Publié le 25 Février 2013

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"soli Deo placere desiderans"

 

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"Il faut l'humilité de l'homme pour répondre à l'humilité de Dieu."

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Rédigé par philippe

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Publié le 24 Février 2013

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Publié le 24 Février 2013

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Rien n'est simple comme l'oeuvre de Saint Benoît; mais cette simplicité est celle de l'Evangile, qui répond à l'intelligence de chacun comme elle va au coeur de tous.

 

Aplanir la voie des conseils évangéliques, à force de mesure et de discrétion, voilà son but, ainsi que le disait l'une de ses interprètes les mieux inspirée, sainte Hildegarde, discretam et planam viam fecit.

 

Aussi n'est-ce pas aux parfaits qu'il s'adresse, mais à ceux qui aspirent à le devenir. Ce qu'il veut établir tout simplement, c'est une école où l'on apprendra à mieux servir le Seigneur, Dominici schola servitii, et dans laquelle il n'entrera rien d'âpre, nihil asperum, ni de trop pénible pour la faiblesse humaine, nihil grave.

 

 

Oui, c'est avec aisance et en toute liberté, doucement et sans crainte, que son disciple suivra la route tracée par l'Evangile et arrivera à la perfection, ne la cherchant ni trop haut, ni trop bas, nec nimis in altum, nec nimis in profundum, mais se laissant aller au souffle de la grâce qui le conduira, selon sa voie, au terme qu'il doit atteindre.

 

...

 

Dans cette législation des âmes appelées à la vie parfaite, dans ce chef-d'oeuvre de prudence et de discrétion, comme s'exprime saint Grégoire-le-grand, discretione praecipuam, il y a sans doute la haute lucidité d'un regard éclairé par la foi; mais l'on y retrouve aussi, si je ne me trompe, quelque trait de ces patriciens de l'ancienne Rome qui ont conquis le monde par la sagesse plus encore que par la force, qui ont su le gouverner après l'avoir conquis, et qui, par là, ont préparé, à leur insu, le règne universel du Christ.

 

Or la vie monastique est l'antithèse parfaite de la vie mondaine.

A la concupiscence de la chair elle oppose le voeu de chasteté;

à la convoitise des yeux, le voeu de pauvreté;

à l'orgueil de la vie, le voeu d'obéissance.

 

...

 

Mais ce détachement parfait des choses d'ici-bas et cette consécration totale de l'être humain à Dieu ne se conçoivent guère sans l'éloignement du monde.

 

Voilà pourquoi le cloître est le deuxième élément de l'ordre monastique.

"L'atelier où nous manions les instruments de l'art spirituel, disaint saint Benoît, c'est le cloître de nos monastères, " officina vero claustra sunt monasterii...

 

Le cloître!

 

A ces mots, les préjugés s'éveillent, la faiblesse humaine recule. Et cependant, qu'est-ce que la vie du cloître, sinon la vie de famille dans ce qu'elle a de plus intime et de plus élevé?

Là, sous l'autorité d'un père à qui la grâce a donné des tendresses et des sollicitudes sans pareilles, la charité fraternelle s'exerce dans toute sa plénitude.

 

Là, le fort soutient le faible, le grand se rapproche du petit; ou plutôt, il n'y a ni fort ni faible, ni grand ni petit: tous ne sont qu'un en Jésus-Christ.

 

O Famille monastique, vrai idéal et type surnaturel de la famille humaine! C'est à ton école, et par tes exemples répétés en tous lieux, que le monde chrétien a appris l'obéissance et la discipline, qu'il s'est façonné à l'esprit de communauté, à tout ce qui resserre et fortifie les liens de la société domestique ou civile.

 

O lieux solitaires, s'écriait St Jérôme, où les vertus chrétiennes fleurissent dans un printemps perpétuel! O desertum Christi floribus vernans! O cloîtres bénis, où se forment les pierres précieuses dont est construite la cité du grand Roi! O solitudo, in qua illi nascuntur lapides, de quibus civitas magni regis extruitur !

 

O retraites sacrées, où Dieu se communique davantage aux âmes et converse avec elles plus familièrement ! O eremus familiarus Deo gaudens.

