spiritualite

Publié le 6 Mai 2022

 

 

 

 

 

 

 

" De l'amour du Seigneur la terre est pleine. alleluia. "

ps. 32 

 

 

(cum permissio .)

Dans la Sarthe  à l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes, « les hommes en noir », comme certains les appellent, sont une quarantaine à vivre selon la Règle de Saint Benoît. Le Père Abbé, Dom Philippe Dupont, fêtera en octobre ses 30 années de bons et loyaux services. Reportage derrière la clôture, dans les coulisses d’une vie bénédictine qui a démarré au 6è siècle !

Ah, la Sarthe et sa douceur de vivre. Ses petites collines, qui, parfois, culminent jusqu’à plus de 300 mètres. Ses terres agricoles où des vaches blanches et brunes broutent tranquillement l’herbe généreuse et grasse des près environnants. Ses vallons verdoyants, ses villages, typiquement gaulois, où ruissellent la rivière du même nom.

Sur cette terre verte, l’industrie a, également, droit de cité, avec, notamment, les Fromageries Bel. Lorsque vous arrivez du Mans, distant d’une cinquantaine de kilomètres, que vous passez par Sablé-sur-Sarthe et que vous plongez, plein sud, dans les premières ruelles de ce petit village de 1200 habitants, vous ne voyez qu’elle. Dans la brume matinale de ce début printanier, où les premiers rayons du soleil arasent, elle apparaît majestueuse, ou, plutôt, mystérieuse, drapée de son long manteau de granit. Ce n’est ni le prieuré reconstruit au 18è siècle, que vous apercevez en premier, ni l’église abbatiale, dont une partie date du 11è, non, ce sont, d’abord, les grands bâtiments monastiques édifiés à la fin du 19è et au milieu du 20è siècle. Pour la centaine de moines de l’époque, il fallait de la place. L’abbaye est bien au centre du village de Solesmes. Tel un joyau, vu du ciel, elle ressemble à une tiare, ou une couronne, posée le long de la Sarthe.

Dom Prosper Guéranger, le restaurateur

Mais qu’est-ce qui a bien pu le pousser à s’aventurer dans le projet de restaurer la vie monastique bénédictine à Solesmes ? Nous sommes dans les années 1830. La Révolution Française est passée par là, et, a voulu faire table-rase de toute présence religieuse. Ou presque. Les fameuses « Lumières révolutionnaires » du prophète de malheur, Robespierre, ont apporté leurs lots de ténèbres et de persécutions religieuses dans tout le Royaume de France, dont la fin est scellée morbidement avec des têtes royales au bout d’une pique. Le clergé, la vie monastique et la vie religieuse ont été chassés, interdits de cité. Les ordres monastiques ont été dispersés, exit de France. Quelques années plus tard, le futur Dom Guéranger, un prêtre du Mans, décide de revenir aux sources du monachisme et du grégorien, en réintroduisant la vie bénédictine selon la Règle de Saint Benoît. Lui, qui était féru de liturgie et de littérature, comme d’autres sont épris de musique et de tradition, rachète en décembre 1832 – il y aura bientôt 190 ans, en décembre – le prieuré de Solesmes, qui fait toujours partie de l’actuelle abbaye. Avec une poignée de prêtres du Mans, la vie monastique est restaurée en 1833. Dom Prosper Guéranger en devient le 1er Père Abbé. 5 vont lui succéder jusqu’à Dom Philippe Dupont.

Dom Philippe Dupont, le développeur

Dans l’abbatiale, quelle que soit l’heure des offices, celle des vigiles, à 5h30 du matin, celle des laudes, à 7h30, ou celles des 5 autres offices, sans oublier la Messe conventuelle, le pas du Père Abbé Dom Philippe Dupont paraît, toujours, le même depuis 30 ans ! Dans sa grande coule noire, avec son scapulaire de même couleur et sa croix pectorale qui le distingue des autres moines, son allure ressemble à la souplesse du félin, la lenteur du chat, et, le rebond de l’écureuil. « Mon animal préféré ? C’est l’écureuil, car il engrange pour le court, le moyen et le long terme », répond-il malicieusement, le sourire aux lèvres. L’homme est vif et ses réponses sont précises, comme s’il avait été coaché pour cette conversation-interview d’une trentaine de minutes. « A mon époque, le coaching n’existait pas, explique-t-il. Le passage de relais entre l’ancien et le nouveau Père Abbé se faisait sur le terrain, sans trop de difficultés, car, la vie était plus simple et les moines étaient plus aguerris. Maintenant, oui, depuis quelques années, nous utilisons ces techniques modernes pour notre gouvernance. Le monde est devenu beaucoup plus compliqué. »

« Donner sa vie à Dieu et aux hommes »

De son côté, Dom Geoffroy Kemlin, le prieur (le numéro 2), a bénéficié de séances de coaching. Les équipes de Talenthéo sont intervenues pour l’aider à prendre ses fonctions et à devenir un bon manager !

