spiritualite

Publié le 17 Février 2021

 

 

 

" Il renouvelle notre jeunesse

comme celle de l'aigle " 

ps. 102 

Dieu attend ma coopération .. Il donne des ailes à mon esprit, à mon coeur, de fortes ailes pour m'élever vers Lui. Si ce carême pouvait couper ce fil qui me tient à la patte , "mon moi" ,  ma misère, ma pauvreté, mes dégoûts, mes déceptions, les humiliations, le mépris, ... mes ras le bol.  

Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.. Nous oublier, sortir de nous pour voler vers Dieu, sinon notre esprit est trop replié sur lui-même, comme englué, dans la boue de ses fautes, 

nous dépérissons.. On en a tellement marre de soi. Ne pas se prendre pour ce qu'on est pas, ça c'est facile. On n'a pas fait de hautes études théologiques, !!!  pauvre de science et de culture devant Dieu. pas de risque de s'enfler d'orgueil. on reste un petit sans trop d'instruction juste ce qu'il faut. Le malheur de se savoir intelligent. Ca monte à la tête. Ca écrase l'autre. 

40 jours pour enfin voler pour de bon.  quelle misère.  Je vais redevenir jeune.. oups ! 

pour mon envol vers Dieu. L'aigle vole très haut vers la lumière. " Fils de lumière, nous faisons comme l'aigle lorsque nous nous consacrons au service de la lumière et produisons des fruits grâce à elle. ... pour que nous soyons "lumière du monde." Si , aidés de la grâce nous nous appliquons à la résurrection spirituelle, rien ne pourra lier nos ailes ni gêner notre envol vers Dieu... 

Etre libre. c'est pas la vie de famille qui pourrait me retenir, comme y en a pas, c'est peut-être ça qui retient mon envol.  y en a qui n'ont pas le temps de réfléchir et d'autres qui réfléchissent de trop alalala.. 

Jésus apprend moi à voler, mon dernier envol? qui sait ! 

miserere mei Deus... 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 17 Février 2021

 

 

"La très sainte Vierge nous apparaît ce jour comme ayant vis-à-vis de la croix l'attitude qu'il faut avoir, et que nous prenons d'ailleurs difficilement. Cette attitude est exprimée par deux mots de l’Evangile de saint Jean : stabat juxtaElle était tout près de la croix, et elle se tenait debout. Il faut d'abord se mettre tout près de la croix ; il ne faut pas faire comme les autres apôtres qui étaient debout, mais loin…

Il y a deux stabant qui nous sont exprimés dans l'Evangile. Il y a celui de l’Evangile de saint Jean, qui est l'Evangile intime : stabant juxta. Il y avait tout près, tout près de la croix, Marie, Mère de Jésus, Marie Cléophas, Marie-Madeleine et le disciple bien-aimé, c'est-à-dire les saints. Les autres évangélistes, qui sont peut-être un peu plus périphériques que saint Jean, qui voient plutôt ce qui est plus facile à voir humainement, ce qui est plus près de nos sens mais moins près de l'absolu, les autres évangélistes nous disent : stabant a longe. Il y en avait donc qui se tenaient debout, mais loin. C'étaient les autres apôtres ; et c’était leur malheur de se tenir loin…

Il faut les deux : il faut se tenir tout près de la croix, et il faut être debout. Debout, parce que c'est l'attitude du courage et parce qu'on est ainsi plus près de Notre-Seigneur. Si vous étiez près de la croix sans être debout, affaissés, par exemple, déprimés, vous seriez près de la croix elle-même, près du pied de la croix ; mais vous seriez beaucoup plus loin de Notre-Seigneur qui ne touche pas terre, plus loin de son cœur divin. Comme il s’agit surtout d'être près de Notre-Seigneur et même comme nous ne voulons être près de la croix que pour être près de Lui, alors nécessairement il faut être debout.

C'est très difficile d’unir ces deux choses. Ce n'est pas très difficile d'être debout loin de la croix, comme les autres apôtres. Rester debout quand on considère de loin ces choses, quand on ne s’approche pas trop, cela peut aller. De même, il y en a qui sont près de la croix, soit qu'ils la cherchent, soit que Dieu leur fasse une sainte violence. Seulement ils sont pour ainsi dire trop près de la croix pour se tenir debout ; ils ne peuvent pas supporter ce voisinage et surtout ce contact terrible. Le juxta nuit au stabat. Ils sont là, trop près de la terre et dans la mesure où ils sont déprimés, où tout s’abaisse en eux, ils ne sont pas assez près de Notre-Seigneur. C’est pourquoi de grands théologiens s'insurgent si énergiquement contre les peintres qui, représentent la très sainte Vierge pâmée au pied de la Croix ou ayant besoin d'être soutenue par l'un ou l’autre. Ils disent : non, c’est impossible. Parce que la très sainte Vierge aurait été ainsi un peu moins près de Notre-Seigneur ; elle aurait perdu ne fut-ce que quelques centimètres de cette proximité. Et elle ne l'aurait jamais accepté ! C'est d'ailleurs contre la parole de l'Ecriture qui nous dit que la mère de Jésus se tenait debout : stabat . 

Dans le stabat, cette prose admirable, où toutes les choses sont si merveilleusement exprimées, remarquez qu'on demande précisément à se tenir debout, au pied de la croix. Et on indique le moyen, le seul pour le chrétien. Le seul, c'est d'être avec la Sainte Vierge :  Juxta crucem tecum stare. 


Me tenir là, debout près de la croix avec vous, ô Marie !


