Publié le 24 Août 2016

 

 

Il y a beaucoup de souffrance dans le monde, énormément. Et la souffrance matérielle, c'est souffrir de faim, souffrir d'être sans abri, souffrir de toutes sortes de maladies, mais je persiste à croire que la plus grande souffrance, c'est d'être seul, de se sentir mal-aimé, de n'avoir simplement personne. J'en suis venue à me rendre de plus en plus compte que la pire souffrance que puisse vivre un être humain, c'est de n'être pas désiré

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Publié le 24 Août 2016

 

 25 août, nous célébrons dans toute l’Eglise Saint Louis, roi de France,

Comment se fait-il qu’un roi du 13ème siècle soit honoré, non seulement en France – ce qui est bien compréhensible- mais aussi en Asie, en Afrique, en Amérique… partout dans le monde ? C’est parce que nous avons avec Louis IX un modèle éminent, exceptionnel de chrétien, laïc, ayant exercé les plus hautes fonctions politiques, civiles et militaires dans un esprit évangélique.

Chef d’Etat soucieux de justice et de paix au service des pauvres et des malades, père attentif à élever ses onze enfants en vrais chrétiens, Saint Louis a également renforcé les liens entre le royaume et les chrétiens d’Orient. Il se regardait comme responsable de leur défense, de leur survie de leur protection.

Donnant des enseignements à son fils Philippe, le futur Philippe III le Hardi, Saint Louis écrivait : « Cher fils, je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir  » – et de poursuivre- « Tu dois te garder de toutes choses que tu penseras devoir lui déplaire… et spécialement tu dois avoir cette volonté que tu ne fasses un péché mortel pour nulle chose qui puisse arriver…  ».

Cette horreur du péché, Louis IX la conserva toute sa vie : « mieux la maladie, la mort, que le péché  »disait-il à son entourage, notamment à son ami Joinville.

Quand, prisonnier des musulmans, on le menaça des pires tortures, il préféra cette éventualité à celle de prononcer une parole qu’il jugeait blasphématoire, alors même que des proches étaient déjà soumis à la torture dont le Patriarche de Jérusalem lui-même ! Cette rectitude morale, dans toutes les circonstances de la vie, impressionnait ses contemporains, et ses ennemis eux-mêmes en étaient touchés si bien que les égyptiens qui l’avaient capturé lui proposèrent d’être leur souverain !

L’amour de Dieu se manifesta notamment dans la justice de Saint Louis qui est peut-être la vertu qui a le mieux traversé les siècles. Bien sûr il y a l ‘image du Souverain rendant les jugements sous le chêne de Vincennes, mais, beaucoup plus que cela, c’est toute une réforme qui assainit en profondeur la justice du royaume.

Dans les mêmes conseils à son fils, Louis IX disait : « Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui conviennent à un roi, c’est-à-dire que tu sois si juste que , quoiqu’il arrive, tu ne t’écartes pas de la justice…Soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice… Si tu apprends que tu possèdes quelque chose à tort, rends la tout de suite, quelque grande soit cette chose, terre, deniers ou autres bien »

Un jour, alors que les grands du royaume et son épouse, Marguerite de Provence, faisaient pression pour lui demander l’adoucissement d’une peine infligée à une femme de haute noblesse, le roi resta ferme ; il lui fut alors demandé que la sentence soit exécutée dans un autre lieu, eu égard à son honneur, le roi maintint sa décision : « il n’y a pas de passe-droit en justice ». Il fît de même pour son frère Charles d’Anjou, dans un arbitrage pour l’attribution du comté du Hainaut.

Admirant son esprit d’équité, les souverains étrangers, le Pape lui-même lui demandaient d’être l’arbitre de leurs désaccords, ce qui épargna bien des guerres. Si les adversaires avaient tous deux de bons motifs pour faire valoir leurs droits, Saint Louis savait rechercher le bon compromis.

Il semble que jamais la justice n’a été aussi bien rendue dans le royaume qu’au cours de la deuxième partie de son règne.

Son amour, son service des pauvres est également exemplaire, tant par les œuvres établies : construction de l’ « Hôtel Dieu », de l’hospice des Quinze-Vingt pour les aveugles, de dispensaires…que par le temps qu’il prenait pour servir lui-même les pauvres, les laver, les faire manger ; il se faisait leur serviteur et demandait leur prière.

Les liens de la France avec les chrétiens d’Orient doivent également beaucoup à Louis IX.

