spiritualite

Publié le 7 Janvier 2023

 

 

 

 

 

Chers frères et sœurs,

En la solennité de l’Epiphanie, l’Eglise continue à contempler et à célébrer le mystère de la naissance de Jésus sauveur.

La fête d’aujourd’hui souligne en particulier la destination et la signification universelles de cette naissance. Se faisant homme dans le sein de Marie, le Fils de Dieu est venu non seulement pour le peuple d’Israël, représenté par les pasteurs de Bethléem, mais également pour l’humanité tout entière, représentée par les Mages. Et c’est précisément sur les Mages et sur leur chemin à la recherche du Messie (cf. Mt 2, 1-12) que l’Eglise nous invite aujourd’hui à méditer et à prier. Dans l’Evangile, nous avons entendu que ces derniers, arrivés de l’Orient à Jérusalem, demandent: «Où est le roi des juifs qui vient de naître? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui» (v. 2). Quel genre de personnes étaient-ils et de quelle sorte d’étoile s’agissait-il? C’était probablement des sages qui scrutaient le ciel, mais non pour chercher à «lire» l’avenir dans les astres, ou éventuellement pour en tirer un profit; c’était plutôt des hommes «à la recherche» de quelque chose de plus, à la recherche de la véritable lumière, qui soit en mesure d’indiquer la voie à parcourir dans la vie. C’était des personnes assurées que dans la création, il existe ce que nous pourrions définir la «signature» de Dieu, une signature que l’homme peut et doit tenter de découvrir et déchiffrer. La manière de mieux connaître ces Mages et de comprendre leur désir de se laisser guider par les signes de Dieu est peut-être de s’arrêter pour analyser ce qu’ils trouvent, sur leur chemin, dans la grande ville de Jérusalem.

Ils rencontrèrent tout d’abord le roi Hérode. Il était certainement intéressé par l’enfant dont parlaient les Mages; mais pas dans le but de l’adorer, comme il veut le laisser croire en mentant, mais pour le supprimer. Hérode était un homme de pouvoir, qui ne voyait dans l’autre qu’un rival à combattre. Au fond, si nous réfléchissons bien, Dieu aussi lui apparaît comme un rival, et même un rival particulièrement dangereux, qui voudrait priver les hommes de leur espace vital, de leur autonomie, de leur pouvoir; un rival qui indique la route à parcourir dans la vie et qui empêche ainsi de faire tout ce que l’on veut. Hérode entend de ses experts en Ecritures Saintes les paroles du prophète Michée (5, 1), mais son unique pensée est le trône. Alors, Dieu lui-même doit être voilé et les personnes doivent se réduire à être de simples pions à déplacer sur le grand échiquier du pouvoir.

Hérode est un personnage qui ne nous est pas sympathique et que nous jugeons instinctivement de façon négative en raison de sa brutalité. Mais nous devrions nous demander: peut-être existe-t-il quelque chose d’Hérode en nous? Peut-être nous aussi, parfois, voyons-nous Dieu comme une sorte de rival? Peut-être nous aussi sommes-nous aveugles devant ses signes, sourds à ses paroles, parce que nous pensons qu’il pose des limites à notre vie et ne nous permet pas de disposer de notre existence à notre gré? Chers frères et soeurs, quand nous voyons Dieu de cette manière, nous finissons par être insatisfaits et mécontents, car nous ne nous laissons pas guider par Celui qui est à la base de toutes les choses. Nous devons ôter de notre esprit et de notre coeur l’idée de la rivalité, l’idée que laisser place à Dieu constitue une limite pour nous-mêmes; nous devons nous ouvrir à la certitude que Dieu est l’amour tout-puissant qui n’ôte rien, qui ne menace pas, et qui est au contraire l’Unique capable de nous offrir la possibilité de vivre en plénitude, d’éprouver la vraie joie.

Les Mages rencontrent ensuite les savants, les théologiens, les experts qui savent tout sur les Saintes Ecritures, qui en connaissent les interprétations possibles, qui sont capables d’en citer par cœur chaque passage et qui sont donc une aide précieuse pour ceux qui veulent parcourir la voie de Dieu. Toutefois, affirme saint Augustin, ils aiment être des guides pour les autres, ils indiquent la voie, mais ils ne marchent pas, ils restent immobiles. Pour eux, les Saintes Ecritures deviennent une sorte d’atlas à lire avec curiosité, un ensemble de paroles et de concepts à examiner et sur lesquels discuter doctement. Mais nous pouvons à nouveau nous demander: n’existe-t-il pas aussi en nous la tentation de considérer les Saintes Ecriture, ce trésor très riche et vital pour la foi de l’Eglise, davantage comme un objet d’étude et de discussion des spécialistes, que comme le Livre qui indique la juste voie pour parvenir à la vie? Je pense que, comme je l’ai exposé dans l’exhortation apostolique Verbum Domini, devrait toujours à nouveau naître en nous la profonde disposition à voir la parole de la Bible, lue dans la Tradition vivante de l’Eglise (n. 18), comme la vérité qui nous dit ce qu’est l’homme et comment il peut se réaliser pleinement, la vérité qui est la voie à parcourir quotidiennement, avec les autres, si nous voulons construire notre existence sur le roc et non sur le sable.

Et nous en venons ainsi à l’étoile.