Trois mots : stabat juxta  s (ce sont les mots de saint Jean) et tecum  (c'est le mot glissé entre les deux autres par la sainte liturgie). Jamais vous ne saurez unir ces deux choses : être tout près de la croix et être debout, si ce n’est avec Marie et en Marie. Certains hérétiques ont voulu rester tout près de la croix sans la très sainte Vierge, et ils n'y sont pas restés longtemps, je vous prie de le croire !… On ne le peut que par elle et en elle. Personne ne le peut autrement. La croix est trop terrible. (…)

(…) Rappelons-nous ces deux mots d'aujourd'hui :stabat Mater.  Ces deux mots sont unis de la façon la plus intime. Elle était debout parce qu’elle était mère, mère de ce Jésus qui mourait et notre mère à nous. Elle était debout pour être le trait d'union entre ces deux maternités. Sa tête et son cœur étaient si haut, précisément, pour être tout près de son Fils ; et ses pieds touchaient notre terre pour être tout près de nous qui sommes aussi ses enfants.


Alors contemplant tout cela vous comprendrez pourquoi les deux stabat de Jésus et de Marie, pourquoi ces deux stabat qui n'en font qu'un appellent le ecce mater tua : voilà ta mère…
(…) elle est debout parce qu'elle est mère, et cette mère-là est nécessairement debout. Alors Jésus peut dire : « Voilà ta mère » et Marie peut dire : « J'attirerai tout à moi comme mère… ». (…)"

rp Thomas  Dehau op+ 
 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 16 Février 2021

 

 

" O mon Christ aimé, crucifié par amour . " 

ste Elisabeth de la Trinité. 

 

   Notre Seigneur est à nos yeux le prince des martyrs, le modèle des héros chrétiens, le prototype de la vertu de force. Nous pensons même qu'il a donné à cette vertu un tour nouveau, une perfection jusque là inouïe, un sens tout à fait inédit. C'est lui qui l'a rendu chrétienne. Depuis lui, et par l'effet d'une grâce qui découle de lui en nous, nous avons d'autres façons et d'autres raisons que les païens , d'être forts. C'est spécialement devant la mort que le chrétien fait ses preuves. C'est aussi là que Jésus Christ a fait les siennes. 

   Sa mort a été, toute sa vie présente à son esprit. Elle est restée vraiment la grande affaire de sa vie. On peut dire que c'est dans la prévision de sa mort qu'il a donné toute sa mesure et déployé ainsi toute sa force , une véritable vertu de force. C'est par là qu'il se dresse de tout son haut et qu'il s'affirme dans la plus entière possession de soi et de tout. Vous vous souvenez des propos surprenants qu'il tient à ce sujet et que rapporte saint Jean : Si le grain ne meurt, il demeure seul; mais , s'il meurt, il porte beaucoup de fruit... Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, je tirerai à moi tous les gens... Il disait cela , explique saint Jean, pour indiquer de quelle mort il allait mourir. 

   C'est dans la mort qu'il a mis le sceau à son Incarnation: on ne peut douter de la sincérité de celle-ci quand on sait que Jésus est mort comme il a fait. C'est dans la mort qu'il a mis le prix de notre Rédemption et qu'il en a puissamment fondé l'ouvrage: les rachetés du Christ le sont au prix de son sang, l'Eglise du Christ est née dans le sang de ce martyr. C'est dans la mort que Jésus a fourni le plus grand témoignage de son attachement à nous: Personne, dit-il, n'a plus de vrai amour que celui qui offre sa vie pour ses amis. C'est là qu'il cherche et qu'il trouve le plus sûr moyen d'étendre son règne sur nous et d'assurer notre incorporation à lui. Les premiers chrétiens ont tout de suite compris l'importance capitale de cette mort, et c'est pourquoi ils y ont trouvé un si grand culte. Il n'y a qu'à voir la place qu'en occupe le récit dans les quatre évangiles. 

   Il faut bien remarquer le caractère pleinement délibéré et parfaitement résolu de cette mort. Rien n'y est fatal. Tout y est cherché. Jésus meurt dans la force de l'âge aussi bien que dans la force de son âme. S'il est victime, c'est qu'il le veut bien. Par une vue qui lui parait toute simple , il se considère comme un bon pasteur qui offre sa vie pour les brebis de son troupeau: il tient là-dessus des propos , qui sont bouleversants , de gentillesse et de don de soi. Cependant il souligne hautement la vigueur de l'acte et la valeur du don : Ma vie, dit-il,, personne ne me l'enlève, c'est de moi-même que je l'offre, j'ai le pouvoir de l'offrir et j'ai aussi celui de la reprendre, tel est l'ordre et le mandat que j'ai reçu de mon Père. Tout parait se liguer contre lui, mais c'est lui qui veut bien se livrer. Rien ni personne n'aurait pouvoir sur lui si lui-même ne s'y prêtait. Il meurt de mort violente. Il est odieusement condamné, honteusement exécuté. Il ne s'en plaint pas. Plus ils sont enragés à le perdre, plus il est ardent à les sauver. Où sont la haineuse illusion de l'écraser, il se fait fort de vaincre. 

   Une objection peut se lever ici dans nos esprits. Jésus sait où il va, il sait qu'il en sortira, il sait qu'il s'en tirera: de cela nous ne pouvons douter. Si donc ni la mort en soi, ni sa mort à lui n'ont pour lui aucun mystère, nous sommes enclins à penser qu'elles ne doivent point tant lui causer d'épouvante: cependant c'est un fait qu'il en a .  Nous touchons sur ce point les profondeurs de Jésus-Christ. Ces profondeurs, il ne nous appartient pas de les mesurer sur nous, c'est à nous d'essayer de nous étendre jusqu'à elles. Il faut tenir tous les fils, et prendre les faits comme ils sont. Jésus n'en a aucune simagrée devant nous ni devant Dieu. Il n'a pas fait semblant de mourir. Il n'a pas simulé la peur de mourir. Sa mort a été bien réelle, et des plus atroces. Elle lui a fait peur plus qu'à nous. Il faut prendre cela au sérieux, au tragique même. Et , comme nous sommes pourtant bien sûrs qu'il avait tout sous son regard, l'avenir ainsi que le présent, l'éternité ainsi que le temps, nous sommes amenés à conclure que ce qui l'épouvante dans la mort, ce n'est pas l'inconnu qu'elle recèle, c'est au contraire l'immensité qu'il y voit. Pour le moment, il nous dit qu'il est dans le bain et que sa mort est un calice bien amer à boire: sur ce nous devons le croire, et nous voyons qu'il dit vrai et qu'il est terriblement angoissé jusqu'à ce que ce soit accompli.

