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Publié le 22 Août 2019

Rédigé par Philippe

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Publié le 19 Août 2019

 

 

saint Barthélémy apôtre

24 Août

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Août 2019

 

 

 

 

Depuis l'an 2000, les Carmélites ont été confrontés au genre de défi pour lequel de nombreux ordres religieux se battent : l'essor des vocations. Cette année-là, les religieuses emménagèrent dans le monastère d'Elysburg, en Pennsylvanie, à partir de leur maison d'origine au Nebraska, qu'elles ne tardèrent pas à quitter. Elles reçurent ainsi la permission de reprendre un autre monastère carmélite en déclin, le Carmel de Saint-Joseph et Sainte-Anne, à Philadelphie - et de remplir celui-ci de vocations.

Finalement, la communauté ayant débordé à deux reprises, les Carmélites ont reçu l'été dernier la permission de Son Excellence Ronald Gainer, évêque du diocèse de Harrisburg, d'étendre à nouveau leurs activités, cette fois en construisant un nouveau monastère de fond en comble.

Les femmes intéressées par une vie avec les Carmélites cloîtrées doivent posséder un certain nombre de qualifications. Les postulantes ont besoin d'un diplôme d'études secondaires et d'être en bonne santé, arrivant à l'âge de 17 à la fin de la vingtaine - bien que Mère Stella-Marie de Jésus, qui dirige le monastère de Fairfield, ait dit à LifeSiteNews que les demandeuses ont généralement entre 17 et 24 ans.

Actuellement, le monastère de Fairfield compte dix membres profès, et d'autres sont en route de partout dans le monde, y compris jusqu'en Suède.

Les moniales cloîtrées du Carmel de Fairfield se ferment au monde et consacrent le reste de leur vie au silence strict, au travail ardu et à la prière. Une fois qu'ils ont professé leurs vœux, leurs visages peuvent ne pas être vus sur les photos avant leur mort. Lorsque LifeSiteNews s'est rendu en Pennsylvanie pour dresser le profil du monastère, Mère Stella a donné son interview derrière une lourde grille - la même grille par laquelle les Carmélites peuvent parler aux membres de leur famille une seule fois par an.

 

"Je pense que les jeunes femmes sont attirées par la beauté dans la liturgie. Elles savent que si Dieu existe, si Dieu est sur nos autels, si Dieu est dans le Saint Sacrifice de la Messe, alors il a besoin d'être adoré comme il le mérite : avec beauté et respect," dit-elle de ce qu'elle pense attirer les jeunes femmes aux Carmélites en particulier. "Elles voient que nous avons cela dans notre monastère, et elles veulent en faire partie. Elles veulent aussi quelque chose d'authentique, qui remonte à l'époque de notre sainte mère, sainte Thérèse."

"Un des aspects uniques de notre monastère, a expliqué Mère Stella, c'est que nous avons la forme extraordinaire de la messe. Nous avons aussi l'office divin traditionnel. Nous prions l'Office en latin. Nous avons aussi la permission de prier la forme traditionnelle de l'office carmélite, et les jeunes femmes sont très attirées par cela."

Mère Stella a dit à LifeSiteNews que les Carmélites avaient toujours eu la messe en latin jusqu'au Concile Vatican II, de sorte que la transition vers la forme était "comme main dans la main". Dès que nous avons pris la forme extraordinaire de la messe et que nous sommes retournés au rite carmélite traditionnel, tout avait un sens, dit-elle. Toutes nos coutumes - nous comprenions pourquoi nous les avions, parce qu'elles découlaient toutes de la liturgie, alors qu'avant cela, il y avait eu une coupure."

En reprenant la Messe traditionnelle, a expliqué Mère Stella, il y a eu "une explosion complète de grâce et de joie pour les sœurs". Les moniales sont passées du Novus Ordo en 2000, "et depuis lors, nous avons eu une grande augmentation des vocations, et l'esprit de la communauté a été celui de la joie et de la croissance dans la vie spirituelle".

L'ancienne liturgie et les traditions de l'Église étant maintenant fermement ancrées dans l'ordre, "les jeunes femmes écrivent, frappent à la porte pour entrer", dit Mère Stella. "La croissance est très claire et très palpable."

Dans le Corps du Christ, Mère Stella a déclaré : "Les missionnaires sont les mains et les pieds, et ils font tout le travail manuel très dur - mais ils ne pourraient jamais faire ce qu'ils font sans le cœur. Et le cœur de l'Église est la vie contemplative."

Que se passerait-il, demandait LifeSite, si les ordres contemplatifs disparaissaient, comme c'est le cas de nombreux ordres aujourd'hui ?

Mère Stella a répondu de derrière la grille :

"Je pense qu'il y aurait un effondrement complet de la foi dans le monde entier s'il n'y avait pas les monastères contemplatifs qui prient pour ceux qui, dans le monde, s'efforcent de convertir les âmes au Christ. Ce serait absolument impossible."

 

source

 

comme pour les moines de Fontgombault postée ce 13  Août déjà 12000 vues !

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Août 2019

 

Olivier Vaudoit tire les brancards des malades, les manœuvre, les aligne au cordeau. Certains demandent à changer de place, “pour être à côté“: il s’exécute sans broncher. Il dirige simultanément les bénévoles qui accompagnent les malades en fauteuil roulant. Le photographe opère avec énergie mais sans à-coup, les gestes sont précis. Il s’agit aussi de placer les pèlerins bavards, passifs mais enjoués – Pensez! c’est LA photo du pélé! – et peu attentifs à ses directives.

Du tact et de l’énergie

La mise en place d’une photo de groupe, d’apparence facile, est un art méconnu qui exige diplomatie et efficacité. D’autant qu’il faut faire vite car l’heure du dîner approche et la chaleur est accablante pour les malades. Le bonhomme ne montre aucun signe d’agacement. Il a l’habitude.

