Publié le 28 Février 2010

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Je vous salue Joseph, vous que la grâce divine a comblé ; le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux ; vous êtes béni entre tous les hommes et Jésus, l'Enfant divin de votre virginale Épouse est béni. Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu'à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l'heure de notre mort. Amen


Glorieux saint Joseph,

Etendez sur nous votre protection paternelle

Vous dont la puissance est de rendre possibles les choses impossibles.

Venez nous en aide.

Ouvrez vos yeux de Père sur les intérêts de vos enfants.

Donnez ce dont nous avons besoin

Et prenez sous votre charitable protection les affaires importantes que nous vous confions, afin que leurs heureuses issues tournent à la gloire de Dieu et à notre bien.

 

Amen.


 

Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph : et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage.

 

Par l'affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l'amour paternel, dont vous avez entouré l'Enfant-Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l'héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours, dans nos besoins.

 

Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d'erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l'Enfant-Jésus au péril de la mort, défendez aujourd'hui la sainte Eglise de Dieu, des embûches de l'ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle.

 

Ainsi soit-il. 

 

CONSECRATION A ST JOSEPH

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph ! et vous honore comme le chaste époux de la Mère de Dieu, le chef de la plus sainte famille qui fut jamais, le père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle dépositaire des trésors de la très-sainte Trinité. Je révère en votre personne le choix de Dieu le Père, qui a voulu partager avec vous son autorité sur son Fils ; le choix de Dieu le Fils, qui a voulu dépendre de vous et devoir au travail de vos mains sa subsistance ; le choix du Saint-Esprit, qui a voulu vous confier son Épouse chérie et vous la donner pour compagne.


Je vous félicite du bonheur que vous avez eu de porter Jésus-Christ entre vos bras, de l'appuyer sur votre sein, de l'embrasser amoureusement, de l'arroser de vos larmes pendant les saintes caresses dont vous étiez si souvent favorisé par ce divin Enfant. Qui pourrait comprendre les trésors de lumières, de sagesse et de grâces que vous avez acquis, et dont vous avez été comme inondé pendant les trente années que vous avez passées entre Jésus et Marie ?

 

Pénétré de respect et d'amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur; après Jésus et Marie, vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon père et mon protecteur ; daignez me regarder comme votre enfant. Faites-moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu et de votre grande charité pour moi; obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j'ai besoin pour remplir ses adorables desseins.

 

Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur... surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus-Christ et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier.


Prenez, ô grand Saint ! sous votre protection les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Enfin, par le privilége de votre heureuse mort entre les bras de Jésus et de Marie, obtenez-moi, ô grand Saint! une mort semblable à la vôtre, dans le dévouement parfait de ma volonté à Jésus et à Marie !


Ainsi soit-il.

 

 


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Publié le 28 Février 2010

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"Élie aussitôt s'en alla à Sarepta. Lorsqu'il fut arrivé devant la porte de la ville, il aperçut une femme qui ramassait du bois. II l'appela et lui dit : Donnez-moi un peu d'eau dans un vase, afin que je boive. Lorsqu'elle allait lui en quérir, il cria derrière elle : Apportez-moi aussi, je vous prie, un peu de pain dans votre main.

Elle lui répondit: Je vous jure, par le Seigneur votre Dieu, que je n'ai pour pain qu'un peu de farine dans un pot, autant qu'il en peut tenir dans le creux de la main, et un peu d'huile dans un petit vase. Je viens ramasser ici deux morceaux de bois pour apprêter à manger à moi et à mon fils, atin que nous mangions et mourrions ensuite. Êlie lui dit: Ne craignez point, mais allez et faites comme vous avez dit : cependant faites auparavant de ce reste de farine un petit pain cuit sous la cendre, et apportez-le moi. Vous en ferez après cela pour vous et votre fils. Car voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : La farine qui est dans le pot ne finira point, ni l'huile qui est dans le petit vase, jusqu'au jour où le Seigneur Dieu doit faire tomber la pluie sur la terre.

Cette femme s'en alla et fit ce qu'Ëlie lui avait dit, et Elie mangea. Elle mangea aussi, elle et sa maison ; et depuis ce jour la farine du pot ne manqua pas, et l'huile du petit vase ne diminua point, selon que le Seigneur l'avait promis à Ëlie."


livre des Rois.


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Publié le 28 Février 2010

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Publié le 28 Février 2010



Souvenez-vous de vos miséricordes, Seigneur, et de vos bontés que vous avez toujours montrées : que nos ennemis ne dominent jamais sur nous : Dieu d'Israël, délivrez-nous de toutes nos angoisses.

Seigneur, j'ai élevé mon âme vers vous ; mon Dieu, j'ai confiance en vous, je ne serai pas confondu. Gloire au Père, etc.

 

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Publié le 27 Février 2010

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Louis de Grenade

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P.S. la beauté de ce sermon ne nous permet pas de le couper en plusieurs morceaux.


"Domine bonum est nos hic esse; si vis, faciamius hic tria tabernacula : tibi unum .. Moysi unum, et Eliae unum."

 

Seigneur, il fait bon être ici; si vous voulez, faisons trois tentes : pour vous une, une pour Moïse, une pour Elie. Matlh. XII, 4.

 

Tous les travailleurs, quand ils se louent pour quelque ouvrage, considèrent surtout deux choses : le travail et la rémunération.

 Trouvent-ils la rémunération supérieure à la peine, ils se chargent volontiers de l'ouvrage. Ainsi firent ces ouvriers qui, convenus d'un denier par jour avec le père de famille, se mirent gaîment à façonner la vigne, Matth. xx, 2. Or nous tous, mes frères, qui que nous soyons sur cette terre, serviteurs ou libres, plébéiens ou nobles, nous sommes travailleurs.

Après avoir reçu le saint baptême, nous nous sommes loués pour cultiver la vigne du Seigneur. Nous devons donc considérer avec soin ces deux choses : le travail, et la récompense.

 

Cette connaissance est si nécessaire que toutes les pages de l'Ecriture ne répètent rien plus fréquemment. Ce sont les deux choses que désirait savoir ce jeune homme qui demandait au Seigneur ce qu'il lui fallait faire pour posséder la vie éternelle. — Gardez les commandements de Dieu, répondit le Sauveur, Matth. XIX, 16.


 Ce que cette réponse dit en peu de mots, l'Evangile du jour le redit d'une manière nouvelle et merveilleuse. Nous examinerons donc ces deux choses dans le présent entretien ; mais comme ce qui est exigé de nous est peu de chose, tandis que la récompense est considérable, nous parlerons du travail en peu de mots, et de la rémunération avec plus de développement. Pour le faire pieusement, implorons avec humilité le secours du ciel, par l'intercession de la très-sainte Vierge. Ave Maria.

 

 

 Pour que nous tenions la promesse que nous avons faite en premier lieu, quiconque désire connaître l'institution, la loi de la profession chrétienne, la trouve renfermée en quelques mots du divin Maître, qui se lisent un peu avant le commencement de l'évangile du jour : « Si quelqu'un veut venir à moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il se charge de sa croix, et me suive. » Matth. XVI, 24. Paroles qui développent ce qu'il avait dit ailleurs, que la voie qui mène à la vie est étroite, et que quiconque y veut arriver, doit entrer par la porte étroite. Matth. VII, 14.

 

N'y a-t-il pas là des aspérités, des difficultés?


