Publié le 27 Octobre 2017



"heureusement je t'ai toi.. Jean ! "
prions pour ces futurs évêques...
« L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux » Saint Benoît
Publié le 27 Octobre 2017



"heureusement je t'ai toi.. Jean ! "
prions pour ces futurs évêques...
Publié le 25 Octobre 2017



Quand vient l'heure de la mort, à "partir de laquelle on ne peut plus rien faire" de méritoire, l'âme rend compte au souverain Juge de tout le détail d'une vie, jour par jour, minute par minute, seconde par seconde, et aussitôt elle est fixée éternellement dans son degré de gloire, dans sa puissance d'aimer. Dans la vive lumière de l'au-delà, l'âme voit la place d'honneur que le Christ lui a préparée dans son corps glorieux, " dans la maison du Père" . Entraînée par un irrésistible amour, elle s'y précipite en chantant le cantique de louanges sans fin.
Mais hélas! combien souvent les âmes sont arrêtées au seuil de la gloire entrevue où elles commencent de souffrir, parce que toutes les ruines et toutes les blessures du péché, jusqu'aux dernières traces, n'ont pas été réparées et guéries !
A dater de cet instant, dans le Purgatoire, l'âme souffre parce qu'elle voit, avec tout l'amour immense qui l'a conçu, tout le plan divin et la place qu'elle doit occuper dans le corps glorieux du Christ pour contribuer pour sa part à sa plénitude et être à jamais une " louange de gloire " à l'infinie sainteté, à l'infinie bonté, mais une louange de gloire qui doit encore se taire et que brûle comme un feu le désir ardent de mêler sa voix aux hymnes enthousiastes des choeurs célestes.
L'âme souffre parce qu'elle sait qu'elle doit voir Dieu, la beauté unique, sans voiles, sans énigmes, dans un face à face éternel. Et de le sentir enfin si près, tout près, mais toujours caché, elle est torturée d'une faim dévorante qui rend les minutes d'attente longues comme des siècles
L'âme souffre parce qu'elle voudrait aimer le Christ Jésus avec tout l'amour dont elle fut aimée, elle souffre parce qu'elle doit entrer, sans le pouvoir encore, dans le corps glorieux du Christ tout rempli de l'Esprit-Saint et par lui aimer Dieu enfin comme il est digne d'être aimé et, dans un acte d'amour indicible se perdre en lui.
Après la rude épreuve de la terre, qui fut une longue attente du Christ aimé dans les obscurités de la foi, après avoir aimé d'amour humain, après avoir vu les mères mourir d'amour pour leurs enfants, et l'Epouse pour son Epoux, cependant que saint Paul disait de l'amour divin:" L'oeil n'a point vu , l'oreille n'a pas entendu, le coeur n'a jamais conçu ce que Dieu prépare pour ceux qui l'aiment", après tout cela, sentir que le Christ est là, tout près, le coeur tout palpitant d'amour, les bras grands ouverts pour l'accueil, mais qu'il n'est pas l'heure encore, l'âme est tout envahie par le feu le plus ardent qui la consumerait s'il ne devait achever de la purifier avant de la livrer à l'éternelle possession dans les torrents des voluptés divines.
Réjouissez-vous donc dans cette espérance, chères âmes des fidèles trépassés, tout le corps mystique du Christ vient à votre secours.
Oui, pleurons nos morts, nos chers morts: le Christ pleura son ami Lazare avec Marthe et Marie; mais que nos larmes ne soient pas stériles. Ne cessons pas d'aimer nos morts . Sauvons nos morts !
Sauvons nos morts par nos prières et par toutes les indulgences innombrables qui leur sont applicables surtout par le chapelet, le chemin de la croix . Sauvons nos morts par la plus grande prière qui soit au monde, par le saint sacrifice de la messe .
Sauvons nos morts par nos efforts de collaboration à toutes les bonnes oeuvres ... Sauvons nos morts par nos bonnes oeuvres personnelles et cachées, par nos aumônes ignorées du public, par nos pénitences et sacrifices volontaires... Sauvons nos morts, tous les jours par nos efforts attentifs et persévérants...
" O Vie ! combien d'hommes tu as déçus ! combien tu en as séduits! combien aveuglés ! On te voit, mais tu n'es qu'une ombre ! tu t'exaltes, mais tu n'es que fumée! Douce aux insensés, amère aux sages... Ceux qui t'aiment ne te connaissent pas; ceux qui te méprisent te comprennent vraiment. Tu n'es pas vérace, mais menteuse... Qu'es-tu donc, ô vie humaine ? Tu es la voie des mortels, et non leur vie; la voie qui conduit à la vie; longue pour les uns, brève pour les autres; large et joyeuse pour certains, étroite et morne pour d'autres. Tu es tellement séduisante que bien peu te regardent comme une voie.. Tu es un lieu de passage et non un lieu de séjour, ô misérable vie humaine ! On ne séjourne point dans une voie: on y marche; et l'on y marche pour parvenir à la patrie. Pourquoi donc, ô vie mortelle ! es-tu recherchée et aimée ? Tu es aimée et recherchée par les insensés et les égarés; au contraire, les prudents et ceux qui désirent se sauver te repoussent. Il faut donc te craindre et t'éviter, puisque tu es si fugitive, si incertaine, si brève; toi qui t'évanouis comme une ombre, comme une nuée, comme un néant ! Puisque donc que tu n'es rien, on doit te parcourir prudemment comme des voyageurs qui veulent atteindre la vraie patrie . rassurés quant au chemin parcouru, avisés pour celui qui reste à parcourir. A quoi sert de monter, si l'on n'atteint pas le sommet? "
St Colomban.
Publié le 25 Octobre 2017

