spiritualite

Publié le 25 Janvier 2019

 

   Frémiet a écrit ce mot Credo sur une banderole de bronze que déploie largement devant lui un chevalier en armure.  Voulait-il indiquer par là que la foi est une vaillance? On la présente parfois comme une faiblesse. Si elle était le contraire, et si le mot héroïsme n'était au fond pas de trop pour souligner tout ensemble une souveraine difficulté et une grandeur, l'artiste aurait raison; le vrai croyant devrait monter, s'il n'y est pas déjà très haut, dans l'estime des hommes.

   Je crois; j'offre au ciel mon esprit en hommage et comme en holocauste; je franchis d'un seul bond la limite des pensées humaines; j'adhère au mystère plein; j'adore et n'exige pas de comprendre; je dis oui à la proposition et n'attends pas la preuve; je fais confiance, sans plus à la Vérité première; j'incline mes évidences devant ce qu'on ne voit pas; j'affirme l'astre au fond du ciel noir, acceptant d'attendre au-delà du temps pour que sa clarté apparaisse; quand le monde me souffle en ricanant d'absurdes "axiomes", je me détourne et poursuis mon dialogue secret. Prenez, mon Dieu, votre droit sur moi, et commencez par ces fruits de l'esprit qui dans ma vie sont la semence de tout le reste.

    Car lorsque je dis : je crois, je n'engage pas uniquement ma pensée abstraite. Ma pensée ! ce serait , pour mon honneur , l'essentiel; mais je sens bien qu'avec elle j'engage, outre l'honneur, l'existence dont elle est le guide. Pourrai-je nier en actes ce qu'en paroles j'alléguerai? J'aurai le droit d'être pécheur, si je puis dire; mais pécheur, j'éprouverai l'obligation du repentir, du relèvement, du progrès, de quotidiens sacrifices, de perpétuels combats.

   On me prend par un fil ténu: ce mince raccordement à l'invisible qui s'appelle l'acte de foi, et puis, en conséquence, sans qu'une logique implacable abandonne à un seul moment ni sur aucun terrain la saisie terrible, on me demande tout: mon âme , mon corps, mon activité, mes amours, ma vie, ma mort, ma prospérité, tout, tout, sans réserve ni reprise.

   Que si je prétends un jour discuter le don, déjà je suis infidèle :" Impie, me dit-on, tu mets en cause Dieu!"

Et si je réponds: je me mets en cause moi-même, on réplique: c'est pareil; car tu appartiens à Dieu. " Je crois", ce mot tombe dans l'éternel et ne peut plus revenir à tes lèvres. En le prononçant, ce mot qui ne se dit qu' "en l'Esprit" ,  tu as fait acte d'être divin et exercé en quelque sorte une conscience céleste. Tu as franchi avec ton Dieu intérieur, comme Dante avec Virgile et beaucoup mieux que lui - toi même, tout à l'heure, ne le disais-tu pas? - la limite des humains parages. Avec Paul, ta fréquentation est aux cieux. Tu penses donc dans ce monde de l'affirmation indéfectible, où le oui et le non ne se succèdent point: ta vie est vouée aux fins suprêmes, dont nulle autre fin ne détourne; ton amour étreint l'Absolu, qu'on ne peut ne pas aimer, ou aimer moins, ou sacrifier à un amour subalterne. Bienheureux est ton sort, si tu le comprends; mais si tu venais à le méconnaître, héros au bord de la victoire et qui voudrais fuir, toute retraite coupée derrière toi, tu ne connaîtrais qu'une chute éternelle.

   Cela est grave! C'est tellement grave que beaucoup hésitent avant de faire le pas. Convaincus qu'il faut, et n'ayant rien à opposer aux raisons de croire, ils ne peuvent se décider à l'acte et demeurent là, hésitants, voulant et ne voulant pas, partagés entre la crainte d'une terrible dépossession et l'espoir d'une conquête, situation qui se prolonge parfois jusqu'au bord de la tombe.

