A Cana, la Vierge Marie ne se contente pas de prendre l'initiative du miracle, mais elle préside encore à la dispensation du merveilleux breuvage. Et comme ce breuvage symbolise le sang précieux du Christ Jésus, nous découvrons du même coup le droit qui revient à Notre-Dame sur tous les écoulements du sang rédempteur.
Pour dire les choses plus simplement, les noces de Cana furent pour la Vierge Marie l'occasion de se manifester à nous comme l'Epouse du Verbe fait chair. Car la Vierge Marie est unie au Christ, non pas seulement en qualité de Mère, mais, plus et très véritablement, au titre d'Epouse.
Epouse du Christ , Notre-Dame l'était déjà sans doute, en raison de l'union hypostatique, puisqu'en elle la nature humaine s'unissait au Verbe de Dieu , mais elle devait l'être encore, et plus proprement, du fait de sa participation au sacrifice de la Croix et de l'assistance qu'elle prêta directement au Sauveur dans l'acte même de notre rédemption.
Aux noces de Cana, dans une circonstance dont tous les détails étaient divinement appropriés à ce mystère, le Christ Jésus annonça l'union qui, l'heure venue, devait se consommer entre lui et la Vierge Marie, pour le salut du monde.
C'est pourquoi, tandis que l'épisode de l'adoration des Mages nous faisait saluer dans la Mère de Jésus la Mère du Roi des rois, le miracle de Cana nous révèle, de plus, que Notre-Dame est l'Epouse de ce Seigneur des seigneurs, dont elle partage à tout jamais , au ciel et sur la terre, la royauté, la puissance et la gloire:
Le baptême reçoit du Christ, par le fait que le Christ le reçoit, cette efficacité qu'il pourra exercer pour faire des chrétiens, dès que la Rédemption aura été accomplie à la croix.
Faire des chrétiens! régénérer les âmes, ce qui est l'oeuvre de l'Esprit-Saint, les incorporer au Christ, et donc les faire entrer dans la famille du Père céleste. Aussi voyons-nous intervenir lors de cette institution du baptême chrétien le Père et l'Esprit.
Notre-Seigneur y représente toute la race chrétienne. II y est le premier-né de la multitude de frères. Comme la chrétienté naîtra de l'eau sainte, le voilà qui sanctifie l'eau en la recevant . Il est dans la posture et la disposition de tous ceux qui viendront au baptême et accompliront, comme il dit, toute justice . Il voit les cieux ouverts pour que le baptême nous les ouvre. Il entend la voix du Père qui le proclame pour nous son Fils, son Fils par nature, afin que nous sachions qu'en nous identifiant avec lui comme fait le baptême, nous devenons les fils d'adoption. Et l'Esprit descend sur lui comme il nous est dit , au début de la Genèse, qu'il planaît sur les eaux primordiales: elles reçoivent maintenant leur fécondité surnaturelle. La colombe descendant sur le Christ nous désigne le véritable et l'unique Baptiseur, celui qui baptise dans l'Esprit-Saint; le Baptiste n'en pouvait être que le Précurseur, car il n'y a de baptême que par sa vertu , son efficace.
Tel est le grand mystère qui s'accomplit. Mystère d'opération divine.
Il est normal que quelques assistants en soient témoins. Mais après tout peu importe, puisque nous avons le témoignage des évangélistes. Peu importe ce qui apparaît. L'essentiel, c'est la réalité de cette opération surnaturelle. Le principal témoin, saint Jean-baptiste, ne semble pas en avoir pleine conscience. En tous cas, il n'est pas au fait pendant qu'il en est l'instrument. Il avoue peu après, comme nous le rapporte l'évangéliste saint Jean, qu'il n'a pas reconnu d'abord le Messie; il ne comprend qu'au moment où le baptême est accompli, lorsque la colombe lui apparait. ... Au moment où il voit la colombe, il ne comprend sans doute pas pleinement, puisque bientôt, dans sa prison, il aura des doutes et enverra des disciples à Jésus, lui demandant s'il est bien celui qui devait venir. Comprit-il toute la réalité du baptême chrétien qui succédait au sien, et tout ce qui croissait par sa diminution? ...