Après l’échec de sa première croisade (la 7ème), le souverain resta quatre ans en terre sainte pour protéger les territoires, racheter les esclaves chrétiens, notamment les enfants que l’on avait déjà contraint à embrasser l’Islam. Il restaura et renforça de nombreuses places dévastées par les Sultans. Pour Saint Louis les chrétiens d’Orient, chez eux depuis le 1er siècle de notre ère, devaient pouvoir vivre sans être soumis au statut inférieur de dhimmi.

Il est bien sûr impossible de résumer en peu de temps la vie de Saint Louis, mais ces quelques points évoqués - aide à nos frères chrétiens d’Orient, profonde éducation chrétienne de la famille, sens de la justice et amour des pauvres- sont des sujets toujours d’actualité. Nous pouvons donc prier Saint Louis pour nos frères chrétiens, notre pays, nos familles qui en ont bien besoin.

N’ayons pas peur de plonger nos racines dans cet humus évangélique constitué par les saints de nos contrées. Nous sommes les héritiers d’un patrimoine moral et religieux dont nous devons nous nourrir et que nous devons faire fructifier.

 

diocèse fréjus toulon

 

 

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Publié le 24 Août 2016

 

Où en est notre lien à nous-mêmes, ce lien intérieur qui nous apprend à écouter notre moi profond, et à vivre selon nos aspirations les plus personnelles au lieu de suivre des modèles standards ?

Où en est notre lien à autrui, ce lien de solidarité, de compassion, de fraternité et d’amour au-delà de toutes les frontières d’identité, qui nous fait goûter la joie du don de soi et du partage ?

Où en est notre lien à la nature, ce lien de respect de la biosphère et de l’animal, d’émerveillement et de symbiose avec le cosmos, qui suscite notre sentiment d’appartenance à une vie plus vaste et plus haute que celle de notre petit ego ?

Apprenons ou réapprenons à cultiver ce triple lien nourricier à notre intériorité, à l’humanité, à la nature et à l’univers ! Redécouvrons son pouvoir extraordinaire de nous relier à toutes les sources de vie et à toutes les ressources d’énergie nécessaires à notre bonheur, à notre liberté, à notre santé physique, morale… et spirituelle. »


Abdennour Bidar (philosophe)

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Publié le 23 Août 2016

 

Chers frères et soeurs,


Dans la série des apôtres appelés par Jésus pendant sa vie terrestre, celui qui retient  aujourd'hui notre attention est l'apôtre Barthélemy, annonce Benoît XVI.

Dans la liste anciennes des douze, il apparaît toujours avant Matthieu, tandis qu'il change le nom de celui qui le précède : dans quelques cas c'est Philippe (Cf. Matthieu 10.3 ; Cadres 3.18 ; Luc 6,14) ou tu Prends (Cf. Faits 1,13).

Son nom est évidemment patronymique, parce qu'il fait une référence explicite au nom du Père.

Il s'agit d'un nom de caractéristiques probablement araméenne, "bar Talmay", qui signifie "fils de Talmy".


Nous n'avons pas d'importantes nouvelles de Barthélemy, précise Benoît XVI. De fait, son nom apparaît toujours et seulement dans la liste des douze que j'ai citée avant et, par conséquent, il n'est le protagoniste d'aucune narration.

Traditionnellement cependant, il est identifié, sous le nom de Nathanaël : un nom qui signifie "Dieu a donné".

Ce Nathanaël était originaire de Cana (Cf Jean 21,2) et, par conséquent, il est possible qu'il ait été témoin d'un grand "signe" effectué par Jésus en ce lieu (Cf Jean 2.1-11).

L'identification des deux personnages est probablement due au fait que Nathanaël, dans la scène de vocation racontée par l'Evangile de Jean, est placé près de Philippe, c'est-à-dire, à la place que tient Barthélemy dans les listes des apôtres rapportées dans les autres Evangiles.

À ce Nathanaël, Philippe avait dit :" Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. "(Jean 1, 45).

Comme nous le savons, Nathanaël lui a porté un lourd préjugé : "Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? " (Jean 1,46).

Cette contestation est importante pour nous. Elle nous permet de voir que, selon les attentes des juifs, le Messie ne pouvait pas venir d'un peuple si obscur, comme c'était le cas de Nazareth (Cf. aussi Jean 7,42).

En même temps, toutefois, elle montre la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes, en se montrant précisément là où nous nous ne l'attendons pas.

