« Ô souverain Créateur ! Mon Dieu et mes délices, jusqu'à quand vivrai-je ainsi dans l'attente de Vous voir un jour ? Quel remède donnez-Vous à celle qui n'en trouve point sur la terre, et qui ne peut prendre aucun repos qu'en Vous seul ? Ô vie longue, vie pénible, vie qui n'est point une vie ! Ô solitude profonde ! Ô mal sans remède ! Jusqu'à quand, Seigneur, jusqu'à quand ? Que ferai-je, ô mon Bien ! Que ferai-je ? Désirerai-je de ne Vous désirer pas ! Ô mon Dieu et mon Créateur ! Vous nous blessez par les traits de votre Amour, et ne nous guérissez point ; Vous faites des plaies d'autant plus sensibles, qu'elles sont plus intérieures et plus cachées ; Vous donnez la mort sans ôter la vie. Enfin, mon Seigneur, Vous faites tout ce que Vous voulez, parce que Vous êtes tout-Puissant. Comment un ver de terre aussi misérable que je suis peut-il souffrir de si grandes contrariétés ? Mais qu'il soit ainsi, mon Dieu, puisque Vous le voulez, et que je ne veux que ce que Vous voulez. Hélas ! Seigneur, l'excès de ma douleur me force à me plaindre, et à dire qu'elle est sans remède si Vous n'en êtes pas Vous-même le Remède. Mon âme est dans une prison trop pénible pour ne pas désirer sa liberté. Mais en même temps elle ne voudrait pas, pour obtenir ce qu'elle désire, s'éloigner d'un seul point de ce que Vous avez ordonné d'elle. Ordonnez donc, mon Dieu, s'il Vous plaît, ou que sa peine croisse en Vous aimant ici davantage, on qu'elle cesse entièrement en jouissant de Vous dans le ciel. Ô mort ! Ô mort ! Je ne sais qui te peut craindre, puisque c'est dans toi que nous devons trouver la vie. Mais comment ne te craindra pas celui qui aura employé une partie de sa vie sans aimer son Dieu ? Me voyant en cet état, que désiré-je et que demandé-je, lorsque je demande de mourir, sinon peut-être qu'on me fasse souffrir, pour mes péchés, la peine que j'ai si justement méritée ? Ne le permettez pas, mon Sauveur ! Puisque ma rançon Vous a tant coûté.
Ô mon âme ! Abandonne-toi à la Volonté de ton Dieu : c'est là l'état qui t'est le plus propre. Sers ton Seigneur, et espère de sa Grâce le soulagement de ta peine, lorsque ta pénitence t'aura rendue digne, en quelque sorte, d'obtenir le pardon de tes péchés. Ne désire point de jouir sans avoir souffert. Mais ô mon Seigneur et mon véritable Roi, je ne saurais faire ce que je dis, si votre Main toute-puissante ne me soutient, et si la grandeur de votre Miséricorde ne m'assiste ! Car avec cela je pourrai tout.
Que l'on prenne comme on voudra ce que je vais dire. Si vraiment les âmes des morts s'intéressaient aux affaires des vivants, si c'étaient elles qui nous entretenaient, quand nous les voyons dans nos songes, - alors (pour ne parler que d'elle) ma tendre mère ne me quitterait jamais la nuit, elle qui me suivit sur terre et sur mer pour partager ma vie. Je ne peux pas croire que sa félicité l'ait rendue cruelle à ce point que, quand mon coeur est endolori, elle ne console pas son fils dans la peine, ce fils qu'elle aimait comme personne et qu'elle ne voulut jamais voir affligé.
D'autre part la vérité s'impose de la parole du Psaume sacré :" Mon père et ma mère m'ont abandonné mais le Seigneur m'a pris sous sa garde".
