11 Octobre 2013 - maternité de la ste Vierge. Wisques.

Publié le 12 Octobre 2013

 

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MATERNITÉ DE MARIE

Homélie prononcée

par le Très Révérend Père Dom Jean Pateau,

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault,

Administrateur de Saint-Paul de Wisques (Saint-Paul de Wisques, le 11 octobre 2013)

 

 

Chers Frères et Sœurs, mes très chers Fils,

 

 

Le Père Lubrez, dernier abbé de Saint-Paul de Wisques, écrivait : « Avec Dieu, c’est quand tout semble perdu que tout recommence. » Savait-il que ses paroles étaient prophétiques et que, pour ce monastère qu'il avait aimé et pour qui il s'était dépensé jusqu'à y laisser sa santé, elles allaient devenir réalité un peu plus de quatre ans après sa mort ?


La chronique de Saint-Paul de Wisques aux premiers temps de l'implantation du monastère en Audomarois se demandait : « Pourquoi Dieu a-t-il choisi de préférence ce pays à d'autres centres monastiques éteints, pour ressusciter la vie bénédictine ? Sans doute, c'est à cause de la fidélité des moines de Saint-Bertin. »


Depuis longtemps des moines ont vécu en ces lieux. Audomarus (Audomar) ou encore Omer, moine de Luxeuil, né près de Coutances, évêque de Thérouanne vers 630, qui donna son nom à la ville toute proche ; Bertin, compagnon d'Audomar, qui travailla à la fondation de l'abbaye qui a pris son nom, jusqu'à nos frères, que nous connaissons, que vous connaissez, et qui ont donné à cette abbaye de vivre jusqu'à aujourd'hui.

Ils sont toujours proches de nous et intercèdent pour nous, tous ces saints moines qui, durant des siècles, ont chanté en cette contrée les louanges de Dieu et qui aujourd'hui les chantent éternellement devant Dieu.

 


Nous, fils de saint Benoît, nous ne prétendons à rien, si ce n'est à poursuivre humblement et à notre pauvre mesure la quête de Dieu qui est la raison d'être de la vie du moine. Saint Théodore Studite, abbé d'un grand monastère de Constantinople au 9e siècle, disait : « Est moine celui qui dirige son regard vers Dieu seul, qui s’élance en désir vers Dieu seul, qui est attaché à Dieu seul, qui prend le parti de servir Dieu seul, et qui, en possession de la paix avec Dieu, devient encore cause de paix pour les autres. »


Nous voulons être à l'école des saints et tout particulière- ment à l'école de leur Reine, Marie. En la fête de sa Maternité, nous nous mettons sous sa particulière et maternelle protection.

« Ecce Virgo concipiet, Voici que la Vierge concevra. » (Is 7,14 ; Introït de la Messe) Avec Dieu, ce qui semble voué à demeurer stérile est fécond. La fécondité d'une authentique vie monastique participe de la pureté et de la fécondité de Marie. Marie reçoit la visite de l'ange. Elle ne lui dit qu'un mot : Fiat, mais elle le lui dit en vérité. Et le Verbe se fait chair en son sein. Le jeune qui ressent en son cœur l'appel du Seigneur à une vie entièrement consacrée à lui, comme le moine présent depuis de longues années au cloître, devient fécond, par son Fiat, d'une fécondité toute spirituelle mais pas moins réelle, pour le bien de ses frères du monde.


Dieu a voulu s'incarner dans le sein de Marie, et pour cela, Dieu a voulu que Marie lui dise ''OUI''. La leçon est forte, elle vaut aussi pour tout homme. Le ''NON'' à Dieu rend stérile, le ''OUI'' rend fécond.

Devenir Mère de Dieu est quelque chose de fou. N'est-ce pas un peu fou de reprendre un monastère alors que la vie religieuse souffre en général de grandes difficultés et que les vocations se font rares ? N'est-ce pas un peu fou de quitter la vie réglée d'un grand monastère pour les incertitudes d'une petite communauté ?


N'y aurait-il pas, dans l'invitation à venir à Wisques, un discret appel lancé à notre foi, appel qui arrive précisément en cette année de la foi ? Celui qui manque de foi calcule, pèse les chances de réussite, s'épuise, pour finalement ne rien faire. Celui qui a la foi avance, avance dans la lumière de l'Esprit, de cet Esprit qui couvrait Marie. Il avance aussi dans l'espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5,5) et dans la charité qui dilate le cœur.

 


Cheminer dans la foi n'est certes pas facile. L’Évangile d'aujourd'hui montre comment Marie et Joseph durent grandir au contact de Jésus. Jésus n'était pas un enfant turbulent. Pourtant il fait une fugue en demeurant à Jérusalem alors que ses parents ont pris le chemin du retour vers Nazareth après avoir assisté à la fête de la Pâque. Ses parents, inquiets de sa disparition, le cherchent et le retrouvent au temple après trois jours. Que de soucis donne aux parents et aux éducateurs l’insouciance des enfants ! La réponse de Jésus est lumineuse : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » (Lc 2, 49)

 


Aujourd'hui Jésus nous adresse la même parole. Nous pouvons être inquiets, tourmentés : les infidélités du passé, l'avenir incertain tant au plan personnel qu'au plan communautaire ou familial, les doutes dans notre foi... Comme Marie et Joseph, nous cherchons. « Jésus, que nous avez-vous fait ? Où êtes-vous désormais ? Nous vous cherchons angoissés. »

La réponse de Jésus est simple : « Pourquoi me cherchez- vous ? Ne savez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père » ou encore « aux affaires de mon Père ? »


Marie et Joseph trouvent Jésus quand ils arrivent dans la maison du Père. C'est une indication : être aux affaires du Père, être dans la maison de Dieu, c'est être certain d'y trouver Jésus. N'est-ce pas là le chemin proposé à tout homme ? N'est-ce pas particulièrement et de façon radicale la voie que saint Benoît propose au moine, la voie de l'Opus Dei, la voie de l’Oeuvre de Dieu ?.


Alors qu'occasion est donnée à chacun d'entre nous, moines de Wisques, moines de Fontgombault, amis de ces deux communautés, d'un re-départ, d'une re-conversion, il est urgent de choisir de nous livrer aux affaires de Dieu et d'entrer ainsi dans la fécondité de la mission.

Par une vie conforme à la vocation que nous avons choisie et aux engagements qu'un jour nous avons pris, par la fidélité de l'instant présent qui nous fait dire 'OUI' à Dieu, nous trouvons Jésus.

« Scio cui credidi, Je sais en qui j'ai mis ma confiance » (2Tm 1,12)c'est la devise de Saint-Paul de Wisques... Pouvons- nous dire en vérité les paroles de l'apôtre des gentils ? Dieu ne nous abandonnera pas.

 

« Avec Dieu, c’est quand tout semble perdu que tout recommence. »

Rédigé par dom Jean Pateau OSB

Publié dans #spiritualité

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