spiritualite

Publié le 13 Février 2018

« Le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple » (Joël 2, 18)

Il arrive que l’Écriture nous présente Dieu comme irrité contre le peuple qu’il avait pourtant choisi pour instrument de son dessein d’amour envers l’humanité, parce que ce peuple se comportait comme si cette bienveillance divine lui était insupportable ; à de nombreuses reprises, Dieu lui a envoyé des prophètes pour le rappeler à l’ordre et le ramener sur le bon chemin ; quand, dans son malheur, le peuple écoutait Dieu, ce dernier était comme ému de compassion et rétablissait son alliance. Ces remontrances divines nous choquent parfois, mais reconnaissons qu’elles sont méritées et que nous sommes autant pécheurs que nos prédécesseurs et que nous avons, par conséquent, besoin de nous reprendre.

Saint Benoît exhorte ses moines, durant le Carême, à réparer les négligences des autres temps par une attention plus grande au rejet des mauvais penchants et par une pratique plus vigoureuse de la prière et de la pénitence, du jeûne et de l’abstinence.

L’Église également demande aux fidèles de s’entraîner au combat contre les forces du mal : « Contra spiritales nequitias pugnaturi ». Quant au Seigneur lui-même, il ne parle pas du Carême, mais il prévient que, en l’absence de l’Époux, nous sommes contraints à jeûner et à gémir sur nos péchés dans l’attente de la joie de la présence ; mais il prescrit que nos pratiques ne soient pas accomplies par vanité, dans le désir de nous faire remarquer, car alors notre récompense serait purement terrestre. Il nous faut offrir quelque chose dans le secret, nous dit-il, et dans la joie de l’Esprit Saint, ajoute encore saint Benoît.

En effet, l’important n’est pas tant le nombre et le caractère plus ou moins extraordinaire des exercices ascétiques que la disposition intérieure d’amour de Dieu, dont nos péchés nous ont détournés et que nous désirons recouvrer par notre conversion, notre retour à une vie plus centrée sur l’essentiel.

Le Carême doit être l’occasion de vérifier que nous agissons pour Dieu, pour sa gloire et le service du prochain, et non par égoïsme ou par orgueil pour satisfaire nos tendances personnelles : « Soit que vous mangiez, nous prévient saint Paul, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor 10, 31).

Nous savons bien que certaines personnes pratiquent le jeûne pour diverses raisons qui n’ont rien à voir avec la gloire de Dieu, que des distributions de biens peuvent être l’effet de simples actes philanthropiques émotionnels, que l’on peut même prier dans de mauvaises dispositions, qui font que l’on n’est pas exaucé, comme le constate l’apôtre saint Jacques : « Vous demandez et ne recevez pas parce que vous demandez mal, afin de dépenser pour vos passions » (Jc 4, 3). Il est même encore possible de se dévouer pour l’Église ou sa communauté dans un esprit de vanité, pour sa satisfaction personnelle plus que par dévouement désintéressé.

Puisse ce Carême nous libérer de tout esprit d’orgueil ou de repli sur nous-mêmes et nous stimuler à nous tourner vers Dieu plus fréquemment et avec un cœur contrit et suppliant, nous aider à servir les autres avec plus de zèle ! Le Carême doit, avant tout, nous rendre plus attentifs à Dieu et au prochain en nous détournant des concupiscences de ce monde dont le prince, qui est le démon, cherche à faire briller les effets maléfiques : « Tout ce qui est dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la richesse – vient non pas du Père, mais du monde. Or le monde passe avec ses convoitises ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1Jn 2, 16-17).

Alors, Dieu, qui avait pu nous sembler éloigné de nous et sourd à nos requêtes, nous paraîtra bien plus proche ; en réalité, Dieu n’était ni sourd, ni silencieux : c’est nous-mêmes, par l’hypertrophie de notre moi, qui ne pouvions pas entendre la douce voix divine. Dieu aime celui qui donne avec joie, et celui qui donne pour Dieu est dans la joie, il attend la fête de Pâques avec l’allégresse d’un désir spirituel, dit encore saint Benoît, il attend la Pâque éternelle avec la certitude de rencontrer celui qu’il a servi et aimé durant sa vie.