Renoncer à soi-même, porter sa croix, et suivre Jésus-Christ, qui marcha par la voie de l'humilité , de la pauvreté, de la souffrance, ce n'est pas sans travail, et sans difficulté. Et qu'on ne s'imagine point que ces paroles ne s'adressent qu'à ceux qui cherchent la perfection, et non à tout le monde. L'évangéliste saint Luc est explicite à cet égard, car il fait précéder ces mots de ceux-ci : « Il disait à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, etc. » Luc. 1x, 23. L'évangéliste saint Marc va plus loin, et c'est à remarquer. Car, comme le Seigneur s'entretenait en particulier avec Pierre et les autres disciples, dès qu'il voulut donner ce précepte, il appela une foule de peuple qui se tenait à peu de distance, et à tous il adressa cet enseignement : « Si quelqu'un veut venir après moi, etc. » Marc, VIII,34. Comme s'il leur avait dit : Je ne force personne , je ne fais violence à personne; mais à ceux qui ont à cœur le salut de leurs âmes, qui brûlent du désir de la vie éternelle, qui veulent avoir part à ma gloire, qui désirent me suivre, et arriver là où je dois arriver, à ceux-là je leur montre un chemin, je leur propose une loi, c'est de renoncer à eux-mêmes, de porter chaque jour leur croix, de marcher sur mes traces. Et pour que vous saisissiez mieux la pensée du Seigneur, remarquez en quelle circonstance il l'exprima. Il entretenait ses disciples de l'ignominie de sa passion et de sa croix, lorsque Pierre, mû par des sentiments purement humains, chercha à détourner ces tristes considérations. Mais le Seigneur le réprimanda vivement de ce qu'il goûtait non les choses de Dieu, mais les choses des hommes, c'est-à-dire, de ce que, jugeant humainement, il prétendait que toutes les peines, toutes les ignominies, sont à mettre au rang des maux, et qu'il faut s'en garantir à tout prix. A cette erreur commune de Pierre, et de presque tous les hommes qui cherchent une vie voluptueuse et tranquille, qui ont en horreur la peine et le travail, le divin Maître oppose cette maxime sublime, que la souffrance est la voie qui mène aux joies éternelles; que c'est par la patience que nous arrivons à la vie, par le travail au repos, par le combat à la couronne , par l'ignominie de l'humilité à la gloire céleste. C'est ce que signifient ces mots : « Si quelqu'un veut venir à moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il porte sa croix et me suive. » Mais analysons, décomposons les différentes parties de cette pensée.

 

D'abord l'homme doit renoncer à lui-même. Ce qu'il faut entendre par là, le Seigneur l'indique, quand il ajoute : « Qui aime sa vie la perdra; qui hait sa vie en ce monde, la garde pour la vie éternelle. » Renoncer à soi-même , n'est donc autre chose que se haïr d'une haine, non pas funeste, mais sainte et salutaire, et dépouiller, autant que possible, le vieil homme avec ses œuvres ; c'est-à-dire , se faire violence, soumettre la chair à l'esprit, déraciner toutes les passions mauvaises, comprimer les mouvements désordonnés de l'âme, faire plier toutes les affections sous le joug de la raison, refréner la révolte et la pétulance des sens, et suivre en toutes choses, non ce que veut la convoitise, mais ce que prescrivent la raison, l'honnête, et la loi divine.

 

Voilà ce que c'est que renoncer à soi-même, et avoir pour soi une haine salutaire.

 

Il est évident que c'est difficile, car de toutes les affections du cœur humain, l'amour de soi est la plus puissante et la plus tristement féconde, puisque toutes les autres en dérivent. Ainsi, triompher de cette affection, changer en haine de soi l'amour de soi, c'est triompher de toute la force, de toute la puissance de la nature. " Nul n'a jamais haï sa chair, dit saint Paul; chacun la nourrit et l'entretient. » Nemo enim unquam carnem suam odio habuit; sed nutrit et fovet eam. Ephes. v, 29.

 

C'est pourquoi il est très-difficile que l'homme fasse violence à sa chair, qu'il la combatte , qu'il renonce à lui-même, qu'il se répudie, qu'il se regarde comme un étranger, comme un adversaire, comme un ennemi de son esprit.

 

Quel travail donc, quelle difficulté!

 

Si vous en demandez la cause, le Sauveur répond : «Ce qui est né de la chair, est chair. » Joan. 111. 6. « La chair et le sang ne posséderont pas le royaume de Dieu. » I Cor. xv, 50.

 

Attaquons donc la chair, violentons-la, étouffons-la autant que possible, afin que, quand elle sera subjuguée, l'esprit règne et domine dans l'homme.

 

En d'autres termes, renoncer à soi-même, c'est résister, renoncer à sa volonté propre. Car, la volonté exerçant son empire sur toutes les autres forces , sur toutes les autres puissances de l'âme, celui qui renonce à sa volonté propre, renonce pleinement à lui-même. C'est là toute la philosophie chrétienne. Car cette philosophie consistant principalement dans notre soumission à la volonté divine, dont elle ne nous permet pas de nous écarter en rien, il s'ensuit que la volonté propre doit mourir, pour que la volonté divine règne en nous. Comme ceux qui greffent une branche d'olivier, ou de tout autre arbre fruitier sur un sauvageon, élaguent d'abord toutes les branches de celui-ci, pour que les greffes prennent force ; de même, celui qui veut se soumettre tout entier à la volonté divine, doit, autant que possible, retrancher toute volonté humaine, afin de suivre, sans aucun empêchement , la volonté divine. Ce fut la principale étude de tous les saints, qui souvent s'abstenaient non-seulement des choses défendues, mais même des choses permises, afin d'être, quand besoin serait, plus maîtres de la volonté, comme d'un coursier déjà dompté, et habitué à la bride.

Mais, mes frères, pour que ce qui précède n'abatte le courage d'aucun de vous, et ne le fasse pas désespérer de remporter cette victoire sur sa volonté, je vais ajouter ce qui est plus facile, et ce qui s'adresse à tous indistinctement.

 Car j'avoue que ces paroles du Seigneur renferment, et des conseils pour la vie parfaite, et des préceptes pour la vie chrétienne. Or ce que nous venons de dire a surtout rapport aux conseils que doivent embrasser et suivre tous ceux qui aspirent à la perfection.

 

Maintenant descendons des hauteurs dans la plaine, et expliquons ce que le Seigneur prescrit au commun des hommes. Voici donc la loi commune proposée à tous : c'est que, toutes les fois que Dieu et l'homme, l'amour de Dieu et l'amour de soi, la loi de l'esprit et la loi des membres sont en dissidence et en lutte, l'inférieur doit céder au supérieur, c'est-à-dire l'homme à Dieu, l'amour de soi à l'amour de Dieu, la loi de la chair à la loi de l'esprit. C'est-à-dire, que tout ce qui concerne les biens, la santé, la vie, l'honneur de l'homme, doit être méprisé, tenu pour rien, foulé aux pieds, toutes les fois qu'il est en opposition avec les lois et les préceptes divins.

 

Voilà ce que c'est que renoncer à soi-même à cause de Dieu, et voilà ce à quoi tous les hommes sont tenus. Eusèbe d'Emèse, traitant le même sujet, rentre dans notre explication, quoique paraissant s'en écarter par les termes. Il dit que renoncer à soi-même, c'est n'être plus le même qu'on était, alors qu'on était asservi à la chair. Car, l'homme cessant, par la vraie pénitence, d'être ce qu'il était auparavant, et devenant une créature nouvelle, alors il renonce vraiment à lui-même. Ainsi celui qui précédemment était calomniateur, envieux, avare, médisant, impudique, promoteur de discordes, de divisions, avide du bien d'autrui, prodigue du sien, esclave de son ventre, de l'argent, enfin conptemteur des lois divines, dès qu'il a renoncé à tous ces crimes, a vraiment renoncé à lui-même, et une vraie pénitence l'a transformé en un homme nouveau. Voilà donc la première chose qu'exige de nous le divin Maître.