Si nos parents nous ont abandonnés, comment s'intéressent-ils à nos soucis, à nos affaires? Et s'ils y restent indifférents, quels sont les autres morts qui peuvent s'inquiéter de ce que nous faisons, de ce que nous souffrons? Le prophète Isaïe déclare :" C'est toi qui est notre Père: Car Abraham nous a oubliés et Israël ne nous a pas connus". Si des patriarches aussi grands que ceux-là ont ignoré les destinées d'un peuple qui sortait d'eux et dont il avait été promis à leur foi qu'il formerait leur lignée, comment les morts s'occuperaient-ils de connaître les affaires, les actes des vivants et d'y coopérer? Comment pouvons-nous dire que ceux-là sont des favorisés qui sont morts avant que surgissent les maux qui ont suivi leur mort, si, même une fois disparus, ils sont sensibles aux calamités qui apparaissent dans notre vie d'hommes? Avons-nous tort de les appeler ainsi, et de croire qu'ils jouissent de la paix, alors qu'ils participaient aux inquiétudes de la vie des vivants ?
Convenons donc que les morts ignorent ce qui se passe ici, pendant que cela se passe; mais qu'ensuite ils en ont connaissance par ceux qui les rejoignent, une fois morts. Ils n'apprennent pas tout, mais seulement ce que ceux qui sont autorisés à les renseigner reçoivent permission de se rappeler, et ce qu'il est nécessaire qu'ils sachent.
Les anges qui veillent aux choses de ce monde peuvent aussi renseigner les morts, selon que le juge à propos pour chaque défunt Celui à qui tout est assujetti. Car s'il n'y avait des anges qui visitent l'habitacle des vivants et celui des morts, le Seigneur Jésus n'aurait pas dit :" Il arriva que ce pauvre mourut et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham".
Ils peuvent donc être tantôt ici, tantôt ailleurs, puisqu'ils ont emporté de ce monde dans l'autre celui que Dieu leur confiait.
au moins mes petits ramènent à d'autres réalités vraies, sensibles, et intelligentes! non mais sans blagues ! en dehors c'est devenu un monde inhumain de doctrine, tellement insipide et sans âme à vous dégoûter de la religion. de la messe, de tout; mais aussi, le virtuel peut devenir plus vrai que le réel, j'en ai eu la preuve hier...
La télévision, l’internet, sont nos sycomores. Ils nous permettent de rencontrer des réalités rendues étrangères par la distance du temps, du lieu, par les obstacles matériels. Telles des vaches regardant passer un train, l’homme peut se contenter de la vision superficielle offerte par les médias et renoncer à exercer ses capacités de connaître en profondeur la réalité, de la juger en rapport avec le sens de la vie.
Les médias ne seraient- ils pas le moyen facile utilisé par la société pour détourner l’homme de trop penser à sa destinée, afin de mieux profiter de lui ?
Par quelques mots, Jésus bouleverse la vie du grimpeur :
« Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
les meilleurs ! je me disais aussi ..pas étonnant qu'il soit aussi sympa . heureusement pas de cartes bleues sur leurs sites ! on ne ferait que ça.. pour une fois que ça servirait à quelque chose de bien ...
may the Blessed Virgin protect you and yours ! au moins tous les 3 on a un idéal commun .. my prayers for you !
Né ce 11 Octobre, dans une famille de musiciens, Jacques Forestier, treize ans, a commencé à jouer du violon à l'âge de deux ans sous la direction de sa mère Marie Forestier et a depuis enchanté les auditoires à travers le Canada avec sa passion pour la musique et son amour du spectacle.
Jacques a remporté de nombreux prix et bourses d'études, dont la plus récente première place aux finales provinciales de l'Alberta et aux finales nationales des Concours de musique du Canada à Gatineau, au Québec. Jacques a été récipiendaire de la bourse du Fonds Winspear en 2016 et 2017.