« Chargé de la communication interne, je suis, en quelque sorte, l’interface entre le Père Abbé et les moines de l’abbaye. Je m’occupe, aussi, de la comptabilité. » A 43 ans, ce parisien d’origine, a, déjà, 23 ans de vie bénédictine derrière-lui. Aîné de 6 enfants, lorsqu’il a parlé à ses parents de son désir d’entrer à l’abbaye de Fontgombault (qui fait partie de la Congrégation de Solesmes), son père a fait barrage. « J’ai dû attendre un an, mais, finalement, je suis entré. Pour mes 3 sœurs, c’était un peu dur. » Aîné d’une fratrie de 6 enfants, le jeune Kemlin a embrassé une vie qui se situe entre Dieu et les hommes, entre le monde moderne marqué par les excès de l’hédonisme, du matérialisme, qu’il a rejeté, et, le monde ancien, celui du premier millénaire, qui a vu l’Europe entière se couvrir de monastères. Le Père Abbé en est persuadé : « Les moines ont participé à la construction de la civilisation européenne. Leur apport a été majeur. »

Tout comme lui, et, tout comme ces centaines de milliers de moines qui l’ont précédé (depuis les origines monastiques) Dom Geoffroy a fait le pari risqué de « donner sa vie à Dieu et aux hommes. Nous sommes des passeurs… », explique-t-il.

A l’école de Saint Benoît

Le prieur se transforme en guide. Nous passons la clôture, nous entrons dans les coulisses interdites aux hôtes de passage. Nous commençons par la visite, au pas de course, du scriptorium, une salle dédiée à l’origine à la copie de livres anciens, qui est, maintenant, la salle de lecture des moines. Puis, direction la salle du chapitre, qui est l’ancien réfectoire des moines, tout de bois vêtu. C’est dans cette salle que le Père Abbé réunit tous les moines et leur parle comme à un seul homme. C’est là, également, que toutes les grandes décisions sont prises. Nous empruntons un escalier, direction la bibliothèque et ses illustres 300 000 ouvrages. Un véritable trésor. Nous n’avons pas le temps de nous arrêter et de nous plonger dans quelques-uns livres très anciens, reliés de cuir. Les cloches viennent de retentir à la volée, c’est l’heure des Vêpres (17h), le 6è office de la journée, qui peut durer près d’une heure. La visite s’arrête-là. On visitera la salle de sport et la cave une prochaine fois. Le prieur s’éclipse et rejoint les moines qui se dirigent vers l’église abbatiale.

Le Père Abbé, un manager pas comme les autres

Après cet office, le Père Abbé reçoit dans son petit parloir privé, qui se situe dans une pièce toute simple, au rez-de-chaussée du prieuré. Il raconte, presque gêné ses 30 années de responsabilité « paternelle ». Il parle de « gouvernance, de Saint Benoît. De sa Règle qui est un véritable guide à la fois pour chaque moine, pour notre vie communautaire, mais, aussi, pour le monde. »

Il parle de la vocation monastique. « Nous sommes d’abord des priants, avant d’être des éditeurs, des hôteliers, des gestionnaires. Nous avons quitté le monde pour chercher Dieu, pour le louer, ne rien préférer à l’amour du Christ, et, au prochain. Au fil des siècles, notre vie retirée du monde, notre règle (NDLR : celle de Saint Benoît) est devenue une référence même pour les cadres, les leaders, les managers. On enseigne de plus en plus l’éthique managériale dans les écoles de commerce. Et, ici, nous sommes une référence de sagesse. L’enseignement de Saint Benoît est universel. Il décrit les rôles de chacun. » Ici, derrière la clôture, qui délimite les lieux de vie privés des moines, la vie des hommes en noir est baignée par cette sagesse, ce nécessaire recul dont manquerait de plus en plus tout responsable de la société civile et de l’Etat (certains anciens Premiers ministres sont passés à l’abbaye). Le Père Abbé, comme son nom l’indique, est doublement père : il a en charge la vie des moines qui lui obéissent, comme des fils obéissent à leur père ; et, il est le gardien de la vie monastique. Il protège la Règle de Saint Benoît, comme d’autres protègent les lois de la République.

« 17 ans » !