    On dit : illogisme. Eh! eh! il était illogique aussi, ce condamné du baron des Adrets qui hésitait à se jeter du haut d'une tour, sachant fort bien qu'il fallait et qu'il y passerait quand même. On a peur du grand vide, même en songent au plein qui ne se révèle pas encore. Le regard tremble, à observer fixement ce que nous veut le ciel. On goûte les idéales promesses et l'on est séduit; mais se rappelle-t-on le prix, on recule, contracté comme si la mort avait frappé à la porte. " Donne tout pour avoir tout," dit l'Imitation: on voudrait avoir  tout, on redoute de donner tout, et l'on tergiverse.

    Que je m'arrache à moi-même, mon Dieu? Cela ne se peut pas. Il faudra que vous-même interveniez, comme de force. Je devrai consentir à l'heureuse violence, et elle ne sera donc plus violence, mais elle le sera en ceci que l'initiative de l'arrachement ne m'appartiendra pas. La grâce, il me la faut pour me quitter et quitter tout d'une certaine façon en faveur de l'invisible, en faveur de l'insaisissable et du transcendant, en faveur de l'avenir que le temps ne perçoit pas et qui pour la durée des humains n'est que chimère.

   " Faire un avenir à sa tombe " , c'est le but de notre foi, et dans cette tombe on doit comme s'enfermer vivant, laissant la vie derrière soi. Saint Paul ne dit-il pas :" Nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême et ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle." (Rom. VI,4)

   Tout est splendeur dans la fin de ce texte; mais il y a le début; pour commencer, on nous ensevelit; on nous baptise, c'est-à-dire qu'on nous noie; on étouffe en nous cet appétit irrité de la vie purement terrestre, de la sensualité, de l'orgueil, de la curiosité exaspérée, de la volonté de richesse et de pouvoir. Ceux qui prennent au sérieux un tel renoncement en frémissant dans les moelles, tant que les divines compensations de la grâce ne les ont pas consolés.

   Ah! les consolations sont sublimes, et beaucoup plus que le mal n'est redoutable. A qui fait l'avance de son coeur, une fortune inconcevable échoit , et il le sait. A qui adhère, vrai croyant, à son Père céleste, obéissant à l'instinct de race surnaturelle insufflé en lui par l'Esprit, ce Père généreux communique sa vie même, l'établit mystérieusement, le nourrit, l'épanouit, et un jour, le poids de la matière écarté, elle se révèle dans une explosion de joie. N'importe, l'engagement de ce cycle a quelque chose de si inquiétant pour la sensibilité et pour la raison même abandonnée à ses propres forces , qu'une aide surnaturelle y est requise.

   Dieu nous allèche; ensuite il nous "tire"; à sa traction miséricordieuse nous consentons, et le bonheur nous vient; telle est la politique céleste. On la bénit; mais on n'en peut nier la tendre rigueur, et c'est pour cela que j'appelle la foi un héroïsme.

   Ainsi envisagée comme départ de la vie chrétienne, dont elle présente le germe secret, la foi prend un aspect dramatique; elle ouvre une aventure dont les odyssées de la mer ou de l'air, les traversées de l'éther par des essaims d'astres n'offrent que de risibles images. On a la sensation d'un risque infini; le pari de Pascal vous presse; " on n'en n'est pas revenu", dit le peuple, et ce peuple charnel parle au fond de nous tous.

   En tous les cas, personne n'a le droit de prétendre que cela soit petit; l'enjeu s'y oppose, et l'ampleur même des conquérants, d'êtres " de race royale ", comme dit l'Ecriture: telle est la foi bien consciente d'elle-même, en ceux qui ont compris le "don de Dieu" .

rp Sertillanges.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 24 Janvier 2019

 

 

Ô mon Père,
Toi qui nous as donné le témoignage ardent
du jeune Vénérable Carlo Acutis,
qui de l'Eucharistie fit le centre de sa vie
et la force de son engagement quotidien
parce que les autres aussi T'aimaient plus que tout,
fais qu'il puisse être bientôt
élevé parmi les Bienheureux et les Saints de Ton Église.

Confirme ma foi,
alimente mon espoir,
vivifie ma charité,
à l'image du jeune Carlo,
qui, en grandissant imprégné de ces vertus,
vit désormais auprès de Toi.
Accorde-moi la grâce dont j'ai tant besoin...

