spiritualite

Publié le 26 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

ora pro nobis .

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Chers amis, quand nous récitons le Credo, nous affirmons : « Je crois en Saint Esprit, qui est Seigneur et qui donne la vie ». L’« Esprit créateur » est la puissance de Dieu qui donne la vie à toute la création et est la source d’une vie nouvelle et abondante dans le Christ. L’Esprit maintient l’Église unie au Seigneur et fidèle à la Tradition apostolique. Il est Celui qui a inspiré les Saintes Écritures et qui guide le peuple de Dieu vers la plénitude de la vérité (cf. Jn 16, 13).

De toutes ces façons, l’Esprit est Celui qui « donne la vie », qui nous conduit au cœur même de Dieu. Ainsi, plus nous permettons à l’Esprit de nous diriger, plus grande sera notre configuration au Christ et plus profonde notre immersion dans la vie du Dieu Un et Trine.

Cette participation à la nature même de Dieu (cf. 2 P 1, 4) se produit à travers les événements quotidiens de la vie dans lesquels il est toujours présent (cf. Bar 3, 38).

Toutefois, il y a des moments dans lesquels nous pouvons être tentés de rechercher la félicité loin de Dieu. Jésus lui-même demande aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jn 6, 67).

Un tel éloignement offre peut-être l’illusion de la liberté. Mais où nous conduit-il ? Vers qui pouvons-nous aller ? Dans nos cœurs, nous savons, en fait, que seul le Seigneur a « les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 67-69). S’éloigner de lui n’est qu’une tentative inutile de nous fuir nous-mêmes (cf. Saint Augustin, Les Confessions VIII, 7). Dieu est avec nous dans la réalité de la vie et non dans notre imaginaire ! Affronter la réalité, et non la fuir, c’est ce que nous voulons ! Pour cela, l’Esprit Saint avec délicatesse, mais aussi avec fermeté, nous attire vers ce qui est réel, vers ce qui est durable, vers ce qui est vrai. C’est l’Esprit qui nous ramène à la communion avec la Sainte Trinité.

L’Esprit Saint a été, de quelque manière, l’oublié de la Sainte Trinité. Une claire compréhension de sa Personne semble presque hors de notre portée. Et cependant quand j’étais encore un petit garçon, mes parents, comme les vôtres, m’ont enseigné le signe de la Croix. J’ai ainsi très tôt compris qu’il y a un Dieu en trois Personnes et que la Trinité est au centre de la foi et de la vie chrétienne. Quand j’ai cru au point d’avoir une certaine compréhension de Dieu le Père et de Dieu le Fils – leurs noms parlaient déjà d’eux-mêmes –, ma compréhension de la troisième Personne de la Trinité restait faible. C’est pourquoi, comme jeune prêtre chargé d’enseigner la théologie, j’ai décidé d’étudier les grands témoins de l’Esprit dans l’histoire de l’Église. C’est en parcourant cet itinéraire que je me suis retrouvé à lire, entre autres, le grand saint Augustin.

Sa compréhension de l’Esprit Saint se développa de manière graduelle ; elle fut un combat. Jeune, il avait embrassé le Manichéisme – l’une de ses tentatives, dont j’ai parlé il y a un instant, de créer une utopie spirituelle en séparant les réalités de l’esprit des réalités de la chair. En conséquence, au début, il était méfiant à l’égard de l’enseignement chrétien sur l’incarnation de Dieu. Et cependant, son expérience de l’amour de Dieu présent dans l’Église le conduisit à en rechercher la source dans la vie du Dieu Un et Trine. Ceci le porta à avoir trois intuitions particulières sur l’Esprit Saint comme lien d’unité au sein de la Sainte Trinité : unité comme communion, unité comme amour durable, unité comme don, donné et reçu. Ces trois intuitions ne sont pas seulement théoriques. Elles aident à expliquer comme l’Esprit agit. Dans un monde où aussi bien les individus que les communautés souffrent souvent de l’absence d’unité et de cohésion, de telles intuitions nous aident à demeurer en syntonie avec l’Esprit et à étendre et à clarifier la nature de notre témoignage.

Avec l’aide de saint Augustin, essayons donc d’illustrer quelques aspects de l’œuvre de l’Esprit Saint. Il observe que les deux mots « Esprit » et « Saint » se rapportent à ce qui appartient à la nature divine ; en d’autres termes, à ce qui est partagé par le Père et par le Fils, à leur communion.

Par conséquent, si la caractéristique propre de l’Esprit est celle d’être ce qui est partagé par le Père et par le Fils, Augustin en conclut que la qualité particulière de l’Esprit est l’unité. Une unité de communion vécue : une unité de personnes dans une relation mutuelle de donation constante : le Père et le Fils qui se donnent l’un à l’autre.

Nous commençons ainsi, je pense, à entrevoir combien cette compréhension de l’Esprit Saint comme unité, comme communion, est éclairante. Une unité vraie ne peut jamais être fondée sur des relations qui nient l’égale dignité des autres personnes. Et l’unité n’est pas non plus simplement la somme totale des groupes à travers lesquels nous nous efforçons parfois de nous « définir » nous-mêmes. En effet, c’est uniquement dans la vie de communion que l’unité se maintient et que l’identité humaine se réalise pleinement : nous reconnaissons notre besoin commun de Dieu, nous répondons à la présence unificatrice de l’Esprit Saint et nous donnons notre vie les uns pour les autres à travers le service.

La deuxième intuition d’Augustin – c’est-à-dire celle de l’Esprit Saint comme amour qui perdure – dérive de l’étude qu’il fit de la Première Lettre de saint Jean, là où l’auteur dit que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 16).

Augustin suggère que ces mots, tout en se référant à la Trinité dans son ensemble, doivent également être compris comme exprimant une caractéristique particulière de l’Esprit Saint. En réfléchissant sur la pérennité de l’amour – « celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu (Ibidem) – Augustin se demande : Est-ce l’amour ou l’Esprit qui garantit le don continuel ? Voici ce qu’il en conclut : « L’Esprit Saint nous fait demeurer en Dieu et Dieu en nous, mais c’est l’amour qui en est la cause. Donc, l’Esprit est Dieu comme amour ! » (De Trinitate 15, 17, 31).