“En fait, il faut du tact et de l’énergie“, explique Olivier, photographe pour sur le sanctuaire depuis 1986. “Et il faut donner de la voix mais sans crier“. La mise en place du groupe, devant les marches de la basilique du Rosaire, prend finalement une bonne vingtaine de minutes.

Il finit par grimper sur un grand escabeau de chantier, s’assure, prépare sa prise de vues tout en captant l’attention des pèlerins. Et… c’est dans la boîte! En tout 30 secondes suffisent pour une photo que les Romands iront chercher dans l’après-midi à la boutique située à quelques pas du sanctuaire.

La photo de groupe, un incontournable

“Je fais aussi des ouvertures (messes d’ouverture de pèlerinage), des reportages, la messe à la grotte mais la photo de groupe est un incontournable“, précise le photographe qui arpente le sanctuaire depuis 33 ans.

Juillet et août constituent, avec le printemps, la haute saison à Lourdes. Les journées sont aussi denses qu’irrégulières. Certains jours, Olivier enchaîne parfois plusieurs reportages et photos de groupes. “A la fin de la saison, je ne peux plus voir mes boîtiers. Je ne fais plus de photo pendant un mois“.

Ce Normand d’origine a suivi ses parents qui se sont installés à Tarbes. Il obtient un Certificat d’aptitude professionnelle (CAP, équivalent du CFC) de photographe à l’école de photo d’Orthez. Diplôme en poche à 20 ans, il pige comme correspondant local pour le quotidien régional La Dépêche du Midi, tout en cherchant une place de photographe. Il couvre les matches de rugby, de tennis et remplace des photographes en congé.

Il est finalement engagé en 1986 pour une saison par le grand-père de Cécile Durand, actuelle propriétaire de Photo Durand, un des trois magasins de photo accrédités sur le sanctuaire. Le jeune photographe suit des événements du lieu, effectue des petits reportages pour Le journal de la grotte, la gazette du sanctuaire, depuis disparue. “Avec l’école j’avais les bases mais le père de Cécile m’a vraiment appris le métier. Une sacrée école du cadrage et de la mise au point!“

1500 personnes photographiées à la chambre

Olivier Vaudoit rappelle qu’à l’époque, il photographiait des groupes de 500, 1’000 ou 1’500 personnes à la chambre photographique de grand format et avec une cellule posemètre à main pour mesurer la luminosité. “On faisait aussi des groupes au format 120 avec des bobines de 10 vues, soit deux photos par groupe. On n’avait pas le droit à l’erreur. C’était stressant“.

Il effectuait ses reportages avec des appareils au format 6×6. L’autofocus capable de faire automatiquement la netteté n’existait pas et le numérique n’avait pas encore été inventé. La boutique tournait au rythme de deux développements par jour. Le patron était lui-même photographe, se souvient-il, “on parlait tout le temps de photo et de matériel“.

Après 33 ans, Olivier n’est pas lassé. Il sourit: “J’ai dû participer à plus de messes que certains curés!“ Pourtant au terme de la première saison, il ne souhaitait pas rester. “Mais c’était le premier job où je gagnais ma vie et j’étais là plus pour la photo, dans mon élément, que pour la foi“, assume-t-il. La pratique de la photo n’a rien à voir avec une quelconque vocation religieuse. Le photographe est baptisé, il n’a pas fait sa première communion. “Le catéchisme, c’était pas pour moi“.

“On vit avec les malades“

“Au début, c’est sûr, tous ces malades, ça me remuait. J’étais parfois mal à l’aise, surtout lorsqu’il s’agissait d’enfants lourdement handicapés“, mais, s’empresse-t-il d’ajouter: ce n’est pas pour autant qu’il tombe à genoux en prière à la Grotte. Avec le temps, il s’habitue mais ne sera jamais complètement blasé. “En fait, on vit avec les malades. C’est Lourdes“.

Certes, il n’a pas vécu de conversion mais des cas l’ont marqué comme cette jeune américaine de 19 ans. “Elle est venue plusieurs années de suite. Elle avait un très beau visage mais elle était atteinte d’une maladie incurable“. Il évoque ce jeune garçon trisomique qu’il est le seul à pouvoir photographier. D’autres, les habitués, lui tendent les bras dès qu’ils l’aperçoivent.

“Il faut rester simple, ne pas aller démarcher les gens ou leur sauter dessus“. La photo rapproche des pèlerins: une ou deux questions d’ordre technique et la conversation s’engage. Il s’est fait des amis. “Jamais je n’aurais visité Naples comme je l’ai fait avec ce Napolitain rencontré au sanctuaire!“

“Le vrai miracle de Lourdes c’est que tous ces pèlerins voient plus malheureux qu’eux. Ils arrêtent de regretter les yeux bleus que n’a pas eu leur fils quand ils voient un enfant aveugle de naissance. D’autres arrêtent de se plaindre de problèmes physiques au bras quand ils croisent une personne née sans bras ou estropiée“.

Après 33 ans, c’est toujours un peu la même chose, bien sûr. “Mais je ne me lasse pas“. Avec une photo, on donne du plaisir à des gens assure-t-il. “Ils sont contents. C’est ce qui compte“.

(cath.ch/bh)

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Rédigé par Philippe

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Publié le 6 Août 2019

 

   Le mystère de l'Assomption de la Vierge, comme d'ailleurs tous - ou à peu près tous - les mystères célébrés dans nos solennités chrétiennes, présente ce double aspect: un aspect extérieur et un aspect intérieur.

