spiritualite

Publié le 12 Octobre 2017

photo : petit placide

Dieu, qui chaque année faites revenir le jour anniversaire de la consécration de ce saint temple, et qui nous ramenez sains et saufs à vos mystères sacrés, exaucez les prières de votre peuple, et faites que tous ceux qui entrent dans ce temple demander quelque bienfait aient la joie de l'obtenir .

+

 

" La ville est présentement en construction; des pierres sont taillées dans les montagnes par les mains des prédicateurs de la vérité, elles sont équarries pour entrer dans l'édifice éternel. Il y a encore beaucoup de pierres entre les mains de l'ouvrier; qu'elles ne tombent pas des mains de l'ouvrier afin qu'étant perfectionnées, elles puissent entrer dans la construction du temple."

st Augustin .

Terribilis est !  nous devons aimer nos églises où nous pouvons glorifier Dieu (alleluia , Adorabo)

- offrir le sacrifice  3ème secrète .

- nous offrir nous-même : laetus obtuli de l'offertoire

- nous y sommes en sécurité Qui confidunt in Domino sicut mons Sion .

L'évangile de Zachée nous le représente comme la maison de Dieu, in domo tua oportet me manere, la maison du saut, Salus domui huic facta est.

Il est parlé du temple intérieur de l'âme chrétienne dans l'évangile: Zachée est choisi parce qu'il est pur, il est généreux, il est juste;

Dans l'église édifice sensible, l'âme invisible, pierre vivante, se perfectionne pour faire partie de l'édifice.

Saint Jean a vu ce ciel comme une Jérusalem nouvelle, la vraie et définitive celle-là, parée comme une épouse; elle sera le temple où Dieu habitera avec les hommes, où tout sera nouveau.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Octobre 2017

`

 

 

 

 

très beau , Anton  Ukraine !

the best ! .. Moscou, Vladimir .. 

 

un gros calin d'Argentine !

 

merci pour les nombreux  souhaits déjà reçus, Ilia, - ça m'a beaucoup touché ! -

Sofo. Xa, Louis, Alexandre, Robert, Nadezhda, Анастасия , une grande dame que j'aime beaucoup ..." Happy birthday, dear Philipp! All the best!'  les Vladimir ... 

Blandine, (8 ans de facebook )   etc .. !

Joyeux 65ème anniverasire par avance, si jamais je n'ai pas le temps de t'écrire demain :) Louis

pour ça je m'y prends toujours à l'avance.. ! on sait jamais ce qui peut m'arriver..  on peut mourir aussi, ça arrive, il parait. trop fatigué tu sais !

heureux et saint anniversaire à Louis. et  Vladimir  65 ans  que de gentillesse reçue, difficile à gérer on redonne tout ça au Seigneur, évidement, plus les messages privés oulalala,  ça prouve que ça eu du bon tout ça tiens. deo gratias  !

 

bon et saint anniversaire,

en souvenir.  

abbé Paul Aulagnier. +

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Octobre 2017

Installée depuis 2007 en Ariège, dans le canton du Donezan dont elle a pris le nom, la communauté bénédictine de vingt moines vit simplement du travail de la terre, de l’élevage et de petits artisanats. Pourquoi ces hommes font-ils le choix de vivre reclus du monde, dans le silence et la contemplation ? La recherche d’autonomie est-elle importante dans leur choix de vie ? Nous avons pu vivre une semaine en leur compagnie pour essayer de répondre à ces questions.

 

En 1994, seize moines de l’abbaye de Fontgombault quittent leur maison-mère pour aller fonder l’Abbaye de Gaussan, dans l’Aude. Ils vivent alors du travail d’environ six hectares de vignes et de l’élevage d’une vingtaine de chèvres, et restaurent les bâtiments qui leur sont confiés. Mais en 2005, après une longue réflexion communautaire, en recherche d’un lieu plus isolé et à l’abri du bruit du monde, ils décident d’émigrer dans les Pyrénées, en Ariège plus précisément, où ils font l’acquisition d’un terrain perdu dans le canton déserté du Donezan. Très vite, en 2006, les premières vaches sont installées sur le lieu et en 2007, les moines emménagent. « Emménager est un bien grand mot, puisqu’il n’y avait à l’époque aucun bâtiment sur place ! », raconte le père abbé. « Nous avons alors construit nous-même les bâtiments en bois où nous habitons encore aujourd’hui. Au départ, nous n’avions aménagé que deux cellules, pour nos frères les plus âgés, le reste de la communauté habitant pendant un moment en dortoir. Je m’inquiétais un peu pour la santé de notre frère doyen, car on m’avait dit que le climat local n’était pas le meilleur possible pour les personnes âgées. Je suis donc allé le voir après la première nuit sur place pour lui demander comment il l’avait supportée. Il n’avait jamais aussi bien dormi de sa vie, et me chantait les louanges du bois ! ».