C’est une magnifique explication : Dieu se donne lui-même en partage comme amour dans l’Esprit Saint. Que pouvons-nous savoir d’autre sur la base de cette intuition ? L’amour est le signe de la présence de l’Esprit Saint !

Les idées ou les paroles qui manquent d’amour – même si elles apparaissent sophistiquées ou sages – ne peuvent être « de l’Esprit ». De plus, l’amour a une caractéristique particulière, loin d’être indulgent ou volubile, il a une tâche ou un objectif à accomplir : celui de demeurer. Par sa nature, l’amour est durable. Encore une fois, chers amis, nous pouvons jeter un dernier coup d’œil sur ce que l’Esprit Saint offre au monde : un amour qui dissout l’incertitude ; un amour qui va au-delà de la peur de la trahison ; un amour qui a en soi l’éternité ; le véritable amour qui nous introduit dans une unité qui dure !

La troisième intuition – l’Esprit Saint comme don -, Augustin la déduit de sa réflexion sur un passage évangélique que nous connaissons et aimons tous : la conversation du Christ avec la Samaritaine au bord du puits. Là, Jésus se révèle comme celui qui donne de l’eau vive (cf. Jn 4, 10), qui est ensuite définie comme étant l’Esprit (cf. Jn 7, 39) ; 1 Co 12, 13).

L’Esprit est « le don de Dieu » (Jn 4, 20) – la source intérieure (cf. Jn 4, 14) – qui étanche réellement notre soif la plus profonde et nous conduit au Père. À partir de cette observation, Augustin conclut que le Dieu qui se livre à nous comme un don est l’Esprit Saint (cf. De Trinitate, 15, 18, 32).

Chers amis, examinons encore une fois la Trinité à l’œuvre : l’Esprit Saint est Dieu qui se donne éternellement, comme une source intarissable, il n’offre rien de moins que lui-même. En observant ce don incessant, nous arrivons à voir les limites de tout ce qui périt, la folie d’une mentalité de consommation. consumériste En particulier, nous commençons à comprendre pourquoi la recherche de la nouveauté nous laisse insatisfaits et désireux de quelque chose d’autre. Ne recherchons-nous pas un don éternel ? La source qui jamais ne s’épuisera ? Avec la Samaritaine, nous nous exclamons : « Donne-la moi cette eau : que je n’aie plus soif » (Jn 4, 15) !

Chers jeunes, comme nous l’avons vu, l’Esprit Saint réalise la merveilleuse communion de ceux qui croient en Jésus Christ. Il est à l’origine de notre unité qui se réalise dans l’amour (cf. Catéchisme de l’Église Catholique, 813-4). Fidèle à sa nature de donateur et, à la fois, de don, il est à présent à l’œuvre à travers vous. Éclairés par les intuitions de saint Augustin, faites en sorte que l’amour unificateur soit votre mesure ; que l’amour durable soit votre défi ; que l’amour qui se donne soit votre mission !

Demain, ce même don de l’Esprit sera conféré solennellement à nos confirmands. Je prierai : « Donne-leur l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de piété et remplis-les de l’esprit de ta sainte crainte ». Ces dons de l’Esprit – dont chacun –, nous rappelle saint François de Sales, est une manière de participer à l’unique amour de Dieu – ne sont ni une récompense ni un titre de reconnaissance. Ils sont simplement donnés (cf. 1 Co 12, 11). Et ils exigent de la part de celui qui les reçoit une seule réponse : « J’accepte » ! Nous percevons ici quelque chose du mystère profond qu’est être chrétiens. Ce qui constitue notre foi ce n’est pas en premier lieu ce que nous faisons, mais ce que nous recevons. En effet, il se peut que des personnes généreuses, qui ne sont pas chrétiennes, fassent beaucoup plus que nous. Amis, acceptez-vous d’être introduits dans la vie trinitaire de Dieu ? Acceptez-vous d’être introduits dans sa communion d’amour ?

Les dons de l’Esprit qui agissent en nous, orientent et déterminent notre témoignage. Orientés, de par leur nature, à l’unité, les dons de l’Esprit nous lient encore plus étroitement à l’ensemble du Corps du Christ (cf. Lumen Gentium, 4), en nous rendant davantage capables d’édifier l’Église, pour servir ainsi le monde (cf. Ep 4, 13). Ils nous appellent à participer activement et joyeusement à la vie de l’Église : dans les paroisses et dans les mouvements ecclésiaux, dans les cours de formation religieuse, dans les associations universitaires et dans les autres organisations catholiques. Oui, l’Église doit grandir dans l’unité, elle doit s’affermir dans la sainteté, se rajeunir et se renouveler constamment (cf. Lumen Gentium, 4). Mais suivant quels critères ? Ceux de l’Esprit Saint ! Adressez-vous à lui, chers jeunes, et vous découvrirez la signification véritable du renouvellement.

Ce soir, réunis sous ce merveilleux ciel étoilé, nos cœurs et nos esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour l’immense don de notre foi en la Trinité. Souvenons-nous de nos parents et de nos grands-parents, qui marchaient à nos côtés quand, enfants, ils soutenaient les premiers pas de notre cheminement dans la foi.

À présent, après de nombreuses années, vous vous êtes rassemblés comme jeunes adultes autour du Successeur de Pierre. Être avec vous m’emplit de joie. Invoquons l’Esprit Saint : c’est lui l’artisan des œuvres de Dieu (cf. Catéchisme de l'Église catholique, 741).