La liturgie de ce jour est marquée par l’imposition des cendres, rite qui, aux yeux de bien de nos contemporains, peut paraître bien curieux et insignifiant. Et pourtant, le signe est très parlant : l’une des formules employées au cours de ce rite rappelle que notre condition mortelle se termine dans la poussière, d’où elle a été tirée ; mais nous ne sommes pas que poussière, nous sommes aussi enfants de Dieu, par grâce, participant de la nature divine et, en cela, nous sommes immortels, nous vivons déjà de la vie éternelle si, du moins, nous sommes fidèles à la grâce que Dieu ne cesse de nous proposer. Durant le Carême, l’Église, dans sa liturgie, nous fait revivre de manière très sensible le drame du mystère de notre rédemption et cela ne peut que développer notre action de grâces et notre désir de mieux répondre à l’appel évangélique.

En effet, l’autre formule utilisée dans l’imposition des cendres est une invitation à l’esprit de pénitence et à la conversion pour suivre les enseignements de l’Évangile. Le Seigneur n’a pas proclamé cette doctrine pour nous présenter une nouvelle philosophie, un art de vivre humain, mais pour nous conduire à son Père qui attend avec impatience le retour de ses enfants prodigues.

Par le Carême, nous nous préparons à célébrer la victoire du Christ sur le péché ; Dieu nous demande d’accueillir cette victoire qui est à notre avantage, il nous demande d’y participer par notre conversion ; durant ce Carême, la liturgie nous donne de vivre plus intensément le mystère de notre Rédemption en écoutant les appels constants du Seigneur à cette conversion et en nous faisant revivre, en particulier, dans les récits de l’évangile de saint Jean, la montée vers la Passion. Puissions-nous nous laisser émouvoir pour changer notre comportement… et rendre grâces pour le salut acquis.

Dom Philippe Dupont, osb,  révérendissime abbé  congrégation de Saint-Pierre de Solesmes

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Février 2018

 

 

 « Qu'importe à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme ? »  S'il perd son âme, qu'aura-t-il en échange ?... L’Évangile nous montre quelle sécurité offrent les trésors de la terre : « Ne thésaurisez pas en ce monde, disait Notre-Seigneur à ses disciples, car ici-bas la rouille et les vers détruisent les trésors, et les voleurs fouillent le sol qui le recèle et les dérobent. » Et dussions-nous les conserver toujours, ces trésors de la terre, dans quelle mesure satisferaient-ils les aspirations de notre âme, faite pour les délices toutes spirituelles de Dieu Lui-même ?

Laissons-nous pénétrer de cet enseignement divin et donnons tout notre cœur à Celui qui est le seul trésor de notre éternité : « Car là où est votre trésor, là est aussi votre cœur. » La vie s'en va très vite, la mort approche chaque jour ; l’Église veut que nous y pensions sans cesse, envoyant devant nous au ciel, tous nos désirs. Ne soyons pas comme ces mondains si terrestres qu'ils voudraient s'éterniser ici-bas, ne concevant et, en conséquence, ne convoitant que les jouissances animales : « Ils sont comparables à des animaux sans raison et leur sont devenus semblables. »

C'est là le sort de l'homme charnel qui ne comprend pas l'esprit de Dieu ; mais notre vocation toute spirituelle nous crée le devoir quotidien de réagir contre ces tendances dégradantes, et l'austérité plus grande du temps du Carême doit accroître notre énergie dans cette lutte à soutenir contre la nature et l'enfer : « Faites, Seigneur, que dans nos combats contre la malice infernale, nous soyons munis des secours de la mortification. »  Nous Vous le demandons par le tout-puissant Vainqueur que Vous avez envoyé du ciel pour opérer notre délivrance : « Le Seigneur m'a envoyé du ciel un libérateur, qui a confondu mes oppresseurs. »

