Publié le 10 Novembre 2012

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Tandis que l'âge et les moindres accidents troublent nos plus chères amitiés, l'amour de Dieu par Jésus-Christ s'alimente de tous nos malheurs et de toutes nos faiblesses.

 

On peut le perdre au sortir de l'enfance, parce qu'on ne l'a conçu que par autrui, sur les genoux de sa mère; mais, lorsqu'une fois il nous est devenu propre, le fruit de notre expérience et de notre virilité, rien n'en ébranle plus en nous les chaudes certitudes.

 

Il remplace ce qui s'y amoindrit et s'y décolore chaque jour. Il habite dans nos ruines pour les soutenir, dans nos abandons pour les consoler, et, lorsque enfin nous touchons aux sommets blanchis de la vie, dans la région des glaces qui ne se fondent plus, il est notre dernière chaleur et notre suprême aspiration.

 

Nos yeux ne peuvent plus voir, mais ils peuvent encore pleurer, et ces larmes sont pour le Dieu qui en versa lui même sur nous.

 

 

 

Lacordaire .

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Publié le 10 Novembre 2012

 

 

 

Le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels

 

- Dans quelques mois un projet de loi sera déposé pour autoriser le mariage des personnes homosexuelles et l'adoption d'enfants par des couples de même sexe. J'aimerais vous livrer, comme pasteur du diocèse de Tarbes et Lourdes, quelques réflexions à ce sujet.

 

Avouons tout d'abord que les réalités dont nous sommes les plus certains sont les plus difficiles à justifier. Elles sont tellement évidentes qu'on n'a jamais pris le temps d'y réfléchir. Qu'un mariage concerne un homme et une femme, que des enfants aient besoin d'un père et d'une mère pour être éduqués nous semble tellement naturel qu'on peine à trouver des arguments pour les expliquer. Ce projet de loi est donc une occasion, pour l'Eglise et pour la société, d'aller plus loin et d'approfondir nos connaissances et nos convictions sur le mariage.

 

Une absence de débat

 

Or, sur cette question, il me semble qu'en France le débat n'a pas lieu. Toute prise de parole qui met en doute la légitimité du mariage entre personnes de même sexe est considérée comme une marque d'homophobie. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi la discussion, lorsqu'elle commence, s'oriente-t-elle immédiatement sur les convictions homophobes ou homophiles des interlocuteurs ? Comme si ceux qui ne soutiennent pas ouvertement les comportements homosexuels n'avaient plus droit à la parole. Avons-nous donc perdu à ce point le sens de la délibération, du dialogue, de la confrontation pour que soit suspectée la possibilité même de chercher ce qui nous semble juste, bon, porteur d'avenir pour les individus et pour la société ? Il serait à l'honneur de notre démocratie qu'il puisse y avoir un véritable débat - et un débat public - sur ces questions.

 

Dans les conversations qui ont lieu actuellement dans les familles, entre amis ou entre collègues sur le sujet, un argument vient très vite suspendre la réflexion : certains connaissent des couples homosexuels et s'entendent bien avec eux ; certains connaissent aussi des jeunes élevés par un couple homosexuel et qui assument très bien une telle éducation. Souvent la conversation tourne court après de tels témoignages. Disons-le dès maintenant : dans le débat qui nous occupe, la question n'est pas de s'interroger sur ce que nous éprouvons face aux personnes homosexuelles ; elles sont respectables et doivent être respectées quoi que nous pensions de l'homosexualité. De ce point de vue un progrès a été fait au cours de ces dernières années pour faire cesser des attitudes et des paroles extrêmement blessantes à leur égard.

 

La question n'est pas non plus de nier que des enfants aient pu trouver leur équilibre personnel après avoir été élevés par des personnes de même sexe. On parle suffisamment du phénomène de résilience - c'est-à-dire de la capacité qu'a chacun à trouver son équilibre malgré les obstacles-pour comprendre que l'argument ne justifie pas à lui seul le vote d'une loi autorisant l'adoption des enfants par des personnes homosexuelles.

 

Ce n'est pas, par exemple, parce que des enfants ont été élevés par une mère seule, et qu'ils ont trouvé leur équilibre, qu'il faut recommander et institutionnaliser cette situation...