Je m'en remets à Toi, mon Père,
à Ton doux Fils Jésus,
à la Vierge Marie, notre si douce Mère,
et à l'intercession de Ton Vénérable Carlo Acutis.

Pater, Ave, Gloria

Imprimatur Curie archiépiscopale Mediolanensi
6 octobre 2014 Angelo Mascheroni

 

 

"Anunciamos com imensa alegria que hoje aconteceu a “ ELEVATIO” de Carlo Acutis. Seu corpo foi retirado do túmulo e encontra-se INTACTO!!"

Nous annonçons avec grande joie que l'ELEVATIO de Carlo Acutis a eu lieu aujourd'hui. Son corps a été retiré du tombeau et est INTACT !

Le corps du Vénérable Carlo se trouve au couvent des Capucins, à assise, où il sera dûment préparé pour transport, qui se fera en temps opportun pour l'église de Santa Maria plus grande, à Assise.

Un phénomène rare s'est produit dans le corps d'un jeune homme qui est en cours de canonisation. Carlo Acutis, dit "Ange de la jeunesse", est décédé à l'âge de 15 ans d'une leucémie. Célèbre pour sa sainteté, le jeune homme a offert la souffrance pour l'Église et surtout pour le Pape Benoît XVI de l'époque. Marcelo Tenorio, de l'Archidiocèse de Campo Grande.

"Chers bien-aimés, aujourd'hui j'ai reçu de la mère de Carlo Acutis l'heureuse nouvelle que le Corps du Vénérable jeune homme, mort en donnant sa vie pour Benoît XVI, est INTACT. Pour nous qui l'aimons et qui répandons sa vie, c'est un moment d'émotion et de joie immense ", dit le prêtre.

Toujours selon le prêtre, il a vu les photos mais il ne peut pas les divulguer. "Son corps sera transporté au monastère des Capucins d'Assise et de là, en temps voulu, transféré dans l'ancienne église Sainte-Marie-Majeure, à Assise même.

En 2006, le jeune Carlo Acutis, victime d'une leucémie grave, est décédé. Sur son lit de mort, il désirait ardemment que ses souffrances soient offertes à Dieu par la Sainte Eglise et par le Pape Benoît XVI. Le témoignage du garçon, âgé de 15 ans seulement, a ému toute l'Italie, faisant de lui un modèle de sainteté.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 23 Janvier 2019

 

Le texte du processus de canonisation de Saint Vincent Ferrier a été publié pour la première fois en espagnol après plus de 15 ans de travail auquel ont participé des religieux dominicains coordonnés par l'historien dominicain Alfonso Esponera. Le manuscrit occupe 600 pages et comprend les témoignages de 380 témoins de cette période, dont le roi Alphonse II le Magnanime d'Aragon. L'ouvrage a été publié par la Faculté de Théologie de Valence et l'Institut Studia Friburgensis, à Fribourg (Suisse), qui est dirigé par les dominicains.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 21 Janvier 2019

   L'amitié se résume en ceci: un bel amour vrai, désintéressé et dévoué, supposant ou proposant la réciprocité, et se fondant sur une certaine communauté d'être et de vie. Voilà bien ce qu'est l'amitié dans son fond et à quelles conditions elle peut s'établir entre deux coeurs. 

    On pourrait croire qu'il dût être assez simple et assez facile à l'homme d'aimer un Dieu qui, à tout prendre, lui est tout. En droit, oui. En fait, non. Et c'est au contraire une grande et difficile entreprise que de nous rapprocher de notre Dieu, surtout jusqu'à nous unir à lui par les liens d'une véritable amitié. Il faut pour cela, profondément remuer le coeur humain et transformer sa manière d'aimer . Mais il faut aussi s'assurer du coeur divin et saisir dans sa grande amabilité ce Dieu qu'il s'agit d'aimer. Or la difficulté vient des deux côtés à la fois.