Ce qui compte, c'est ce pouvoir formidable que le Christ acquiert aux hommes et leur transmettra comme une institution perpétuelle après sa passion et sa résurrection, ce pouvoir que saint Jean a tant de hâte d'annoncer dès le début de son évangile
:" Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. "
L'avènement à la vie divine qui nous est accordé est l'oeuvre de Dieu. Et il n'est en rien un droit, il est une faveur dont nous sommes indignes. Ainsi le Christ, qui est Dieu, mais qui est parfaitement homme, et qui est baptisé en tant qu'il est l'Homme par excellence , le Fils de l'Homme, se présente-t-il au baptême avec cette humilité, cette obéissance, cette gratitude qui font la disposition de la créature devant la générosité du créateur. Il s'incline , il s'efface, il se cache, parce que c'est à Dieu d'opérer.
L'histoire en est admirable, mais la signification est bien plus délectable. Ce fut en vérité une grande manifestation de la Majesté divine quand, par la volonté du Seigneur, l'eau se changea en vin.
Toutefois un changement bien meilleur de la droite du Très-Haut est figuré par celui-ci. Nous sommes tous appelés à des noces spirituelles où l'époux est Jésus-Christ même. Aussi chantons-nous dans le psaume :" Il est semblable à l'époux qui sort de la chambre nuptiale." (ps XVIII, 6)
L'épouse, c'est nous-mêmes, s'il ne vous semble pas incroyable que tous ensemble nous soyons l'épouse et que chacune de nos âmes soit aussi l'épouse. Mais quand donc notre fragilité pourra-t-elle sentir de son Dieu qu'il la chérit de toute l'affection dont l'épouse est aimée de l'époux? ...
L'épouse est, en vérité, très inférieure à l'Epoux, inférieure en naissance, en beauté, en dignité; et pourtant c'est pour cette éthiopienne que le Fils du Roi éternel est venu de loin (Isa, XXX,25)
Pour se l'unir, il n'a pas craint même de mourir pour elle. Moïse a bien épousé une éthiopienne, mais il n'a pu changer la couleur de sa peau. Pour le Christ, celle qu'il a aimée dans sa honte et sa souillure, il s'en est fait une Eglise toute glorieuse, sans tâche et sans ride (Eph V, 37)
Qu'Aaron se plaigne, que Marie murmure; non la nouvelle , mais l'ancienne; non la mère du Sauveur, mais la soeur de Moïse; non notre Marie, dis-je, car elle, elle s'inquiète au contraire s'il vient à manquer quelque chose aux noces: vous, comme il est juste, de toute votre affection, répandez-vous en action de grâces....
Mais d'où te vient, ô âme humaine, d'où te vient ce bonheur? Comment as-tu mérité cette gloire inestimable de devenir l'épouse de celui sur qui les anges même désire pouvoir arrêter leur regard? .... D'où te vient cet honneur qu'il soit lui-même ton époux, celui dont le soleil et la lune admire la beauté et sur un signe duquel toutes choses sont changées?
Que rendras-tu au Seigneur pour tous les biens dont il t'a comblée, en t'admettant à sa table, en t'associant à son trône, en t'appelant enfin dans sa chambre nuptiale pour t'introduire dans le lieu de son repos sacré?
Vois quels doivent être tes sentiments pour Dieu; vois combien tu dois attendre de lui; vois avec quel bras de réciproque de charité du dois embrasser et aimer en retour celui qui t'a tant estimée, ou plutôt qui t'a faite si grande ! De son côté sacré il t'a recréé lorsqu'il s'endormit pour toi sur la croix et accepta le sommeil de la mort. Pour toi , il est sorti du sein du Père et a délaissé sa mère la synagogue afin qu'unie à lui tu ne fasses plus qu'un même esprit avec lui (1Cor, VI,17)
Et toi, donc écoute, ô fille , vois et considère combien est grande l'estime que Dieu daigne faire de toi. Pour lui , oublie ton peuple et la maison de ton père (Ps. XLIV, 12) quitte tes affections charnelles, désapprends les moeurs du siècle, abstiens-toi de tes vices passés, abandonne tes habitudes funestes. Y penses-tu donc? ....