 

 

Le monde s'imagine que le deuil et la tristesse règnent derrière vos grilles et vos murs; non, c'est la joie, c'est l'allégresse spirituelle qui remplit vos demeures, comme elle éclate dans vos hymnes et dans vos cantiques de louanges,

 

Exultabit solitudo laetabunda et laudans.

 

 

Mgr Freppel

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Rédigé par philippe

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Publié le 21 Février 2013

 

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Dans la dernière lettre aux amis de Fontgombault le père Abbé recommande :

 

 

"Il me faut aborder un sujet délicat, celui de l'utilisation des moyens de communication électronique avec le monastère.

 

C'est un sujet important dans la mesure où il touche à la garde du silence intérieur, condition indispensable de la recherche de Dieu. Ces moyens facilitent les communications avec le Père hôtelier et c'est bien. Mais ils peuvent aussi être utilisés pour transmettre au monastère des documents divers, telle ou telle nouvelle, des intentions de prière, voire des courriers personnels ou de direction, des photos ...

 

Souvent ces documents nous arrivent de divers endroits.

 

Je vous serais vraiment gré d'interrompre ces envois et de nous exclure de vos listes d'envois en groupe. J'ai demandé aux moines de ne pas utiliser les mails pour les questions personnelles, sauf exception, ou pour la direction au risque de tomber dans un bavardage qui n'est profitable ni au dirigé, ni au directeur.

 

Saint Grégoire dit de saint Benoît qu'il a quitté le monde 'scienter nescius et sapienter indoctus, savamment ignorant et sagement inculte".

 

Il est une sainte ignorance que doivent cultiver et faire respecter les moines afin d'espérer prétendre à la science de Dieu et être ainsi vraiment moines.

 

Je vous remercie au nom de tous de l'attention que vous porterez à cette demande.

 

+ dom Jean Pateau

abbé de Notre-Dame de Fontgombault.

2 Février 2013.


 

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 18 Février 2013

http://www.turfcom.info/wp-content/uploads/2013/02/SITE_Amerique_Genouillac.jpg

copyright: "Crédit photo : APRH", 

 

 

 

 


 

A la mi-août 2012, Tristan de Genouillac rentrait dans les ordres à l’Abbaye Notre Dame de Fontgombault, dans l’Indre.

 

A 25 ans et après deux années passées aux côtés du crack Ready Cash, le lad de confession catholique répondait à l’appel du Seigneur.

 

Son désir de se rapprocher de Dieu l’avait emporté sur sa passion du cheval.

 

Quelques jours avant de quitter la Ferté-Frênel et passer le relais à David Javelle, le jeune homme confiait à Trot Infos (no 215, Septembre/Octobre, p. 10-15) que son choix était mûrement réfléchi et qu’il assumait à 100% sa nouvelle vie. Lié à l’ascension de Ready Cash, Tristan avouait qu’il n’était pas impossible qu’un dernier dimanche de janvier, de sa retraite au bord de la Creuse, il ait une pensée pour celui qu’il avait aidé à remporter deux Prix d’Amérique.

  ...

Curieux destin que celui de Tristan de Genouillac qui, après avoir voué sa vie à des trotteurs d’exception, a décidé d’épouser la vie monastique.

 

 

link turfcom

 

merci de ce respect et de cette sympathie  témoignés  envers frère Tristan et envers l'abbaye de Fontgombault.. Bien de nos modernos n'en n'auraient pas fait autant. Rien que le titre ils n'auraient pas su trouver!!!   félicitations pour ce bel article et merci pour nos échanges. . très content  bonne continuation !

moi aussi son histoire m'a retourné, et votre article arrive, comme une  conclusion de mes articles précédents,  magnifique

merci frère Tristan, mes prières et ma persévérance,  pour vous tous les jours..tout cela a été pour moi un signe évident du père Henry qu'il me fallait continuer jusqu'au bout. Jamais je n'ai été aussi certain de mon choix. !mes prières pour Samuel.

  Philippe


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Rédigé par Samuel Marchesseau

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Publié le 17 Février 2013

 

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Il nous reste à prendre une leçon auprès des convertis.

 

Ils font plus que réconforter notre foi, puisqu'ils nous donnent une conscience plus vive de son caractère personnel et totalitaire.