En mars 2015, Jacques se produit au célèbre Carnegie Hall de New York dans le récital du lauréat du Concours international American Protégé. Dans le cadre de la saison 2016 de la série de récitals d'Edmonton, Jacques a partagé la scène avec deux des meilleurs violonistes du Canada, Jonathon Crow et Andrew Wan, violon solo des orchestres symphoniques de Toronto et de Montréal.
En juin 2016, Jacques a fait ses débuts avec l'Orchestre symphonique d'Edmonton sous la direction du maestro Bill Eddins. Jacques a également été soliste avec l'Alberta Baroque Ensemble, l'Edmonton Philharmonic Orchestra et l'Edmonton Youth Orchestra.
Jacques a été invité par Pinchas Zukerman à participer au Programme des jeunes artistes du Centre national des Arts à Ottawa. Il a également été accepté avec une bourse d'études complète pour étudier au programme Morningside Musicbridge qui a eu lieu au New England Conservatory à Boston Mass.
Jacques a eu la chance d'étudier avec des instructeurs de classe mondiale tels que Ian Swensen, Andres Cardenes, Midoro Goto, Ida Kavafian, Thaduesz Gadzina et Pinchas Zukerman.
L'an dernier, il a été demi-finaliste à l'émission de télévision "Virtuose" de CBC Radio Canada.
Étudiant actuellement avec William Vander Sloot, professeur réputé de l'Université Mount Royal à Calgary, Jacques fait également partie de leur programme Honours Academy pour les jeunes surdoués.
Au début de l'année, Jacques a remporté la deuxième place au C.D.A. Young Artists Competition à Spokane, Washington.
en avril 2018, Jacques était à Genève, en Suisse, pour participer au concours international Yehudi Menuhin.
the best !
the same year, the same time!
thank you all for all your warm wishes! Truly spoiled today. I kiss you all. you're the best! I really had a lot of kindness !!! if it hadn't been for all my little ones, I would have dropped everything!
Et ce sont là les images définitives qui doivent rester dans l'esprit du lecteur . En envoyant aux églises sa terrible prophétie, Jean ne leur a souhaité que " la grâce et la paix "; car les épreuves qu'il leur annonce, et qui ne seront pour eux un danger réel que s'ils sont timides et lâches, le voyant veut qu'il les considèrent toutes dans la tendre et radieuse lumière, qui s'épand du trône de miséricorde où siègent Dieu leur Créateur et l'Agneau leur Rédempteur.
L'infaillible victoire de Dieu, ce sera la victoire de ses saints.Leurs prières continuelles pour que son Règne arrive amènent, comme cause seconde, l'avènement du Verbe triomphateur qui aura raison des Bêtes et du Dragon.Pourtant elles n'empêchent pas le déchainement de maux effroyables. Mais ce sont les soubresauts d'agonie du Dragon vaincu dès le premier avènement du Christ. Bien plus, Jean a osé communiquer (ch. VIII,3-5) une vision étrangement dramatique, dont le sens est que les fléaux destructeurs sont le premier résultat des prières réclamant le règne de la paix divine. Ce sont les charbons de l'encensoir céleste, oui, du même encensoir qui a dégagé le parfum irrésistible des prières terrestres, ce sont ces charbons qui, jetés sur la terre, la marquent pour les ravages que vont évoquer les sonneries de trompettes angéliques, - trompette du jugement continu au long de l'histoire; Singulière contradiction à première vue. Mais on peut comprendre. Que demandent-ils les "saints", sinon que le Règne du Christ arrive? " Viens, Seigneur Jésus!" et vienne avec Toi le bonheur, pour le temps et l'éternité! D'avance, ils acceptent toutes les conditions que la Sagesse infaillible de Dieu sait les mieux appropriées à l'arrivée prompte et intégrale de ce Règne, fussent-elles incompréhensibles à leur humaine raison.