Déjà, en effet, tu lui es fiancée; déjà le dîner des noces est célébré. Pour le souper, il se prépare dans les cieux, dans les tabernacles éternels. Crois-tu vraiment que là le vin pourra jamais manquer? Non certes. Là nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu et nous boirons au torrent de ses voluptés. Il est préparé, en vérité, pour ces noces, un fleuve de vin, de ce vin qui réjouit le coeur de l'homme, car l'impétuosité de ce fleuve répand l'allégresse dans la cité de Dieu (Ps. XXXV,9)
Mais ici-bas, parce qu'il nous reste une longue route à faire, un premier repas nous est préparé: non , il est vrai, avec l'abondance et la satiété réservées pour le souper éternel. Ici-donc, parfois, le vin vient à manquer, c'est-à-dire la grâce de la dévotion et la ferveur de la charité.
Combien de fois, mes frères, après avoir écouté vos plaintes et vos gémissements sur ce point, ne suis-je pas obligé de m'adresser pour vous à la Mère de la miséricorde et la prier de suggérer à son très doux Fils que le vin vous fait défaut ?
Et elle, je vous l'assure, mes bien-aimés, si nous frappons à la porte de son coeur avec une tendre piété, elle ne fera point défaut à notre misère, car elle est toute miséricordieuse et la Mère de la miséricorde. Si elle a compati à la confusion de ceux qui l'avaient invitée, combien plus sera-t-elle compatissante pour nous qui l'invoquons avec piété!
Elles lui plaisent, en effet, nos noces et elles la touchent assurément bien plus que celles de Cana, puisque c'est de son sein qu'est sorti, comme de sa chambre nuptiale, l'Epoux céleste. (ps XVIII,5)
Ce premier repas des noces n'est donc réellement que le festin des fiançailles, et non celui de l'union nuptiale. N'allons pas croire, en effet , qu'il sera besoin encore de vases destinés aux purifications, quand le Christ se donnera une Eglise glorieuse, sans tâche, sans ride et sans défaut.
Le temps des purifications est celui de la vie présente où personne n'est sans souillure, pas même l'enfant d'un jour. Aussi l'épouse a - t- elle ici-bas besoin d'ablutions, de purifications, afin de pouvoir aux noces célestes, être présentée sans tâche à son époux divin.
Nous avons la foi pour étoile, comme le rappelle la collecte de la messe. Une étoile, ce n'est pas le soleil qui chasse toutes les ténèbres et fait le jour, c'est le point lumineux qui brille au milieu de la nuit, qui se contente d'orienter, et sans dissiper les ombres, de conduire à travers. Ainsi la foi nous montre la route, nous invite suavement au voyage, si nous voulons y prêter attention.
Cette petite lumière surnaturelle, ne la traitons pas comme une de ces veilleuses nocturnes qui continuent de briller , sans que l'on y prenne garde; que l'on n'ose pas éteindre, car on sait qu'il sera bon peut-être de la retrouver ; mais devant laquelle on met un écran pour qu'elle ne gêne pas notre sommeil ou ne nous empêche pas de commettre nos actions dans les ténèbres.
Bien d'autres que les mages virent aussi l'étoile et ne se soucièrent point de quitter leur pays et leurs habitudes. Ils se moquèrent de ces rêveurs qui partaient dans la direction de ce signe céleste, sans savoir où il les mènerait.
Debout! Ce sont ces rêveurs qui ont raison. Partons dans la direction de l'étoile. Suivons la voie que nous indique notre foi chrétienne, quand par une inspiration de la grâce du Saint-Esprit elle brille plus vivement dans la nuit de notre âme.
" Je ne sais quoi vous luit au dedans, dit Bossuet: vous êtes dans les ténèbres et les amusements, ou peut-être dans la corruption du monde; tournez vers l'Orient où se lèvent les astres; tournez-vous à Jésus-Christ qui est à l'Orient, où se lève comme un bel astre l'amour de la vérité et de la vertu: vous ne savez encore ce que c'est , non plus que les mages, et vous savez seulement en confusion que cette nouvelle étoile vous mène au roi des Juifs, des vrais enfants de Juda et de Jacob: allez, marchez, imitez les mages. " Nous avons vu son étoile et nous sommes venus"; nous avons vu et nous sommes partis à l'instant. Pour aller où ? Nous ne le savons pas encore; nous commençons par quitter notre patrie. Quittez le monde de même, le monde pour lequel la nouvelle étoile, la chaste inspiration qui vous ébranle le coeur, commence à vous inspirer un secret dégoût . Allez à Jérusalem; recevez les lumières de l'Eglise: vous y trouvez les docteurs qui vous interpréteront les prophéties, qui vous feront entendre les desseins de Dieu : et vous marcherez sûrement sous cette conduite."