 

Croire, c'est s'engager vis-à-vis d'une Personne qui demande tout parce qu'elle est tout:" C'est tout entier, dit saint Augustin, que celui qui t'a fait t'exige." Plus et mieux que les catholiques de naissance, les convertis se révèlent " des pèlerins de l'Absolu', sentant parfois jusqu'au pathétique les exigences de la vie chrétienne.

 

Après qu'il eut fait sa première communion, Psichari écrit:

 

"Je sens que je donnerai à Dieu tout ce qu'il me demandera". Et il se serait donné lui-même dans la vie dominicaine si la guerre ne l'avait tué. Léon Bloy devient à sa façon un vigoureux apôtre: Claudel, Maritain, Ghéon se servent de la plume pour le bien; Newman a déclanché un mouvement vers Rome qui se chiffre annuellement à 8000 conversions....

 

Il est permis de conclure que les convertis prennent généralement plus au sérieux que nous, leur foi et leur Dieu.

 

Les luttes livrées par les convertis débouchent sur la joie et la paix.

 

En orientant leurs forces sur l'unique nécessaire, ils se sont unifiés, grandis et épanouis. L'insatisfaction résulte toujours d'une vie divisée entre la terre et le ciel, car à vouloir tout prendre, on manque tout.

 

Saint Bernard plaint les chrétiens écartelés à deux mondes, qui ne possèdent pas assez l'Incréé pour en jouir ni assez le créé pour s'en contenter. Unifiés en Dieu, au contraire, les convertis célèbren,t leur liberté d'âme et leur puissance d'action. " J'allais, s'écriait Psichari, vers la joie, vers la santé... et je pleurais de bonheur, d'amour et de reconnaissance."

 

Lorsqu'il se fixa en Dieu, Pascal se montre encore plus exubérant:" Joie, joie, joie, pleurs de joie".

 

Quand tout l'être et toute son activité gravitent autour du Dieu qui remplit l'âme, c'est, avec l'unité, la paix " quae exsuperat omnem sensum" .

 

Henri-Marie BRADET O.P.

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Rédigé par philippe

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Publié le 17 Février 2013

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Comment les convertis sont-ils amenés au désir d'une vie où l'appétit de Dieu domine, et par suite, à l'acceptation des renoncements nécessaires?

 

 

Il est de foi que Dieu seul prend l'initiative d'une conversion et que toutes les tentatives pour le bien sont l'oeuvre de sa grâce. Mais celle-ci, comme toutes les activités divines, est fort discrète et n'arrive aux humains qu'enveloppés dans les évènements et les circonstances souvent les plus ordinaires.

 

Qu'importe les moyens que Dieu emploie, puisqu'entre ses mains ils sont tous efficaces! L'amabilité du Seigneur attire saint Augustin: le titre de chevalier du Christ séduit saint Ignace de Loyola; la pauvreté de Jésus apparait à saint François d'Assise comme la seule épouse digne de lui; la justice divine impressionne fortement l'abbé de Rançé.

 

Sur d'autres, comme le père Graty, François Coppée, Léopold Levaux, l'enigme de la destinée, de la souffrance et de la mort opère plus efficacement que les attributs divins. Dans le désir louable de contenter un besoin de beauté et de vérité, Huymans, Papini, Dumesnil, Bourget, Brunetière entrent dans le catholicisme. Saint Justin frappe à la porte de diverses écoles philosophiques de son temps, jusqu'au jour où un vieillard lui apprit que Dieu avait parlé et que son enseignement était contenu dans l'Ecriture. Newman étudie douze ans pour découvrir si l'Eglise de Rome est l'Eglise de Jésus-Christ.

 

Le péché, lui aussi, devient parfois l'instrument de la grâce et ne cesse de justifier l'Eglise qui l'appelle dans sa liturgie du samedi-saint: "O felix culpa!" Jadis, il nous a valu un Rédempteur; aujourd'hui, il nous amène des âmes.

 

L'infâme Vie de Jésus de Renan conduit au Christ Elisabeth Leseur et Paul Claudel. Me Mink-Julien déclare que le spiritisme fut pour elle l'occasion de la foi. Joergensen écrit: " C'est une conclusion de darwiniste qui m'a fait adopter la vérité du Christianisme. Le théâtre corrompu déclenche chez Eve Lavallière la nostalgie de quelque chose de mieux. Dégouté du vice et épris de grandeur morale, Ernest Psichari se tourne vers son Dieu.