Laissez-vous façonner par ses dons ! Comme l’Église accomplit le même voyage avec l’humanité tout entière, de même, vous aussi, soyez appelés à exercer les dons de l’Esprit parmi les vicissitudes de la vie quotidienne. Faites en sorte que votre foi mûrisse à travers vos études, le travail, le sport, la musique, l’art. Faites en sorte qu’elle soit soutenue par la prière et nourrie par les Sacrements, pour être ainsi une source d’inspiration et de soutien pour ceux qui vous entourent. En réalité, la vie ne consiste pas simplement à accumuler, et elle est bien plus que le succès. Être vraiment vivants c’est être transformés intérieurement, c’est être ouverts à la force de l’amour de Dieu. En accueillant la puissance du Saint Esprit, vous pouvez vous aussi transformer vos familles, les communautés, les nations. Libérez ces dons ! Faites en sorte que la sagesse, l’intelligence, la force morale, la science et la piété soient les signes de votre grandeur !

Et maintenant, tandis que nous nous apprêtons à adorer le Saint Sacrement, en silence et en attendant, je vous répète les paroles que la bienheureuse Mary MacKillop a prononcées quand elle venait juste d’avoir vingt-six ans :

« Crois à ce que Dieu murmure à ton cœur ! ». Croyez en Lui ! Croyez en la puissance de l’Esprit d’amour !

 

Benoit XVI 

 

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Publié le 11 Avril 2023

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Publié le 4 Avril 2023

 

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XIII

 

 

 

XIV

 

Te adoramos Cristo, y te bendecimos.
Por qué por tu Santa Cruz, remidiste.

 

 "Que tout ce que vous ferez de bon et supporterez de pénible contribuent au pardon de vos péchés,

augmente en vous la grâce pour que vous viviez avec Dieu. »

 

pour tout  ceux que j'aime;  

c'est de frère Thibault ce matin ..  !

le reste est silence. 

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Publié le 15 Mars 2023

 

 

 

 

 

L’amour infini de Dieu pour les hommes se manifeste dans Son immense patience, Son immense pardon et Son immense joie. Un tel amour ne peut se comparer sur terre qu’à l’amour maternel. Qui possède plus de patience envers une créature vivante sur terre qu’une mère envers son enfant ? Quel pardon dépasse le pardon accordé par une mère ? Quels yeux pleurent autant de joie devant un pécheur repenti que ceux d’une mère devant son enfant qui a demandé pardon? L’amour maternel sur la terre, depuis que celle-ci existe, n’a été surpassé que par le Seigneur Jésus-Christ dans Son amour à l’égard du genre humain. Sa patience s’est étendue jusqu’aux terribles souffrances endurées sur la Croix; Son pardon s’est déversé de Son cœur et de Ses lèvres, même sur la Croix; Sa joie envers ceux qui se sont repentis a été l’unique joie qui a illuminé Son âme souffrante tout au long de Sa vie terrestre. Seul l’amour divin dépasse l’amour maternel. Seul Dieu nous aime plus que notre mère; Lui seul possède plus de patience envers nous que notre mère ; Lui seul pardonne plus que notre mère, et Lui seul se réjouit davantage devant notre redressement que notre mère.

Celui qui n’a pas de patience avec nous quand nous avons péché, ne nous aime pas. Ne nous aime pas non plus celui qui ne nous pardonne pas, alors que nous nous repentons de nos péchés. Mais celui qui nous aime le moins, est celui qui ne se réjouit pas devant notre redressement.

La patience, le pardon et la joie sont les trois caractéristiques fondamentales de l’amour divin. Ce sont aussi les caractéristiques de tout amour véritable – s’il existe d’ailleurs un autre amour en dehors de l’amour divin ! Sans ces trois caractéristiques, l’amour n’est pas amour. Et si on devait appeler toute autre chose du nom d’amour, ce serait comme si une chèvre ou une truie était appelée brebis.

Dans le récit sur le fils prodigue, le Seigneur Jésus nous montre l’image de l’amour véritable, divin, avec des couleurs si nettes que cet amour scintille aussi fort devant nous que ce monde au moment où, après les ténèbres de la nuit, le soleil vient l’illuminer. Depuis deux mille ans, les couleurs de ce tableau ne s’effacent pas, et elles ne s’effaceront pas tant qu’existeront des hommes sur terre et l’amour de Dieu pour les hommes. Au contraire, plus les hommes sont pécheurs, plus fortement apparaît ce tableau, plus net et plus nouveau.

Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: «Père, donne- moi la part de fortune qui me revient. » Et le père leur partagea son bien (Lc 15, 11-12).

Qu’y a-t-il de plus simple que le début dramatique de ce récit? Mais quels destins se cachent sous cette simplicité? Sous l’identité de l’homme (de ce récit), se trouve Dieu., alors que sous celles des deux fils, on trouve l’homme juste et l’homme pécheur, ou tous les justes et tous les pécheurs. L’homme juste est plus ancien que l’homme injuste, car Dieu, à l’origine, avait créé l’homme juste, qui par la suite se transforma lui-même en pécheur. Le pécheur recherche la division : celle avec Dieu comme celle avec son frère juste.

Derrière ces deux fils, on évoque également la dualité de la nature au sein d’un même homme : celle qui aspire à Dieu et celle qui pousse au péché. Une nature incite l’homme à vivre dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur.; comme dit l’apôtre Paul, alors qu’une autre m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres (Rm 7, 22-23).

L’homme spirituel et l’homme charnel, ce sont deux hommes dans un même homme. L’homme spirituel ne peut concevoir de vivre séparé de Dieu, alors que l’homme charnel estime que sa vie ne commence que dans la division avec Dieu. L’homme spirituel est plus ancien, l’homme charnel plus jeune. De par son origine même, l’homme spirituel est plus ancien, car il est écrit que Dieu dit: Faisons l’homme à notre image (Gn 1, 26); or l’image de Dieu est de nature spirituelle et non charnelle ; puis Dieu modela l’homme avec la glaise du sol (Gn 2, 7) auquel II insuffla Son image créée précédemment, c’est-à-dire l’homme spirituel. Bien entendu, l’homme charnel ainsi créé par Dieu, bien que poussière, n’était pécheur en rien. Mais l’homme charnel fut conduit au péché. Eve était plus jeune qu’Adam. Elle fut créée à partir du corps d’Adam ; mais poussée par son propre désir charnel, elle transgressa le commandement de Dieu et succomba à la tentation. Cette chute l’éloigna de Dieu et son esprit la fit partir vers un pays lointain, le royaume de Satan.