Ô Vierge, qui êtes une armée rangée en bataille contre les esprits de l'abîme, faites-nous triompher dans les combats de l'amour ! »

un chartreux.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Février 2018

" Si ceux qui construisent des maisons pouvaient transformer les débris et tout ce qui les encombre en autant de matériaux de construction, combien ils s'estimeraient heureux ! Eh bien ! l'âme fidèle le peut avec ma grâce; et ses fautes, même les plus graves et les plus honteuses , deviennent les pierres fondamentales de l'édifice de sa perfection. "

Tout le secret de la sainteté consiste en ces deux mots : se défier et se confier. Toujours te défier de toi, puis ne pas t'arrêter là, mais t'élever aussitôt à la confiance en Dieu... Je fais mes plus beaux chefs-d'oeuvre avec les sujets les plus misérables, pourvu qu'ils me laissent faire..  Benigna, donne-moi tes misères . Je veux être avec toi le chiffonnier de la miséricorde, celui qui achète les chiffons et qui paie encore ceux qui les lui présentent.  Si tu me donnes tes misères, je te les paie, je te dire d'embarras et tu me fais plaisir. Mais il faut me les vendre par un acte d'humilité profonde. Amour et miséricorde sont comme la respiration de mon très doux Coeur. Je ne me lasse jamais de purifier les âmes. "

" Mieux vaut , dit saint Grégoire, un soldat qui a fui mais qui revient ensuite et repousse vigoureusement  l'ennemi, que l'autre qui n'a jamais tourné le dos à l'adversaire mais s'est toujours battu mollement: celui-là plus que celui-ci est aimé de son chef. "

Excitons dans notre âme, avec le désir de l'absolution, le repentir qui nous permet d'en goûter le fruit par avance . Profitons de la réaction qui suit presque aussitôt le péché dans une âme chrétienne pour nous prosterner devant Dieu en lui disant : Pardon !

   Mais surtout une fois revenu dans la maison du Père, tandis que Dieu nous donne d'éprouver la douceur de sa grâce :" Tu vois , mon fils, comme il fait bon dans ma demeure", répondons lui de toute notre âme :" Père , ne permettez plus que je me sépare de vous . "

Rp Joret op +

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Février 2018

" Va en paix ", dit enfin le prêtre. Ces mots par lesquels le Sauveur réconfortait jadis la pécheresse éplorée continuent sur les lèvres sacerdotales à rasséréner les âmes, car le Maître, qui avait dit à Madeleine :" Tes péchés te seront remis", a promulgué que les péchés seront remis à ceux que les prêtres absolvent.

   Comme Madeleine, le coupable s'éloigne donc, certain d'être en paix avec l'Eglise et avec Dieu. " L'absolution reçue, écrivait un converti, - comme il faut que Dieu ait de la bonté! - je sentis sa paternité rendue à moi, la joie d'être rentré parmi son peuple et une confiance paisible. " Quel pénitent  n'a gardé le doux souvenir d'une semblable émotion?

   Sentir que la paternité de Dieu nous est rendue ! C'est bien cela qu'éprouve tout de suite le fils prodigue de la parabole. Il s'était dit là-bas, dans la conscience de sa misère, la formule qu'il adresserait à son père :" j'ai péché contre le ciel et contre vous, je ne suis plus digne d'être appelé votre fils; traitez-moi comme l'un de vos mercenaires. " Maintenant qu'il est dans les bras de son père, il ne peut achever sa formule. Ayant dit :" Je ne suis plus digne d'être appelé votre fils ", il s'arrête là.

   Bien qu'il sente plus que jamais son indignité pour l'offense commise envers un tel père, il comprend que ce serait méconnaître la bonté qui l'accueille si paternellement à cette heure que d'ajouter :" Traitez-moi comme l'un de vos mercenaires" . Oui, il est de nouveau le fils de ce père très bon.