 

Le plus souvent, pourrait-on dire, c'est par ce désir de propreté morale ou d'écoeurement du péché que la grâce s'insinue et fait irruption dans l'âme des pécheurs.

 


Admirable discrétion de la grâce que Huymans appelle "quelque chose d'analogue à la digestion d'un estomac qui travaille sans qu'on le sente."

 

Dieu sait s'adapter à chaque tempérament, s'insérant pour ainsi dire en ce qu'il y a de meilleur en lui, de sorte que sa grâce réussit là où toutes les autres forces échouent.

 

Dans l'histoire des conversions, plus que partout ailleurs, Dieu nous enseigne que s'il a besoin de rien, il peut cependant tout utiliser pour ses desseins.

 

Un dominicain anglais, Robert Bracy, élevé dans la haine du catholicisme, se convertit en écoutant un prédicateur, qui, dit-il "pataugea lamentablement. Cependant, ce fut pendant ce sermon que la foi me vint.

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Rédigé par Henrie marie Bradet O.P.

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Publié le 17 Février 2013

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Avant d'en venir à cette simplification supérieur de son être, le convertit doit lutter.

 

Comme on le pense bien, les tendances diverses contraires et même contradictoires de la nature humaine ne se laissent pas facilement réduire à l'unité: à l'amour et à la pensée uniques. L'entreprise se compare justement à cette espèce particulière du drame, qui se nomme tragédie.

 

En effet, l'homme désaxé, multiple, "monstre et chaos", comme dit Pascal, "écartelé, non pas à deux chevaux comme dans les temps horribles", selon Lamennais, ne peut se rendre à "l'unique nécessaire", qu'à travers de durs combats et après une victoire coûteuse.

 

Car, s'il y a d'une part tous les biens que la foi met en relief, il y a par contre les cris d'agonie des passions, "me tirant, disait S. Augustin, par ma robe de chair", les préjugés, l'orgueil, le respect humain, les parents, les amis et toutes ces habitudes qui font la nécessité.

 

Le même saint décrit ainsi son conflit intérieur:" Cette volonté nouvelle qui se levait en moi de vous servir sans intérêt, de jouir de vous, ô mon Dieu, seule vraie joie, cette volonté était encore trop faible pour vaincre l'autre enracinée par l'habitude.

 

Ainsi deux volontés, l'une ancienne, l'autre nouvelle, l'une charnelle, l'autre spirituelle, étaient aux prises, et dans cette lutte mon âme se dissolvait".....

 

Le caractère essentiel de la conversion est bien marqué: un dualisme dans lequel des puissances contraires se font la guerre.

 

"Le converti, écrit le père Mainage, n'est pas seul sur le chemin qui le conduit à la vie catholique. Il est deux. Il se sent deux". Il suffit de songer aux deux hommes qui se partageaient saint Paul, aux deux volontés qui tiraillaient saint Augustin ou tout simplement aux deux pièces disparates et constitutives de tout homme: la chair et l'esprit.

 


 

L'idée d'un duel, qui se passerait dans les profondeurs de l'âme, caractérise assez bien le travail préliminaire à la conversion. Il faut choisir entre Dieu et soi-même, mais d'un côté comme de l'autre, les exigences sont totalitaires.

 

Certains convertis en ressentirent parfois la sensation presque physique: saint Paul "regimbe contre l'aiguillon", saint Augustin pleure à la pensée de quitter pour jamais "ces bagatelles de bagatelles, ces vanités de vanités, ses anciennes amies". Jacques Rivière est tellement terrassé qu'il écrit à Claudel: " J'aime mieux souffrir que de consentir à une domination, cette domination ne dût-elle durer qu'un instant et me donner l'éternelle béatitude".

De son côté, Claudel avoue :" La pensée d'annoncer à tous ma conviction, de dire à mes parents que je voulais faire maigre le vendredi, de me proclamer moi-même un de ces catholiques tant raillés, me donnait des sueurs froides". Eve Lavallière dira à ses amies: "Une conversion, c'est dur les premiers mois et les premières années. On ne passe pas un moment des ténèbres à la lumière. Il y a des hésitations, des doutes, du clair obscur". Le socialiste Retté, le juif Cohen, le luthérien Hecker, le Père Liberman et tant d'autres nous ont laissé des récits émouvants de leur ascension vers Dieu.