 

En second lieu, chacun doit porter sa croix, et même la porter tous les jours, comme dit un autre évangéliste. Qu'entendrons-nous ici par cette croix de tous les jours? Assurément toutes les misères, tous les déboires dont est abreuvée la vie humaine, et dont l'origine est diverse et multiple. Les uns viennent de l'éternel ennemi du genre humain, qui ne cesse de nous harceler de ses tentations sous toutes les formes; les autres, de la malice, des fraudes, des injures, des outrages, des mille moyens de nuire des hommes au milieu desquels nous vivons, quelque étroits que soient les liens qui les unissent à nous; puisque le Sauveur dit que les ennemis de l'homme sont les gens de sa maison, Matth. x, 36. D'autres nous viennent de notre propre chair, source de tourments, de vexations et de tortures, par suite de nos passions, de nos besoins, de nos inquiétudes, des maladies du corps et de l'âme. D'ailleurs, le souverain arbitre du monde n'envoie-t-il pas souvent des traverses, soit pour punir les coupables, soit pour exercer, éprouver, perfectionner les bons? Qu'ai-je besoin de rappeler ici ces calamités imprévues et soudaines, ces pertes de fortune, ces désastres, ces morts d'êtres chéris ? Quelle position de la vie, si heureuse, qui ne soit menacée de tous côtés par des amertumes et des catastrophes?

 

« Comme il n'y a point de rose sans épines, dit S. Basile, de même nulle condition de la vie n'est sans ses peines et ses tourments, puisque même les prétendus biens de la vie sont entourés de leurs épines. »

On vante le mariage, mais le veuvage en est proche, et c'est la perspective inévitable de l'un des deux conjoints. On désire des enfants ; mais quelles douleurs n'ont-ils pas souvent causées à leurs parents! Les riches sont estimés heureux; mais le plus grand nombre, comme le dit S. Chrysologue, sont plus riches en misères qu'en argent. Enfin, telles et si nombreuses sont les peines et les inquiétudes de cette vie, que S. Eucher écrit dans une lettre qu'il ne sait ce qui doit plus nous exciter à l'amour de la céleste patrie, ou de la grandeur des biens qui nous y attendent, ou de la multitude des misères qui nous accablent en nette vie. Car celle-là nous invite par les plus chastes délices, tandis que celle-ci nous repousse par des douleurs de chaque jour et nous inspire l'horreur d'elle-même. Est-il besoin parmi ces douleurs de mentionner les combats de la chair et de l'esprit, combats qu'il faut livrer jusqu'à la fin de la vie ? « Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, et l'esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ces principes se combattent l'un l'autre. » Gal v, 17. Comme donc les fils d'Israël partirent armés de l'Egypte, nous aussi, munis d'armes spirituelles à droite et à gauche, marchons, sans nous laisser aveugler par le bonheur, sans nous laisser abattre par les foudres de l'adversité.

 

Souffrir patiemment toutes les misères, les travaux, et, pour ainsi dire, les tributs de la vie, recevoir comme de la main de Dieu toutes les épreuves, être soumis et résigné, ne jamais perdre courage, ne pas être accablé par la tristesse, ne p:is se plaindre de la divine providence, ne pas plier sous le poids du fardeau, ne pas mollir comme une femme, mais tout supporter d'un cœur vaillant et ferme, rendre grâces en toutes choses, et réputer toutes ses peines comme au-dessous de ses crimes, voilà ce que c'est que porter sa croix.

 C'est un des deux côtés de la philosophie chrétienne, suivant S. Bernard, qui dit que la vie d'un chrétien c'est de faire le bien, et de souffrir le mal.

 En troisième lieu, il faut suivre Jésus-Christ. Qu'est-ce que suivre Jésus-Christ, sinon faire ce que dit S. Jean ? « Celui qui dit qu'il demeure en Jésus-Christ, do.it marcher lui-même comme Jésus-Christ a marché, » I Joan. II,6. Or, dit S. Pierre, « il a souffert pour nous, nous laissant son exemple, afin que nous marchions sur ses traces, lui qui n'a point commis de péché, et de la bouche duquel n'est jamais sortie parole de tromperie; qui, lorsqu'on le chargeait d'injures, n'a pas répondu par des injures^ qui, maltraité, n'a pas fait de menaces, mais s'est livré à celui qui le jugeait injustement. » II Petr. II,21. Cette innocence de vie, cette pureté sans tache, cette patience, cette douceur, cette paix avec ceux qui haïssaient la paix, et toutes ses autres vertus, appliquons-nous à les imiter, en tant qu'il est donné à notre infirmité. Ainsi nous pourrons suivre Notre-Seigneur Jésus-Christ et l'accompagner.

 Là, frères, est l'ouvrage exigé de nous ; là, le travail, la tâche indiquée par le Seigneur aux travailleurs fidèles. Mais comme ce que nous avons dit jusqu'ici effraie les faibles, qui ne se croient pas à la hauteur de tels travaux, venons à la rémunération, qui stimule et aiguillonne même les cœurs sans courage.

 

Notre Evangile nous la présente sous un aspect nouveau ; il nous donne comme une anticipation, un avant-goût de la gloire future. Voici comme il s'exprime :

 « Jésus ayant pris Pierre, Jacques et Jean son frère, les mena à l'écart sur une haute montagne, et se transfigura devant eux. » Matth. xvII, 1. Ce passage nous apprend qu'il y a dans l'Eglise divers degrés de vertus et de dons célestes. Car il y a des dons communs de l'Esprit divin, qui sont offerts à tous les justes indistinctement ; et il y en a d'autres tout particuliers, qui sont réservés aux amis familiers de Dieu.

 Dans le Cantique, l'Epoux les désigne implicitement, quand il dit : « Buvez, mes amis, enivrez-vous, mes bien-aimés. » Cant. v, 2. Aux amis de boire, aux bien-aimés de s'enivrer. C'est ce que nous apprenons de cette histoire sacrée, où nous voyons le Seigneur inviter à ce banquet solennel, non pas tous les Apôtres, mais seulement les principaux, les chéris, les bien-aimés. Car, bien que tous fassent appelés à la dignité de l'apostolat, ce choix exceptionnel fait voir qu'il y a des dons particuliers de Dieu, réservés non à tous, mais à un petit nombre.

 Il faut encore observer que le Seigneur conduit ses disciples sur une montagne pour manifester à leurs yeux l'éclat et la gloire de son corps : non pas sur la première montagne venue, mais sur une montagne élevée.

 Qui ne verrait un mystère dans ce fait, que la sagesse divine choisit de préférence, pour montrer sa gloire à ses disciples, un lieu qu'on ne pouvait gravir sans fatigue ? Quel est ce mystère ? — Assurément la hauteur du lieu est le symbole de l'élévation de l'âme qui contemple les mystères du ciel. Quiconque veut s'élever à ces hauteurs, doit gravir la montagne, c'est-à-dire, abandonner les choses de la terre, tourner le dos à tout ce qui est mondain, et, ravi de cœur et d'âme jusque dans le ciel, pouvoir dire avec le poète :

 

Terra vale, curaeque humiles, homincsque valete.

Adieu, terre et ignobles préoccupations, hommes, adieu.