Or, il y a des obstacles, l'opposition irréductible des Bêtes et de leurs adorateurs obstinés, qui doivent d'abord être abattus; il y a même dans les meilleurs âmes, des barricades secrètes dressées contre le progrès de la grâce , que seule fera tomber la lumière qui jaillit des épreuves . Dieu va au plus court pour combler les désirs des siens. C'est pour cela qu'il laisse Satan exciter ces bouleversements où les agents du mal se heurtent et sont détruits les uns par les autres; Babylone, c'est-à-dire la domination de la Rome païenne, le grand ennemi au Ier siècle, sera mise à mal par d'autres suppôts de la Bête qui grandiront à ses dépens, et c'est un présage de ce qui arriva toujours au cours des âges. Jusqu'au jour où le glaive du Verbe (ch. XIX) qui est surtout la prédication évangélique, détruira les Bêtes elles-mêmes, qui symbolisent tout le dynamisme infernal . Cette victoire sera complète au temps de la Parousie, ou Second Avènement. D' ici là, les horreurs et les calamités peuvent sembler ne faire autre chose qu'exaspérer les péchés et les blasphèmes des hommes, et préparer malheur après malheur. L'Eglise en souffre dans sa chair, dans ses enfants, pourtant elle passe toujours vivante au milieu des désastres, et le spectacle de cette durée indestructibleCh.XI: l'activité et la résurrection des deux Témoins), plus efficace que n'ont été en eux-mêmes les châtiments, agrandit toujours son empire en extension ou en profondeur. Viendra le temps où la moisson du genre humain sera mûre à point (ch. XIV , 15-16)pour que se produise la résurrection bienheureuse de tous les élus.
Quand viendra-t-il ce jour ? Dieu le sait. Les fidèles acceptent ce plan de Dieu, avec toutes ses conditions, et prient sans cesse pour qu'il se réalise exactement comme Dieu l'a établi.
Heureux celui qui sait et accepte cela! Déjà il possède "l'étoile du matin"(ch. II, 28; XVII, 16) , il voit poindre et grandir l'aurore; il entend Jésus frapper à sa porte et demander accueil à sa table (ch. III,20), il prend conscience du "nom nouveau" que connaît seul son heureux porteur(ch. II, 17), et goûte secrètement, adoucissant toute amertume personnelle ou publique, les fruits de l'arbre de vie (ch. XXII, 17)Aussi , quoi qu'il arrive sur le plan terrestre, il attend dans la confiance.
Telle est la leçon de l'Apocalypse. Il n'y en a point d'autre, parce qu'elle suffit à ceux qui ont une foi vive. Jean a écrit sa rude et tendre prophétie pour soutenir leur courage :
Comme en toutes les grandes crises de l'histoire européenne, bien des regards fébriles se remettent certainement à parcourir les pages de l'Apocalypse, en s'efforçant de lire entre les lignes inspirées. Ces croyants inquiets s'adressent mieux, il va sans dire que les incroyants crédules qui courent aux astrologues, médiums ou cartomanciennes. Mais s'ils veulent que la prophétie leur révèle quelque chose des desseins de Dieu sur notre monde ébranlé, il ne faut pas qu'ils la consultent dans le même esprit que ceux qui vont aux charlatans. Et tel serait leur cas s'ils prétendaient arracher à saint Jean des informations détaillées sur les secrets de l'avenir immédiat.
L'Ecriture nous a été donnée pour nourrir la foi, et le courage qui en découle, non pour satisfaire des curiosités , si tragiquement pressantes qu'elles puissent être, touchant des évènements temporels.
... La foi, ce don de Dieu qui nous fait connaître avec certitude l'invisible et l'indémontrable, est une connaissance assurée, mais obscure, qui accepte le mystère en le laissant à l'état de mystère, qu'il s'agisse du gouvernement divin aussi bien que de la Trinité ou de l'Incarnation .