 

Jacod lutta contre un ange; les convertis luttèrent contre Dieu avant de faire leur soumission.

" Dure nuit! le combat spirituel est aussi brutal qu'une bataille d'hommes", écrivait Arthur Rimbaud.

 

Il ne faudrait toutefois pas réserver ces luttes, pas plus que l'unité pacifiante qui en résulte, au seul passage de l'incroyance à la foi ou de l'état de péché mortel à l'état de grâce.  C'est là le saut du mal au bien, généralement appelé première conversion.

 

A celle-ci peut et doit s'en ajouter souvent une seconde, qui consiste à passer du bien au mieux, d'une vie tiède à une vie fervente, de la médiocrité à la perfection. C'est en ce sens que Sainte Thérèse d'Avila et le bienheureux Henri Suso parlent de leur conversion. Le même état d'âme est visé quand Jésus dit à saint Pierre:" Et toi, une fois converti, affermis tes frères".

 

Qu'il s'agisse d'une première ou d'une deuxième conversion, des combats analogues doivent acheter l'orientation vers Dieu des pensées et des affections. Sans doute, le travail sera plus ardu si le converti doit tourner vers son Créateur une âme qui en est absolument détournée: la route sera plus pénible et les liens cèderont moins facilement. Cependant, pour quitter une générosité intermittente et partielle et embrasser une attitude stable et totale, la grande Thérèse dut se débattre longtemps.

 

"Je voudrais, dit-elle, pouvoir donner l'idée de la captivité où gémissait alors mon âme. Je voyais bien qu'elle était captive, mais je ne savais en quoi... Ma conscience me disait que je ne donnais pas à Dieu ce qu'exigeaient tant de bienfaits reçus... Je cherchais un remède, je prenais des moyens... Je désirais vivre, car je le sentais, ce n'était pas vivre que de se débattre ainsi contre une espèce de mort..."

 

Henri Suso connut aussi le dur labeur de l'homme qui se rend entièrement à Dieu.

 

Il lui a fallu, comme à tous les saints, passer au crible son humeur, sa conduite quotidienne, sa vanité, et ne sauver de son passé que ce qui lui semblait noble et pur, saint et agréable au Maître.

 

 


 



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Rédigé par Henrie marie Bradet O.P.

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Publié le 17 Février 2013

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On parle plus volontiers et non sans raison de la nécessité de se convertir, des moyens et du besoin de la grâce que de l'explication psychologique de la conversion. Le converti et le convertisseur, trop heureux d'un changement ou d'une conquête, s'abandonnent sur le fait accompli.

 

D'ailleurs, ne peut-on pas convertir et se convertir, tout comme on peut vivre et marcher sans aucune théorie. A vouloir expliquer une activité ne risque-t-on pas d'en troubler le mécanisme?  Témoin ce mille-pattes qui vécut heureux jusqu'au jour où un crapaud lui demanda dans quel ordre il mouvait ses innombrables pattes. A cette question, le pauvre insecte fut si troublé qu'il resta hébété dans le fossé, à se demander comment faire dorénavant pour courir.

 

S'il est vrai que le travail de conversion s'opère sans s'embarasser de définitions, il existe néanmoins une chose qui s'appelle l'honnêteté intellectuelle. On ne peut être en règle avec celle-ci, qu'à la condition de se poser certaines questions et d'y répondre loyalement. Tant qu'il y aura des êtres qui pensent, un "pourquoi" et un "comment" séduiront plus fortement qu'un signe de piastre.

 

Quelle réalité, plus que la conversion, mérite nos réflexions?


On n'exagère rien en disant que la rénovation du monde en dépend, puisque la réforme des individus doit procéder et rendre possible celle des peuples.

 

A convertir, des milliers d'apôtres sont voués par vocation; à se convertir, chacun est obligé, sous peine de damnation: " Si vous ne vous convertissez pas.. vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux", disait le Maître.