   Il n'y a donc pas à définir la vertu de force autrement pour lui que pour nous. Elle est cette fermeté d'âme qui fait qu'il ne va pas broncher devant la mort. Le point cardinal de la force morale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, il faut oser le dire, a été son équilibre et son parfait aplomb par rapport à la mort. 

   Il a été fort parce qu'il a eu le courage et l'intrépidité d'affronter les périls et les peines qui le menaient là. Il a été fort parce qu'il a su dominer les frayeurs et les craintes que ressentait son âme, sa grande âme humaine. Il a été fort parce qu'il a su dompter ses colères généreuses et modérer ses plus légitimes et ses plus saintes irritations, pour aller mourir comme il fallait qu'il mourût. Il a été fort parce qu'il a su demeurer dans tout cela noblement et simplement soi-même, l'élu de Dieu , le sauveur et l'ami des hommes.  Enfin et surtout il a porté la vertu de force au plus haut degré de perfection parce qu'il su imprimer à sa mort, pourtant hideuse à tant d'égards, la sainteté et la solennité des grandes causes dont il s'inspirait et pour lesquelles il se sacrifiait: il revêt dans la mort toute la majesté du père ou de la mère  même , qui se sacrifie pour ses enfants, du prince qui meurt pour son peuple, du prêtre qui meurt pour son Dieu. Je meurs, dit-il pour que vous viviez.  

   Nous pouvons donc penser qu'il meurt de sa plus belle mort et que la force dont il a fait preuve a l'éminente qualité du martyre.

   Lorsque Jésus commence sa vie publique, il sait qu'elle sera de courte durée. Il lui faut en très peu de temps mener à bien de grandes choses. Dès lors, on dirait que la brièveté des jours et l'exiguïté des éléments dont il dispose ne font qu'augmenter la magnanimité des vues qu'il a , la portée des enseignements qu'il donne et des institutions qu'il fonde . Il dit et il fait avec une sorte de naturel et de simplicité qui ajoute à sa grandeur. La mort qui le guette l'oblige, non pas certes à faire vite, mais à voir grand et à faire grand. Il est splendide comme un créateur, qui se joue du temps et du néant. Il  va fonder et lancer sa société religieuse, bâtir son Eglise comme il dit, en un rien de temps. Il fait ses plus grandes révélations avec des mots de son pays, il élève sa construction avec des hommes et des choses de chez nous, du pain, du vin, des paysans, des marins; mais fortement il pose sur tout et sur tous sa propre grandeur, et de ses mains l'oeuvre sort magnifiée, consolidée, avec tous les promesses du temps et de l'éternité. Il fait preuve, en toute cette entreprise, d'une grandeur d'âme qui est incomparable. Il se sent d'autant plus fort qu'il sait que sa mort même, bien loin de tout compromettre, apportera une suprême consécration à tout ce qu'il est et à tout ce qu'il fait. Aussi est-ce sur cette avenue de grandeur qu'il invite à le suivre et qu'il entraîne ses vrais disciples. 

   Pour être dignes de lui, pour pouvoir faire route avec lui,  nous devons voir grand comme lui et nous devons être prêts à nous sacrifier pour les grandes causes qu'il sert, auxquelles il a si magnifiquement voué sa vie. 

   Cette mort même qu'il voit venir, cette croix qui le hante, il les pare de magnificence, il les auréole de sa grande âme. Il les associe à ses plus hautes révélations et aux plus beaux moments de sa vie. Il les fait pressentir aux maîtres en Israêl dans ses soirées de Jérusalem. Il les annonce gravement à Pierre et aux apôtres après qu'ils l'ont proclamé le Christ Fils de Dieu vivant. Il s'en entretient dans la gloire de la transfiguration avec les deux grands hommes de l'ancienne révélation, Moïse en qui se résume toute la Loi et Elie en qui se récapitulent tous les prophètes. 

   Il salue sa Passion comme ce qui est écrit et prédit de lui, c'est-à-dire comme la pensée du Père et comme la volonté du Père. C'est sa mort enfin qu'il va investir d'une véritable pérennité par l'invention prodigieuse de sa sainte Cène: toujours il rassemblera ses fidèles autour d'elle , et c'est par elle qu'il ouvre à lui comme à eux la bienheureuse éternité. Elle explique l'intrépide grandeur de sa vie. 

   De cette acceptation de la mort, de cette consécration par la mort, il tire véritablement toute sa gloire. Il l'appelle son heure, il l'appelle sa gloire. Il y met son point d'honneur. Il se fait fort par là de tout sauver. Sachant que son Père lui a tout mis dans les mains et que c'est de Dieu qu'il est sorti et que c'est vers Dieu qu'il s'en va, il sait aussi que son heure viendra et que c'est pour lui le grand moyen, royal et sacerdotal toujours, de remonter vers son Père et d'y emmener tous ceux que son Père lui a donnés.    

    rp Bernard op + 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 16 Février 2021

 

    La prière est le plus haut exercice de vaillance qui soit. Il exige un élan sans cesse renouvelé de tout l'être. Un ancien règlement français de cavalerie a cet axiome admirable :" Jette ton coeur par-dessus l'obstacle et ton cheval ira le chercher ! " L'obstacle est ici l'univers entier. Il faut jeter son coeur le plus loin possible, par delà les sommets du ciel.