Quel type d’étoile était celle que les Mages ont vue et suivie? Au cours des siècles, cette question a été l’objet de discussion entre les astronomes. Kepler, par exemple, considérait qu’ils s’agissait d’une «nova» ou d’une «supernova», c’est-à-dire de l’une de ces étoiles qui normalement diffusent une faible lumière, mais qui peuvent à l’improviste connaître une violente explosion interne qui produit une lumière exceptionnelle. Ce sont assurément des choses intéressantes, mais qui ne nous conduisent pas à ce qui est essentiel pour comprendre cette étoile. Nous devons revenir au fait que ces hommes cherchaient les traces de Dieu; ils cherchaient à lire sa «signature» dans la création; ils savaient que «les cieux proclament la gloire de Dieu» (Ps 19, 2); c’est-à-dire qu’ils étaient certains que Dieu peut être entrevu dans la création.

Mais, en hommes sages, ils savaient également que ce n’est pas avec un télescope quelconque, mais avec l’acuité des yeux de la raison à la recherche du sens ultime de la réalité et avec le désir de Dieu animé par la foi, qu’il est possible de le rencontrer, ou mieux qu’il devient possible que Dieu s’approche de nous. L’univers n’est pas le résultat du hasard, comme certains veulent nous le faire croire. En le contemplant, nous sommes invités à y lire quelque chose de profond: la sagesse du Créateur, l’inépuisable imagination de Dieu, son amour infini pour nous. Nous ne devrions pas permettre que notre esprit soit limité par des théories qui n’arrivent toujours qu’à un certain point et qui — à tout bien considérer — ne sont pas du tout en opposition avec la foi, mais ne réussissent pas à expliquer le sens ultime de la réalité. Dans la beauté du monde, dans son mystère, dans sa grandeur et dans sa rationalité, nous ne pouvons que lire la rationalité extérieure, et nous ne pouvons manquer de nous laisser guider par celle-ci jusqu’à l’unique Dieu, créateur du ciel et de la terre. Si nous avons ce regard, nous verrons que Celui qui a créé le monde et celui qui est né dans une grotte à Bethléem et qui continue à habiter parmi nous dans l’Eucharistie, sont le même Dieu vivant, qui nous interpelle, qui nous aime, qui veut nous conduire à la vie éternelle.

Hérode, les experts en Ecritures, l’étoile.

Mais suivons le chemin des Mages qui parviennent à Jérusalem. Au dessus de la grande ville, l’étoile disparaît, on ne la voit plus. Qu’est-ce que cela signifie? Dans ce cas aussi, nous devons lire le signe en profondeur. Pour ces hommes, il était logique de chercher le nouveau roi dans le palais royal, où se trouvaient les sages conseillers de la cour. Mais, probablement à leur grand étonnement, ils durent constater que ce nouveau-né ne se trouvait pas dans les lieux du pouvoir et de la culture, même si dans ces lieux leur étaient offertes de précieuses informations sur lui. Ils se rendirent compte en revanche que, parfois, le pouvoir, même celui de la connaissance, barre la route à la rencontre avec cet Enfant. L’étoile les guida alors à Bethléem, une petite ville; elle les guida parmi les pauvres, parmi les humbles, pour trouver le Roi du monde. Les critères de Dieu sont différents de ceux des hommes; Dieu ne se manifeste pas dans la puissance de ce monde, mais dans l’humilité de son amour, cet amour qui demande à notre liberté d’être accueilli pour nous transformer et nous permettre d’arriver à Celui qui est l’Amour.

Mais pour nous aussi les choses ne sont pas si différentes que ce qu’elles étaient pour les Mages. Si on nous demandait notre avis sur la façon dont Dieu aurait dû sauver le monde, peut-être répondrions-nous qu’il aurait dû manifester tout son pouvoir pour donner au monde un système économique plus juste, dans lequel chacun puisse avoir tout ce qu’il veut. En réalité, cela serait une sorte de violence sur l’homme, car cela le priverait d’éléments fondamentaux qui le caractérisent. En effet, il ne serait fait appel ni à notre liberté, ni à notre amour. La puissance de Dieu se manifeste de manière complètement différente: à Bethléem, où nous rencontrons l’apparente impuissance de son amour. Et c’est là que nous devons aller, et c’est là que nous retrouvons l’étoile de Dieu.

Ainsi nous apparaît très clairement un dernier élément important de l’épisode des Mages: le langage de la création nous permet de parcourir un bon bout de chemin vers Dieu, mais il ne nous donne pas la lumière définitive. A la fin, pour les Mages, il a été indispensable d’écouter la voix des Saintes Ecritures: seules celles-ci pouvaient leur indiquer la voie. La Parole de Dieu est la véritable étoile qui, dans l’incertitude des discours humains, nous offre l’immense splendeur de la vérité divine.

Chers frères et sœurs, laissons-nous guider par l’étoile, qui est la Parole de Dieu, suivons-la dans notre vie, en marchant avec l’Eglise, où la Parole a planté sa tente. Notre route sera toujours illuminée par une lumière qu’aucun autre signe ne peut nous donner. Et nous pourrons nous aussi devenir des étoiles pour les autres, reflet de cette lumière que le Christ a fait resplendir sur nous. 

Amen.

 

 

homélie dom Jean Pateau

père abbé de Fontgombault 

 

 

"Recevons par leur intercession une grâce de simplicité, d’enfance,

d’accueil de l’instant présent, quel qu’il soit, comme le
lieu d’un rappel au devoir pressant que reçoit tout homme d’y
chercher Dieu, et ce, dans le chaos du monde et de nos vies si
distraites, si gaspillées par l’addiction aux médias et aux blogs. 