Tant que le débat se fera dans ces termes nous ne serons que dans les bons sentiments. On reproche parfois à l'Eglise son moralisme. Mais le sentimentalisme diffus dans lequel la question du « mariage pour tous » est traitée par bien des média ne fait pas honneur à la raison humaine : il ne suffit pas d'additionner des témoignages émouvants, souvent, d'ailleurs, en faveur exclusive des couples homosexuels, pour faire mûrir une réflexion en profondeur.

 

"Le mariage engage un homme et une femme qui s'aiment "

 

Il semble y avoir assez peu de travaux de juristes, de psychologues, d'éducateurs ou d'historiens sur la question du mariage des homosexuels et de l'adoption d'enfants par des couples de même sexe. Des professionnels sans parti pris parleront-ils ? En ont-ils même la liberté ? Accepteront-ils aussi de parler et d'écrire dans des revues scientifiques, même s'ils vont à contre-courant du discours médiatique ? Y aura-t-il une place faite pour des témoignages contradictoires ou la parole ne sera-t-elle donnée qu'à ceux qui militent pour ce projet de loi ?

 

Et dans nos familles ?

 

Pour certains d'entre vous ces questions doivent sembler bien théoriques. D'autres estiment peut-être qu'elles ne les concernent pas. Après tout, pensez-vous, si des personnes homosexuelles veulent se marier ou avoir des enfants, pourquoi devrait-on le leur interdire ? Ces questions sont en effet théoriques jusqu'au jour où votre fils, votre petite-fille, votre frère ou une de vos amies vous révélera qu'il (ou elle) va vivre avec une personne de même sexe. On se rend compte alors que la décision est prise ; chacun essaye alors d'ajuster son comportement comme il le peut. On accueille le couple pour un repas, pour une fête, ou pour des vacances. Mais souvent, quel malaise ! On ne sait pas quoi dire aux enfants ou aux jeunes de nos familles présents à cet événement. Soit on se tait en pensant que la tolérance justifie son silence. Soit on tente de se lancer dans des explications mais elles sont souvent confuses et insatisfaisantes. C'est précisément pour cela que je vous écris. Pour que nous osions faire face à ce malaise et à cette confusion.

 

Quelle est la question posée par le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les personnes homosexuelles ?

 

C'est celle du mariage et de la famille qui, lorsqu'ils constituent un foyer aimant, sont des fondements de notre vie sociale.

 

Le mariage comme réalité sociale

 

Le mariage engage un homme et une femme qui s'aiment. C'est-à-dire deux personnes possédant la même humanité, deux personnes totalement égales en dignité, mais dissemblables parce qu'elles sont de sexe différent. Chacune a sa manière de vivre son humanité : un homme ne pourra jamais comprendre totalement ce qu'est la féminité. Une femme ne pourra jamais saisir parfaitement la version masculine de l'humanité. Ce qui fonde notre vie sociale, c'est l'acceptation de ne pas pouvoir être l'humanité à soi tout seul ; c'est l'acceptation de cette différence sexuelle fondamentale qui fait que je ne peux prétendre me suffire à moi-même. Comme homme, j'ai besoin de la femme ; comme femme, j'ai besoin de l'homme. Il y aura toujours une part de mystère de l'humanité qui me sera inaccessible sauf si j'accepte de le recevoir du sexe opposé au mien.

 

Le consentement à cette différence sexuelle incontournable - chacun de nous naît homme ou femme et il naît aussi d'un homme et d'une femme - fonde le consentement à toutes les différences auxquelles je suis confronté dans mon existence. Accepterai-je ou non celui qui est différent de moi ? Parce qu'il vient d'une autre culture, parce qu'il est moins riche, parce qu'il est d'un tempérament plus vif, parce qu'il est plus doué ?... Cette différence sera-t-elle pour moi un enrichissement ou la vivrai-je comme une remise en cause insupportable de ce que je suis ?

 

Le mariage, dans lequel s'exprime un amour vivant et libre, est l'ouverture de l'homme et de la femme à ce monde-là. A un monde où j'accepte de ne pas être une totalité à moi tout seul pour construire, avec une personne de sexe différent, une société plurielle.

