 58 à nos jours, ce qui provoqua un "full house". Beaucoup d'anciens élèves ont été très touchés. Le Père Laurentino - qui fut l'un des moines fondateurs de l'Abbaye - était un génie fort, mais tout le monde se souvenait avec une profonde affection de ce qu'il leur avait appris.
Une journée, le samedi 5 octobre 2019, pour découvrir la vie monastique : c’est ce que proposent les moines bénédictins de l’abbaye Saint-Pierre, à Solesmes.
L’invitation avait beaucoup plu l’an dernier. Aussi, les moines de Solesmes ont-ils décidé de renouveler l’expérience en cette année 2019.
Le samedi 5 octobre, ils accueilleront les jeunes de 16 à 30 ans qui souhaitent découvrir la vie monastique. À l’abbaye Sainte-Cécile, à Solesmes, les moniales s’associent à cette opération. Elles recevront les jeunes femmes.
Prendre du recul pour se poser les vraies questions
« Notre but est de faire connaître notre vie derrière les murs de l’abbaye » explique le frère Patrice Mahieu, cheville ouvrière de l’organisation de cette journée.
Une journée particulière dont le déroulement et le climat vont permettre aux participants « de prendre du recul et de se poser les vraies questions », selon le frère Mahieu. « Dans un monde où les gens vivent à 120 à l’heure, sans savoir pourquoi ils font les choses, prendre du temps pour se poser ne peut que faire du bien. Le silence, la prière, la beauté des lieux… Tout cela incite à mieux réfléchir à sa vie. Ce temps de recul, en dehors de la vie normale, va permettre à tous ceux qui ne savent pas encore quel sens donner à leur vie ni sur quelles valeurs la construire, de réfléchir et ainsi de mieux vivre ensuite la vie normale », poursuit-il.
« En contact avec une vraie spiritualité »
Même si les monastères se sont vidés par rapport au siècle dernier, l’objectif recherché n’est pas de « recruter ».
« Notre volonté est simplement de faire connaître les valeurs monastiques, cela s’adresse à des personnes qui ont des aspirations spirituelles. Pour des personnes qui se seraient engagées sur d’autres voies, cela peut permettre d’entrer en contact avec une vraie spiritualité. »
En participant à ce genre d’opération, les jeunes montrent un intérêt pour la spiritualité, pour la religion. Ils sont en cheminement, en questionnement… « Nous accueillons chacun comme il est et nous ne demandons pas le certificat de baptême ! » précise le frère Mahieu.
Des jeunes qui sont en quête
Il est évident qu’on ne va pas à l’abbaye comme au dancing ! Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, de plus en plus de jeunes se montrent intéressés par la découverte de la vie monastique. « La vocation, c’est encore autre chose, c’est le résultat d’un long cheminement… » précise le frère Mahieu.
Lui-même est entré dans la congrégation de Solesmes à l’âge de 19 ans, s’aventurant sans regret dans ce qui est à ses yeux « un grand voyage intérieur ».
« Actuellement, les jeunes sont en quête. Il faut leur ouvrir les portes et répondre à leurs questions, » reconnaît-il. Pour preuve de cet intérêt : plusieurs participants à la journée monastique de 2018 sont revenus régulièrement à l’abbaye au cours des mois qui ont suivi. Ils reviennent goûter au silence, et chercher réponse à leurs interrogations.
Des relations humaines authentiques
Ce qui fera la richesse de la journée du 5 octobre, selon le frère Mahieu, c’est la diversité des rencontres : « ils vont visiter le monastère, rencontré de jeunes moines, ils choisissent aussi un atelier » détaille-t-il.
Prière, chant grégorien, réflexion sur le sens de la vocation et de la vie monastique sont aussi au programme. « Et nouveauté cette année : nous avons prévu un temps libre de trois quarts d’heure. Ils pourront rester en silence dans le parc ou rencontrer un moine ».
Pas question de courir partout… « C’est tout ce qu’ils ne veulent plus justement » confie le frère Mahieu. « S’ils se retrouvent dans les valeurs monastiques, c’est parce qu’ils veulent vivre des relations humaines authentiques », poursuit le frère Mahieu. La vie à l’intérieur du monastère apporte ce regard humain.
Frères, il ne devrait pas suffire de prier pour que le monde revienne à son Créateur et respecte la loi naturelle manifestée dans sa création et imprimée dans la conscience de chaque homme : La situation actuelle exige de nous une implication beaucoup plus consciente dans la situation dans laquelle nous vivons et de recourir à la pénitence et au jeûne pour ne pas nous laisser entraîner par cet aveuglement collectif, car si nous ne le faisons pas avec diligence, nous tombons enfin dans le péché d'omission et nous consentons à commettre des péchés aussi graves, pour ne pas mettre à notre disposition les moyens d'arrêter au moins la détérioration morale de nos journées, qui fait tant de victimes chez les fidèles, qui se réclament d'être indolores devant le cri du ciel.
Face aux situations d'urgence de l'Écriture Sainte, il est constant de recourir au jeûne, à la pénitence et à la prière, en plus de vérifier si nos relations commerciales ou sociales sur le plan personnel ou collectif sont justes.
Nous ne pouvons pas festoyer et dépenser négligemment, tandis que le péché se répand partout et nous souille tous. Nous ne devons pas scandaliser les autres par notre manque de sensibilité sociale à l'égard de tant de déshérités, ni à l'égard de tant de crimes commis sous la protection de la loi.