A qui d'entre nous n'est-il pas arrivé, après la mort d'un ami ou d'un parent aimé, de se laisser surprendre par des regrets bien amers ? " Si j'avais su qu'il était si près de sa fin! Quand je l'ai vu pour la dernière fois, quand nous nous sommes quittés sur des paroles dérisoires, alors, il aurait fallu que je lui parle, que j'aborde avec lui la question de l'avenir et de la mort, que je recueille ses volontés dernières, que je lui demande pardon, ou, du moins, que je lui exprime je ne sais comment tout cet amour dont nous n'avions jamais parlé et qu'il ignore peut-être! Si j'avais su ! Mais il est trop tard. Oh! quel regret que celui de n'avoir pas pu se livrer dans la vérité , regret qui vous pèsera toujours ! "
A cette première impression s'en ajoute une seconde, qui est celle d'un profond, d'un définitif silence. Ce n'est pas un voile, comme généralement on le dit car derrière un voile on voit se profiler des ombres, on entend des murmures, des frôlements. Non c'est une muraille, c'est le roc du sépulcre. Et personne ne soulèvera cette pierre. Mon mort, je ne sais plus ni où il est, ni ce qu'il fait. Et celui qui était hier auprès de moi, aussi ignorant de la vie éternelle que je le suis présentement, perdu comme moi dans des soucis mesquins, il vit dans le royaume de Dieu, il fait des expériences telles que si jamais il revenait de la mort et qu'il voulût me raconter l'au-delà, il ne trouverait plus dans notre vocabulaire aucun mot pour s'exprimer. Entre lui et moi, quelle différence d'horizon et de vie ! Je suis là, heureux; et peut-être qu'il souffre. Je peine, et il jouit. Pense-t-il à moi? Est-il comme perdu en Dieu?
C'est là que l'Eglise nous console et nous accueille; c'est là qu'elle nous donne satisfaction, sans pourtant percer le mystère qu'il n'est sans doute pas en notre pouvoir d'accueillir. La nature, dit quelque part Hugo, sait le grand secret et elle en sourit . Le Christ aussi, il le sait; et l'Eglise , qui est son visage sourit.
A ce regret devant l'irréparable, l'Eglise répond par sa présence.
Nous ne pouvons plus communiquer avec nos morts, cela est certain. L'Eglise nous le rappelle en nous interdisant ces expériences qui ne mènent qu'à du trouble: le spirite n'est qu'une caricature du spirituel.
Mais, si nous n'avons plus les moyens de communiquer, nous avons toujours la possibilité de communier avec eux. La communion, c'est la communication dans le mystère; on n'y éprouve rien de sensible, on ne cherche pas même à sentir, mais on s'appuie sur la certitude pure: on a la foi , et cela suffit. C'est la foi, selon l'Epître aux Hébreux, qui nous donne la substance de ce qui est invisible et inapparent. Et l'Eucharistie porte à sa plénitude cette communion avec les morts, car elle nous offre Celui qui est avec eux ou plutôt Celui en qui tous ils demeurent .
Nous pouvons penser qu'en Lui ils nous voient, qu'en Lui ils pénètrent dans ce que nous avons de plus secret, qu'en Lui ils retrouvent ce que nous n'avons pas su leur dire, qu'en Lui enfin ils nous aiment beaucoup mieux que nous ne nous aimons nous-même.
C'est là que l'âme enfin trouve sa paix, quand elle renonce à palper et à correspondre, pour vivre de la foi seule, pour adhérer au Christ et pour attendre.
La présence du Christ est une présence qui n'est pas perçue, et pourtant l'âme chrétienne ne doute pas qu'il soit là. Les sacrements sont comme des organes par lequel l'âme le frôle et le touche. La méditation de l'Evangile ressuscite son image. La vie de l'Eglise nous montre son opération dans les âmes singulières et dans les masses. Enfin, ce n'est point un être du passé. Non, nous ne cherchons plus parmi les morts celui qui est parmi les vivants.
Nos morts vivront et revivront quand nous accepterons de les voir dans le corps du Christ et de les associer à sa vie. Ne les imaginons plus dans le seul passé; ils sont associés à la vie du Christ éternel; ils sont comme des médiateurs qui nous aident à nous rendre intime le Médiateur. Entre eux et Lui un échange d'être se fait. Ils lui donnent de s'enraciner davantage en nous, car à mesure que s'accroît le nombre de nos morts, le Christ nous devient plus substantiel. En revanche, Jésus ressuscite en quelque sorte nos morts en les faisant participer à sa mystérieuse vie: la mutation de leur vie en sa vie en fait d'incomparables présents.
Publié le 23 Octobre 2017
Publié le 23 Octobre 2017