   " Tes péchés te sont remis." Maintenant, sur la page où toutes ses fautes sont effacées, le pénitent est à même d'écrire une " vie de saint " qui sera sa vie, sa vraie vie, celle dont il sera responsable dans l'éternité. Du mauvais passé de Madeleine, on ne sait plus que cela, qu'il est aboli. Au contraire, chacun admire les détails de sa nouvelle existence, et la place qu'elle a prise dans le coeur de Jésus. Jadis il y avait une femme pécheresse que l'on n'a même pas nommée dans l'Evangile. Maintenant on exalte Marie-Madeleine, qui a choisi la meilleure part et à qui Jésus ressuscité apparut d'abord.

   Quelle différence, de ce point de vue entre les âmes de l'Ancien Testament et celles du Nouveau ! " Mon péché est toujours devant moi!" pleurait le psalmiste.

   Dans l'Eglise, grâce au sacrement de Pénitence, le péché est enlevé, soudain la route devient libre; il n'est que de s'y avancer , joyeux et alerte, pour aller à la tâche nouvelle que nous montre chaque matin le soleil levant. Et voici que dans le champ du père de famille l'ancien fils prodigue est au labeur près du fils qui jamais ne quitta la maison. Le père avait bien raison de dire :" Ton frère que voilà était mort et il est ressuscité. "

   Qu'il fait bon s'épanouir dans le sentiment d'une vie renaissante! D!s la primitive Eglise, le pécheur absous a paru symbolisé en la personne de Lazare, que la voix du Maître avait fait sortir de son sépulcre et que les mains des apôtres avaient délié de ses bandelettes funéraires . Jésus n'a-t-il pas dit :" Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel . " ? Les ministres du Christ continuent de délier les victimes du péché mortel . Sauvées de la mort spirituelle par l'absolution des prêtres, les âmes éprouvent au fond d'elles-mêmes quelque chose de ce bien-être que ressentent les convalescents à leur première sortie sur le seuil, dans l'air et la lumière . Les forces sont revenues . La vie recommence.

   " Mon Dieu, comment douter ? écrivait , un matin de Pâques, Jacques Rivière. Quel sens a le doute encore quand les miracles comme ceux dont vous me comblez aujourd'hui s'accomplissent en nous? Hier stérile et désespéré, incapable de me saisir et de m'avoir moi-même.  Et pour ce bon petit mouvement d'être allé me confesser quand même et de l'avoir fait aussi exactement que possible - comme vous m'aidiez à mesure que je parlais ! - voici des abîmes de tranquillité et de joie, voici tout à coup à la place du désert les plus florissantes eaux. "

rp Joret op+

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 12 Février 2018

Voici le temps du carême qui approche,

 

La pénitence, comme tu le sais, est une des vertus principales du chrétien. Elle se compose de l'humilité du coeur qui juge la grandeur de ses fautes et sa corruption naturelle, et de la mortification du corps qui tout à la fois humilie l'esprit et met un frein aux passions mauvaises dont la chair est la source.

 

Si le chrétien vivait toujours dans une vraie et courageuse pénitence, il serait un saint. Mais le chrétien est faible; il vit au milieu du monde, il se laisse aller à la vie commune qui est une vie molle, même quand elle n'est pas criminelle. C'est pourquoi l'Eglise a institué, ou plutôt a reçu de la tradition apostolique, un temps particuliier de pénitence.

 

Ce temps précède l'époque où nous célébrons la mémoire de la passion et de la résurrection du Sauveur. Il n'est que quarante jours, ce que veut dire carême.

 

Le mercredi des Cendres, les fidèles se présentent à l'église, aux pieds du prêtre, qui leur fait une croix sur le front avec de la cendre, en leur disant:" O homme! souviens-toi que tu es poudre et que tu retourneras en poudre!