 

C'est ce que signifie la nuée d'où sort la voix de Dieu, et de laquelle il est écrit : « Il prend la nuée pour son char, et est porté sur l'aile des vents. » Ps. c111, 3. Car la nuée, formée des vapeurs de la terre, quitte la terre, où elle a pris naissance; et devenue plus légère que l'air, elle s'enlève dans les régions supérieures ; elle s'y fixe, et ne retombe plus de haut en bas. Isaïe, admirant la légèreté et la hauteur de ces nuées, s'écrie : « Qui sont ceux-ci qui sont emportés en l'air comme des nuées? t> Isa. 1x, 8, c'est-à-dire qui abandonnant la terre, s'élèvent vers le ciel, et s'arrêtent sur les hauteurs ?

 C'est l'image des saints qui, voyageurs, de corps seulement, sur cette terre, vivent par la pensée, et par leurs aspirations, dans l'éternelle patrie.

 Sur ce lieu élevé le Seigneur se transfigura sous les yeux de ses disciples. « Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la neige. En même temps apparurent

 Moïse et Elie qui s'entretenaient avec lui. » Matth. xvII, 2. Cet éclat frappa Pierre d'une telle admiration et d'une telle joie, qu'il dit au Seigneur : « Seigneur, nous sommes bien ici ; faisons-y, si vous voulez, trois tentes; une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. » Car, il ne savait, dit S. Marc, ce qu'il disait. Ce spectacle le ravissait, l'enivrait tellement que toutes les puissances de son âme étaient hors d'elles-mêmes, ne sentaient que cette immense joie, et ne saisissaient rien autre chose.

 De même qu'un vase rempli d'un liquide n'en peut recevoir aucun autre, mais laisse écouler tout ce qu'on y verse; de même, cette âme débordait d'une telle joie, qu'elle ne pouvait recevoir aucune chose étrangère ; tout entière plongée dans cette mer de volupté, tout ce qu'elle voyait, tout ce qui l'entourait, lui était volupté, joie, bonheur.

 Or, si cette faible goutte de suavité céleste enivrait tellement l'âme de l'apôtre, qu'elle le ravissait, le transportait hors de luimême, qu'eût-ce été s'il eût bu à longs traits aux torrents de la volupté divine? Pierre n'avait vu dans la gloire que l'humanité de Jésus-Christ, il n'avait pas contemplé la forme divine du Verbe et son ineffable beauté ; et il est tellement ravi de ce seul spectacle, que voulant rester à toujours sur cette montagne, il dit : « Seigneur, il fait bon être ici ; si vous voulez, faisons-y trois tentes ; une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. » Voilà ce qu'il demandait, après avoir vu uniquement deux élus briller avec le Seigneur dans sa majesté; il ne demandait pas d'autre bonheur au monde, tant il était captivé de leur aspect et de leur beauté. Qu'eût-il donc fait, s'il eût vu tant de milliers d'âmes bienheureuses, autour du trône de Dieu ? S'il eût vu les empressements des Anges, la gloire des Archanges, la puissance des Dominations, l'élévation des Principautés, la majesté des Trônes, le merveilleux éclat des Chérubins et des Séraphins? Et encore, sur cette montagne il n'avait entendu parler que de la passion du Seigneur, de la croix, des clous, des coups et des opprobres. Car les prophètes ne s'entretenaient que de la sortie du monde du Sauveur, laquelle devait avoir lieu à Jérusalem. Qu'eût-il ressenti, s'il eût entendu ces douces paroles qui résonnèrent aux oreilles de S. Jean : "Bénédiction, gloire, sagesse, actions de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu dans les siècles des siècles, Amen? » Apoc. VII, 12. Et encore il vit cette figure du Sauveur sur une montagne terrestre, qui portait des épines et des ronces ; il n'avait pas vu « cette montagne grasse et fertile, où Dieu s'est plu à établir sa demeure, » Ps. LxvII, 16 et 17; ni les trônes du ciel et ses palais magnifiques ; ni le fleuve d'eau vive, claire comme le cristal ; ni l'arbre de vie, planté sur la rive, et portant chaque mois un fruit salutaire, Apoc. XXII, 1 et 2 ; ni cette cité qui est tout or pur, semblable au diamant, ni sa lampe étincelante, qui est l'agneau de Dieu, ni ces douze portes dont chacune est une pierre précieuse, Apoc. xx.

 

Celui qui sur une montagne terrestre, et enfermé dans une chair mortelle, était livré à de tels transports qu'il ne savait ce qu'il disait, qu'eût-il fait, s'il lui eût été donné de goûter toutes ces joies, et d'en jouir sans fin ?

 

 


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Publié le 27 Février 2010

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Au reste, cette contemplation de la glorieuse humanité de JésusChrist appartient à la gloire accidentelle des bienheureux.

 

Ainsi l'appellent les théologiens. Elle est bien inférieure à la gloire essentielle qui consiste dans la pleine vision de la beauté divine. Car autant le Créateur surpasse la créature, autant la gloire du Créateur est supérieure à toute autre gloire. Seul il connaît l'immensité de cette gloire, celui qui l'a préparée à ses élus. « Nul que vous, ô mon Dieu, dit Isaïe, n'a vu ce que vous avez préparé à ceux qui espèrent en vous. » Oculus non vidit, Deus, absque te, quae prœparasti expectantibus te. Isa. LXIV, 4t. Ainsi, quand tous les anges en parleraient, ils ne pourraient en expliquer, ni la dignité, ni la grandeur. Nous devons à cette souveraine et immense bonté de Dieu un don ineffable comme son auteur. L'esprit humain a beau s'évertuer dans ses conceptions, jamais il ne saisira la moindre partie de ce don. Voilà pourquoi, en l'évaluant, nous ressemblons à ceux qui contemplent et admirent le tableau, non encore achevé, d'un artiste éminent, et qui le trouvent d'une perfection accomplie ; mais le peintre, qui connaît son art, sait combien cette perfection, admirée par des ignorants, est éloignée de celle qui brillera, quand il aura mis la dernière main à son ouvrage. Ainsi nous devons nous persuader que tout ce que nous disons, ou pensons de la félicité éternelle, est infiniment au-dessous de la réalité. Aussi quelques-uns font dériver caelum, le ciel, de caelo, je cache, parce qu'en lui sont contenus des biens et des délices tout à fait inconnus à l'intelligence humaine.

 

Tout ce que nous pouvons en dire se résume en deux mots : c'est qu'il nous est donné de pouvoir être heureux de cette même ineffable félicité dont jouit le Créateur. Sa béatitude consiste à se voir, à jouir de sa beauté infinie. Par son bienfait, nous vermisseaux, nous aurons en partage la même felicité, parce que nous le verrons tel qu'il est, III Joan. III, 2, et que nous jouirons de son immense beauté. Voir cette beauté infinie n'appartient qu'à la nature divine, tellement que, selon Aristote, l'intelligence divine ne peut penser autre chose. Cet objet, comme il l'appelle, est approprié et adéquat à la hauteur de l'intelligence divine. Car, poursuit Aristote, l'esprit divin se manquerait à lui-même, s'il abaissait sa pensée dans les régions inférieures. Non pas qu'il ne les connaisse; il voit tout, dit saint Thomas, et voit tout parfaitement par lui-même, puisqu'en lui sont toutes les perfections.

 

C'est donc dans cette vision claire et sans nuages, qui n'appartient qu'à Dieu, et qui est l'attribut propre de la nature divine, que consiste la félicité, la béatitude de tous les saints, hommes, ou anges. Car, sous ce rapport, dit encore saint Thomas, les hommes quoiqu'inférieurs aux anges en nature, leur sont égaux en béatitude.