   La prière, c'est l'ombre de la mort sur notre âme. " Quand je traverserais l'ombre de la mort, je ne redouterais rien, parce que Tu es avec moi. "

   Dieu n'est avec nous que si nous avons d'abord consenti à traverser cette ombre horrible de la mort. On se met en présence de Dieu comme on meurt. Mourir, c'est abandonner son âme. Prier, c'est aussi détacher son âme de tout et de soi-même , pour l'abandonner aux mains de Celui dont saint Paul a écrit qu'il est horrible de tomber aux mains du Dieu vivant.

   Oui , c'est bien le moment de déployer toute sa vaillance et comme me le disait un petit Français de six ans :" Je ne recule jamais. - Alors , c'est que tu n'as jamais peur ? - Oh si, j'ai peur, mais quand j'ai peur, j'avance!"

   La prière est vraiment l'ombre de la mort: elle en a la forme et toutes les exigences. Le langage chrétien dit d'ailleurs de quelqu'un qui vient de mourir: il a paru devant Dieu. C'est bien une expression équivalente à celle : mettons-nous en présence de Dieu. C'est pourquoi encore les anciens Juifs avaient bien vu que nul ne peut voir Dieu sans mourir.

   Le détachement de la mort est préfiguré dans celui qu'impose la prière. Il faut abandonner les biens extérieurs, les amis, les êtres les plus chers; et puis le corps lui-même s'obscurcit, se refroidit, on abandonne son corps; l'âme elle - même est livrée à l'inconnu, elle est précipitée de tout son haut dans l'abîme vertigineux de l'au-delà: nous appelons cela mourir.

  Je crois que c'est aussi prier et que, dans la prière, il faut se résoudre à faire tous ces abandons volontairement, en détournant notre affection de tous ces objets, comme en mourant on le fait par force. Si les saints d'ailleurs meurent si facilement, c'est qu'en priant de tout leur coeur et depuis longtemps, ils ont pris pour ainsi dire l'habitude de mourir. 

 

RP Bruckberger op +

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 12 Février 2021

 

 

 

" Voici que nous montons à Jérusalem..!"

 

   Deux mystères sont exprimés dans le signe de la Croix, l'un par les paroles prononcées, l'autre par le geste qui accompagne ces paroles et en ce double mystère, c'est tout le dogme et la morale qui sont contenus, c'est tout le drame de notre existence qui est évoqué.

   Jamais les païens ou les philosophes n'ont prononcé ces simples mots que balbutie un enfant: " Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. " En ces paroles c'est notre foi en Dieu qui est affirmée. 

   Le mystère de  Dieu est impénétrable: toute sagesse des sages de ce monde serait impuissante même à en soupçonner la grandeur. Mais pour le plus petit des disciples de Jésus, un coin du voile est levé, il sait que Dieu est société: Père, Fils, Esprit. L'intelligence se perd, elle entre dans l'épaisseur du mystère divin et, du coup, elle devine quelque chose du bonheur de Dieu. La révélation de la Trinité c'est pour nous la révélation de la béatitude suprême. Le signe de la croix est une profession de foi au bonheur.

   Car, ce bonheur ne nous est pas étranger. Les païens ont pu concevoir que Dieu fut heureux, mais après des siècles de réflexions et d'efforts, devant l'inutilité de leurs vertus pour s'élever au-dessus d'eux-mêmes et améliorer l'humanité, ils concluaient à deux mondes séparés à jamais. Rien de plus tragique, de plus désespéré que ce mot qui résume la sagesse antique :" Les dieux sont les dieux, les hommes sont les hommes " . D'un côté, l'univers de la souffrance et de la mort, de l'autre, l'univers du bonheur. On appartient à l'un ou à l'autre. On ne passe pas de l'un à l'autre. 

   La révélation chrétienne renverse tout cet échafaudage. Elle ouvre, il est vrai, de tels aperçus sur le bonheur de Dieu, elle le situe si haut, elle donne de tels motifs d'en concevoir la transcendance qu'on aurait pu croire les ponts à jamais coupés. 

   Il n'en est rien : tout au contraire celui-là même qui apporte cette Révélation, Jésus, est précisément celui qui renverse le mur de séparation, il est selon le mot si profond de sainte Catherine de Sienne, le Pont jeté entre le ciel et la terre. Une perspective nouvelle s'ouvre devant nous: Dieu est heureux, souverainement heureux, il n'a pas besoin de personne, et cependant s'il a créé des hommes, ça été par amour et comme pour étendre son bonheur.

   La béatitude de la Trinité éclate: s'il y a des hommes et des anges, c'est que Dieu - par amour - a voulu les associer à son bonheur. Ainsi affirmer la Trinité, faire le signe de la Croix, c'est affirmer le bonheur, celui de Dieu, mais aussi celui des hommes appelés à partager la béatitude divine; les paroles du signe de la Croix sont une profession de foi en la béatitude, elles recouvrent ces derniers mots qui achèvent comme un cri de victoire notre Credo: Je crois en la vie éternelle.

   Or voici que le geste qui accompagne ces paroles va à l'encontre de ce que j'affirme.

   La croix, c'est l'instrument de torture. La souffrance ne suffisait pas. Ce n'était pas assez de la faim et du froid, de la maladie et de la mort, il fallait que les hommes, compagnons de misères s'ingéniassent encore à se faire mutuellement souffrir. Il fallait - c'est Jésus qui le dit- que ce bonheur que j'évoquais à l'instant nous fut acquis au prix des souffrances de l'Homme-Dieu. Dieu est heureux, souverainement , inébranlablement heureux dans sa Trinité et voici que la béatitude qu'il nous veut, c'est par la Croix qu'il nous l'obtient; le bonheur c'est au prix du malheur qu'il nous le donne.