Vivre de la foi, c'est , sous un aspect, marcher avec confiance au milieu des nuages les plus menaçants et les plus opaques qui entourent l'existence terrestre, soutenu par la conviction que toutes choses tournent nécessairement au bien de ceux qui aiment Dieu, et que tout aboutira au profit le plus réel du monde, de ce monde régi par la providence d'un Père tout-puissant, qui ne peut vouloir que le plus grand bonheur final de ses créatures.
Plus qu'à d'autres époques, nous en convenons, on pourrait être tenté de chercher dans les évènements une réalisation très littérale des formidables allégories de Patmos. Elles portent beaucoup sur la guerre, qu'elles représentent comme le pire fléau, plus encore que la peste et la famine, fléau capable à lui seul d'exterminer un tiers des hommes, un passage d'une écrasante ironie nous montre leurs causes, les malfaisantes grenouilles (ch. XVI, 14) qui sautent de la bouche du dragon et de ses suppôts pour exaspérer leurs stupides coassements de propagande, l'orgueil , l' ambition, l'envie et la haine qui lancent rois et nations dans l'extermination réciproque.
Et n'est-ce pas une forme saisissante du réveil de l'Antéchrist perpétuel, que l'alliance actuelle des contempteurs de la croix avec les ennemis de toute vérité religieuse?
Oui, mais comme Notre-Seigneur l'a dit dans l'Evangile pour les calamités alors prochaines, " nondum est finis", ce n'est jamais la décisive épreuve (Mat., XXIV, 6) . L'humanité est encore trop jeune pour toucher à la crise dernière.
De fait, au cours de l'histoire chrétienne, les prédictions les plus sinistres de saint Jean ont pu s'appliquer déjà, avec autant de raisons que de nos jours, à bien des époques malheureuses : persécutions des Césars - dont le voyant a prédit avec une étrange netteté le caractère et l'issue, cet effondrement de l'empire païen de Rome, type de toutes les puissances tyranniques de l'avenir...etc...
Toutes ces catastrophes ont fourni d'amples occasions aux esprits imaginatifs de prophétiser la fin du monde, ou de notre monde. Mais la révélation de Patmos n'a pas été donnée pour que ses lecteurs s'érigent d'eux-mêmes en prophètes non inspirés, lorsque "notre force" , dit le vrai prophète israélite, " est dans le silence et l'espérance."
Cette réserve chrétienne et raisonnable ne peut empêcher toutefois notre angoisse présente de crier au ciel :" Mais enfin, le sens, le sens de toutes ces menaces, ces malheurs, ces écroulements d'espoirs ? Il y en a un , puisque Dieu les permet... Qu'est-ce donc que Dieu nous veut? "
L'Apocalypse donne la réponse. Seulement il s'agit de l'entendre bien . Voici ce qu'elle nous dit.
Jean pleurait, il pleurait aussi, il pleurait en plein ciel où il avait été transporté, après qu'une vision du Fils de l'Homme lui eut fait connaître les louanges et les réprimandes méritées par ses sept églises d'Asie. Il pleurait parce que , prévoyant l'imminence d'une bourrasque de persécutions dont lui-même, l'exilé, était la victime anticipée, il lui était impossible de lever le voile de l'avenir.
Tout autour de lui, ce n'était pourtant que sécurité dans la gloire . Sur un trône soutenu et entouré par des êtres formidables et vénérables qui sont les agents de la Providence dans la création et l'histoire, Dieu lui-même siégeait,forme baignée d'une suave lumière d'aurore sous un arc-en-ciel d'émeraude; car ainsi que le dit un vieux commentateur grec , " la nature divine est toujours verdoyante et en fleurs " .
Mais, d'autre part, il sortait du trône " des éclairs et des voix et des tonnerres " , en contraste avec ces symboles de miséricorde. Et la main de Dieu tenait un livre, celui où sont consignés tous ses décrets sur l'avenir des hommes. Or ce livre est scellé de sept sceaux. Personne , même parmi les créatures célestes , ne peut l'ouvrir ni même y fixer les yeux. Jean se lamente de ne pouvoir en deviner le contenu. Quels jugements de salut u de colère tient-il cachés?