"Sur le chemin des Mages, lumières et ténèbres, joies et
inquiétudes, alternent. Mais l’étoile a comme recueilli leurs
cœurs. Ils ont abandonné les vanités du temps qui passe, et ils
l’ont suivie. Renonçons donc aux nouvelles pour chercher la
vraie nouvelle. A l’école des Mages, avançons vers la maison de
Bethléem pour adorer. Avançons vers la patrie céleste. Là, nous
retrouverons Jésus et Marie, là, nous trouverons Dieu."

 

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Publié le 15 Décembre 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Dites : Ô en silence, n’y ajoutant rien. Ô loue, ô désire, ô attend, ô gémit, ô admire, ô regrette, ô entre dans son néant, ô renaît avec le Sauveur, ô l’attire du ciel, ô s’unit à lui, ô s’étonne de son bonheur dans une chaste jouissance, ô est humble, ô est ardent. Qu’y a-t-il de moins qu’un ô ; mais qu’y a-t-il de plus grand que ce simple cri du cœur ? Toute l’éloquence du monde est dans cet ô; et je ne sais plus qu’en dire, tant je m’y perds.

Qu’on serait heureux d’être à la crèche de Jésus-Christ, quand ce ne serait que comme ces animaux puisque l’un connaît son maître, et l’autre la crèche de son Seigneur (Is 1, 3)! C’est alors qu’il faudrait dire avec David : J’ai été devant vous comme un animal. Vous pouvez aspirer à tout, même aux saintes dispositions de la sainte Vierge, même à celles de Jésus-Christ, qui est notre vrai modèle. Dieu distribue ses dons dans le degré et dans la manière qu’il veut. 

Bossuet 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Décembre 2022

 

 

 

 

« Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience », dit saint Jacques dans son Épître (Jc 5, 7-10).
En quoi consiste la patience ? Si elle s’attache à la poursuite d’une fin à venir, peut-on dire, sans tricher, que l’Avent attise notre patience ? Le Christ est déjà venu, et, s’il vient à nouveau, ce n’est semble-t-il qu’une convention du calendrier.
 
Qu’est-ce que la patience ?
La scène est au restaurant, dans un sketch devenu célèbre, filmé par Pierre Palmade. Robert Hirsch et Gisèle Casadessus, deux octogénaires, dînent.
– Madeleine, quand donc consentirez-vous à m’épouser ?
– Mais Fernand, vous me l’avez déjà demandé en 1950 !
– Mais je vous aime, Madeleine !
– Oh, je vous connais, vous les hommes ! Une fois que vous avez ce que vous voulez, vous disparaissez, pffuitt !
– Disparaître ! Mais où voulez-vous que j’aille, Madeleine ? Nous avons été dans le même lycée, nous avons travaillé dans le même magasin, nous avons vécu dans le même village, nous vivons dans la même maison de retraite !
Ainsi de suite. Voilà donc un amoureux patient. Sur son visage, se lit à la fois une souffrance et un espoir. La souffrance de supporter un contretemps ; l’espoir de séduire enfin sa belle. La patience est tissée de ces deux lainages, mais souvent elle tire sur le tissu.
 
Certes, aujourd’hui, nous avons plutôt appris le « tout, tout de suite » et la patience nous manque. Mais la vie nous rappelle à une patience qui est alors moins une vertu qu’une nécessité. Nous patientons dans la souffrance physique, faute de la réduire ; nous supportons les injustices, nous patientons par amour avec ceux auprès de qui nous vivons.
La vie enseigne la patience, et nous pressentons que la patience est une force. Une force, parce que le patient ne consent pas à une tristesse désordonnée, face à ce qui lui nuit présentement : il demeure dans l’ordre d’une fin atteignable. Toute visite chez le dentiste se nourrit d’une souffrance intolérable, augmentée du spectacle du sadique qui arrive avec ses instruments, et finalement d’espoir récompensé.
 
Toutefois, tout ne mérite pas qu’on patiente : lenteur n’est pas vertu, de même que vitesse n’est pas toujours synonyme de précipitation. Les génies de l’organisation sont peut-être des impatients, il n’empêche que leur rapidité de conception et d’exécution semble plus adaptée à leurs projets qu’une circonspection disproportionnée.
 
Saint Thomas dit que le persévérant patiente autant qu’il faut ; le mou, moins qu’il ne faut ; le pertinace – l’entêté –, plus qu’il ne faut. La patience consiste donc à supporter de façon proportionnée, en fonction, lorsque c’est possible, d’un espoir, d’un plus grand bien à venir. C’est l’espoir qui permet de donner à la patience un caractère plus tonique, et qui la fait participer à la vertu de force.
 
La patience devient alors persévérance et longanimité, elle tend vers un bien qui se trouve à longue distance, à longue durée.
 
La patience devient aussi constance : elle tient le coup, en dépit des obstacles extérieurs. C’est ainsi que Bernard Palissy, pour découvrir le secret de l’émail blanc des Italiens, celui de leur cuisson, brûle ses meubles, sous les cris incessants de sa femme et les moqueries de ses amis. Il le découvre, et devient le plus grand céramiste de la Renaissance. Le constant domine les obstacles.
 
Surtout, le vrai patient est mû par un but. Il souffre, il supporte, mais il sait pourquoi : l’épreuve en vaut la peine. Il sait aussi que seule la patience perce les secrets de la difficulté, de l’excellence, du mérite. Il vise un but et s’y donne à fond, il s’y sacrifie même parfois, mais pour un bien qu’il sait plus élevé. Il apprend à demeurer dans sa persévérance. Quand il réussit, il se retourne, épuisé, sanglant, mais rieur : le mou et l’entêté sont restés loin derrière.
 
