2 Novembre: homélie dom Jean Pateau père abbé de Fontgombault

Publié le 8 Novembre 2023

 

 

 

"Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur. Notre prière se résume à implorer cette grâce : mourir dans le Seigneur. La mort pour le chrétien n’est donc pas un instant solitaire. Elle est appelée à être vécue avec Jésus, en communion avec lui.

Elle doit se vivre aussi avec Marie, Notre-Dame du bien mourir, celle que nous invitons si souvent à prier pour nous « maintenant et à l’heure de notre mort. »

Enfin, c’est toute la cour céleste, en particulier notre Ange gardien, notre saint patron, ceux que nous connaissons et qui nous ont précédés qui intercèdent pour nous.

Mais la mort n’est pas que l’affaire des puissances célestes. Nos proches, selon les dispositions de la Providence, sont appelés à nous assister, fortifiant notre espérance qui parfois peut défaillir jusqu’aux portes de la mort, ce moment où terre et ciel sont si proches. Au delà de la souffrance de la séparation, il leur revient d’abandonner, de remettre à l’infinie miséricorde de Dieu celui ou celle qu’ils ont reçu, il y a parfois bien longtemps, à titre d’époux, d’épouse, de père, de mère, de frère, d’ami.

Comme l’affirmait le Père Sertillanges :

La famille ne se détruit pas; elle se transporte.- Une part d'elle va dans l'invisible... Fidèles, nous ne laissons pas de places vides ; l'amour et l'espérance les occupent, et, par eux, nos aimés sont là. On croit que la mort est une absence, quand elle est une présence secrète. On croit qu'elle crée une infinie distance, alors qu'elle supprime toute distance en ramenant à l'esprit ce qui se localisait dans la chair. (Nos disparus, p.10)

L’instant de la mort, porte de la vie, de la vraie et définitive vie en Dieu, est un instant sacré. Il se prépare. Il se cultive, et cette culture se fait durant le temps de la vie. Mort et vie sont intime- ment liées. Si la mort perd son sens, alors la vie perd aussi le sien. Il n’est pas difficile de comprendre alors pourquoi l’Église a choisi des passages du discours sur le Pain de vie comme évangiles de la deuxième et de la troisième Messes de ce jour :

Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. (Jn 6,39-40)

Cette volonté du Père passe à travers le don qu’il fait de chacun de nous au Fils. « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour, » affirme Jésus. (v.44) Et cette union avec le Christ se nourrit et s’accomplit dans la communion :

Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. (Jn 6,53-54)

Évoquer la mort des chrétiens en Dieu ne doit pas nous faire oublier la volonté de Dieu que tous les hommes soient sauvés. (cf. 1 Tm 2,4) Le monde, de plus en plus étranger au sens chrétien de la mort, considère celle-ci  comme un point final, conclusion d’une existence qui allait s’épuisant, d’une existence qui semble ne servir à rien. A la miséricorde de Dieu, on substitue une pseudo-miséricorde à la mode du monde, la grâce supposée d’une mort heureuse assurée par l’euthanasie.

L’Église accompagne le mourant. Le monde le regarde mourir, quand il ne lui procure pas la mort.

Que dire aussi de l’avortement, alors que notre pays semble se préparer à introduire dans sa constitution un droit à l’avortement ? Lourde responsabilité pour les législateurs, qui abandonnent les plus faibles en attribuant « à la liberté humaine un sens pervers et injuste, celui d'un pouvoir absolu sur les autres et contre les autres. » ( Jean Paul II, Evangelium vitae, n°20).

Que peut faire l’Église ? Elle pleure et elle prie. Elle confie à la miséricorde de Dieu les victimes de la « culture de mort » qui enserre toujours plus le monde, afin que Dieu leur offre au plus vite le Ciel. Elle prie aussi pour la conversion et le salut de tant d’hommes et de femmes qui font le mal en tuant leur prochain.

 

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #homélies

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article