S'il est bon d'aller trouver les docteurs, pour qu'ils nous encouragent et nous expliquent notre route, quand la lumière nous est donnée, c'est surtout quand celle-ci disparaît et nous laisse parfois dans l'obscurité complète , qu'il faut recourir aux conseils de ceux que Dieu a établis pour enseigner et commander en son nom dans l'ordre du salut.
Votre âme qui marchait à la lumière de sa petite étoile se trouve soudain dans la nuit . Pas une clarté pour lui montrer le chemin. Elle ne sait plus où elle en est. Consultez les guides spirituels qui ont appris le plan de Dieu dans la conduite des âmes. Ils pourront vous renseigner sur la route à suivre. Obéissez humblement. Dieu récompensera bientôt votre docilité en vous montrant de nouveau sa lumière. Comme les mages, cheminant vers Bethléem, aperçurent tout à coup l'étoile au-dessus de la petite ville et ressentirent une grande allégresse, les âmes ont la joie quelque jour d'éprouver la conviction intime qu'elles sont dans le droit chemin. En vérité, pensent-elles cette route où je m'en allais aveuglément par obéissance est la bonne voie, c'est le chemin qui conduit au divin Roi.
Et si l'étoile projette son rayon de lumière sur une pauvre demeure, sur un enfant de misérable apparence , qu'importe ?
A la clarté de l'étoile et avec les yeux de la foi, l'âme voit au-delà des apparences. " Voyez , dit saint Bernard,, quelle est la pénétration des yeux de la foi! La foi reconnaît le Fils de Dieu à la mamelle, elle le reconnaît attaché au bois, elle le reconnaît jusque dans la mort.
A la suite de nos chefs, il nous faut nous aussi retourner dans notre patrie. " Notre patrie, dit saint Grégoire à ce propos, c'est ce paradis dont nous sommes éloignés par l'orgueil, la désobéissance, l'attache aux choses sensibles, le goût du fruit défendu. Maintenant que nous avons connu Jésus, il nous faut changer de conduite. Pleurons nos fautes, obéissons aux commandements divins, méprisons les biens de ce monde visible et réprimons les convoitises de la chair . C'est ainsi que nous retournerons dans notre pays ."
L'humble petite lumière qui brille dans la nuit a conduit les mages et leur suite innombrable jusqu'au Christ, qui est en personne cette belle étoile annoncée comme devant sortir de Jacob. Il s'est proclamé lui-même " l'astre radieux du matin " dont l'éclat tempéré, dans la vie d'ici-bas , " rassure les fidèles sur l'incertitude du présent et de l'avenir , et les prépare à contempler dans son plein le Soleil de Justice.
l'incroyable pianiste qui, avec ses 14 ans à peine, est en train de construire une carrière artistique de haute catégorie,
" La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde."
Ce qu'il aime le plus dans la musique, c'est la possibilité d'aider les gens. Il veut être professeur et pianiste de concert et poursuivre ses études universitaires sur Internet. En 2012, il a donné un concert au Guatemala pour soutenir une fondation de personnes trisomiques.
La jeune Américaine Wiley Skaret travaille avec la Fondation Greenheart. Mauricio Alvarado
Pourquoi t'es-tu penché sur le piano?
Ce que j'aime le plus dans la musique, c'est la possibilité d'aider les gens.
En 2012, j'ai donné un concert au Guatemala pour soutenir une fondation de personnes trisomiques. Nous avons recueilli 15 000 $ et cela les a financés pendant un an. C'était très satisfaisant.
Quand vous êtes-vous intéressé au piano?
Il y a dix ans, quand j'avais cinq ans. Depuis que j'étais enfant, je jouais avec les clés de piano électroniques à la maison, puis mes parents m'ont mis en classe avec le Dr Marjory Lee.
Il est venu en Colombie il y a trois ans. Comment avez-vous suivi votre formation musicale ici?
Je suis des cours d'harmonie en ligne à l'Université de Berkeley et j'ai aussi des cours avec Pilar Leyva. Avant d'arriver en Colombie, je me sentais très tendu quand je jouais. Elle m' a appris à me détendre pour obtenir un meilleur son.
Quelle a été la partie la plus difficile de vos premiers mois en Colombie?