 
De quelle façon l’Avent attise-t-il notre patience ?
 
En effet, le Christ n’est pas à venir, il est déjà venu, une fois pour toutes. Unique fut son Incarnation, uniques sa Passion et sa Résurrection, effectif désormais le salut qu’il nous offre.
La préparation à Noël, nous le savons, est une attente pédagogique.
Ce n’est pas tant le Christ qui vient, que nous, qui nous disposons à le recevoir. L’Avent construit une patience spéciale, elle ne comporte ni souffrance ni espoir, ni constance, bien plutôt une vertu intérieure et chacun devient une crèche.
 
Notre âme s’arrondit en une mangeoire, où le nouveau-né aura bien chaud. La paille de notre chaleur est celle de la charité : la charité divine, que le Christ vient manifester et nous donner ; puis notre charité, en effet reçue de lui, avec lequel nous le bercerons.
 
Une âme façon mangeoire se prépare et entretient notre patience, car, dit saint Paul, « la charité est patiente » (I Co 13, 4).
La patience du chrétien se tire donc de l’intériorisation du temps liturgique. L’Avent a dépassé son milieu : y sommes-nous entrés, tâchons-nous de le vivre, voulons-nous y demeurer ? La patience se tire surtout de la charité, car la charité rend la patience patiente.
 
Rien ne servirait de rester forts sur terre si aucun ciel ne nous était promis. Nos contemporains, de plus en plus athées, l’ont compris : puisqu’il n’y a pas de ciel à espérer, vivons le mieux possible sur terre, selon une certaine patience – qu’un chrétien jugera mutilée –, qui relève du consentement.
Le monde est sans Dieu, il va sans but, consentons à la nécessité de la matière. Tout est matière, hasard, atomes. Notre joie est alors le sourire figé de la fatalité. Succès garanti de Spinoza, chaque année ou presque, dans tous les magazines estivaux !
 
Le chrétien, lui, est sûr de son Sauveur. L’espoir, sentiment humain toujours incertain de l’avenir, est devenu espérance, certitude du salut proposé. Si nous apprenons la patience, la vraie, face au martyre, à la persécution, aux moqueries, à la marginalisation des catholiques, à la haine du vrai Dieu, c’est parce que le Christ est déjà venu, pour tous. Notre seule incertitude tient à notre propre péché.
 
C’est pourquoi, chaque année, la crèche nous réchauffe et nous unifie dans la patience de Dieu, dès que nous y demeurons.
 
fr. Thierry-Dominique Humbrecht, op
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Décembre 2022

 

 

 

 

 

 

 

L'Avent, mes frères, est le temps de la conversion. Il est temps d'ouvrir les portes au Rédempteur pour que Dieu s'incarne, devienne homme, devienne humanité et que vous deveniez « Dieu ».  

Dieu veut devenir un homme, parce qu'il veut d'abord le racheter de son péché et ensuite le diviniser, le sauvant de ce mode de vie terrestre, pour un nouveau mode de vie céleste. Il veut le racheter, il veut le refaire, c'est une « nouvelle création » pour le magnifier et le glorifier. Pourquoi ?. Ne me demandez pas. C'est un mystère : pourquoi Dieu aime-t-il tant cette créature, l'être humain ? Il nous a révélé qu'il l'aimait beaucoup, mais nous ne voyons pas clairement pourquoi.

 

« Réjouissez-vous dans le Seigneur. Je vous le répète encore : soyez heureux, car le Seigneur est proche !

        Telles sont les paroles de salutation par lesquelles s'ouvre ce troisième dimanche de l'Avent.

L'Église les place devant nous. Ces mots sont comme un miroir. Miroir d'espérance joyeuse.

        

 

     Au milieu de ces notes de joyeuse espérance, je suis gêné de devoir dire à haute voix : Frères, ils nous tuent Noël... ils nous tuent Noël ! Autant dire : ils tuent notre joyeuse espérance !...

Cette société, qui est composée de nous tous, offre tout : des festins, des plaisirs excitants, des voyages de rêve autour du monde, des hôtels, déjà plus de 5 étoiles. Elle nous habille de tenues flashy, confortables et provocantes, et nous offre toutes sortes de sensations et de plaisirs.

        C'est l'offre de Noël, c'est Noël pour le monde. Offrez tout sauf Dieu. Dieu, on  n'en a pas besoin, ce n'est pas rentable, ni coté en bourse. Cette offre formidable et variée, c'est tout Noël, c'est tout espoir. Dieu est réduit au silence. Dieu est trop. Peut-être que, plusieurs fois, cela gêne même.

        Pourquoi toute cette offre ? Pour être heureux? ...Tu as la réponse, tu la connais très bien. Nous le savons tous, y compris les poètes, qui parfois ne rêvent pas : « à quelle vitesse le plaisir va, à quel point la douleur vient après qu'elle a été convenue, à quel point à notre avis n'importe quel moment dans le passé était meilleur » .

En d'autres termes, plus nous vivons ce tourbillon de plaisirs et d'évasions, plus nous ne nous sentons pas heureux, mais plus vides, et nous aspirons aux temps passés, où avec moins de choses matérielles, nous étions plus heureux et plus satisfaits : "Voyez comme ils ne valent rien les choses après lesquelles nous marchons – et courons, - que dans ce monde traître – même avant de mourir – nous les perdons ». "Ne soyez pas dupe, non - en pensant que ce que vous attendez durera - plus que ce que vous avez vu a duré - parce que tout doit durer - de telle manière".