   Or ce signe, ce signe de mort et de désespérance, c'est sur mon corps que je le trace comme pour dire que, moi aussi, je suis voué à la souffrance, fut-elle injuste, que j'accepte cette souffrance et que je la veux. Mystère, mystère encore et qui va, semble-t-il à l'encontre du premier. 

  La Trinité nous entrainait vers les hauteurs, au-delà de tout bonheur concevable, la  Croix nous ramène sur la terre et nous force à regarder en face - pour l'aimer - une souffrance que nous fuyons de toutes les forces de notre être. Les paroles affirment, le geste qui accompagne les paroles nie, ou plutôt, les paroles affirment, le geste affirme, et ces deux affirmations vont en sens diamétralement opposé. Mais parce que geste et parole forment un tout, ils constituent l'affirmation la plus dissonante, la plus scandaleuse , la plus mystérieuse qui se puisse concevoir. 

   On comprend le cri des Juifs assistant à la Passion, de ceux-là qui, séduits par la grandeur du Christ, se demandent au Calvaire, si celui qu'ils viennent de crucifier ne serait pas le Fils de Dieu: Descends de la Croix et nous croirons en toi. Ainsi parle la sagesse humaine . La sagesse divine a un autre langage, et le Christ, Sagesse de Dieu expire sur un gibet.

   L'homme ne comprend pas la souffrance: tout au plus peut-il l'accepter comme un fait qui reste une pierre d'achoppement pour son intelligence et qu'il ne sait comment concilier avec la bonté et la puissance de Dieu. On a vu les philosophes, tour à tour, nier la souffrance pour mieux affirmer la transcendance de Dieu ou nier Dieu pour être fidèle à la logique de la souffrance.

   Le signe de la Croix laisse bien en arrière ces sagesses trop courtes; dans un même geste, il affirme , d'une part, Dieu , son bonheur, son amour pour nous, notre vocation à la béatitude et d'autre part il reconnait l'existence d'une souffrance qu'il accepte et qu'il va jusqu'à aimer. 

  Contradiction! non, mystère, mystère de notre vie, mystère du Christ. Car c'est en Jésus-Christ qu'une première fois s'est réalisé ce mystère de la coexistence et de l'accord du bonheur suprême de Dieu et de l'extrême souffrance de l'homme. 

   Au temps de Pâques, l'Eglise honore tout spécialement les stigmates du Christ. Elle ne fait en cela que continuer le geste du Christ qui apparaissant à ses disciples se plait à leur montrer les plaies des pieds, des mains et du côté. Les stigmates sont devenus signes de gloire, eux qui furent source de souffrance. La souffrance de Jésus devient source et cause de bonheur pour lui-même et pour nous. La Croix, le signe de la Croix domine le monde, le nôtre et celui-là-même de la gloire.

   C'est pourquoi le signe de la Croix marque nos existences du sceau de son double mystère, il accompagne tous les sacrements depuis le baptême où l'on en marque le néophyte sur le coeur et sur le front (afin que son amour et son intelligence soient ouverts à la charité et à la foi) jusqu'à ces onctions en forme de croix que l'on fera, au dernier jour, sur le moribond. C'est du signe de la Croix que l'on confirmera, que l'on pardonnera, que l'on marquera les nouveaux conjoints: l'Eucharistie, ce mémorial de la Passion , on ne la donnera pas sans avoir tracé avec le pain sacré le signe de la Croix; par lui enfin commencent et s'achèvent nos prières. Bien plus, c'est d'un signe de Croix que l'on bénira: le signe du mépris et de la torture est devenu en christianisme celui de la bienvenue et de la bénédiction.

   Heureux l'homme qui comprend ces choses, car ce ne sont pas la chair et le sang qui les enseignent ! Seul ! le Père les peut révéler.

   L'enfant s'étonne quand il apprend le signe de la Croix est le résumé de toute la religion. Les gestes les plus simples sont aussi les plus expressifs. Dieu n'est-il pas la simplicité même

   " Stat crux dum volvitur orbis - La croix demeure tandis que l'univers s'écoule."

   Telle est la devise des Chartreux. En ces temps si troublés où toute valeur semble sombrer, il faut regarder la Croix et se conformer à elle. 

   Jadis les grands calvaires jalonnaient nos routes. Notre route aussi nous fait découvrir la croix à plus d'un tournant de notre vie. Signe de contradiction, signe de mort, croit-on, signe de vie plus encore. Oui, il y a la souffrance et l'injustice de la mort, mais il a aussi la vie et c'est en la croix qu'elle est cachée.

   Je crois à la vie éternelle parce que ma foi va d'abord à Jésus crucifié. Et si cette souffrance est pour moi si mystérieuse, si incompréhensible que toute parole se refuse à en parler et que dans le signe de la Croix ce n'est que d'un geste que je l'évoque, mes lèvres prononcent ces mots si grands qui définissent le mystère du bonheur, j'affirme notre vocation au bonheur au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. 

   RP Louvel op + 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 11 Février 2021

 

photo : petit Placide . 

 

Eau de Crystal,

priez pour nous. 

 

   

   Est-il de souffrance plus profonde au coeur de l'homme que celle qu'il éprouve des mensonges auxquels il est asservi, parce qu'il a confondu sa personne et son personnage.

   Nous savons bien, et Pascal nous l'eût appris, que nous ne  nous faisons pas seulement par le dedans, par l'esprit. Du dehors, et par nos gestes, la machine nous engage dans l'humilité, le respect, la force. Ainsi l'éducation, les fonctions sociales tendent-elles à nous faire un personnage; mais c'est dans l'espoir que du geste et de l'attitude il se fera un passage dans le coeur.