« Je suis entré à Solesmes en 1964, j’avais 17 ans à l’époque. Mon prédécesseur, Dom Jean Prou, a remis sa démission en 1992. Et, je suis devenu Père Abbé à ce moment-là. Mais, auparavant, j’avais été son prieur pendant 7 ans, et, son secrétaire pendant 17 ans. J’avais, déjà, une petite expérience en matière de gouvernance. » Ce qu’il aime, particulièrement, dans la Règle de Saint-Benoît, c’est son prologue, qui commence par ces quelques mots : « Ecoute, ô mon fils, les préceptes du Maître, et, incline l’oreille de ton cœur. »

Depuis 30 ans, Dom Philippe Dupont a marqué la vie monastique locale, nationale et internationale, en développant les activités, en organisant des conférences, en essaimant et en ouvrant de nouveaux monastères en Lituanie, notamment. Pour s’amuser (il manie l’humour avec brio), il dit souvent : « Je suis le PDG d’une multinationale, qui regroupe 32 monastères. 31 cette année, puisque je vais fermer celui de Paris. Et, en tout, il y a près d’un millier de moines et de moniales. Mais, je ne suis pas là pour la performance, pour le rendement. Vous voyez, c’est une de nos différences avec l’esprit du monde : il est pour le court terme, et, nous sommes pour le long terme, pour l’éternité », dit-il en rigolant.

Des fondations et une économie… du salut     

Depuis qu’il est le Père Abbé de Solesmes, en tant que Président de la Congrégation de Solesmes, 4 fondations sont sorties de terre : 3 abbayes (dont une aux Etats-Unis) et 1 prieuré (en Lituanie). Il les visite tous au moins une fois tous les 4 ans. Humble, quand on lui pose la question de son bilan, il répond : « J’ai réussi peu de choses… J’ai l’impression de ne pas avoir réussi. » Puis, il se reprend : « Si, j’ai réussi la durée. Et, nous avons fait quelques fondations. Dès 1991, après la chute du Mur de Berlin, et, la dislocation de l’Ex-URSS, des Lituaniens sont venus se former chez nous. Puis, nous avons ouvert en 1998, là-bas. Cette fondation était merveilleuse. Ils sont, maintenant, une quinzaine. Elle ressemble aux premiers temps, à ceux de Saint Benoît. » C’est, certainement, le temps, qui explique la réussite de la vie monastique bénédictine, dans la durée. Dom Philippe Dupont, évoque « l’économie du salut », dont les ordres monastiques sont les porte-parole. « Notre société a de plus en plus besoin de s’arrêter, de prendre du recul, de souffler, de faire silence, de prendre le temps. Ici, vous ne verrez pas de gens dépressifs parmi les moines. Mais, nous accueillons, des personnes qui sont de plus en plus déboussolées par un monde qui va trop vite. » Retraite pour tous, serait sa proposition !

Vie de famille

Matériellement parlant, le Père Abbé s’occupe, aussi, du bien de chacun de ses enfants. Pour cela, il doit gérer le quotidien d’une quarantaine de moines. Son budget, dans cette grande maison qui fait plusieurs milliers de m2, et, plusieurs hectares de jardins, de terres agricoles et de bois, ressemble à celui d’une famille…très nombreuse. Le Père Abbé ne donnera aucun chiffre, mais son budget de fonctionnement se situerait aux alentours de 700€ par mois, et, par moine. Le Père Abbé, comme dans toute communauté humaine, doit, donc, trouver les ressources nécessaires pour faire vivre sa grande famille, et, investir dans les travaux nécessaires à l’entretien et au développement de l’abbaye. Il intervient, également, pour subvenir aux besoins des communautés. Pour cela, il met en pratique la règle d’or des Bénédictins qui se résume en 3 mots : “ Ora et labora ” (en latin), “ Prie et travaille. ”

Les Editions de Solesmes, l’hôtellerie et la librairie

Premier travail, première entreprise, première économie monastique, les moines de Solesmes sont des éditeurs-entrepreneurs depuis au moins 1883. Les Editions de Solesmes, qui tournent avec peu de moyens, à la force des bras et de la plume bénédictine, ont publié, depuis le début, des best-sellers qui se sont vendus dans le monde entier à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. C’est le cas, bien entendu, de La Règle de Saint Benoît, des livres édités dans sa Collection Liturgie, et, notamment, de son Graduel. Les éditions publient, aussi, des biographies diffusées dans le monde entier, comme celle sur Dom Guéranger. Sur place, dans leur librairie de 300 m2, outre les livres, les BD de saints qui font fureur (auprès des jeunes surtout) depuis quelques années, les produits de l’artisanat monastique participent à la vie économique de l’abbaye. Elle produit son propre miel et son pain d’épice.

Grâce à son hôtellerie, dont s’occupent les pères Dom Michael Bozell et Dom Paul Debout, l’activité monastique tire son épingle du jeu. Restaurées il y a 8 ans (il y a, depuis, de l’eau chaude partout !), 35 chambres peuvent accueillir 300 jours par an (l’abbaye ferme quelques semaines ses portes lorsque tous les moines sont en retraite) une cinquantaine d’hôtes de passage (en moyenne par mois), qui viennent soit vivre une retraite, se reposer, ou préparer des examens (pour les étudiants). Après les mots clefs : écoute, humilité, prière, sagesse et travail, Dom Michael prononce celui de « l’accueil ». « Ici nous cultivons la paix, l’accueil et la prière. » Il a pris ses fonctions de Père-hôtelier il y a 10 ans. « Je suis entré, ici, à 25 ans. J’ai fait une retraite à 23 ans. Aujourd’hui, j’en ai 68. » C’est le numéro 3 d’une fratrie de 10 enfants.