 

Le jeûne est la pénitence imposée aux fidèles pendant le carême, sauf le dimanche. Le jeûne, pris dans toute sa rigueur, consiste à ne faire qu'un repas, chaque jour après midi, et à ne prendre que des aliments peu substantiels, savoir des végétaux et des poissons. Cette pénitence, qui n'a rien d'extraordinaire, que les anciens philosophes recommandaient à leurs disciples, est néanmoins excellente, parce qu'elle affaiblit le corps, tourmente notre intempérance, et nous rend beaucoup plus propres à la prière et à la méditation. Par les aliments l'homme fait alliance avec les créatures infimes, avec la chair et le sang des bêtes; par le jeûne il s'élève au-dessus du besoin physique, et ne lui accorde que le juste nécessaire.

 

Tu iras te confesser au commencement du carême pour t'y préparer, et un peu avant Pâques pour te rendre digne de communier le lendemain.

 

Ne regarde pas l'homme en te confessant, mais Dieu qui s'est humilié pour ton salut jusqu'à mourir en infâme criminel.

 

Sans doute, c'est une consolation de s'agenouiller aux pieds d'un prêtre qu'on révère et qu'on aime; mais, alors même qu'on ne le connait pas, il faut voir en lui Jésus-Christ, et reconnaître que nous avons mérité des humiliations publiques et non pas seulement des humiliations secrètes.

 

Ouvre ton âme sincèrement à ton confesseur, fais la pénitence qu'il te donnera sans lui en demander de particulière, et crois que ton carême bien observé sera déjà une oeuvre expiatoire de grand mérite.

 

Ne méprise pas les petites choses, en considérant combien  tu es incapable d'en faire de plus grandes.

 

Lacordaire.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 11 Février 2018

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 10 Février 2018

 

 

Ou bien encore, cet aveugle représente le genre humain, aveugle lui-même par la faute de son premier père qui lui a fait perdre la clarté de la céleste lumière, et l'a plongé dans les ténèbres de sa condamnation. Jéricho veut dire lune, et cet astre par ses décroissances mensuelles représente les défaillances continuelles de notre nature mortelle. C'est au moment où notre Créateur s'approche de Jéricho, que l'aveugle recouvre la lumière, parce qu'en effet le genre humain a recouvré la lumière qu'il avait perdue, lorsque la divinité s'est revêtue des infirmités de notre chair. Celui donc qui ne connaît pas la clarté de l'éternelle lumière est un aveugle.

S'il se contente de croire au Rédempteur, qui a dit: «Je suis la voie», ( Jn 11) il est assis le long du chemin, mais si à la foi s'ajoute la prière pour obtenir de voir la lumière éternelle, il demande l'aumône. Ceux qui marchent devant Jésus représentent la multitude des désirs de la chair, et l'agitation tumultueuse des vices qui, avant que Jésus entre dans notre coeur, dissipent toutes nos pensées, et viennent nous troubler jusque dans l'exercice de la prière.

Cet aveugle loin de se taire, criait beaucoup plus encore; ainsi, plus nous sommes accablés par l'agitation et le tumulte de nos pensées, plus devons-nous persévérer avec ferveur dans la prière. Lorsqu'en priant nous sommes obsédés de pensées étrangères, nous sentons jusqu'à un certain point que Jésus passe. Si au contraire nous nous appliquons fortement à la prière, Dieu s'arrête dans notre coeur, et nous rend la lumière que nous avions perdue.