        Le chant de Noël nous dira ainsi : « Le réveillon de Noël approche, - Le réveillon de Noël s'en va, - et nous partirons, - et nous ne reviendrons plus » .

        Toi, vrai chrétien, et personne responsable, tu ne veux pas que Noël te tue. 

Votre espérance est en Dieu d'abord, qui ne passe pas et qui dure et en conséquence de cette plénitude de Dieu dans votre vie vous la manifestez avec une joie saine et solide. C'est pourquoi vous entrez dans l'Avent. Et dimanche après dimanche tu viens chercher la lumière dans la Parole de Dieu pour ne pas te perdre en chemin.

« Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux ". C'est l'annonce du prophète Isaïe, disant : « une voix crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, frayez ses sentiers. Portez les fruits que demande la conversion " .

        Au plus fort du troisième dimanche de l'Avent, nous, chrétiens, devons passer par cette épreuve de sincérité, en répondant à cette question : qu'est-ce que vous préférez le plus : le divertissement, les spectacles, la bonne chère, les voyages d'agrément et les aventures ? Le Christ d'abord et avant tout ? Parce que nous, ceux d'entre nous qui se sentent et se disent chrétiens, avec notre fidélité à une pratique religieuse en tout, répondons, non par de simples paroles, mais par nos œuvres, par nos vies, que nous préférons et optons pour le Christ et non pour des  orgies  que le monde nous offre. Ce n'est pas vrai?.

Mettons-nous au travail, alors, ne nous décourageons ni ne désespérons, car il semble que nous tombions dans le piège de nos ennemis. Isaïe nous l'a crié en première lecture : « Renforcez vos mains faibles, renforcez vos genoux chancelants,   (priez davantage, alors), dites aux lâches de cœur : soyez forts, n'ayez pas peur. Regarde ton Dieu qui vient en personne ! Les yeux des aveugles s'ouvriront, les oreilles des sourds s'ouvriront...

        Tes yeux verront, tes oreilles entendront, tes pieds s'effaceront, ta langue chantera. Joie perpétuelle. Ces valeurs et joies chrétiennes demeurent; ceux du monde passent. Vous devez vous battre et travailler sur l'Avent, vous n'avez pas à vous endormir.

        Il nous reste un peu plus d'une semaine. Il ne faut pas perdre patience, ni se laisser désespérer : savoir souffrir et attendre que le Seigneur vienne, "comme le paysan qui attend patiemment le fruit précieux de la terre," ,  nous dit l'apôtre .

        N'oublie pas, mon bon frère, l'émerveillement de ce que tu es, et combien tu vaux, car même si tu te sens pécheur et un peu honteux de certains comportements dans ta vie, même si tu crois que tu es le plus petit dans ta grande famille, l'Église, qui est la porte du Royaume des Cieux, auquel tu appartiens par ton baptême, tu es plus grand que tout né d'une femme, tu es plus grand que Jean-Baptiste. 

Tournez-vous donc vers les pauvres. Aidez-les avec votre argent, avec votre compassion, avec votre présence et vos paroles de bonnes nouvelles ; C'est là que Dieu est né : dans les plus nécessiteux et dans le besoin de tout : dans les aveugles, dans les infirmes, dans les lépreux, dans ceux qui n'entendent pas, matériellement ou dans leur esprit et dans leur cœur. Vous vous retrouverez avec cette joie de Noël, qui ne passe pas et qui ne vous laisse pas vide après un court laps de temps.

Cherchez Dieu dans la Sainte  Eucharistie pour ouvrir et élargir votre cœur afin que tout le mystère de Noël puisse y entrer. Car "si vous avez Dieu, qu'est-ce qui vous manque, mais si vous manquez de Dieu, qu'est-ce que vous avez"?. 

C'est ce que disait sainte Thérèse de Jésus : 

« à qui a Dieu, il ne manque rien, Dieu seul suffit ! 

Veni Domine Jesus ! 

 

 

 

RP.  Edouardo , abbé .

 
 
 
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Décembre 2022

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Elle vivait à une époque exceptionnellement traversée, à la fin du règne de Maximilien Hercule et de Dioclétien.  Par un édit, porté à la fin d'avril de l'an 304, Maximilien mandait à ses préfets:" Nous commandons que dans tous les lieux où est prononcé le nom chrétien, ceux qui professent cette superstition soient contraints de sacrifier aux dieux ou soient mis à mort. On les dépouillera de leurs biens qui seront, avec les revenus attribués au fisc."

Notre temps est moins tourmenté sans doute; cependant qui oserait nier que la persécution pour être moins brutale, ne s'affirme et ne s'affiche; que "le nom chrétien" ne soit détesté et que nombre de chrétiens et de chrétiennes n'aient été dépossédés de leurs biens au profit du fisc, attaques contre la famille etc..

Elle était orpheline et vivait avec Eutychie, sa mère. Celle-ci l'avait fiancée à un jeune païen de famille opulente, qui, dans sa pensée, rendrait sa fille heureuse. Or Lucie avait consacré sa virginité au Christ.

Pour se faire ou pour rester chrétien, il fallait donc s'attendre à toutes les disgrâces, être prêt à avaler tous les mépris et toutes les hontes. Sainte Lucie le savait, mais elle avait foi dans son bon et doux Maître. Elle savait que le meilleur moyen de vaincre le monde et les persécuteurs des serviteurs de Dieu, c'est de tout abandonner à Dieu.

Le martyre de ste Lucie fut plus douloureux  encore qu'elle ne pensait, car au martyre de ses membres son juge scélérat voulut ajouter le martyre de sa pudeur.