Donne-moi la part de fortune qui me revient.

C’est ainsi que le pécheur parle à Dieu. Mais qu’est-ce qui appartient à l’homme qui ne soit à Dieu ? La poussière ; rien d’autre que la poussière. En vérité, la poussière fut créée par Dieu, mais la poussière n’appartient pas à l’être divin. Et c’est pourquoi ce n’est que la poussière que l’homme peut appeler sienne ; tout le reste est à Dieu, tout le reste appartient à Dieu. Tant que l’homme n’est pas séparé de Dieu, tout ce qui est à Dieu est aussi à lui.

Comme le dit Dieu Lui-même : mon enfant, tout ce qui est à moi, est à toi. De même que l’homme peut en pareil cas dire : Tout ce qu’a le Père est à moi (Jn 16, 15).

Mais quand l’homme veut s’éloigner de Dieu, et quand il demande sa part du patrimoine inestimable de Dieu, Dieu peut ne rien lui donner et être néanmoins juste. Car l’homme sans Dieu n’est rien et tout son patrimoine ne représente rien. Quand Dieu lui donne de la poussière, c’est-à-dire le corps seul, sans l’esprit, sans l’âme et sans aucun des dons spirituels, Il lui donne néanmoins quelque chose de plus que ce qui est à l’homme ; et il le fait non dans un esprit de justice, mais par miséricorde. Mais comme la miséricorde divine est infiniment plus grande que la miséricorde maternelle envers son enfant, Dieu donne à Son fils pécheur quelque chose de plus que la poussière. En fait, outre le corps, Il lui laisse une âme dans le corps, comme c’est le cas chez les animaux ; en plus, Il lui laisse un peu de dons spirituels : un peu de raison dans la conscience de la quête du bien, seulement une petite étincelle, afin de ne pas l’abandonner tout à fait comme un animal parmi les animaux.

Et le père leur partagea son bien.

Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite (Lc 15,12-13).

Peu de jours après’, est-ce que sous ces quelques mots, ne se cache pas le mystère du bref séjour d’Adam au paradis ? En commettant le péché, Adam a de ce fait demandé et obtenu la séparation avec Dieu. En s’éloignant de Dieu, il a vu sa propre nudité, c’est-à-dire qu’il a vu qu’il n’était rien sans Dieu. Dieu, dans Sa miséricorde, ne l’abandonna pas tout nu, mais lui fit des vêtements – conformes à sa stature réduite -, l’en revêtit et le laissa (Gn 3, 21). Tu es glaise et tu retourneras à la glaise (Gn 3, 19), dit Dieu à Adam. Cela signifie : au mieux, seule la poussière est à toi, tout le reste est à moi. Tu as cherché ce qui est à toi, je te le donne ; mais pour que tu puisses vivre et être au moins l’ombre de ce que tu as été jusqu’à présent, je te donne quelque chose de plus : je te donne une étincelle de ma dignité divine.

Ce qui s’est passé avec Adam, s’est répété et se répète avec des millions de fils d’Adam qui par le péché se sont éloignés de Dieu pour partir avec leurs biens vers un pays lointain. Dieu ne retient personne de force et n’oblige pas à rester avec Lui, car Dieu a créé l’homme libre et, fidèle à Lui-même, Il ne souhaite jamais vaincre cette liberté humaine.

Or, que fit le pécheur insensé quand il s’est éloigné de Dieu ? Il partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite. Cela ne fut pas le fait d’un seul pécheur; cela ne fut pas seulement le fait du plus jeune fils de ce père ; cela est le fait de tout homme, sans une seule exception, quand il s’éloigne de Dieu. Il consuma en un souffle leurs jours (Ps 77,33).

En vivant dans l’inconduite. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie passer ses journées dans toutes sortes de péchés, dans l’ivrognerie, les querelles, le gaspillage, et surtout la débauche, ce qui très rapidement détruit la force vitale et éteint l’étincelle divine. Quand l’homme n’a pas d’amour, il s’adonne aux passions. Quand l’homme abandonne la voie de Dieu, il se retrouve dans un entrelacs de chemins innombrables, faisant des allées et venues de l’un à l’autre. Le débauché tient une hache près de la racine de sa vie ; chaque jour, il frappe avec la hache sur la racine, jusqu’à ce que l’arbre commence à s’assécher dans la douleur.

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 14 Mars 2023

 

 

 

En vivant à la dérive, le fils prodigue finit par dilapider tout le patrimoine qu’il avait reçu de son père. Quand il eut tout dépense une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation (Lc 15,14).

Dans cette contrée lointaine, éloignée de Dieu, la famine règne toujours, car la terre ne peut rassasier un homme affamé et sa nourriture ne fait qu’accroître sa faim. La terre peut à peine satisfaire la faim des animaux sans conscience, mais nullement celle des hommes.

Dans cette contrée lointaine où règne toujours la faim – pour le pécheur qui a complètement oublié Dieu et dilapidé toute la force vitale que la miséricorde divine lui avait accordée avant la séparation, s’installe une grande faim, une faim telle que la terre avec toutes ses possibilités ne peut satisfaire, même furtivement.

Il en est ainsi, de nos jours aussi, avec tout pécheur, qui se livre avidement et entièrement à la terre, au corps et aux plaisirs charnels. Il arrive un moment où le pécheur se trouve dégoûté par la terre, le corps et tous les plaisirs terrestres et charnels. Tout cela devient répugnant et abject pour lui. Il se met alors à se plaindre du monde entier et à maudire l’existence. Avec une force desséchée dans le corps et dans l’âme, il se sent comme un roseau creux et sec, à travers lequel souffle un vent froid.