 

L'éducation des enfants dans la différence sexuelle

 

De ce mariage naissent des enfants. Pour qu'un enfant vienne au monde, il faut un homme et une femme. La fécondité biologique repose sur l'altérité sexuelle. La technologie actuelle peut évidemment cacher cette réalité, en inséminant une femme seule par exemple ; mais elle ne pourra jamais la contredire. Et si un enfant naît d'un homme et d'une femme, c'est parce qu'il a besoin de son père et de sa mère - un père et une mère qui s'aiment - pour s'ouvrir à cette différence sexuelle radicale, la comprendre et l'assumer. La famille est un lieu d'éducation à la vie sociale : on y vit avec des personnes de sexes différents, d'âges différents, de caractères différents. On y apprend à cohabiter, à faire ensemble des projets, à dialoguer, à se pardonner, à se connaître et à prendre soin de l'autre. Tout cela se fait dans le climat d'une différence sexuelle acceptée et vécue par le couple parental.

 

C'est pourquoi le mariage et la famille sont fondateurs pour notre vie en société. Parce que la famille a pour tâche d'éduquer au vivre ensemble ; et qu'elle repose sur un lien conjugal qui est un véritable projet social. En effet, le mariage n'est pas seulement la reconnaissance publique d'un sentiment de tendresse qui unit les époux : il est un engagement dans la durée à fonder un foyer et à élever des enfants pour construire, avec d'autres familles, la communauté politique à laquelle on appartient. Une société n'a d'avenir que si des familles stables regardent au-delà d'elles-mêmes, prennent leurs responsabilités dans la construction du monde, assurent le renouvellement des générations et éduquent à la vie sociale.

 

Le rôle de l'Etat

 

La famille est donc la première communauté dans laquelle l'individu est inclus de manière naturelle, c'est à dire sans qu'il le cherche : la personne humaine appartient de fait à une famille. C'est pourquoi la personne humaine et la famille ne tirent pas leur identité et leur légitimité de l'Etat. L'Etat est postérieur au mariage et à la famille, comme il est postérieur à la personne humaine. Voilà pourquoi il n'appartient pas à l'Etat, me semble-t-il, de définir ce que doivent être le mariage et la famille. Au contraire, il est à leur service. Il peut, certes, donner des droits à des personnes désirant vivre ensemble. Mais le pouvoir politique ne peut toucher à ces réalités fondamentales que sont le mariage et la famille sans abuser gravement de ses prérogatives. Il a en effet pour fonction d'assurer le vivre ensemble, pas de définir ou de redéfinir les catégories les plus élémentaires de la personne et de la société.

 

"par son projet de loi, le pouvoir politique se propose de changer en profondeur la définition du mariage"

 

Or par son projet de loi, le pouvoir politique se propose de changer en profondeur la définition du mariage. Il le réduit à un pacte privé entre deux personnes qui s'aiment sans s'interroger sur ce que ce changement va induire à la fois pour le renouvellement des générations dans l'ordre social et pour l'accueil de la différence sexuelle dans l'ordre symbolique. Certes il faut qu'il y ait de l'amour. Et cet amour est indispensable pour éduquer des enfants. Les personnes homosexuelles qui demandent le mariage sont capables d'un amour profond, généreux, sincère. Mais il faut aussi, pour fonder une famille et contribuer à la vie sociale, accepter de se confronter à la réalité, celle de la différence entre l'homme et la femme.

 

Affirmer que l'interdiction actuelle du mariage pour les personnes homosexuelles est une injustice qui leur est faite est une échappatoire. Le mariage concerne un homme et une femme. Dans toutes les civilisations et au cours de toute l'histoire. Jamais une culture n'a proposé un mariage entre deux personnes de même sexe. Les personnes homosexuelles ne sont donc pas concernées par le mariage. Elles font le choix de vivre autre chose. Mais si l'on change la définition du mariage en prétendant qu'il concerne deux personnes indépendamment de leur sexe, alors on en fait une injustice. Mais jusqu'où ira-t-on ?

 

Certains réclament déjà un mariage à plusieurs. Sur quel critère va reposer la nouvelle définition du mariage? Apparemment sur l'arbitraire du pouvoir politique. C'est cela qui est grave. L'Etat doit-il donner une reconnaissance institutionnelle à toutes les formes d'association, à toutes les formes de vie commune ?

