viva el Christo Rey.

Publié le 26 Octobre 2007


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« Très chère mère,

Je veux que tu gardes ce dernier souvenir de ton petit Joseph, que tu as tant aimé et qui t’a tant aimé lui-même, malgré les gros soucis que t’a fait subir ma tête folle ; (…) ne t’inquiète pas, petite maman, nous partons ensemble voir Dieu et papa, nous y allons avec courage et foi en Lui. Nous mourons satisfaits parce que nous mourons pour Dieu et pour la patrie, et tu peux être contente toi-même parce que tu ne pouvais rien désirer de mieux sinon que tes fils meurent pour défendre Celui qui peut tout. Ne te décourage pas, accepte-le, sois forte, ne te laisse pas abattre, il en reste encore cinq sur la terre pour te rendre heureuse.

N’oublie pas que Dieu éprouve l’âme des catholiques par des épreuves amères, que ceux qui savent les endurer gagnent le Ciel, qui est le but de nos aspirations. Ne t’affliges pas et pense que tu auras quatre enfants de plus au Ciel, d’où nous veillerons sur toi, pour être toujours à tes côtés, de sorte que, je le répète, ne perds pas courage, parce que tes enfants meurent pour que dans notre Espagne ne se perde pas la Religion que tu as su nous enseigner depuis tout petits et dont nous sommes fiers (…). Petite maman, ne souffre pas pour nous, remercie notre Seigneur qui nous permet de mourir pour Lui la conscience en paix. Aie confiance dans le Christ "del Sahúco" (honoré à Albacete), qui n’abandonne pas ceux qui l’implorent ; si tu voyais la douceur qui est la nôtre en ce moment et comme nous nous sentons forts grâce à l’appui que nous apporte le Seigneur, tu ne peux pas t’imaginer, c’est quand on voit la mort d’aussi près qu’on croit le plus véritablement en Dieu, c’est comme si on le voyait et qu’on le sentait avec nous.

C’est pour ça, ma petite maman chérie, sois courageuse et pense à tout ce que la Vierge a souffert, et tu verras comme elle te consolera, comme elle te donnera des forces, en voyant le courage qu’elle a eu et la confiance qu’elle a mise en Lui (…).

 

Ma petite maman, crie très fort “Vive le Christ Roi”, et avec ce cri, reçois ma dernière étreinte et mes derniers baisers sur cette terre, de ton fils qui t’aime tant, ton petit Joseph.

 
J’ai pardonné à tous. Pardonne-leur aussi ».

Jose Maria Gimenez Sanchez.

 Il est le troisième fils et le cinquième de la famille. Il a fait ses études dans un collège de religieux de Getafe, comme ses autres frères. La Guerre civile ayant éclatée, il n’a pu terminer les études de pharmacie qu’il avait entreprises. Profondément religieux, il était le président de l’Association des étudiants catholiques et, comme ses frères, scouts chez les “Explorateurs”. Il a participé, lui aussi, à la défense de l’église Saint-Jean-Baptiste. Il a été arrêté puis exécuté au matin du 27 septembre 1936, avec ses trois frères. Il a fait ses adieux à sa mère dans cette lettre ...

persécutions religieuses

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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philippe 26/10/2007 23:46

"c'est quand on voit la mort d'aussi près qu'on croit le plus véritablement en Dieu, c'est comme si on le voyait et qu'on le sentait avec nous."
Il y en a qui s'approche de ces extremes aux portes de la mort, comme dans les accidents de voiture, et qui n'ont pas accès à tout cela. C'est la grace qui fait dire cela.C'est un don de Dieu.
Ces jeunes emportés par ce mouvement d'amour qui vient de si loin, de si profond qu'il a créé le monde et engendré le salut.

Quel don de Dieu dans les extrèmes. Je pense que lorsqu'on les approche ces extrèmes, par la souffrance, les séparations, les privations, les abaissements, l'on sent que tout cela est vrai et que tout cela devient certitude.

Dans nos nuits les plus déroutantes, les plus tenaces et les plus cruelles, Dieu qui se donne à l'excès, d'une manière que nous ne soupçonnons pas, et que nous ne sentons qu'à peine...

quelle leçon que d'actions de graces et d'humilité.