   Le danger est que sournoisement, lâchement, nous découvrions que le personnage suffit; et qu'au dedans de nous, nous pouvons toujours demeurer méprisants, si la parole est déférente; hostiles, si le sourire est bienveillant. Au lieu de façonner notre personnage, notre personnage s'est durci en un masque étranger à notre vrai figure. Il suffit qu'il y soit bien appliqué. 

   Alors tombe sur nous la nécessité implacable de " faire notre personnage", de "tenir" surtout notre personnage . 

   Mais quelle lassitude nous accable! Il y a si longtemps que nous portons ce masque! Ca été la fin de notre âge d'enfants. Politesse et bientôt dissimulation de ce qu'on pense, de ce qu'on aime. Face de savoir , cachant nos ignorances. Face de puissance, comme ces masques chinois, comme ces casques à crinière, rostro feroce, pour tenir en arrêt nos ennemis. Tout ce harnachement, cette armure de fer, où il faut se raidir pour faire figure dans la carrière, dans les affaires, dans le monde. Face, la plus lourde à porter, des vertus, grimace de justice, facies d' impeccabilité, sous lesquels pourrissent nos plaies secrètes. Persona , quelle ironie en ce mot dont nous avons fait: personnage, personne, et qui nativement signifiait masque simplement. 

   Jeter bas les masques! Bien sûr, on espère la solitude, la nuit pour, sans témoin, reprendre son vrai visage. Quand on est encore jeune. Au début du métier. Pour se laver des sueurs qui collent et  respirer. Et puis , on se fait à tout. On craint, si l'on arrête son jeu, de ne plus pouvoir le reprendre. On est dupe du personnage qu'on se joue à soi-même et l'on finit par y croire. 

   Malheur à l'homme qui ne veut pas s'avouer son dégoût du mensonge où il s'est engagé! Et ce qui a réussi à ne plus être gêné par ce carton collé à son visage; qui ne se connaît plus que par le reflet de cette figure en sa glace ; et qui meurt dans son personnage! Hypocritae! Masques! c'est le seul mot impitoyable de l'Evangile. 

   Ils avaient bien raison, les Pharisiens, quand ils confessaient que lui, Jésus-Christ ne " regardait pas au masque des hommes " .

   Or, si sot qu'en soit le dessein (sachant d'ailleurs que nous ne le tromperons pas), c'est plus fort que nous, face même à Dieu, nous paradons. Vainement; tant que l'on voudra. Mais la peur est plus forte. Nous tenons cela d'Adam qui, le premier, couvrit sa nudité de cette ridicule ceinture de feuilles de figuier. -  " Pudeur ", dit-il à Dieu qui s'étonnait. Son premier mot était plus juste. " J'ai eu peur " ,avoua-t-il d'abord. 

   " Figure-toi, disait donc Péguy à son ami, comme lui redevenu chrétien, figure-toi que pendant dix-huit mois je n'ai pu dire mon Notre Père que votre volonté soit faite ! Je ne pouvais pas dire vraiment : Que votre volonté soit faite!

Alors, je priais Marie.  ... Dans le mécanisme du salut, l'Ave Maria est le dernier secours. Avec lui , on ne peut -être perdu. " 

  ... l'envie d'en finir avec le mensonge; parce qu'Elle est si simple, si candide qu'on n'a même pas envie de plaider, pour obtenir un accueil déjà offert, pour voiler une plaie déjà aimée. On ne redoute rien d'Elle, parce qu'Elle ne se scandalise de rien; Elle a déjà tout expié... 

   Refuge des pécheurs ! ... 

 O Reine, voici donc après la longue route,

Avant de repartir par ce même chemin,

Le seul asile ouvert au creux de votre main,

Et le jardin secret où l'âme s'ouvre toute.

 

Voici le lieu du monde où tout devient facile,

Le seul coin de la terre où tout devient docile,

Et ce même vieux coeur qui faisait le rebelle,

Et cette vieille tête et ses raisonnements;

Et  ces deux bras raidis dans les casernements;

Et cette jeune enfant qui faisait trop la belle.

 

Voici le lieu du monde où tout rentre et se tait,

Et le silence et l'ombre et la charnelle absence,

Et le commencement d'éternelle présence,

Le seul réduit où l'âme est tout ce qu'elle était.

 

Ce qui partout ailleurs est une dure loi

N'est ici qu'un beau pli sous vos commandements,

Et dans la liberté de nos amendements,

Une fidélité plus tendre que la foi. 

 

P. Paul Doncoeur 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 7 Février 2021

 

 

 

   Le vrai contemplatif c'est le Christ lui-même. Dès le premier instant , aussitôt que le Verbe eut assumé cette âme et ce corps qui devaient être son humanité, il déversa en elle toute sa clarté et tout de suite son âme humaine entra en plénitude dans la vision du face à face, sans aucune ombre, sans aucun nuage. 

   L'âme du Christ assiste à la genèse de ce Verbe qui l'a prise à soi: l'âme du Christ assiste à la procession de l'Esprit-Saint, qui jaillit au sein de la nature divine, comme terme de l'amour infini, substantiel du Père et du Verbe; et c'est vision en plénitude, autant qu'un être créé est capable de la recevoir.

   Ainsi quand nous suivons notre Christ en tout ce qu'on nous a raconté de lui, dès les premières pages, les merveilles de la nuit de Bethléem nous émeuvent assurément, le chant des anges, l'adoration des bergers, l'illumination des âmes présentes à cette scène divine, tout cela fait tressaillir notre foi.