   L'aspect extérieur, c'est d'abord le trépas de la Vierge, cet instant qui put être très simple en soi mais ne peut pas être très grand pour nous: pour se conformer à son divin Fils et pour partager, autant que possible , le sort de ses enfants adoptifs, elle se soumit à la loi de la mort, qui cependant n'était pas faite pour elle et elle connut la séparation de son âme d'avec son corps. C'est ensuite, et plus proprement la réunion de ce corps et de cette âme et le glorieux enlèvement au ciel.

    Ces scènes sont incontestablement très belles, très bienfaisantes à méditer. La piété des fidèles s'est plu à les embellir de traditions que saint Jean Damascène n'a pas hésité à fixer par écrit et que l'Eglise a adoptées dans ses Offices. Nous pouvons donc à notre tour nourrir nos méditions, en enrichir notre tendresse filiale dans toute la mesure où la grâce nous attire, car tout ce qui resserre nos rapports avec notre mère du ciel et tout ce qui établit entre elle et nous ce contact intime et vivant, pièce nécessaire de toute vie spirituelle vraie, tout cela est bon, très bon.

    Nous avons tendance à reléguer dans l'irréel tout ce qui nous dépasse. Dès qu'une réalité déborde notre esprit, ou bien nous la nions, ou nous vivons pratiquement à son égard comme si elle n'existait pas. Ce n'est pas seulement une inintelligence, c'est une perte pratique immense. Nos relations avec ce monde de là-haut, avec toute cette famille céleste, qui constitue notre vraie vie ici-bas, et en prépare l'épanouissement plein, emprunteraient à une foi vive une douceur et une force qui seraient le trésor de la terre.

   Il faudrait s'arracher - ou mieux se laisser arracher par l'Esprit d'Amour - à la mouvante et insignifiante bagatelle qui nous tient. Peu d'âmes ont assez de courage pour le faire , et Dieu , qui exerce ce courage, se contente de ce petit nombre :" Quand le Fils de l'Homme reviendra sur la terre, trouvera-t-il encore de la foi." (Luc XVIII, 8)

   Le mystère de l'Assomption a un autre aspect, un aspect plus voilé parce qu'il est plus intérieur, et non moins réel cependant: c'est le mouvement d'amour qui, l'heure venue, tira l'âme (de la Vierge) hors de son corps, puis l'y ramena pour pouvoir emporter ce corps avec elle dans la jouissance de Celui pour lequel ils avaient été faits et unis. Ce mouvement, par un privilège unique, commença avec la vie même de Marie, avec sa Conception Immaculée.

   L'aspect  intérieur de l'Assomption, c'est ce don arrivé à son terme, c'est la somme des dons répétés, sans cesse renouvelés, de ces lumières par lesquelles Dieu se communique et auxquels répond l'élan de sa charité qui s'accroît.

   Quelle fut cette somme? Nous ne pouvons pas nous le représenter et moins encore l'exprimer. Les théologiens cependant ont tenté des explications et des comparaisons; elles ne disent pas la réalité inexprimable: elles aident toutefois notre pensée impuissance à mieux entrevoir la grandeur et la beauté de celle sur laquelle il est bon de chercher par amour à savoir tout ce qu'on peut savoir.

   Ils notent d'abord que la grâce initiale de Marie, au moment de l'Immaculée Conception, dépasse la grâce des plus grands saints au terme de leur vie. Dès ce premier instant, elle a sur Dieu des clartés plus hautes et un plus grand amour pour Lui que le plus grand d'entre eux. Songez à saint Jean, au " disciple que Jésus aimait " , après la Passion, après la Pentecôte, à la fin de sa longue vie, toute vouée à aimer et à se donner. Songez à sainte Marie-Madeleine... A peine conçue Marie connaît mieux et davantage. Or ajoutent les théologiens, cette grâce et cet amour se sont développés sans arrêt....

    Encore une fois, ces expressions sont trop insuffisantes; on n'exprime pas l'amour avec des chiffres, on n'enferme pas la vie dans des formules d'arithmétique. Et puis, il faut songer à certaines heures où la communication divine se fit plus intense, par exemple à l'heure de l'Incarnation, quand elle prononça son "fiat " et quand elle posséda, vivant dans son sein, Celui qui depuis toujours était tout; ou quand elle déposa son premier baiser de mère sur le front de Dieu; ou quand elle échangea avec Lui certain regard plus pénétrant et plus expressif, comme à la Croix; ou quand à la Pentecôte l'Esprit de son Fils lui fut communiqué en plénitude pour le bien de ses enfants adoptifs.

   Souvent, au cours des journées de la vie privée et encore durant les années de la vie publique et sur la Croix, Jésus et Marie se regardent. Les deux regards se croisent, les deux coeurs s'unissent, se fondent l'un dans l'autre.

   Ce qui n'était que passager à Nazareth et sur la croix était au fond des coeurs. Le Seigneur était toujours là et elle aussi . Le Seigneur regardait, elle aussi. Et depuis, au ciel, la rencontre des deux regards, des deux coeurs continue. La même plénitude de grâce tourne vers le Seigneur, son Fils, son être tout entier, et le Seigneur tout entier est tourné vers elle.

   Et nous arrivons ainsi à ce sommet, à cet élan suprême de l'Assomption, où l'amour indéfiniment accru fit éclater, Dieu le permettant enfin, les liens qui unissaient l'âme au corps et ensuite rétablit ces liens pour l'élever, triomphante, en corps et en âme...

   Et voilà l'explication profonde du grand mystère de l'Assomption de Marie: Marie a vu Dieu... Elle a vu, et elle a été attirée, inévitablement attirée à Lui...

     L'Assomption est le terme suprême, définitif de la plénitude de grâce.