   Du côté de Dieu si on a seulement un peu d'esprit et un peu de lumière dans l'âme, on devine bien une suprême Beauté, une souveraine Amabilité. Mais c'est une Beauté qui nous échappe et qui ne nous dit rien . Pour nous, Dieu est à la fois quelqu'un de trop immense et de trop répandu, et quelqu'un de trop intime et de trop réservé.  Qu'il se présente à nous dans l'étendue des choses, ou que ce soit dans le secret des âmes , ce Dieu ne nous offre qu'une Réalité pour ainsi dire insaisissable. Il est trop Esprit pour les êtres de chair que nous sommes et que nous restons. Un philosophe se plaignait de ce que Dieu ne fût pas aussi tangible que l'est un coup de baïonnette, ou l'effleurement d'un baiser. "Tard je t'ai connue, tard je t'ai aimée, Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, " gémit saint Augustin. Même sous la plus vive lumière de la foi, la Beauté de Dieu ne nous saisit pas, ou du moins ne nous prend pas aux entrailles. Et, au contraire, tant d'autres amabilités autour de nous se présentent à nos yeux et se font séduisantes au possible: celles-ci sont parfaitement adaptées à nous, ou du moins elles le semblent; aussi elles refoulent d'autant l'inhumaine amabilité de Dieu . Les attraits divins, si grands soient-ils, risque d'être réduits à rien par ceux tellement plus accessibles des personnes ou des choses qui nous entourent.

   D'ailleurs ce n'est pas seulement l'Amabilité de Dieu qui nous échappe, c'est son Amour même. Laissés à nos propres vues, nous ne sommes pas si sûrs que Dieu nous aime. Cette conviction est cependant bien nécessaire si l'on veut fonder l'amitié et déterminer la réciprocité.

  La raison tout seule, je ne sais pas si elle peut arriver à nous démontrer que Dieu est amour. Il ne faut rien moins que toute la révélation pour nous persuader de cette vérité et créer cette sécurité si indispensable. " Dieu est amour, proclame saint Jean , et nous croyons profondément en cet amour. .... Oui, c'est bien vrai , Dieu est amour.. Et nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. Mais saint Jean précise nettement en quoi il trouve la preuve de cet amour et ce qui lui a révélé le coeur de son Dieu :" C'est en ceci que Dieu a bien voulu envoyer son Fils comme victime pour nos péchés... comme sauveur du monde... que nous avons connu l'amour que Dieu nous porte." Aussi devons-nous considérer cette persuasion comme " la triomphale victoire de notre foi" et ne chercher qu'en Jésus-Christ le grand témoignage que Dieu nous donne de son grand amour pour nous.

   Hors de la foi en Jésus, nous nous heurtons à l'impénétrable énigme du coeur divin. Même dans cette foi, il n'est pas donné à tous les chrétiens de ressentir un égal degré l'amour que Dieu leur porte, surtout à chacun d'eux en particulier. Ce n'est justement qu'en s'attachant bien à Jésus-Christ et en avançant dans son amitié qu'on arrive à se convaincre que " Dieu est pour nous... et que rien de créé ne peut nous séparer de l'amour dont il nous enveloppe dans ce Christ Jésus, notre Seigneur. "

   Jésus seul nous donnera cette assurance que Dieu est venu nous rechercher jusque dans l'incertitude et dans l'inimitié où nous sommes naturellement. Seul il nous convaincra que Dieu nous est plus ami que tel ou tel. Seul il résoudra l'énigme que nous rencontrons du côté de Dieu et tranchera la difficulté que Dieu a de se faire aimer.

   De notre côté il y a aussi une difficulté. Sans doute nous avons en nous une grande puissance ou faculté d'aimer . Sa capacité est même telle que rien de fini ne peut la combler. Tout amour, dans la mesure où il est imparfait, précaire et limité, flotte, comme dit Pascal, dans cette insatiable capacité. Il ne saurait la remplir. Il y laisse fatalement du vide. Il est bien vrai, ô Dieu, que tu nous as fait pour toi et que notre coeur, au fond, n'est pas en repos tant qu'il ne se repose pas en toi.