 

Tous les saints comprenant donc qu'ils étaient créés pour cette gloire, on ne saurait dire tout ce que pour elle ils endurèrent de travaux en cette vie, et combien ardents étaient leurs désirs d'y arriver. De là cette prière suppliante de Moïse au Seigneur : « Si j'ai trouvé grâce devant vous, montrez-moi votre visage, afin que je vous connaisse, et que je trouve gràce_devant vos yeux. » Exod. XXXIII, 13 et passim. De là saint Paul demande à être dégagé des liens du corps, pour être avec Jésus-Christ. Philip. 1, 23. De là on a dit de tous les saints, que, pendant leur séjour sur cette terre, ils avaient le désir de mourir, et la patience de vivre. Or, de ce désir causé par le bonheur céleste et par l'Esprit-Saint, on peut inférer que nous sommes appelés à cette suprême félicité. Car, si saint Thomas et les autres vrais philosophes concluent du désir naturel de l'immortalité à l'immortalité des âmes, par la raison que ce désir a été imprimé dans nos cœurs par le Créateur, qui ne fait rien en vain; nous avons raison aussi de conclure, de ce désir de tous les saints, que nous parviendrons à cette félicité divine, l'auteur de la grâce n'étant pas inférieur à l'auteur de la nature.

 

Si le désir de la nature est si efficace, le désir inspiré par la grâce divine ne le sera pas moins, puisque l'un et l'autre dérivent d'un même principe toujours également puissant.

 

On dira peut-être : Comment peut-il se faire que la faiblesse de l'intelligence humaine puisse s'élever à une telle hauteur qu'elle contemple cette nature sublime et supracéleste, non en énigme et comme dans un miroir, mais à découvert et face à face ? D'après les philosophes, pour comprendre les choses il nous faut des images; sans quoi nous ne saisissons rien. De là vient que-nous ne sommes pas en état de nous faire une idée de la substance du dernier des anges, faute d'une image pour nous la représenter. Bien plus, ce qui est autrement étonnant, nous ne pouvons même saisir la substance de notre âme, que nous avons en nous cependant, par laquelle nous vivons, nous nous mouvons, dont nous sentons toujours l'action; et cela, parce que nous n'en avons pas l'image. Comment donc notre entendement pourra-t-il jamais s'élever assez pour voir cet Esprit supérieur, dont aucune chose créée n'est en état d'exprimer la nature ? — Les théologiens répondent : Dieu lui-même, dans la céleste patrie, s'unira d'une manière ineffable à notre intelligence, il se présentera sous une forme intelligible, en sorte qu'il sera l'objet que nous verrons, et le principe en vertu duquel nous verrons. Il irradiera notre âme d'une nouvelle et glorieuse lumière, et l'élèvera au-dessus de sa puissance naturelle, afin qu'illuminée par lui, elle puisse apercevoir cet éblouissant Soleil. C'est ce qu'exprime le Prophète en ces termes : « Dans votre lumière nous verrons la lumière. » Ps. xxxv, 10. C'est aussi ce que les théologiens appellent la lumière de gloire. S'il était permis d'employer un terme de comparaison dans une si grande chose, on dirait que c'est une sorte de lunette. Comme celle-ci, mise au service d'une vue faible, lui fait apercevoir ce que l'œil lui-même ne peut saisir; de même cette lumière de gloire illuminera notre intelligence, rélèvera au-dessus de sa portée, en sorte qu'elle soit en état d'arriver jusqu'à la contemplation de la beauté divine.

 

II.

 

Voyons maintenant quelle est la conséquence de cette vision de la divine beauté. Le royal Prophète répond : « Je serai rassasié, lorsqu'aura paru votre gloire. Ps. XVI, 15. Pourquoi serai-je rassasié ? — Parce qu'en vous seul je verrai non-seulement vous, mais tout ce que peut désirer la volonté humaine, tout ce que peut concevoir entendement : je n'aurai donc rien à chercher hors de vous. — Une autre traduction est plus explicite sur cette félicité; au lieu de « Je serai rassasié quand paraîtra votre gloire, » elle porte : « La satiété des joies est avec votre visage. »

 Ce qui veut dire que, dans cette substance suréminente, sont unies et fondues d'une manière ineffable les perfections de tous les biens qui se trouvent dans toutes les choses créées, et une infinité d'autres qui sont propres à la divinité ; d'où vient cette satiété de joies, qui procède de la réunion multiple et infinie de tous les biens.

 

C'est pourquoi cette céleste béatitude est si bien figurée par la manne, présentée à nos pères dans le désert, et qui réunissait en soi toutes les saveurs, toutes les suavités, toutes les douceurs. Aussi, quand cette manne plus que céleste nous sera servie dans le resplendissant banquet, nous n'aurons rien à désirer au delà.

 

Alors cette roue vivante de nos désirs, agitée par les mouvements continus des passions, puisque nous convoitons avec une avidité insatiable tantôt ceci, tantôt cela, se reposera satisfaite dans la possession du bien suprême et universel. On n'aura plus à chercher ailleurs, et par divers ruisseaux, ce qu'on puisera purement et surabondamment dans cet océan de tous les biens. Car si, au témoignage de saint Augustin, une seule goutte, puisée au fleuve du paradis, étanche toutes les soifs du monde, que ne fera pas cette mer inépuisable de tous les biens ?

 

Maintenant, mes frères, j'ai à vous faire une question. Si les mortels poursuivent quelque bien mesquin de ce monde, richesses , honneurs, plaisirs sensuels, santé, faveur des princes, emplois publics, dignités, s'ils les poursuivent avec une ardeur si fiévreuse qu'ils ne reculent devant aucune fatigue, devant aucun péril de la mer ou de la terre, pour y parvenir ; qu'ils bravent des armées redoutables. et les piques, et le glaive, et le feu ; je vous le demande, que ne devons-nous pas faire pour acquérir ce bien suprême, qui renferme tous les biens?

 

L'esprit humain peut-il désirer quelque chose qu'il ne trouve là, et qu'il n'y trouve beaucoup plus admirable qu'il ne pensait ? Aspirez-vous à la gloire et à la louange humaine ? — « Chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due, » I Cor. 1v, 5; louange non pas fausse et mensongère, mais vraie et solide, et non exposée à l'envie.

 Désirez-vous richesses et longue vie ? — « La longueur des jours est dans sa droite, et dans sa gauche les richesses et la gloire. » Prov. III, 16. Etes-vous ambitieux d'un trône, de dignités? — Là, les saints chantent qu'ils ont été créés par Dieu pontifes et rois, et qu'ils régneront sans fin avec lui. Etes-vous passionnés pour la science, pour les connaissances diverses? — Là, par le bienfait de l'Agneau céleste, vous trouverez ouvert le livre qui renferme la science parfaite de toutes choses. Ce qu'en cette vie nous apprenons en détail et successivement, là nous le lirons pleinement dans cette bienheureuse vision de l'essence divine. Beaucoup placent la félicité suprême dans la faveur et l'amitié des princes.

 

Y a-t-il un plus grand bonheur que d'arriver à un état où l'on est rangé parmi les enfants et les amis du Roi suprême et éternel? Enfin, tous les mortels aspirent après le repos, après la fin des travaux et des peines. Je vous le demande, où le trouver, ce repos, sinon au sein des joies des bienheureux? « Là, dit saint Cyprien, est célébré ce sabbat où tous les élus se nourrissent sans labeur de la plus douce des mannes. » Pendant six jours, les Israélites au désert la mangeaient non sans travail, après s'être répandus cà et là pour la recueillir; mais, le sixième jour , ils recueillaient une double provision pour le jour présent et pour le suivant, afin de passer dans le repos le jour du sabbat. Exod. XVI, 22, et passim.