    C'est aussi le terme où nous sommes appelés, où nous tendons par chacun de nos jours et chacun de nos pas. Mais nous devons conquérir ce que Dieu Lui a donné, nous devons nous reprendre à celui auquel le péché nous a livrés

    Les Fêtes de la douce Vierge et mère recommencent sans fin, m'apportant avec elles l'assurance d'être aimé, soutenu, suivi, encouragé, corrigé, averti, éduqué en un mot par celle qui a élevé Jésus et qui veut faire en nous d'autres Jésus.

    J'ai presque peur de trop m'émouvoir à ces pensées.. et j'ai tort. Je dois aller à ma famille céleste avec tout mon être, avec mon coeur comme avec mes autres puissances, et plus encore qu'avec toute autre Emotion bienfaisante et infiniment douce.

     Je ne dois avoir peur que de m'en contenter et de ne pas chercher à me rendre digne de ces rapports d'enfant avec ma mère du ciel. Elle exige des efforts; c'est une éducatrice dont la fermeté égale la tendresse. Elle me veut fort parce qu'elle est forte et que Jésus est fort, Elle me veut ressemblant, mais elle veut que cette ressemblance se réalise selon un plan qui comprend la lenteur des résultats, et des difficultés spéciales à chacune de nos âmes.

     Elle veut que je garde confiance en face de cette lenteur et de ces difficultés. La confiance - non la paresse et l'inertie - malgré tout, lui plaît , la ravit . C'est un hymne à Jésus .

      La confiance dit :"

Mon Jésus, vous avez vu ma faiblesse, mes retards à comprendre, mes faiblesses à agir, mes hésitations devant le moindre effort, mes manques de générosité sans cesse renouvelés; et sachant tout cela , voyant tout cela, vous êtes venu, vous avez parlé, agi , souffert, vous êtes mort en croix...  et vous êtes resté, et vous restez sans fin.

Vous restez dans le tabernacle, vous restez dans la pauvre maison branlante de mon coeur, avec la porte ouverte à tout venant, avec des fenêtres par où je regarde sans cesse au lieu de contempler vous seul , avec les murs que vous relevez et qui retombent, avec des appartements malpropres et si vides, où devraient resplendir vos traits, où ceux de l'ennemi reparaissent à chaque instant; où vous me parlez du matin au soir sans que je sache vous entendre et vous répondre; où la cohue des pensées vaines, des petits intérêts, des désirs mesquins, de tous les mouvements de passion vous repousse ou vous masque, vous fait la place si petite et la part si restreinte...

     Comment pouvez-vous rester dans de telles conditions? Moi, j'aurais disparu depuis longtemps en faisant claquer les portes, et je refuserais de rentrer à toutes les supplications; je me serais vengé, j'aurais pris une attitude hostile, j'aurais mal parlé de celui qui m'eut tant manqué; j'aurais nourri dans mon coeur à son égard et manifesté de toutes manières mon mécontentement , ma rancune.

   Comme nous sommes loin de l'autre! Et comme tous mes rêves d'union seraient irréalisables si vous êtiez comme moi! Et cependant j'espère, je garde confiance.  Plus je suis et plus votre amour éclatera en me rapprochant de vous et en vous rapprochant de moi!

        Voilà l'hymne de la confiance.

         Marie l'entend au fond des âmes impuissantes.. et sa note, pour  son coeur de mère, couvre toutes les notes discordantes des défauts et des faiblesses.

      Les Fêtes recommencent, ..... m'attendrissent, appellent ma prière confiante. Et je vais (les célébrer) comme si je n'avais pas été l'enfant indocile, inattentif et lâche qui l'a peinée tant de fois.

 

  

 

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Rédigé par dom Guillerand

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Publié le 5 Août 2019

 

 

Benoît, un jeune avec « une petite flamme particulière »

 

Certaines rencontres marquent une vie. Mort dans un accident de montagne le 12 février 2019, Benoît Brunel a touché de nombreuses personnes par sa simplicité et son sens du service. Scout dans l'âme, il avait choisi de prendre la loi scoute au pied de la lettre.

Certaines personnes incarnent l’idéal scout d’une manière toute personnelle. C’est le cas de Benoît Brunel, un jeune de 17 ans mort dans un accident de montagne lors d’une ascension dans le Ventoux, le 12 février dernier. Parti avec un ami, il suivait un chemin de grande randonnée, et c’est en voulant porter secours à son camarade qui avait glissé, qu’il a dérapé et s’est tué. Son geste rappelle la devise des scouts du monde entier : « Toujours prêt ». Benoît était routier et ancien chef d’équipage de l’Espadon (l’équipage étant l’équivalent de la patrouille chez les scouts marins) à la 3e marine de Marseille. En juillet 2018, il avait pris son engagement raider, promettant de servir et sauver son prochain de façon toute particulière. Constantin R., membre de l’équipe Cimes & Raiders chez les Guides et Scouts d’Europe, explique à Aleteia que les jeunes qui prennent ce type d’engagement sont « des pépites ».

« C’est la jeunesse qui a le feu au cœur », lance-t-il avec un brin de poésie. En effet, devenir raider permet de « sortir de soi-même » pour se mettre au service des autres avec générosité. Ce sens du service, Benoît l’avait bien compris. « Il faisait des maraudes avec le Secours Catholique, il avait le sens des autres », avance son père, très ému. « Pour lui, le scoutisme était un moyen pour parler de Jésus, pas un but », poursuit-il.

« Il avait compris beaucoup de choses »

Amaury Guillem, aujourd’hui rédacteur en chef chez RCF Aix et Marseille, a rencontré l’adolescent alors qu’il s’occupait de l’animation spirituelle du prieuré Saint-Jean-de-Garguier, à Gémenos, à 30 minutes en voiture de Marseille. « C’était un chouette gars qui rayonnait et en même temps, avec lui, c’était tout simple. Il était bien dans ses pompes. On sentait qu’il aimait vraiment rendre service : il ne le faisait pas pour obéir mais cela le rendait super heureux. Et en même temps, il vivait ce qu’il avait à vivre comme adolescent. Ses amis, c’était des jeunes comme on en voit partout. Mais il avait une petite flamme particulière ; il savait où il allait et il avait compris beaucoup de choses ».