Depuis leur installation, les travaux de la future abbaye ont été commencés en béton, faute de moyens, et les travaux avancent tout doucement, en fonction des arrivées d’argent. Mais la communauté, soucieuse de la préservation de la Création, est en recherche permanente pour améliorer ses méthodes de travail. En accord avec architectes et maîtres d’œuvre, le père abbé est attentif à toutes les méthodes alternatives et est prêt à faire évoluer la construction au fur et à mesure de ses découvertes, qui l’amènent parfois à sillonner la France à leur recherche. Ayant vu les bienfaits et la beauté du bois, il souhaite aujourd’hui en barder l’abbaye et s’y limiter pour les habitats qui la jouxteront à l’avenir.

Egalement pour les consommations d’énergie, la recherche est continue pour faire évoluer les choses dans le bon sens. Si l’approvisionnement en eau se fait déjà grâce à deux forages et que le monastère est chauffé au bois produit sur le domaine, restent encore à régler la question de l’électricité et du chauffage de l’eau. « Nous avons réfléchi au photovoltaïque, mais l’écho que nous en avons eu est que sa production est très polluante et que l’on ne sait pas encore le recycler convenablement », explique le père abbé. « Nous avons donc mis cette question en attente, mais nous continuons à étudier les différentes solutions – photovoltaïque et éolien principalement, puisque nous n’avons pas de cours d’eau pour faire un barrage hydraulique comme à l’abbaye de Fontgombault. Mais indépendamment des questions techniques, je crois qu’il faut d’abord faire attention à être sobres dans nos besoins, et donc à limiter nos utilisations d’énergie. Et cela tombe très bien, puisque c’est à cela que nous appelle la vie monastique ! ». Pour le chauffage de l’eau, une solution semble intéresser particulièrement la communauté : le soleil. Une installation de tuyaux sous les tôles des hangars serait probablement très intéressante pour utiliser l’énergie solaire sans coût aucun une fois l’installation effectuée. Les autres options pourraient être d’utiliser la chaleur dégagée par le fumier, ou encore d’utiliser également le bois qui ne manque pas sur le domaine.

La principale activité de la communauté – outre la prière évidemment, et celle qui lui apporte l’argent nécessaire, est la fabrication de fromage. Pour cela, le père prieur a été désigné comme paysan-vacher : il se charge donc de l’entretien des prairies et du troupeau d’une vingtaine de vaches laitières, ainsi que de la traite deux fois le jour. Il est également le président de l’alliance pastorale du canton, ce qui l’amène à être en contact avec tous les éleveurs du pays, y compris ceux qu’il appelle affectueusement les « beatniks », qu’il aide parfois à s’installer même s’il ne les trouve pas toujours très réalistes. D’un tempérament fort et fonceur, mais également attentif à concilier la productivité à la sauvegarde de la Création, il cherche en permanence à trouver cet équilibre. C’est ainsi par exemple qu’il cherche autant que possible à soigner ses bêtes avec les plantes et l’homéopathie, sans être idéologue et rejeter absolument l’utilisation des antibiotiques quand ceux-ci sont nécessaires. Les bêtes sont au maximum en prairies et le foin, produit sur place sans apports chimiques, est séché en vrac en grange pour une meilleure qualité. Les apports en céréales, non produites sur place mais naturelles, sont minimaux.

Dans un souci de réalisme, et pour que le travail ne prenne pas le pas sur la prière qui est la vocation première du moine, il utilise le tracteur et la traite mécanique, mais en choisissant autant que possible des modèles anciens. La salle de traite, par exemple, est sous forme de lactoduc, de moins en moins utilisé et bientôt interdit sous peine d’être interdit de subventions – chaque vache est attachée, et le trayeur est déplacé entre chaque vache, le lait est aspiré vers un réservoir se situant dans la fromagerie – plutôt que sous la forme d’une salle de traite, plus courante aujourd’hui – les vaches se suivent pour être traites par un trayeur fixe.