 

La question de l'adoption

 

Une autre dérive me semble dangereuse dans ce projet de loi : c'est l'idée que l'on semble se faire de l'adoption. L'adoption a été rendue possible pour venir en aide à des enfants privés de leurs parents. On leur donnait ainsi une famille pour qu'ils puissent y trouver une affection, une éducation, un confort bien supérieurs à ce qu'ils pourraient trouver dans un orphelinat, par exemple, ou en étant laissés à eux-mêmes dans la rue. Beaucoup de couples ont ainsi accueilli un ou plusieurs enfants en plus des leurs. Certes, des couples atteints par la stérilité ont trouvé là un moyen de fonder une famille, ce qu'ils n'auraient pas pu faire autrement. Disponibles, généreux, désireux d'éduquer des enfants, ils se sont ouverts à l'adoption pour faire face à une situation imprévue, inattendue. Dans le projet de loi qui sera proposé, l'adoption ne sera plus d'abord un moyen d'aider des enfants mais une manière d'institutionnaliser un droit à l'enfant, ce qui est radicalement différent. Et contraire au respect de la personne qui n'est jamais un moyen pour satisfaire un désir, aussi fort soit-il.

 

Par ailleurs, comment organisera-t-on alors la répartition des enfants en attente de famille ? Quels seront les enfants qui auront droit à des parents de sexe différents et quels seront ceux qui seront confiés à un couple homosexuel ? Quelle justice peut-on garantir à ces enfants adoptés ?

 

L'homosexualité ne définit pas une identité

 

L'homosexualité ne constitue pas une identité ; on ne définit pas quelqu'un par ses désirs sexuels. On est homme ou femme et la société ne peut fonctionner que dans la reconnaissance de cette altérité et dans l'acceptation par chacun de son être sexué. A travers la « théorie du genre », on enseigne aujourd'hui aux jeunes de nos collèges et de nos lycées qu'ils sont déterminés dès leur naissance par une orientation sexuelle ; il serait utile de leur dire que l'attrait souvent passager pour quelqu'un du même sexe à l'adolescence - attrait qui va parfois jusqu'à une expérience sexuelle - ne constitue pas une orientation sexuelle et encore moins une identité. Prétendre le contraire c'est les tromper et les désespérer. La tâche des parents et des éducateurs n'est pas d'enfermer les jeunes mais de les rendre à eux-mêmes en leur faisant découvrir leur vocation, une vocation à bâtir le monde présent avec leurs richesses, leurs talents, leurs compétences personnelles.

 

Le projet de loi est-il un progrès ?

 

On dit que ceux qui sont opposés au projet de loi sur le mariage des personnes du même sexe vont contre le progrès. Toute la question est là : s'agit-il d'un progrès ou d'une régression ? Ce n'est pas parce qu'un projet est nouveau qu'il constitue forcément un progrès. Débattre, réfléchir, rechercher ensemble, c'est précisément s'interroger pour savoir si une idée nouvelle est une mode passagère ou un véritable pas en avant pour la personne et pour la société.

 

Ce débat aura-t-il lieu ?

 

Un évêque n'est pas un homme politique et c'est très bien ainsi. Mais il doit assumer les responsabilités qui lui ont été confiées. Et, dans la société actuelle, il peut contribuer à la réflexion surtout quand les enjeux sont aussi importants. N'ayons pas peur de parler et de chercher ensemble ce qui est vrai et juste pour chacun de nous et pour notre société.

 

Le 1er octobre 2012

 

+ Nicolas Brouwet

Evêque de Tarbes et Lourdes

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Publié le 9 Novembre 2012

noel

 

 

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Noël:  la nostalgie de Celui sans lequel tout reste en suspens et sans réponse,

 

 

Et le Verbe s'est fait chair

et il a demeuré parmi nous,

et nous avons vu sa gloire,

gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique,

plein de grâce et de vérité.

 

 

Que ces paroles ne nous décourage pas.

Si le mystère qu'elles évoquent dépasse l'entendement, la leçon qu'elles renferment est à la portée de tout homme qui a réfléchi si peu que ce soit sur le sens de sa destinée.

 

Il suffit, pour les recevoir, de n'avoir pas déclaré forfait devant le problème des problèmes.

 

Ceux qui ont renoncé à rien comprendre à la vie que ses frémissements à la surface, et qui vivent hors de la foi, connaissent ce vertige et bientôt ce désespoir de savoir qu'il y a déjà quelque chose, qu'il y a quelqu'un au-delà des apparences, et de ne pas l'avoir, et de ne pas l'atteindre.