 

Cela même arrivera spirituellement à tous les élus. Pendant les six jours de cette vie, ils se nourrissent de la manne cachée que leur envoie l'Esprit-Saint pour les consoler dans leur pérégrination et leurs travaux ; car il faut le travail pour que le mérite soit possible. Ainsi méritait l'Apôtre, quand il disait : « Plus les maux que nous souffrons pour Jésus-Christ sont grands, plus grande aussi est la consolation que nous trouvons en lui. » II Cor. 1, 5. « Au milieu de mes douleurs , dit le royal Prophète , vos consolations ont rempli de joie mon âme. » Ps. XCIII, 19. Mais dans ce sabbat, où se solennise l'éternel repos, où tous les saints se reposent de leurs fatigues, c'est, non plus le temps de travailler, mais le temps de se reposer; non le temps de chercher sa nourriture par le travail, mais de jouir sans travail des biens acquis, et acquis par un long travail.

 

Voilà, frères, la récompense proposée à ceux qui, pour Dieu, renoncent à eux-mêmes, et portent leur croix tous les jours.

 

Tout y est magnifique et désirable à tous les titres; mais ce qui en rehausse le prix, c'est ce que je vais dire, supposé que je puisse l'expliquer par la parole. Les théologiens disent que, dans cette joie de la béatitude, joie que donne la vision de la beauté divine, il n'y a pas de succession, comme il n'y a pas succession dans cette nature parfaite et suprême. Pour elle tout ce qui a été est encore; tout ce qui est sera, et sans nul changement; ce qui sera a déjà été, et est toujours présent. Le propre de l'éternité, c'est qu'elle est tout entière simultanément ; c'est qu'en elle il n'y a rien d'antérieur , rien de postérieur. La gloire des saints, qui procède de la vision béatifique, reflète à sa manière cette grandeur, cette excellence de l'éternité ; la joie qu'elle procure est sans succession ; elle se perçoit tout entière simultanément, sans accroissement ni diminution; en sorte que la joie de toute l'éternité se ressent tout entière à chaque moment.

 

Si mon langage est obscur , je vais tâcher de l'édaircir par un exemple familier. Dans les festins d'apparat où l'on présente des mets recherchés, chaque mets a une propriété , une saveur particulière. Si le festin se prolonge, les plaisirs se succèdent à travers une variété infinie de ragoûts et de friandises. Supposez maintenant, quoique cela ne puisse avoir lieu en cette vie, que le premier mets du festin, ou plutôt que la première bouchée apporte avec elle tous les plaisirs, toutes les saveurs qui doivent être goûtées pendant tout le cours du banquet. Alors ce plaisir comprendra tous les autres, et en un seul point du temps il flattera le palais autant que tous les autres mets l'auraient flatté pendant toute la durée du festin.

 

A l'aide de cette similitude grossière, et indigne de la majesté de si grandes choses, on aura une idée telle quelle de la grandeur de la joie ressentie dans la contemplation du souverain bien. Là, nulle succession de joies, mais la joie de toute l'éternité est toujours présente , nous l'avons dit, à quelque moment que ce soit.

 

A cette occasion, saint Bernard admire la bonté de la Providence divine qui, donnant à ses élus à boire dans les larmes avec mesure, les fait cependant s'abreuver sans mesure, c'est-à-dire sans succession et à satiété, aux torrents de sa volupté. La peine est bue goutte à goutte, dit-il, elle passe facilement et peu à peu ; mais alors ce sera un torrent de volupté, et un torrent qui afflue et non qui s'éloigne. Au souvenir de cette volupté, le saint docteur était si transporté, qu'il s'écriait : « Combien de fois, dans ma prière, à la pensée de cette joie, ne suis-je pas remué jusqu'au fond des entrailles, et mon visage n'est-il pas inondé de larmes ! O si cela durait, etc. » Et comme sa joie se prolongeait par cette pieuse et dévote considération, voulant retenir un ressouvenir si doux, il ajoute : « Si je t'oublie, ô Jérusalem , que ma droite soit vouée à l'oubli ; que ma langue s'attache à mon palais, si jamais je perds ton souvenir. » Ps. cxxxv1, 5. Puis le saint docteur, impatient du retard, s'écrie : a Seigneur, quand déchirerez-vous mon ciliee, pour me revêtir d'un habit de joie ? » Ps. XXIX, 12.

 

 

 

Qui donc de nous, mes frères, sera assez insensible pour ne pas s'animer, s'enflammer à la pensée d'une telle gloire ? qui ne secouera pas l'engourdissement de l'esprit ? qui ne fera passer cette préoccupation avant toutes les autres de la vie ? qui ne voudrait mourir mille fois pour un tel bonheur ? Saint Augustin n'a pas tort quand il dit : S'il nous fallait chaque jour endurer des tortures, supporter les douleurs mêmes de la géhenne pendant des siècles, afin de pouvoir contempler Jésus-Christ dans sa gloire, et être associés au nombre de ses saints, devrait-on hésiter à subir tous les maux, pour participer à un si grand bien, à une telle gloire ? Mais le Seigneur, bon et miséricordieux, ne nous demande pas un si grand sacrifice ; tout ce qu'il exige, c'est que nous n'oublions pas que nous avons été créés pour cette immense gloire c'est que, nous détournant de biens fragiles et périssables , nous portions tous nos soucis, toutes nos préoccupations, toutes nos pensées vers ce souverain bien ; ayant toujours sous les yeux ces paroles de l'Apôtre, que nous n'avons pas ici de cité permanente, mais que nous cherchons celle où nous devons habiter un jour. hebr. XIII, 1-i.

 

 

 

Conduisons-nous donc , non en citoyens et en habitants de cette terre, mais en étrangers, en voyageurs , qui ont un autre but, et qui cherchent leur patrie.

 

Tel fut l'esprit, telle la disposition de ceux qui, par le droit chemin , sont arrivés à cette patrie. C'est ce que remarque l'Apôtre, en pesant les paroles du saint patriarche Jacob. Pharaon, devant qui il avait été amené en Egypte, lui ayant demandé son âge, Jacob, qui savait que cette vie est non une vie, mais une pérégrination, répondit : Il y a cent trente ans que je suis voyageur ; le temps de mes années a été court, et n'a pas égalé celui des années du voyage de mes pères. Gen. XLVII , 8. D'où l'Apôtre conclut que ces saints patriarches se regardaient comme des étrangers, des voyageurs sur cette terre. « Car des hommes qui parlent ainsi font bien voir qu'ils cherchent leur patrie. Certes, s'ils avaient pensé à cette patrie, d'où ils étaient sortis, c'est-à-dire à la Mésopotamie, lieu de leur origine, ils avaient le temps d'y retourner. Mais maintenant ils en veulent une meilleure, la céleste patrie; aussi Dieu ne rougit point d'eux, et il veut bien être appelé leur Dieu, parce qu'il leur a préparé une cité. » Hebr. x1, 15 et 16.

 

Non , Dieu ne rougit pas d'eux, et il veut bien être appelé le Dieu de ceux qui en cette vie n'ont eu d'autre travail que de lui être agréables en tout, et d'aspirer à son héritage.

 

Tels étaient les sentiments du royal Prophète ; quoiqu'au comble de la puissance , au milieu des trésors et des biens de la royauté, il s'écrie : « Seigneur, écoutez ma prière , prêtez l'oreille à mes cris ; ne vous rendez pas sourd à la voix de mes larmes. » Ps. XXXVIII, 13. Ne gardez pas le silence, c'est-à-dire ne cessez jamais de me prêter votre appui, de me porter secours. Pourquoi ? — « Parce que je suis devant vous comme un étranger, un voyageur, comme ont été tous mes pères. » Ibid. Etant donc pauvre, étant étranger, et comptant pour rien les biens fragiles et fugitifs de la terre, j'ai toujours besoin de votre assistance, qui peut enfin, après cette pérégrination, me conduire à la patrie désirée.