Une fois arrivé à la fromagerie, le lait est transformé en tommes des Pyrénées, fromages frais et fromages blancs, essentiellement pour la vente, et en beurre pour la communauté. Le petit-lait restant est pour l’instant évacué dans la nature mais pourrait servir à l’avenir à nourrir quelques cochons. Là aussi, une attention particulière est accordée au respect de la Création : dans l’installation qui limite les besoins en éclairage et dans la méthode de travail qui, bien que mécanisée, n’utilise pas de produits chimiques et fait vieillir les fromages sur planches non-traitées. L’essentiel des fromages est vendu dans la France entière et une partie sur les marchés locaux. Le frère fromager utilise pour l’instant des pots en plastique pour le fromage blanc, mais en est très attristé et réfléchit à mettre en place un système de pots en verre consignés pour être réutilisés.

 

tout le reportage sur

et si c'était possible...

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Octobre 2017

 

 

premières Vêpres de la Dédicace..

on aura une pensée pour Philippe à la messe.. de notre aumônier je n'en doute pas. Ils vont allumer toutes les bougies à l'abbaye pour l'occasion, à chaque pilier dis-donc...  !

trop mignon !

"C’est vrai, et il n’a pas changé.
Je dirai la messe pour vous, Cher Philippe, mercredi 11, en fin de matinée.
Amitiés. 

merci mr l'abbé ,

405 visites ...

sans la foi, j'aurais dit :' si j'avais su , j'aurais pas venu !"

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Octobre 2017

Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Octobre 2017

l'était pas là Konstantin .. alalala.. la place Cavaillé était vide.. Konstantin !

ni les fontenaisiens d'ailleurs. quelle misère.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Octobre 2017

 

 

on a confié Donald à la sainte Vierge.

 

 

homélie de dom Jean Pateau, père Abbé de Fontgombault.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Octobre 2017

 

" accepter de n'être rien, à ne compter pour rien ,

n'attendre plus rien ..." 

c'est ce qu'il nous apprend Donald,

elles doivent être horriblement longues ses journées, les deux têtes inclinées , attendant l'heure de la délivrance. quelle belle leçon de la vie. la seule prédication de vraie.  le mépris des uns n'a au fond fait que de nous rendre service. On n'a plus rien à perdre quand c'est comme ça. la chance que tu as d'avoir une famille qui t'aime très fort.

Merci Donald.

,  ... je pensais à tout ça tout à l'heure. j'aime ce passage à l'acte, c'est le nec de tout ce que j'aurais vécu jusqu'ici..

.

O bon et très doux Jésus,
je me prosterne à genoux
en votre présence.
Je vous prie
et je vous conjure,
avec toute la ferveur de mon âme,
de daigner graver dans mon coeur
de vifs sentiments de foi,
d'espérance et de charité;
un vrai repentir de mes péchés
et une volonté très ferme
de m'en corriger,
pendant que je considère
et contemple en esprit vos cinq plaies,
avec une grande affliction
et une grande douleur,
ayant devant les yeux
ces paroles que le prophète David
mettait dans votre bouche,
ô bon Jésus:
"Ils ont percé mes mains et mes pieds:
ils ont compté tous mes os."

                                                                  ..

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Octobre 2017

Rédigé par Philippe

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Publié le 4 Octobre 2017

 

   Dès son adolescence, dans la période critique où le caractère en formation s'accuse le plus,  François est lancé dans la course aux plaisirs et il y tient la première place à une grande distance devant ses compagnons. Ce n'est pas qu'il soit beau et d'une noble stature, il est au contraire petit, brun, mais très vif. Plus tard il se comparera à une petite poule noire qui ne peut contenir sous ses ailes tous ses poussins.