Ou bien encore, l'action de passer est propre à l'humanité, celle de s'arrêter ne convient qu'à la divinité. Le Seigneur entendit en passant les cris de cet aveugle, et il s'arrêta pour lui rendre la vue, parce qu'en effet, c'est par son humanité qu'il a compâti avec miséricorde aux cris que nous poussons vers lui dans notre aveuglement, et c'est par la puissance de sa divinité qu'il a répandu en nous la lumière de sa grâce. Il lui demande tout d'abord ce qu'il veut, pour exciter notre coeur à prier, car il veut que nous lui demandions ce qu'il a prévu que nous demanderions et ce qu'il accorderait à nos prières.

st Grégoire le Grand

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 10 Février 2018

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 8 Février 2018

Glorieuse sœur de saint Benoît, sainte Scholastique, vous qui avez généreusement échangé les joies du siècle et le luxe d'une condition brillante contre les austérités et les saintes tristesses de la pénitence, demandez pour nous à Dieu, que si nous n'avons pas, comme vous, le courage de renoncer au monde, et de nous enfermer dans un cloître, nous ayons au moins celui de ne pas nous attacher aux vanités, et de vivre chrétiennement dans la condition où il à plu au Seigneur de nous placer.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 7 Février 2018

  

    De l'Ancien Testament, saint Thomas retient les deux textes qui sont devenus tout à fait traditionnels, mais plus peut-être par le sens qu l'Eglise y a attaché, surtout en les citant dans la Vulgate, que par celui même qu'ils ont littéralement dans l'Ecriture.

   Il est dit dans le psaume Miserere :" J'ai été conçu dans l'iniquité." Et, au livre de Job :" Qui peut rendre pur ce qui a été conçu d'une semence impure? " Evidemment de telles paroles sont pour nous très significatives lorsque nous les lisons et que d'instinct nous les comprenons à la lumière actuelle de la révélation. Mais furent-elles aussi parlantes aux fidèles d'avant le Christ ? Il ne le semble pas.

   Que pensait , en effet, l'ancienne vraie Eglise au sujet de la faute originelle? Elle savait d'une manière précise que le premier homme avait péché, et d'une manière déjà moins précise, qu'en péchant ainsi, il avait nui gravement non seulement à lui--même mais à tous les siens. Mais elle ne parait pas avoir soupçonné que le péché d'Adam se fût transmis ni même qu'il pût se transmettre aux générations successives, non seulement par les peines qu'il entraîne mais comme une véritable faute.

   Or , c'est pourtant tout l'essentiel: nous n'avons pas qu'à supporter la peine de la première faute, nous avons formellement part à cette faute. Autrement dit, le genre humain n'est pas seulement puni pour la faute de son chef, il est tout entier coupable avec lui. Et cela, ni les écrits inspirés de l'Ancien Testament ni les écrits théologiques des Juifs ne semblent le dire. Ainsi que saint Thomas le fait observer, le livre de la Sagesse nous éloigne plutôt de l'affirmation de cette vérité lorsqu'il dit que " la mort est venue dans le monde par l'envie du diable " , et de même l'Ecclésiastique lorsqu'il juge bon de rappeler que ' le péché a commencé par une femme " . Tout ceci est parfaitement vrai, mais il s'agit d'autre chose.

   Assurément l'on possédait le grand texte de la Genèse, portant sentence de condamnation à mort sur l'humanité tout entière. Sentence souverainement révélatrice , qui mérite d'être alléguée en premier lieu , nous déclare saint Thomas, et de laquelle il déduit effectivement une preuve décisive de la faute originelle.

   Il est manifeste, par le récit de la Genèse, que la mort n'est pas d'institution divine. Elle est décrétée comme un châtiment: donc pour punir une faute . Cette faute n'est pas le péché actuel puisque même ceux qui ne sont ni coupables ni capables de ce péché ont cependant la peine de mourir. Il y a donc un autre péché que le péché actuel et personnel, un péché qui est inhérent à la nature et que chaque individu y contracte en naissant. C'est à cause de ce péché que nous sommes condamnés à mourir. Cette déduction est rigoureusement juste . Mais pour la tirer des paroles et des faits de la Genèse avec autant de force et d'assurance que le fait notre théologie, il eût fallu aux croyants de l'ancienne Loi une lumière, qui bien probablement, ne leur était pas accordée.