Personne? Mais si; quelqu'un a surgi au milieu du cercle inabordable, il a pris le livre, il va l'ouvrir, c'est lui qui va diriger l'exécution de tous les décrets. Cet être est Jésus, l'Agneau immolé. Alors une jubilation immense embrase le ciel et l'univers, et tout ce qui est capable de chanter chante la gloire et le triomphe du Rédempteur. Lui qui a donné sa vie pour mener les hommes au bonheur, c'est lui-même et nul autre qui a pris entre ses mains toute leur histoire future. Et il révèlera à ses fidèles ce qu'il leur est bon d'en connaître.
Alors le coeur de l'exilé Jean est raffermi; il sait - telle est la vue fondamentale, virilement optimiste de son Apocalypse - que rien n'arrivera dans le monde sinon pour assurer le bien de l'humanité rachetée, à la gloire de Dieu et de l'Agneau.
Dès lors , sur le double plan, céleste et terrestre, se déroulent deux séries de scènes qui sont en violent contraste . Au ciel, tout est immuable et radieux; les prières des saints y montent continuellement, elles s'élèvent comme une fumée d'encens au trône divin, et donnent l'essor à des vols d'anges radieux qui ont charge d'en réaliser l'exaucement; des choeurs intermittents célèbrent le salut qui progresse toujours . Mais sur terre, il n'apparaît cependant d'abord qu'un déchirement d'affreux malheurs, guerre, peste et famine, tremblements de terre, révolutions. Le Dragon, le vieux serpent, ennemi du genre humain, y est tombé précipité par Michel, après la glorification du Christ; et là, invisible, il tord dans les convulsions sa queue qui a balayé du firmament le tiers des étoiles, tandis que, sinistrement visibles, ses deux suppôts, la double Bête-Antéchrist, sous la forme temporelle et la forme spirituelle y tyrannisent et séduisent l'humanité, qui adore le représentant du Dragon et blasphème Dieu sous les fléaux qui le châtient.
L'intervention de l'Agneau immolé n'a-t-elle donc fait que précipiter la colère ? Non, ce n'est là qu'une apparence. Avant chaque série de fléaux, une vision de bon augure (le premier cavalier du chap. VI, le premier Ange du chap. XIV, ) montre que le but que Dieu poursuit à travers cs rigueurs: c'est l'établissement de son Règne, le progrès de l'Evangile, le salut des hommes. Sans doute les fidèles, au milieu des cataclysmes, souffrent comme les autres dans leur existence temporelle, ils sont même durement tentés; mais Satan ne les vaincra pas, parce qu'ils l'ont eux-mêmes vaincu (ch. XII,11)Un signe divin imprimé sur leur front les réserve pour le bonheur définitif(ch. VII). La Femme allégorique qui est l'Eglise leur mère(ch. XII),poursuivie en vain par le Dragon, demeure en sécurité dans la solitude de la vie intérieure; et ses fils, du milieu de la "grande tribulation ", se pressent déjà autour du trône céleste. (Ch. VII) mêlés aux morts déjà béatifiés, en procession ininterrompue (saint Paul avait dit déjà :" Votre vie de citoyens est au ciel " ) ils sont rangés autour de l'Agneau, face à l'armée de Bêtes, à Gog et Magog, sur la montagne symbolique de Sion (ch. XIV, XX) ou réfugiés dans le sanctuaire du temple (ch. XI)
Le jour viendra, il approche où " Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux " dans la célébration éternelles des noces de l'Agneau avec Jérusalem (ch. VII, XX) Et en attendant , par la vie de la grâce " résurrection première " ils règnent déjà spirituellement.
L'infaillible victoire de Dieu, ce sera la victoire de ses saints. Leurs prières continuelles pour que son Règne arrive amènent, comme cause seconde, l'avènement du Verbe triomphateur qui aura cause de Bêtes et du Dragon.