 

Le mieux serait encore de se souvenir de ce sentiment désespérant, parfois, dans certains rêves, quand on fait tous les gestes pour fuir ou pour atteindre, sans avancer ni saisir. Au paroxysme de cette intolérable sensation, on se réveille:" Oh! j'ai eu un cauchemar."

 

Mais dans la vie réelle ce tourment n'a pas d'issue.

 

Il y a toujours cette espèce de château inaccessible, où réside un Maître mystérieux avec lequel certains privilégiés ont l'air d'entretenir des rapports personnels. Ils relèvent d'un Bureau et d'une Administration supérieure, dont ils ne discutent pas les ordres et dont ils attendent tout. Ils emploient, entre eux, des mots conventionnels qui semblent avoir un autre contenu que celui que leur attribue le dictionnaire - grâce, mérite, salut, etc... -

mais soi-même on n'est pas, et l'on ne sera jamais admis.

 

Pourquoi? Pourquoi? Il n'y a plus qu'à s'installer, soit dans la révolte, soit dans le mépris, ou bien à conclure à l'absurdité fondamentale de l'aventure qui nous a été imposée.

 

Ceux qui donnent une expression tragique à cet échec de l'homme livré à ses seules ressources sont des esprits honnêtes, et il faut leur être reconnaissant pour tant de sincérité. On voudrait avoir le loisir et la faculté de leur laisser la parole.

 

Après eux, il serait bien facile de dire:" Et maintenant, Mesdames et Messieurs, vous savez ce que c'est que Noël, car Noël, c'est très exactement la réponse à ça: l'impuissance à faire le saut du fini à l'infini, la nostalgie de Celui sans lequel tout reste en suspens et sans réponse, le besoin d'un Dieu à notre portée, d'un Dieu sous la main, celui que le prophète Isaïe nomme l'Emmanuel.

 

Nous tenons la solution de l'énigme, non pas sous la forme de mots de professeur, ou d'une doctrine de plus, ou d'un mythe, mais sous les espèces fragiles d'un enfant qui est de la terre et qui est Dieu en personne.

 

Telle est la réponse inespérée, d'une simplicité élémentaire et d'une hardiesse déconcertante, à ce problème de quadrature, humainement insoluble.

 

L'apparition du premier homme, qui est seulement "image de Dieu" est un mystère moindre que la venue de l'Enfant de Béthléem, né de la Vierge Marie, et cependant Dieu lui-même.

 

La grandeur absolument unique du christianisme, qui le sépare de tous les systèmes proposant une solution aux aspirations religieuses de l'homme, ne vient pas des raffinements ou des exigences d'une morale supérieure: elle tient essentiellement à ce réalisme de la venue au monde de Dieu, non pas en visiteur condescendant et miséricordieux, mais en homme.

 

Avant d'être un corps de doctrine et un code moral, le christianisme est une personne, une Personne divine qui n'a pas emprunté ou fait semblant de prendre notre condition mais a réellement pris chair humaine avec autant et plus de vérité qu'une âme "prend" corps pour constituer un tel en particulier, vous par exemple.

 

Le terrestre et le divin ont trouvé un point de jonction, et tout homme qui viendra en ce monde n'aura d'autre passage pour prendre ses véritables dimensions et se réaliser.

 

C'est ainsi qu'un jour et dans un lieu précis le vieux tourment des hommes a trouvé sa réponse, et le monde s'est ouvert.

 

 


révérend Père Lelong OP

 

 

 

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Publié le 9 Novembre 2012

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Publié le 9 Novembre 2012

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1 - Dans le silence du matin,

ô Jésus, descends dans mon âme,

sois mon compagnon de chemin :

mon cœur ardemment te réclame.

N'es-tu donc pas le grand ami

dont le souvenir me réveille,

tandis que je dors à demi,

que mon esprit encor'sommeille.

 

2 - Comme à ton humble laboureur,

en mes mains remets la charrue,

guide mes pas, ô doux sauveur

dans la terre encore si nue.

Pour que mon soc creuse profond,

donne-moi ta force divine ;

pour que mon labeur soit fécond,

que ton regard vers moi s'incline.

 

3 - Si la fatigue me surprend :

par pitié, pour ma main qui tremble,

viens à moi, je suis ton enfant :

nous travaillerons mieux ensemble.