Tout lui semble sombre, dégoûtant, répugnant. Dans une telle situation, il ne sait que faire de lui-même. Il a cessé de croire dans cette vie, et a fortiori dans l’autre vie, qu’il a oubliée, tout en méprisant cette vie-ci. Que faire maintenant? Où aller? L’univers lui semble étroit. Et il n’y a pas d’issue pour en sortir.

Le tombeau ne signifie pas sortie, mais entrée.

C’est dans cette situation désespérée que se manifeste le diable, qui n’a cessé jusque-là d’être avec lui, le guidant d’un mal à un autre, en cachette et sans prévenir. Maintenant, il s’annonce à lui, le prend à son service et l’envoie garder les cochons dans ses champs. Il est en effet écrit: Il alla se mettre au service d’un des habitants de cette contrée, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons (Lc 15, 15).

C’est ce qui se passe avec tout fils désobéissant, qui s’est éloigné de son père; après avoir quitté son père avec de grands et fiers plans sur sa fortune future, il finit par devenir serviteur d’un homme pire que lui-même, porcher au milieu des cochons d’un autre.

Mais sous l’identité d’un des habitants de cette contrée, il est indubitable qu’on sous-entend le diable. Bien qu’on le désigne ici comme un homme habitant cette contrée, tout comme le père est désigné aussi comme un homme, il constitue une image tout à fait contraire à celle de l’homme-père, dont le fils insensé s’est éloigné. Il est un homme, mais non un homme du royaume céleste, mais un homme d’un royaume tiers, le royaume des ténèbres et de l’horreur, de la puanteur et des flammes, le royaume du démon.

Chez le premier homme-père, le pécheur était appelé fils, mais chez ce troisième homme-démon, l’homme est appelé serviteur; chez l’homme-père, il était riche à profusion, mais chez l’homme-démon, il est affamé, tellement affamé qu’il veut manger des caroubes qui poussent dans le sol et dont se nourrissent les cochons ;

mais cela aussi lui est impossible. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait (Lc 15,16). Le terme de caroubes désigne en fait les mauvais esprits qui habitent le royaume du démon. Car les mauvais esprits symbolisent toutes les impuretés et le symbole de l’impureté est visible par tous.

Quand le Seigneur a expulsé les mauvais esprits des insensés à Gadara, Il les a chassés dans le corps de cochons. De même que les cochons fouinent dans la terre, de même les mauvais esprits fouinent dans l’homme jusqu’à ce qu’ils y trouvent une impureté spirituelle susceptible de leur servir de nourriture. Sous le mot de caroubes, on doit comprendre toutes les impuretés de l’homme intime : les mauvaises pensées, les souhaits pervers, les intentions égoïstes, les péchés, les vices, les passions, surtout les passions. Tout ce qui affame et dessèche l’âme humaine nourrit et fait grossir les mauvais esprits. Tout ce qui pousse dans les ténèbres de l’âme humaine, non éclairée directement par la lumière divine, comme poussent les caroubes dans l’obscurité du sol, tout cela constitue la nourriture impure des mauvais esprits. Mais même cette nourriture, les mauvais esprits ne l’ont pas donnée au mercenaire du démon. Ils l’ont en effet nourri avec cette nourriture tant qu’il n’est pas tombé complètement dans leur pouvoir ; quand il se retrouva totalement entre leurs mains, il leur fut inutile de le nourrir avec quoi que ce soit. Leur nourriture était du poison, et il fut ainsi complètement empoisonné. Et voilà que son poison leur servait de nourriture. Ils rongeaient son âme, n’attendant que le moment où l’âme se séparerait du corps pour pouvoir alors se délecter de ses très grandes souffrances dans les ténèbres extrêmes. Comme le dit le prophète couronné: L’ennemi pourchasse mon âme, contre terre il écrase ma vie; il méfait habiter dans les ténèbres comme ceux qui sont morts à jamais (Ps 142,3). Le fils prodigue était comme mort, même avant sa mort charnelle !

Mais à cet instant de désespoir extrême du fils prodigue, de faim extrême et d’horreur extrême, apparut en lui une étincelle. Une étincelle inattendue et oubliée ! D’où vient cette étincelle dans un charbon de bois éteint? D’où vient cette étincelle de vie dans un cadavre?

Cela vient du fait que, comme on l’a dit au début, lors du partage avec le fils, le père avait donné à ce dernier un peu plus que ce qui lui appartenait. Il lui avait donné, outre la poussière, une étincelle de conscience et d’intelligence. Comme si le sage et miséricordieux père s’était dit à lui-même, au moment de donner sa part d’héritage au fils cadet: ajoutons-lui ceci: un peu de conscience et d’intelligence ; précisément quelque chose de ce dont il veut se séparer. Cela ne fait rien, il en aura besoin. Il part vers un pays froid et exposé à la famine ; ce n’est qu’au moment des plus grandes souffrances que cette petite étincelle pourra lui montrer la voie de retour menant à moi. Cela ne fait rien, qu’il emporte cela; en vérité, il en aura besoin. Cette étincelle le sauvera.

Et voilà que cette étincelle a jailli dans le brouillard le plus dense, à la douzième heure, quand le fils prodigue était descendu dans le troisième royaume, et qu’il s’était livré au diable pour être son serviteur. Telle une lampe magique, s’alluma en lui la lumière longtemps oubliée de la conscience et de l’intelligence. Et devant cette lumière, il rentra alors en lui-même (Lc 15, 17).

 

Devant cette lumière, il vit enfin le gouffre dans lequel il était tombé, toute la puanteur qu’il avait respirée et où il avait vécu, toute la laideur de la société à laquelle il avait été mêlé. Devant cette lampe mystérieuse, soutenue dans son âme par la main de son père, il se réveilla de son terrible rêve et se mit à comparer la vie menée jadis auprès de son père et la vie qu’il venait de vivre.