" Le Saint-Esprit est-il en toi?" lui demande-t-il?  Et elle fait cette belle réponse:" Ceux qui vivent dans la chasteté et la piété sont le temple du Saint-Esprit."

' C'est par votre foi, dit l'Eglise que vous êtes venue au secours de votre mère et qu'elle a été sauvée, fides tua illi subenit."

Cette foi ne l'abandonne pas durant son interogatoire et ses tourments. Les coups ont beau pleuvoir sur elle, la foi, plus forte que les coups, remporte cette victoire qui fait l'admiration du ciel, victoria quae vincit mundum, fides nostra.

  Conservons à son exemple le Saint-Esprit en nous par la chasteté et la piété. Le monde nous enveloppe et nous hait, il veut notre ruine et il la prépare à l'aide de ses pièges habituels.

Si nous abandonnons tout à Dieu, tout sera bien gardé.

   Ayons confiance parmi les persécutions. Elles sont de toutes les époques. Ne craignons pas les humiliations ni les disgrâces.

      Ce que j'admire dans sainte Lucie, c'est qu'elle avait tout ce que le monde envie, la richesse, la beauté, un magnifique avenir en perspective et qu'elle renonce à tout cela pour s'attacher à l'Evangile, qui prêche le détachement de tous  ces biens; qu'elle se fit humble avec les humbles, peuple avec le peuple, car sa fortune, elle en distribua tout ce qu'elle put aux pauvres de Jésus-Christ.

Elle ne se demande point si le christianisme est impopulaire, elle sait que la vérité est là, que Jésus est le Fils de Dieu: elle n'hésite point, elle se range du côté de Jésus, son divin Epoux, du côté de la Vérité qui seule délivre, éclaire et sanctifie les âmes. Et c'est ainsi qu'elle mérita la double auréole de la virginité et du martyre.

Puisse la douce vierge que nous implorons aujourd'hui nous obtenir la grâce de rester fermes dans la foi !

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Novembre 2022

photo le petit placide 

 

Laisser se former en nous un tempérament marial. 

Etre doux comme Elle, aimant comme Elle, paisible comme Elle, simple comme Elle, abandonné comme Elle à tout ce que Dieu veut et désire.

Aucun moment chez nous, qui ne puisse être rapporté à sa douce influence. Dire au Seigneur de mettre en notre âme, en notre coeur, en notre corps, toutes les dispositions, toutes les tendresses, tous les abandonnements qui étaient chez sa très sainte Mère.

Il le fera si en Elle, nous ne cherchons que Lui. Un enfant ne cherche-t-il pas toujours le visage de sa mère. Le fruit de l'Opus Dei, c'est de rendre tout notre être marial, c'est de réaliser en nous l'empreinte maternelle, de rendre tout notre être de cristal, en sorte que , du centre. à la surface, circulent librement la lumière et la vie du petit Enfant qu'elle nous a donné.

Nous ne ressemblerons jamais davantage à ce Fils, le divin modèle, que le jour où les traits aimés de sa Mère seront gravés en nous et qu'il pourra les reconnaître.

...

Nous appelons Notre-Dame : notre Mère , et elle l'est; nous appelons Dieu: notre Père, et Il l'est. Il ne reste plus qu'à vivre, en réalisant cela, la vie s'organisant autour de son centre. 

"Glorificate et portate Deum in corpore vestro."

Régime de la foi, oui, mais c'est la même réalité que l'objet de la vision. 

 

dom Delatte 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 23 Novembre 2022

 

 

 

 

 

 

" Heureuse êtes-vous Marie qui avez cru, en vous va s'accomplir ce qui vous a été dit au nom du Seigneur. " 

ad Benedictus. 

"...  Je n'ai jamais vu Dieu, pas même la Sainte Vierge, ni un Ange. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un de l"éternité au détour d'une rue. ... Comment voulez-vous que votre joie soit en moi?

Etre à Dieu, appartenir à Dieu, adhérer à Dieu, être dans les mains de Dieu, voilà ce qui est aimable , même dans la vision béatifique et dans l'union hypostatique

La joie du Seigneur doit être pourtant la nôtre. être joint par la volonté et la tendresse 

dom Delatte 

Cette joie de Noël sera encore une fois éclipsée... Il n'y en aura pas dans les pays en guerre, il n'y en aura pas pour l' enfant que l'on assassine, il n'y en aura pas pour le moribond qui gémit et qui geint sur son lit d'hôpital, il n'y en aura pas pour celui qui est tout seul et pour qui la vie n'est plus  qu'un fardeau qu'il traîne sans conviction, sans lendemains parce qu'il se fait vieux et sans plus personne. 

Il n' a jamais su ce que c'était Noël..

Il n'y en aura que dans les salons, où l'on cause, des scandales, de religion, de politique...

Et pourtant ... " Heureuse êtes-vous ! " la fin c'est d'être à Dieu. 

Avant le mystère de l'incarnation, il y a les douleurs de l'enfantement;

mais " je crois que c'est un devoir pour chacun de nous d'être joyeux . C'est une singulière religion que celle-là où la consigne est d'être heureux, où l'allégresse est un devoir. "

Plus vous laisserez au Seigneur le soin de tout diriger, de tout gouverner, plus vous appartiendrez au Seigneur, plus cette joie d'être au Seigneur croîtra en vous, et votre joie sera parfaite... 

dom Delatte. 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 19 Novembre 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le moine bénédictin, le père Antolín Pablos Villanueva, a d'abord été persécuté pour sa foi au Mexique, puis dans son Espagne natale, où il a été martyr, fusillé pour haine de la foi. Avant d'expirer, il garda son dernier souffle pour crier : "Vive le Christ Roi !".