   Mais chacun de nous, plutôt que de se dilater en toi , demeure beaucoup trop replié sur soi et comme enfermé en soi.  C'est là le malheur. Il est difficile à l'homme de sortir de soi et de pousser son désir d'aimer jusqu'au pur et parfait don de soi. Ce vrai amour , en somme , nous dépasse. Très souvent on ne fait guère plus que s'aimer soi-même. Beaucoup paraissent pour ainsi dire incapables d'autre chose. Et de bons coeurs parfois, même sous couleur de se donner, sont très occupés de se rechercher. Cette tare en amour semble à peu près sans remède.

   L'on se fait, il est vrai des idoles. On les pare de tous les attraits. On leur attribue les plus chères perfections . Et l'on croit aisément leur donner tout son coeur. Il y a dans ce cas beaucoup de mirage. On se voue un amour éternel, et cela dure un temps.  Encore est-il assez rare, même le temps que durent les affections les plus fortes et les plus passionnées, qu'on arrive à dépasser l'amour de concupiscence et à éviter le retour à soi pour s'élever vraiment à l'amour d'amitié et à l'oubli de soi. Il vaut autant le reconnaître, l'histoire de l'homme en amour est pauvre . Et ce n'est pas seulement question de personnalité ou de tempérament individuel, c'est question de race et de déformation originelle.

 

rp Bernard op.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 21 Janvier 2019

 

   Voilà donc, en un bref aperçu , à quels genres de difficultés va s'attaquer chez nous la grâce de Jésus-Christ. Elle en triomphera. Elle remportera sur ce terrain de belles victoires. Elle tiendra cette gageure de nous pousser sans cesse à aimer Dieu d'une véritable amitié, c'est-à-dire au point que nous vivions non plus pour nous mais pour lui. Et cela , non pas seulement de temps en temps, dans quelques actes exceptionnels et intermittents; mais , profondément et tout le temps, par une disposition permanente et une inclination constante.

   La grâce chrétienne va enraciner dans notre nature la charité envers Dieu. Elle va faire de cette charité comme une énergie latente au plus profond de nous-mêmes, capable de bouleverser notre existence de fond en comble et de surnaturaliser tous les actes de notre vie.

   Ce don , précieux entre tous, qui nous met au coeur la vertu d'aimer Dieu et de le prendre en amitié, est ce qui exprime le mieux l'état de grâce et annonce le mieux l'état de gloire. Déjà il nous transporte jusqu'en Dieu. Il nous unit à lui, nous transforme en lui. C'est en cela qu'un tel don  dépasse celui de l'espérance: l'espérance imprime en nous tendance et mouvement vers Dieu, mais la charité est déjà toute en adhérence et conformité à Dieu. L'une et l'autre conjointement nous le donnent pour notre fin suprême et nous font nous précipiter en lui avec plus de force que nous ne pouvons nous jeter à nos fins les plus proches suivant nos appétits les plus naturels .  Une jeune sainte disait :" Mon Dieu, tu es tendre pour moi comme une mirabelle. "

   Et celui qui est cause de cela, c'est Jésus. C'est lui qui a assumé la difficile entreprise et qui a surmonté les deux obstacles qu'elle opposait.

   - D'une part, Notre-Seigneur  a surélevé dans l'humanité la capacité d'aimer. On peut dire qu'il nous a sortis de notre égoïsme et délivré de nos idolâtries. On peut dire qu'il a renouvelé l'amour humain jusque dans sa source. Quand il parle d'une eau vive qui nous rafraîchit le coeur et  qui est en nous une source jaillissant en vie éternelle, on voit ce que cela signifie.

   - D'autre part, en dévoilant devant nous la souveraine amabilité de Dieu et l'étonnante amitié qu'il a pour nous, ce Christ béni nous a rendu Dieu enfin sensible au coeur. Il a réussi à faire de ce Dieu un objet d'amour, en même temps qu'il nous convainquait de toutes les raisons que ce Dieu avait d'être aimé et chéri. Avec Jésus, Dieu devient enfin le bien-aimé. Telle est assurément la plus grande grâce que nous avons reçu de la plénitude du Verbe  incarné.