 

 

En fait, nombreux sont les penseurs qui, à la suite de l'Ecriture, ont tenté d'expliquer la nature de la conversion. Plus nombreux encore sont les convertis, qui ont analysé et liivré au public leur expérience, tellement que la littérature du vingtième siècle s'est enrichie d'une section spéciale qu'on peut appeler "la littérature des convertis".

 

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" en enfants nouveau-nés"

 

Pour la meilleure réponse à la question: Qu'est-ce que la conversion? c'est cette "nuée de témoins' qu'il nous faut interroger.

 

La sainte Ecriture désigne la conversion par des expressions aussi imagées que variées.

 

Tantôt, elle la représente comme un renouvellement de l'esprit et tantôt comme une vie nouvelle. Saint Paul parle de "nouvelle créature", "créés dans le Christ Jésus". GaL., VI, 15; Eph., II,10; Saint Jean s'exprime en termes de naissance:" nés de Dieu" et "renés non d'une semence corruptible mais incorruptible". Jean I,13; Sous des mots divers, naissance, nouveauté de vie, création, on reconnait facilement l'idée d'un changement profond réalisé dans l'âme et ses facultés par une puissance surnaturelle.

 

Après réflexion sur le donné révélé, saint Thomas d'Aquin définit la conversion: le passage de l'état de péché à l'état de justice ou de grâce. Il s'agirait d'une transformation intérieure, destructrice du péché, comme l'arrivée de la chaleur dans un objet en chasse nécessairement le froid".

 

Il va de soi qu'un tel retournement de l'âme vers Dieu, dû aux mystérieuses influcences de la grâce présuppose un détournement.

 

En effet, se convertir n'est pas autre chose de se détourner du créé pour se tourner vers l'incréé; se détacher de certains biens inférieurs pour s'attacher à d'autres biens supérieurs: dire "non" à la terre pour pouvoir dire "oui" au ciel.

 

Considéré d'un point de vue psychologique, le langage de l'Ecriture et de la théologie exprime donc l'idée d'un passage, c'est-à-dire d'un dégagement du terrestre pour un engagement vis-àvis du céleste.

 

Se convertit qui s'oublie soi-même et les idoles chères à ses instincts pour s'attacher à la vérité, au devoir, à Dieu.

 

Que la conversion soit le passage de la multiplicité à l'unité, des soins multiples au souci unique, les témoignages des convertis le crient hautement. Partout et toujours, on sent que les convertis eurent à lutter pour centrer leur vie, pour fixer sur "l'unique nécessaire" un coeur et un esprit jusque-là amalgamés à toutes les bagatelles. Comme l'écrit Fortunat Strowski, tous accomplirent "un puissant effort qui absorbe, qui concentre tout l'être humain dans une pensée unique, d'où tout le reste désormais dépendra".  

 

Quand ils parlent du temps antérieur à leur conversion, les convertis le décrivent génralement comme une période d'éparpillement, de dissipation, d'intérêts futiles et nombreux. Ils déclarent avoir erré pendant tout ce temps hors de l'unique voie, battu de nombreux sentiers et bu à toutes les sources. Au terme de la crise qui les jette en Dieu, les convertis ne parlent plus qu'en termes d'unité: un être, un but, un amour, une pensée uniques.

 

Dans la nuit terrible qui le rapproche de son Seigneur, Pascal prend la résolution suivante:" Oubli du monde et de tout, hormis Dieu."

Le comte Schouvaloff, devenu religieux barnabite, écrit de lui-même :" Du jour de ma conversion, l'idée de l'infini, de la perfection de Dieu ne m'a plus quitté".

 

Une fois convertie, Angèle de Foligno n'a plus qu'une passion :

 

" Tout ce que je fais, dit-elle à Dieu, je le fais pour vous trouver. Vous trouverai-je?

- Que veux-tu?

Ni or, ni argent, ni le monde entier: Vous seul".

 

Paul Claudel voit toute sa vie fixée sur Dieu grâce à cette simple intuition qui le transforme:" Dieu existe, il est là, il est quelqu'un, c'est un être aussi personnel que moi".

 

En toutes ces affirmations dont la sincérité ne peut être mise en doute, rien n'est plus évident que la "pensée unique, d'où tout le reste désormais dépendra".

 


 


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Rédigé par Henrie marie Bradet O.P.

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Publié le 16 Février 2013

Rédigé par philippe

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