 

Antolín était le premier des quatre fils de Juan et Antonia. Il est venu au monde dans la villa ducale de Lerma (Burgos, Espagne), où son père travaillait comme boulanger. 

À l'âge de 13 ans, il entre à l'abbaye bénédictine de Santo Domingo de Silos comme Oblat. Au bout de 11 ans, il fut ordonné prêtre en 1896. Après quelques années à poursuivre ses études à Paris, il retourna dans son monastère d'origine en tant qu'archiviste. 

Cependant, il n'exerça guère en tant que tel, puisqu'il fut envoyé, malgré lui, au Mexique, pour explorer une éventuelle fondation bénédictine. Ensuite, le pays aztèque était sous le pouvoir du révolutionnaire Porfirio Díaz. 

Après quatre ans, il retourna en Espagne, mais en 1909, il fut de nouveau envoyé au Mexique. A cette occasion pour commencer la fondation bénédictine de San Rafael dans la capitale, où se trouve aujourd'hui l'église du même nom. 

Après quelques années, en 1914, sous la présidence de Venustiano Carranza, le père Pablos est contraint de fuir devant l'offensive anticléricale. Peu de temps après, il revient dans la capitale pour vaquer à ses tâches pastorales, mais dans la clandestinité. 

En 1917, il est arrêté à Xochimilco et expulsé du pays. Réfugié à Cuba, il tente de rentrer au Mexique en 1919 via Veracruz, mais il est arrêté et déporté, cette fois vers l'Espagne. 

Du monastère de Silos, il a été affecté à Madrid, où il a exercé son ministère au prieuré Silense de Notre-Dame de Montserrat, principalement en tant que chercheur et directeur spirituel. 

Ce furent des temps difficiles, dus aux persécutions religieuses sous la Seconde République. Lorsque la guerre civile éclate le 18 juillet 1936, il tente de se réfugier chez des paroissiens, mais il est arrêté et emprisonné. 

Le 8 novembre 1936, ils l'emmenèrent à Paracuellos de Jarama pour y être fusillé. Les communistes ne pouvaient pas le faire sur place, car ils n'avaient pas encore enterré les corps des martyrs de la veille. 

Ainsi, il a été emmené avec plus de 400 compagnons d'infortune dans la ville voisine de San Fernando de Henares, où il a donné sa vie. 

Lors de l'homélie de béatification du P. Pablos avec trois autres moines bénédictins, tenue en 2016, le cardinal Angelo Amato a souligné qu'il était mort en criant "Vive le Christ Roi!".

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Rédigé par Philippe

Publié dans #divers, #spiritualité

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Publié le 4 Novembre 2022

 

 

 

 

" Nous sommes toujours petits en face de Notre Dame, jamais nous serons majeurs pour la Sainte Vierge, nous ne serons jamais autre chose que des enfants: Comme des enfants nouveaux nés, désirez le lait spirituel et pur.

Et alors même que nous grandissons en ce sens que nous fixons davantage la Beauté du Seigneur, notre dépendance ne cesse pas d'être entière, continue, et à certains points de vue, nous ne grandissons pas. Nous ne grandissons pas devant notre père et notre mère, dans une famille , c'est vraiment ce qui est joli. On ne se sent grand que lorsqu'on a perdu sa mère, ... Quand on a perdu sa mère, ce jour-là on se sent grand, on se sent vieux..

La vraie loi de notre vie surnaturelle c'est l'enfance.

Cela est tellement vrai que lorsque nous serons dans l'éternité, nous aurons l'attitude de petits enfants qui reçoivent à chaque instant du sein de Dieu cette vie qui ne manque jamais.

Notre vie est claire. Ah! que nous avons peu à consulter les livres, à interroger les hommes ! 

Lorsque notre âme est petite, nous avons tout simplement à la mettre à l'école de cette lumière, à l'école de cette justice, à l'école de cette tendresse, à l'école de cette conscience. 

dom Delatte. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Octobre 2022

 

 

 

 

 

 

Dans la vigne, il y a deux sortes de branches.. On ne dit pas quelle est notre place dans cette vigne. Le Père céleste. qui est le possesseur de cette vigne ne se désintéresse pas de cette vigne, c'est son seul bien; et comme dans cette vigne, il y a des branches stériles et des branches fécondes qui produisent du fruit, le Père céleste s'occupe des unes et des autres... ... En grec, il y a le présent et non le futur. Toute branche qui ne porte pas du fruit, il l'enlève...

Une branche qui est dans la vigne, qui reçoit par le cep la sève divine et qui ne se sert pas de cette sève divine, le Père céleste l'enlève. 

Tollit eum. .... Attention! Nous sommes , nous aussi responsables . Nous sommes aimés, nous sommes responsables à raison de cet amour, à raison de notre situation. ... Il n'y a pas un seul chrétien qui n'appartienne à cette vigne qui est le Seigneur, qui ne puise à cette vie divine, mais nul n'a été porté plus profondément que nous  dans la vie de cette vigne, nul ne boit de cette sève plus abondamment et plus copieusement que nous; ... Si nous sommes dans cette vigne et que nous ne recueillions pas la sève pour en faire du fruit, alors nous sommes responsables, et vous voyez comment ? IL L'ENLÈVE ! Tollit eum !

Dans cette vie il faut courir, il faut toujours grandir . dura et aspera per quae itur ad Deum .. dur, dur.. 