   Comment cette grâce d'amitié avec Dieu a été donnée au monde et répandue en nous " par l'intermédiaire de Jésus-Christ" , voilà qui mériterait un examen bien approfondi. Il y faudrait , ce me semble, distinguer deux choses. C'est qu'en ceci Jésus agit et influe tout ensemble comme homme et comme Dieu. Et c'est là  ce qui fait très précisément la force incomparable de sa grâce. Il en est à la fois l'auteur principal et l'instrument parfait.

   Comme homme, il réalise en lui, pour l'offrir à tous les siens, le prototype de l'amitié de l'homme avec son Dieu. Et notez bien, même en son humanité, il ne se présente pas simplement comme un modèle posant devant nous, mais il est bel et bien agissant au-dedans de nous. Il est profondément insinuant . Il s'évertue à faire passer dans tous les membres de son corps mystique l'ardent amour pour Dieu dont il est lui-même embrasé. " C'est du feu disait-il, que je suis venu jeter sur la terre, et comme je désire que ça flambe."

   - Comme Dieu, le Christ a cette autre prérogative d'être lui-même en sa personne le Dieu qui cherche à être aimé. Personnellement, il peut nous montrer combien Dieu est aimable et jusqu'à quelle extrémité il nous aime. Il ne se contente pas de montrer: il opère. Il n'est pas seulement probant, il est touchant. Et  lorsqu'il nous touche, c'est Dieu même qui nous touche. De sorte qu'on n'a qu'à se laisser faire. Les chrétiens aiment Dieu comme le Christ les y porte. Et ils aiment Dieu comme il est dans dans le Christ.

rp Bernard op +

 

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Publié le 15 Janvier 2019

Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Janvier 2019

 

 

 

très souvent la vilaine étoile, elle se cache, alors on voit plus grand chose ! quelle misère. toujours avancer dans le brouillard, même si c'est de saison.

 

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Publié le 11 Janvier 2019

  

   Après avoir béni par sa présence, pendant sa longue vie cachée, la famille chrétienne préfigurée en perfection à Nazareth, et proclamé   si haut l'indissolubilité du lien conjugal, comment Notre-Seigneur ne ferait-il pas tout le nécessaire pour affermir l'institution du mariage, destinée à accroître son Royaume? Soyons sans crainte. Rien de ce qui touche aux sources vives de l'humanité n'est étranger au Dieu fait homme. Par son sacrifice, il a tout renouvelé à la racine. De là , cette transformation étonnante que nous professons, sans toujours nous en rendre bien compte, en disant que le mariage est un sacrement. Dès qu'un chrétien est en cause, point de mariage légitime ni valide possible, qui ne soit, à la fois, le symbole sacré de l'union du Christ avec l'humanité rachetée, et (en vertu même de ce symbolisme) une source permanente de force. Or la grâce propre de ce sacrement consiste à repétrir l'amour humain, en y introduisant le ferment de la charité, pour le rendre capable des plus hautes réalisations.

   Le premier résultat de cette opération surnaturelle invisible sera une entière soumission à la volonté divine. Etant essentiellement accord de notre volonté avec la volonté de Dieu; la charité ne saurait, sur ce point, souffrir de concession, sans se renier elle-même. Son premier souci sera toujours de ne point offenser le bon Dieu , et de respecter les lois très bonnes et très sages qu'il nous a données, en disant  :" Si vous m'aimez, observez mes commandements. "

   Par le fait même, les époux chrétiens ramèneront l'idée qu'ils se font du mariage à la pensée et aux intentions de Dieu. Lorsqu'ils auront saisi que, en se donnant l'un à l'autre, ils reproduisent symboliquement l'union du Christ et de l'Eglise, ils comprendront sans peine que le mariage n'est pas une société capricieuse, fondée sur des charmes fragiles, dans laquelle toute licence serait permise. Il leur apparaîtra plutôt, suivant la gracieuse définition de saint François de Sales, comme la " pépinière du christianisme, qui remplit la terre de fidèles, pour accomplir au ciel le nombre des élus." Et ils reconnaîtront loyalement que, si cette fin ne peut être atteinte, il faut avoir le courage de vertueuses abstentions.