" soyons fiers de la Croix de Notre-Seigneur Jésus Christ . Dieu seul suffit. "
nb : erreur sur la vidéo, il s'agit bien du mois d'Octobre et non de Novembre..
Publié le 22 Octobre 2017





photos petit placide
après une homélie vraiment splendide, ! une cathédrale pleine à craquer, journée de très forte émotion avec en fin de liturgie les applaudissements de tous ses fidèles. j'ai vraiment senti une affection pour moi , d'un autre ordre , merci beaucoup. .. des fidèles qui pleuraient aussi, une dame entre autre, un jeune assis recroquevillé par terre, effondré, dans les chapelles latérales..
.
un évêque aux larmes jamais vu , c'est plein de grâces et source de bénédictions pour la terre de Vendée ! " Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre coeur... " de nouveaux appels à une vraie conversion du coeur et de l'esprit.
Merci Monseigneur , bon courage. avec l'assurance de nos prières.


Ce dimanche, une messe d’au revoir a été célébrée à la cathédrale de Luçon pour Mgr Castet. Plus de 600 fidèles étaient là. L’émotion aussi…
Ce dimanche 22 octobre, la cathédrale Notre-Dame de Luçon est déjà comble bien avant l’heure de la messe d’action de grâce et d’au revoir à Mgr Castet.
Les regards se tendent vers celui qui, durant neuf ans, a été l’évêque du diocèse de Luçon. Alain Castet a souhaité une messe toute simple. Toute sobre.
Ils étaient plus de 600, réunis ce dimanche dans la cathédrale de Luçon. Une cérémonie "d'action de grâce" de deux heures pour saluer Monseigneur Castet. L'évêque de Luçon a décidé de démissionner après neufs années en Vendée.
Il a fallu rajouter des bancs. Et malgré ça, il y avait encore du monde debout. Il y avait plus de 600 personnes dans la cathédrale de Luçon pour dire au revoir à leur évêque, Monseigneur Castet, ce dimanche. Certains avaient fait plus de 50 minutes de route pour être là. Et tous étaient d'accord pour dire qu'ils allaient le regretter.
"Comme la messe de Noël, mais avec l'émotion du départ en plus"
"C'est comme la messe de Noël, mais avec la tristesse du départ en plus", résume un paroissien. "Il a réussi à faire un beau rassemblement cet été pour les 700 ans du diocèse et, grâce à lui, on s'est senti davantage chez nous dans l'Eglise de Vendée", poursuit une jeune femme. Face à la foule, Monseigneur Castet est rattrapé par l'émotion.
Il termine son homélie avec la voix nouée. "Il pleurait", raconte Pascal. Une homélie plus longue que d'habitude : une demie-heure au lieu des huit minutes habituelles.
Publié le 22 Octobre 2017
Publié le 21 Octobre 2017


priez pour l'Espagne.
El acto, al que han asistido alrededor de 3.000 personas, entre ellas el nuncio Renzo Fratini, ha estado concelebrado por una treintena de obispos de todo el mundo y más de 300 sacerdotes, a los que acompañaron claretianos de todo el mundo y familiares de los mártires, además de todos los obispos de Cataluña, muchos del resto de España y representantes de otras congregaciones religiosas.
El cardenal arzobispo de Barcelona, Juan José Omella, y el Superior General de los Claretianos, el padre Mathew Vattamattam, han sido los concelebrantes principales.
Los actos comenzaron este viernes por la noche con una vigilia de oración en el Santuario del Cor de Maria de Barcelona y acabarán el domingo con una misa de Acción de Gracias también en el Cor de Maria, han avanzado fuentes de la congregación claretiana.
Además de los obispos claretianos de todo el mundo, también concelebrarán los obispos catalanes y de otras diócesis de España a las que estaban vinculados los 109 mártires.
Publié le 21 Octobre 2017