A la question du bonheur, celui qui ressemble au roi David (il est roux), répond sans hésiter : « Oui, je suis un moine heureux. Comment ne pas être heureux ? Ici, nous accueillons le monde entier. Le plus jeune peut avoir 17 ans et le plus ancien peut dépasser les 94 ans ! Nous avons en ce moment des hôtes de Corée du Sud. » Le père est ravi de présenter son système de gestion informatique, qui a été développé par AppliDev’ et Ritrit. Il aime les start-ups, et, leur esprit ! Son logiciel sur-mesure a été financé par un bienfaiteur Suisse. Mais ce qu’il apprécie, particulièrement, ce sont ces écrivains et ces entrepreneurs célèbres (comme le Président des Entrepreneurs du Luxembourg), qui venaient « sans leur ordinateur, et, leur agenda, souffler une semaine ». La paix est inestimable ici. Et, semble de plus en plus être recherchée, surtout après la période de confinement.

Des hôtes du monde entier

Marc Hein est un hôte qui vient de loin, de très loin, de l’Ile Maurice. « C’est la première fois que je viens à Solesmes. Cette abbaye est un endroit magnifique chargé de mille ans d’histoire. Ce qui m’impressionne, surtout, c’est cette règle de Saint Benoît. » Avocat, ancien député de la République de Maurice, il se définit comme « un croyant qui cherche Dieu. Je m’intéresse à la spiritualité et à toutes les religions. » Il est admiratif de la vie monastique. Il est, également, attiré par le grégorien, ce chant liturgique de l’église catholique, multi-séculaire. Il est attiré, mais, il ne comprend pas le latin. Il se laisse, donc, bercer par la mélodie divine.

Parmi les hôtes, qui sont venus fêter Pâques, il y a, aussi, deux Coréens, deux Américains qui se préparent à la prêtrise pour la ville de San Diégo. Ils sont, actuellement, en formation à Rome. Il y a, enfin, des jeunes étudiants, et, des séminaristes de Nantes. L’hôtellerie est pleine en ces jours de fête.

Les hôtes viennent goûter, le temps d’un séjour, la vie monastique. Certains sont des habitués. Ils aiment le latin ! En latin, la devise du Père Abbé, Dom Philippe Dupont, qu’il a choisie le 2 octobre 1992 lors de son élection, est Quae sursum sunt sapite. Qui veut dire : Savourez les choses d’en-haut”. C’est chose faite par beaucoup.

Un Premier ministre à l’abbaye

Terminons ce reportage par une très belle anecdote historique : le 12 octobre 1976, il y a 46 ans, le Premier ministre démissionnaire, Jacques Chirac, se rend à Saint-Pierre de Solesmes. Il fait la connaissance du Père Abbé de l’époque, Dom Jean Prou (décédé en 1999). Ce-dernier lui sert de guide et fait visiter au futur Président de la République de 1995 les coulisses de l’abbaye. Promenade à l’intérieur même de la clôture, balade dans le jardin du prieuré, découverte de la bibliothèque, etc. Jacques Chirac n’est pas venu faire une retraite, simplement une visite d’une journée. Accompagné de son épouse, Bernadette, il déjeunera entre hommes, à la table même du Père Abbé, pendant que la future Première dame déjeunera à l’extérieur.

Sur le livre d’or de l’abbaye, il laisse ces quelques mots : « Ici, la liturgie ancestrale de l’Eglise latine est conservée comme un Trésor, à la disposition de tous les hommes en quête d’Absolu. Elle élève le cœur et l’ouvre aux grands mystères. C’est une grâce de pouvoir y puiser le réconfort et la joie. »

A l’heure où nous bouclons cet article, nous apprenons que Dom Philippe Dupont, remettra sa charge de Père Abbé dans les jours qui viennent.

La prochaine élection, après celle du (ou de la) Président(e) de la République, sera, donc, celle du Père Abbé de Solesmes.

Son élection ressemblera à celle du Pape. Il n’y aura pas de candidat. Les moines inscriront le nom du successeur sur un bulletin. L’heureux élu sera choisi parmi la quarantaine de moines.

Nos pronostics ? Respectons le vote des « hommes en noir ». Dans la Règle de Saint Benoît, « le Père Abbé représente le Christ ».

Il partira avec le sentiment du travail accompli, aux pas de Dieu et des hommes. Il partira avec à la clef l’entrée de nouveaux postulants à la vie monastique qui viendront renforcer la présence des novices et des étudiants.

L’abbaye Saint-Pierre de Solesmes a de longues années devant elle.

source: entreprendre.