C'est la première fois que je vis en Amérique du Sud. Au début, c'était très difficile parce qu'il était toujours difficile de se rendre dans un autre pays et d'apprendre une nouvelle langue. Au début, je pouvais à peine communiquer avec qui que ce soit. Quand j'ai appris l'espagnol, ça a commencé à devenir plus facile.
Pourquoi avez-vous décidé de faire des concerts pour les orphelins de la police?
Nous voulions aider la police parce qu'elle est responsable de la lutte contre la drogue, ce qui touche directement les États-Unis. Nous voulions également soutenir les fondations qui travaillent pour les familles des policiers morts dans l'exercice de leurs fonctions. Je pense qu'ils le méritent pour les sacrifices qu'ils font.
Il y a beaucoup de références bibliques sur votre site web. Pourquoi est-ce ainsi?
Quand je donne quelque chose, je veux toujours le faire au nom de Dieu. En fait, le nom de la page vient d'un verset de la Bible, de l'Épître de Jacques 1:27. Dans ce verset, il dit que la religion la plus pure est celle qui s'occupe des orphelins et des veuves.
Que peuvent faire les gens dans l'esprit de st Jacques ?
Le 20 mai nous avons un concert à Bogotá pour collecter des fonds et les gens peuvent aussi faire un don sur notre site web. Cet argent ne passe pas entre mes mains. Il se rend directement à une fondation, New Horizons, et l'idée est que l'intérêt de cet argent servira à financer des bourses d'études pour les orphelins de policiers colombiens.
Je veux être professeur et pianiste de concert. Je veux aussi continuer à étudier dans les universités par Internet et j'espère obtenir une bourse pour poursuivre mes études.
Message de Noël du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille
Bien-aimés dans le Seigneur archipasteurs, révérends prêtres et diacres, moines et moniales amis de Dieu, chers frères et sœurs,
Je vous salue cordialement à l’occasion de la grande fête de la Nativité du Christ : la fête de l’enfantement selon la chair de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, par l’Esprit Saint et la Très Pure Vierge Marie. Nous appelons maintenant tous les hommes a glorifier avec l’Église le Créateur et Démiurge par les paroles : « Chantez le Seigneur, toute la terre » (Hirmos de la première ode du canon de la Nativité du Christ).
Le Dieu qui est Toute-bonté et qui aime Sa création envoie Son Fils Unique, le Messie attendu depuis longtemps, afin qu’Il accomplisse l’œuvre de notre salut. Le Fils de Dieu, qui est dans le sein du Père (Jn. I, 18), devient Fils de l’homme, et vient dans notre monde, pour nous délivrer du péché par Son sang et pour que l’homme ne soit plus effrayé par l’aiguillon de la mort.
Nous savons que les mages qui ont adoré le Christ Lui ont apporté des dons. Quel don pouvons-nous donc apporter au Maître Divin ? Celui qu’Il nous demande Lui-même : « Mon fils, donne-moi ton cœur et que tes yeux gardent mes voies » (Proverbes XXIII, 26).
Que signifie donner le cœur ? Le cœur est le symbole de la vie. S’il cesse de battre, l’homme meurt. Donner son cœur à Dieu, cela veut dire Lui dédier sa vie. Cette consécration n’exige pas de nous le renoncement à tout ce que nous avons. Nous sommes seulement appelés à éloigner du cœur ce qui gêne la présence de Dieu en lui. Lorsque toutes nos pensés ne se préoccupent que de notre propre ego, lorsqu’il n’y a pas dans le cœur de place pour le prochain, alors il n’y a pas de place non plus pour le Seigneur.
La présence du prochain dans le cœur dépend avant tout de notre capacité de ressentir la douleur de l’autre et d’y répondre par des œuvres charitables.
Le Seigneur nous demande d’observer Ses voies. Observer les voies de Dieu signifie voir la présence divine dans sa vie et dans l’histoire de l’humanité : voir la manifestation de Dieu, tant dans Son amour que dans Sa juste colère.
Dans la vie de notre peuple, l’année passée a été remplie du souvenir des événements tragiques du XXème siècle et des persécutions de la foi qui commençaient. Nous avons commémoré l’exploit des nouveaux martyrs et confesseurs, qui ont témoigné avec fermeté leur fidélité au Christ. Mais, même en ce temps terrible pour notre pays, le Seigneur nous a manifesté Sa miséricorde. Après une interruption forcée durant deux siècles, le Patriarcat a été rétabli en Terre russe et l’Église, au temps difficile des épreuves, a trouvé en la personne du saint hiérarque Tikhon, élu Primat, un sage et courageux pasteur, par les prières ferventes duquel, devant le Trône du Très-Haut Créateur, notre Église et notre peuple on pu traverser la fournaise des épreuves.