   Il est donc vraisemblable que le dogme du péché originel n'a pas fait partie de la révélation ancienne, à moins d'admettre que la Providence ait permis qu'après avoir été inscrit dans la révélation primitive, il se soit effacé au cours des temps. Volontiers même on serait tenté de voir en cette divine réticence, relativement au mystère le plus lourd des origines humaines, un signe délicat de la miséricorde de Dieu.

   C'est une idée chère à Pascal et, selon lui, une marque de la vraie religion:

   Dieu aurait toujours eu soin de proportionner la connaissance des maux qui nous perdent à celle des remèdes qui nous sauvent, et l'humanité n'aurait bien connu tout le mal que lui a fait son premier père qu'après avoir éprouvé tout le bien que lui fait son rédempteur.  Cependant il y aurait sans doute quelque excès à croire que cette même Providence ne se fût pas souciée de préparer les humains à la connaissance d'une vérité les intéressant si profondément.

   On peut donc penser que cette intention providentielle se faisait déjà jour dans les données scripturaires que nous avons rapportées . De sorte qu'il est permis de dire que tous ces textes ont réellement une certaine référence au péché originel. C'est cette référence qu'a accentuée la Vulgate et qu'a finalement saisie saint Thomas.

  Même dans le Nouveau Testament, on dirait que la pleine lumière ne s'est pas faite tout d'un coup. Notre-Seigneur a ménagé ses vérités. Il ne semble pas voir révélé la déchéance morale et spirituelle de notre nature autrement que d'une manière implicite, en promulguant la nécessité , pour tous sans exception, de la pénitence et d'une véritable renaissance.

  " Jésus commence à dire : Faites pénitence, car le règne des Cieux est proche ." Et au docteur d'Israël il fait cette profonde déclaration : " En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne naît d'en-haut, en peut voir le royaume de Dieu... Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui né de l'esprit est esprit. Ne t'étonne pas si je t'ai dit :" Il vous faut naître d'en haut ..."

   Le divin Maître, infiniment discret et miséricordieux, insinue et suggère plus qu'il n'insiste et n'explique , comme s'il craignait de nous accabler par une trop vive révélation de notre misère. C'est pourquoi on est tenté de se demander si le dogme du péché originel a été clairement connu dans l'Eglise chrétienne avant que l'Apôtre y ait insisté, lui , en termes si poignants.

   Admirable économie des divines révélations ! Le même à qui il était donné de nous faire connaître " l'insondable richesse " du Christ est aussi celui à qui il aurait été réservé de dénoncer toute la profondeur de notre détresse en Adam. Détail plus émouvant encore, la grandeur de notre condamnation et notre culpabilité dans le premier homme sert à mesurer celle de notre justification en Jésus-Christ.

   Pour l'Apôtre , le péché du premier homme c'est le péché par antonomase, on peut dire le péché tout court.

  Un pécheur unique, un péché unique, et toute l'humanité englobée comme un seul homme en cet unique péché, voilà sans contredit , la grandiose et tragique vision qui frappe l'esprit de saint Paul.

  Il voit dans le cours implacable de la mort la plus formidable attestation du règne du péché et de la pérennité de sa transmission. Là est à ses yeux le signe certain que tous ont péché, que tous sont en faute. Le texte dit littéralement ceci :" Tous meurent parce que tous ont péché." Ou peut-être ceci :" Ils meurent tous, eux qui tous ont péché. " La Vulgate a renchéri sur le sens littéral , en traduisant ainsi :" La mort les a frappés tous (dans celui ) en qui tous ont péché ." Mais cette version ne fait que rendre explicite ce qu'il faut bien qu'il y ait implicitement dans la pensée même de l'Apôtre . Car, si l'on veut qu'il soit dit que tous les hommes ont encouru la sentence et mérité la mort pour cette raison que réellement tous ont péché, il faut qu'il soit vrai et sous - entendu que réellement tous ont existé en quelque sorte dans celui qui a péché.  Adam est ainsi le pécheur unique et toute la postérité participe de lui, c'est-à-dire de son péché comme de sa nature.