 

avec mes félicitations et l'assurance de mes prières pour le futur nouvel abbé.  En action de grâces. 

Philippe 

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Publié le 30 Avril 2022

 

 

 

 

 

À la recherche de réponses : Thomas Ryan de Brisbane est parti pour une tournée d'un mois dans les monastères bénédictins contemplatifs traditionnels en juillet afin de prier pour sa vocation.

 

" mon Dieu, donnez-nous beaucoup de saints moines ." 

 

 

Les monastères CATHOLIQUES abritant certains des « hommes les plus saints » d'Europe et des États-Unis attirent de jeunes Australiens à la recherche de l'appel de Dieu.

Désirant un lieu paisible et priant pour discerner sa vocation, Thomas Ryan, 23 ans, a réservé des billets pour visiter des monastères bénédictins aux États-Unis et en France.

Sa visite fait partie d'une tournée organisée avec six autres hommes visitant des moines de l'abbaye de Clear Creek dans l'Oklahoma, et en France à l'abbaye de Fontgombault, à l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux et à l'abbaye Saint-Joseph de Clairval à Falvigny.

La visite, ouverte aux jeunes hommes de 18 à 35 ans, encore exigeants et intéressés par la vie monastique bénédictine contemplative traditionnelle, est aussi une réponse à l'Année de la Vie Consacrée, que le Pape François a demandé d'honorer en 2015.

Au sein de communautés silencieuses qui prospèrent grâce à un régime de prière strict et à peu de contacts avec le monde extérieur, M. Ryan passera la plupart de son temps à prier pour savoir s'il doit choisir la vie religieuse ou le mariage.

"Saint Jean Bosco a dit qu'un tiers des personnes sont appelées à la vie religieuse ou au sacerdoce, et pour moi c'est un nombre énorme", a déclaré M. Ryan.

« Je veux m'assurer que je fais précisément ce que Dieu veut que je fasse et ce qui me permettra de passer l'éternité avec lui.

"Je n'ai jamais personnellement expérimenté la vie monastique, il est donc très important que j'essaie cela et, je suis sûr que cela m'aidera dans mon discernement, sur la base du fait que je rencontrerai certains des hommes les plus saints de la terre."

Le silence n'est pas intimidant pour l'homme d'affaires de Carindale, ravi d'échanger le bruit de la ville de Brisbane contre une rencontre avec "les fondateurs de la société et de la culture occidentales".

"Je pense que la plus grande opportunité pour moi et la chose que j'attends le plus avec impatience est une profonde prière avec Dieu", a déclaré M. Ryan.

"Une conversation avec lui où je peux lui parler, à notre Sauveur, et ce faisant, rechercher l'intercession des saints et des âmes saintes et vraiment vivre la vie de prière la plus profonde qui soit.

"C'est l'une des plus grandes actions que nous puissions faire, prier pour le monde et sauver autant d'âmes que possible en priant Dieu et en intercédant pour elles.

« La prière, comme nous le savons, est une conversation avec Dieu.

"Donc, consacrer toute ma vie à cela est quelque chose de très inspirant."

 

L'organisatrice de la tournée, Martine Watkinson, a convenu qu '«il y avait quelque chose de spécial» chez les moines et les sœurs monastiques qui dédient chaque mot, chant et mouvement à Dieu.

"Je pense que c'est un témoignage si puissant de la vie chrétienne", a déclaré Mme Watkinson.

« La vie monastique est la vie chrétienne vécue à sa pleine capacité et c'est le chemin ultime vers la perfection comme le Christ l'a enseigné.

« Ils abandonnent tout pour ne vivre que dans un seul but pratique, mais pour louer et adorer Dieu.

« Ils abandonnent 'tout' pour gagner 'tout' ; quoi de plus parfait.


​​​​​​

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Avril 2022

 

 

 

 

 

« Qui donc, s'il possède le Christ, a encore besoin de quelque autre des biens de la vie présente ? Qui, s'il a la grâce de l'Esprit dans son cœur, ne possède, habitant en lui, la Trinité vénérable qui l'illumine et le rend dieu ? Qui donc, devenu dieu par la grâce de la Trinité, penserait qu'il a encore quelque chose de plus glorieux que de célébrer la liturgie ? Si tu avais vu le Christ et si tu avais reçu l'Esprit et si, grâce à tous deux, tu avais été conduit au Père, tu connaîtrais ce que je dis et ce que je t'exprime, que le service divin est grand et redoutable et qu'il dépasse toute gloire, illumination, commandement et puissance, richesse, pouvoir et toute royauté, lorsqu'on célèbre, avec la conscience d'un cœur pur, en l'honneur de la Trinité pure, sainte et immaculée. C'est là qu'est le paradis ; là, l'arbre de vie ; là, le pain de douceur ; là, la boisson divine. Là, j'ai trouvé le Christ, qui m'a procuré ces biens et je l'ai suivi de toute mon âme. Là, j'ai mangé la manne et le pain des anges et je n'ai plus rien désiré d'humain. Là, j'ai vu comment impassiblement mon Dieu a souffert la passion et comment il est mort, lui l'immortel, et est sorti du tombeau sans briser les sceaux. Là, j'ai vu la vie future et l'immortalité que le Christ accorde à ceux qui le cherchent et j'ai découvert qu'était en moi le royaume des cieux qui est le Père, le Fils et l'Esprit, la divinité inséparable en trois Personnes. "

st Simon le théologien. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Avril 2022