   Dès lors, la vie à deux ne sera plus menacée  sans cesse de devenir une lamentable glissade vers le péché, une occasion de chutes perpétuelles. Mais un ministère sacré, exercé dans l'honneur. Viennent les épreuves, les difficultés, les luttes. Ils n'en seront pas surpris. Partout et toujours , la vie chrétienne est un combat. Pourquoi échapperaient-ils à la loi commune? Le chemin qui s'ouvre devant eux, et qui doit les mener jusqu'aux plus hautes cimes de l'amour, est tel que Notre-Seigneur lui-même l'a décrit: étroit, montant, rocailleux. Qu'importe? Appuyés l'un sur l'autre, ils le graviront d'une marche sûre de montagnard, la tête haute, le pas égal. Plus de troubles, plus de vertiges. Mais la conscience heureuse du devoir accompli, le sentiment de plénitude et de paix profonde qui s'empare de nous au moment précis où nous nous donnons au bon Dieu sans compter, la joie de pouvoir se dire, en toute vérité et reconnaissance , que l'on accomplit sa vocation.

   En élevant l'amour conjugal à une pareille hauteur, la charité lui assure, du même coup, une stabilité parfaite. Il se fondait sur des qualités changeantes. A présent, il plonge ses racines jusqu'en Dieu. Car c'est la volonté de Dieu que les époux soient unis par le plus profond amour.

   Quoi de plus encourageant pour un chrétien et une chrétienne, que de savoir qu'ils peuvent s'aimer et réaliser la parfaite union des âmes, en accord avec la volonté de leur Père céleste, qui protège et bénit leur tendresse , pourvu qu'elle demeure dans de justes limites, jusque dans " ses retentissements sensibles" ?

   "Ni toi ni moi, peuvent-ils se dire , avec le lieutenant du vaisseau Dupouey,  nous n'avons besoin de choses compliquées..." Nous avons la Loi de Dieu qui contient tout l'Art, toute la Philosophie et toute la Jurisprudence.

   Oh ! qu'il est bon d'être amis quand c'est le Dieu de toute bonté qui a préparé cette amitié, et n'est-ce pas merveilleusement doux, que, malgré nos faiblesses, il ait daigné nous faire une loi de cet attachement et la vouloir avec nous?... Combien il est bon de penser qu l'ordre du mariage ne contredit pas l'ordre du monde?

   Au surplus, la charité , qui subordonne l'amour des corps à celui des âmes, vise à dépasser les apparences sensibles, pour atteindre la beauté cachée, que l'âge ne saurait altérer. Elle prend son plaisir dans la considération des qualités spirituelles de l'intelligence et du caractère. Mais avant tout, avant même les dons de l'esprit et la noblesse du coeur, elle cherche la surhumaine beauté qui vient des communications surnaturelles de la grâce.

   Lorsque deux chrétiens vivent de leur foi, celle-ci réalise entre eux une harmonie de pensées, de vouloirs, de sentiments, qui domine, en les absorbant, toutes leurs dissonances. Une ressemblance intime, durable et croissante, les rapproche de jour en jour. Ils sont les deux enfants du même père, ils tendent vers le même but, ils vivent d'une même vie, ils accomplissent un même service, ils gravissent la même pente.

"Portez les fardeaux les uns des autres."

règle de st Benoît

   La charité, qui estime avec Notre-Seigneur , qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir, nous désapprend à rechercher égoïstement notre bien propre. Patiente, bénigne, lente à s'irriter, prompte à pardonner, elle prévient écarte, efface les malentendus , dont l'amour-propre ferait des montagnes.  En rendant l'amour juste, miséricordieux et patient, elle rappelle que, nul ici-bas n'étant parafait, c'est dans la vie à deux qu'il faudra surtout pratiquer le conseil de l'Apôtre. A la place des querelles domestiques, elle introduit l'esprit de bienveillance et de conciliation qui excuse tout, espère tout, supporte tout.

   Il ne reste plus, dès lors à la charité qu'à éclairer l'amour paternel et maternel, et à les préserver des faiblesses auxquelles ils sont exposés.