François-Xavier Favre, 22 ans, a été le chef de troupe de Benoît durant six mois. Il le décrit comme un garçon à « l’unité de vie vraiment manifeste ». Lors de ses obsèques, il a été frappé de constater que de nombreux camarades de son lycée étaient présents. « Ils ont témoigné de son côté lumineux, d’une joie qui rayonnait sur son visage », confie-t-il à Aleteia. Il explique que cette troupe marseillaise s’était donné comme mission de proposer à des adolescents des quartiers nord de la ville de vivre le scoutisme. Un projet dans lequel Benoît semblait s’être impliqué avec détermination. « Il avait à cœur de faire grandir les garçons qui lui étaient confiés. Je pense à l’un d’entre eux en particulier, avec lequel il a fait preuve d’une patience d’ange, en vrai grand frère. C’était un très bon marin et il transmettait cette passion-là aussi. Il menait la cadence pour ramer, il était assez édifiant : il avait vraiment un désir de sainteté ».

Reprenons ces quelques mots que Benoît avait écrits dans une méditation : « En tant que scouts, nous “sommes faits”, c’est notre nature, pour penser aux autres. […] Mais on ne peut pas tous les jours sauver quatre personnes de la noyade et empêcher cinq bombes terroristes d’exploser ! En fait, quand il s’agit de sauver, ce n’est pas seulement le corps, mais aussi l’âme ».

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 3 Août 2019

 

2 août 1858

8 avril 1893,

« Ad maiora natus sum »

 

Auguste Czartoryski, est un prince polonais qui a tout quitté pour devenir prêtre,

né en France, devenu prêtre salésien de Don Bosco, béatifié par le pape Jean-Paul II

Auguste Czartoryski naquit à Paris le 2 août 1858, en exil. Trente ans auparavant environ, sa noble lignée, liée à l’histoire et aux intérêts dynastiques de la Pologne, avait émigré en France, et depuis l’hôtel Lambert, sur les rives de la Seine, dirigeait une vaste action parmi les compatriotes et auprès des chancelleries européennes, dans le but de restaurer l’unité de la patrie, partagée depuis 1795 entre les grandes puissances.

Le prince Adam Czartoryski, guerrier et homme politique, avait cédé les rênes de la famille, ainsi que de l’activité patriotique, au prince Ladislas, qui s’était uni en mariage à la princesse Maria Amparo, fille de la reine d’Espagne Marie-Christine et du duc Rianzarez. Ils sont les parents de notre Auguste. Premier né de la famille, il était un point de référence pour tous ceux qui, après le troisième partage de la Pologne, rêvaient de sa renaissance. Mais autres étaient les desseins de Dieu.

Il a six ans quand meurt sa maman, malade de tuberculose : héritage qu’elle transmettra à son fils. Les premiers symptômes du mal marquèrent pour Auguste le début d’un long et inévitable pèlerinage en quête de la santé, qu’il ne retrouvera d’ailleurs jamais : Italie, Suisse, Égypte, Espagne, telles furent les principales étapes de ses pérégrinations. Mais ce n’était pas d’abord la santé qu’il poursuivait : sa jeune âme recherchait aussi un bien beaucoup plus précieux : sa vocation.

Il n’avait pas tardé à comprendre qu’il n’était pas fait pour la vie de cour. À vingt ans, il écrivait à son père, à propos des fêtes mondaines auxquelles il était contraint de participer : « J’avoue que je suis fatigué de tout cela. Ce sont des divertissements inutiles qui me tourmentent. Il m’est pénible d’être obligé de faire des connaissances à tant de banquets. »

Une grande influence fut exercée sur le jeune prince par son précepteur Joseph Kalinowski. Celui-ci – canonisé par Jean Paul II en 1991 – avait subi dix ans de travaux forcés en Sibérie, et se fera ensuite carmélite. Il ne fut précepteur d’Auguste que pendant trois ans (1874-1877), mais il lui laissa son empreinte. C’est lui qui nous a fait savoir que ce qui orienta le prince dans la recherche de sa vocation, ce furent surtout les figures de saint Louis de Gonzague et de son compatriote saint Stanislas Kostka. Il était enthousiaste de la devise de ce dernier : « Ad maiora natus sum » (Je suis né pour mieux que ça). « La vie de saint Louis du Père Cepari, qui m’avait été envoyée d’Italie, écrit plus tard le P. Kalinowski, eut un effet décisif sur le progrès spirituel d’Auguste et lui facilita l’union avec Dieu ».

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 2 Août 2019

  

    Quand on parle de maternité, c'est toujours avec une impression de recueillement, comme devant un mystère, et une émotion calme vous reporte, surtout quand on ne l'a plus, vers " celle qui vous prit, jeune âme, dans le ciel et qui vous mit au monde".

   Vénération serait peut-être ici le meilleur mot; c'est celui qu'emploie l' Eglise, quand elle salue, en la fête de l'Expectation de Marie, l'attente charmante et vénérable en effet de la Mère du Fils de l'Homme.

    A toute femme ainsi gratifiée, on aimerait à dire comme l'entendit la Virginale Mère :" Je vous salue pleine de grâce, le Seigneur est avec vous",  " vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni."