   Son père, Pierre de Bernadone, était le plus riche marchand d'Assise. François plus ingénieux négociant que son père , n'était pas avare mais prodigue. Il disposait de beaucoup d'argent qu'il jetait par les fenêtres, aimant le fracas, la pompe extérieure, l'ostentation et le décor.  Grand ordganisateur de festins et de mascarades, aimant singulièrement les chants et les cantilènes, il parcourait les rues d'Assise très tard, le soir, scandalisant les bourgeois par ses frasques et jouissant par-dessus tout de ce scandale. Pour étonner la galerie, il se fit confectionner un vêtement de velours d'un prix inouï au beau milieu duquel il eut soin de coudre une larque loque. - Empressons-nous de noter, en soulignant le fait, que ses moeurs, parmi ce premier débordement de la jeunesse, demeurèrent toujours pures, ce qui prouve que François conservait un certain idéal de noblesse jusque dans ses excentricités, il était spontanément magnifique, à tel point que sa mère lui reprochait de se conduire " en fils de grand seigneur " plutôt qu'en fils  de marchand enrichi. Beaucoup parmi ceux qui le connaissaient le mieux prophétisaient qu'il deviendrait quelque chose de grand.

   Cette vie de plaisirs, de joyeux festins, de fanfaronnades, ne tarda pas à lui paraître insuffisante et creuse; elle ne menait à rien de solide et de grand. D'autres part le métier de marchand sentait trop la roture. Comme tant d'autres, mais avec plus de passion, François avait lu et relu les romans de la Table Ronde. La carrière chevaleresque le tenta. A cette époque précisément, le pape Innocent III avait fort à faire contre les troupes de Frédéric II. Devenir un paladin de la papauté et de l'Italie contre la Germanie, quel rêve!

   Il se procure aussitôt un équipement magnifique, qu'il donne d'ailleurs d'un geste magnanime à un noble soldat pauvre. La nuit suivante, en songe, il se voit amené par un personnage mystérieux au centre d'un palais splendide et spacieux; les murs sont tapissés de panoplies. Le personnage ou la voix lui assure qu'il deviendra le seigneur de ce palais. Il croit à ce songe comme à une révélation divine. Le matin il se lève, achète une nouvelle armure et part sur un cheval de bataille, enthousiasmé, le visage rayonnant de plaisir et de joie, l'oeil en feu. Les habitants lui demandent la cause de son bonheur, il leur répond :

" Je veux devenir un grand prince. "  L'ardeur de ses désirs lui donne réellement la fièvre; à la seconde étape il est contraint de s'aliter. Dans un nouveau songe, la Voix lui conseille de ne pas s'obstiner à suivre le serviteur; c'est au Maître même qu'il doit obéir, il faut revenir à Assise.

    Immédiatement François renonce à son entreprise. Il vend son coursier, troque son costume guerrier contre un habit commun et reprend la route de sa ville natale. D'aller guerroyer en Apulie, il n'en est plus question. Le jeune homme a changé d'avis. Il ne veut plus qu'on lui parle de guerre. Remarquons que cette volte-face dans ses projets ne produit en lui aucune tristesse. De même qu'il était, selon l'expression du chroniqueur, " tout à fait extravagant de joie " au départ, ainsi est-il joyeux au retour, car Dieu doit lui manifester sa grande vocation.

   Ses premières démarches dans la voie de la sainteté ne semblent pas, dès l'abord, moins démesurées que ses tentatives de vie joyeuse et chevaleresque. Sa conversion eut pour cause décisive une sorte d'extase survenue dans une rue d'Assise. François avait repris sa vie joyeuse. Dans un banquet nombreux et bruyant il avait été élu roi des plaisirs par ses compagnons, et comme emblème de sa royauté ceux-ci lui avaient offert un sceptre. Après le festin, au cours de la promenade nocturne, il se sent envahi par une douceur ineffable, il perd conscience de ses sens, s'arrête comme paralysé. Il avoua dans la suite qu'il fut tiré à grand'peine de ce ravissement par les interpellations de ses compagnons, venus à sa recherche. Ces derniers  lui demandèrent en plaisantant s'il était ainsi ravi en extase par la contemplation de sa fiancée. François leur répondit fort sérieusement que la fiancée qui lui était apparue était la plus noble, la plus riche et la plus belle dame qu'on eût jamais vue. Cette dame était la pauvreté évangélique.

   Il est évident que saint François depuis quelque temps était travaillé sourdement par un idéal de perfection religieuse. Il connaissait certainement la parole de Jésus au jeune homme riche " Si tu veux être parfait, va , et vends tout ce que tu possèdes."