   Elle commencera par imposer silence à l'égoïsme sans noblesse qui tend à voir dans l'enfant un petit intrus, contre lequel il importe de se mettre en garde. Loin d'être une complication au regard de calculs myopes, l'enfant n'est-il pas appelé à devenir le signe sensible et immortel du don sans réserve? La charge qu'il impose au ménage stabilisera le navire en marche vers des cieux nouveaux. Sa venue sera saluée avec transport. Pour lui faire accueil , les âmes battront à l'unisson. Après avoir concentré sur son petit corps fragile les ravissements du père et de la mère, il deviendra leur principal souci, le sujet de causeries interminables, le point de rencontre et de fusion des travaux de l'un et des sacrifices de l'autre.

   Bientôt cependant l'enfant grandit, - toujours trop tôt au gré de la maman, - tandis que d'autres petits frères ou d'autres petites soeurs se succèdent dans le berceau à roulettes de bois, garni de dentelles et de rubans bleus.

   La charité, qui ne saurait oublier les droits de Dieu, réclame pour le Père céleste le premier balbutiement de ses lèvres innocentes, le premier éveil de sa raison. Jésus , le petit Jésus, le sage enfant de Nazareth, devient ainsi de bonne heure l'invisible compagnon et l'inévitable témoin du petit chrétien, qui commence à faire, sous le regard de sa mère, la découverte du double monde de la nature et de la foi...

   Hélas! ce petit chrétien, rempli de défauts mignons , doit tout apprendre pour vivre dans la rectitude et dans la lumière. Ses parents ne l'oublieront pas . A leurs yeux, l'enfant, investi par le baptême d'une dignité divine, ne saurait être le jouet d'un amour capricieux et sot. Dépôt précieux confié à leur sagesse non moins qu'à leur tendresse, il s'agira de le préserver contre les influences perverses embusquées autour du foyer. Une vigilance attentive et un dévouement inlassable devront accompagner ses progrès, exciter son ardeur, combattre ses mauvais penchants, favoriser ses bonnes disposition, encourager son jeune enthousiasme. En un mot, l'élever.   

   Les vertus ne s'acquièrent qu'au prix de recommencements sans fin. Il y aura des moments où, conscients de leur autorité , les parents se verront tenus de résister à des larmes, à des intimidations, voire à des trépignements de colère. La charité leur apprendra à posséder d'une main ferme, sans emportement ni faiblesse, les rênes du gouvernement.

   Lorsque l'éducation se sera attachée à la préservation morale et à la correction des défauts, elle ne s'en tiendra cependant pas encore pour satisfaite. Corriger un enfant des écarts qui contreviennent le plus désagréablement au " bon usage" c'est quelque chose.. Mais enfin, il faut surtout le préparer à mener vaillamment les beaux combats de la vie.

N'oublions pas que les " bons petits ", que nous regardons avec fierté, sont destinés à porter un jour de lourdes responsabilités. Ils ont besoin qu'on les prépare à occuper, - ne disons pas une situation brillante, ce serait prétentieux et vain, - mais un de ces postes avancés, où l'on sert le bon Dieu de tout son coeur, de toutes ses forces, et où l'on travaille efficacement au bonheur de ses frères.

  

rp Braun op+

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Janvier 2019

Que tenga un buen comienzo!

bonne rentrée 2019

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O Saint Enfant-Jésus
qui répandez vos grâces sur ceux qui vous invoquent,
regardez-nous prosternés devant votre sainte image
et écoutez notre prière.

Nous vous recommandons tous les nécessiteux
qui se confient à votre Divin Coeur.

Etendez sur eux votre main toute-puissante
et venez au secours de leur indigence.

Etendez la main sur les malades
pour les guérir et sanctifier leurs peines ;
sur les affligés pour les consoler ;
sur les pécheurs pour les attirer
à la lumière de votre grâce ;
sur ceux qui, accablés par la douleur et la misère,
invoquent avec confiance votre  aide pleine d’amour.

Etendez la main encore sur nous pour nous bénir,

bénir ceux qu l'on aime.

Accordez ô Petit Roi,
les trésors de votre miséricorde au monde entier
et gardez-nous maintenant et toujours
dans la grâce de votre  amour !

Amen.

quelle idée de grandir! la vie est mal faite quand même... Se sentir aimé, pas normal faut que je le dise au père Abbé !

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 28 Décembre 2018

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