Nous n'avons qu'à prendre notre foi au sérieux. Le danger de notre vie c'est de nous distraire , (le club des hommes en vert , les sempiternelles bigoteries de tradis ,...

trop passionnant, je raffole de ces trucs c'est fou ! ) 

toutes ces histoires qui ne manquent pas. toujours ajouter de l'huile sur le feu  et ça marche !  ) 

c'est de porter le trésor de notre foi dans un coin reculé de notre âme. ... prendre au sérieux notre foi c'est adopter un procédé pour porter du fruit. Ce procédé c'est de se faire une âme petite, une âme réduite, loin des affaires , et plus on avance dans l'âge, plus tout se réduit , pas besoin d'efforts. 

Nous n'avons la fécondité qu'à condition de nous désintéresser d'une multitude de choses et de comprendre que Dieu seul est intéressant, digne d'attention, nous perdre dans la lumière de Dieu, dans la tendresse de Dieu , réduire notre âme à n'être plus qu'un atome vivant .

L'effort de notre vie doit être de retirer en quelque sorte notre âme de toute cette étendue, ces avalanches d'informations continues,  de laisser l'âme se replier sur son centre intime et profond où Dieu habite.

... 

"Tollit eum !"

dom Delatte 

En parcourant les allées du cimetière. Et si c'était moi ce soir pour avoir perdu du temps , 

Tollit eum.  "Il l'enlève ", c'est dur de peser ce mot, comme quelque chose qui n'a strictement servi à rien. Il l'enlève ! quelle confusion pour moi, stérile ou fécond ? Poser son âme dans cette connaissance de soi, sans tromperie. sans le regard de l'autre. 

Racheter encore le temps perdu .

 

tant de gâchis pour rien, pour toujours... et cette éternité qui m'échappe, par ma  propre faute ..! On a plus alors que des yeux pour pleurer, mais eux nous disent :" c'est trop tard ! "  On ne joue pas avec ces choses là. Il faut se prendre un moment au sérieux... 

la seule chose d'intéressant de notre existence . La gravité des visages que l'on croise, nous garantit que c'est une affaire capitale dont il s'agit.  Il n'y a pas de science fiction. On pense beaucoup dans un cimetière, parfois on pleure aussi. Les pages de notre roman qui arrivent à leur épilogue avec des joies, beaucoup trop de tragédies. On a parfois rien compris au film. " D'où ils viennent ? ..  de la grande épreuve! "

 

 

2013... 

... il y a bien un caveau au Sabaou à Biarritz. J'avais fait des mains et des pieds pour maintenir la concession et faire restaurer la tombe . Mon oncle prêtre y avait laissé une place pour "un membre de sa famille"  ou un prêtre sans ressource. J'y avais droit ! 

Maintenant je n'ai plus les moyens de la restaurer; elle doit être dans un de ces états! j'avais tous les renseignements et je suppose la concession toujours en cours, n'ayant jamais rien reçu de la mairie ou du cimetière. 

Mais comme c'était pour moi, ça n'a jamais intéressé le clan, surtout pas la "sacro sainte famille tradi " ! elle a su s'accaparer presque tous les membres de la famille, sauf ça, ça ne l'intéressait pas comme de Marie, pas de leur monde, de leur milieu, tout ce qui était de moi,  c'est comme ça qu'on a été depuis si longtemps exclus du clan rien de ce qui était mien ne les a jamais intéressés sauf à adorer leur nombril et son intelligence.. 

 et me suis retrouvé tout seul à la financer. Un jour de tout cela on me rendra aussi justice qui sait on me demandera peut-être pardon.

Le gardien du cimetière était un ami de l'abbé.  Christophe. des gens de Bayonne et il m'avait recontacté pour m'annoncer le décès de sa mère du covid. des polonais..

 Alors on pense aussi à tout ça la larme à l'oeil. allez on peut "crever "tout seul !  j'ai eu ma dose. non?  Plus de traces de celle de  mes grand parents maternels, enterrés à St Nicolas,  mon oncle réduit en cendres en Espagne. etc.

mais celle là aura résisté à la tempête, à l'oubli définitif,  face à la mer..  !

tu vois.. ? 3 Janvier 1966 ! Biarritz St Martin .  !  j'aurais peut-être dû y faire graver mon nom. à voir. Sans doute mieux qu'une chevalière ! avec des lettres en or !  j'avais aussi refait graver le nom de mr. l'aumônier. 

On pense à tout cela au cimetière. 

  A Moi aussi tu prépares sans doute la sève divine , comme tu nous la donnais dans l'Eucharistie, à chacune de tes messes, nos messes de 7h 20. 

malgré la solitude oppressante,  subie surtout ces temps-ci , et j'ai bien cru que là,  c'était la fin, mais j'ai su  ne déranger  personne. Cette chose était à moi. 

. moi aussi je boirais alors à satiété à la même source et je savourais sans doute le " fratres in unum  "dans la Vigne du Seigneur Jésus...! avec la Vierge et nos moines , tout ceux qu'on a aimé ici-bas. Il y en aura eu aussi beaucoup de gens que j'aurais aimé,  pour rien. Je suis à bonne école, tu vois ! 

plus jamais seul, n'est-ce pas? on en a plus rien à perdre, si tout à gagner sans doute;

Attends-moi , j'arrive , il n'y en a plus pour très ..  longtemps.

Mille excuses, trop fatigué ! 

Philippe 

 

miserere mei Deus. 

 

 

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Rédigé par Philippe

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