Nous vivons maintenant une période particulière : les afflictions n’ont pas quitté le monde, nous entendons parler quotidiennement des guerres et des bruits de guerres (Matth. XXIV, 6). Mais combien l’amour de Dieu se déverse sur le genre humain ! Le monde existe en dépit des forces du mal, tandis que l’amour humain et les valeurs familiales demeurent, malgré les efforts invraisemblables pour les détruire définitivement, les souiller et les pervertir. La foi dans le Dieu est vivante dans les cœurs de la majorité des gens. Tandis que notre Église, malgré les décennies de persécutions dans le passé récent et les mécanismes que l’on lance à présent pour miner son autorité, a été, reste et sera toujours le lieu de la rencontre avec le Christ.
Nous croyons que, après avoir traversé les épreuves actuelles, les peuples de la Russie historique renouvelleront leur unité spirituelle, deviendront prospères matériellement et heureux socialement.
La Nativité du Christ est un événement central dans l’histoire de l’humanité. Les hommes ont toujours recherché Dieu, mais dans toute la plénitude possible pour nous, le Créateur – le Dieu Trinitaire – s’est révélé au genre humain seulement par l’incarnation du Fils Unique. Il vient sur la terre pécheresse afin de rendre les hommes dignes de la bienveillance du Père Céleste et de poser un fondement ferme à la paix, donnant ce commandement : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix »
(Jn XIV, 27).
Que cette année soit paisible et prospère pour notre peuple, pour les peuples de la Russie historique et tous les peuples du monde.
Que l’Enfant-Dieu qui est né à Bethléem nous aide à trouver l’espoir qui vainc la crainte, et à ressentir par la foi la force de l’amour divin qui transfigure la vie humaine. Amen.
Dom Guéranger , qui a écrit sur le mystère de l'Epiphanie des pages savoureuses auxquelles les âmes chrétiennes trouvent une fraîcheur toujours nouvelle, na pas manqué de relever le bel usage qui s'était introduit jadis en plus d'une cour chrétienne
En France notamment, ce fut longtemps la coutume que le roi très chrétien vint à l'offrande le jour de l'Epiphanie et présentât l'or, l'encens et la myrrhe comme un tribut à l'Emmanuel. Il faut voir dans cette tradition beaucoup plus qu'un touchant témoignage de la dévotion simple et naïve de nos aïeux. Elle répond admirablement à une réalité profonde, car elle nous représente très exactement ce qu'était le Christ Jésus, au regard des rois et des peuples du moyen-âge. Tous reconnaissaient alors dans le Christ le Roi des rois, dont l'influence douce et bienfaisante pénétrait jusque dans son fond la société chrétienne. En ce temps-là, les princes de la terre, à l'exemple des mages se montraient les plus empressés à reconnaître dans la royauté du Sauveur l'origine et le fondement solide de leur propre pouvoir.
Nous savons le changement qui est survenu dans la suite des temps. Non seulement la réforme protestante avec Saint Luther a brisé l'unité de la société chrétienne et ravi au Christ-Roi une notable portion de son héritage, mais elle a engendré ces doctrines perverses et subtiles, qui tendent aujourd'hui à amoindrir l'autorité de Notre-Seigneur jusque dans la partie fidèle de son royaume.
Le Cardinal Pie remarquait avec beaucoup de finesse que les funestes propagateurs du catholicisme libéral ressemblent singulièrement à certains hérétiques dont parle saint Grégoire dans son homélie sur l'Epiphanie. Ceux-ci , tout en admettant que Jésus est vraiment Dieu et vraiment homme se refusaient absolument à reconnaître l'extension universelle de sa royauté: Sunt vero nonnuli heretici, qui hunc Deum credunt, sed ubique regnare nequaquam credunt.
Ils se faisaient un devoir d'offrir à Jésus l'encens dû à sa divinité, mais ne voulaient point y ajouter l'or que réclame sa souveraineté: hi profecto thus offerunt, sed offere etiam aurum nolunt.