Rentrant alors en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim ! Je veux partir, aller vers mon père et lui dire: «Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. » 

Il partit donc et s’en alla vers son père (Lc 15, 17-20).

Dès que l’étincelle a flambé dans l’âme du fils prodigue, et dès qu’il a comparé la vie menée auprès de son père et celle vécue dans un pays étranger, il fut rapide à se décider: Je veux partir, aller vers mon père ! Je veux partir, se dit-il, car il avait vu sa terrible déchéance.

Il n’existe pas de troisième voie : ou bien sombrer de plus en plus bas dans le gouffre du démon ou s’élever vers son père. Or, son père est riche, très riche ; chez lui on ne souffre jamais de la faim, ses mercenaires ont du pain en surabondance, alors que moi, son fils, je meurs de faim. Le pain représente la vie, tandis que les mercenaires sont des êtres inférieurs à l’homme, créés par Dieu comme des animaux et autres créatures.

Le fils prodigue était tombé au-dessous du niveau des animaux et voulait mener une vie au moins semblable à celle des animaux. Les animaux sont des êtres dépourvus de liberté, et Dieu les dirige exclusivement selon Sa puissance et Sa volonté. A eux aussi, Dieu donne la vie, prend soin d’eux et satisfait leurs besoins. Mais le fils prodigue a dilapidé dans la débauche même la force vitale que Dieu donne aux animaux, et dont les animaux n’abusent pas.

J’ai péché contre le Ciel et contre toi. Ici, le Ciel désigne tout d’abord les saints anges de Dieu en général, en particulier l’ange gardien; puis en second lieu, les dons de Dieu que Dieu accorde à tout homme et qui représentent le ciel, même chez les pécheurs car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur (Rm 7,22). Le fait que le ciel représente les anges de Dieu est confirmé par les paroles du Seigneur: C’est ainsi, je vous le dis, qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent (Lc 15, 10).

Quand il naît de la joie pour ceux qui se sont repentis, il y a aussi de la tristesse pour les pécheurs non repentis. Tout emplis d’amour et de fidélité envers Dieu, les saints anges considèrent tout péché contre leur Créateur comme commis contre eux-mêmes. Le fait que le ciel désigne aussi les dons spirituels, qui sont dans l’homme grâce à Dieu, est illustré par les paroles de l’apôtre Paul :

Ou bien ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ? (1 Co 6, 19). Cela est encore plus évident dans ces paroles du Sauveur: Le Royaume de Dieu est au milieu de vous (Lc 17, 21). Ainsi, quiconque commet un péché contre Dieu, commet aussi un péché contre les anges de Dieu et contre le juste qui est en lui et qui vient de Dieu, donc du ciel. C’est pourquoi le pécheur dit J’ai péché contre le Ciel et contre toi.

 

Tandis qu’il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement (Lc 15,20).

Tel est l’amour infini et très doux de Dieu ! Son pardon et Sa joie sont maintenant aussi grands que Sa patience envers le pécheur.

A peine le pécheur s’est-il repenti et mis en route vers Dieu, que Dieu vient vite à sa rencontre, l’accueille, le serre dans les bras et l’embrasse. Grande est la joie d’une mère quand elle voit son fils se redresser; grande est la joie du berger quand il retrouve la brebis perdue ; grande est la joie d’une femme quand elle retrouve l’argent perdu ; mais rien de tout cela ne peut se mesurer à la joie de Dieu, devant le repentir du pécheur et son retour vers Dieu.

À peine le repentir a-t-il surgi dans notre cœur, et alors que nous sommes encore loin, loin de Dieu, que Dieu nous a déjà aperçu et, plus rapide que la lumière du soleil qui s’élance vers une contrée ténébreuse, Il vient à notre rencontre.

À la rencontre de l’homme nouveau qui, par le repentir, naît en nous! 

 Seigneur, s’exclame le prophète devant l’Omniscient, tu perces de loin mes pensées  (Ps 138,2) !

Le Père céleste se précipite à notre secours, nous ouvre les bras et nous soutient, afin que nous ne retombions pas en arrière, dans le gouffre du démon, dans le champ des cochons, dans le pays de la faim. 

Approchez-vous de Dieu et Dieu s’approchera de vous, dit l’apôtre Jacques (Je 4, 8).

Oh, secours le plus rapide! Oh, mains les plus bénies!

Si nous n’avons pas encore éteint la dernière étincelle de conscience et d’intelligence en nous, il faut avoir honte devant un tel amour de Dieu, il faut nous repentir le plus vite possible et nous hâter les yeux baissés, mais le cœur relevé, d’embrasser notre Père offensé.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 14 Mars 2023

 

 

 

 

 

Quand le fils repenti arrive chez son père, il lui dit ce qu’il avait pensé lui dire: Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Mais avec ces mots, il n’a pas dit tout ce qu’il voulait dire. Il voulait dire aussi : Traite-moi comme l’un de tes mercenaires. Mais son père ne le laissa pas terminer.

Son père ne voulait pas que celui qui s’était repenti soit humilié, en cherchant à devenir un mercenaire auprès de lui. C’est pourquoi le père lui coupa la parole et commença à le serrer dans ses bras et à l’embrasser.

Tout déguenillé, sale, efflanqué et quasi sauvage qu’il était, son père miséricordieux commença à l’étreindre et à l’embrasser, tout en criant à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé (Lc 5,22-24) !

La plus belle robe représente toute la richesse et la beauté des dons spirituels de Dieu. C’était la robe de sainteté et de pureté, dont était vêtu Adam avant le péché, la chute et l’éloignement de Dieu dans un pays lointain. Cette robe, c’est le Christ même; c’est pourquoi on l’appelle la plus belle. Au ciel, il n’y a pas de robe plus belle.

Et l’Apôtre dit : Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ (Ga 3, 27).