    Mais si nous pouvions écouter ce qui se déroule au plus profond de son âme à lui; cette adoration telle qu'on n'en avait point encore vu monter à Dieu de semblable, cette adoration chantée par les anges, comme gloire plénière rendue à Dieu et gage de paix accordé à la terre, si nous pouvions surprendre le secret de cette vie divine qui est le fond du mystère en l'âme de notre Christ, si nous pouvions la surprendre à Nazareth en ces longues années de silence si mystérieux..

   ah! sans doute nous croirions en entendre quelque chose en recueillant un peu des échanges si divins qui vont du Fils à la Mère, en leurs regards si pleins de Dieu, en leurs paroles si apaisées: mais c'est tout au fond de son âme qu'il faudrait descendre pour entendre le secret dernier, c'est cette clameur, cette prière mystérieuse qui monte de son âme à son Père , c'est cette supplication sans trêve qui nous étreint tous pour nous porter à Dieu.  Et si nous assistons à sa vie apostolique, ce n'est pas en regardant à ses miracles pourtant si révélateurs de sa divine charité, ce n'est pas même en recueillant dans l'adoration sa parole de vie que nous aurons le dernier mot sur notre Christ; c'est dans ses nuits qu'il faut le suivre et le trouver, Erat pernoctans oratione, en ce colloque mystérieux , sans parole, où tout est amour, où toute formule cesse, où le regard du Christ plonge et se perd en Dieu; c'est là que le contemplatif qu'est Jésus-Christ donne toute sa mesure.

   Et quand l'heure définitive arrive, quand l'oeuvre que son Père lui a confiée s'achève dans les tortures du Golgotha, ce n'est pas ce corps déchiré, cette humanité sainte broyée en tous ses membres , qui nous dira le dernier mot de tout; là encore et plus qu'ailleurs, le mystère nous dépassant davantage en sa profondeur, il faudrait nous approcher, écouter longtemps pendant ces trois longues heures où son âme face au Père, dominant toutes choses, était perdue en Dieu, occupée tout entière à signer notre retour en grâce.

   Si nous pouvions venir assez près pour tout comprendre de cette charité adorable, est-ce que nous pourrions ensuite nous en distraire en un instant? Est-ce que nous n'en deviendrions pas les " captifs " pour l'éternité? 

   Voilà donc ce qu'est le contemplatif en Jésus-Christ , et Jésus-Christ est notre chef, il est venu pour constituer avec nous comme un corps vivant dont il est la tête et dont nous devons être les membres, et nous avons à vivre de tout ce dont il a vécu.

   Evidemment c'est lui qui devra s'incliner, qui devra déverser sur nos âmes à nous, comme il a déversé sur son âme à lui la divine clarté , et je sais bien que tant que nous serons sur la terre ce ne sera pas la vision définitive, tant que nous serons voyageurs, nous cheminerons sous la lumière de foi. 

   Pourtant à regarder l'âme de nos saints et de nos saintes, à l'âme de Thérèse de Jésus, comme à l'âme de Catherine de Sienne ou de Thomas d'Aquin, comme nous y trouvons l'affirmation de cette parole de saint Jean : En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes.. Il est venu parmi les siens .. et c'est de sa plénitude que nous avons tous reçus... 

   Toute cette vie qui est le Verbe de Dieu, qui est essentiellement lumière, éclat de la splendeur du Père, le Verbe en venant à nous l'a déversé en nous, et nous l'avons vu plein de gloire de l'unique Engendré.

    Il a passé plein de grâces et de vérité, et c'est de cette plénitude de gloire , de grâce et de vérité que nous avons été tous enrichis.

  Il est donc comme un foyer vivant, sans mesure, en l'infini de la vie qui l'alimente, et tout à fait nôtre: il est notre en sa vie comme en sa mort. Il est donc celui par lequel nous est communiqué la lumière de contemplation; et non seulement il est cause efficiente de tous les biens divins qui nous sont  communiqués en lui, mais il est celui qui nous accompagne et par l'assistance de sa grâce nous permet de vivre sous cette lumière, car il demeure l'exemplaire resplendissant de cette marche qui va nous emmener en Dieu jusqu'à la consommation dans l'Un.

RP . G Vallée op+ 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 5 Février 2021

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 2 Février 2021

 

 

 

Les moines de Norcia, éternels bâtisseurs dans les décombres du monde

Nova Facio Omnia, "Voici, je fais toutes choses nouvelles!":

Les moines de Norcia ont ajouté la devise aux armoiries du monastère à l'occasion du vingtième anniversaire de leur fondation canonique, vingt ans d'histoire qui sont tombés en pleine fouille des fondations de leur nouvelle maison sur les pentes du Monte Patino en Ombrie. C'était en 2019, et la reconstruction, celle d'un ancien couvent en ruine du XVIe siècle surplombant la Piana di Santa Scolastica, avait commencé à partir de l'endroit le plus improbable: la buanderie.

 Tout comme il y a 500 ans quand il a été construit dans le mur de soutènement qui canalisait l'eau de la montagne dans le monastère. Pendant de nombreux mois, le prieur de San Benedetto à Monte, le père Benoît Nivakoff, avait raconté l'histoire sur le site du monastère aux amis de Norcia le peuplement de nouvelles pierres, des animaux de la ferme, des hommes aux prises avec le renforcement des arcs et des fondations de l'église de Santa Maria della Misericordia, ont raconté le son de la première cloche, la pose de terre cuite tuiles, la bénédiction du puits et l'installation d'isolateurs sismiques. Et à Noël, l'église était prête. Il y a quelques jours, la construction des premiers murs a commencé sous la neige pour restaurer le couvent qui deviendra le monastère attenant à l'église.