Le saint pontife en tirait cette conclusion pratique que le premier de nos devoirs en la fête de l'Epiphanie est de déposer aux pieds du Seigneur qui vient de naître l'hommage qui convient au Roi de l'univers :Nos itaque nato Domino offeramus aurum, ut hunc ubique REGNARE fateamur.
Et il serait à souhaiter que la fête de l'Epiphanie retrouvât le prestige de l'antique et joyeuse fête des rois.
Réjouissez-vous dans le Seigneur, frères bien-aimés, encore une fois, réjouissez-vous ,1 Phil. IV,4
car c'est bien peu de temps après avoir célébré l'anniversaire de la naissance du Christ que nous voici illuminés par la fête de sa manifestation : Celui qu'en ce jour-là une Vierge a enfanté, en celui-ci se fait connaître. Car le Verbe s'étant fait chair Jo , I, 14 a pris sur Lui notre nature avec de tels ménagements dans les débuts, que Jésus à sa naissance, tandis qu'Il se révélait aux hommes de foi, demeurait voilé aux yeux de ses persécuteurs. Les cieux donc ont annoncé la gloire de DieuPs. XVIII,1 et la vérité s'est faite entendre à toute la terre: Rom . X, 18 . ; et si cela a eu son accomplissement lorsque les bergers aperçurent l'armée des Anges qui leur annonçait la parution du Seigneur, c'est aussi lorsque l'étoile s'est faite le guide des Mages pour les mener L'adorer.
Ainsi cette génération du vrai Roi a jeté sa lumière du levant au couchant, puisque cette réalité que les royaumes de l'orient apprirent par les Mages, ne fut pas ignorée non plus de l'empire romain. Car Hérode voulant éteindre l'aurore d'un roi qui l'inquiétait, par sa cruauté, sans le savoir, servait ce dessein: tandis qu'il donne toute son attention à perpétrer ce crime atroce, et que pour atteindre ce nouveau-né qu'il ne connaît pas il met à mort tous les enfants sans distinction, la renommée proclame partout avec plus de célébrité cette naissance du Dominateur annoncée par le ciel: car à la rendre plus empressée et plus soigneuse à parler se concertaient la nouveauté du signe céleste et la monstrueuse férocité du persécuteur impie.
Si d'autre par le Sauveur fut alors porté à l'Egypte, c'est que par la grâce secrète de sa présence Il voulait appeler au salut déjà tout proche ce peuple adonné à d'antiques erreurs; c'était afin aussi que celui qui n'avait pas encore rejeté de son âme la superstition, offrit , dès lors, l'hospitalité à la vérité.
Ce jour rendu sacré par la manifestation du Seigneur a bien mérité, frères bien-aimés, la dignité toute spéciale que lui a accordée le monde entier; qu'en nos coeurs également il resplendisse d'une lumière digne de lui : et pour rendre un tel hommage à la succession de ces évènements mémorables il ne suffit pas d'y donner foi, il faut s'appliquer aussi à en pénétrer tout le sens.
Quelles actions de grâces ne devons-nous pas en effet au Seigneur pour ce qu'il a accordé la clarté aux Gentils? l'aveuglement des Juifs nous en donne la mesure. Que peut-on imaginer de si aveugle, de si étranger à la lumière que ne furent ces prêtres et ces scribes d'Israël ? Aux Mages qui s'informaient, à Hérode qui demandait où, d'après le témoignage des Ecritures, devait naître le Christ, Mt II,4 ce sont eux qui ont fourni la réponse qu'ils tiraient des prophéties: celle-là même qu'indiquait l'étoile du haut du ciel. Sans doute cette dernière aurait-elle pu laisser de côté Jérusalem et , comme elle le fit par la suite, conduire par son seul signe les Mages jusqu'au berceau de l'enfant; mais pour confondre l'endurcissement des Juifs, il était à propos que ceux qui déjà avaient l'astre pour les conduire, apprissent aussi de leur aveu même où était né le Sauveur. Dès lors donc l'Ecriture tournait ses prophéties à l'enseignement des Gentils, et le Christ prédit par les oracles antiques se faisait connaître aux coeurs étrangers, puisque les Juifs dans leur infidélité, professant de bouche la vérité, gardaient en leur coeur le mensonge. Ils ne voulurent point reconnaître de leurs yeux Celui qu'ils avaient révélé par le moyen des livres sacrés: Celui-là même qu'ils refusaient d'adorer tout humble en son enfance fragile, et qu'ils devaient plus tard crucifier dans tout l'éclat de ses forces pleinement épanouies.