    Toute mère est digne du salut de nos coeurs, tant qu'elle-même n'a pas effeuillé sa couronne. Toute mère est pleine de grâce, puisqu'elle reçoit ce qu'il y a de meilleur, donner, et donner ce qu'il y a de meilleur comme étant la substance de tout don: la vie. Toute mère a le Seigneur avec elle, sans quoi elle ne pourrait ni faire vivre selon la chair, ni surtout allumer la flamme de l'esprit. Toute mère est bénie entre les femmes et béni est son fruit, car tout enfant de Dieu est accueilli avec tendresse et, avec lui, celle qui lui communique cette initiale bénédiction

   " Vous enfanterez, ajoutait l'ange, un fils qui sera appelé Jésus" , c'est-à-dire Sauveur, et tout enfant est sauveur à l'égard de la race fléchissante, à l'égard d'une vie individuelle qui s'en va sans que rien la recueille, à l'égard du temps anxieux d'avenir. -

    " Il sera grand et sera appelé le fils du Très-Haut", et tout enfant sera grand, s'il le veut, étant fils du Très-Haut par la grâce qui de Jésus passe à tout fils des hommes.

    " Et il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin" , et tout enfant aussi règnera, s'il sert Dieu, puisque " servir Dieu, c'est régner " ; il règnera sur la maison de Jacob, dont les douze tribus figurent l'oeuvre de Dieu et son gouvernement auquel notre fraternité avec Jésus nous associe, et son règne n'aura point de fin, le temps, dans lequel la mère introduit l'enfant ayant des suites éternelles.

   Je vous salue, mères, pleines de grâces, qui avez ainsi le Seigneur avec vous et qui êtes ainsi bénies entre toute les femmes.

   L'amour de la mère, est comme celui du père, un amour créateur. Il l'est peut-être avec moins d'initiative; il l'est par contre par contre avec plus d'intimité. Pendant des mois en contact substantiel avec son objet, lui versant constamment de soi-même, respirant afin qu'il respire, se nourrissant en vue de le nourrir , cet amour croît peu à peu en proportion de ce qu'il donne, consacré par la souffrance et qualifié spécifiquement par ce caractère charnel qui lui est d'abord imposé.

   La mère est celle qui fournit sa dernière élaboration à cette sève amère et précieuse qui de la souche d'Adam , à travers de longues générations, nous arrive. Elle est la terre qui, au printemps, pénétrée d'effluves, riche de semences, s'empresse à faire monter les sucs nourriciers.

    La mère conçoit de ce fait un attachement qu'on ne peut comparer mieux qu'à l'amour qu'on a pour soi-même. Elle verra dans l'enfant une partie de soi.

    Ce ne sera plus la chair de sa chair, comme il est dit de l'époux et de l'épouse, mais sa chair même, chair qu'elle aimera comme sans y penser; qu'elle ne verra souffrir qu'avec un sentiment d'arrachement intime; qu'elle ne verra partir pour la vie ou pour la mort, et serait-ce même pour la vie heureuse, qu'avec détresse et stupéfaction.  Rien de plus étonné, sans que peut-être elle l'avoue ni à autrui ni à son propre coeur, qu'une mère voyant grandir l'enfant, le voyant s'éloigner, faire sa vie, et qui sait ? peut-être oublier celle qui jamais ne l'oubliera.

   L'être à l'état initial, tel que la mère nous le donne, tel que le père avec elle l'a fourni, aura besoin d'être fomenté; sa nutrition, surtout sa nutrition première, c'est lui-même achevant de se continuer. Or, dans cette nutrition, qu'on la prenne au point de vue matériel, intellectuel, moral , religieux, c'est la mère qui a le rôle principal. Elle est la génitrice, et en conséquence elle est la nourrice : nutrix, dans le sens complet du mot.

   Voyez comme elle s'absorbe, et s'inquiète, et se travaille à propos de chaque détail de cette éducation infantile. Mieux qu'un ministre sur un dossier, elle se penche, trouvant souverainement importante la consistance d'un brouet, tragique cette dent qui perce, plus nécessaire que nos lois et que la balance de la justice le pèse-bébé qui la rassure après chaque ration de lait.

  Comme elle a raison! Les plus grandes choses sont faites des plus petites, et qui sait de quel avenir sont chargés ces menus riens dont une humanité naissante est l'objet !

 

     Au premier moment, la jeune âme, toute à l'inconscience, ne peut répondre que par des gestes suggérés aux avances que la religion fait aux enfants; mais ces douces suggestions, qui sont une des poésies de l'enfance chrétienne, sont aussi une valeur d'avenir. La mère doit faire balbutier Dieu ainsi qu'on dit papa et montrer au Père des cieux qui , je pense, s'en attendrit, une esquisse d'adoration et une espérance d'amour dans ces petites mains qui se joignent, dans cette bouche minuscule, ruche aux abeilles blanches où le nom de Jésus et le miel.

      La maternité est pour une jeune femme la plus haute sauvegarde; c'est le devoir devenu sentiment; c'est la vie organisée, centrée, dégagée d'égoïsme, reliée aux fins humaines les plus élevées, écartée des séductions extérieures, poussée à l'effort et au sacrifice. Ce qu'on dit de l'amour de Dieu , qu'il range tout en nous, est vrai proportionnellement de cet amour.

Toute mère est comme Marie, disions-nous, elle enfante un sauveur; ajoutons que, comme Marie elle enfante son propre sauveur.

 

 

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Rédigé par RP Sertillange op +

Publié dans #spiritualité

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Publié le 31 Juillet 2019

 

La Fraternité Pontificale et Royale et la Fraternité des Nazaréens de Notre Père Jésus de la Grande Puissance et Marie Très Sainte de la Grande Douleur et du Transfert de Séville, annoncent avec grande joie que le Saint-Siège lui a accordé une année jubilaire, en commémoration du quatrième centenaire de la réalisation de l'image du Notre Père Jésus de la Grande Puissance, par le célèbre imaginero don Juan de Mesa, en 1620.