L’âme dépouillée de tout bien se déshabille complètement, sa vieille robe sale et déchirée est rejetée et elle revêt une robe nouvelle. Cette nouvelle robe de l’âme représente l’homme nouveau, repenti, transfiguré et qui a été pardonné et accueilli par Dieu. Sans cette nouvelle robe, nul ne peut être au Royaume de Dieu, comme le montre clairement la parabole du Christ sur le festin nuptial (Mt 22).

Cette robe se compose, selon les paroles de l’Apôtre: de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience et par-dessus tout, de charité, en laquelle se noue la perfection (Col 3, 12-14; voir également : Ep 4,24 ; Ap 7,14 ; Za 3,4).

L’anneau au doigt correspond au mariage de l’âme avec le Christ. Le repenti abandonne tous les liens passionnels avec ce monde, accole son âme au Christ et demeure uni à Lui dans une union indissoluble. Cette union n’a lieu que par la puissance et la faveur du Saint-Esprit, sous le sceau duquel se trouvent les dons célestes.

Mettez-lui des chaussures aux pieds, dit le père à ses serviteurs. Les chaussures marquent la force de la volonté avec laquelle l’homme marche résolument sur le chemin de Dieu, sans aucune hésitation ni regard en arrière.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 14 Mars 2023

 

 

Les références au veau gras qui est à tuer correspondent au Christ Lui-même, qui a accepté d’être tué pour purifier les pécheurs du péché. Les serviteurs désignent soit les anges, soit les prêtres. Si la maison paternelle ne représente que le ciel, alors le terme de serviteurs ne correspond qu’aux anges ; mais si on considère, ce qui est aussi exact, que la maison paternelle représente l’Église sur terre, alors les serviteurs désignent les prêtres, qui sont appelés à accomplir le mystère du sacrifice du Christ et à nourrir ainsi les hommes pour la vie éternelle. Le fait qu’on représente ici l’Église en premier lieu est évident dans la mesure où le fils prodigue n’était pas encore mort physiquement et que tant que l’homme ne s’est pas séparé de son corps, il appartient au Royaume de Dieu du point de vue de l’Eglise de Dieu sur terre. De même, le fait que les serviteurs correspondent non seulement aux prêtres mais aussi aux anges, est évident d’abord parce que les anges assistent au Saint Mystère dans l’église et aussi parce que, par l’intermédiaire de l’ange gardien, Dieu mène les hommes sur le chemin du salut.

Car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé.

Corporellement, il vivotait encore un peu, mais spirituellement il était mort. Une étincelle qui se trouvait encore là, se mit à flamber en lui et ranima toute son âme. Il avait été condamné dès le moment où il avait demandé sa part du patrimoine paternel. Mais il revint à lui. Ce qui signifie qu’il revint à lui avant l’illumination de l’étincelle de Dieu, car il s’était perdu lui-même. Dieu le connaissait et ne l’avait pas perdu de vue jusqu’à l’heure ultime, l’heure du repentir.

Et ils se mirent à festoyer.

Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses… Il se mit alors en colère et dit à son père: « Voilà tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec mes amis; et puis ton fils que voici revient- il, après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras» (Lc 15, 24-30).

C’est ainsi que le fils juste parla à son père. C’est avec autant de colère que s’expriment de nombreux justes à l’égard de l’Église, quand l’Église accueille avec joie et douceur les pécheurs repentis et les conduit vers le saint mystère de la Communion. C’est aussi ce que peuvent dire à Dieu les justes de l’Ancien Testament, quand ils voient que Dieu a offert Son Fils Unique en sacrifice à une génération plus jeune et pécheresse de l’humanité. «À nous, pourraient-ils dire, Il n’a jamais offert un chevreau ! À côté de l’énorme sacrifice que tu accomplis pour nos descendants pécheurs et débauchés, tu n’as fait le moindre sacrifice pour nous.» Ces mêmes justes pourraient aussi dire : «Tu nous as défendu de commettre le plus petit des péchés, aussi menu qu’un chevreau, et te voilà maintenant en train de récompenser cette génération de pécheurs avec le plus grand trésor que Tu possèdes, en sacrifiant Ton propre Fils ! »

Si on va plus loin, on voit que ce récit, simple en apparence, recouvre l’essence même de toute l’histoire du genre humain, de l’Adam déchu jusqu’au plus grand des Justes, le Seigneur Jésus, qui apparaît par rapport à l’humanité — Adam et sa descendance — comme le Fils aîné du Père céleste, bien que né Unique et non adopté. Si le Seigneur Jésus parlait comme un simple mortel, Il pourrait dire à Son Père: «Adam a péché et s’est détaché de Toi ; lui et toute sa descendance ont blasphémé Ton Nom, et maintenant Tu prépares pour lui et sa descendance une fête et une réjouissance telle que moi et tout le ciel en avons connu très peu.» Bien entendu, Jésus ne saurait jamais être en colère contre Son Père céleste ; Il serait tout aussi incapable de s’adresser en ces termes au Père céleste, sauf intentionnellement, en se transportant dans nos cœurs et en. nous parlant ainsi en guise de réprimande et pour l’exemple, afin que nous ne nous enorgueillissions pas de notre sens de la justice et que cet orgueil ne nous entraîne pas à mépriser les pécheurs repentis. Comme s’il voulait nous dire : quand moi, juste éternel, qui suis depuis l’éternité inséparable du Père, je ne proteste pas contre l’accueil de l’Adam repenti au sein du Royaume céleste, comment pouvez-vous, justes depuis la veille et pécheurs depuis le premier péché commis par Adam, protester contre l’amour de Dieu envers les pécheurs repentis ?

Mais le père lui dit: « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé» (Lc 15,31-32)!

Ainsi Dieu apaise le juste, en lui rappelant les biens innombrables qu’il possède conjointement avec Lui et dont il dispose à Ses côtés. Tout ce qui est à moi est à toi. Avec le retour de ton frère, ton bien ne diminue pas, mais ta joie doit augmenter. Puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé.

Ainsi s’achève cette parabole, qui constitue en elle-même tout un évangile de mystères et d’enseignements.