Comment donc, ô Juifs, pouvez-vous à la fois posséder la science et n'avoir qu'une si mauvaise information, enseigner et rester si peu instruits? On vous demande où le Christ doit naîtreMt,II,4 et consultant votre mémoire, vous dites la vérité telle que vous l'avez lue :" A Bethléem de Juda . ib, 5. Ainsi en effet l'a écrit le Prophète: Et toi , Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la moindre parmi les villes principales de Juda. Car c'est de toi que sortira le Chef qui doit régir mon peuple d'Israël.Michée, V,2 Ce prince est né, les Anges l'ont annoncé aux bergers Luc II, 10 , et les bergers à vous-mêmes . ib, 18 Ce prince est né, et jusqu'aux confins de l'orient les nations l'ont appris par l'éclat insolite d'un astre nouveau. Mieux : pour qu'elles ne puissent hésiter sur le lieu de cette naissance royale, c'est votre érudition qui leur révèle ce que ne leur a pas fait connaître l'étoile.
Pourquoi vous fermez-vous la voie que vous ouvrez aux autres? Pourquoi demeure douteux à votre foi défaillante ce que votre réponse rend manifeste? Sur l'attestation des Ecritures vous indiquez le lieu de la nativité, le ciel et la terre vous témoignent que le temps est arrivé, et malgré tout la même occasion qui a embrasé l'âme d'Hérode jusqu'à la persécution , n'a fait qu'endurcir votre esprit jusqu'à l'incrédulité.
Heureuse l'ignorance des enfants, qu'a massacrés le persécuteur, plus que votre science que dans son trouble il a consultée. Vous avez pu montrer sa citadelle , et vous avez refusé d'accueillir sa royauté. Eux , ils ne pouvaient encore Le confesser, et ils n'ont pu mourir pour Lui.
Ainsi le Christ, car aucune époque de sa vie ne devait être privée de miracle, avant de pouvoir user de la langue déclarait sans paroles la puissance du Verbe; Il semblait déjà dire: Laissez venir à moi les enfants, car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent: Mt XIX, 14 Il couronnait d'une gloire nouvelle les enfants; et ses débuts rendaient sacrée la première enfance des nouveaux-nés; Il donnait à entendre par là que nul homme n'est inapte à recevoir la grâce des mystères divins, quand cet âge lui-même était capable de la gloire du martyre.
Reconnaissons donc, frères bien-aimés, en ces Mages qui viennent adorer le Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et animons-nous d'allégresse pour célébrer en son principe l'espérance bienheureuse. C'est à partir de là en effet que nous avons commencé d'entrer en l'héritage de l'éternité; c'est là que se sont dévoilées à nous les Ecritures qui nous parlaient du Christ en un langage caché; et la vérité que les Juifs aveugles n'ont point reçue a apporté sa lumière à toutes les nations.
Aussi devons-nous avoir en honneur ce jour très saint, où est apparu l'auteur de notre salut; et Celui que les Mages ont vénéré enfant en la crèche, adorons-Le tout puissant en les cieux. Et de même que ceux-là sortirent de leurs trésors des présents dont les apparences n'étaient que des symboles de ce qu'ils voulaient offrir au Seigneur, ainsi à notre tour tirons de nos coeurs des dons dignes de Dieu. Sans doute c'est Lui-même qui nous prodigue tous les biens. Il recherche encore cependant le fruit de notre industrie: car ce n'est pas à ceux qui dorment qu'échoit le royaume des cieux, mais à ceux qui peinent et veillent en les commandements de Dieu; si de la sorte nous ne rendons pas improductifs ses dons, nous mériterons, par le moyen même de ce qu'Il nous a donné, de recevoir ce qu'Il a promis.
C'est pourquoi nous adressons à votre dilection cette invitation: de vous abstenir de toute oeuvre mauvaise pour vous attacher à une vie chaste et juste. Car des fils de la lumière doivent rejeter les oeuvres de ténèbres. Détournez-vous , donc de la haine, rejetez le mensonge, détruisez l'orgueil par l'humilité, secouez toute avarice, aimez répandre vos largesses: il convient que les membres soient adaptés à leur tête; c'est ainsi que nous mériterons d'entrer en part des béatitudes promises : par Notre-Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne Dieu avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles . Amen.