Jusqu'au soir, reste près de moi ;

puis, quand du repos viendra l'heure,

je m'endormirai près de toi,

et tu garderas ma demeure.

 

4 - Nous t'offrons notre volonté,

notre cœur, notre intelligence,

pour obtenir de mieux t'aimer.

et, pour un peu mieux te comprendre.

Reçois nos joies, notre bonheur,

les travaux de notre journée,

et les peines et les douleurs

que ta main nous aura données.

 

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Publié le 8 Novembre 2012

 

 

 

 

Les princes ayant édicté que les fils des vétérans devaient être enrôlés pour servir, son père, hostile à son heureuse conduite, le livra : il n’avait que quinze ans quand il fut arrêté, enchaîné, lié par les serments militaire.

Il se contentait simplement de la compagnie d’un seul esclave, et pourtant, renversant les rôles, il le servait, lui son maître, tant et si bien qu’en général c’était lui qui lui retirait ses chaussures, lui encore qui les nettoyait, qu’ils prenaient leurs repas ensemble, mais que c’était lui qui faisait le plus souvent le service à table.

 

 

 

Saint Martin partage son manteau

 

C’est ainsi qu’un jour il n’avait sur lui que ses armes et un simple manteau de soldat, au milieu d’un hiver qui sévissait plus rigoureusement que de coutume, à tel point que des gens succombaient à la violence du gel, il rencontre à la porte de la cité d’Amiens un pauvre nu : ce misérable avait beau supplier les passants d’avoir pitié de sa misère, ils passaient leur chemin. L’homme rempli de Dieu compris donc que ce pauvre lui était réservé, puisque les autres ne lui accordaient aucune pitié. Mais que faire ? Il n’avait rien que la chlamyde dont il était habillé : il avait en effet déjà sacrifié tout le reste pour une bonne œuvre semblable. Aussi, saisissant l’arme qu’il portait à la ceinture, il partage sa chlamyde en deux, en donne un morceau au pauvre et se rhabille avec le reste. Sur ces entrefaites, quelques-uns des assistants se mirent à rire, car on lui trouvait piètre allure avec son habit mutilé. Mais beaucoup, qui raisonnaient plus sainement, regrettèrent très profondément de n’avoir rien fait de tel, alors que justement, plus riches que lui, ils auraient pu habiller le pauvre sans se réduire eux mêmes à la nudité

 

 

 

Le Christ se manifeste à Saint Martin

 

Donc, la nuit suivante, quand il se fut abandonné au sommeil, il vit le Christ vêtu de la moitié de la chlamyde dont il avait couvert le pauvre. Il est invité à considérer très attentivement le Seigneur, et à reconnaître le vêtement qu’il avait donné. Puis il entend Jésus dire à la foule des anges qui se tiennent autour d’eux : "Martin qui n’est que catéchumène" m’a couvert de ce vêtement En vérité le Seigneur se souvenait de ses paroles, lui qui avait proclamé jadis : "Chaque fois que vous avez fait quelque chose pour l’un de ces tout-petits, c’est pour moi que vous le faites", quand il déclara avoir été vêtu en la personne de ce pauvre. Et pour confirmer son témoignage en faveur d’une si bonne œuvre, il daigna se faire voir dans le même habit que le pauvre avait reçu.

 

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Publié le 8 Novembre 2012

pas du pipo..  ( comme j'en connais..  !)  mais grand-popo !

 

 

 

 

  ma maison !

 

 

 

"je vous invite pour la fête de NONVITCHA le dimanche de pentecôte à grand-popo, une village paradisiaque avec sa plage, "

 

 


  et les vaccins ... !!!

 

moi c'est petit popo j'arrrrive ! 


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Publié le 6 Novembre 2012

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13 Novembre: Toussaint O.S.B

 

14 Novembre: les défunts de notre ordre.

 

 

 

 

 

Notre-Dame du Bien-Mourir, Mère de Jésus et notre Mère, c'est avec la simplicité des petits enfants que nous venons à vous pour vous confier nos derniers instants et notre mort.

 

Avec Jésus vous avez assisté saint Joseph, votre époux, lors de son trépas; au pied de la croix vous avez reçu le dernier soupir de notre Sauveur, votre divin Fils; désormais, nous en avons l'assurance, vous êtes auprès de chacun de vos enfants, avec la sollicitude de votre coeur maternel, pour lui faire franchir le seuil de la mort et l'introduire dans l'éternité.