D'autre part, nous savons que, en réalité, Jésus n'était pas exclusivement "de Nazareth", mais il était né à Bethléem (Cf. Matthieu 2.1 ; Luc 2,4).

L'objection de Nathanaël, par conséquent, n'avait pas de valeur, puisqu'elle reposait, comme il arrive fréquemment, sur une information incomplète.

Le cas de Nathanaël nous suggère une autre réflexion : dans notre relation avec Jésus, nous ne devons pas seulement nous contenter  des paroles. Philippe, dans sa réponse, présente à Nathanaël une invitation significative : "Viens et vois" (Jean 1,46b).

Notre connaissance de Jésus demande avant tout, une expérience vivante : le témoignage d'une autre personne est certainement important, parce que normalement toute notre vie chrétienne commence avec l'annonce grâce à plusieurs témoins.

Mais nous devons être nous-mêmes grâce à plusieurs  témoins mais il dit ensuite, nous devons être impliqués personnellement dans une relation intime et profonde avec Jésus,
De manière analogue, les Samaritains, après avoir entendu le témoignage de leur concitoyenne que Jésus avait rencontrée près du puits de Jacob, voulurent parler directement avec Lui et, après cet entretien, dirent à la femme: « Ce n'est plus à cause de ce que tu nous a dit que nous croyons maintenant; nous l'avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c'est vraiment lui le Sauveur du monde ! » (Jn 4, 42).

En revenant à la scène de vocation, l'évangéliste nous rapporte que, lorsque Jésus voit Nathanaël s'approcher, il s'exclame: « Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir » (Jn 1, 47).

Il s'agit d'un éloge qui rappelle le texte d'un Psaume: « Heureux l'homme... dont l'esprit est sans fraude » (Ps 32, 2), mais qui suscite la curiosité de Nathanaël, qui réplique avec étonnement: « Comment me connais-tu ? » (Jn 1, 48a).

La réponse de Jésus n'est pas immédiatement compréhensible. Il dit: « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jn 1, 48b).

Nous ne savons pas ce qu'il s'est passé sous ce figuier. Il est évident qu'il s'agit d'un moment décisif dans la vie de Nathanaël. Il se sent touché au plus profond du cœur par ces paroles de Jésus, il se sent compris et comprend: cet homme sait tout sur moi, Il sait et connaît le chemin de la vie, je peux réellement m’abandonner à cet homme.

Et ainsi, il répond par une confession de Foi claire et belle, en disant: « Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu ! C'est toi le roi d'Israël ! » (Jn 1, 49).

Dans cette confession apparaît un premier pas important dans l'itinéraire d'adhésion à Jésus. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l'identité de Jésus: Il est reconnu aussi bien dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont il est le Fils unique, que dans celle avec le peuple d'Israël, dont il est déclaré le roi, une qualification propre au Messie attendu.

Nous ne devons jamais perdre de vue ni l'une ni l'autre de ces deux composantes, car si nous ne proclamons que la dimension céleste de Jésus, nous risquons d'en faire un être éthéré et évanescent, et si au contraire nous ne reconnaissons que sa situation concrète dans l'histoire, nous finissons par négliger la dimension divine qui le qualifie précisément.

Nous ne possédons pas d'informations précises sur l'activité apostolique successive de Barthélemy-Nathanaël.

Selon une information rapportée par l'historien Eusèbe au IVe siècle, un certain Panteno aurait trouvé jusqu'en Inde les signes d'une présence de Barthélemy (cf. Hist. eccl. V, 10, 3).

Dans la tradition postérieure, à partir du Moyen Âge, s'imposa le récit de sa mort par écorchement, qui devint ensuite très populaire.

Il suffit de penser à la très célèbre scène du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, dans laquelle Michel-Ange peignit Barthélemy qui tient sa propre peau dans la main gauche, sur laquelle l'artiste laissa son autoportrait.

Ses reliques sont vénérées ici à Rome, dans l'église qui lui est consacrée sur l'Ile Tibérine, où elles furent apportées par l'empereur allemand Otton III en l'an 983.

En conclusion, nous pouvons dire que la figure de Saint Barthélemy, malgré le manque d'information le concernant, demeure cependant face à nous pour nous dire que l’on peut également vivre l'adhésion à Jésus et en témoigner sans accomplir des œuvres sensationnelles. Jésus est et reste extraordinaire, Lui à qui chacun de nous est appelé à consacrer sa propre vie et sa propre mort.

 

Benoît XVI

 

 

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