bonnes et saintes vacances . !
L'Introït est un invitatoire à l'allégresse de la louange. Et cette plus grande joie n'est pas un plaisir d'évasion par lequel l'imagination sacrée prendrait une revanche dérisoire sur les laideurs et les misères du siècle. Il ne rêve pas, le saint Jean de l'Apocalypse, lorsqu'à l'Epître , il entr'ouvre un ciel plus peuplé que tous les Empires bâtis de main d'homme; c'est le vent de l'inspiration prophétique qui déchire le voile de l'espace et du temps et le met en présence des choeurs des bienheureux chantant les louanges de l'Agneau.
Lorsque l'homme, seul, tentait de se représenter quelques Champs-Elysées par delà la mort, il n'était jamais arrivé à donner une substance de joie à l'espérance des justes: on ne sait quel regret diffus, quelle mélancolie impalpable habitait ces demeures pourtant préservées du mal et , dans ce climat de nostalgie, les âmes délivrées se changeaient en ombres gémissantes.
C'est qu'il y manquait la présence du Fils de Dieu, sans lequel les rassemblements des élus se révélaient à la pensée la plus ambitieuse d'espoir aussi vides que le désert. D'un coup d'aile de son génie porté par l'Esprit de Dieu, saint Jean nous découvre une vérité plus belle que les métaphores de Platon et les poésies de Virgile.
L'Agneau peuple le ciel d'une communauté de vivants.
A la fin c'est la joie qui vaincra.
La joie vaincra parce que les régénérés dans le sang du Christ ne sont pas quelques prédestinés échappés par miracle au naufrage de toute la race des hommes. Les élus sont une immense foule. Turba magna. Et ils viennent de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toute nation, pour former tous ensemble la patrie des patries, la seule dont la victoire ne fera ni esclaves ni tyrans. Car le ciel est une société; la joie de chacun s'y trouve multipliée par la joie de tous; ainsi la goutte d'eau de l'océan est portée de tout l'élan de la marée vers l'astre dominateur . A une époque où les masses armées par des inimitiés sans merci s'écrasent les unes les autres de tout leur poids matériel, il est bon que l'Eglise ne cesse pas d'inviter les chrétiens à penser , dans la sérénité et l'assurance de la foi, à ces multitudes de bienheureux délivrés de la haine, à ces immensités humaines réconciliées par l'adoration.
L'Eglise annonce avec tout son dogmatisme la venue d'un ordre pacifique qu'aucune convoitise jamais ne contestera. L' Apocalypse est plus vraie que le journal et nos histoires. Cette certitude n'est pas donnée aux seuls croyants. Avec eux, qu'ils le sachent ou qu'ils l'ignorent, se sont faits disciples de saint Jean quelques artistes privilégiés, les imagiers du XII ème siècle qui sculptaient la vision de l'Apocalypse au tympan des églises , le van Eyck du rétable de saint-Bavon, à Gand, et le Rimbaud d''Une saison en Enfer", chez qui la chose littéraire, sur le bord du silence s'achève en liturgie.
" Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin, couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d'or au-dessus de moi agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin... A l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes... Et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et dans un corps."
La joie vaincra parce qu'un jour, peut-être tout proche, peut-être démesurément lointain (mais puisqu'il doit venir il est déjà arrivé, et le temps ne mûrit plus que l'inévitable), Dieu interviendra dans l'histoire des hommes pour arrêter d'un mot les proliférations du péché, pour briser d'un coup et pour toujours la puissance du mal. L'Ange qu'a vu saint Jean se lèvera du côté du soleil levant; les portes de tous les Purgatoires s'ouvriront sur la merveille de l'accomplissement de toutes choses. L'Enfer sera scellé à jamais; et il ne sera plus donné aux quatre anges mystérieux le pouvoir de nuire à la terre, à la mer et aux arbres. Quand bien même Dieu perdrait toutes les batailles temporelles que livrent ses saints contre le mal, l'autorité de la révélation nous assure qu'il gagnera la dernière et qu'il rebâtira , plus beau, le Paradis, perdu par l'orgueil et la malice des commencements.
La joie vaincra. Mais elle a déjà vaincu dans les saintetés qui traversent la terre avant d'aller se mêler aux louanges éternelles, elle a déjà vaincu dans toutes nos abbayes bénédictines.
Dans l'Evangile des Béatitudes, lu en ce jour de la Toussaint, le Christ dit aux saints, à nos moines :" Vous êtes heureux" . "Beati estis".