 

 

Mais pour que nous puissions affronter dans la paix cette ultime épreuve, si rude à notre nature, soyez aussi pour nous Notre-Dame du Bien-Vivre.

Aidez-nous, nous vous en supplions, à demeurer fidèles, jour après jour, aux engagements de notre baptême, aux enseignements de la foi, à la pratique de la charité.

Pour y parvenir nous nous appuyons, avec la certitude de l'espérance qui ne déçoit pas, sur votre intercession toute puissante.

 

 

Notre-Dame du Bien-Mourir, recevez déjà notre action de grâce que nous vous redirons éternellement, et daignez continuer " à prier pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ".

 

Amen.

 

 

  prières demandées  pour la maman de Jean-baptiste.

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Publié le 5 Novembre 2012

Rédigé par philippe

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Publié le 4 Novembre 2012

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"  l'antidote de la déprime . " -

 

Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

 

Croire à l'amour (I Jn. 4,16), la formule de S. Jean peut-elle signifier qu'il s'agit de croire au bonheur ? Notre génération désabusée élude la question et préférerait la dévier vers cet énoncé : croire à l'amour, c'est croire au plaisir, croire au plaisir du moment présent et surtout ne pas se poser trop de questions. Dévier et éluder une telle question, ici, c'est grave. L'évangile de ce matin invite résolument à la regarder bien en face : croire au bonheur nous oriente vers la liste des béatitudes, qui nous fait croire à l'amour de Dieu venu jusqu'à nous en Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous. La page d'évangile de ce matin (Mt. 5,1-12) répond donc affirmativement, croire à l'amour, c'est croire au bonheur, tout en sachant que celui-ci est associé à la pauvreté, aux larmes, à une faim et à une soif qui taraudent plus que la faim matérielle ; pire ou mieux, le bonheur est en fin de compte associé à la persécution, le texte évangélique prenant alors un ton plus personnel, puisqu'il se met quasiment à nous tutoyer (Mt. 5,11s).

 

L'été dernier, le Saint Père abordait cette question du bonheur, élargissant le débat à partir des paradoxes du discours sur la montagne : Est-il permis d'être heureux quand le monde est rempli de mal, de souffrances, de ténèbres ? La réponse ne peut être que oui !

 

Car en disant non à la joie, nous ne rendons service à personne, nous ne faisons que rendre le monde plus obscur. Et celui qui ne s'aime pas, ne peut rien donner au prochain, il ne peut pas l'aider, il ne peut pas être messager de paix...

 

De plus nous savons par la foi que le monde est beau, que Dieu est beau et bon, qu'Il s'est fait homme pour habiter, souffrir et vivre avec nous et nous conduire au ciel... Oui, il est bon d'être une personne (Cf. 3 août 2012).

 

Certes les paradoxes du discours sur la montagne nous heurtent comme ils ont heurté voici près de 2000 ans ceux auxquels il s'adressait, les disciples en tout premier lieu. Probablement nous heurtent-ils davantage, car la croyance dans le progrès de l'humanité rend intolérable désormais ce qui menace l'existence telle que nous la ressentons. Le réflexe rationaliste moderne nous guette, s'opposant à la croyance en ce bonheur-là, bonheur dans l'au delà ; il s'oppose ainsi à la vertu d'espérance, récusée tout ensemble comme désincarnée et intéressée, morale d'usurier irresponsable du plaisir à cueillir sans se poser de questions. Déjà Bossuet ironisait ainsi : Avouons chrétiens que lorsque nous avons les biens de ce monde en abondance et la santé pour en jouir, nous ne demandons rien de plus, et nous nous estimons parfaitement heureux. Or vouloir s'établir ainsi ici-bas, c'est le vice le plus opposé à l'espérance du christianisme. S. Thomas d'Aquin dit avec précision des plaisirs sensibles devenus ainsi totalitaires qu'ils abrutissent et obscurcissent l'âme. L'amour de ces plaisirs fait que l'homme prend le dégoût des biens spirituels, et c'est en ce sens qu'il vient alors à désespérer (IIa-IIæ, Qu. 20, a.4, c.). Nous voyons cela sous nos yeux : un temps qui s'enivre dans un climat de fête bruyante cache en fait ainsi son cruel désespoir.