   A cette époque, en effet, le conseil de la pauvreté évangélique faisait la préoccupation des âmes chrétiennes. Des essais , d'ailleurs téméraires, avaient été tentés pour rétablir parmi les fidèles à la vie commune . C'est pourquoi la conversion à la perfection chrétienne fut d'abord envisagée par saint François comme une conversion à la pauvreté évangélique.

   Etant donné ce que nous savons de la générosité et de la hardiesse de notre héros, nous pouvons nous attendre à ce qu'il accomplisse en quelques étapes le renoncement à toute espèce de possession.  Il invite d'abord, à la stupéfaction de sa mère, tous les pauvres qu'il rencontre à la table de famille; les mendiants prennent la place des compagnons de fête. François se jure de ne refuser l'aumône à personne. Son escarcelle était bientôt vidée, il donne son bâton, son chapeau, sa ceinture; il entraîne le pauvre à l'écart et lui passe sa chemise. Mais tout cela est peu de chose: faire la charité ne suffit pas, il faut se faire pauvre soi-même. Avant d'accomplir ce pas décisif, le jeune homme hésite; c'est que, malgré sa témérité plus apparente que réelle, il ne laisse pas d'être avisé et de se défier beaucoup de ses propres forces. Et à ce signe même nous pouvons diagnostiquer que cette fois la vocation est sérieuse.

   Le jeune homme conçoit le projet de faire l'essai réel et effectif de la pauvreté dans un pèlerinage à Rome. Il part. Arrivé au tombeau de l'apôtre saint Pierre, il rencontre un groupe de pèlerins, hommes du peuple, modestes bourgeois, qui déposent leurs aumônes derrière la grille avec cette parcimonie coutumière aux fidèles.  François à cette vue, se sent saisi par un de ces mouvements de générosité et de magnificence dont il n'était pas maître, et puisant dans son escarcelle une pleine poignée de pièces d'or , il les sème à travers la grille d'un geste large et royal. La pluie d'or carillonna sur le pavé des dalles et les pièces roulèrent jusqu'au tombeau.  Les pèlerins considérèrent avec stupéfaction ce jeune homme follement prodigue.

  François était heureux; en plus de son acte de générosité, il avait étonné ce peuple de pèlerins au coeur médiocre. Tout le François d'avant la conversion, avec son amour mélangé de bien et d'ostentation, nous semble symbolisé par ce geste princier qui sème les pièces d'or.

   Mais immédiatement il courut échanger ses habits contre les haillons d'un pauvre et il mendia l'aumône sous le portail de saint Pierre.

   Revenu à Assise, il commence son existence de pauvre et d'ouvrier. Il répare comme un manoeuvre les murs de Saint Damien. Il vient mendier son pain dans les rues de sa ville natale, couvert de haillons, la figure défaite, les cheveux et la barbe négligés; les gamins le poursuivent à coups de pierres et d'immondices. Son père le recueille, mais l'emprisonne dans la cave . Il réussit à se sauver. Cité devant le tribunal de l'évêque, il restitue à son père tout ce qu'il en a reçu et comparait devant les témoins et les juges. L'évêque lui donne gain de cause. Heureux d'avoir conquis sa pleine liberté, il part en chantant à travers les bois et la montagne; des brigands le rencontrent et lui demandent qui il est, il répond :

"  Je suis le héraut du grand roi."

   Ils le considèrent comme un insensé, le saisissent par les mains et les pieds et le projettent dans la neige du fossé. A quelque temps de là, dans l'église de la Portioncule, François entend lire, dans l'Evangile du jour, le récit de la mission des Apôtres . Ces paroles sont pour lui une lumière. Alors , définitivement, il comprend qu'elle est sa vocation: par la folie de la prédication il convertira le monde. 

Il se met à prêcher. On l'écoute, on le suit. Les premiers de ses disciples se joignent à lui. Il les envoie en mission deux à deux par les villages. Ils sont regardés par les uns comme des saints, par d'autres comme des fous. Des jeunes femmes fuient à leur approche. Fréquemment ils sont persécutés, maltraités, lapidés. Rentrés de mission dans leur grange près d'Assise, ils souffrent du froid, de la faim, mangent des raves au lieu de pain, se livrent à une contemplation continuelle.

Tels sont les premiers débuts de l'ordre des Mineurs.

  

rp Petitot. op +

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Rédigé par Philippe

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