 

Saint Ambroise remarque la différence qui séparait les deux voleurs, crucifiés avec le Seigneur : l'un, pensant non à la vie future, mais à la vie présente, la demandait au Sauveur en ces termes : « Si vous êtes le Christ, sauvez-vous, et sauvez-nous; » l'autre, au contraire, méprisant cette vie, et portant sur l'autre toutes ses aspirations : « Seigneur, disait-il, souvenez-vous de moi, quand vous serez dans votre royaume. »

 

Il n'ignorait pas que celui qui pouvait donner l'éternelle vie, pouvait donner la vie du temps ; mais méprisant celle-ci comme fragile et fugitive, il ne s'inquiétait que de la vie immortelle.

 

Frères, si vous examinez bien, vous trouverez cette même différence entre les justes et les méchants. Car les méchants, repoussant loin d'eux tout souci de la vie céleste, rampent sur la terre à la manière des reptiles, ne pensant pas plus à la vie future, que s'ils n'étaient pas nés, formés, rachetés pour cette vie. En effet, « ils donnent leurs noms à leurs terres. » Ps. XXVIVIII, 12.


Mais les justes, marchant dans une voie opposée, ne cherchant dans le monde que ce que demande, non la convoitise, mais le besoin, et y vivant non comme dans une demeure, mais comme dans une hôtellerie, portent toutes leurs aspirations vers l'autre vie, où ils espèrent vivre toujours; ils soupirent après elle, impatients d'y arriver, et « brûlant du désir d'être revêtus de cette maison céleste. » II Cor. V, 2.

 

 

 

Faisons cela, mes frères; portons là tous nos désirs; et foulant aux pieds toutes les choses de la terre comme viles et éphémères, ne pensons, et le jour et la nuit, qu'à cet avenir éternel ; méditons-le, quand nous dormons, quand nous veillons, quand nous mangeons , quelque chose que nous fassions ; tâchons de l'obtenir du Seigneur à force de prières et de vœux. Croyons avoir vécu utilement et heureusement, quand, morts au monde et à toutes les choses du monde, nous aurons vécu pour ce seul soin. C'est à une telle vie qu'est réservée dans le ciel la vie immortelle. Daigne nous l'accorder Celui qui aujourd'hui a daigné en montrer l'image dans sa glorieuse transfiguration.

 

 

 

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Publié le 27 Février 2010

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Ste Bernadette, priez pour nous

http://www.eglise.catholique.fr/img/1-1204-541x9999-0/statue-de-la-vierge-grotte-de-lourdes.jpg

Magnificat anima mea Dominum !


10ème apparition : Samedi 27 février 1858

 Huit cents personnes sont présentes. L'Apparition est silencieuse. Bernadette boit l'eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.


 11ème apparition : Dimanche 28 février 1858

 Plus de mille personnes assistent à l'extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.

 

12ème apparition : Lundi 1er mars 1858

 Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.

 

 

13ème apparition : Mardi 2 mars 1858

 La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : "Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle." Bernadette en parle à l'abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame.

Il exige en plus une preuve: voir fleurir le rosier (ou églantier ) de la Grotte en plein hiver.

 

14ème apparition : Mercredi 3 mars 1858

 Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n'apparaît pas. Après l'école, elle entend l'invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : "Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte. "

 

15ème apparition : Jeudi 4 mars 1858

 La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant 20 jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n'en ressent plus l'irrésistible invitation.

 

 




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Publié le 26 Février 2010

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Publié le 26 Février 2010

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De même que les trafiquants étalent aux yeux des acheteurs une partie des marchandises qu'ils cherchent à vendre, et même leur donnent à goûter celles qui sont susceptibles d'être goûtées, afin que, séduits et par la vue et par le goût, ils n'hésitent pas à payer le prix demandé; de même le Maître des cieux, dont le royaume, l'éternelle félicité est à vendre, en donne d'abord à goûter quelque chose en cette vie à ses élus, afin qu'amorcés par ces délices, ils s'empressent de fournir le travail exigé pour acquérir le ciel.

 

C'est dans cette vue que le Seigneur montre aujourd'hui à ses disciples cette gloire dont l'ineffable suavité les portait au mépris du monde.

 

Aussi, dès que Pierre y eut goûté, oubliant tous les intérêts d'ici-bas, il s'écria hors de lui : Seigneur, il fait bon être ici, restons-y, établissons nous-y , jouissons toujours de la contemplation de votre visage, nous n'avons besoin de rien autre chose. Il n'avait dégusté, dit saint Augustin, qu'une goutte de ces douceurs, et il prenait en dégoût tout le reste. Non seulement il le prenait en dégoût, mais cette joie pénétrant par tous les pores de son âme et en prenant pleine possession, il était transporté hors de lui-même, enivré du vin céleste, et ne savait ce qu'il disait, quand il demandait à construire trois tentes sur la montagne.

 

Cette sainte ivresse, par l'effet de laquelle un homme, dans l'extase, se remplit de l'Esprit divin, est produite par un ardent amour et par la grandeur de la suavité divine. Par l'amour, dit le même Augustin , l'âme se détache du corps et s'en isole ; sentant Dieu, elle ne se sent pas elle-même. Cela arrive lorsque l'âme, séduite par les ineffables douceurs de Dieu, se dérobe à elle-même, s'élance hors d'elle-même, se transporte d'enthousiasme pour jouir de Dieu à satiété. Rien ne serait si doux, si ce n'était si fugitif. L'amour familiarise avec Dieu ; la familiarité donne la confiance ; la confiance, le goût ; le goût, la faim ; et Pierre, sentant cette faim, voulait séjourner toujours sur cette montagne où il savait que la céleste ambroisie qu'il avait goûtée pouvait satisfaire sa faim.

 

Ces douceurs avaient été goûtées par l'Epouse du Cantique, quand elle disait à ses jeunes compagnes : « Le roi m'a fait entrer dans ses celliers ; nous nous réjouirons en vous, nous souvenant que vos mamelles sont meilleures que le vin. » Cant. 1, 3.

 

Ces celliers ce sont les mets exquis, les délices de l'éternel banquet, où elle se glorifie d'avoir été introduite par le céleste Epoux, lorsqu'elle goûta comme les prémices de la félicité éternelle ; ce qui devait la lui faire rechercher avec ardeur au prix des fatigues et des combats. Aussi ajoute-t-elle : « Nous nous réjouirons en vous, nous souvenant que vos mamelles sont plus douces que le vin. » Ces mamelles sont les torrents de lait de la consolation divine, que le Seigneur, dans Isaïe, présente à ses enfants spirituels , quand il dit : « Afin que vous suciez de ses mamelles le lait de ses consolations, et que vous en soyez rassasiés. » Isa. Lxvi ,11.

 

De même que le nouveau-né se repose tout entier sur les mamelles de sa mère , où il trouve sa nourriture, sa consolation et son refuge ; de même, l'âme fidèle a toutes ses consolations, tous ses trésors dans ces mamelles divines.

 

Quand l'Ecriture les qualifie de plus douces que le vin, elle donne à entendre que toute consolation, toute joie humaine, n'est nullement à comparer avec cette joie spirituelle.

 

Quand toutes les consolations de ce monde, dit Henri Herpius, seraient réunies ensemble, elles seraient loin d'égaler cette joie de l'esprit. Car quelle joie du monde est comparable à celle dont sç glorifie la même Epouse du Cantique, lorsqu'elle dit : « Sa gauche est sous ma tête, et sa droite m'embrasse? » Laeva ejus sub capite meo, et dextera illius amplexabitur me. Cant. vm, 3.