Ce n’est pas vraiment le genre de job que l’on trouve en traversant la rue. Est-ce d’ailleurs un job comme un autre, voire un job tout court ? Non. Mais on recrute. Les moines bénédictins de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes (Sarthe) organisaient, ce samedi 6 octobre, une « journée découverte » à destination des jeunes de 16 à 30 ans. L’objectif : partager la vie des occupants du lieu, l’instant de quelques heures. Faut-il y voir une opération « portes ouvertes », dans un endroit aussi notoirement fermé qu’un prieuré monastique ? Un job dating au milieu d’une communauté contemplative ? Ce serait grossir le trait. Pas tant que cela néanmoins.
L’initiative s’inscrit dans une démarche nationale entreprise par la Conférence monastique de France et le Service des moniales, à l’occasion d’un synode sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations » qui vient de s’ouvrir à Rome, dans un contexte tendu du fait des révélations concernant les abus sexuels.
Les moines de Solesmes ont adopté les moyens de communication d’aujourd’hui pour attirer les candidats
Une centaine d’abbayes et de monastères ont prévu ainsi de lever leur clôture ce week-end. « Si vous êtes curieux, si vous voulez en savoir plus sur la vie monastique, venez ! clame le père Emmanuel Vaillant, le maître d’œuvre de la journée à Solesmes. Ce n’est pas “engagez-vous” et signez à la fin, car ce n’est pas ainsi que l’on devient moine. Mais si quelque chose se passe pendant la visite, si les cœurs s’ouvrent… », sait-on jamais.
Un des reproches que l'on fait le plus volontiers au catholicisme, et parfois au nom de la religion elle-même, c'est de comprimer la vie intérieure, de l'atrophier et finalement de l'anéantir, en l'enveloppant d'une multitude de rites extérieurs, en l'obscurcissant d'un nuage épais de dévotions ou de pratiques cultuelles, dont on n'aperçoit pas toute de suite la raison d'être.
Et très certainement lorsqu'on nous adresse ce reproche, s'il est une dévotion à laquelle on songe, c'est la dévotion du Rosaire.
Pourquoi, sinon parce qu'à la regarder superficiellement et du dehors, elle apparaît comme la moins intelligente, et donc la plus puérile de toutes les dévotions.
Il n'est même pas rare de voir des catholiques envisager la dévotion du Rosaire comme une dévotion d'enfants, capable tout au plus de favoriser la piété sentimentale et routinière de quelques femmes, mais en tout cas indigne d'être pratiquée par des hommes .
Songez donc! des hommes ! c'est-à-dire des intelligences faites pour se nourrir des pensées les plus élevées, condescendre à chuchoter des Ave Maria ! Des hommes ! c'est-à-dire encore des volontés créées pour s'appliquer aux grandes choses, aux actions d'éclat, circonscrire leur activité à l'égrènement obscur d'un chapelet !
N'y a t-il pas là vraiment de quoi compromettre la dignité humaine et, aux yeux de ceux qui s'en font une idée haute, ou s'emploient par tous les moyens à la dénigrer, n'y a-t-il pas là de quoi compromettre la religion elle-même?
Car s'il est indubitable que la religion doive être avant tout une oeuvre de l'âme, une vie intérieure; si, comme l'a dit et répété Notre-Seigneur, le temps est venu d'adorer le Père en esprit et en vérité, à quoi bon dès lors - qu'on me passe le mot, il est courant, - ces mômeries extérieures, ces déroulements continus de chapelet ?
Telle est, condensée en quelques mots, la grande objection contre la dévotion du Rosaire. Je crois ne l'avoir ni exagérée ni diminuée. Sans doute ceux qui la font ne la formulent pas toujours d'une façon aussi brutale. Elle apparaît dans une attitude, s'incarne dans un geste, se glisse dans un sourire, se cache sous une plaisanterie. Mais pour être plus fines, plus délicates, ces formes dont on l'habille n'en sont souvent que plus perfides, et plus dangereuses.