Cette année jubilaire a été demandée devant la Pénitencerie apostolique par l'Archevêque de Séville, Monseigneur Juan José Asenjo.

Cette année jubilaire s'ouvrira le samedi 23 novembre 2019, fête de Saint Clément. sa fermeture le dimanche 22 novembre 2020, solennité du Christ Roi de l'Univers.

 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 29 Juillet 2019

 

   ... Et qu'aime-t-il, ce Dieu qui substantiellement est amour? - Il aime, comme tout héros de l'amour, ce qu'il y a de plus élevé, de plus beau, de plus total, de plus enthousiasmant et de plus magnifique; il aime, lui, le Meilleur, ce qu'il y a de meilleur; car le meilleur et le meilleur amour se répondent. Or le meilleur, où est-il?

   Le meilleur, c'est ce qui n'est pas un bien,  c'est-à-dire participant du bien, reflétant le bien, nous montrant un degré du bien; mais ce qui, en dehors de toute participation, de tout degré, étranger à toute négation et sans nul contour limitateur, montre le bien dans son essence, l'épanouit totalement, n'en laisse rien ignorer ni désirer, et en fait une gerbe où les distinctions s'abolissent par le serrage d'un lien qui ramène tout à l'unité de plénitude. Ce bien-là est unique autant que souverain; ce bien-là est au bout de la perspective des biens : c'est vers lui qu'on s'oriente en les traversant ; à lui sont suspendus par le désir, disait Aristote, le ciel et toute la nature. Mais ce philosophe ajoutait: Dieu même, Dieu amour est suspendu à ce bien-là qui le représente sous l'une de ses faces. Dieu aime le meilleur, disions-nous, et comme le meilleur, c'est Dieu , Dieu aime Dieu, entièrement retourné sur lui-même. Il s'aime infiniment, parce qu'il est infiniment aimant, et il doit s'aimer infiniment, parce qu'il est infiniment équitable, sage, désintéressé, allant chercher le bien là où il est pour l'aimer selon sa mesure - à lui, bien, qui ici n'a pas de mesure.

   Mais précisément parce qu'il s'aime ainsi, Dieu aime tout, de même que se connaissant, il connaît tout, lui, source d'où tout émane, centre de rayonnement de toute vérité, de toute bonté, parce qu'il est le point de départ de tout être. Dieu aime assez son être pour le communiquer, son bien pour le répandre, sa vérité pour la diffuser. Il ne peut s'augmenter au dedans: il se dilate au dehors. La création entière, animée ou inanimée, et, procédant ainsi de Dieu, elle y demeure suspendue comme le rayon à son soleil; elle en reproduit l'éclat plus ou moins ; elle y puise sa chaleur et la communique; elle y trouve sa consistance.

   Dieu donc, en aimant Dieu, aime tout ce qui est de Dieu. Ne pas aimer ses créatures, ce serait , pour Dieu, vouloir qu'elles ne fussent point.

   Rien n'est sans ton octroi, ô Amour, universellement père!  De quelle paternité pourrions-nous jouir, si celui-ci se récusait " de qui se dénomme toute paternité au ciel et sur la terre" ? ( Ephés., III,15)

   Seulement, le caractère de l'amour divin est tel, qu'il n'a pas à présupposer ce à quoi il doit s'attacher, comme nous aimons, nous, ce qui est aimable sans nous et précède, pour les justifier , nos complaisances.

   L'amour de Dieu est créateur de ce qu'il doit aimer. L'amour de Dieu donne l'amabilité , avant de donner l'amour. Il en donne le commencement, et il en donne le progrès , car le progrès n'est que la chose devenue mieux elle-même. Si donc l'amour de Dieu nous donne l'être et se constitue ainsi le fondement de sa valeur qui permettra les complaisances de l'amour, il donne aussi le plus être, le meilleur être, qui apportera le meilleur amour.

   O amour divin, comment pourrais-je me glorifier! De toi je tiens tout, et d'être , et d'être ton objet, et de pouvoir le devenir davantage. En me contemplant, tu contemples ta vérité en l'un de ses cas; en me jugeant, tu pèses dans l'intègre balance une parcelle détachée de ton Etre; en m'aimant, tu adresses encore à toi, par un détour, un hommage qui n'est dû qu'à toi seul, mais dans lequel tu me comprends, au nom de l'amoureuse unité qui fait de moi un humble toi-même. Il reste que moi aussi je te glorifie en moi, et que j'y trouve mon honneur emprunté, ma force d'ascension et ma joie provisoire, ô mon Amour voilà, ô mon Mystère!

   C'est dès l'éternité que Dieu aime ses créatures; car dès l'éternité il les porte en ses trésors d'être, en sa pensée, en sa puissance. Qu'elles naissent un jour, cela est nouveau pour elles, mais non pas nouveau pour Dieu. L'amour de Dieu n'est donc pas nouveau non plus, même en ce qui les concerne, bien que nouvellement elles en jouissent :" Je t'ai aimé d'un amour éternel, " disait au nom de Jéhovah le prophète  (Jérémie, XXXI, 3)

   Ces créatures qu'il aime toutes, toutes éternellement, Dieu les aime aussi de tout près et dans l'intime. L'amour divin n'est pas une régence lointaine.  Comment serait-il lointain, puisqu'il est créateur?

   La création se fait d'infiniment près. Il n'en est pas comme des actions qui utilisent des intermédiaires, ni même comme des fabrications directes qui supposent une matière, ignorant dans son fond ce qu'elles pétrissent et ne pouvant qu'utiliser des propriétés partielles. La création part du rein, c'est-à-dire qu'elle donne tout. Elle est donc présente à tout. Si elle est oeuvre d'amour, elle applique donc l'amour à la racine de l'être, et celui-ci sera aimé plus intimement qu'il ne pourra s'aimer lui-même; car je ne suis pas intime à moi autant que Celui qui fait que je sois moi.