 

 

 

 

 

"Voilà l'homme". D'un geste d'aboyeur, solennel et moqueur à la fois, Pilate nous montre le roi des Juifs, fixant ses yeux noirs sur nous spectateurs. Un regard qui nous cloue, comme si nous-mêmes, en ce moment, étions appelés à décider du sort de cet enseignant qui prêchait dans les rues et sur les places, qui aurait accompli des miracles inouïs, qui s'était proclamé fils de Dieu ... "Regardez", dit le gouverneur romain. Prendre la responsabilité que je ne peux pas et surtout ne veux pas prendre sur moi. Pilate le chercheur de vérité, mais qui au fond préfère s'en laver les mains. Pilate symbole d'une autorité qui se targue d'être juste, mais qui finit par céder aux hurlements de la foule...

Pilate, donc, vêtu à la turque, avec turban et zimarra : comme si, en tant que gouverneur romain, il s'était adapté pour servir de laquais aux nouveaux dirigeants de Jérusalem, qui au XVIIe siècle sont précisément les Ottomans. A côté de lui deux voyous qui, d'un geste scénographique (mais ici tout est déjà théâtre, représentation, drame), soulèvent soudain le tissu qui recouvre Jésus (déjà une anticipation de la feuille du Suaire), montrant moqueurs, visages tordus en grimaces obscènes, des satyres, des masques, la figure d'ivoire du Sauveur. Comme le veut le passage évangélique de Jean, la couronne d'épines a été imposée au roi des Juifs, tandis qu'il tient dans ses mains croisées la canne avec laquelle il a été frappé, un sceptre en guise de plaisanterie, les hanches cerclées du manteau de pourpre.

Oui, "Voici l'homme", s'exclame Pilate en le désignant du doigt. Et, bien qu'inconsciemment, il semble presque imiter le geste qui était du Baptiste, pour indiquer l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. L'agneau a conduit au sacrifice lors de la rédemption de la nouvelle Pâque.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Avril 2022

 

 

 

 

⚘"Tout dans cette vie s'en va - seul Dieu reste, et il est le seul pour qui il vaut la peine de se battre.
 
Nous avons le choix : suivre le chemin de ce monde, la société qui nous entoure, et donc nous retrouver en dehors de Dieu ; ou choisir le chemin de la vie, et choisir Dieu qui nous appelle et que notre cœur cherche."
 
 
Père Seraphim Rose
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Avril 2022

 

 

 

 

   Il revient à eux pour poursuivre leur éducation qui est son but immédiat. 

  La voix se fait tendre , littéralement maternelle . Il n'avait pas encore employé ces termes que nous lisons , hélas ! comme tout l'Evangile sans nous mettre en face de Celui qui les prononce, et sans entendre la sonorité du coeur infini qui les vit en les prononçant.

   Il les met en face de la réalité. La réalité est double , et c'est ce qui fait la grandeur de cette scène; d'un côté le Fils de Dieu qui rentre dans la gloire de son Père, qui s'achève, se consomme, atteint toute sa taille, toute sa destinée et toute sa joie; de l'autre une épreuve où les uns le renient, un autre le trahit, où il doit quitter les siens, où il doit connaître toutes les douleurs de l'enfantement. 

   Pour lui tout cela ne fait qu'un ; la peine et la joie, l'humiliation et la gloire, la séparation et la réunion s'appellent et s'ordonnent. Mais ceux qui l'écoutent n'ont pas encore l'esprit qui découvre ces vastes plans. Il les prépare à le recevoir; il dispose en leurs âmes les matériaux qu'il édifiera en les éclairant. 

   En attendant, sans lumière et sans force, ils ont besoin d'être soutenus; ils sont les tout-petits que la maman doit rassurer, consoler, porter aux passages difficiles. 

   Il annonce la séparation: " Dans peu de temps je ne serai plus avec vous... où je vais vous ne pouvez venir."

   Il faut vivre cette scène. Il s'est formé peu à peu entre Jésus et ceux qu'il appelle " mes petits enfants " une intimité que le récit évangélique laisse à dessein dans l'ombre, mais qui devait être extrême.