Ayant soulevé l'objection, je voudrais ici-même , en quelques mots, esquisser une réponse que voici: la dévotion du Rosaire, bien comprise est la plus intelligente des dévotions. Pour le prouver je commencerai par dire en quoi consiste véritablement le Rosaire.
S'il est vrai que la foi, loin d'être l'abnégation de la raison enchaînée par une servitude incompréhensible, n'est au contraire que la dilation à l'infini de ses clartés, une vue de toute choses sous un horizon plus étendu et une lumière plus pénétrante; s'il est vrai encore que la foi nous dise le dernier mot sur le monde, sur notre destinée, sur Dieu ; s'il est vrai enfin que la foi, à l'encontre de la raison donne une solution satisfaisante aux problèmes les plus angoissants que puisse se poser l'esprit humain, on comprendra sans peine que, de toutes les dévotions , la plus intelligente sera celle qui est de nature à favoriser l'expansion de cette foi.
Or telle est précisément la dévotion du Rosaire, quand on la comprend bien, je veux dire , quand, au lieu de l'envisager seulement par son petit côté, le côté extérieur, on pénètre son grand côté, le côté intérieur; quand, au lieu de s'arrêter à l'écorce, on va jusqu'à la moelle.
L'écorce ici, c'est le chapelet, qu'il soit de bois, de nacre ou d'argent, peu importe; l'écorce, c'est encore la récitation verbale des Pater et des Ave?
Et la moelle, où est-elle? Ce sont les mystères que le Rosaire, à chacune de ses dizaines, propose à nos méditations. Des mystères, qu'est-ce-à-dire, sinon l'objet même de notre foi?
... Il est clair que si nous employons le temps d'égrener les quinze dizaines de notre rosaire à méditer sur ces grandes vérités de notre foi, à suivre pour ainsi dire pas à pas cette magnifique épopée chrétienne; si nous nous essayons à en mesurer la portée, à en deviner la splendeur, à en contempler l'harmonie, alors nous ne serons plus tentés de soutenir que le Rosaire est une dévotion d'enfants.
Oh ! sans doute le Rosaire est une dévotion d'enfants en ce sens que même un enfant peut s'en servir et en tirer profit. C'est même là ce qu'il y a de merveilleux dans les moyens mis par Dieu à notre disposition pour l'atteindre: tout le monde peut les utiliser avec fruit, depuis l'enfant qui commence à peine de parler jusqu'aux adultes les plus pénétrés de leur sagesse.
Mais je soutiens en particulier au sujet du Rosaire que c'est surtout une dévotion d'âmes mûres, d'intelligences éclairées, de volontés ardentes. Car, encore une fois, si le monde de la foi est un monde réel et supérieur au monde de la raison, et si le Rosaire n'a pas d'autre but que de nous y faire pénétrer, de nous y ramener sans cesse, en remettant continuellement devant nos yeux les vérités divines qui en sont à la fois la substance et la parure, qui donc, mieux qu'une âme d'élite, pourra utiliser une pareille dévotion?
Croyons-nous ou ne croyons nous pas que Dieu s'est incarné dans la personne de Jésus-Christ? croyons-nous ou ne croyons-nous pas que ce même Jésus-Christ est mort sur un gibet pour nous racheter? croyons-nous enfin ou ne croyons-nous pas qu'après trois jours accordés à la mort il est ressuscité ? Voilà tout le problème religieux; il n'y en a pas d'autre.
Eh ! bien, si nous le croyons - et notre foi nous y oblige - il faut convenir que ce problème est admirablement posé dans la dévotion du Rosaire dont tout l'objet est de le replacer sans cesse devant nos yeux et de nous pénétrer peu à peu sa solution . A ce point de vue, la dévotion du Rosaire est donc la plus intelligente de toutes les dévotions.