Celui qui, dans la prière, s’investira encore davantage dans ce récit, y découvrira encore plus de mystères et d’enseignements. Gloire au Seigneur Jésus, qui nous a offert cette parabole, comme un trésor plein de sagesse où des générations successives puisent la connaissance de Dieu et la connaissance des hommes, tout en y apprenant l’amour à travers la patience, le pardon dans la philanthropie divine et la joie dans la joie de Dieu lors de l’accueil des pécheurs repentis. Gloire aussi à Son Père prééternel et à l’Esprit vivifiant, Trinité unique et indivise, maintenant et pour toujours, à travers tous les temps et toute l’éternité.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour mr. et me H.

quelqu'un que j'aime beaucoup , depuis des décennies  et sans rides !

 

frère Thibault & sa famille. merci pour tout ! 

pour tous nos novices. 

union de prières. + j'offre ce carême pour vous .

Le meilleur carême, c'est le carême de l' imprévu, celui qu'on n'a pas choisi. des éléments extérieurs qui sont venus tout contredire nos projets ;  !  les ennemis tellement nombreux qui veulent nous décourager, nous déstabiliser et croyant nous faire du  mal, les imprévus matériels qui vous cassent les reins , etc.. alors la lutte nous paraît parfois tant inégales , 

  mais bon,  tenir la rampe. 

 vivement la retraite! 

ph 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 4 Mars 2023

 

 

 

 

" Maître , il est heureux que nous soyons ici .."

 

 

 

photo 3.3 2023 Eric Mirzoyan  clarinettiste 

 

Le deuxième dimanche de Carême, la liturgie nous présente toujours l’Evangile de la Transfiguration du Seigneur. 

L’évangéliste Luc met l’accent sur le fait que Jésus se transfigura au moment où il priait : cette expérience fut une expérience d’échanges profonds avec le Père, durant une sorte de retraite spirituelle que Jésus a vécu sur une haute montagne  en compagnie de Pierre, Jacques et Jean, les trois disciples toujours présents dans les moments de la manifestation divine du Maître (Lc 5,10; 8,51; 9,28)
Le Seigneur qui venait de leur annoncer sa mort et sa résurrection , offre aux disciples une anticipation de sa gloire. Et dans la Transfiguration aussi, comme dans le baptême, résonne la voix du Père céleste: « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ! »
La présence ensuite de Moïse et d’Elie, qui représentent la Loi et les Prophètes de l’ancienne Alliance, est tout aussi significative: toute l’histoire de l’Alliance est tournée vers Lui, le Christ, qui accomplit un nouvel « exode », non pas vers la terre promise, comme au temps de Moïse, mais vers le Ciel. 
 
L’intervention de Pierre : « Maître, il est heureux que nous soyons ici! » représente l’impossible tentative d’arrêter cette expérience mystique. Saint Augustin commente: « [Pierre]…sur la montagne …avait le Christ comme nourriture de l’âme. Pourquoi aurait-il dû descendre et retourner à ses peines et à ses souffrances, alors que là-haut il était plein de sentiments d’un saint amour envers Dieu et que ceux-ci lui inspiraient une sainte conduite?» (Discours 78,3).
 
Benoît XVI

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Publié le 28 Février 2023

 

 

 

 

On se pose fréquemment cette question : « Par quel esprit Jésus a-t-Il été conduit au désert ? », car il est écrit : « Le diable L’emmène dans la ville sainte… Le diable L’emmène sur une haute montagne… ». Mais, en vérité et sans aucun doute, c’est la Tradition de croire qu’Il a été conduit au désert par le Saint Esprit, que c’est bien son Esprit qui a conduit Jésus dans le lieu où l’esprit mauvais L’a découvert pour Le tenter.

 Mais voilà : quand on dit que Dieu-homme est emmené par le diable sur une haute montagne ou dans la ville sainte, l’intelligence rechigne, les oreilles humaines s’offusquent d’entendre ces choses.
 Et cependant, nous reconnaissons que ces choses ne sont pas sans crédit si nous les rapprochons d’autres faits. Sans aucun doute, le diable est le chef de tout ce qui est « sans justesse », et tous les membres rattachés à cette tête sont « sans justesse ». Pilate ne fut-il pas membre du diable ? 
Et les Judéens qui persécutaient le Christ, et les soldats qui Le crucifièrent ne furent-ils pas membres du diable ? 
 
Quoi d’étonnant alors que Celui qui alla même jusqu’à se laisser crucifier par les adhérents se soit laissé conduire sur la montagne par leur chef ? Non, consentir à être tenté n’est pas indigne de notre Rédempteur, puisqu’Il est venu pour être mis à mort ; il était juste qu’Il triomphât de nos tentations par ses tentations, de même qu’Il venait vaincre notre mort par sa mort.

 

Nous devons savoir aussi que la tentation agit en trois temps : la suggestion, l’agrément et le consentement. Et quand nous sommes tentés, la plupart du temps nous tombons dans l’agrément et même dans le consentement, parce que, étant rejetons du péché de la chair, nous portons en nous-mêmes ce qui entretien nos conflits internes. 
 Mais Dieu, qui s’est incarné dans le sein de la Vierge et qui, sans péché, est venu dans le monde, n’a entretenu en Lui-même aucune contradiction.
 
 Ainsi, Il put être tenté par suggestion, mais l’agrément du péché n’entama pas son esprit.
 
 Voilà pourquoi cette tentation diabolique ne fut qu’extérieure et non intérieure. 
 
Saint Grégoire le Grand .
 
 

 

 

Mgr Demetrio Fernández, Cordoue , Espana ,  a indiqué la nécessité d'imiter Jésus dans le désert et de vaincre "tous les démons" déchaînés dans notre société, y compris le mal de l'avortement.

"nous ne pouvons pas affronter tant de mal uniquement avec un programme politique", car "ces démons ne peuvent être expulsés que par la prière et le jeûne".

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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