 

Le désespoir guette en effet celui qui rive son regard au plaisir immédiat, car ce plaisir pris comme norme ferme la porte des biens divins que nous a conquis l'incarnation rédemptrice.

 

Dieu a fait les choses temporelles pour que l'homme mûrissant en elles, donne son fruit d'immortalité, disait S. Irénée.

 

Le christianisme en effet croit au ciel, il y croit non pour fuir la terre, mais bien plutôt pour chercher Dieu, puis par surcroit rendre la terre à la fois moins ambiguë et plus habitable. Seule une société chrétienne peut diffuser alors un esprit social parfaitement équilibré ; face aux promesses illusoires des grands systèmes idéologiques, son ambition paraît modeste pour l'organisation du vivre ensemble, comme on dit de nos jours ; en revanche elle évite de grosses déceptions et surtout ces lendemains qui, loin de chanter, font plutôt pleurer, sinon saigner.

 

Le christianisme, lui, ne provoque pas l'effusion des larmes et du sang, mais dans les béatitudes (Mt. 5,5 & 10ss), il assume pleurs et même sang versé pour la justice, en les configurant aux larmes et au sang de Jésus qui a pouvoir de les transfigurer en béatitude. S. Paul dit cela de façon emblématique : Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir m'est un gain, de sorte que notre vie est dès lors déjà dans le ciel, conversatio nostra in cælis est (Philip. 1,21 & 3,20).

 

Ces choses-là doivent être dites aujourd'hui, et si possible bien appréciées, pour ne pas se laisser happer par la confusion que comporte le mauvais débat qui a envahi l'actualité.

 

D'un côté bien sûr, il faut réprouver les lois indignes qu'on veut nous imposer sous le couvert de la volonté nationale à laquelle on fait endosser bien des misères : le projet est dénoncé par l'épiscopat, par les médecins aussi dont les salles d'attente sont déjà encombrées des blessés de la société permissive.

 

D'un autre côté, il ne faut pas se scandaliser de l'humiliation que représente un tel état de fait ; je dis bien, ne pas se scandaliser de l'humiliation présente : oui, on en est là, mais cela ne justifie pas que l'on prenne en grippe notre époque. N'ayons pas honte de vivre en un temps où une partie notable de la population souffre de déséquilibres affectifs graves et bien pénibles (cela ne nous guette-t-il nous-mêmes?)


. Néanmoins ce serait faire injure au Bon Dieu que d'ignorer la force de notre foi chrétienne et de l'espérance qui introduit dans les béatitudes.

 

S'interdisant le langage de celles-ci, l'État confond déséquilibre et injustice, et il croit pouvoir adoucir celui-là en mimant les situations réputées plus gratifiantes, celle du mariage qui fonde la famille. C'est ignorer que le mariage, loin d'être un lieu de plaisir assuré, n'est une occasion de béatitude que par le combat spirituel des deux conjoints, dans leur vie intime comme dans l'éducation de leurs enfants. C'est ignorer au surplus que le célibat, chemin difficile lui aussi, n'est pas exempt de béatitude quand le combat auquel il oblige est bien mené, dans la dignité et en trouvant mille occasions du don de soi. Mais il est sûr que pour cela il faudrait que la religion et la société s'entraident au bénéfice de tous.

 

Prions pour que le législateur responsable soit réellement éclairé et sache suivre sa conscience, prions pour que le débat interdit officiellement puisse être mené dignement et prudemment.

 

Notre évêque me disait de recommander de faire écrire aux élus ; cela est assez simple : on s'exprime à ceux qui nous représentent en la matière.

 

Une autre arme pacifique est à notre portée : la messe de ce jour commence par le mot Gaudeamus, Réjouissons-nous. La joie est le bonne riposte aux chagrins en lesquels on veut nous enliser. La joie qui vient de Dieu doit ruisseler dans les âmes humbles et ferventes, celles dont parlent les béatitudes. Oui, croyons à l'amour, croyons au bonheur qui purifie des plaisirs malsains. Recourrons à Notre Dame que le Magnificat proclame bienheureuse à Noël, dans les larmes du Calvaire comme dans son beau ciel d'où elle nous regarde et nous encourage, beatam me dicent omnes generationes (Luc 1,48), amen."

 

 

source: le salon beige

 

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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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