Notre-Seigneur était vraiment devenu tout pour les apôtres. Il était le Maître qui éclaire l'intelligence, il était le Messie-Rédempteur qui relève les âmes tombées, il était le Tout-Puissant qui dispose des choses, il était le fondateur d'un royaume où ils auraient les premières places, il était le protecteur, le soutien, le guide avec lequel on se sentait dans la bonne voie et en toute sécurité, il était le Père et l'Ami, il donnait satisfaction à tous leurs rêves; il était tout cela, et plus que cela..."On devine l'impression ressentie par ces pauvres Galiléens quand il leur annonce qu'il va les quitter et les laisser seuls? "

   "Où je vais vous ne pouvez pas venir en ce moment." Pour eux néanmoins la séparation n'est pas définitive. Il laisse entrevoir la réunion; il fait briller la lumière dans les ténèbres...

   Les Juifs auxquels il a parlé dans les mêmes termes n'ont pas entendu ce petit mot d'espérance; ils n'aiment pas la Lumière; ils ne désirent pas l'accueillir; ils ne souffriront pas de sa disparition; ils n'appelleront pas son retour. 

   Il en va tout autrement des apôtres: la Lumière est devenue leur vie; la pensée de la perdre les brise... Mais elle ne les quitte que pour purifier leurs âmes et se donner en tout son éclat.

 

dom Guillerand .

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 31 Mars 2022

 

 

 

 

 

 

A l'amour Jésus joint toujours la lumière.

   Laver les pieds c'est s'abaisser devant celui auquel on rend ce service, c'est s'abaisser pour lui rendre ce service, c'est abdiquer - au moins en apparence - ses prétendues supériorités, en un mot c'est se donner en actes. 

   Laver les pieds c'est purifier quelqu'un des poussières de la route, c'est à la fois ne pas les voir et les excuser, c'est aussi les ôter. il faut être indulgent à ceux qui marchent sur cette route. Par la part inférieure, même si l'esprit est vraiment en contact avec Dieu, ils restent de pauvres êtres d'ici-bas, avec des besoins physiques, avec des faiblesses, avec des tendances déchues.

   Jésus est venu pour guérir et relever ces misères . Il n'a pas craint de quitter les hauteurs de son ciel, de voiler la grandeur de sa divinité, de se faire tout petit et abaissé pour laver les pieds des hommes tombés. Il suffit qu'il rencontre en eux la sincérité et le bon vouloir; il ne demande rien de plus à personne.

... ce simple geste , quelques mots introduisaient les siens au foyer où on voit et où on aime.

Il les menait par delà toutes les étroitesses d'esprit et tous les égoïsmes du coeur qui engendrent toute souffrance; il leur ouvrait vraiment les portes de la joie.

   Un monde nouveau se découvrait à leurs regards, le monde où on s'oublie pour se donner , où on se trouve en se donnant, où on se grandit par la petitesse consentie, et où on grandit ceux pour lesquels on la consent.

   Pour entrer en ce monde si différent de notre monde à nous, il n'est pas nécessaire d'avoir atteint les hauts sommets de la perfection. Il suffit de vouloir être ce que le Maître veut et de se remettre à la disposition de son amour.

   Il est touchant, infiniment touchant , de le voir se donner à ces pauvres hommes qui sont si loin de le comprendre et si plongés encore dans des natures résistantes . Il parle, il agit, il répand la semaille... quand lèvera-t-telle? Il ne s'en soucie pas .       

   L'oeuvre de Dieu est souterraine; ses plus hautes opérations se fond dans l'ombre et le secret. Elles se font d'autant mieux qu'on ne s'en préoccupe pas et qu'on s'abandonne en confiance sans chercher à voir ni à savoir.

Une seule condition est requise: le don de soi, la disposition du vouloir qui s'accorde au vouloir de l'Amour....

 

Dom Guillerand

 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 30 Mars 2022

 

 

" Que rien ne puisse troubler ma paix."

sainte Elisabeth de la Trinité.

 

   La paix c'est la tranquillité de l'ordre... Dieu est la paix et il ne produit que la paix ... La paix c'est l'oeuvre de la lumière: c'est la tranquillité de l'ordre; où règne le désordre la lumière appelle à la lutte qui le fait cesser. 

   Dieu est la Paix parce qu'il est la Lumière; c'est en Le regardant qu'on recouvre la paix, car en lui tout est ordre même le trouble, tout est tranquillité même la lutte.

   "Vous souffrirez, vous serez éprouvés, faibles ",  "Mais. Dieu est là, regardez-le, ayez confiance."

 .... le trouble ne doit pas atteindre les parts profondes où nous aimons. Là Dieu a sa résidence; de là il dirige tout. Nous devons nous tourner vers ces profondeurs et Celui qui les occupe, trouver en lui la paix et l'appui qui ne sont pas et qui ne peuvent pas être en nous-mêmes: " Que votre coeur ne se trouble pas; ayez confiance en Dieu (credite, faites-lui crédit) et ayez confiance en moi."