On vous persécute, le mensonge dit toute sorte de mal de vous, à cause de moi. Aux yeux des insensés vous paraissez des vaincus et des faibles. Mais en réalité c'est vous qui êtes déjà les vainqueurs et les surhommes; vous êtes les juges de vos juges, car possédant l'amour, vous possédez la plus grande force et la plus grande joie, la béatitude. Il semble que par ce mot de béatitude, théologie et mystique aient voulu aller dans le langage au-delà même du langage: la béatitude, c'est la pureté et la plénitude d'un bonheur qui fait éclater le bonheur; toutes les formes sont brisées; toutes les limites sont reculées. Par l'amour, l'infini et toute sa gloire sont invisiblement présents dans l'âme d'un pauvre homme, humilié devant les puissances de la chair et du monde, mais qui déjà fête en son coeur la Toussaint éternelle.
Quelle admirable annonciation de la joie que ce chapelet des béatitudes égrené par le Seigneur. Non pas le songe d'un utopiste qui prédirait aux naïfs la fin sur cette terre de la souffrance et de la misère, mais plutôt une confidence solennelle et tranquille, publique et secrète à la fois , faite à toute l'humanité par le Maître du bonheur et du malheur: au fond de la souffrance nécessaire du juste, de la passion immanquable de l'innocent, il y a voilée mais réelle, invisible mais la même, la substance de toutes les béatitudes célestes.
Le monde disait, comme il le dit et le dira tous les jours jusqu'à l'apparition de l'Ange de l'Orient :
Heureux les riches et les avides, car ils sont comblés par la multitude de leurs trésors et les obéissances tremblantes des adorateurs de la fortune.
Heureux les durs, car le refus du pardon et le mépris des larmes d'autrui est l'honneur et l'héroïsme des races fortes.
Heureux ceux qui connaissent les tempêtes des passions, le plaisir véhément de la main qui saisit et qui dépouille le bien convoité comme on le voit tous les jours sur l'internet ! ils se croient forts et puissants , ils sont en réalité les plus faibles et les plus méprisants.
Heureux ceux qui débarrassés des timidités de l'enfance, n'honorent plus que des dieux de la chair et du sang. Heureux les fils de la terre, car ils savent que le mensonge est l'intelligence des habiles, l'ingratitude et la cruauté la justice des violents et des puissants.
Mais le Seigneur a dit une fois sur la montagne et il redit à chaque Toussaint :" Heureux les pauvres et les doux et les purs et les miséricordieux car ils possèderont et le ciel et la terre; la prière de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus du fond d'un cloître dénudé et d'une vie obscure dirigeait plus l'histoire du monde que toutes les diplomaties et toutes les batailles.
Heureux ceux qui pleurent, travaillent et souffrent persécution pour mettre en les hommes un peu plus de justice, d'amitié et de paix, car ils sont déjà entrés dans la paix, la justice , l'amitié de Dieu. Heureux et puissant Saint Louis dans les chaînes de la captivité et l'exil de l'Orient infidèle, car , plus roi qu'à Vincennes, il purifie devant Dieu l'âme de la France et il rend son pays digne de plus hauts destins.
Heureux et puissante sainte Jeanne d'Arc sur son bûcher plus proche au Ciel, plus présente à la terre que tous les trônes de la chrétienté. Heureux les hommes et les femmes, heureuses les patries victimes aux yeux du monde de leur plus grande générosité, car leur salut est assuré avec leur salut celui d'une multitude. Turba magna.
Et pour remonter au Saint des saints, à l'exemple des exemples, le Christ au sein des tortures physiques et des angoisses morales de sa passion n'a-t-il pas joui de toute l'ampleur de la vision béatifique? Quelle profondeur de christianisme dans cette thèse de théologie.
" Nous y croyons à l'Amour" . Ceux qui aiment sont des dupes, répètent les mille voix d'un monde de péché où la victoire semble promise à celui qui haïra le plus implacablement son ennemi. N'en croyons pas ces formules de mort qui n'ont pour elles que de fragiles apparence humaines .
Croyons-en plutôt l'expérience divine du disciple bien-aimé.
Le parti de l'amour n'est pas le parti parti de la naïveté et de la défaite; le parti de l'amour n'est pas le parti du risque et de la belle aventure; le parti de l'amour est le parti de la plus grande force, de la plus grande victoire, de la plus grande joie, parce qu'il est le parti de Dieu.
Amen.
Publié le 20 Octobre 2017