   Mais voici qui est plus étonnant encore . " Adam est la figure de l'autre qui devait venir . " Adam figure et prototype de Jésus-Christ ! L'ancien et le nouveau s'expliquant l'un par l'autre et dans cette comparaison, le second l'emportant magnifiquement sur le premier !  Il ne se peut rien concevoir de plus impressionnant que ce parallèle dont nous sommes en vérité, trop déshabitués.

   Universelle, la grâce l'est autant que le péché. " Abondante " , elle l'est bien davantage. Qu'avons-nous en effet ? D'un côté, la faute d'un seul , qui va se perpétuant, se multipliant , et aussi  (par les péchés actuels ), s'aggravant, à l'infini, pour n'aboutir qu'à la mort. De l'autre, ce don généreux d'un seul aussi, du seul Jésus-Christ, don venant après une faute si tristement multipliée pour aboutir par la justification au triomphe et au règne de la vie.

   - Sur cette réconfortante considération, la pensée de l'Apôtre s'exalte encore. Reprenant et résumant ce qui a été dit, elle s'épanouit dans cette opposition émouvante et lumineuse :" De même que par la désobéissance d'un seul homme la multitude s'est trouvée pécheresse, par la (merveilleuse) obéissance d'un seul la voilà juste.

   Il y a encore une autre parole de l'Apôtre que saint Thomas cite avec une véritable complaisance, mais non point tant, celle-ci, au principe qu'au dénouement de sa spéculation. " Ce péché, conclut-il, on peut donc bien l'appeler le péché de la nature puisqu'il est écrit dans l'épître aux Ephésiens: "Nous êtions par nature fils de colère " . Le mot est plein d'à-propos. Sans doute le péché originel n'est pas directement visé dans ce passage. Il est question de " ceux qui vivent dans les convoitises de leur chair et qui accomplissent les volontés de leur chair et de leur coeur . "

C'est cela qui fait encourir la colère de Dieu; or, cela est évidement le péché actuel . Mais certainement , lorsque l'Apôtre ajoute que nous sommes ainsi par "nature"  il a indirectement en vue, à la source même du péché actuel et des inclinations perverses qui en sont cause, ce mauvais fond de nature qui n'est pas autre chose que le péché originel.

   Le texte revient  à dire que nous tous, qui que nous soyons, nous sommes ou êtions pécheurs par nature, et que nous avons ou avions, pour ainsi parler , le péché dans le sang, tandis que, si nous sommes sauvés, c'est uniquement par grâce.

la foi catholique

1° Adam a perdu la sainteté et la justice de son premier état. Il est déchu dans toute sa personne, corps et âme .

2° Il est déchu aussi dans toute sa postérité. Avec lui et en lui tout le genre humain est tombé, ayant part non seulement à la peine mais à la faute du premier père . Car il est vrai que tous les hommes ont péché en Adam.

3° Ce péché unique dans sa source, transfusé en tous par contagion et non par imitation, se retrouve en propre dans chacun. Il n'a d'autre remède que le mérite de l'unique médiateur Jésus-Christ, mérite que le baptême applique aux adultes comme aux enfants.

4° Ce péché originel ,tous les enfants le contractent même ceux qui naissent de parents chrétiens. C'est pour cela que le baptême leur est administré.

5° La grâce de Jésus-Christ conférée dans le baptême, remet réellement le reatus de ce péché et efface tout ce qui est vraiment et proprement péché en lui. Par conséquent, le foyer de concupiscence qui subsiste même chez les baptisés ne doit pas être pris pour le péché originel .

Ainsi, dit Pascal , cette religion apprend aux justes, qu'elle élève jusqu'à la participation de la divinité même, qu'en ce sublime état ils portent encore la source de toute la corruption qui les rend durant toute la vie sujets à l'erreur , à la misère, à la mort, au péché; et elle crie aux plus impies qu'ils sont capables de la grâce de leur Rédempteur.

 

 

rp Bernard op +

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0