...

   "La raison fondamentale de cette confiance c'est qu'ils appartiennent à la famille de Dieu, ils sont "consortes divinae naturae", ils partagent sa nature; ils sont de sa maison; leur union à Jésus donne droit à une place, Dieu est leur Père comme il est son Père; il les aime comme il l'aime. Or sa demeure c'est son amour :" Dieu est amour et celui qui demeure dans son amour demeure en Dieu." Ils sont dans cet amour, ils sont donc en lui...

Il est lui-même cette place. Il s'est uni à notre nature humaine, il l'a fait sienne, il l'a surélevée, divinisée, toute emplie de vie divine pour qu'en elle on trouve Dieu et on demeure en lui. En lui tout homme peut devenir fils de Dieu et occuper le sein du Père.

 

    Le voile doit tomber.

Le corps était l'enveloppe dont s'entoure le grain de blé pour se former. Rentré en terre il s'en dégage; il la brise; il s'ouvre un passage pour rejoindre les éléments dont il est formé. Il semble mourir, mais ce n'est qu'en apparence. Ce qui meurt c'est le périssable dont se protège l'éternel; c'est le corps qui cache l'Esprit tant qu'il est loin du Père.  L'Esprit est la Vie; il doit se manifester; pour se manifester, il doit briser l'enveloppe.

Voilà pourquoi la Passion. Elle abat l'obstacle; elle fait tomber les murs d'une prison; elle libère l'Esprit qui d'un bon s'élève, remonte à son Père, s'unit à lui, prend place en lui avec tout ce qu'il a transformé et assimilé. 

dom Guillerand. 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Mars 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

"Dieu est amour; qui demeure dans l'amour demeure en Dieu

et Dieu en lui."

 

Jésus n'a jamais quitté cette demeure; il ne le peut même pas. Mais le monde l'a quittée, et il est venu le chercher pour qu'il y rentre avec lui.

   Il doit rentrer dans son Père, mais il n'y doit pas rentrer seul. Ce n'est pas pour lui-même qu'il est venu, c'est pour ceux que le Père lui a confiés. Il les lui a confiés pour qu'il les lui ramène.
... Le péché a opposé Dieu et le monde. 

   L'âme de Jésus,  à cette heure, est donc toute débordante de la double réalité qu'il apporte à la terre: une lumière et un amour. 
   Une lumière: et c'est la Lumière même; il sait, il voit qu'il ne fait qu'un avec son Père, que sa vie vient de lui, que sa vie est en lui, que l'humanité sainte dont il s'est revêtu pour lui communiquer cette vie, a sa place en ce foyer, et que le moment est venu de l'y introduire, que tous ceux qui entreront en lui en prenant son Esprit qui est cette vie, y seront introduits par lui et avec lui...

   Un amour: et c'est l' Amour même qui a animé toute l'existence mortelle du Maître :" Il les aima jusqu'à la fin;" Cet Amour ne fait qu'un avec la Lumière qu'il contemple: c'est lui qui éclaire son âme et qui lui montre l'heure du retour au foyer paternel. Il sait que c'est l'heure de la rentrée dans le sein d'Amour parce qu'il en procède: il est la Lumière même dans laquelle se montre l'Amour, et il le montre parce qu'il le réfléchit ; il le réfléchit parce qu'il le reçoit. Il est et il manifeste ce que le Père lui donne d'être: c'est là sa vie éternelle.

" In finem dilexit eos" . Suprême effort! Effort final ! Effort où l'Amour même semble comme ramasser toutes ses forces ... pour se donner sans réserve, et pour se montrer en toute clarté.  

 

dom Guillerand 

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Publié le 26 Mars 2022

 

 

 

 

 

   

 

   Dieu est un grand artiste: en face de l'amour, pour le faire ressortir, il pose la haine.

   Il ne la fait pas; car la haine n'est pas; l'Etre ne fait que ce qui est ... mais il la permet. Comment ? Cette permission me reste un mystère, le mystère de l'amour fini qui peut se refuser. 

Car la haine n'est que cela: un amour qui s'est refusé à l'Amour même, un amour qui s'est aimé plus que l'Amour. 

   Ce qui rend la haine agissante et redoutable, c'est précisément qu'elle aime, mais elle n'aime pas l'Amour. L'Amour est pour elle l'adversaire qui se dresse contre elle, qui réclame ses droits. L'Amour est un créancier; la haine est un débiteur qui ne veut pas payer pour jouir des biens que l'Amour réclame. 

Puis-je écrire que l'Amour réclame encore quelque chose au diable? 

A lui même personnellement: non. Les ponts sont coupés; le diable ne repassera jamais sur la rive de Dieu.

Mais , sur le fleuve de la création, des êtres passent que le démon appelle.

L'Amour veut les lui arracher. 

 

dom Guillerand 

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