   Mais ces créatures aimées ainsi gratuitement, universellement, dans l'intime et éternellement, sont-elles aimées également? Oui, sans doute, si l'on parle de l'amour divin pris en lui-même, dans son acte éternel et immuable, dans son acte égal à Dieu. En ce sens là, Dieu nous aime tous infiniment; car Dieu ne fait rien que sous le mode de l'infini qui est celui de son être. Mais cet amour, qui est infini, ne se donne pas des objets infinis et ne leur communique pas des biens infinis. De même, cet amour, toujours égal en lui-même, ne se donne pas des objets égaux, et ne leur communique pas des biens égaux. Dieu aime, en ce sens-là , inégalement, comme il aime partiellement. Ainsi le veut l'ordre; ainsi le veut ce meilleur bien communiqué par le Créateur à son oeuvre.

   Le meilleur bien de la création, en effet, ce n'est pas celui de tel être, quelque parfait qu'il soit, c'est celui de l'ensemble, sous les auspices de l'ordre, de l'harmonie, qui de la multiplicité émiettée fait l'unité riche.

    Dans une oeuvre orchestrale, ce qui vaut le mieux, ce n'est pas tel accord, ce n'est pas telle mélodie, c'est le déploiement sonore, dont l'unité est la marque du génie plus encore que sa richesse. Tout n'est pas là au même plan; il y a des sacrifices, il y a des silences quelquefois pailletés de légers bruits; et l'unisson entraînant ou la polyphonie émouvante ont pour support les assises calmes d'un travail orchestral tout uni.

   Ainsi l'amour divin a-t-il traité son immense symphonie créatrice.

    Dieu aime mieux sa créature, en aimant moins - en ce sens qu'il lui donne moins - telle de ses créatures. Et celle-ci, moins aimée prise à part, doit se trouver aimer en toutes, aimée dans le tout dont elle est solidaire, comme le trait de flûte est aimé dans la symphonie sans qu'il s'en détache. 

   Tous, pour chacun , chacun pour tous, cela est vrai de l'amour comme des services. " Que je jouisse de toi , frère, dans le Seigneur, " écrivait Paul à Philémon: chaque petit être peut pousser ce cri vers les grands êtres objet de son admiration et de son envie vertueuse, vers l'infini des sphères et le plus grand infini des esprits.

   Tout cela est un avec lui, et l'averse des grâces que l'amour infini fait pleuvoir est réjouissante pour l'herbe comme pour l'immense prairie où elle pousse, enracinée à la Terre vivante, buvant la sève qui nourrit tout.

   Que sera-ce, si par le Christ, Dieu a trouvé le moyen d'unir ses créatures en valeur non seulement entre elles, mais avec soi, leur cédant sa divinité incarnée, afin de pouvoir aimér, dans cette chair humiliée et douloureuse, tout l'infini qui est son propre objet!

   O Dieu! vous avez aimé le monde jusqu'à lui donner votre Fils unique; mais surtout vous lui avez donné votre Fils unique afin de pouvoir l'aimer davantage, l'aimer à fond, l'aimer en l'Un de vous Trois, ô Trois en Un, l'aimer infiniment et réaliser comme une identité d'amour qui permettra au Sauveur de dire : " Si quelqu'un m'aime, mon Père aussi l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous établirons en lui notre demeure."

   Au baptême du Jourdain, la voix qui se fit entendre disait :" Voici mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances. " Cette parole, en son sens complet exige l'incarnation , elle nous ouvre , sur l'amour de Dieu, une vue large. Le Christ résume l'humanité pour l'amour, comme il l'a résume pour la douleur expiatrice et le salut; par lui, elle peut aimer; par lui, elle peut être aimée avec une plénitude qui ne laisse rien désirer à l'objet divin, qui place l'humanité elle-même au niveau des échanges ineffables que nous aurons à contempler dans la Trinité. Et comme l'humanité traîne avec soi son univers conjoint: substance morte ou demi-vivante dont elle est l'âme, c'est tout le créé qui par l'homme racheté se trouvera faire partie de la famille de Dieu, l'aimant par soi ou par procuration et recevant son amour comme le reçoit au dedans de Dieu même le Bien qui lui est identique.

   O adorable élargissement de ce qui en soi n'était qu'un rien et en qui le Tout divin va reposer ses complaisances! Le néant s'est dilaté pour recevoir l'être; Dieu agrandit la coupe pour y verser la divine liqueur.

Amour, amour, quand tu nous tiens,

on peut bien dire: Adieu prudence!

    Mais non ! l'amour divin donne à l'amour humain des leçons de prudence autant que d'excès généreux. Il aime infiniment par nature; il ne pouvait aimer infiniment ce qui est un support trop fragile pour ce poids: il y ajoutera cet étai invincible, la croix, dont les bras divinement encastrés peuvent porter le monde. Mais c'est le ciel même, que la croix porte quand tu t'y appuies, douloureuse Cariatide, la tête chargée du coussinet d'épines, tous tes membres arc-boutés à ton bois sanglant.

   Avec ces forces complémentaires, l'humanité peut soutenir l'infini et le mêler à ses destinées; Dieu s'y repose; Dieu s'y complait; Dieu s'y agite dans l'effort du travail. Il faudra bien que nous voyions cet amour à l'oeuvre; mais tout d'abord il fallait le nommer. Nous l'avons nommé Dieu: il faudra le nommer d'un plus propre nom, en nommant et en adorant, après l'amour qui est nature, en Dieu, l'amour qui est personne: le Saint- Esprit.

 

rp Sertillanges.

 

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Rédigé par Philippe

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