 

Le Seigneur met donc sa main gauche, comme un doux oreiller, sous l'âme aimante, afin qu'elle repose et dorme en paix sous sa tutelle. Bien plus, il se charge lui-même de veiller à ce qu'elle ne soit pas tirée de ce sommeil salutaire. Car il adjure toutes les créatures de ne pas oser troubler ce sommeil spirituel, où elle repose en Dieu seul, libre et dégagée de tous les soucis de cette vie mortelle.

 

Ici saint Bernard, qui connaissait ce sommeil et ces délices, s'écrie : « Quoi de plus doux, de plus suave que ces paroles ? Je ne me possède pas de joie, de voir cette majesté descendre à nous dans un si doux commerce, s'unir par des liens si étroits avec une âme exilée, et lui donner les preuves d'un si ardent amour. »

 

Que sera-ce donc dans le ciel? Quelquefois, telle est la force, tel le débordement de cette dilection, de cette douceur divine, que notre frêle corps, où afflue ^impétuosité de ce fleuve, peut à peine en supporter le choc. Aussi saint Ephrem, enivré et presque accablé de cette affluence de délices, s'écriait : «Seigneur, modérez les ondes de votre grâce; » et encore : « Seigneur, éloignez-vous de moi, parce que je ne puis porter l'intensité de votre douceur. »

 

Cela étant, faut-il croire que ces délices manquent à l'homme, ou l'homme à ces délices? Il n'y a qu'un vase frêle, qui ne puisse contenir le vin en fermentation. D'ailleurs, c'est non l'huile, mais les vases qui manquèrent à la veuve, dont Elisée secourut la pauvreté. IV Reg. 1v, 6. Si les vases n'avaient pas manqué, l'huile n'aurait jamais cessé de couler. Largesse, douceur admirable de notre Dieu, qui confère non pas seulement ce que peut porter la fragilité humaine, mais plus qu'elle ne peut porter ! De là ces mots de l'Apôtre : « Je suis rempli de consolation, dit-il, je surabonde de joie au milieu de toutes nos tribulations. » II Cor. v11 4. Quelle ne devait donc pas être, dans le repos et dans la paix, une joie qui surabondait même au milieu des afflictions !

 

On objectera peut-être : — Si telle est la force de cette douceur, d'où vient que nous, qui sommes fidèles, qui vénérons le glorieux nom de Jésus-Christ, qui de bouche et de cœur avons un commerce fréquent avec Dieu, nous n'avons jamais éprouvé aucune de ces jouissances?

 

Saint Augustin répond, — en appelant Notre-Seigneur l'aliment favori d'une âme purifiée ; aliment qui n'est agréable qu'à ceux qui ont le palais de l'âme purifié non-seulement des vices, mais encore des soins et des plaisirs de la terre. Aussi, où nous lisons : « J'attendrai mon salut de la force de votre nom, parce qu'il est la bonté même aux yeux de vos saints, » Ps. Li, 11, saint Augustin lit : « Parce qu'il est agréable aux yeux de vos saints. » Et en partant de ces paroles il montre en ces termes que cette douceur céleste est connue des justes et des saints : « Vous me dites que ce nom est agréable : donnez-moi un palais qui le trouve tel. Louez le miel autant que vous pouvez, et exagérez-en la douceur par toutes les expressions possibles : l'homme qui ne sait ce que c'est que le miel, ne vous comprend pas, tant qu'il ne l'a pas goûté. Aussi le psalmiste, faisant appel à l'expérience, dit-il : « Goûtez, et voyez combien est doux le Seigneur. » Ps. xxx111, 9. Goûtez, et voyez; quand vous aurez goûté, vous verrez.

 

Le Prophète sentant la douceur du nom de Dieu, voulant l'expliquer, et ne sachant à qui ( car aux saints il n'est pas besoin de l'expliquer, puisqu'ils la goûtent et la connaissent; quant aux impies, ils ne peuvent la sentir, puisqu'ils ne veulent pas la goûter), que va-t-il dire de la douceur du nom de Dieu? Il se détourne aussitôt de la foule des impies, et dit : « J'attendrai mon salut de la force de votre nom, parce qu'il est agréable aux yeux de vos saints. » Votre nom est agréable, mais non aux yeux des impies. Je sais combien il est doux, mais il l'est seulement pour ceux qui l'ont goûté. » De ces paroles de saint Augustin on peut conclure quel est le charme de cette douceur divine, et quels sont ceux qui la connaissent .

 

Je veux cependant faire un pas de plus, et répondre à ceux qui, parce qu'ils sont loin de cette pureté, de cette perfection des saints, s'imaginent qu'ils seront toujours sevrés de ce lait divin.

 

Nous les avertissons donc de renoncer à leurs vices, et de se tourner tout entiers vers le Seigneur par une vraie pénitence, opportune en ce saint temps, parce qu'eux aussi, comme nouveau-nés en Jésus-Christ, peuvent avoir part aux mamelles de la consolation divine. La divine Sagesse n'appelle-t-elle pas à elle tous les hommes par sa promesse? Car, après avoir dit : « Enfants, jusqu'à quand aimerez-vous l'enfance, jusqu'à quand, inconsidérés, désirerez-vous ce qui vous est funeste, et repousserez-vous la science?» elle ajoute: "Convertissez-vous, rendez-vous à mes remontrances; je répandrai sur vous mon Esprit, et vous ferai entendre ma voix. » Prov. 1, 22 et 23. La grandeur de cette suavité spirituelle nous est indiquée par un autre passage de l'Ecriture, où la même Sagesse nous crie : « Mon Esprit est plus doux que le miel, et mon héritage surpasse en douceur tout ce qu'il y a de plus parfumé. » Eccli. xxiv, 27.

 

A ces petits, que le Seigneur veut sevrer du lait des délices mondaines, il promet cet Esprit plus doux que le nectar le plus exquis. Les vrais pénitents ne sont donc pas exclus de ces douceurs. Car si les parfaits nagent dans l'affluence de ces pures voluptés, les petits trouvent aussi de merveilleuses jouissances dans' des biens qui leur sont nouveaux et inconnus. Ainsi le villageois qui est resté toute sa vie caché dans sa misérable chaumière, dès qu'il arrive dans la splendide cité de Venise, est saisi de stupeur et d'admiration, quand il aperçoit l'ensemble de la ville, et tant de magnifiques édifices, sortant du milieu de la mer : . merveilles qui cessent d'être des merveilles pour les habitants, accoutumés à ce spectacle. Oui, elles sont bien désirables les délices que goûtent ceux qui, sortis des épaisses ténèbres de l'Egypte, commencent à contempler de nouveaux cieux, de nouveaux horizons, une lumière nouvelle, des trésors nouveaux, et des voluptés qu'ils ignoraient. Nous lisons de saint Bernard, qu'au commencement de sa conversion, ébloui par la lumière nouvelle et par la contemplation des choses célestes, il perdit presque tout sentiment. Puissent, mes frères, vos cœurs s'embraser du saint désir d'accomplir ce qu'une tendre mère, l'Eglise, exige de vous en ce temps, où elle vous presse de vous convertir à Dieu de tout votre cœur par une vraie pénitence !

 

 

 

Nul doute que chacun de vous, après les pieux gémissements d'un cœur contrit, après des larmes amères, prévenu par les bénédictions du Seigneur, ne s'écriât avec le Prophète : « Combien est grande, Seigneur, cette bonté que vous tenez en réserve pour ceux qui vous craignent ! » Ps. xxx, 20.

 

LOUIS de GRENADE.

 







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Publié le 26 Février 2010

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