 

Construire, construire, construire parce que Nova Facio Omnia, et la construction de la Nouvelle Jérusalem dans toute sa splendeur, s'enfonce et s'épanouit sur des fondations solides, "Saint Benoît savait bien que le changement extérieur de discipline ou de lieu n'apporte jamais une nouvelle vie. 

Pour cette raison, il a offert à ses moines le vœu de stabilité. Même quand il semble que toutes les circonstances extérieures sont contre lui, le moine doit rester et grandir dans la foi », a répété le père Benedetto, envoyant à ses amis des mises à jour sur les œuvres et la vie de ses« moines de combat »:« Nous nous battons contre nous-mêmes, contre le vieil homme. 

Combattons les vices », ont-ils dit à Tempi les héritiers du Saint qui sont arrivés des États-Unis en 2000 et sont revenus à être une communauté, pour faire revivre la vie et le règne de Saint Benoît qui a disparu à Norcia en raison de la suppression des ordres religieux en 1810 par Napoléon: une communauté de très jeunes hommes, communauté de silence, de prière, de solitude, de travail, de jeûne et de chant dans le lieu ressuscité où sont nés Benoît et sa sœur Scholastique, "le paradoxe de la vie monastique est celui-ci: que le fait même de s'être séparé du monde qu'il fait il est possible d'aimer le monde de la bonne manière, d'apporter une contribution qui réponde aux besoins de ceux qui vivent dans le monde. Aujourd'hui, nous sommes capables de faire du bien aux gens comme nous ne l'aurions pas pu si nous étions restés dans le monde ». 

LE TREMBLEMENT DE TERRE, LE VIRUS ET LA TOUR DE LA CLOCHE

Le matin du 30 octobre 2016, ils étaient descendus de la montagne en courant dans la ville avec l'huile sacrée , laissant huit d'entre eux à genoux dans les bâtiments préfabriqués construits après le tremblement de terre du 24 août, le regard fixé sur Norcia déchiré par le deuxième terrible tremblement de terre et la couronne du chapelet à la main. Ils s'étaient frayé un chemin parmi les gens terrifiés et les décombres fumants, ils avaient guidé les pompiers dans les maisons pour traîner les vieilles dames qui ne voulaient pas sortir, ils les avaient convaincus de défoncer la porte de la chapelle des Clarisses où huit des religieuses terrifiées autour de l'autel ont prié pour que quelqu'un vienne les sauver. Tout s'était effondré, pourtant personne n'était mort. 

Les moines racontent encore ce jour fatidique comme le jour du miracle de saint Benoît qui a pris sur lui les péchés de Norcia, comme le Christ pour le monde, offrant à l'homme la possibilité de se convertir. Le jour où ils ont vu leur monastère s'effondrer et ont décidé d'honorer la méthode monastique qui avait christianisé toute l'Europe: rester et construire. «Exiger que Dieu rende ce que nous avons perdu est une grande tentation», a écrit à plusieurs reprises le père Benoît tandis qu'un peuple du monde entier les aidait à remettre le monastère sur pied, certain que le monastère aiderait le peuple.

Il en a été et continue à être: en mars dernier, les moines ont commencé à offrir une prière "pour la libération de" la peste, de la famine et des guerres ", comme l'ont fait les anciens qui savaient que ces tribulations surgissaient souvent ensemble" et l'ont fait en soulevant la échafaudages pour la restauration du clocher qui se détache sur la ville de Norcia et la vallée de Santa Scolastica, car "en regardant le clocher, nous pouvons prier avec les moines pour notre pays et pour le monde entier en ces jours de souffrance pour la propagation du coronavirus ". 

 

UNE ÉGLISE EN PIERRE (ENTRE ÉGLISES FERMÉES ET BRÛLÉES)

Construire, construire, construire quelque chose qui est éternel: aujourd'hui comme dans les années chaotiques vécues par le saint patron de l'Europe, aujourd'hui comme en 2016, quand beaucoup en Italie se sont demandé ce qui reste debout quand tout s'effondre, dans l'année où pendant des mois tout arrêtée, l'année des églises d'Europe fermées par peur de contagion ou incendiées et reconverties dans les pubs, les musées, les mini-golfs faute de fonds et de fidèles, le père Benoît et ses compagnons ont continué à bâtir sur les montagnes où les moines ont construit la civilisation du continent chrétien détruit par les barbares, conscients de la valeur de chaque consacré autel, nous rappelant que "comment le corps d'un saint est devenu une demeure pour le Christ, de même que l'Église consacrée devient une demeure pour le Christ lui-même et pour tous ceux qui veulent l'adorer"; célébrer, à Santa Maria della Misericordia, les dies natalis, la renaissance de leur église et le passage de la précarité à la stabilité "que seule l'église de pierre peut consolider"; rappelant les naissances des saints et des martyrs qui sont montés au ciel "à travers les bâtiments où nous prions".Le Père Benedetto a écrit : "il reste beaucoup à construire, ....

 

 

 

  •  

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 2 Février 2021

 

 

« Esprit Saint,

Donne-nous la grâce de choisir 

dans la paix et la joie le prénom de notre bébé. 

Toi qui connais notre enfant 

mieux que nous-mêmes, 

inspire-nous un prénom qui lui corresponde.

Souffle dans notre prière 

et dans notre vie quotidienne ! 

Que nous puissions tomber d’accord 

et nous réjouir de notre trouvaille,

et que notre enfant soit heureux 

de porter ce prénom toute sa vie. 

Sois béni, Seigneur, 

de nous appeler chacun par notre nom. 

Merci pour le saint patron (la sainte patronne)

qui veillera sur notre enfant du haut des cieux.

Qu’il (elle) puisse l’accompagner 

jusqu’à toi et lui donner envie d’être saint(e) ! »

 

zélie.com

 

 

dédicace, St Joseph, priez pour lui..! 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0